Dialogue politique et social : Alpha Condé jette son dévolu sur Fodé Bangoura

21 mai 2021 à 22 10 43 05435
Elhadj Fodé Bangoura, président du PUP

C’est la première mission que le président Alpha Condé confie au président du PUP (l’ancien parti au pouvoir). Dans un décret rendu public ce vendredi soir, 21 mai 2021, le chef de l’Etat guinéen a nommé Elhadj Fodé Bangoura secrétaire permanent du cadre de dialogue politique et social.

Le décret précise que le Premier ministre conformément aux dispositions du décret portant création, fonctionnement et attributions du cadre permanent du dialogue politique et social, est chargé de l’application de cette décision.

Ancien puissant secrétaire général à la présidence de la République, Fodé Bangoura s’était toujours réclamé de l’opposition devant l’accession du président Alpha Condé à la tête de la Guinée.

Lire

Kindia : une trentaine de conseillères communales outillées par le NDI sur la bonne gouvernance

21 mai 2021 à 18 06 36 05365

Organisé par le NDI (National Democratic Institute) avec le financement de l’USAID, l’atelier de mentorat et de partage d’expériences entre les conseillères communales de la région administrative de Kindia et celles du caucus des femmes conseillères communales de Conakry a eu lieu hier, jeudi 20 mai 2021, à Kindia. La rencontre a regroupé une trentaine des participantes venues de certaines préfectures de la région. Elle a connu également la présence des autorités administratives de la ville des agrumes, l’Association Nationale des Communes de Guinée (ANCG), l’Agence Nationale de Financement des Collectivités (ANAFIC) et d’autres invités de marque, rapporte un correspondant de Guineematin.com à Kindia.

La présente rencontre s’inscrit dans le cadre d’une série d’activités initiées par le NDI, avec l’assistance financière de l’USAID, pour permettre aux femmes élues dans les différentes communes de l’intérieur du pays, de faire un partage d’expérience avec leurs homologues de Conakry. Cette initiative a été entamée en 2019 (lors de l’installation des conseils communaux) pour faire en sorte que les femmes disposent des capacités nécessaires, afin de contribuer à la bonne gestion de leurs collectivités, et surtout faire en sorte que les priorités citoyennes dans les secteurs sociaux (éducation, santé, accès à l’eau, salubrité publique), mais aussi les aspects liés à l’employabilité des jeunes et des femmes soient suffisamment promus grâce aux contributions des femmes.

« Parmi les pesanteurs qui faisaient que les femmes n’occupaient pas de rôle de premier rang au niveau des institutions publiques et des instances de décision, il y a cette question de capacité et de confiance en soi. Alors, la présente session à Kindia permettra aux femmes conseillères participantes de pouvoir passer en revue les notions de mentorat, comment tisser des réseaux politiques efficaces et aussi les questions de leadership politique des femmes afin de pouvoir être vraiment les porte-voix de leurs communautés. Il s’agira également de partager le manuel de l’élu local qui a été traduit en langue nationale pour faire en sorte que toutes les femmes élues, quelle que soit le niveau d’éducation de base, soient capables de comprendre le Code des collectivités locales », a expliqué Paul Amegakpo, le directeur résidant du NDI en Guinée.

Cette démarche du NDI bénéficie de l’adhésion et du soutien du gouvernement guinéen. D’où la présence des autorités administratives de Kindia et de la direction régionale de l’Agence Nationale de Financement des Collectivités (ANAFIC) à cette rencontre. La gouverneure de la région de Kindia, Hadja Sarangbè Camara, qui a présidé la cérémonie d’ouverture des travaux, a félicité et encouragé le National Democratic Institute pour cette initiative en faveur des femmes de Guinée.

« C’est une grande joie pour moi de voir un nombre important de femmes en politique qui ont réussi à monter quelques escaliers. Il y a des conseillères communales et même des maires dans la région administrative de Kindia. Que le NDI fasse un accompagnement pour que ces femmes aient une capacité en matière de gestion publique constitue une satisfaction pour moi. Donc nous n’avons qu’à les féliciter, les encourager et leur demander de tirer d’autres femmes en politique pour permettre aux femmes, qui représentent plus de 50% de la population, de jouer notre partition. Ces femmes méritent un encouragement et un soutien pour aller plus loin dans les instances de décision et de gouvernance locale », a dit la gouverneure de Kindia.

A l’issue de cet atelier, les participantes ont exprimé leur satisfaction d’avoir pu acquérir de nouvelles connaissances, qui leur serviront dans l’exercice de leurs fonctions. « Cette formation nous a permis de connaître des choses qu’on ne connaissait pas en matière des collectivités. Elle a été une rencontre d’échange et de partage d’expériences. Nous avons compris le Code des collectivités locales, comment maintenir un climat de confiance entre nous élues et les citoyens, nous avons été suffisamment outillées sur comment participer au développement de nos collectivités. Chacune de nous connaît désormais son rôle. Et nous avons reçu des facilitateurs, un élément sonore que nous allons vulgariser auprès de nos communautés », a déclaré Mme M’mah Sylla, maire de la commune rurale de Madina Oula.

