A l’image de Conakry, la capitale, les jeux de hasard ont connu une forte propension ces deniers temps dans la ville de Mamou. De nombreux, dont des diplômés sans emploi se lancent dans ces jeux pour espérer rafler de grosses sommes par coup de chance. Et, selon plusieurs d’entre eux, interrogés par un correspondant de Guineematin.com sur place, c’est le manque d’emploi qui les poussent à s’engager dans cette aventure.

Parmi les activités qui marchent à l’heure actuelle à Mamou, figure en bonne place les jeux de hasard. Chaque jour, on retrouve de nombreux jeunes rassemblés devant les guichets des sociétés de jeux installés dans la ville carrefour. Ils viennent acheter des tickets et miser des petites sommes d’argent pour espérer remporter gros. Parmi eux, nombreux sont des diplômés sans emploi.

C’est le cas de Mamadou Diallo, diplômé en Génie informatique. Selon lui, il s’est lancé dans les jeux de hasard, faute d’avoir du travail. « Depuis que j’ai fini mes études universitaires, je n’ai pas trouvé un emploi. C’est ce qui me pousse à jouer à la loterie même si cela est interdit par l’islam, ma religion. Il m’arrive de gagner temps en temps de petites sommes qui me permettent de satisfaire certains de mes besoins », témoigne-t-il.

Le jeune homme est conscient que les jeux de hasard ne sont pas la solution au problème de manque d’emploi, mais pour l’instant il n’a que ça à faire. Et, il est loin d’être le seul dans cette situation. « J’ai déposé un peu partout mes dossiers, mais sans recommandation, ce n’est pas du tout évident de trouver un emploi, même si vous êtes très qualifié. La plupart de mes camarades de promotion baignent lamentablement dans le chômage comme moi. De tous mes promotionnaires, je connais que 5 qui sont dans des entreprises privées », souligne Mamadou Diallo.

Et cette situation amène aujourd’hui beaucoup à s’interroger sur le problème du chômage en Guinée. A savoir, ses causes et les solutions qu’il faille prendre pour y remédier. Là-dessus, Koumba Keïta, étudiante en 2ème année à l’école de la santé « Institut privé d’assistance humanitaire Bel Avenir pour tous », a une idée. « Dans notre pays, il y a beaucoup plus des cadres supérieurs que de techniciens avertis. Nous devons bonifier la formation professionnelle pour développer notre pays.

Le chômage des jeunes s’explique par le fait que l’État ne crée pas les conditions nécessaires pour l’insertion des jeunes. En outre, les aînés refusent de céder les places aux jeunes diplômés. Et pourtant, beaucoup d’entre eux ont dépassé l’âge de la retraite. Ils changent chaque fois les documents au crépuscule de leur retraite pour se maintenir toujours à leur place. C’est donc la même génération qui travaille depuis des années », a-t-elle laissé entendre.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

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