Alors que le coronavirus se propage inexorablement dans le monde avec des dizaines de milliers de morts, les gouvernements multiplient les mesures visant à freiner le drame dans son élan. C’est dans cette dynamique que le président Alpha Condé a décrété l’état d’urgence sanitaire, avec à la clé l’instauration d’un couvre-feu nocturne et l’interdiction de sortir de Conakry. Mais, les mesures édictées pour la prévention de la pandémie ne sont pas respectées à Siguiri, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Le président de la République a pris une batterie de mesures pour limiter la propagation du Covid-19. Mais, dans la ville de Siguiri, ces mesures sont ignorées par les citoyens, peu conscients du danger qui les guette : limitation des passagers dans les véhicules de transport en commun, fermeture des bars et lieux de culte, interdiction des rassemblements lors des cérémonies…

A la gare routière de Siguiri par exemple, la diminution du nombre d’occupants pour les véhicules n’est pas respectée. Une mesure que dénonce d’ailleurs Mamady Kouyaté du syndicat des transporteurs. « Ecoutez, le gouvernement a pris une décision sans aucune mesure d’accompagnement. Vous demandez à un chauffeur de transport en commun de limiter ses passagers en ignorant ses dépenses. Aujourd’hui, nous avons embarqué les passagers pour Conakry. Dans les minibus, nous avons embarqué 20 passagers, et 6 passagers pour les taxis. Vous dites à un chauffeur de limiter ses passagers, il demande de doubler les frais de transport », a-t-il expliqué.

A la frontière avec le Mali, à Kourémalé, où notre reporter a effectué un déplacement dans la journée d’hier lundi, 30 mars 2020, les citoyens rentrent et sortent comme si de rien n’était. Pour Sékou Doumbouya, citoyen de Kourémalé, cette mesure va être difficile à pratiquer. « Même si l’Etat dit de fermer, il sera difficile de le faire. Les véhicules quittent à Bamako pour Siguiri, quand ils arrivent à la frontière du côté du Mali, ils prennent les bagages et rentrent à pied, tout comme les guinéens qui quittent la Guinée, ils rentrent de la même manière au Mali ».

Les gérants des bars café, à l’image de Laye Traoré, disent ne pas pouvoir fermer à cause du manque à gagner. « Comment l’Etat peut nous dire de fermer nos bars et d’arrêter notre travail alors qu’il ne nous donne rien ? Moi je travaille, mais j’ai devant le bar un kit de lavage des mains. »

Certaines mosquées de la ville de Siguiri sont également ouvertes, malgré la mesure d’interdiction qui vise les lieux de culte. Interrogé à ce sujet, le maire de la commune urbaine de Siguiri, a confirmé l’information avant d’inviter les citoyens à respecter les restrictions qui visent à freiner la propagation de la maladie. « Oui, j’ai appris par le canal des citoyens que les mosquées sont ouvertes. Mais, je demande aux fidèles musulmans de respecter le président et de fermer », a laissé entendre Elhadj Koumba Sékou Magassouba.

De Siguiri, Bérété Lanceï Condé pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin