Les Guinéens sont appelés aux urnes, le 1er mars 2020, pour renouveler leur parlement et donner leur avis sur le projet de nouvelle Constitution proposé par le président Alpha Condé. Pour ce double scrutin, trente (30) partis politiques, dont le RPG arc-en-ciel (l’actuel parti au pouvoir en Guinée), sont en lice. La campagne électorale pour les législatives est arrivée officiellement à son terme le 15 février dernier, même si elle se poursuit encore sur le terrain.

Mais les partis engagés dans le processus n’ont jusque-là pas reçu la subvention qui devait leur être accordée à cet effet. Ce qui met en colère certains responsables politiques, dont Abdoulaye Kourouma, le président du RRD ((Rassemblement pour la Renaissance et le Développement). L’opposant qui s’est confié à un journaliste de Guineematin.com, dénonce « un mépris » des autorités à l’égard des partis politiques.

Alors qu’on s’achemine nonchalamment vers les élections législatives, certaines formations politiques en lice pour ce scrutin se tordent encore de douleur. En plus des difficultés qui ont été constatées jusque-là dans ce processus (déchirure de listes électorales et de cartes d’électeurs dans certains endroits de Conakry et de l’intérieur du pays, le report de la date du scrutin), le non-paiement de la subvention de campagne fait couler assez de salives. Et, dans la mosaïque de réactions, certains partis politiques déclarent avoir subi des dommages et menacent même « d’assigner la CENI en justice » pour être rétablis dans leur droit.

« C’est un mépris pour les partis politiques. La plupart des gens en compétition sont des alliés du pouvoir. Donc, c’est pourquoi nous, membres de l’opposition, on n’est pas considérés, nous ne sommes pas rétablis dans nos droits. Mais, c’est déplorable que les règles de jeu ne soient pas respectées… Ce n’est pas sérieux ! », a déploré Abdoulaye Kourouma, qui dit avoir personnellement écrit au Premier ministre et au président de la CENI pour attirer leur attention sur le « retard dérangeant » de cette subvention.

En cette période de vache maigre en Guinée, la souffrance économique des formations politiques est une réalité cuisante. Et, les partis qui prennent part aux élections législatives, comme le RRD, sont obligés de puiser dans leurs maigres fonds pour faire la campagne dans le pays. « Actuellement, on fait la campagne avec nos fonds propres et le budget du parti. Nous avons des donateurs, des amis, des personnes ressources qui nous aident à continuer les activités du parti », a confié Abdoulaye Kourouma.

Autre fait qui provoque la colère du président du RRD, c’est le report de la date des élections législatives, prévues initialement au 16 février. Un report de deux semaines qui a causé des dommages à son parti. « Nous nous avons été victimes de dommages financiers, à partir du moment où nous avons engagé de l’argent pour faire imprimer des t-shirts, des affiches sur la tête du 16 février. Donc, au lieu de 30 jours de campagne, on est revenus (avec le report) à 45 jours de campagne.

On avait des missionnaires qui étaient programmés pour 30 jours, et tout ça, ce sont des dépenses. Nous, on a dit que nous allons porter plainte contre la CENI pour que les dommages causés soient réparés (…) Notre plainte suit son cours et nous sommes dans le processus pour que les dommages causés soient payés », a indiqué l’opposant.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com
Tel : 622 97 27 22

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