Monsieur Yacine Sow

Les élèves et les enseignants guinéens reprennent demain, mardi 1er décembre 2020, le chemin de l’école. Cette rentrée scolaire intervient en pleine crise politique et surtout dans un contexte économique une fois encore difficile pour les familles à faible revenu.

A cette occasion, un reporter de Guineematin.com a rencontré certains parents d’élèves dans les rues de Conakry, ce lundi 30 novembre. Ils ont la même préoccupation : comment faire face aux frais de scolarité de leurs enfants qui sont dans les écoles privées ? Ces citoyens se plaignent de la cherté de ces frais de scolarité et pointent du doigt « la démission » de l’Etat face à l’éducation des enfants du pays.

Décryptage !

Ousmane Diallo, marchand : « Dans les écoles privées où on étudie bien, les frais de scolarité coûtent extrêmement cher. Quelqu’un qui a plusieurs enfants et un revenu faible ne peut s’en sortir. Parce qu’il y a d’autres charges auxquelles il faut faire face. Mais tout cela est dû à la démission de l’Etat, qui s’intéresse beaucoup plus à la politique qu’à l’éducation des enfants du pays. Leur politique, c’est piétiner l’éducation de nos enfants et envoyer les leurs à l’extérieur.

Dans un pays où on a un bon gouvernement, même si celui-ci ne prend pas en charge l’éducation des enfants à 100% dans les écoles publiques, il exerce au moins un contrôle sur les écoles privées, en prenant des mesures pour fixer les prix en fonction du niveau et de la capacité de l’école. Cela évite que chacun fasse du n’importe quoi. Ça favorise le bas peuple, parce que les écoles publiques ne sont pas partout. Par exemple, sur la route le Prince, il y a très peu d’écoles publiques, les gens sont obligés d’envoyer leurs enfants au privé. Donc ça ne nous arrange pas parce qu’on n’a pas suffisamment de moyens ».

Monsieur Yacine Sow

Monsieur Yacine Sow, électromécanicien : « Les écoles sont trop chères et les temps sont durs. Même la dépense journalière de la famille, on en gagne difficilement. On peut passer toute la journée sans gagner un client. Actuellement, si tu as un enfant dans une école privée, tout ce que tu vas avoir, c’est pour l’école. L’année scolaire passée, malgré le fait que les enfants n’ont pas étudié durant plusieurs mois, mais à la reprise, les écoles privées ont exigé que ces mois soient payés. Donc, c’est très dur pour  nous parents d’élèves, nous souffrons énormément. Les autorités connaissent bien la souffrance des citoyens, mais elles n’y prêtent pas attention. C’est pourquoi chacun fait ce qu’il veut ».

Ousmane Sylla

Ousmane Sylla, homme d’affaires : « Je vois la rentrée scolaire bizarrement, surtout dans les écoles privées. L’Etat doit prendre des dispositions. Si les gens envoient leurs enfants dans les écoles privées, c’est parce qu’il n’y a pas une bonne formation dans les écoles publiques. Donc, c’est à l’Etat de renforcer l’enseignement de masse. Avant, il n’y avait pas d’écoles privées mais la formation était de taille, l’enseignement était solide. On avait de grands intellectuels ».

Monsieur Kaba, libraire

Monsieur Kaba, libraire : « L’école privée dépend des moyens. J’aimerais bien que mon enfant y soit aussi pour bénéficier d’une bonne formation, mais je n’ai malheureusement pas les moyens pour ça. Donc, l’Etat doit construire beaucoup d’écoles publiques pour aider les parents qui n’ont pas de moyens. Je suis dans le regret du fait que je n’ai pas été à l’école. Donc, là où j’ai raté, je n’aimerais pas voir mes enfants rater la même chose ».

Ismaël Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 624693333

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