Le processus d’enrôlement des électeurs dans la perspective des législatives du 16 février 2020 continue susciter la colère des politiciens guinéens. Dr Ousmane Kaba, président du Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES), a fait part de son indignation devant les multiples couacs qui entourent ce processus entamé depuis plus de deux semaines.

A l’occasion de l’assemblée du parti, tenue ce samedi, 7 décembre 2019, Dr Kaba a dit craindre pour la stabilité de notre pays à cause de ce qui est en cours de préparation, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Pour Dr Ousmane Kaba, l’enrôlement des mineurs est un drame qui se passe aussi bien du côté du parti au pouvoir que de l’opposition. « On remarque qu’il y a beaucoup de problèmes autour de ces élections. Le recensement ne se fait pas correctement. Aujourd’hui, tout le monde en est conscient. On a partout, sur toute l’étendue du territoire national, des jeunes gens qui ont moins de 18 ans qui sont en train de se faire recensés, pas seulement du côté du pouvoir d’ailleurs. Ça veut dire que nous avons une question fondamentale à nous poser en tant que guinéen. Est-ce que réellement nous voulons la paix dans notre pays ? Est-ce que nous voulons la stabilité ? J’ai l’impression qu’en Guinée, nous avons un vrai problème. C’est que, ce pays manque réellement d’éthique, de morale à tous les niveaux. C’est extraordinaire. Les chefs de quartiers de tous les bords sont en train de faire du n’importe quoi pendant les élections », a lancé ouvertement Dr Kaba.

Parlant de la reprise du dialogue politique inter-guinéen, Dr Ousmane Kaba estime que le pouvoir a commencé à lâcher du lest. « Pour le moment, je constate simplement qu’on a libéré tous les prisonniers politiques du FNDC. Ce qui est un premier pas. C’est un premier pas qui va dans le bon sens. Nous allons voir maintenant le contenu de ce dialogue, pour voir si le gouvernement écoute réellement, si la CENI aussi écoute les acteurs politiques dans le processus électoral ».

Toutefois, le président du PADES met en garde la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) en ce qui concerne l’établissement et la révision du fichier électoral. Dr Kaba craint que les agissements sur le terrain ne soient à la base d’une déstabilisation de notre pays. « Ce qui me semble aujourd’hui être le danger le plus important pour notre pays, c’est vraiment le travail de la CENI. Si la CENI ne fait pas son travail correctement, ne fait pas le recensement correctement, qu’on n’a pas un bon fichier électoral, je pense que nous allons vers des difficultés et la déstabilisation de ce pays. Et il faut que les guinéens comprennent que tout ne revient pas au président de la République ou au gouvernement. Chacun d’entre nous est comptable quelque part. Si on met des adultes à la CENI, il faudrait vraiment aussi que ces gens fassent leur travail et ne mettent pas la Guinée dans les problèmes, dans l’instabilité, dans la violence. Parce que des élections mal préparées, génèrent de la violence malheureusement. Parce que ça génère beaucoup de frustration », a lancé Dr Kaba.

D’ailleurs, le président du PADES dit avoir encore en mémoire la mascarade électorale à Kankan au cours des élections locales du 04 février 2018. « Je sais de quoi je parle. Puisque j’ai vécu en direct les dernières élections locales où j’étais à Kankan. Vous vous souvenez et on trouvait des gens avec plein de procurations et vraiment, c’était la tricherie à une échelle que je n’ai jamais vue. Ça veut dire que si on continue dans ce sens, la Guinée va vers beaucoup de difficultés et les premiers responsables sont déjà, ceux qui sont à la CENI, qui je rappelle on plus de 18 ans. Personne n’est obligé de respecter des consignes qui vont contre l’intérêt du pays. J’en appelle vraiment à la conscience des commissaires de la CENI qui sont responsables devant l’histoire ».

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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