La Fermeture des frontières terrestres au trafic commercial, notamment l’importation de produits divers, imposée par le gouvernement guinéen, commence à se faire sentir chez certains Guinéens. Cette mesure affecte en premier lieu de nombreux transporteurs depuis le 6 février dernier. Plusieurs dizaines de camions, avec à leur bord des produits périssables, sont aujourd’hui bloqués au niveau de la frontière entre notre pays et la Sierra Léone, a constaté l’envoyé spécial de Guineematin.com à Pamelap.

La mesure prise par l’Etat guinéen de refuser la rentrée par voie terrestre de toutes marchandises n’est pas sans conséquences. Dans un entretien accordé à notre envoyé spécial à Pamelap, dans la journée de ce mardi, 11 février 2020, les chauffeurs des camions poids lourds ont dit leur préoccupation face à cette mesure « inopportune » et qui vise à leur rendre la vie plus amère.

Mamadou Diouldé Barry

Mamadou Diouldé Barry, conducteur d’un camion à 12 roues : « Je viens de la Sierra-Léone, je suis bloqué ici à la frontière depuis 5 jours. Je transporte de l’atiéké, un aliment qui se fermente. Mais, j’avoue que nous souffrons. Je n’arrive toujours pas à savoir pourquoi nous sommes bloqués ici. Ils disent que les camions transportent des armes. Pourtant nous, nous sommes loin de transporter des munitions. Nos camions ont été soumis à des fouilles, mais ils n’ont rien trouvé de tout cela avec nous. Et puis, nous avons payé 2 millions de francs guinéens comme frais de douanes. Nous souffrons de cette mesure du gouvernement guinéen. Il n’y a pas de nourriture ici et nous avons fini de manger le peu d’argent que nous avions. Aussi, le poids du camion peut gâter les pneus et le prix d’un pneu varie entre 2 millions 5 00 mille à 4 millions 500 mille GNF. J’exhorte l’Etat guinéen à revoir cette décision car elle ne nous a porté que de la souffrance ».

Thierno Amadou Diallo

Thierno Amadou Diallo, chauffeur de camion à 10 roues : « je suis bloqué ici à la frontière depuis 3 semaines. Je transporte du Gari et le savon Kabakoudou. Comme certains de mes collègues, je souffre ici. J’exhorte le gouvernement à revoir sa décision, les gens souffrent ici. Nos frais de route sont finis il y a longtemps. Certains parmi nous se sont même endettés, d’autres ont laissé leurs camions ici pour rentrer à Conakry. Vous savez qu’on dépense doublement. Moi, j’ai mes propres dépenses ici, c’est-à-dire ma nourriture et je dépense ma famille à Conakry aussi. Et ça, c’est avec le misérable frais de route dont nous disposons et si on ne parvient pas à voyager, nous mangeons tout ici. Je prie tout le monde de nous aider à faire changer cette décision du gouvernement ».

Thierno Oumar Diallo

Thierno Oumar Diallo, chauffeur de camion : « j’ai passé au moins six jours ici. Je transporte 35 tonnes de colas. Comme vous le savez, la cola est un produit qui ne résiste pas à la chaleur. Donc, aujourd’hui je suis allé mettre les colas au cimetière puisque là-bas il y a un peu d’humidité. Nous demandons au gouvernement de nous aider. Cette menace terroriste dont ils parlent, nous, nous ne connaissons pas ça. Nous, nous ne sommes que de simples débrouillards. Donc, je souhaite que le gouvernement revoie sa décision afin de nous permettre de quitter ici. Je n’ai plus d’argent. Le peu que nous avions, nous avons payé la quittance à la douane. Aujourd’hui, je n’ai plus rien comme argent ».

Alphadjo Diallo

Alphadio Diallo, chauffeur de profession : « aujourd’hui, je suis anxieux. Je viens de la Sierra-Léone, mais je suis bloqué à la frontière ici. Je suis là depuis une semaine, mais rien de bon n’est en vue car on ne nous a rien dit. Moi, je suis endetté jusqu’au cou. Je demande à l’Etat par votre canal de nous aider sinon ce n’est pas bon, nous souffrons ».

De Pamelap, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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