De Kindia, Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com
Tel : (00224)628516796

Lire

Labé : la boucherie centrale de nouveau fermée, le comité de gestion dissout

21 mai 2021 à 17 05 18 05185
Boucherie centrale de Labé

C’est une décision du maire de la ville. Mamadou Aliou Laly Diallo a ordonné la fermeture de la boucherie centrale de Labé et la dissolution de son comité de gestion. Il justifie cette décision par « la violation » du protocole d’accord signé en avril dernier entre la coopérative des bouchers et les autorités communales, fixant le prix du kilogramme de viande à 45.000 francs guinéens, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Mamadou Aliou Laly Diallo, maire de Labé

Depuis ce jeudi, 20 mai 2021, les citoyens de Labé sont privés de viande. Une situation due à la fermeture de la boucherie centrale par le maire de la ville. « En plus de cette fermeture, j’ai dissout le comité de gestion de la boucherie, car ils n’ont pas respecté le protocole d’accord établi entre eux et nous. Au lieu de vendre le kilogramme de viande à 45.000 GNF, comme convenu, ils le vendent à 50.000 GNF. Dans les prochains jours, les conseillers et moi allons décider de ce que nous allons faire de la boucherie », a indiqué Mamadou Aliou Laly Diallo.

Boubacar Kanté, boucher

Une décision accueillie avec beaucoup de déception par la coopérative des bouchers de Labé. Boubacar Kanté, chargé des conflits et négociations de la structure, trouve cette mesure excessive. « C’est un petit nombre de bouchers qui ont violé l’accord signé, donc c’est ces derniers qu’il fallait sanctionner au lieu de fermer la boucherie. Mais de les toutes les façons, nous reconnaissons notre tort, parce que la commune et nous, avons eu à faire plusieurs séances de travail autour de la fixation du prix du kilogramme de viande. Mais le plus souvent, c’est nous qui violons le protocole », a-t-il reconnu.

Les bouchers promettent de se retrouver pour aller plaider les autorités communales afin qu’elles acceptent de revenir sur cette situation. A rappeler que ce n’est pas la première fois que le maire de Labé ordonne la fermeture de la boucherie de Labé, mais c’est la première fois qu’il décide de dissoudre le comité de gestion.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

Lire

Des gendarmes et des civils accusés d’avoir attaqué une maison : « ils ont cassé des biens et emporté 27 millions GNF »

21 mai 2021 à 15 03 57 05575

C’est un déguerpissement digne d’une attaque que la jeune Aminata Camara et sa mère ont été victimes au petit matin ce vendredi, 21 mai 2021, à Yattaya SOS, dans la commune de Ratoma. Aux environs de 6 heures, un groupe d’individus composé de gendarmes et de civils a pris d’assaut la concession de ces pauvres citoyennes. Selon des informations confiées à Guineematin.com, ces individus ont défoncé la porte de la maison, cassé des biens, tabassé les occupants de la maison et emporté une somme de 27 millions de francs guinéens et une valise contenant plusieurs complets de Bazin.

Aminata Camara, élève

« C’est ce vendredi, à 6 heures du matin, que nous avons vu des civils et des gendarmes débarquer chez nous. Quand ils sont venus, moi j’étais dans la chambre, et ma maman était au salon. Ils ont frappé à la porte, avant de la défoncer. Entretemps, je me suis levée, je leur ai demandé ce qui ne va pas. Ils ont répondu : tu ne sais pas ce qui ne va pas ? J’ai dit : non, je ne sais pas ce qui ne va pas. Après ça, ils se sont mis faire sortir nos effets de la maison. Je leur demandé : pourquoi vous faites sortir nos effets ? Mais au même moment, ils continuaient à faire sortir nos biens et ils cassaient d’autres. Quand je me suis mis à les en empêcher, un d’entre eux m’a blessée à la main. Quand ma maman aussi s’est interposée, ils l’ont frappée.

C’est un gendarme qui a frappé maman. Il a pris l’argent de ma maman, 27 millions de francs guinéens, et une valise qui contenait plusieurs complets de Bazin. C’est ainsi que ma maman est sortie alerter les voisins. Après, elle a continué à la CMIS. Mais avant que les voisins et les policiers ne viennent, ils avaient déjà fait sortir beaucoup de nos biens et cassé d’autres. Notre écran téléviseur qui est accroché au mur, ils l’ont décroché de force. Dans un premier temps, les gens n’ont pas pu venir parce qu’il pleuvait. Mais, quand la pluie a cessé, ils sont venus nombreux nous aider à les chasser. Les policiers, à leur arrivée, ont pris certains qu’ils ont déjà déposés à la CMIS », a expliqué la jeune Aminata Camara.

