Elhadj Diouma de l’UFDG sur la nomination de Fodé Bangoura : « je souhaite qu’il ait les coudées franches… »

23 mai 2021 à 19 07 50 05505
Elhadj Diouma Bah, responsable des fédérations extérieures de l’UFDG

La nomination de Fodé Bangoura, secrétaire permanent du cadre de dialogue politique et social continue de susciter des réactions au sein de la classe politique guinéenne. Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce dimanche 23 mai 2021, Elhadj Diouma Bah, membre du Conseil politique de l’UFDG et responsable des fédérations extérieures du parti, a donné sa position personnelle sur ce sujet. L’opposant accueille favorablement cette décision du président Alpha Condé et espère qu’elle permettra de décrisper la situation sociopolitique du pays.

« Tout acte posé par le pouvoir central qui va dans le sens de la décrispation de la situation politique dans notre pays est à saluer et apprécier. Donc, j’apprécie positivement cette nomination de cette haute personnalité de notre pays à cette haute fonction de secrétaire permanent du cadre de dialogue politique et social. J’espère qu’il aura l’opportunité avec cette nomination de rassembler l’ensemble des acteurs politiques de notre pays pour aborder les sujets qui sont actuellement les causes réelles de la situation du blocus de notre pays pour pouvoir obtenir des solutions immédiates.

Nous savons qu’actuellement, il y a beaucoup de cadres et de militants de l’UFDG qui sont détenus en prison depuis le mois de novembre 2020 après l’élection présidentielle. J’espère qu’il (Fodé Bangoura, ndlr) va mettre en priorité parmi toutes les priorités l’obtention de la libération de ces cadres et militants qui sont prison et aussi s’appuyer sur les acteurs sociaux de notre pays : les religieux, les coordinations régionales pour avoir l’ensemble des Guinéens soucieux de la quiétude et de la paix dans notre pays pour obtenir aussi l’ouverture de nos frontières avec le Sénégal, la Guinée Bissau et la Gambie.

C’est extrêmement important, parce que vous savez qu’un gros trafic transite par cette zone. Et aujourd’hui, beaucoup de citoyens : des commerçants, des transporteurs et l’économie même de notre pays en souffrent. C’est vrai que la dernière fois, le ministre des Affaires étrangères, en répondant à une question à l’Assemblée nationale, a évoqué des questions sécuritaires. Mais j’espère que ces questions vont être rapidement jugulées et que la situation va se normaliser pour que les citoyens puissent profiter de l’opportunité depuis si longtemps entre la Guinée et ces pays voisins.

Donc, en tant que responsable et en tant que citoyen de ce pays, j’accueille favorablement cette nomination et je formule le vœu qu’Elhadj Fodé Bangoura ait toute la chance de son côté et qu’il obtienne le soutien du chef de l’Etat et du gouvernement pour pouvoir aboutir à une solution, celle que tous les Guinéens attendent. Celle qui consiste à décrisper globalement la situation, apaiser le pays et permettre aux acteurs politiques de se retrouver autour de la table pour discuter des problèmes guinéens afin que la Guinée sorte de cette situation parce que, comme vous le savez, tous les conflits sur terre ont fini par être discutés autour d’une table de dialogue et c’est ça que nous souhaitons », a réagi l’opposant.

Ce responsable de l’UFDG que Fodé Bangoura aura toutes les marges de manœuvres pour réussir sa mission. « Personnellement, je n’ai jamais eu une relation particulière avec lui. Je le connais en tant que personnalité publique parce qu’il a occupé de hautes fonctions dans notre pays, notamment en tant que ministre chargé des affaires présidentielles pendant le règne du Président Lansana Conté. Mais je pense qu’il a l’expérience d’un homme d’Etat. Il a participé à la gestion de ce pays, il connaît les acteurs : ceux de la mouvance et ceux de l’opposition et je pense qu’il bénéficie d’atouts majeurs, compte tenu de sa connaissance de tous ces acteurs impliqués dans la crise guinéenne.

S’il essaye d’utiliser ces atouts, il pourra aller vers la résolution du conflit qui est là en place. Maintenant, est-ce qu’il aura les coudées franches, cela dépendra de celui qui l’a nommé. Je pense que si le chef de l’Etat l’a nommé à ce poste, il va lui donner les moyens pour atteindre les objectifs parce qu’il ne s’agit pas de nommer telle personne à ce poste, mais il s’agit de lui donner exactement les pouvoirs pour arriver à résoudre le problème pour lequel il a été nommé. Je souhaite donc qu’il ait les coudées franches, et je formule le vœu que cette volonté puisse être la meilleure approche que les dirigeants auront pour que ce monsieur-là puisse réussir », a dit Elhadj Diouma Bah.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
Tél : 622 68 00 41

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Education des jeunes filles : l’action exemplaire de la journaliste Folly Bah et sa famille

23 mai 2021 à 13 01 18 05185

Pour promouvoir l’éducation des jeunes filles en Guinée, Folly Bah, journaliste à la chaîne Al-Jazeera basée au Qatar, a pris une initiative exemplaire. Avec sa famille, elle a créé une fondation dénommée Fondation Kesso Bah « Elle ira à l’école ». Cette fondation s’investit activement pour offrir une formation de qualité à plusieurs jeunes filles en Guinée. C’est dans ce cadre qu’elle a procédé à une remise d’un important don ce samedi, 22 mai 2021, à Conakry, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Folly Bah Thibault

Ce don est composé de vêtements, de fournitures scolaires, et de meubles scolaires (bancs, chaises, armoires). Il est destiné à plusieurs jeunes filles et vise à les appuyer dans leur éducation. « Ma famille et moi, nous avons créé il y a à peu près deux ans, cette fondation Kesso Bah qu’on appelle « Elle ira à l’école » pour promouvoir l’éducation des jeunes filles en Guinée. C’est une façon pour nous de rendre les filles et les femmes plus indépendantes.

