Makan Keïta, fonctionnaire en service au ministère de l’Economie et des Finances, a comparu hier, jeudi 20 février 2020, au tribunal de première instance de Mafanco. Cet économiste de formation est poursuivi pour escroquerie dans une affaire portant sur des voyages en Australie. A la barre, le prévenu plaidé non coupable, assurant qu’il est victime au même titre que ceux qui ont porté plainte contre lui, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi cette audience.

Selon les informations, les faits reprochés à Makan Keïta se sont produits en 2016. A cette époque, cet économiste aurait été contacté par une de ses camarades, madame N’koni Donzo, qui prétendait pouvoir faire voyager des gens sur l’Australie. Cette femme qui travaillait au ministère guinéen de la santé lui aurait alors chargé de trouver des personnes prêtes à payer de l’argent pour voyager pour ce pays.

Et, dans cette opération, Makan Keïta a reçu près de 300 millions francs guinéens dans la main de tiers qui voulaient s’envoler pour l’Australie. Mais, ces voyages n’ont jamais eu lieu ; et, N’koni Donzo aurait même disparu avec l’argent qui a été versé à Makan Keïta. De l’argent qui appartient pourtant à d’autres personnes. Et, ce sont ces individus qui ont porté plainte contre Makan Keïta, à qui ils ont remis leur argent et qui leur avait délivré un reçu de versement.

Interpellé et auditionné, Makan Keïta sera finalement placé sous mandat de dépôt, le 29 janvier 2020, pour escroquerie. Et, après plus de trois semaines de détention, il a été appelé ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Mafanco pour être entendu sur les faits qui lui sont reprochés.

A la barre, le prévenu a plaidé non coupable, tout en assurant qu’il est victime au même titre que ces poursuivants. Cependant, il a admis avoir fait les « reçus de paiement » d’un montant total de 285 millions de francs guinéens.
« J’ai connu N’Koni Donzo lorsqu’on travaillait tous à Kamsar. Un jour, elle m’a appelé pour me dire qu’elle peut faire voyager des gens sur l’Australie. Elle m’avait montré des documents du HCR en soutenant que les gens qui vont payer l’argent partiront en tant que réfugiés. J’ai approuvé la chose et j’ai payé 150 millions de francs guinéens pour mes trois enfants. À travers moi, d’autres personnes ont aussi payé de l’argent à madame N’Koni Donzo.

Une fois l’argent payé c’est moi qui faisais les reçus. Je me rappelle avoir fait les reçus de paiement de 210 millions et de 75 millions de francs guinéens. Je n’avais aucun bénéfice à tirer ; et, ce n’était pas un réseau. C’est au tribunal ici que j’ai connu la gravité de qu’on faisait. Lorsque le voyage n’a pas eu lieu et qu’ils (ceux qui ont versé de l’argent) ne savaient pas où est parti N’Koni Donzo, les gens qui sont là m’ont poursuivi pour escroquerie. Si non je suis victime comme eux », s’est défendu Makan Keïta.

Appelé à la barre pour être confondu au prévenu, Mohamed Lamine Camara, un des plaignants, a relaté les circonstances dans lesquelles il a payé 75 millions de francs guinéens dans le but de voyager sur l’Australie, en tant que réfugié.

« C’était au mois de novembre 2016 lorsqu’un ami m’a parlé d’un monsieur qui fait voyager les gens sur l’Australie. C’est Mohamed Lamine Youla qui m’avait donc mis en contact avec monsieur Makan Keïta. On se rencontrait dans un bureau qui se trouve en ville (Kaloum). J’ai donné les 75 millions de francs guinéens à Youla, qui les a remis à Makan Keïta qui, à son tour, m’a délivré un reçu. Le jour où j’ai vu dame N’koni Donzo, c’est ce jour qu’on m’a donné une carte.

Donc, je devais voyager sous le nom d’Amadou Camara avec la nationalité ivoirienne. Comme je tenais au voyage, j’ai accepté porter un nom qui n’est pas le mien. Quand le voyage a échoué, Makan Keïta et N’Koni Donzo sont venus prendre un engagement chez mon oncle. En vérité, c’est madame N’Koni Donzo qui s’était engagée à rembourser mon argent. Mais, j’ai poursuivi Makan Keïta parce qu’il était du même réseau », a expliqué Mohamed Lamine Camara.

A la suite de cette déposition, le ministère public, représenté par le procureur Alseny Bah, a demandé au tribunal d’ordonner la comparution de Mohamed Lamine Youla et Alseny Soumah à titre de témoins.
Finalement, le juge audiencier, Mohamed Lamine Camara, a renvoyé l’affaire au 05 mars prochain, pour la comparution des témoins cités par le ministère public et la suite des débats.

Siba Guilavogui pour Guineematin. com
Tel: 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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