A en croire cette jeune lycéenne, c’est sa tante paternelle qui a orchestré cette attaque surprise dont elle et sa mère viennent d’être victime. Apparemment, sa tante se réclame être la propriétaire de maison qu’elles occupent. Mais, Aminata Camara jure que c’est son feu père qui a construit cette maison et que sa tante veut simplement les spolier de ce bien. « Cette concession appartient à mon père et sa grande sœur de lait. Mon papa travaillait au barrage de Garafiri. Il y a deux domaines ici. Il a construit sur le premier terrain. La grande famille se trouve là-bas actuellement. Pour ce deuxième, il envoyait chaque fois de l’argent à ma tante, sa grande sœur, puisqu’il travaillait à l’intérieur, pour que celle-là construise pour lui sur ce deuxième domaine.

Finalement, il revient trouver que ma tante n’a rien fait sur le terrain. Après, lui il a commencé à construire. Il a fait ce bâtiment et on a déménagé ici, alors même que les travaux n’étaient pas achevés. Mais entretemps, mon papa est tombé malade. Il a traîné cette maladie pendant trois ans, avant de mourir. Ma tante à qui il avait donné les papiers des domaines a profité de la période de la maladie de mon papa pour aller falsifier les papiers pour mettre son propre nom à la place de celui de mon papa. Ma maman et moi avions beaucoup souffert pour mon papa avant que sa sœur ne le prenne pour l’emmener à l’hôpital. Quand il fut condamné par les médecins, elle ne nous a même pas montré les papiers que les médecins ont donnés pour qu’on sache réellement de quoi il s’agissait. Finalement, mon papa est décédé.

Mais avant que mon papa ne décède, il nous avait dit : c’est ma sœur et moi qui avons acheté ce terrain. Nous, on a compris ça. Mon père s’est débrouillé à construire ici petit à petit pendant que sa sœur était à Gbessia. Elle venait de temps en temps voir ce que mon père faisait mais elle ne disait rien. Maintenant, comme mon papa est décédé, elle vient nous déguerpir d’ici en disant que c’est pour elle. Alors qu’ici, c’est pour mon papa, c’est lui qui a construit ici. Durant tout le temps que mon papa était vivant, elle n’a pas réclamé le domaine. C’est maintenant qu’elle réclame puisque mon papa n’est plus vivant. Nous, nous demandons à l’Etat, au président de la République, de nous aider », a lancé la jeune Aminata Camara.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com
Tel: 622919225

Lire

Nouveau renvoi de l’affaire « Grenade » : « le dossier doit être quelque part pour quelque chose »

21 mai 2021 à 15 03 13 05135
Me Salifou Béavogui, avocat

Surprise et déception, ce sont les sentiments exprimés par Me Salifou Béavogui, suite au nouveau renvoi dossier de Boubacar Diallo alias Grenade. Alors que son arrêt était attendu ce vendredi, 21 mai 2021, la Cour d’appel de Conakry a décidé de proroger encore le délibéré au 4 juin prochain. Une décision que dénonce vigoureusement l’avocat de l’ex-militant de l’UFDG. Pour lui, les multiples renvois de cette affaire prouvent qu’il y a des gens puissants qui sont en train de torpiller la procédure pour empêcher la libération du jeune homme.

« Depuis 4 ans, il est en prison, alors qu’il n’y a aucune preuve contre lui. En appel ici, nous avons fait des démonstrations qui étaient vraiment indiscutables. Pour nous, il devrait être libéré depuis le 4 avril. Nous sommes aujourd’hui le 21 mai, donc nous pensons que la Cour a eu suffisamment de temps pour prendre sa décision. Mais aujourd’hui, bizarrement, on renvoie le dossier au 4 juin, c’est-à-dire dans 15 jours encore. Donc nous avons le sentiment que ce n’est pas le droit qui va être dit. Nous avons le sentiment, comme nous avons toujours dit, que c’est un dossier politico-judiciaire.

Nous avons le sentiment qu’il y a d’autres forces qui sont derrière cette affaire et qui veulent torpiller la procédure. Mon client est déçu, je suis moi-même déçu, parce qu’on pouvait s’attendre à tout sauf à cette décision qui renvoie cette affaire. J’ai été surpris et peiné, mon client aussi a été surpris (…) Quand vous voyez des renvois de ce genre, des renvois laconiques à la dernière minute qui n’ont aucun motif, il faut se rendre compte que le dossier doit être quelque part pour quelque chose », a déclaré Me Salifou Béavogui.

L’avocat se dit inquiet pour son client, dont l’état de santé s’est fortement dégradé en prison. « Il est malade, il est maigrelet. Aujourd’hui, même un simple vent de passage peut le renverser. Il est complètement essoufflé, il est asthmatique, il a ramassé toutes sortes de maladies en prison », a-t-il indiqué.

