Situé au quartier Sonfonia, dans la commune de Ratoma, le secteur Fassou est actuellement confronté à un manque criard d’eau potable. Depuis au moins trois (3) ans, ce secteur est sevré de l’eau de robinet. La société des eaux de Guinée (SEG) n’y existe que de nom. Et, pour se procurer de l’eau, les habitants de Fassou sont obligés de faire recours aux puits ordinaires et quelques rares forages qui existent dans ce secteur. Certains citoyens de Fassou parcourent de longues distances alors que d’autres débourser 2000 francs guinéens pour avoir 20 litres d’eau, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

On dit souvent que « l’eau c’est la vie ». Mais, à Fassou, cette indispensable denrée se fait de plus en plus rare. Depuis plusieurs années, l’eau ne coule pas dans les robinets de ce secteur 3 de Sonfonia. Les habitants de cette localité souffrent le martyr pour avoir de l’eau potable. C’est le cas de madame Mariam Camara qui, malgré ses maigres moyens financiers, est parfois obligée de débourser 2000 francs guinéens pour avoir 20 litres d’eau à la maison.

« Cela fait trois ans qu’il n’y a pas d’eau dans notre secteur ici. La pompe ne vient plus et les propriétaires des forages qui sont là, quand il y a le courant, ils remplissent d’abord leurs cuves d’eau avant de nous servir. Et, vous savez que le courant n’est pas stable… Il n’y a pas d’eau et on souffre beaucoup. Chez nous ici, nous pouvons garder les vêtements sales pendant des semaines. On ne parvient pas à les laver à cause du manque d’eau. Notre dernier recours ici, c’est de payer les jeunes pour qu’ils aillent puiser de l’eau dans les bidons de 20 litres. Et, pour chaque bidon, nous payons 2000 de nos francs » a expliqué Madame Mariam Camara.

Selon nos informations, les habitants de Fassou opèrent chaque jour une véritable chasse à l’eau. Avec des sauts et des bidons vides en mains, les femmes, les jeunes et même certains enfants font la queue devant les quelques rares forages du secteur et les puits qui tarissent peu à peu en cette en période de saison sèche. Mais, malgré leur détermination, certaines femmes rentrent quelques fois bredouilles, sans eau. Et, devant de telles circonstances, elles sont obligées d’acheter des sachets d’eau minérale pour satisfaire certains besoins.

« A cause du manque d’eau, nos enfants arrivent difficilement à aller à l’école. Parfois, nous sommes obligés d’aller quémander un peu d’eau aux propriétaires des puits afin que nous puissions laver nos enfants, avant qu’ils n’aillent à l’école. Et s’il n’y a pas du tout de l’eau dans les puits, nous achetons les petits sachets d’eaux minérales pour qu’ils fassent leurs toilettes. Si l’Etat savait ce que nous traversons ici, il serait venu nous aider. Nous les nourrices, nous ne savons pas comment faire. Nous demandons vraiment au gouvernement de penser à nous », s’est lamentée madame Fatoumata Camara.

Dans leur quête interminable d’eau, certains citoyens de Fassou font de longue distance. Sans le vouloir souvent, ils se lèvent très tôt le matin pour aller au-delà des limites de leur secteur pour chercher quelques litres d’eau potable. C’est le cas de madame Fatoumata Kaba. Cette pauvre femme parcourt au moins un kilomètre pour trouver de l’eau pour les besoins de sa cuisine.

« Nous partons jusqu’au carrefour SOS pour nous procurer de l’eau. Ça peut faire un kilomètre. Si le courant ne vient pas pour nous permettre de faire fonctionner les forages, c’est ce que nous faisons : parcourir des distances et partir dans d’autres quartiers pour trouver de l’eau. Vous imaginez, nous nous réveillons à 4 hou 5 h du matin pour aller chercher de l’eau. C’est vraiment éprouvant », a confié madame Fatoumata KABA.

A en croire le chef secteur de Fassou, il y a plus de 5 ans que ses administrés ne reçoivent pas l’eau de la SEG. Monsieur Dansou Mara accuse d’ailleurs la guinéenne de l’eau d’avoir comploté avec des commerçants pour priver son secteur de l’eau de robinet.

« Il y a plus de 5 ans que nous n’avons pas d’eau, surtout dans les ménages situés entre le carrefour SOS et la station BTN. Mais, la ligne fonctionnait avant. C’est après la construction des immeubles des commerçants au bord de la route que nous avons été coupés. Mais, cela est arrivé à cause de la complicité entre la SEG et les commerçants qui ont construit les immeubles.

C’est-à-dire, ils ont tourné la direction du grand tuyau et depuis ce jour-là, l’eau ne vient pas chez nous. Je me suis déplacé plus d’une fois pour aller demander à la SEG de venir régler la conduite d’eau ; mais, ils n’ont rien fait d’abord. Je ne sais pas comment ils ont fait pour s’arranger avec les commerçants pour nous priver de l’eau de robinet », a indiqué Mara Dansou.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

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