En prélude à la célébration du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la délégation de l’Union européenne en Guinée a procédé, dans la soirée d’hier samedi, 08 décembre 2018, à la projection du film « Timbuktu ». Réalisé à Tombouctou, une ville située dans le nord du Mali, ce film est diffusé pour la première fois de façon officielle en Guinée. Des personnalités et de nombreux citoyens se sont mobilisés au Centre Culturel Franco-Guinéen (CCFG) de Conakry pour le suivre, a constaté Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

D’une durée d’1h30’, « Timbuktu » a été réalisé à Tombouctou, ville historique du nord du Mali, après le départ des groupes djihadistes qui ont pris, il y a quelques années, le contrôle de cette vaste région. Le réalisateur Abdourahamane Cissoko relate un peu l’attitude des « fous de Dieu » (Les djihadistes) qui ont envahi Tombouctou en y imposant la charia. Ils ont banni notamment la cigarette, la musique, le football et procédé à des mariages forcés, persécuté des femmes et improvisé des tribunaux qui rendent des décisions injustes, terrorisant les habitants de la ville dont beaucoup ont dû fuir pour aller se réfugier ailleurs.

La projection de ce film a été suivie de discours et de débats portant sur le respect de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Sur la question, le chef de la délégation de l’Union européenne en Guinée, estime que « Timbuktu » est un film qui inspire. « Ce film parle de l’absence de liberté, de la liberté lorsque les idées totalitaires s’approprient de nos vies. (…) Au niveau de la Guinée, l’Union européenne s’est alignée sur cette procédure liée aux droits de l’Homme, à travers le programme de coopération en renforçant le volet lié à l’approche sur le droit.

Son appui à la société civile et son soutien aux populations les plus vulnérables en l’occurrence les femmes. Force est de rappeler par exemple, que les violences sur les femmes sont et restent un fléau mondial et que le continent africain et la Guinée restent en première ligne : mariages précoces et forcés, violences conjugales, mutilations génitales féminines, viols, sont des réalités qui frappent plus les femmes et les filles dans leur quotidien », a fustigé le diplomate européen.

Et, c’est pour inverser cette tendance négative que l’Union européenne en Guinée, en collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, organise plusieurs activités à l’occasion de la célébration du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. « Ce n’est pas fortuit que le Haut-Commissariat des Nations Unies et l’ensemble des Nations Unies s’associent dans une initiative particulière avec l’Union européenne pour promouvoir les droits de l’Homme qui sont des valeurs universelles. Mais cela, nous le faisons avec d’autres Etats.

Depuis que je suis arrivé en Guinée, j’ai échangé avec d’autres Etats non membres de l’Union européenne : la Chine, la Russie, le groupe africain notamment, sur le respect de la dignité humaine, la sainteté de la vie sur des valeurs qui transcendent les blocs idéologiques. Et, on comprend très bien aussi, que lorsque nous interagissons et nous travaillons avec le peuple et les autorités guinéennes, le consensus peut se faire autour des droits de l’Homme », a indiqué Dr Patrice Vahard, représentant pays du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme en Guinée.

Toutes ces actions des partenaires justement, réjouissent le directeur national de la promotion des droits de l’Homme et de la citoyenneté, présent à cette rencontre. Selon N’Famara Camara, le respect du contenu de la Déclaration universelle des droits de l’Homme permettra d’éviter les conflits qui sont constatés aujourd’hui à travers le monde. « Il est bien dit dans le deuxième préambule de la DUDH (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme) que c’est la méconnaissance ou le mépris des droits de l’Homme qui sont toujours à la base de toutes les difficultés ou tous les problèmes que l’humanité a connus.

Ce n’est pas un vain mot, c’est une réalité. Tant que les gens seront frustrés, brimés dans leurs droits, nous allons créer des formes de division dans notre société. Et, aucun développement ne peut être durable, s’il n’est pas inclusif. Or, la violation des droits de l’Homme favorise l’exclusion, d’autres se mettront à l’écart et le processus ne sera pas bien », a-t-il laissé entendre.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com
Tél. : (00224) 621 09 08 18

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