Arrêté et placé en détention depuis 2018, Boubacar Diallo alias Grenade a été jugé en 2019 par le Tribunal de Première Instance de Dixinn. La juridiction l’a condamné à 10 ans de réclusion pour « tentative de meurtre et détention d’armes de guerre ». Ses avocats ont relevé appel pour réclamer l’annulation de cette décision et la libération du jeune homme.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 620589527/664413227

Lire

Procès en appel de « Grenade » : la Cour proroge encore le délibéré au 4 juin

21 mai 2021 à 12 12 55 05555

Comme annoncé précédemment, l’arrêt de la Cour d’appel de Conakry dans l’affaire Boubacar Diallo alias « Grenade » était attendu ce vendredi, 21 mai 2021. Mais, l’ex-militant de l’UFDG-poursuivi tentative de meurtre et de détention illégale d’armes de guerre- doit encore patienter au moins deux semaines en prison avant d’être fixé sur son sort. Car, la Cour a prorogé encore son délibéré au 04 juin prochain. C’est le troisième renvoi depuis que ce dossier a été mis en délibéré.

A rappeler que Boubacar Diallo a été condamné en 2019 par le tribunal criminel de Dixinn à 10 ans de prison assorti d’une période de sûreté de 5 ans pour tentative de meurtre et détention illégale d’armes de guerre.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Lire

N’Zérékoré : une tornade fait 2 blessés et d’importants dégâts matériels à Zogota

21 mai 2021 à 10 10 27 05275

Dans la soirée du 18 mai 2021, une tempête a frappé le district de Zogota, dans la préfecture de N’Zérékoré. Une pluie accompagnée d’un vent violent s’est abattue sur le village, faisant d’importants dégâts, a appris Guineematin.com à travers son correspondant basé à N’Zérékoré.

Deux blessés et une cinquantaine de maisons endommagées (certaines ont été décoiffées et d’autres se sont partiellement effondrées). C’est le triste bilan d’une tornade enregistrée mardi soir dans le district de Zogota, relevant de sous-préfecture de Kobéla (N’Zérékoré). Ce sinistre laisse plusieurs familles sans abris. Douno Dramou, l’une des victimes, était dans son champ lorsque ces dégâts ont eu lieu.

« C’est lorsque nous sommes rentrés qu’on a constaté les dégâts. Chez nous, on a perdu trois bâtiments, dont un qui était en rénovation. Et nous ne sommes pas les seules victimes. Il y a plus de 40 maisons qui ont été endommagées dans le village. Il y a également deux personnes qui ont été blessées, dont une femme en état de famille », a expliqué ce sinistré.

Philomène Kolié a été blessée par les briques de sa maison, dont une partie du mur s’est effondré. Heureusement, son état n’est pas grave. « Lorsque le vent a décoiffé la maison, une partie du mur a commencé à s’écrouler. Immédiatement, on a accouru pour sortir. Et, c’est en sortant que les briques sont tombées sur mon pied. Après avoir couru dans le village pour trouver un abri, je me sentais très mal. C’est ainsi qu’on m’a emmenée à l’hôpital où j’ai reçu des soins. Je vais très bien maintenant », témoigne cette jeune femme enceinte.

Kokoly Délamou, lui, a subi les effets de la foudre. Il a perdu connaissance pendant un moment, mais s’en est finalement sorti avec des blessures légères. « Quand le vent a arraché une tôle sur notre maison, je suis sorti en courant pour aller me réfugier chez mon oncle. Arrivé là-bas, j’ai trouvé qu’il a fermé sa porte. J’étais arrêté donc devant sa porte, lorsque la foudre est tombée non loin de là-bas.

Et, les effets de la décharge électrique m’ont projeté loin de l’endroit où j’étais arrêté. Quand je suis tombé, c’est comme si j’étais paralysé, aucune partie de mon corps ne bougeait. Les gens sont allés me chercher m’envoyer rapidement à l’hôpital. C’est là-bas que j’ai repris connaissance », a témoigné ce jeune homme.

Selon les habitants de Zogota, c’est la première fois qu’une situation pareille est enregistrée dans la localité. Les sinistrés sollicitent une assistance pour faire face aux dégâts qu’ils ont subis.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tél: +224620166816/666890877

Lire

« Biens mal acquis » Bongo : BNP Paribas mise en examen pour « blanchiment »

21 mai 2021 à 9 09 06 05065

AFP- Paris : La longue enquête sur le luxueux patrimoine immobilier acquis en France par la famille du défunt président Omar Bongo a passé un cap décisif avec la mise en examen de la BNP Paribas, soupçonnée d’avoir blanchi des dizaines de millions d’euros d’argent public gabonais.

La BNP Paribas, première banque française et européenne, a été mise en examen le 11 mai pour « blanchiment de corruption et de détournement de fonds publics » dans l’affaire dite des « biens mal acquis », a appris jeudi l’AFP de sources proche du dossier et judiciaire.

Aucun membre de la famille Bongo n’est mis examen à ce jour dans cette information judiciaire, ouverte en 2010 et qui porte également sur la famille de Denis Sassou Nguesso, président du Congo-Brazzaville.

