Ibrahima Sadio Bah

Le procès du journaliste sportif Ibrahima Sadio Bah, jugé pour diffamation à l’encontre de Mamadou Antonio Souaré (président de la Fédération guinéenne de football), s’est poursuivi ce jeudi, 21 janvier 2021, au tribunal de première instance de Dixinn. Pour cette troisième audience, le prévenu a comparu tout seul devant la juridiction. Il a laissé entendre que ses avocats l’ont lâché parce qu’ils ont eu peur du dossier, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Lors de la précédente audience, il avait été annoncé que les parties concernées ont décidé de régler cette affaire à l’amiable. Mais, cette démarche n’a visiblement pas abouti. Car le procès s’est poursuivi ce jeudi, en présence du prévenu et de l’avocat de la partie civile. Mais, contrairement aux précédentes audiences, Ibrahima Sadio Bah a comparu cette fois sans avocat. A la barre, le journaliste sportif a déclaré que ses avocats ont eu peur du dossier, mais qu’il peut se défendre tout seul.

Il a apporté d’ailleurs plusieurs pièces qu’il compte utiliser pour assurer sa défense. Il s’agit d’extraits d’un discours du président Alpha Condé dans lequel il aurait fustigé la gestion de la Fédération guinéenne de football (Féguifoot), au lendemain de l’échec de la Guinée à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2019. Mais aussi, des propos tenus par Salifou Camara, alias Super V (ancien président de la Féguifoot) qui a déclaré : « Antonio Souaré m’a trahi. Il est pire qu’un trafiquant de drogue ».

Après la présentation de ces pièces, le juge Alphonse Charles Wright lui a demandé quel est le lien entre elles et l’infraction de diffamation pour laquelle il est poursuivi dans cette affaire, Ibrahima Sadio Bah a laissé entendre que « c’est pour prouver au tribunal que je ne suis pas le seul à fustiger la mauvaise gestion de la Féguifoot. Il (Antonio Souaré) me poursuit aujourd’hui pour diffamation, mais tout ce que j’ai évoqué est une réalité. Il veut juste me faire taire. C’est de la chasse aux sorcières », a-t-il dit, tout en assumant ses propos incriminés.

De son côté, l’avocat de la partie civile, Me Amadou Barry, a soutenu que le prévenu s’est effectivement rendu coupable de diffamation à l’encontre de Mamadou Antonio Souaré. Cela, à travers des publications sur sa page Facebook dans lesquelles il s’est attaqué au président de la Féguifoot. C’est pourquoi, il a sollicité la condamnation du journaliste sportif au paiement d’un franc symbolique pour rétablir l’honneur de son client.

« Ibrahima Sadio Bah n’est pas le seul à être renvoyé par la Féguifoot. Ils étaient au nombre de 17 personnes. C’était des bénévoles, ils ne faisaient rien dans l’institution. Avec ça, ils ont bénéficié chacun d’une somme de 50 millions de francs guinéens. Mais depuis juin 2020, Ibrahima Sadio ne fait qu’attaquer Antonio Souaré. Il a tenu des propos déplacés à son encontre. Il a reconnu ici ses propos sans regret. Donc, l’élément intentionnel est là. Ses informations mensongères ont sali monsieur Antonio Souaré. Ses propos ont porté préjudice à monsieur Antonio Souaré. Donc, pour les intérêts civils, nous demandons tout simplement de le condamner au paiement d’un franc symbolique », a plaidé l’avocat.

 

A la demande du ministère public, l’audience a été renvoyée au 28 janvier 2021 pour les réquisitions du procureur.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/654416922

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