Madifing Diané, gouverneur de Labé : « nous remercions le Fouta, respectueux de l’autorité de l’Etat »

13 mai 2021 à 16 04 57 05575

En marge de la célébration de l’Aïd El Fitr, la fête marquant la fin du ramadan, ce jeudi 13 mai 2021, le gouverneur de Labé s’est adressé aux habitants de cette région. Il les a remerciés vivement pour avoir respecté la décision du gouvernement interdisant les prières nocturnes dans les mosquées pendant les dix derniers jours de ce mois saint des musulmans. Pour lui, cela prouve que le Fouta est respectueux de l’autorité de l’Etat et des vertus religieuses, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

C’est à la place publique de Bowounloko, dans la commune urbaine, que les autorités de Labé, en leur tête le gouverneur de la région, ont effectué la prière de l’Aïd El Fitr. Dans son sermon, l’inspecteur régional des Affaires religieuses et grand imam de Labé, a appelé les fidèles musulmans à continuer les bonnes pratiques qu’ils faisaient pendant le mois de ramadan. « Le mois de ramadan est fini plus rapidement qu’on ne l’imaginait. Ce qui prouve que rien n’est éternel dans cette vie ici-bas. Donc ne nous compliquons pas la vie. 

Le plus fort ne doit pas opprimer le plus faible, le faible aussi ne doit pas perdre espoir. Certes, aujourd’hui, le ramadan est fini, et ce mois est parti avec les actes de chacun. Parmi nous, il y a certains dont le jeûne a été accepté, d’autres c’est le contraire. Si le fidèle adore Dieu comme il le faut pendant le ramadan, il doit continuer dans ce sens. Renforçons les bons actes, aidons et soutenons  les pauvres, les orphelins, cultivons l’unité et la cohésion entre tous les fils de la Guinée », a conseillé Elhadj Mamadou Badrou Bah.

Au terme de la prière, le gouverneur de Labé a adressé un message de remerciement aux populations de la région pour leur attachement au respect de l’autorité de l’Etat et des principes religieux.

« L’homme est à l’école tous les jours. Nous avons suivi avec intérêt les dix derniers jours de ce mois de ramadan. Nous avons vu des agitations partout dans ce pays pour avoir simplement dit : protégez votre âme. Nous avons vu des agitations partout, sauf dans cette région. Soyez-en félicités, soyez-en remerciés au nom de son Excellence monsieur le Président de la République et à mon nom personnel. 

Ce geste a donné à la face de la Guinée et de l’opinion internationale l’image que nous connaissons du Fouta, respectueux de l’autorité de l’Etat, respectueux des vertus religieuses, de nos valeurs morales qui ont installé cette communauté. Cela n’est qu’une expression de ce que vous êtes. La paix, la générosité, l’amour et l’entente. Je prie Dieu pour qu’il renforce notre relation, qu’il renforce l’unité entre nous. Parce que c’est à partir de ça que nous aurons la prospérité », a dit Elhadj Madifing Diané.

A noter que cette fête a été mise à profit pour formuler des prières et des bénédictions en faveur de l’unité et de la prospérité en Guinée, mais aussi de l’éradication de la pandémie de Covid-19 dans le pays.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Cellou Dalein Diallo : « je souhaite que Dieu inspire tous les Guinéens… »

13 mai 2021 à 14 02 46 05465

Les fidèles musulmans de Guinée ont célébré ce jeudi, 13 mai 2021, l’Aïd El Fitr, la fête marquant la fin du Ramadan. A cette occasion, Cellou Dalein Diallo a formulé des vœux de bonheur et de prospérité pour la Guinée, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

C’est dans l’enceinte du stade du 28 septembre de Conakry que le président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), en compagnie de son épouse, Hadja Halimatou Dalein Diallo et certains responsables de son parti, ont effectué la prière de l’Aïd. Après s’être acquitté de son devoir religieux, Cellou Dalein Diallo a souhaité bonne fête à tous les fidèles musulmans de Guinée. Il a ensuite souhaité que Dieu inspire les Guinéens pour qu’on aille vers la réconciliation, qu’on aille vers plus de justice, plus de fraternité et plus d’unité.