« C’est une première historique dans ce dossier », s’est félicité Me William Bourdon, l’avocat de l’association anticorruption Transparency International, partie civile, saluant une décision « extrêmement solide, à la hauteur des investigations du juge » Dominique Blanc et qui ouvre le « grand versant français du dossier ».

« Il n’y a pas de grande opération de blanchiment de détournements d’argent public sans de grands ingénieurs du chiffre et du droit », deux notaires et un avocat étant également poursuivis, a-t-il ajouté.

« Nous ne commentons jamais une procédure judiciaire en cours », a réagi BNP Paribas auprès de l’AFP. Dans l’entourage de la banque, on affirme toutefois « contester toute responsabilité pénale pour ces faits antérieurs à 2009 ».

Selon les investigations, « la banque a manqué à ses obligations de vigilance en n’effectuant pas de déclaration de soupçon » entre 2002 et 2009 sur le « fonctionnement atypique du compte (de la société) Atelier 74 ». 

Cette entreprise française de décoration intérieure, chargée de dénicher les biens immobiliers pour la famille du président gabonais et de les rénover pour plusieurs millions d’euros, entretenait une « relation quasi exclusive » avec Omar Bongo, conclut une note de septembre 2020 de l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).

Omar Bongo, président de 1967 à sa mort en 2009 et auquel a succédé son fils Ali, était pourtant considéré comme une « personne politiquement exposée » (PPE) au risque de blanchiment d’argent.

– Rôle « prépondérant » –

Le clan Bongo a acquis douze biens immobiliers à Paris et à Nice « pour un montant de près de 32 millions d’euros » à partir des années 1990, recensent les enquêteurs.

Parmi ce patrimoine : deux hôtels particuliers rue Dosnes et rue de la Baume dans les huppés VIIIe et XVIe arrondissements de Paris (acquis l’équivalent de 3,5 millions d’euros en 1997 et 18 millions d’euros en 2007), ainsi que la villa Saint-Ange à Nice (1,75 million d’euros en 1999). 

Pour réaliser ces acquisitions via des sociétés civiles immobilières (SCI) – dont les SCI Emeraude et SCI de la Baume -, des espèces étaient versées à Libreville par des hommes de confiance du chef d’Etat sur le compte de la filiale gabonaise d’Atelier 74.

Les sommes étaient ensuite transférées en France sur le compte d’Atelier 74 à la BNP. Au total, 52 millions ont circulé entre 1997 et 2009, selon un rapport d’enquête de 2017.

« L’utilisation systématique de chèque de banque » pour acheter ces biens « aurait dû alerter la banque », qui a joué un rôle « prépondérant » dans le système de blanchiment, soulignent les enquêteurs.

« Il est difficile de croire que la banque à cette période n’a pas demandé des justificatifs de virement: origine des fonds, l’existence de contrat ou de convention passés entre ces deux entités », ajoute l’OCRGDF.

Aucun signalement à l’organisme de contrôle interne ou aux autorités n’a été réalisé. Même après l’émission d’un chèque de 19,35 millions d’euros, notent les policiers anticorruption.

« Aujourd’hui, un montant de ce niveau-là (…) justifierait des questions au client et, en cas de non réponse, possiblement une déclaration de soupçon. Je ne sais pas pourquoi cela n’a pas été fait », a reconnu devant la police une responsable de la sécurité financière du groupe, arrivée en poste après les faits. 

« Les défaillances dans la surveillance (…) sont réelles », a-t-elle reconnu. 

Ces manquements ont finalement été pointés par l’Inspection générale de la BNP en 2017, six ans après les premières réquisitions judiciaires, s’étonne toutefois l’OCRGDF. 

A l’époque, le premier volet du dossier, disjoint, venait de déboucher sur une première condamnation du riche fils du président de Guinée équatoriale, Teodorin Obiang.

Dès mars 2009, des responsables de la banque avaient estimé « souhaitable » une « rupture de relation avec M. Bongo » mais l’avait « différée » en raison des craintes de répercussions sur ses collaborateurs au Gabon.

Dans cette enquête, relancée en 2010 après une plainte de Transparency international, au moins treize personnes sont mises en examen, dont cinq membres de la famille Nguesso, l’ancien avocat d’Omar Bongo, et des professionnels français. Des membres de la famille Bongo ont été auditionnés, mais aucun n’est poursuivi à ce jour.

AFP

Lire

Vol dans un véhicule au parc de l’hôtel Noom : Facely Camara (pêcheur à Teménetaye) condamné…

21 mai 2021 à 9 09 05 05055

Poursuivi pour « vol de numéraire » portant sur un million de francs guinéens et 50 euros, Facely Camara a été jugé le mercredi dernier, 19 mai 2021, par le tribunal correctionnel de Kaloum. Au terme de ce procès, le jeune pêcheur a été reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés. Il a donc été condamné à un an de prison, rapporte un journaliste que Guineematin.com avait dépêché sur place.

