Depuis le déclenchement de la grève des enseignants, le 3 octobre 2018, par le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée(SLECG) le système éducatif est paralysé dans notre pays. De très nombreux établissements scolaires publics de Conakry et de la Guinée profonde sont frappés par le mouvement.

Près de deux mois depuis le début de cette grève, Guineematin.com a dépêché ses reporters dans certaines écoles pour faire le constat.

Dans certains établissements scolaires publics de Conakry, les cours ont timidement repris avec certains enseignants titulaires, épaulés par des contractuels. C’est le cas des lycées de Kipé et de Lambanyi, dans la commune de Ratoma.

M. Amara Balato Keita

Selon monsieur Amara Balato Kéita, proviseur du lycée Kipé, les élèves et les enseignants viennent régulièrement pour suivre les cours. « Au lycée Kipé, comme dans d’autres lycées respectables du pays, nous avons pris toutes les dispositions pour que les cours puissent marcher chez nous. C’est vrai, la crise est une réalité. Cependant, au lycée Kipé, les professeurs et les élèves viennent régulièrement. Ce vendredi, 30 novembre 2018, je vous avoue, j’ai 1 213 élèves dans mon établissement, j’ai 23 salles de classes, toutes ouvertes. Donc, aujourd’hui, je ne peux dire à nos collègues grévistes que de revenir à l’école. Notre métier est un sacerdoce. C’est un métier sacré. Il n’y a pas de plus beau dans la vie que de donner son savoir à autrui », a dit monsieur Kéita.

S’il reconnaît que certains enseignants de son lycée observent bel et bien la grève, le proviseur du lycée Kipé insiste surtout sur la continuité des cours grâce aux présents. « Les contractuels qu’ils nous ont affectés et les titulaires viennent régulièrement donner les cours. Certains sont quand même en grève. Mais, d’autres sont là ».

Enfin, Amara Balato Keïta a vigoureusement protesté contre ceux qui attaquent le niveau des enseignants contractuels : « contrairement à ce que les détracteurs de ces contractuels chantent, je m’inscris en faux. Ils sont sortis des institutions qui forment les enseignants. Le choix n’est pas fortuit. Ce ne sont pas des mécaniciens, ni des maçons qui sont venus à l’école pour enseigner », a précisé le proviseur du lycée Kipé.

Fanga Gomou Nanamou

Au lycée de Lambanyi, les responsables disent également que tout se passe bien. Selon Fanga Gomou Nanamou, le directeur des études des promotions 9ème et 10ème année, les enseignants sont réguliers, à la fois les titulaires et les contractuels. « Ils sont tout le temps avec nous dans les classes. Les titulaires sont au nombre de 68. Et, l’Etat nous a envoyé 100 et quelques contractuels qui viennent tous les jours, matin et soir. Les enseignants contractuels programmés aujourd’hui sont au nombre de 16 et les titulaires programmés sont au nombre de 12. Ils sont tous présents. Quant aux élèves, parfois, quand on programme 700, nous avons au minimum 600 élèves qui viennent. Cela veut dire que chez nous, les enfants sont dévoués à suivre les cours ».

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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