Moi, je voulais faire ça pour nos jeunes filles guinéennes. Il est important qu’elles soient éduquées, qu’elles aient une éducation de qualité afin de pouvoir aider au développement de la Guinée, parce que le développement ne passe pas sans les femmes. Donc le but de cette fondation, c’est de promouvoir l’éducation des jeunes filles en Guinée, en les gardant à l’école le plus longtemps possible », a expliqué Folly Bah Thibault, la présidente de la fondation.

Depuis sa mise en place, cette fondation prend en charge l’éducation d’une trentaine de jeunes filles issues de familles démunies à Conakry. Selon Folly Bah, l’objectif est de leur donner la chance d’avoir une formation de qualité qui leur sera utile à l’avenir. « Nous savons que l’école publique existe en Guinée et que ces jeunes filles là, ont accès à cette école. Mais on voulait s’assurer qu’elles aussi, elles avaient la chance d’avoir une éducation de qualité pour pouvoir après avoir une bonne profession et décider de leur vie.

C’est pourquoi, ces familles-là, on les sponsorise : on paye la scolarité de leurs filles, la cantine scolaire, leurs frais de transport, pour aller dans des écoles de la capitale, comme Saint Georges et la Farandole, au moins jusqu’au niveau baccalauréat pour pouvoir décider de leur avenir », a dit cette journaliste qui travaille au siège principal de la chaîne Al-Jazeera, au Qatar.

Hadja Fatoumata Binta Diallo

En plus d’appuyer individuellement ces jeunes filles dans leur formation, la fondation Kesso Bah compte s’investir aussi dans la construction d’infrastructures scolaires. « Notre vision, c’est d’avoir en Guinée, zéro fille non scolarisée, zéro maman démunie. Nous venons de terminer une école dans la sous-préfecture de Ditinn, préfecture de Dalaba. Et notre objectif, si Dieu et les personnes de bonne volonté nous assistent, c’est de faire au moins une école dans chacune des régions de la Guinée », a annoncé Hadja Fatoumata Binta Diallo, vice-présidente de la fondation.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Kadiatou Diallo violée et tuée à Coyah : sa famille annonce une plainte contre X

23 mai 2021 à 11 11 53 05535
Kadiatou Diallo, victime

Un crime odieux a eu lieu dans la nuit du jeudi, 20 mai 2021, à Filima, un secteur situé dans la sous-préfecture de Kouria (Coyah). Des individus non identifiés ont violé et tué une jeune fille de 18 ans, élève en classe de Terminale au lycée Fily de Coyah. Selon les témoignages recueillis par un journaliste de Guineematin.com qui s’est rendu sur place, la victime, Kadiatou Diallo, dormait dans sa chambre, lorsqu’un groupe de jeunes a fait irruption sur les lieux. Ils ont défoncé la porte de la maison et l’ont prise pour l’emmener de force dans un endroit isolé, où ils ont abusé d’elle. Et, ce n’est que le lendemain que la victime a été retrouvée et évacuée à l’hôpital préfectoral de Coyah. Mais c’était trop tard pour la sauver.

Facinet Sylla

Facinet Sylla, un activiste de la société civile membre du bureau de la jeunesse de Kouria, les criminels ont profité de la pluie qui tombait pour agir. « L’acte s’est passé dans la nuit du jeudi au vendredi 21 mai, vers 23 heures. Parce que ce jour, il y a eu une forte pluie accompagnée d’un vent violent. C’est à ce moment-là que les assaillants sont venus dans une voiture, selon les voisins. Ils ont d’abord cadenassé la porte de la maison où dormait la femme de son oncle avec ses enfants, avant de défoncer la porte de la chambre de la fille. Puisque c’est deux annexes d’une pièce chacune qui sont là-bas.

L’une était occupée par ses parents et elle, elle occupait l’autre chambre. Mais il faut le dire que c’est un coin qui est très isolé. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui habitent là-bas. Le lendemain matin, la famille a retrouvé une paire de ciseaux entachée de sang dans la chambre de la petite. Et ce n’est qu’à 9 heures que la victime a été retrouvée dans une maison non habitée située non loin de chez elle. Elle n’était pas encore morte, mais elle ne pouvait ni parler ni se déplacer. Elle avait beaucoup saigné et avait des blessures sur tout le corps », a expliqué le jeune homme.

Informé de l’acte, Ousmane Diallo, oncle paternel de la jeune fille, est venue la prendre pour l’emmener à l’hôpital préfectoral de Coyah. « La fille vivait avec ma seconde femme Mafoudia à Kouria depuis près de 3 ans. Hier matin, pendant que j’étais à mon lieu de travail, on m’a appelé pour m’informer que des bandits ont attaqué Kadiatou la nuit et qu’elle n’est pas à la maison. J’ai immédiatement pris une moto pour me rendre là-bas. Quand je suis arrivé, on m’a conduit là où elle a été emmenée par les ravisseurs. Je l’ai trouvée couchée sur un bois dans un état critique. Elle saignait de partout. J’ai informé la gendarmerie, qui est immédiatement venue faire le constat.