 « Je me félicite d’avoir personnellement observé le jeûne depuis le début jusqu’à maintenant par la grâce de Dieu qui m’a donné la santé et la volonté de le faire. Je voudrais féliciter mes compatriotes qui ont pu faire autant, les fidèles musulmans de Guinée, et leur souhaiter bonne fête. Je souhaite qu’après ce mois de pénitence, de jeûne, que les Guinéens prennent conscience de la nécessité d’engager notre pays sur la voie de la réconciliation, de l’unité et de la justice. J’ai une pensée pour ceux qui n’ont pas pu le faire pour des raisons de maladie.

J’ai une pensée pour ceux qui sont actuellement privés de liberté et qui sont dans les prisons de M. Alpha Condé. Un certain nombre d’entre eux ont bénéficié récemment d’un non-lieu. J’ai eu le privilège hier de les recevoir à l’occasion de la rupture du jeûne ici (son domicile à Dixinn, ndlr) et j’étais heureux et fier de constater que cette prison n’a pas ébranlé leur volonté et leur détermination à continuer le combat pour que la Guinée connaisse plus de paix. 

S’il n’y a pas de justice, il n’y a pas de paix. Je souhaite qu’il y ait la justice, qu’il y ait l’unité de la nation, qu’il y ait progrès économique et social au bénéfice de tous les Guinéens. Je souhaite que Dieu inspire tous les Guinéens pour qu’on aille vers la réconciliation, qu’on aille vers plus de justice, plus de fraternité et plus d’unité des Guinéens », a lancé le principal opposant guinéen.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél: 622680041

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Fête de l’Aïd El Fitr : le message de Jamal Bangoura, secrétaire général des Affaires religieuses

13 mai 2021 à 14 02 26 05265
Elhadj Aly Jamal Bangoura, ministre secrétaire général des Affaires religieuses

A l’occasion de la célébration de l’Aïd El Fitr, la fête marquant la fin du ramadan, ce jeudi 13 mai 2021, le secrétaire général des Affaires religieuses a adressé un message aux fidèles musulmans de Guinée. Tout en souhaitant bonne fête à tout le monde, Elhadj Aly Jamal Bangoura a exprimé sa joie et sa reconnaissance envers Dieu pour sa grâce et sa miséricorde.

« A l’occasion de la fête de ramadan, je rends grâce à notre créateur qui nous a permis de jeûner ce mois saint de ramadan. Nous remercions Dieu parce que cette année, contrairement à l’année dernière, nous avons pu faire nos prières dans les mosquées. Aujourd’hui, de Kassa à Yomou, grâce aux autorités qui nous ont autorisés de prier, la Guinée est dans la joie, dans l’unité et dans la concorde. 

C’est une fierté pour nous. Le département des Affaires religieuses rend hommage à notre seigneur et sa gratitude à notre gouvernement, à monsieur le Président de la République. Au nom de la communauté musulmane, je dis joueuse fête de ramadan à son Excellence monsieur le Président de la République, à son gouvernement et au peuple de Guinée », a dit Elhad Aly Jamal Bangoura.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com 

+224622919225

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Le gouvernement guinéen répond au haut représentant de la Commission européenne (Communiqué)

13 mai 2021 à 14 02 05 05055


Le Gouvernement guinéen a pris connaissance de la lettre-réponse  du Haut représentant et vice-Président de la commission européenne suite à une interpellation d’un groupe de députés sur ” la situation en Guinée ” .  

De même qu’il a saisi l’Exécutif européen, ce groupe de députés, en ne tendant une oreille attentive qu’aux allégations d’opposants  au régime et qui n’a donc perçu qu’un seul son de cloche  aurait pu pourtant échanger aussi avec les autorités guinéennes pour éclairer sa  religion à propos des faits et griefs allégués. 