Facely Camara est sous mandat de dépôt depuis le 03 mars dernier. Et, ce mercredi, il a été présenté devant le tribunal correctionnel de Kaloum pour être jugé. À la barre, le jeune pêcheur n’est pas passé par mille chemins pour reconnaitre les charges articulées à son encontre.

« Je suis  pêcheur et je suis au port de Teménetaye. Il y a un parc au niveau l’hôtel Noom où j’ai l’habitude de venir faire le volontariat pour assurer la sécurité des voitures. C’est  ainsi que monsieur Isidore Bangoura est venu garer son véhicule et sortir sans fermer les portières de la voiture. Après je suis venu voir l’état du véhicule, j’ai  trouvé que les vitres n’étaient pas fermées, alors qu’il y avait de l’argent dedans.  Immédiatement, je me suis dirigé vers les autres collaborateurs qui m’ont dit de ne pas en parler à Mouctar Sow. On s’est don partagé l’argent. Il y avait dans le sac, un million de francs guinéens et 50 euros », a expliqué Facély Camara.

Après ces aveux du prévenu, le ministère public a pris la parole pour faire ses réquisitions. La procureure Cathérine Tounkara a finalement demandé au tribunal de condamner Facély Camara à un an d’emprisonnement.

« Monsieur le président vous avez entendu Facély Camara ici à  la barre, il a reconnu qu’il a bien soustrait la chose d’autrui comme l’indique les dispositions du code pénal en la matière. Facély Camara a dit avoir pris le sac de monsieur Isidore et dit se l’avoir partagé avec d’autres. Donc, l’intention de voler était là. C’est pourquoi, monsieur le président, nous vous demandons qu’il  vous plaise de retenir monsieur Facely Camara dans les liens de la prévention de vol de numéraire. Et, pour la répression, vous allez le condamner à un an d’emprisonnement », a requis la procureure Catherine Tounkara.

De son côté, l’avocate de la défense a plaidé au tribunal d’accorder de « larges circonstances atténuantes » à Facély Camara dans cette affaire.

« Mon client est un jeune qui se débrouillait pour trouver de quoi manger. Ainsi, il est venu se passer pour agent de sécurité du parc. Et, entre-temps, il s’est  permis de prendre ce qui ne lui appartient pas. Malheureusement, ses amis l’ont conseillé de partager l’argent entre eux, chacun 300 mille francs guinéens. Pourquoi l’arrêter lui seul alors que d’autres sont encore en fuite ? Mon client n’avait pas l’intention de voler le sac dans le véhicule… Nous demandons que vous accordiez à monsieur Facély Camara des circonstances atténuantes, en le condamnant à  3 mois de prison », a plaidé la défense.

Finalement, le tribunal a condamné Facély Camara à un an de prison et au paiement de 500 mille francs guinéens d’amende.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

Lire

Détention et consommation de chanvre indien : 6 mois de prison requis contre 6 prévenus au TPI de Mafanco

21 mai 2021 à 8 08 36 05365

En détention à la maison centrale de Conakry depuis janvier dernier pour « détention et consommation de chanvre indien », les six prévenus (Mohamed Camara, Thierno Mamadou Camara,  Aboubacar Diallo, Karifa  Oularé, Alhassane Kandé et Djouma  Kouyaté) ont comparu hier, jeudi 20 mai 2021, devant le tribunal correctionnel de Mafanco. Ils ont tous plaidé non coupable des faits qui leur sont reprochés ; mais, au terme des débats, le ministère public a requis six mois d’emprisonnement à l’encontre de chacun d’entre eux, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Selon les informations, ces jeunes ont été arrêtés le même jour lors d’une patrouille à la Tannerie (dans la commune de Matoto) et Simanbossiya (dans la commune de Ratoma). Et, ils étaient en possession de près de 280 boules de chanvre indien. Ils ont été placés sous mandat de dépôt le 20 janvier dernier et conduit en prison à la maison centrale de Conakry.

Ainsi, c’est après mois de détention que leur procès s’est ouvert ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Mafanco. Et, à la barre, les six prévenus ont rejeté en bloc les accusations portées contre eux. Parmi le groupe, certains ont déclaré être des consommateurs d’alcool et alors d’autres ont dit être des fumeurs de cigarettes. Mais, tous ont juré de tous leurs forces qu’ils ne sont pas des vendeurs ou des consommateurs de chanvre indien.

Cependant, cela n’a visiblement pas suffit pour assoir la conviction du ministère public sur leur innocence. Car, dans ses réquisitions, le procureur Alseny Bah a demandé au tribunal de condamner chacun des prévenus à six (6) mois d’emprisonnement et au paiement de 200 mille francs guinéens d’amande.