La gendarmerie nous a trouvé un véhicule dans lequel nous l’avons transportée à l’hôpital préfectoral de Coyah, entre 9 heures et 10 heures. Quand nous sommes arrivés à Coyah, elle a été admise aux Urgences et elle a commencé à recevoir les premiers soins pendant que nous, on attendait dehors. Quelques temps après, les médecins sont sortis me dire qu’il faut la référer à l’hôpital Donka. Je l’ai laissée sous perfusion pour aller chercher un taxi afin de l’emmener à Conakry. Mais lorsqu’on était prêt à bouger, leur chef est venu me dire de la faire descendre du véhicule, qu’ils vont bien voir sa situation. Quand on l’a fait rentrer, peu de temps après, l’un d’entre eux est venu me dire d’être fort, parce que la fille n’est plus. Ça c’était vers 14 heures », a témoigné l’oncle de la victime.

La famille de Kadiatou Diallo a récupéré le corps de la jeune fille pour l’inhumer le vendredi 21 mai, vers 17 heures, au cimetière de Friguiadi Yéwolé (Coyah). Son oncle annonce qu’il va déposer une plainte ce dimanche 23 mai. « Je vais me rendre à la gendarmerie de Kouria pour porter plainte contre X afin qu’une enquête soit ouverte pour retrouver les auteurs de ce crime », a dit Ousmane Diallo.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Conflit domanial à Sanoyah (Coyah) : bras de fer entre Elhadj Idrissa Kallo et Moriba Kourouma

23 mai 2021 à 9 09 56 05565

C’est un conflit qui date de 2008 et dans lequel Elhadj Idrissa Kallo a croisé le fer avec de différents adversaires. Jusque-là, cet imam s’en était bien tiré (malgré les multiples agressions et les menaces subies) ; mais, depuis le mois de mars dernier, il fait face à une menace imminente d’expulsion de sa concession qui se trouve à Sanoyah Mangué Boungni. Et, cette menace vient d’un certain Moriba Kourouma, qui aurait obtenu une décision de justice faisant de lui le propriétaire de la concession d’Elhadj Idrissa Kallo. Ce dernier dénonce une injustice et une complicité du chef du quartier Sanoyah Mangué Boungni.

Selon des informations confiées à un reporter de Guineematin.com, le domaine qui fait l’objet de ce litige a été acheté en 2014 par Elhadj Idrissa Kallo. Il l’a ensuite mis en chantier pour la construction d’une maison d’habitation. Et, sans aucune opposition d’un tiers, les travaux de construction ont continué jusqu’en 2008. Mais, au cours de l’année 2008, un certain Lamine Jacques Camara est venu se présenter à Elhadj Idrissa Kallo comme étant le propriétaire de ce domaine en exploitation. Et, c’est là que les problèmes ont commencé.

Elhadj Idrissa Kallo, premier imam de la mosquée de la casse de Dixinn

« C’est en 2004 que j’ai demandé à mon frère Moustapha Tounkara qui habitait au Km36 de me chercher un terrain autour de lui là-bas. Un jour, celui-là qui m’a appelé pour me dire qu’il a eu un terrain. C’est ainsi que je suis venu voir le domaine. Quand je suis arrivé, il m’a conduit chez le propriétaire du terrain. Ce dernier nous a aussitôt conduits sur le terrain qui a une largeur de 15,40 mètres et une longueur de 25,50 mètres. Quand on s’est entendu sur le prix, je lui ai demandé qu’on aille d’abord au quartier pour qu’on me dise si effectivement le domaine lui appartient ou s’il appartient à sa famille. Ce jour, nous avons trouvé Elhadj Minkayilou Camara, le chef du quartier. C’est ce dernier qui m’a confirmé que le terrain appartient au monsieur, parce qu’il s’agit de l’héritage laissé par son père. C’est après quoi j’ai payé la moitié du prix du terrain ; et, sur place, il m’a fait une attestation de vente. Et, ils m’ont demandé de laisser de l’argent pour la confection de la donation et tout autre document y afférent. Quand mon donateur m’a remis ces documents, j’ai payé le restant de son argent. Dans la même semaine, j’ai  pris un maçon pour tracer mon soubassement. De 2004 jusqu’en 2008, tout se passait bien. Je venais petit à petit élever le bâtiment, comme nous nous sommes des débrouillards. Mais, un jour, en 2008, un monsieur du nom de Lamine Jacques Camara est venu me trouver en train de travailler sur le terrain en me disant que ce terrain lui appartient. Je lui ai dit ok. Toi et moi, on ne doit pas nous battre. Comme chacun de nous a un cédant, alors va dire à ton cédant que tu as trouvé quelqu’un sur le site et je ferai aussi la même chose de mon côté. Comme ça, on saura entre les deux cédants à qui appartient ce domaine. Chose qu’il (Lamine Jacques) n’a pas faite. Dès que je suis rentré, le même soir, il (Lamine Jacques) est venu faire tomber toute ma maison. Le lendemain, je l’ai trouvé sur le terrain avec quelques membres du bureau du quartier, il m’a dit qu’il a bien fait et que si je ne suis pas d’accord d’aller faire recours à la justice », a expliqué Elhadj Idrissa Kallo.

Mais, à en croire cet imam, quand le papa de son cédant décédait, ses enfants étaient très petits. Il a donc confié ses parcelles à son frère, Mohamed Lamine Bangoura. Mais, ce dernier aurait donné le terrain à sa femme, Fatoumata Kanté. Et, c’est cette dernière qui aurait vendu ce domaine à Lamine Jacques Camara.

Ainsi, face à cette volonté de l’exproprier de son domaine qu’il avait déjà commencé à mettre en valeur, Elhadj Idrissa Kallo s’est constitué un avocat et a transporté ce litige devant la justice.