De ce point de vue, le Gouvernement se félicite que la commission européenne soit dans la prédisposition  d’écouter toutes les parties, et privilégie le dialogue et la concertation pour toutes les questions d’intérêt commun dans un cadre convenu et par les moyens appropriés.

Le Gouvernement réitère sa volonté et sa disponibilité à recevoir toutes les bonnes volontés et à discuter avec tous les partenaires et amis de la ” situation ” réelle de la Guinée, sans préjugés ni procès d’intention. Or, jusqu’à maintenant,  et malheureusement, la ” situation ” de la Guinée ne semble appréciée par certains qu’à travers le prisme déformant de politiques et d’organisations  alignés sur des positions partisanes ou victimes de clichés.

Monsieur le Président de la République,  Son Excellence, Professeur Alpha Condé a un passé politique et une éthique personnelle qui l’engagent à défendre et promouvoir les droits humains et à toujours militer pour la Démocratie. Dans le respect de la souveraineté nationale et en tenant compte des aspirations profondes de son peuple. 

Après son élection pour un nouveau mandat, nonobstant la logique de confrontation et de défiance contre l’Etat et ses institutions adoptée par l’opposition, le Président Alpha Condé s’est dit ouvert au dialogue et disponible pour travailler avec tous les Guinéens. Il garde la main tendue. C’est dans cet esprit que le cadre permanent de dialogue a été institué.

En ce qui concerne la préoccupation de tous, que la lumière soit faite sur les tragiques événements du 28 septembre 2009 survenus avant l’avènement du Professeur Alpha Condé au pouvoir, la volonté politique n’a jamais fait défaut. C’est pourquoi la justice avance dans ce dossier et informe régulièrement de l’évolution de l’instruction en cours en attendant la tenue d’un procès. Le processus  judiciaire suit son cours normal.

A propos de l’état de la Démocratie et de la condition des Droits de l’Homme, le Gouvernement regrette que des enquêtes sérieuses et impartiales auprès de toutes les parties ne soient pas menées pour situer les responsabilités, et identifier les auteurs des violences meurtrières enregistrées pendant les émeutes provoquées par des acteurs politiques lors des élections notamment, ou à l’occasion de mouvements sociaux violents.

Le Gouvernement,  déterminé à mettre fin à l’impunité ainsi qu’aux actions politiques et sociales insurrectionnelles, qui constituent de véritables menaces contre la Démocratie et des atteintes graves aux droits humains, s’emploie à appliquer les lois du pays.

Le Gouvernement assume sa responsabilité d’assurer la sécurité des personnes et des biens, et celle des institutions démocratiques conformément à l’esprit d’un État de Droit viable. Les libertés politiques et les droits démocratiques n’affranchissent pas du contrat social et des rigueurs de la loi dans une République.  

Enfin, les victimes civiles et militaires (et leurs familles) des violences politiques et électorales méritent que justice soit rendue, autant que cela est réclamé pour les personnes interpellées dans ce cadre et pour ces faits : justice transparente et équitable dans le respect de leurs Droits et de leur dignité. 

Le Gouvernement souscrit à toutes les initiatives et actions visant à mettre un terme à l’impunité,  pour le renforcement de la Démocratie et  de l’État de droit dans le respect et la confiance mutuels.


Ministre d’État, Conseiller  Spécial du Président de la République , Ministre de l’industrie et des PME, Porte-Parole du Gouvernement Guinéen.

Tibou Kamara

Fait à Conakry, le 12 mai 2021

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Kankan : Nanfo Diaby, l’imam qui prie en maninka, arrêté avec plusieurs de ses disciples

13 mai 2021 à 11 11 42 05425
chroniqueur islamique et promoteur de l’écriture N’ko

La fête de l’Aïd El Fitr tourne mal pour Ismaël Nanfo Diaby, le très célèbre et controversé imam qui prie en langue maninka. Il a été arrêté ce jeudi, 13 mai 2021, au quartier Bordo, dans la commune urbaine de Kankan.

Selon un responsable de l’association N’ko Semba, interrogé par le correspondant local de Guineematin.com, Nanfo Diaby a été arrêté avec plusieurs de ses disciples alors qu’il dirigeait la prière de l’Aïd.

