Arrêtés à Conakry en marge des violences post-électorales qui ont secoué la Guinée au lendemain du scrutin présidentiel du 18 octobre dernier, Mamadou Samba Bah, Ibrahima Sory Diallo et Ismael Cherif Haïdara viennent d’être fixés sur leur sort. En audience correctionnelle hier, mardi 24 novembre 2020, le tribunal de première instance de Dixinn a relaxé deux des trois prévenus. Par contre, le tribunal a condamné Ismael Cherif Haïdara à un an de prison dont six mois assortis de sursis, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Ces trois jeunes étaient poursuivis pour « participation délictueuse sur la voie publique, vol, violence, voie de fait, destruction de biens publics et privés ». Mais, c’est finalement pour « tentative de vol » que Ismael Cherif Haïdara sera condamné, alors que ses deux coaccusés dans cette affaire (Mamadou Samba Bah, Ibrahima Sory Diallo) ont été blanchis par le tribunal. La décision dans cette affaire est tombée sur siège, à la suite de l’épreuve fatidique des réquisitions et plaidoiries des parties au procès. Et, lors de cet exercice, le ministère public avait d’ailleurs demandé au tribunal de condamner chacun des prévenus à 5 mois de prison.

« Ismael Cherif Haïdara été arrêté le 24 octobre pour vol, violences, voie de fait. Devant votre tribunal, le prévenu lui-même a reconnu qu’il a été interpelé par la clameur publique parce qu’il a tenté de voler un téléphone et un sac. Il avait érigé une barricade au niveau des rails de Dar-Es-Salam pour brigander les passants… Dans la nuit du 25 au 26 octobre, pendant que les gens manifestaient, Mamadou Samba Bah et Ibrahima Sory Diallo sont aussi sortis ériger des barricades, brûler des pneus sur la chaussée… Le ministère public demande qu’il vous (le tribunal) plaise de retenir Mamadou Samba Bah et Ibrahima Sory Diallo dans les liens de la prévention pour participation délictueuse à un attroupement sur la voie publique. Et, pour la répression, vous les condamnerez à 5 mois d’emprisonnement et 500 mille francs guinéens d’amende. Ensuite, nous vous demandons d’ordonner la restitution de leurs motos. Egalement, vous retiendrez Ismael Cherif Haïdara dans les liens de la prévention pour tentative de vol. Et, vous le condamnerez à 5 mois d’emprisonnement et 500 mille francs guinéens d’amende », a requis le procureur audiencier Daye Mara.

De leur côté, les avocats de la défense ont présenté ces prévenus comme des malheureux conducteurs de taxi qui ont été arbitrairement arrêtés par les forces de l’ordre. Me Thierno Souleymane Baldé et ses collègues se sont aussi montrés très surpris d’entendre le ministère public « ajouter » d’autres infractions (vol, violences, voie de fait…) à l’infraction pour laquelle ces trois prévenus étaient renvoyés devant le tribunal correctionnel.

« Nous ne pouvons discuter que des faits pour lesquels vous (le tribunal) êtes saisis. Vous avez devant vous ici de simples conducteurs de taxi-moto. Ils n’ont pas participé à une manifestation délictueuse. Ce sont des gens qui étaient dehors pour travailler, pour chercher à manger… Nous demandons au tribunal de les relaxer et renvoyer le parquet à mieux se pourvoir », a plaidé la défense.

Finalement, dans sa délibération, le juge Ibrahima Kanfory Camara a relaxé Mamadou Samba Bah et Ibrahima Sory Diallo, tout en ordonnant la restitution de leurs motos. Par contre, il a condamné Ismael Cherif Haïdara à un an d’emprisonnement dont six mois assortis de sursis.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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