Alpha Condé tient coûte que coûte à changer la Constitution pour avoir un mandat à vie à la tête de la République de Guinée

Pour convaincre le président Lansana Conté de modifier la constitution en 2001, les thuriféraires l’avaient supplié de ne pas « abandonner le pays entre les mains d’un aventurier ». Allez savoir à qui ils faisaient allusion ! Avec moins de difficulté qu’aujourd’hui, ils atteindront leur objectif. La constitution fut taillée sur la meure du général. Sept ans plus tard, la nature fit son travail.

De fil à aiguille, le fameux « aventurier », qui était cloué au pilori, réalise, malgré tout, son rêve. Pour les thuriféraires, les carottes semblaient être cuites. Mais, c’était sans compter avec leur capacité, voire leur expertise, de s’adapter à toutes les situations. D’autant plus que le nouvel arrivant avait promis dans sa campagne électorale de ne procéder à aucune chasse aux sorcières. Ils pouvaient donc tâter leur terrain favori : caresser le nouveau chef dans le sens des poils. L’expérience fut fructueuse.

Ainsi, nouvel homme, nouveau discours. Cette fois, il ne s’agit plus d’une histoire d’aventuriers. « L’aventurier » est devenu subitement, et comme par miracle, un saint. Il fallait réinventer une nouvelle étiquette et la coller durement et solidement à certains. Il s’agit désormais de « prédateurs ». Et, pour désigner ces derniers, il fallait faire le tri. Car, tous ceux qui ont géré avec le général ne sont pas logés dans la même enseigne. Ce sont ceux qui veulent remplacer le nouveau chef qui sont les prédateurs.

Par cette recette, les thuriféraires parviennent peu à peu à se refaire une place au soleil. Encore et toujours, les mêmes disent à leur nouveau mentor qu’il ne peut cette fois pas abandonner le pays entre les mains de « prédateurs et de voleurs ». Entendez ceux qui ont collaboré avec le général. Mais, pas tous. Ils procèdent à un tri minutieux. Il y a les bons. Notamment ceux qui sont avec le nouveau chef. Ceux-là sont même des saints.

Il y a aussi ceux qui sont mauvais mais pas les pires. Ceux-là ne veulent pas et ne peuvent pas remplacer le chef. Il y a enfin les pires des pires. Principalement, les deux qui ne veulent rien d’autre que le fauteuil présidentiel. Pour les empêcher d’atteindre cet objectif, il faut faire pour le professeur ce qu’on avait fait pour le général : tailler une constitution sur mesure pour lui permettre de ne faire aucune transition entre le palais présidentiel et le cimetière.
Ainsi, et comme son prédécesseur, il ne connaîtra jamais son successeur. Mais, ce n’est pas tout. Cette nouvelle constitution permettra aussi aux nombreux larbins de continuer à se remplir les poches et les comptes.

Voilà les vrais raisons de la crise que nous traversons. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir les personnes qui sont en première ligne pour une nouvelle constitution. C’est pourquoi, ce projet est un complot contre le RPG et son leader, Alpha Condé. A quelques exceptions près, ceux qui s’agitent pour maintenir leurs avantages et privilèges sont de deux catégories : il y a d’un côté ceux que l’actuel président avait combattus quand il était opposant. Ce sont les plus nombreux. Et de l’autre ceux qui l’ont combattu quand il est devenu président.

D’où l’hypothèse que ces opportunistes cherchent à induire l’homme en erreur. Car la plus grande erreur qu’il puisse commettre, c’est de faire un forcing pour se maintenir au pouvoir contre la volonté de la majorité de ses concitoyens. Si jamais il réussit son projet au prix de la répression et ses corollaires de victimes, il sera – si ce n’est déjà le cas- sur le banc de la communauté internationale. L’isolement du régime a déjà commencé.

Une carte de membre du RPG

Quand les vrais militants du RPG observent ce qui se passe actuellement, ils sont désemparés. Écartés qu’ils sont par des opportunistes de tout acabit qui parlent et agissent au nom du parti pour lequel ils ont payé un lourd tribu. Ils entendent parler au nom du parti d’un côté ceux qui les réprimaient quand le RPG était dans l’opposition et de l’autre ceux qui les insultaient quand ce parti est arrivé pouvoir. Le moins que l’on puisse écrire est que les militants de la 25ème heure sont de loin les plus nombreux au niveau des instances de décision du parti. Au grand dam de ceux qui ont fait le martyr durant les années de traversée du désert.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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