Une information confirmée par Me Salifou Béavogui, l’avocat du leader religieux. 

Nous y reviendrons 

Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com 

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Lutte contre les MGF en Guinée : L’OPROGEM se félicite  des résultats et énumère des difficultés

13 mai 2021 à 11 11 06 05065
Commissaire de police, Marie Sylla, cheffe de division et de la protection à l’Office de Protection Genre, Enfance et Mœurs

Depuis 2008, il existe un programme conjoint de lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF) dans 17 pays (dont la Guinée) à forte prévalence en Afrique. C’est une initiative du secrétariat général des Nations-Unies qui visant à élaborer des stratégies conjointes dans la lutte contre cette pratique nuisible à la santé de la jeune fille. Et, depuis sa mise en œuvre en république de Guinée, l’Office de protection genre, enfance et mœurs (OPROGEM), une structure en charge de la sensibilisation et de la répression face aux violences dont les femmes et filles sont victimes, s’active sur le terrain pour combattre sans relâche ce phénomène de société qui connait un taux de prévalence de 95% sur le territoire national. Cependant, à ce jour, des résultats notables ont été obtenus ; mais les défis sont encore nombreux et le chemin pour l’éradication de cette pratique très répandue dans le pays est encore long. Et, pour la commissaire de police Marie Sylla, cheffe de division et protection à l’OPROGEM, il faut redoubler d’efforts pour amener les guinéens à l’abandon total de la pratique des MGF, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Selon les informations, le programme conjoint de lutte contre les mutilations génitales féminines dans les pays à forte prévalence en Afrique était soutenu au départ par l’UNFPA, à travers l’UNICEF qui est une agence spécialisée des Nations-Unies par rapport à ces thématiques des MGF. Mais, il est aujourd’hui devenu un programme national en Guinée où le taux de prévalence est estimé actuellement à 95%. Ainsi, dans la mise en œuvre de ce programme, l’OPROGEM se trouve à la première ligne dans notre pays.

« Ce programme conjoint concerne les mutilations génitales féminines. Et, depuis des années, l’OPROGEM se bat contre cette pratique. Le programme consiste à faire la répression conjointe. Nous cherchons toujours à référer les victimes de MGF pour une prise en charge. Quand on apprend soit par appel téléphonique ou par plainte nous informant qu’il y a eu les MGF quelque part, aussitôt on envoie une équipe sur le terrain pour l’intervention. C’est-à-dire on essaye d’appréhender les présumés. Mais, les victimes aussi on ne les laisse pas, nous les envoyons vers une structure de santé pour une prise en charge. Quand nous prenons les présumés, nous les entendons sous PV, nous ne sommes pas tenus aux résultats, ils peuvent reconnaître ou ne pas reconnaitre les faits. C’est le médecin légiste qui nous dira après ce qui s’est passé effectivement. Donc, après cette procédure, nous réunissons les preuves et nous les déferons devant les tribunaux pour que justice soit faite. C’est là se limite les prérogatives de notre office » a indiqué commissaire Marie Sylla.

Seulement, à en croire cette responsable de l’OPROGEM, la lutte contre les MGF n’est pas chose aisée sur le terrain. Et, C’est pourquoi, dans sa mission, l’OPROGEM se fait épauler par des ONG évoluant le domaine, afin d’aider les victimes de réjouir de tous leurs droits.

