Souleymane DOUMBOUYA

C’est une lueur d’espoir de libération pour Souleymane Doumbouya, le consultant résidant de la société Qnet en Guinée. En détention depuis plus d’un mois pour des faits d’escroquerie, Souleymane Doumbouya était de nouveau à la barre du tribunal de première instance de Kaloum ce mercredi, 11 décembre 2019. Et, sans grande surprise, le ministère public a requis sa relaxe pour délit non constitué, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui suit ce procès.

Après l’audience du lundi dernier, celle d’hier a essentiellement porté sur l’épreuve fatidique des réquisitions et plaidoiries. Et, cette fois, le ministère public a fait des réquisitions dignes de plaidoiries pour demander la relaxe pour Souleymane Doumbouya.

« Dans ce dossier, orienté initialement en information par le parquet, Souleymane Doumbouya est poursuivi pour escroquerie, portant sur la somme de 54 mille dollars… Au cabinet d’instruction, il avait dit que c’est lui le représentant de Qnet en Guinée ; et, que c’est lui qui dirige les opérations de cette société sur le terrain. Mais, par devant vous, le prévenu a déclaré qu’il est le consultant de Qnet, à travers son cabinet Africa Consulting Business… Cependant, le fait de poser des actes au nom de Qnet, de rencontrer certaines autorités et d’effectuer des missions à l’étranger au compte de Qnet ne constituent en rien une infraction à la loi pénale. Certes, il a fait des expositions. Mais, est-ce qu’il a fait usage d’un élément constitutif du délit d’escroquerie ? Aucun dénonciateur, aucune présumée victime n’est venue dire ici (au tribunal) qu’il a remis de l’argent à monsieur Doumbouya… Donc, conformément à l’esprit de l’article 497 et suivants, le ministère public sollicite qu’il vous plaise de renvoyer Souleymane Doumbouya des fins de la poursuite pour délit non constitué », a requis le procureur audiencier, Ousmane Sankhon.

Très satisfaits de ce réquisitoire à décharge contre leur client, les avocats de la défense ont emboité les pas du ministre public pour plaider la relaxe de Souleymane Doumbouya. Et, pour cela, ils ont demandé que le tribunal statue sur siège ou à défaut, d’ordonner la libération de leur client en attendant le délibéré dans cette affaire.

« Notre client est victime d’une cabale. Des gens hauts placés dans les girons de la sécurité, pour des raisons qu’on se réserve de dire ici, ont profité d’une vague d’arrestation d’étrangers (enregistrée au mois d’octobre dernier en Guinée) pour s’en prendre à monsieur Doumbouya… Nous félicitons le ministère public pour ses réquisitions. Car, lui qui est le poursuivant, reconnait qu’il n’y a aucune preuve ; et, pire, aucun élément constitutif de l’escroquerie n’est établi. Donc, nous demandons l’application de l’article 544 du code de procédure pénal… Nous souhaitons que le tribunal statue sur siège ; et, si vous estimez que vous ne pouvez pas prendre une décision ici, nous plaidons que vous ordonniez la libération de notre client, en attendant la décision du tribunal dans cette affaire. Parce que nous estimons que monsieur Doumbouya a largement subi les conséquences des erreurs de justice… », a plaidé Me Lancinet Sylla.

Finalement, le tribunal a rejeté cette demande de mise en liberté ; et, il a mis le dossier en délibéré pour décision être rendue.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Tél. : 622 97 27 22

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