Ousmane Gaoual Diallo et Cellou Baldé


Le collectif des avocats de l’UFDG et de l’ANAD est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il appelle un acharnement politico-judiciaire monté de toutes pièces contre les opposants guinéens. C’était au cours d’une conférence de presse qu’il a animé ce jeudi, 19 novembre 2020, à Conakry, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Membre de ce collectif, maître Pépé Antoine Lama a fustigé la procédure ayant abouti à l’arrestation et l’incarcération d’Ibrahima Chérif Bah, Ousmane Gaoual Diallo, Mamadou Cellou Baldé, Abdoulaye Bah (tous responsables de l’UFDG), et Etienne Soropogui (président du mouvement Nos Valeurs Communes). Une procédure qui, selon lui, n’a pas respecté la loi en la matière.

Me Pépé Antoine Lama, avocat 

« La commission rogatoire dressée par le magistrat instructeur ne dispensait pas les officiers enquêteurs de commencer d’abord par émettre des convocations. C’est quand les convocations émises resteraient sans suite, c’est-à-dire que les intéressés à l’endroit desquels les convocations avaient été émises n’auraient pas répondu, que les officiers enquêteurs seraient en mesure de retourner vers celui qui a émis la commission pour solliciter des mesures forcées.

Très malheureusement, on a préféré brûler les étapes pour procéder à des arrestations violentes et musclées. Après l’interpellation d’Ibrahima Chérif Bah, le collectif s’est retrouvé et analysé la situation pour aboutir à la conclusion selon laquelle, il fallait s’approcher de la police judiciaire pour demander l’émission des convocations à l’endroit de nos clients en bonne et due forme, afin que ces derniers répondent. Chose qui a été acceptée.

Des convocations ont été émises à l’endroit d’Ousmane Gaoual et Cie. Ces derniers, sans aucune contrainte, de bonne foi, ont volontairement répondu à ces convocations. Malheureusement, puisque l’idée c’était de les traquer, on n’a pas tenu compte de leur bonne foi, on n’a pas tenu compte du fait que c’est des pères de familles qui ont des domiciles connus, qui ont des responsabilités et qui ne peuvent pas se soustraire de la justice. On a simplement choisi de les garder à vue : certains pour trois jours, d’autres pour quatre jours. La défense n’a jamais reçu notification du renouvellement de ces garde-à-vue. C’est aussi une garde-à-vue irrégulière », a-t-il déclaré.

De son côté, maître Mohamed Traoré, également membre de ce collectif d’avocats, a exprimé sa préoccupation par rapport au temps que ces opposants mettront en prison. Car, dit-il, personne ne sait quand est-ce que leur procès va s’ouvrir. « Nous avons des inquiétudes par rapport à l’éventualité de la tenue d’un procès. Vous savez lorsqu’on parle de stockage, de fabrication, de détention d’armes de guerre, de munitions, ce sont des infractions à caractère criminel. Et, c’est pourquoi, le juge d’instruction a été saisi.

Et dans sa mission, le juge d’instruction est amené à accomplir un certain nombre d’actes qui peuvent s’étaler sur plusieurs semaines et sur plusieurs mois. Ils ont été placés sous mandat de dépôt. Et comme on est en matière criminelle, le mandat de dépôt là peut être valable jusqu’à six mois. Bien entendu, il a la possibilité de renouveler le mandat de dépôt pour une période de six mois. Et pendant cette période-là, nous avons, nous autres avocats de la défense, la possibilité d’introduire des demandes de fin de mise en liberté provisoire lorsque les conditions sont réunies.

Encore une fois, le juge d’instruction n’est pas obligé d’accéder à notre demande. Mais, nous avons la possibilité, lorsqu’il rejette une demande de mise en liberté provisoire, de saisir la chambre de contrôle de l’instruction. Donc, il est à craindre encore une fois que cette procédure ne soit mise à profit pour garder des responsables politiques en prison. Et bien sûr, cela est encadré par la loi. Mais, une détention de quatre mois, de six mois pour un acteur politique, c’est assez lourd.

Donc, pour ce qui est de la date d’un procès éventuel, on ne peut rien dire là-dessus. Et cela relève de la célérité ou du retard avec lequel le juge va examiner le dossier. Mais, nous n’envisageons même pas l’hypothèse selon laquelle nos clients seront condamnés. Parce qu’encore une fois, la vacuité du dossier n’est pas à démonter », a laissé entendre Me Mohamed Traoré.

A noter qu’en plus des cinq des responsables politiques : Ibrahima Chérif Bah, Ousmane Gaoual Diallo, Mamadou Cellou Baldé, Abdoulaye Bah et Etienne Soropogui, plus de 300 autres partisans de l’opposition sont détenus à la maison centrale de Conakry. Tous ont été interpellés lors des violences post-électorales qui ont coûté la vie à une cinquantaine de morts, dont quatre membres des forces de défense et de sécurité.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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