Les chauffeurs de taxis à Conakry ont débrayé ce lundi, 30 mars 2020. Ils ont garé leurs voitures pour protester contre la mesure prise la semaine dernière par le président Alpha Condé, réduisant le nombre de passagers que les taxis sont autorisés à prendre, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Beaucoup de citoyens en ont fait les frais ce lundi matin. Ils sont sortis, comme d’habitude, pour aller au travail, mais n’ont pas trouvé de taxi pour les transporter. En effet, les taximen sont ont décidé d’aller en grève pour protester contre la réduction du nombre de passagers qu’ils sont autorisés à prendre.

Ce nombre est passé de 6 à 3. C’est l’une des mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence décrété le jeudi, 26 mars dernier, par le président de la République, Alpha Condé. Une mesure que les chauffeurs de taxis disent ne pas pouvoir appliquer.

Abdoul Salam Barry

« La raison de ce mouvement, c’est la décision du gouvernement qui nous impose de prendre seulement 3 passagers au lieu de 6 habituellement. On n’est pas contre cette décision, on peut bien l’appliquer. Mais, à condition qu’on diminue le prix du carburant. Sinon on ne peut pas s’en sortir. On ne peut pas continuer à acheter un litre d’essence à 10 000 francs et réduire le nombre de passagers. C’est pourquoi on a décidé de garer nos taxis pour venir nous mobiliser ici et nous faire entendre. Nous réclamons la baisse du prix du carburant pour qu’on puisse appliquer cette mesure », a déclaré Abdoul Salam Barry, taximan.

Thierno Souleymane Tounkara, conducteur de taxi à Conakry

Même son de cloche chez Thierno Souleymane Tounkara, un autre conducteur de taxi à Conakry. « C’est vrai que le Coronavirus préoccupe tout le monde aujourd’hui. C’est vrai aussi que beaucoup de pays ont pris des mesures drastiques. Mais en Guinée ici, ce que le président a dit, on ne peut pas le faire.

Si le taxi que vous conduisez ne vous appartient pas, vous devez chaque jour verser une recette de 100 mille francs au propriétaire. Donc, nous sommes là aujourd’hui pour montrer notre colère et dire à l’Etat de prendre des mesures d’accompagnement. Ils n’ont qu’à réduire le prix du litre de carburant à 5 mille ou à 6 mille francs au maximum. A défaut de ça, ils vont augmenter les frais de transport », préconise-t-il.

Plusieurs taximen se sont déployés dans certains carrefours pour veiller au respect strict de leur mouvement de protestation. Ils arrêtent et garent tous les taxis (voitures et motos) dont les propriétaires ne respectent pas leur mot d’ordre de grève.

« On n’est pas là pour barricader la route ou faire de la violence, non. Quiconque vient, on l’arrête, on lui dit de faire descendre les passagers et garer sa voiture. Peut-être que si les citoyens se plaignent du manque de taxis, le gouvernement va prendre une mesure pour nous soulager », estime Thierno Souleymane Tounkara.

Et si le gouvernement ne prête pas une oreille attentive à leur mouvement, les taximen comptent augmenter eux-mêmes les frais de transport. « Si le gouvernement refuse de baisser le prix du carburant, nous allons appliquer la mesure réduisant le nombre de passagers mais tout en augmentant le prix du transport. Le tronçon qui coûte 1500 aujourd’hui, va passer à 3000 francs », a laissé entendre Abdoul Salam Barry.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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