L’interdiction de l’importation de produits divers par la voie terrestre, décrétée par le gouvernement, a créé un malaise aussi bien à Conakry qu’à l’intérieur du pays, notamment au niveau des frontières. Cette mesure commence à impacter négativement sur la vie des populations de Pamelap, un district situé entre la Guinée et la Sierra-Léone. Dans un entretien accordé à l’envoyé spécial de Guineemati.com ce mardi 11 février 2020, Imourana Bangoura, chef de ligne centrale adjoint du syndicat des transporteurs de Pamelap, a dénoncé cette mesure avant d’inviter le gouvernement guinéen à revenir sur cette décision plus que jamais décriée.

Le district de Pamelap est le dernier situé sur le territoire guinéen. Mais, il dépend presque économiquement de Bamoin, un district voisin relevant de la préfecture de Kambia, en Sierra-Léone. La fermeture des frontières aux marchandises par le gouvernement guinéen a causé un coup dur aux populations de Pamelap d’autant plus que les prix ont commencé à grimper, apprend-on.

Imourana Bangoura, chef de ligne centrale adjoint du syndicat des transporteurs de Pamelap

Selon Imourana Bangoura, cette mesure l’inquiète à plus d’un titre. « La décision-là nous inquiète. Nos populations, notamment les femmes, dépendent de la Sierra-Léone, tous les aliments que nous consommons proviennent de Bamoin, en Sierra-Léone. Cette décision est contre cette pauvre population que nous sommes. Nous les syndicats, nous voulons que le gouvernement revienne sur cette décision afin d’alléger la souffrance des populations. Nous importons de l’huile rouge, du gari et d’autres aliments de première nécessité de Bamoin. Donc, si on nous interdit l’importation, nous allons souffrir », a-t-il fait savoir.

D’ailleurs, les prix des produits ont déjà connu une huasse à Pamelap, soutient Imourana Bangoura. « Nous avons entamé des démarches déjà. Nous avons été pour rencontrer les autorités, au niveau de la douane, pour leur faire part de notre préoccupation. Nous syndicats, nous ne pouvons rester indifférents face à cette mesure prise par le gouvernement, car l’un dans l’autre, nous travaillons avec les chauffeurs. En outre, cette fermeture des frontières terrestres aux marchandises a déjà des conséquences sur nous. Aujourd’hui, tous les prix des produits ont augmenté. Avant, on achetait le bidon d’huile ici à 40 mille ou 45 mille GNF. Aujourd’hui, ce même bidon d’huile est vendu à 55 mille francs guinéens. Quand on demande aux vendeurs, on nous dit qu’ils n’arrivent plus à importer de la Sierra-Léone. Donc, nous souffrons. Nous demandons au gouvernement de revoir sa décision car nous souffrons », a réitéré notre interlocuteur.

À rappeler que le gouvernement motive sa décision de fermeture des frontières terrestres aux marchandises pour prévenir des menaces terroristes. Un argument qui ne passe chez bon nombre de compatriotes.

De Pamelap, Ibrahima Sory Diallo envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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