Honorable Saikou Yaya Barry, secrétaire administratif de l’UFR

L’arrêt de la Cour Constitutionnelle portant sur le recours de l’opposition sonne comme le dernier soupire de la chancelante démocratie guinéenne ! Comme indiqué précédemment, le 29 janvier dernier, la Cour Constitutionnelle avait été saisie par les opposants Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, Bah Oury, Lansana Kouyaté, Ousmane Kaba, Mamadou Sylla, Faya Millimono et 42 autres opposants qui réclament l’annulation des « actes préparatoires au référendum pris par le président de la République et recours par voie d’exception contre l’avis N0 002/2019/CC du 19 décembre 2019 de la Cour constitutionnelle ».

Mais, le lundi dernier, 17 février 2020, notre Cour Constitutionnelle a rendu son arrêt qui oblige les opposants à utiliser d’autres moyens contre ce projet qui a déjà entraîné plus de 30 morts en Guinée. Elle jure être « incompétente » à trancher dans cette affaire.

Joint au téléphone dans la soirée d’hier par un journaliste de Guineematin.com, secrétaire exécutif de l’UFR n’a pas donné l’impression d’être surpris. Honorable Saïkou Yaya Barry estime que cet arrêt est dans la logique qui avait déjà enlevé le regretté Kélèfa Sall de la tête de cette institution.

« Cela prouve à suffisance que le pays est phagocyté par Alpha Condé ! Les institutions sont au solde d’Alpha Condé. Une institution comme la Cour Constitutionnelle qui refuse de voir les manquements liés à un référendum qui change la constitution du pays, il faut reconnaître que nous sommes dans la logique qui a enlevé Kélèfa Sall. La logique qui a enlevé Kélèfa Sall, c’est cette logique qui est en train de continuer au niveau de la Cour constitutionnelle », a dénoncé l’opposant.

Pourtant, ce proche collaborateur de Sidya Touré pense que certains de nos compatriotes ne sont toujours pas conscients du danger de ce projet de destruction démocratique porté par Alpha Condé. « Les Guinéens doivent savoir que nous sommes tombés plus bas qu’au moment de la dictature. Mais, cela dit, les gens sont en train de minimiser le danger qui guette la Guinée où le moral n’existe plus. Les gens, à cause de l’argent, à cause de la peur peut-être pour certains, ils arrivent à se maintenir dans une position qui ne favorise pas l’émergence de la Guinée. C’est le problème que nous avons aujourd’hui », a fait constater Saïkou Yaya.

Farouchement opposé à ce projet qui conduit la Guinée sur une pente très glissante, secrétaire administratif de l’UFR estime que le président Alpha Condé n’a pourtant pas changé de stratégie : « Alpha Condé, je le dis et je le répète, n’aime personne. Il est arrivé par des combines au sommet de l’Etat, il utilise tout le monde pour se servir lui seul en donnant quelques miettes à quelques personnes ou en faisant peur à certains », a répondu le député au bout du fil.

Enfin, rappelant le refus des autorités guinéennes d’installer les conseils de quartiers élus, malgré l’arrêt de la Cour Suprême, Saïkou Yaya Barry a rappelé que c’est aux Guinéens de changer cette donne et faire régner la voix de la majorité. « Nous avons déjà porté l’affaire au niveau de la CEDEAO ; mais, j’avoue que c’est nous, Guinéens, qui devons pouvoir changer les choses comme ça se doit. Nous devons conjuguer les efforts aujourd’hui pour bouter dehors ce système. On ne peut pas toujours faire recours à l’international. Vous avez vu l’arrêt de la Cour suprême concernant les chefs des quartiers où nous en sommes. Nous avons un exécutif qui ne se soumet à aucune loi, à aucune règle et à aucun principe. Aujourd’hui, nous sommes abandonnés à nous-mêmes comme si on était dans la jungle où c’est le plus fort qui gagne ».

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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