« Madame la présidente, c’est à des opérations de ratissage que Mohamed Camara, Thierno Mamadou Camara,  Aboubacar Diallo, Karifa  Oularé, Alhassane Kandé et Djouma  Kouyaté ont été interpelés. Ce sont plusieurs centaines de boules qui ont été retrouvées avec eux au moment de l’intervention des agents. Ils étaient en train de fumer. Ils l’ont déclaré lors de l’enquête préliminaire et les scellers en sont illustratifs. C’est  pourquoi madame la présidente, le ministère public requière qu’il plaise de retenir ces prévenus dans les liens de la prévention de détention et consommation de chanvre indien. Et, pour la répression, vous allez les condamner chacun à 6 mois d’emprisonnement et au paiement de 200 mille francs guinéens d’amende », a requis le procureur Alseny Bah.

Seulement, ces réquisitions du parquetier ont été très vite balayées d’un revers de la main par l’avocat de la défense. Car, dans ses plaidoiries, l’avocat a plaidé non coupable et demandé au tribunal de renvoyer les prévenus des fins de la poursuite pour délit non constitué.

« Madame la présidente, on parle dans ce dossier de 280 boules de chanvre indien. Que le ministère public nous montre ici la moindre quantité de drogue retrouvée avec mes clients.  Ces prévenus arrêtés ici devant vous n’ont pas été arrêtés en un endroit. Certains ont été arrêtés à  la Tannerie, d’autres à  Simenbossiya. Le jeune boulanger dit qu’il a été interpellé dans un bar. Est-ce que le bar est un lieu où on consomme le chanvre indien. Est-ce qu’un propriétaire d’un bar peut  accepter qu’on fume la drogue dans son bar ? Est-ce que la consommation de la drogue est interdite ? Non ! La consommation de la drogue n’est  interdite nulle part. Ni par la loi, ni le Coran et la Bible. Le ministère public n’a  aucune preuve de ses allégations. C’est pourquoi la défense plaide qu’il vous plaise d’ordonner la libération pure et simple de mes clients pour délit non constitué », a  plaidé l’avocat de la défense.

Finalement, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 03 juin prochain.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

Lire

Drame à Mamou : 3 membres d’une même famille, tués dans un accident de la circulation

21 mai 2021 à 8 08 21 05215

Un grave accident de la circulation s’est produit hier, jeudi 20 mai 2021, à Mamou. C’est un camion qui a percuté une moto, faisant trois morts, dont un bébé de six mois, a appris Guineematin.com à travers son correspondant dans la préfecture.

Le drame a eu lieu sur la route nationale Mamou-Dalaba, précisément à Pétéwol, dans le district de Sèrè, à 8 kilomètres de la ville de Mamou. Un camion, à vive allure, a percuté une moto sur laquelle se trouvaient trois membres d’une même famille (une femme, un jeune élève et un bébé de 6 mois), en partance pour le district de Sallyah, un village relevant du district de Soumabalako, dans la sous-préfecture de Tolo. Le véhicule a ensuite marché sur les victimes, les écrasant complètement. Témoin oculaire de la scène, Abdourahmane Diallo, conducteur de taxi moto, imputable la responsabilité de cet accident au chauffeur du camion.

« Le chauffeur communiquait au téléphone. Et, il a laissé sa trajectoire pour foncer sur le motard, qui était sur sa ligne. Lorsque le petit (le motard) a vu le camion venir sur sa droite, il s’est dirigé vers le ravin. Mais le camion, qui roulait à vive allure, est venu le percuter, avant de sur les trois personnes qui étaient sur la moto. Lorsque je suis venu voir, j’ai trouvé les trois corps broyées. Pour moi, le chauffeur a fait exprès. Parce qu’il était en excès de vitesse et il communiquait au téléphone », a expliqué ce citoyen.

De son côté, le chef de secteur de Tounti Sèrè regrette cette situation et appelle les conducteurs à la prudence. « On ne peut rien contre la volonté de Dieu, mais la prudence est la meilleure sûreté. J’invite donc tous les conducteurs d’engins roulants de faire preuve de prudence, à éviter de communiquer en pleine circulation. On n’a qu’un seul cerveau, donc on ne peut pas s’occuper de deux choses à la fois. Nous présentons nos condoléances les plus sincères à la famille éplorée », a dit Thierno Mamadou Diouldé Barry.

A noter que les trois victimes ont été inhumées dans la soirée de ce jeudi, aux environs de 20 heures, au cimetière de Madina, dans le secteur Gongowil. Quant au chauffeur du camion, il se trouve dans les mains de la gendarmerie de Mamou pour des fins d’enquête.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tél: 625698919/657343939

Lire

Prière collective nocturne pendant le Ramadan : un imam radié, 6 autres suspendus à Kankan

21 mai 2021 à 7 07 31 05315

Dans une décision rendue publique hier, jeudi 20 mai 2021, le secrétariat communal de la ligue islamique a annoncé la radiation de Elhadj Moussa Doumbouya, imam d’une mosquée au quartier Senkèfara, de sa fonction d’imam pour « pour faute lourde, incitation à la violence et non-respect de la décision des autorités de l’Etat ». La même décision en date du 17 mai dernier fait état de la suspension de six autres imams pour les mêmes motifs, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

