La polémique liée à la contestation de la victoire de Kalémodou Yansané à la tête de mairie de Matoto par un cadre du RPG arc-en-ciel (qui était dans la salle et qui a déchiré les bulletins) suscite assez de préoccupations dans toute la République puisque c’est le fondement même de la démocratie qui est attaqué et cela risque d’entraîner des conséquences incalculables.

Dans la matinée de ce jeudi, 20 décembre 2018, le Kountigui (chef coutumier) de la Basse Guinée, Elhadj Sékhouna Soumah a demandé aux autorités guinéennes d’installer le vainqueur de l’élection. L’envoyé spécial de Guineematin.com à Tanéné, dans la préfecture de Dubréka, a décrypté l’intégralité de cette déclaration.

Décryptage !

Aujourd’hui, on n’a pas la paix du cœur en Guinée parce qu’il y a trop de violences dans le pays. Et, cette situation est liée aux élections locales, au contrôle des mairies. A mon avis, ces élections ne devaient pas nous entraîner dans la situation que nous vivons aujourd’hui. Elles ne devaient pas engendrer des problèmes parce que si l’élection est organisée normalement, chaque citoyen vote librement pour son candidat. Puis, les conseillers élus se retrouvent pour élire l’exécutif communal, celui qui remporte cette élection, il faut lui donner sa victoire.

Je veux parler de ce qui se passe actuellement à Conakry autour de l’élection du maire de Matoto qui est la plus grande commune du pays. Dans cette commune, on retrouve des guinéens venant de partout. Mais, celui que les populations de la commune aiment, c’est lui qui doit être le maire. En tant que Kountigui de la Basse Côte, qu’est-ce que je veux dire au gouvernement ? Qu’est-ce que je veux dire aux partis politiques ? Ils n’ont qu’à éviter des comportements de nature à mettre le feu au pays. Si vous organisez une élection et quelqu’un remporte cette élection, laissez-le diriger parce que le pouvoir, c’est Dieu qui le donne à qui il veut.

Ce que je vois actuellement à propos de la mairie de Matoto, ça fait pitié. C’est quelque chose qui ne fera que nous mettre en retard alors que nous avons devant nous d’autres élections plus importantes que celle-là. Nous avons les élections locales et la présidentielle à venir. Mais si on s’affronte pour des élections locales, que ferons-nous lorsqu’il s’agira des élections législatives ? Depuis combien de temps ces élections ont eu lieu ? Jusque-là, il y a plusieurs communes qui n’ont pas encore leurs conseils communaux installés. Arrêtez de provoquer des violences en Basse Guinée ! Celui qui a gagné l’élection à Matoto, quel que soit son parti politique, laissez-le diriger la commune. Ne gâtez pas notre pays ! On ne prépare pas une élection le jour du vote, on la prépare bien avant. Mais, on n’a pas besoin d’aller déchirer des bulletins, travestir les faits, on prépare l’élection avant d’aller sur le terrain.

Vous les responsables des partis politiques : RPG, UFDG, UFR, etc. Celui qui a gagné l’élection, laissez-le diriger, c’est un pouvoir local ça, ne prenez pas cela pour mettre au-dessus des élections nationales. Je vais dire au ministre de l’intérieur que celui qui a la majorité à Matoto, c’est les gens qui l’ont élu, ce n’est pas lui qui a voté pour lui-même. Donc il n’a qu’à le laisser prendre le pouvoir pour permettre de maintenir la paix et la quiétude dans le pays. Cela fait neuf mois depuis que ces élections ont eu lieu, jusqu’à présent on ne parle que de ça encore. Dans certains pays, on organise l’élection le même jour et on en finit avec le même jour, arrêtons-nous aussi de compliquer les choses qui sont simples. J’insiste là-dessus, si c’est Kalémodou Yansané qui a gagné l’élection à Matoto, qu’on le laisse diriger la mairie. Si c’est Bangaly qui a gagné qu’on le laisse diriger, si c’est Bourama aussi, pareil. Cela ne dérangera en rien le pouvoir, ça ne dérangera pas la population. On parle quand même d’une seule commune alors qu’on a 33 communes urbaines dans le pays.

Donc, on ne doit pas nous affronter pour le contrôle d’une seule commune. Au nom des sages de la Basse Guinée, je vous demande de tout faire pour qu’on en finisse maintenant avec ces élections communales.

Propos recueillis par Alpha Assia Baldé, envoyé spécial de Guineematin.com à Tanéné (Dubréka)

Tél : 622 68 00 41

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