« Mon avocat m’a tout de suite donné un huissier pour venir constater les faits sur le terrain et recueillir les témoignages. Le chef du secteur même a réaffirmé à l’huissier que le terrain appartient à celui qui me l’a vendu. En 2009, j’ai gagné ce procès au tribunal de première instance de Coyah. Après, Lamine Jacques a revendu le terrain à un certain Moriba Kourouma. Bien avant l’achat, les voisins lui ont dit de ne pas acheter, parce que c’est un terrain litigieux. Moriba Kourouma leur a dit que ce n’est pas son problème et qu’il va acheter. Quelques jours après, il (Moriba Kourouma) est venu avec ses ouvriers sur le terrain pour travailler. Les voisins m’ont appelé pour me le dire. Ce jour, je suis allé à la gendarmerie de Coléah, ceux-ci m’ont donné deux gendarmes et un arrêt qu’on est venu lui remettre. Quand on lui a remis l’arrêt, il a appelé son commandant qui aurait racheté le terrain, selon Moriba. Les deux gendarmes aussi ont appelé leur commandant. Le commandant de Coléah a demandé à ce commandant de Moriba si c’est pour lui le domaine, il a répondu : Non ! Il lui a alors demandé de se retirer de cette affaire. Depuis lors, le commandant là ne s’est plus mêlé », a indiqué Elhadj Idrissa Kallo.

Cependant, cet échec de Moriba Kourouma semble l’avoir galvanisé davantage dans sa volonté de s’accaparer du domaine de Elhadj Idrissa Kallo. Car, Moriba viendra mettre encore ses mains dans ce domaine dont il revendique mordicus la propriété.

« J’étais parti aider ma maman dans son champ au village. D’ici mon retour, Moriba Kourouma est venu modifier mon salon et mettre les tôles sur la maison, pendant que moi j’avais déjà fait l’élévation. Quand je suis revenu, j’ai demandé à mon fils d’aller voir le chantier. Celui-ci est venu me dire que quelqu’un a mis les tôles dessus et qu’au lieu de trois chambres c’est devenu quatre. J’ai dit ok. Moi aussi, j’ai acheté les portes et fenêtres, je les ai fixées et j’ai fait le crépissage. C’est ainsi qu’en fin 2016, j’ai déménagé dedans. En 2017, il (Moriba Kourouma) est venu constater cela ; et du coup, il m’a convoqué à la gendarmerie de Coyah. Sur place, le commandant m’a demandé et je l’ai répondu : est-ce que même un fou peut se permettre de loger avec toute sa famille dans la concession d’autrui ? Il a rit. Puis, je lui ai expliqué tout le problème en lui brandissant toutes mes preuves (dossiers). Le commandant lui a dit que le terrain m’appartient et que j’ai tous mes dossiers. Malgré tout, il (Moriba Kourouma) ne m’ont pas laissé. En 2018, grâce à la complicité de deux membres du bureau du quartier qui disent que mes papiers ne sont pas authentiques, Moriba Kourouma a pris cette fois-ci les loubards du quartier pour venir me déloger. À 5 heures du matin, nous avons été attaqués. C’est grâce au bon voisinage que j’ai pu m’en sortir ; et, on a conduit Moriba au commissariat du km36. Soudain, étant au commissariat là-bas, un monsieur a appelé le commissaire pour demander de libérer Moriba. Le commissaire m’a dit qu’il n’a pas de choix. Après sa libération par le commissaire, j’ai porté plainte contre lui au tribunal de Coyah auprès de Moundjour Chérif (procureur d’alors). Il (Moriba Kourouma) n’a jamais répondu à cette convocation. Quelques mois après, Koutoubou Camara (le chef du quartier Sanoyah Mangué Boungni) est venu me trouver avec un document de libérer les lieux, que c’est le verdict d’une décision de justice, alors que moi je n’ai jamais assisté à ce procès. Du coup, je suis allé voir le procureur pour l’expliquer qu’il ne peut pas juger une affaire sans écouter la partie incriminée. Il m’a dit non, que lui il rend justice à partir des dossiers qu’on lui a transmis. C’est ainsi j’ai automatiquement j’ai attaqué cette décision. En 2019, il est venu pour la deuxième fois avec la police arracher toutes mes portes et fenêtres et détruire les meubles de la maison. Tout récemment, en mars 2021, ce même monsieur (Moriba Kourouma) est venu m’attaquer à 5 heures avec certains jeunes pendant que nous étions couchés. Donc, c’est cette injustice que je vis au quotidien. J’en ai vraiment marre et je veux interpeller toutes les autorités du pays à travers la presse sur la question. Parce que face à ces incessantes menaces qui pèsent sur ma famille et moi, je ne sais plus quoi faire après avoir saisi la police, la gendarmerie et la justice sans succès », a confié Elhadj Idrissa Kallo.

Rencontré par Guineematin.com, le mise en cause, Moriba Kourouma, rejette en bloc toutes les accusations mises à sa charge et revendique la paternité de ce domaine. Pour lui, la justice a déjà tranché dans cette affaire et il est temps qu’il soit rétabli dans ses droits.

« Je ne suis pas parti par ma force ou en usant de mes relations, c’est la justice qui m’a envoyé. Cette maison m’appartient. C’est moi qui ait fait le soubassement, construit la maison et mis la toiture. Il (Elhaj Kallo) est venu mettre les portes et fenêtres et installer sa famille dedans. Vous pouvez vous renseigner au niveau du chef du quartier et les voisins… Quand la justice a tranché et on a envoyé le papier au quartier. Bien avant, le chef de quartier m’a appelé, on a appelé Elhadji Kallo, son cédant et le mien. Son cédant (Abou Soumah) a reconnu de l’avoir vendu qu’une demi-parcelle à 6 millions de francs. Elhadj Kallo a été sommé de quitter ma maison en lui offrant une demi-parcelle par son tuteur, Abou Soumah, mais il a refusé… Par rapport à l’implication de la police, je ne suis pas parti avec la force. Je suis parti avec mon huissier et tout a été fait conformément à la loi. Je veux récupérer mon domaine coute que coute, mais je suis toujours derrière la loi », a dit Moriba Kourouma.