Les autorités religieuses de Kankan ne sont pas parties du dos de la cuillère pour réprimer les responsables religieux qu’elle accuse d’avoir orchestré les manifestations qui ont émaillé la ville de Kankan lors de l’interdiction, par le secrétariat général des Affaires religieuses, des prières nocturnes dans les mosquées pendant les dix derniers jours du mois de ramadan. Sept (7) imams ont subi la furie des autorités. Elhadj Moussa Sylla (imam de la mosquée du quartier Briqueterie), Elhadj Amadou Kaba (imam du quartier Sogbè), Elhadj Seydou Camara (imam du quartier Salamani), Elhadj Mamoudou Condé (imam de la mosquée Missiran), Ahmad Abdourahame Keïta (imam du quartier Senkèfara II), Daouda Condé (imam du quartier Dar-es-salam), Oumar Koma (imam au quartier Bordeaux) ont été suspendus de leurs fonctions jusqu’à nouvel ordre.

Mais la sentence la plus lourde a été prononcée à l’encontre d’Elhadj Moussa Doumbouya, imam d’une mosquée au quartier Senkèfara II. Ce dernier a été purement et simplement radié. Car, aux yeux des autorités religieuses de Kankan, c’est cet imam qui a été le fer de lance de la contestation contre la décision d’interdiction des prières nocturnes dans les mosquées.

A suivre !

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Lire

Un guinéen victime de racisme à Laval (France) : « Dépêche-toi esclave », écrit une cliente à ce jeune livreur d’Uber Eats

21 mai 2021 à 6 06 15 05155

Les faits se sont produits vendredi dernier à Laval (une ville située à environs 300 kilomètres de Paris et chef-lieu du département de la Mayenne en région des Pays de la Loire), mais c’est ce jeudi, 20 mai 2021, que l’information a été révélée par nos confrères de ‘’France Bleu’’. Yaya (la victime) est un jeune guinéen de 34 ans et travaille depuis sept (7) mois chez Uber Eats (une plateforme de livraison de plats cuisiné) à Laval. Il était en route pour apporter une commande à une cliente lorsque cette dernière (qui apparemment savait qu’il était noir) lui envoie un message violent : « dépêche-toi esclave. Je vais te donner un (1) centime, tu mérite que sa ». Et, très choqué par ce message raciste, le jeune guinéen a porté plainte au commissariat de Laval pour « injure non publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ».

Selon les informations, Yaya est arrivé en France en 2009. Il travaille pour la plateforme Uber Eats depuis 7 mois à Laval et il n’avait jamais eu de problème. Sur son profil sur Uber Eats, il est noté par ses clients avec 98% de satisfaction pour 2796 commandes livrées. Mais, le vendredi dernier, 14 mai 2021, il a subi un choc terrible. Il a été moralement blessé par une cliente qui lui écrit un message raciste. « dépêche-toi esclave… », a écrit sa cliente à son égard. C’était vers 20 heures. Et, n’ayant pas pu supporter « ces insultes insupportables », Yaya a décidé de ne pas livrer la commande à cette cliente qui venait de se défouler sur lui. Il a tout simplement appelé la plateforme Uber Eats qui s’est chargée d’annuler la commande de la cliente insolente.

« Je ne pouvais pas lui remettre sa commande, parce que ces insultes, c’est insupportable. Une fois arrivé là-bas (chez la cliente), on peut se bagarrer », a déclaré le jeune livreur chez nos confrères de France bleu.

A en croire Yaya, la cliente savait que sa peau était noire. Car, sa photo s’affiche sur son profil Uber Eats et les clients y ont accès. « Une fois qu’on a accepté une commande, le client voit notre photo directement sur l’écran. Nous, on voit seulement son nom et son numéro de téléphone : on ne voit pas son visage », précise le livreur d’Uber Eats.

Comme les faits se sont produits un peu tard vendredi, Yaya a attendu lendemain (samedi) pour aller porter plainte au commissariat de Laval. Il déposé plainte pour « injure non publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion » pour dénoncer le racisme dont il a été victime. « On est dans un pays de droits, je ne pouvais pas faire justice moi-même », dit-il alors qu’il est encore rongé par la douleur des mots de la cliente insolente.

Mais, Yaya a surtout dénoncé ce racisme pour éviter que cet acte ne se reproduise. Car, au-delà de sa propre personne, si ce cas ci est passé sous silence, ses collègues pourraient également être victimes de tels propos dans l’avenir. Et, dans ce combat, il peut compter sur l’accompagnement de Uber Eats. Cette plateforme de livraison de repas cuisinés a déjà annoncé faire le nécessaire pour « suspendre le compte de la cliente ». Et, dans un communiqué, la plateforme rappelle qu’elle ne tolère « aucune discrimination envers les livreurs, les restaurants et les clients, que cela soit en raison de leur origine, de leur religion, de leur handicap, de leur orientation ou identité sexuelle, de leur situation familiale, de leur âge ou tout autre facteur de discrimination ».

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Lire