La pêche artisanale guinéenne est confrontée à d’énormes difficultés. Les manques de filets appropriés et de gilets de sauvetage tout comme l’absence de chambres froides pour conserver le poisson sont lésion. Le port de pêche de Kaporo, dans la commune de Ratoma, n’échappe pas à cette triste réalité où les pêcheurs sont livrés à eux-mêmes dans une conjoncture économique compliquée, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La pêche artisanale fait vivre de nombreuses familles tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Mais, les pêcheurs rencontrent de nombreuses difficultés qui rendent leur quotidien de plus en plus compliqué. C’est ce qu’a confié à un de nos reporters Marouf Soumah, le chef du port de pêche artisanal de Kaporo. « Ici au port de Kaporo, les difficultés rencontrées par les pêcheurs sont très nombreuses. Il y a un manque criard de gilets de sauvetage.

Aussi, les filets que nous utilisons pour ne peuvent pas nous donner une bonne production de poissons, surtout des poissons de qualité parce que généralement, ce sont les genres de filets de très petites mailles qui ne peuvent prendre que de nombreux petits poissons au détriment des gros. Ce qui fait que leur vente devient chaotique pour nous. Nous ne pouvons même pas avoir le prix exact du carburant pour les moteurs qui font fonctionner nos pirogues. Et, nous n’avons pas des chambres froides en ce qui concerne la conservation de nos produits halieutiques en cas d’une mauvaise vente avec les femmes », a-t-il fait savoir.

Pourtant, Marouf Soumah a fait savoir que les pêcheurs de Kaporo s’acquittent de leurs devoirs en payant les taxes annuelles. « Nous payons nos taxes à l’Etat. Vous rendez-vous compte que nous leur donnons par pirogue une somme de 300 mille francs guinéens chaque année. Mais malgré tout, nous sommes oubliés par ce gouvernement. Même si l’Etat a entamé, depuis près de cinq ans, des travaux au sein de notre port dans le but de l’aménager, jusqu’ici, rien n’a été fait. »

Devant toutes ces difficultés, Marouf Soumah demande au gouvernement de voler à leur secours. « Je profite de votre micro pour demander à l’Etat de trouver dans l’immédiat une solution aux problèmes majeurs que je viens de dégager. Sinon, notre port sera en ruine et nous resterons sans travail parce que c’est à travers ces activités de pêche que nous faisons vivre nos familles et beaucoup de guinéens vivent de Conakry vivent de ça».

Pour sa part, Demba Soumah, pêcheur au port de Kaporo, a laissé entendre que l’Etat ne tient pas ses promesses. « L’Etat nous a demandés de retirer les vieux filets pour qu’il nous envoie de nouveaux. Mais, il n’en a pas envoyé. Donc, on ne peut pas retirer ce qu’on a ici, alors qu’on n’a pas envoyé même la moitié des nappes. Donc, l’Etat ne vient pas en aide. »

En outre, Demba Soumah dénonce l’existence de pirogues aux prix inaccessibles au port de pêche de Kaporo. « Il n’y a pas longtemps que le président Alpha Condé nous a envoyés des pirogues à titre moderne, accompagnées de tous les accessoires de pêche pour chaque pirogue, mais c’est payant. Celui qui en veut, c’est pour un montant de 160 millions de nos francs, pour dire que c’est une manière de nous apporter de l’aide.

Mais, avec cette somme colossale, est-ce qu’on peut dire que c’est une manière de nous apporter l’aide ? Je dirai non et non. Je dirai que c’est une manière de s’appauvrir de plus. C’est pourquoi jusqu’ici, personne d’entre nous ne s’est hasardée de prendre à crédit ces pirogues empoisonnés du président Alpha Condé. Ces pirogues sont abandonnés à elles -mêmes dans notre port », a-t-il fait savoir.

Léon Kolié pour Guinematin.com

Tél : 661 74 99 64

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