Joint au téléphone par un reporter de Guineematin.com, le chef du quartier Sanoyah Mongué Boungni, Koutoubou Camara, accusé par Elhadj Idrissa Kallo d’être complice de Moriba Kourouma, a laissé entendre qu’il n’a rien à dire dans cette affaire qui se déroule pourtant dans sa juridiction géopolitique.

« Nous n’avons rien à dire dans ce problème. Puisque l’affaire a été jusqu’au tribunal, c’est au juge qu’il faut s’adresser pour vous situer. Moi je n’ai rien à vous dire. Je suis chef de quartier ça fait plus de 20 ans. Donc, s’il y a un problème, nous on parle à l’amiable. Au delà,  c’est la justice qui tranche. Moi quand je m’implique dans une affaire, je sais comment marcher. Celui qui vous a donné mon nom est venu ici plusieurs fois avec toute sa famille et la communauté mandingue pour parler de ce problème. S’il sait que je suis associé qu’il porte plainte contre moi. Nous sommes tous des guinéens et nul n’est au dessus de la loi », s’est borné a dire le chef quartier Koutoubou Camara.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Mamadou Barry de l’UFDG plaide : « nous ne devons pas oublier les détenus politiques »

23 mai 2021 à 9 09 02 05025
Mamadou Barry, secrétaire général adjoint de l’UFDG

Comme on le sait, au lendemain de la très contestée élection présidentielle du 18 octobre dernier, plusieurs citoyens et responsables politiques guinéens (en majorité de l’UFDG) ont été arrêtés et détenus à la maison centrale de Conakry. Ces détenus politiques croupissent encore en prison, sans aucun jugement encore moins une condamnation, pour leur opposition au troisième mandat d’Alpha Condé.

Aujourd’hui, plusieurs d’entre eux sont malades, certains ont même été atteints de COVID-19 entre les murs crasseux de la maison centrale surpeuplée de Conakry. Malgré l’illégalité de leur détention, toutes les tentatives d’obtention de leur libération, ne serait-ce que provisoire, sont pour le moment restées vaines. Leur situation inquiète les organisations de défense des droits humains ; mais aussi et en premier lieu, l’union des forces démocratiques de Guinée (la principale formation politique d’opposition au régime Alpha Condé).

Au cours d’un récent entretien accordé à un reporter de Guineematin.com, Mamadou Barry, le secrétaire général adjoint de l’UFDG, a plaidé pour une large et réelle implication de la société civile, des religieux et des élus locaux pour mettre fin à cette détention injustifiée de grandes figures de l’opposition et de la société civile. Ce cadre du parti de Cellou Dalein Diallo appelle à une « décrispation » de la situation en Guinée pour permettre à tout le monde d’avancer dans le bon sens.  

Décryptage !

Guineematin.com : vous avez rendu visite aux détenus politiques incarcérés à la maison centrale de Conakry. Quel a été votre constat ?

Mamadou Barry : le constat, avant d’y aller déjà, était de se rendre compte que des cadres du parti (UFDG) sont arrêtés, des anonymes aussi sont arrêtés sans jugement. Le souhait était de voir dans quelle condition ils sont et moralement comment ils se portent ; et, de voir éventuellement quelles possibilités de plaidoirie on peut obtenir pour permettre leur élargissement. Mais, voir aussi dans quelles conditions les choses vont avancer dans le bon sens pour tout le monde.

Guineematin.com : comment se portent ces détenus en prison ?

Mamadou Barry : ils se portent assez bien, quoi qu’on ne puisse pas se porter bien en prison. Après ces six mois de détention sans jugement, il est difficile de dire que quelqu’un se porte bien en prison. Mais, toujours est-il que le moral est là et il est question que le monde sache qu’ils sont là, qu’on pense à eux et qu’on voit dans quelles mesures les choses peuvent avancer dans le bon sens.

Guineematin.com : au sein de l’UFDG, comment vous vivez l’absence de ces cadres et responsables de votre formation politique ?

Mamadou Barry : c’est difficile. Quand on a des personnes, des cadres du parti et des amis ou des collègues qui sont détenus depuis si longtemps, il est toujours très difficile d’avoir un travail serein qui puisse se faire au sein du parti dans la quiétude, dans la construction des valeurs et dans la consolidation des idéaux du parti.

Guineematin.com : vous avez parlé de plaidoirie ; mais, quel genre de plaidoirie faut-il faire pour obtenir leur libération ?

Amadou Barry : la plaidoirie va au-delà de demander pardon. La plaidoirie, c’est une question de dire simplement que ceux qui sont en prison, leur place n’est pas en prison. Des cadres qui peuvent être utiles au pays, des cadres qui peuvent être utiles dans leur parti et dans leurs familles sont là (en prison). Et, c’est normal qu’on pense à ce qu’il y ait un élargissement. Ce qui me fait un peu mal, c’est qu’à une époque, en 2010, en 2013, en 2015, en 2018, on voyait des personnalités, des groupes de personnes venir plaider auprès de Cellou Dalein Diallo pour qu’il y ait la paix, la quiétude et pour qu’il y ait une harmonie au sein du pays. Aujourd’hui, on ne les voit plus et je trouve cela très dommage qu’on ne parle pas de ces détenus suffisamment. La plaidoirie n’est pas de demander pardon à qui que ce soit, c’est juste dire que leur place n’est pas en prison. Leur place est dans la société, auprès de leur famille. Il faut que les coordinations se lèvent, puisque ce sont des enfants du pays. On ne voit pas les associations des femmes. Je me souviens encore de Dr Makalé Traoré qui faisait beaucoup de mouvements, beaucoup de démarches pour qu’il y ait la paix, la quiétude sociale. En plus, il y a les élus locaux qui peuvent bien essayer, au sein de leur commune, de montrer qu’il y a un besoin de tranquillité, un besoin de solidarité envers ces détenus  pour que, au moins, en attendant le jugement, que ces personnes puissent retrouver leurs familles, que ces personnes puissent retrouver leurs familles et échanger avec elles pour voir dans quelle mesure il peut y avoir une décrispation. La question n’est pas de dire que plaider c’est demander pardon. La question est de faire en sorte qu’on voit dans quelle mesure on peut décrisper la situation et toutes les personnes de bonne volonté, les personnes qui peuvent s’impliquer pour que ces personnes (les détenus politiques) recouvrent leur liberté pour le bien de tout le monde.

