Malgré les multiples contestations et les nombreux morts, le président Alpha Condé tient vaille que vaille à doter notre pays d’une nouvelle constitution. En tournée à l’intérieur du pays pour battre campagne pour le référendum et les législatives contestées du 1er mars, le locataire du palais Sékhoutouréyah demande à ses partisans de « frapper » tous ceux qui veulent empêcher le vote. Une déclaration qui crée la controverse que beaucoup de compatriotes condamnent, notamment le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC). Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com ce vendredi, 21 février 2020, Ibrahima Diallo, coordinateur des opérations du FNDC, y voit une déclaration irresponsable.

Le professeur Alpha Condé reste droit dans ses bottes et compte bien faire voter sa nouvelle constitution malgré l’opposition du FNDC qui menace d’empêcher la tenue du double scrutin du 1er mars 2020. Devant ses partisans, hier jeudi à Faranah, Alpha Condé a dit en substance, « le jour de l’élection, quiconque tente de saccager les urnes, frappez-le ».

Réagissant à cette sortie du professeur Alpha Condé qui n’est pas une première, Ibrahima Diallo du FNDC a laissé entendre que cette déclaration n’en valait la peine. « C’est une déclaration irresponsable de la part d’un président de la République et il n’est pas à sa première déclaration plus grave. Vous vous rappelez, le 24 mars 2019, il avait demandé à ses militants de se préparer à l’affrontement. Et nous voyons maintenant très clairement que l’intention du président de la République c’est de créer le chaos en Guinée avant de quitter le pouvoir », estime l’opposant à la nouvelle constitution.

Face à ce désir du camp présidentiel d’aller aux urnes le 1er mars 2020, Ibrahima Diallo a révélé que de nouvelles stratégies seront entreprises dans les jours à venir pour empêcher « le coup d’Etat constitutionnel », comme le dit souvent le FNDC. « Le comité de pilotage va se retrouver le lundi, 24 février 2020, pour annoncer les futures actions à mener. La semaine prochaine s’annonce décisive parce que c’est cette semaine qui nous mène au 1er mars. Nous sommes actuellement en discussion avec toutes nos structures, de la base au sommet, et le lundi, à travers la déclaration qui sera faite par le comité de pilotage, vous saurez quelle orientation nous allons donner aux citoyens dans le but de s’opposer au projet de troisième mandat ».

En outre, le responsable des opérations du FNDC s’est félicité de l’observation des deux journées de résistance active et citoyenne des 19 et 20 février 2020 « La résistance active et citoyenne des deux jours a été suivie dans la zone spéciale de Conakry et dans les toutes les préfectures de la Basse Côte, exception à Forécariah. Cela s’est manifesté par la paralysie des activités économiques et administratives mais aussi la paralysie de la circulation qui était totale dans certains endroits et partielle dans d’autres ».

Cependant, Ibrahima Diallo déplore la mort de l’adolescent, Souleymane Barry, tué à Wanindara hier jeudi, l’interpellation de plusieurs femmes qui ont manifesté à Bonfi et les déportations d’opposants au 3ème mandat au Camp militaire de Soronkoni, à Kankan. « Nous déplorons et nous condamnons l’assassinat encore une fois d’un élève de 17 ans qui a finalement succombé à ses blessures hier nuit. Nous condamnons fermement cette bavure des forces de défense et de sécurité qui ne sont pas à leur première. Aujourd’hui, nous sommes à 39 morts, dont 37 tués par balles réelles. Ensuite, nous avons trois femmes injustement arrêtées alors qu’elles manifestaient tranquillement à Bonfi contre le 3ème mandat. Ces femmes-là sont aujourd’hui à la maison centrale de Conakry. Nous avons aussi une cinquantaine de jeunes arrêtés à la veille de nos manifestations de résistance et qui sont déportés au camp de Soronkoni à Kankan ».

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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