Dans quelques heures, l’humanité va accueillir l’année 2020. Alors que la pression monte dans la ville de Conakry, l’engouement n’est pas de mise dans les salons de coiffure. Les femmes et filles ne s’y bousculent pas pour « se mettre sur leur trente un ». Les gérantes de ces salons expriment leur désarroi dans une conjoncture pour le moins compliquée, a constaté sur le terrain Guineematin.com à travers un de ses reporters.

L’année 2019 tire à sa fin. Il est de coutume que les fêtes de fin d’année soient animées où chaque secteur d’activités connait un regain d’intérêt. Mais pour cette année 2019, les salons de coiffure ne connaissent pas l’engouement habituel. Les gérantes desdits salons se tournent le pouce, attendent impatiemment des clientes qui tardent encore à venir. Tel est le constat fait dans la journée d’hier lundi, 30 décembre 2019, dans certains quartiers de Conakry.

C’est le cas au quartier Gbessia Condébounyi, dans la commune de Matam. Selon Sia Cécile Ifono, responsable du salon Suzanne Beauté, Rêve des Femmes, les femmes ont plutôt opté pour les perruques. « Malgré la conjoncture économique actuelle du pays, nous gagnons notre pain quotidien, pace que tout métier que tu apprends avec fierté, tu t’attends toujours à quelque chose. Comme vous pouvez le constater, nous recevons quelques clientes pour les tresser dans les meilleures conditions. Aujourd’hui, ce qui fait qu’il n’y a plus d’engouement dans les salons de coiffure, c’est que la majeure partie des femmes n’utilisent que des perruques. Et c’est ce qui les empêche de venir dans un salon pour se faire tresser. Si vous regardez ces femmes, ce n’est pas tout le monde qui prend son temps pour faire l’entretien de sa perruque. L’année dernière, on recevait assez de clientes. Mais cette année, nous enregistrons la rareté des clientes. Cela est dû à la cherté de la vie ».

D’ailleurs, Sia Cécile Ifono conseille les femmes à fréquenter les salons de coiffure pour se rendre belle, indépendamment des moments de fête. « Chaque semaine une femme doit faire l’entretien de sa tête ou elle doit aller dans un salon pour changer sa coiffure. A chaque fois qu’on enlève une perruque à côté de toi, tu auras des problèmes respiratoires parce que ça pue. J’aimerais dire aux femmes que la beauté commence d’abord par la tête. De nos jours, les perruques sont plus considérées que la tresse simple, alors que la tresse avec des cheveux naturels a plus de valeur que des perruques. Et chaque fois la femme doit nettoyer les cheveux avec du champoing et ce qui pourra les rendre lisse », conseille-t-elle.

Madeleine Bourouno

Au quartier ENTAG Nord, dans la commune de Matoto, le salon de coiffure de Madeleine Bourouno est relativement animé. Certaine femmes viennent se tresser pour le 31 décembre, même si ce n’est pas l’engouement habituel. « Par rapport à la clientèle, je reçois des clientes qui viennent pour se faire tresser. Actuellement, les gens se plaignent parce qu’il n’y a pas d’argent, il n y a pas de travail, la vie est chère, alors qu’il faut travailler pour gagner de l’argent, pour se faire belle. Chez moi, la coiffure simple avec les cheveux naturels débute à partir de 15 000 GNF. Le tissage simple est de 30 000 à 35 000 GNF », a expliqué notre interlocutrice.

Saa Foko Millimouno pour Guineematin.com

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