Guineematin.com : vous déplorez le fait que ces organisations féminines, ces élus locaux et les religieux ne s’impliquent pas beaucoup pour obtenir la libération de ces détenus ; mais, est-ce que vous ne pensez pas que l’UFDG elle-même n’agit pas sur le terrain ? Parce que si ces personnes allaient pour demander à Cellou Dalein Diallo la paix, c’est parce qu’il y avait les manifestations. Or, aujourd’hui, sur le terrain, il n’y a aucune action. Est-ce que vous ne pensez pas que les gens se disent que puisqu’il y a la paix actuellement, il ne sert à rien d’engager des actions ?

Mamadou Barry : cette situation dépasse le statut de l’UFDG. En fait, là, on est en train de parler de la citoyenneté. Et n’oublions pas qu’il y a des cadres qui sont en prison et qui ne sont pas de l’UFDG. Il y a des cadres du FNDC qui sont en prison…

Guineematin.com : mais, ce sont ceux de l’UFDG qui sont en grand nombre.

Mamadou Barry : on est parfaitement d’accord ; mais, d’abord et avant tout, c’est des citoyens guinéens qui sont en prison. Alors, au de-là de l’UFDG, il y a des citoyens qui sont là ; et, ces organisations parlent de citoyenneté, de droit de l’homme. Donc, l’idée est de faire qu’on sorte de ce clanisme pour dire qu’on va mettre l’UFDG d’un côté et le peuple de Guinée de l’autre. On a vu comment ça fonctionne depuis longtemps. L’idée, c’est de faire en sorte qu’il y ait une mobilisation de tout un chacun là où il est. Le médiateur de la République est là. Il y avait des mobilisations avant même qu’il y ait des discussions ou bien des échanges sur les manifestations, il y avait des anticipations de ces autorités auprès de la direction de l’UFDG pour dire : non, faites attention pour la paix. Mais, aujourd’hui, il y a des gens qui sont détenus et le médiateur de la République, on ne l’entend pas. Les religieux et les organisations de la société civile, on ne les entend pas. Les élus locaux, que ça soit de l’UFDG ou bien des autres partis politiques, qui sont des citoyens à la base, sont en mesure de dire que nous sommes dans une situation où il faut quand même qu’on progresse et voir dans quelle mesure on peut alléger cette crispation. Parce qu’on ne peut pas continuer à être crispé comme ça.

Guineematin.com : mais, est-ce que l’UFDG est allée vers ces structures pour demander leur implication ?

Mamadou Barry : on est allé vers eux et on va continuer à aller pour faire en sorte que des dispositions soient prises. Mais, il y a un handicap de taille qui fait en sorte que jusqu’à présent on n’arrive pas à résoudre ce problème de fermeture des bureaux de l’UFDG. On est dans cette situation où il n’y a aucune notification, aucune justification, aucune règle de droit qui amène cette fermeture des bureaux de l’UFDG. Donc, c’est ce qui fait que même les retrouvailles et les rendez-vous sont difficiles. Quand on ferme ton bureau, il est difficile d’initier ou d’organiser quoi que ce soit ou bien de faire des rencontres avec ces élus pour voir ce qu’il y a lieu de faire. Encore une fois, il est bon qu’on ait la possibilité de se retrouver, d’échanger et de voir dans quelle mesure quelque chose peut se faire. Mais, il y a des pré-requis qui font en sorte que la décrispation puisse être valable des deux côtés.  Mais, puisqu’il y a des gens qui sont en prison et qui sont privés de liberté, il faut commencer par ça et voir comment décrisper la situation.

Guineematin.com : aujourd’hui, votre souhait, c’est l’organisation rapide d’un procès de ces détenus ou bien c’est d’obtenir leur libération pure et simple ?

Mamadou Barry : l’idée est, dans un premier temps, qu’à partir du moment où le procès est retardé, il est souhaité que ces personnes recouvrent leur liberté pour retrouver leur famille en attendant. Il faut rappeler que ces cadres dont on parle aujourd’hui se sont livrés. On n’est pas allé les chercher. A partir du moment où ils se sont livrés, ça veut dire que le procès peut avoir lieu. Mais, en attendant ce procès, qu’on les élargisse pour qu’ils puissent être aux côtés de leurs familles, pour voir comment on peut commencer à décrisper ; et, ensuite on parlera du siège de l’UFDG pour voir comment des rencontres peuvent avoir lieu afin d’améliorer les choses.

Guineeamtin.com : votre message de la fin ?

