Enrôlement des électeurs, manque de récépissés… Les précisions de Me Salif Kébé

Me Amadou Salif Kébé, président de la CENI

Le président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) a conféré ce lundi, 16 décembre 2019 avec les hommes de médias au siège de l’institution à la Camayenne. L’objectif de cette communication de Me Amadou Salif Kébé était de faire le point d’étape du processus de préparation des élections législatives du 16 février 2020. Le président de la CENI a reconnu les difficultés rencontrées avant de s’interroger sur la destination d’une importante quantité de récépissés, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Les opérations d’enrôlement et de révision des listes électorales prennent fin officiellement ce lundi, 16 décembre 2019. De nombreux dysfonctionnements entourent le processus, allant du présumé enrôlement de mineurs en Haute Guinée au manque de récépissés en passant par la panne du matériel et au retard du payement des primes dérisoires affectées aux agents recenseurs.

Pour Amadou Salif Kébé, le logiciel que la CENI a utilisé est d’une rare performance et permettra même de détecter les mineurs qui seraient enrôlés. « Aujourd’hui, une des recommandations de l’audit du fichier a été de nous demander d’acquérir ce logiciel de gestion et le logiciel d’enrôlement qui va avec. Donc, nous les avons aujourd’hui, c’est avec ça que nous travaillons et nous en sommes beaucoup satisfaits. Nous avons acquis aussi des licences de protection de la base de données. Nous avons acquis des serveurs de grande capacité, nous avons aussi acquis des licences qui permettent de soustraire les doublons par des données Alpha numériques, par les données des emprunts, par la détection faciale. Mais, nous avons poussé l’audace jusqu’à aller à la détection des mineurs, des personnes censées n’avoir pas 18 ans sont détectées par notre logiciel », s’est-t-il vanté.

S’agissant du retard constaté dans l’obtention de récépissés par certains citoyens, le président de la CENI a dit qu’il pourrait s’agir de l’œuvre de certaines personnes de mauvaise foi. Quand le problème s’est posé, monsieur Kébé a indiqué avoir ordonné de poursuivre les opérations même sans récépissé. Une manière, selon lui, d’éviter que les opérations ne soient interrompues. « Nous avons dû demander aux opérateurs de procéder à l’enrôlement sans délivrance de récépissés. Parce que nous n’avons pas compris, c’est en deux temps que nous avons travaillé sur les récépissés. Dans un premier temps, nous avons eu à envoyer 3 millions de récépissés sur le terrain, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Guinée. Pendant qu’on n’avait pas 500 mille électeurs enrôlés à notre niveau en ce moment, on nous dit que les récépissés manquent. Soit les récépissés sont gardés, ils attendent un meilleur moment pour les sortir, soit ils se sont mal pris. Donc, il fallait envoyer les missions pour le savoir mais en attendant, il ne fallait pas que l’enrôlement s’arrête. Nous avons demandé à ce que l’enrôlement puisse continuer parce qu’il fallait savoir où sont passés les 2 millions 500 mille récépissés ou les 3 millions qu’on a envoyés sur le terrain. Vous savez, tout se sait. Mais à l’occasion, on a ressorti les récépissés qui semblaient manquer. Ce qui est venu grossir les récépissés déjà disponibles. On n’a pas compris la démarche, c’était comme s’il y avait des retentions de documents, de récépissés. Mais, puisque cela ne devrait pas entraver le déroulement normal de l’enrôlement, nous avons demandé à ce que l’enrôlement continue puisque les machines acceptaient qu’on enrôle sans délivrance des récépissés », a-t-il laissé entendre.

En outre, Me Amadou Salif Kébé est revenu sur l’évolution de l’exécution du chronogramme tendant vers les législatives du 16 février 2020. « La distribution des cartes d’électeurs devra se poursuivre jusqu’au jour du scrutin. L’une des dernières activités que portera sur la gestion des candidatures, des commissions ont été déjà mises en place et ils ont commencé à travailler. C’est le 18 décembre que l’ouverture va avoir lieu solennellement. C’est-à-dire que les candidats, les partis politiques ou leurs mandataires pourront commencer à partir du 18 décembre déposer les dossiers de candidature. Mais d’ici cette date, vous aurez la caution que chaque candidat ou chaque liste de candidat devrait déposer avant de voir son dossier déposer », a-t-il annoncé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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