Mamadou Barry : mon message, c’est de lancer un appel à toutes les personnalités, particulièrement aux élus de l’UFDG, que ça soit à Conakry ou bien les fédérations de l’intérieur et de l’extérieur, de voir dans quelle mesure il peut y avoir une mobilisation pour essayer de sensibiliser les uns et les autres. Parce que chacun peut quelque chose quelque part parce que nous ne devons pas oublier ces détenus politiques.

Guineematin.com : merci à vous.

Mamadou Barry : c’est moi qui vous remercie.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé et Alpha Fafaya Diallo

Tél : 622 68 00 41

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Confection de Briques à Conakry : le casse tête des acteurs de ce domaine important de la construction

23 mai 2021 à 8 08 59 05595

En Guinée, les constructions (maisons, bâtiments à étages…) sont généralement faites avec des briques (en terre cuite ou en ciment). Mais, très souvent, ceux qui confectionnent ces briques travaillent dans des conditions misérables. Ils sont très mal payés (pour ceux qui sont embauchés) et le prix de la brique est dérisoire. Cependant, à Conakry, ces confectionneurs de brique rencontrent d’autres difficultés supplémentaires. Il s’agit notamment du manque d’eau (en saison sèche) et du manque d’endroits appropriés pour malaxer les briques et les conserver en toute sécurité (surtout en saison pluvieuse).

Faire des briques avec les mains est un travail de longue haleine. Il faut concilier la force, le sens de la mesure, la patience et une petite dose d’ingéniosité. Mais, ce qu’il faut avoir par dessus tout, c’est un lieu propice et de l’eau pour ce travail manuel. Et pourtant, c’est ce qui manque le plus à Conakry, surtout en période de saison sèche…

Il y a quelques jours, un reporter de Guineematin.com est allé à la rencontre de Fodé Camara, récemment déguerpi du Centre Emetteur (Kipé). Il confectionne actuellement des briques au pied du mur de la cour du cimetière de Kipé. Et, il ne lui manque pas de plainte.

Fodé Camara

« Ce qui nous fatigue beaucoup, surtout en saison sèche, c’est d’abord le problème d’eau. Il y a un forage dans le quartier où on vient souvent nous approvisionner en eau. Des fois, quand on vient tôt là-bas, on peut avoir six bidons ; et, cela peut mélanger un sac de ciment. Si nous décidons de faire trois sacs de ciment, il nous faudrait alors payer et envoyer certains jeunes du quartier vers les points disponibles ou encore déplacer une citerne à eau pour aller nous puiser de l’eau dans un marigot contre trois cent mille francs guinéens (300 000 GNF). En plus, nous avons des difficultés dans l’acheminement des graviers. On les achète jusqu’à Dubréka, un chargement nous coûte 2 600 000 GNF, hors mis le transport. Pour transporter un chargement de Dubréka à Kipé, cela nous coûte 800 ou même 850 000 francs. Le sac de ciment aussi que nous utilisons est acheté à 80 000 francs. Mais, l’autre gros souci du moment, c’est un manque criard de travailleurs. Ceux-là qui confectionnent les briques pour nous sont difficiles à trouver. Et, même si vous fixez un rendez-vous avec eux, ils ne viennent pas. Ça trouvera qu’ils sont occupés dans un autre chantier. Ce qui nous amène à confectionner nous-mêmes, selon nos capacités physiques. Un sac de ciment peut donner 75 briques des fois. On vent une brique de 3 000 ou 3 800 francs, selon le numéro de la brique. Vous comprendrez donc que nous n’avons pratiquement pas de gain en fin de compte avec tout ce qui entre dans la fabrication », a expliqué Fodé Camara.

Vendeur de briques à Kaporo-rail, Yacine Souaré gère quelques jeunes qui confectionnent des briques pour lui. Et, il a également raconté ses difficultés au reporter de Guineematin.com qui est également allé à sa rencontre.

Yacine Souaré, vendeur de brique à Kaporo rail

« Nous ici, c’est surtout au mois de Ramadan qu’on rencontre quelques difficultés liées au fait que le soleil est ardent. Ceux qui font les briques pour nous n’acceptent pas, pour la plus part, de passer toute la journée sous le soleil. Également, pendant la saison sèche, il n’est pas du tout facile pour nous d’avoir de l’eau. On loue une citerne qui va nous chercher de l’eau dans un marigot à Démoudoula ; et, nous l’achetons par bassin. Un bassin rempli nous est vendu de 250 à 300 000 francs guinéens. Or, cela ne peut durer qu’une semaine à deux », a indiqué Yacine Souaré.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626–66-29-27

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Fièvre hémorragique de Lassa : l’épidémiologiste Dr Sory Condé dit tout sur cette endémie

23 mai 2021 à 8 08 22 05225
Dr Sory Condé, épidémiologiste et chargé d’études de surveillance épidémiologique et de riposte à l’ANSS

Provoquée par un arenavirus nommé ‘’virus Lassa’’, la fièvre de Lassa fait partie du groupe des fièvres hémorragiques virales. C’est une maladie très proche de la maladie hémorragique à virus Ebola ; et, elle est présente en Guinée depuis 2018. Elle a fait au moins trois morts ces quatre dernières années. Récemment (au début du mois de mai), la fièvre de Lassa a été signalée à Yomou (en région forestière) où elle a fait un mort.

Pour mieux comprendre cette maladie qui n’a pas encore de vaccin, Guineematin.com est allé à la rencontre de Dr Sory Condé, épidémiologiste, chargé d’études au département surveillance épidémiologique et riposte de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS). Avec lui, nous avons surtout parlé des modes de contaminations de cette maladie à l’homme et des moyens de prévention pour éviter de la contracter.  

Décryptage !

Guineematin.com : qu’est-ce que la fièvre Lassa et comment cette maladie se transmet à l’homme ?

Dr Sory Condé : La fièvre Lassa fait partie du groupe des fièvres hémorragiques virales au même titre que la fièvre hémorragique Ebola, la fièvre Marburg et la vallée du rift. C’est une maladie qui se manifeste par un certain nombre de signes qui ne sont pas spécifiques dont la température peut aller jusqu’à 39 voire 40°. Et, c’est dû à un virus dont le nom est le « Lassa ». Mais, qu’est-ce qui se passe en réalité ? Il y a un réservoir ou un intermédiaire généralement de type animal qui constitue les rats de type mastoniste. C’est-à-dire les rats qui ont des mamelles et qui sont d’abord infectés à partir du réservoir et qui, à leur tour, contamine l’homme. Ces animaux infectés infectent l’homme à travers leurs excréments, leurs urines et la manipulation de la chair de ces rats.

Guineematin.com : comment se manifestent les symptômes de cette maladie chez l’homme ?

Dr Sory Condé : Elles se manifestent par des maux de tête, les douleurs abdominales, des vomissements, les diarrhées. Mais, ce sont des signes non spécifiques qui nous font penser à beaucoup d’autres maladies déjà existantes dans notre communauté. Mais, si son évolution montre un signe de gravité, ça peut évoluer vers les signes de saignements, c’est pourquoi on parle de fièvre hémorragique virale. Et, si ça se complique, les problèmes de cœur peuvent subvenir et c’est ce qui rend le pronostic sombre.

Guineematin.com : Depuis 2018, la Guinée enregistre chaque année au moins un cas de mort dû à la fièvre de Lassa. Et, le constat révèle que toutes les victimes sont de la région forestière. Alors, peut-on dire que la région forestière est la zone endémique dans notre pays ?

Dr Sory Condé : Oui, c‘est la région forestière qui est la zone endémique de la fièvre Lassa en Guinée. En 2018 nous avons notifié un cas de fièvre Lassa dans la préfecture de Yomou. Il s’agissait d’une guinéenne qui travaillait à la société « SOGUIPA » et qui avait de la famille du côté libérien qui a développé les signes. On a effectué le test qui s’est révélé positif. Ça c’est limité à la seule dame qui avait malheureusement succombée. Le deuxième cas est arrivé en 2019 à Kissidougou. Un monsieur qui s’est contaminé à Mamou et qui en est décédé aussi. Heureusement il n’y avait pas eu de cas supplémentaires après tous les tests. Le tout dernier cas a été signalé encore à Yomou le 8 mai dernier. Il a été transféré d’urgence à l’hôpital régional de N’zerekoré pour son traitement. Malheureusement, il en est décédé le même jour. Quand nous prenons ces trois épisodes, il y a trois personnes qui ont développé la maladie en l’espace de 4 ans dont les victimes sont toutes mortes. Cela veut dire que nous sommes à une neutralité de 100%. Si 80% de ceux qui contractent la maladie passe inaperçu, ne développe pas de signe, le taux pourrait être augmenté.

C’est fréquent en Afrique de l’ouest. C’est d’ailleurs une endémie ouest-africain. C’est la troisième fois que nous rencontrons la fièvre Lassa en Guinée pendant ces quatre dernières années. Mais elle avait existé dans les années 60 avant notre génération. La particularité de cette maladie c’est que 80% de ceux qui la contractent passent inaperçu et développent la forme asymptomatique et les 20% peuvent développer les formes graves.

Guineematin.com : Est-ce qu’il existe aujourd’hui un vaccin ou des médicaments contre la fièvre de Lassa ?

Dr Sory Condé : On a les médicaments pour la prise en charge des malades de cette fièvre de Lassa qu’on appelle « Ribavirine ». Nous en avons dans le pays, mais ces médicaments ne sont efficaces que lorsque la maladie est à ses débuts. C’est pour dire que ceux qui ont cette maladie doivent se signaler très tôt, prendre contact avec un service de santé plus proche. Si ce n’est pas pris en charge à temps, le médicament aura une efficacité très limitée. Il n’y a pas de vaccin malheureusement pour la maladie.

Guineematin.com : Compte tenu de la dangerosité de cette maladie, comment faut-il s’y prendre pour éviter de la contracter ?

Dr Sory Condé : Il faut minimiser la présence de ces rats qui servent d’intermédiaire entre l’animal et l’homme dans nos concessions. Cela nécessite la lutte contre ces rats, mais aussi la lutte contre l’insalubrité. On doit maintenir les maisons propres. Il faut également bien couvrir nos aliments dans la maison pour ne pas que ces rats là urinent ou mettent leurs excréments dans les nourritures. Parce que dès qu’on consomme ces aliments souillés, on est contaminé. On doit aussi se méfier de manipuler ces rats et leurs chairs.  Celui qui attrape ce rat, le tue et le dépêche est plus exposé que celui-là qui mange sa chair.

Les autres mesures dans la riposte contre Ebola sont encore de mise pour la fièvre de Lassa. Il ne faut pas toucher une personne contaminée par la fièvre. Il faut transporter les malades dans une structure de santé la plus proche pour une prise en charge rapide. Et puis laver correctement les mains avec de l’eau et du savon ou du gel hydroalcolique.

Maintenant, les enquêtes environnementales menées démontrent la présence de ces rats qui servent de vecteurs entre le réservoir du virus et l’homme dans la zone côtière notamment à Forécariah. Peut-être que ces rats ne sont pas encore infectés ; mais il faut s’attendre, si ces vecteurs seront contaminés ils pourraient à leur tour contaminer l’homme.

Guineematin.com : Merci de nous avoir accordé cet entretien.

Dr Sory Condé : C’est moi qui vous remercie. Ça a été un plaisir de répondre à vos questions.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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