« Ce n’est pas facile parce que nous n’avons pas tous les moyens à notre disposition, sachant que nous avons à faire à une couche très vulnérable. Quand on gère à la fois les dossiers des femmes, des enfants, des handicapés (…), nous sommes tenus obligés de nous faire épauler par les ONG telles que : MDT (Même droit pour tous). Cette ONG assiste les femmes pauvres qui sont déférées au tribunal et qui n’ont pas les moyens pour assurer leur défense parfois face à des hommes riches. Donc, pour ne pas qu’elles se découragent ou que le crime reste impuni, nous sommes tenus obligés de les faire accompagner par ce poule d’avocats qui sont nos partenaires… Avant, les gens ne savaient pas la gravité des MGF. Mais aujourd’hui, à partir des formations et des sensibilisations que nous faisons à travers les coopératives des femmes, nous comprenons petit à petit que les communautés commencent à peser le poids des MGF en Guinée. Avant, pendant les vacances, on pouvait voir les enfants dans les rues au nombre de 10 à 15 en tenue d’excision. Mais actuellement, avec l’application de la loi, je pense que cela a diminué. Même si ça se fait maintenant là c’est en cachette. Nous invitons donc les communautés à arrêter cette pratique néfaste sur la santé de la jeune fille. Le plus souvent c’est les tantes, les grand-mères et les homonymes qui pratiquent ce phénomène sur les petites filles pendant les vacances. Nous les invitons à épargner ces enfants là, car cette pratique n’a aucune importance sur elles. Au contraire, ça ne fera que compliqué leur situation », a confié la commissaire de police Marie Sylla.

A noter que selon les spécialistes, les mutilations génitales féminines (MGF) affecte la santé, la dignité, la sécurité et l’autonomie de ses victimes. Parfois, les actes de violence ont des conséquences graves sur la santé sexuelle et reproductive de la femme comme les grossesses non désirées, les fistules traumatiques et le VIH/SIDA. Cependant, les mutilations génitales féminines restent encore très répandues au sein des différentes communautés de Guinée. Ce, en dépit des efforts fournis par les autorités du pays, les ONG et les partenaires techniques et financiers pour endiguer cette pratique néfaste pour la santé et l’épanouissement des filles et femmes qui y sont victimes. 

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tél. : 626-66-29-27

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Souleymane Camara sur les MGF en Guinée : « en 5 ans on a pu faire décroitre le taux de 97 à 95% »

13 mai 2021 à 11 11 05 05055
Souleymane Camara, point focal Mutilations génitales féminines (MGF) au ministère des Droits et de l’Autonomisation des Femmes

Malgré les efforts fournis par les autorités publics, les ONG et les partenaires techniques et financiers, les mutilations génitales féminines (MGF) constituent toujours un phénomène de société très rependu en Guinée. Les dernières statistiques font état d’un taux de prévalence de 95% en 2018, alors qu’en 2012 cette prévalence était à un taux de 97%. Pour parler de la persistance de ce « phénomène néfaste » qui touche toutes les régions de notre pays, un reporter de Guineematin.com est allé à la rencontre de monsieur Souleymane Camara, point focal Mutilations génitales féminines (MGF) à la Direction nationale du Genre et de l’Equité au ministère des Droits et de l’Autonomisation des femmes. Ce cadre note des avancées dans la lutte contre les MGF en Guinée, même s’il y a encore un très long chemin à parcourir pour arriver à bout de cette pratique fortement encrée dans la société.

Décryptage !

Guineematin.com : quel constat faites-vous des mutilations génitales féminines en Guinée ?

Souleymane Camara : le constat est que la Guinée a une prévalence nationale de 95%, mais il faut préciser que c’est un taux qui s’applique à la tranche d’âge de 15 à 49 ans. Par contre, la tranche d’âge de 0 à 14 ans, la prévalence est de 39%. Ce sont les chiffres de l’enquête démographique et de santé de 2018, donc la dernière enquête en date. Ce taux paraît excessif ; mais, j’avoue qu’il y a une diminution de la prévalence depuis 2012, parce qu’en 2012 on était à 97%. Donc, en 5 ans on a pu faire décroitre le taux de 97 à 95%. Ce qui explique qu’il y a eu beaucoup d’efforts dans ce sens, parce qu’il ne faut pas oublier que c’est un phénomène social qui habite tout le monde. L’exception guinéenne fait que toutes les régions administratives et les régions naturelles, toutes les ethnies, toutes les confessions religieuses pratiquent ou sont adeptes de la pratique de MGF. Comparativement à un pays comme le Niger où la prévalence aussi n’est pas très élevée sur le plan national, parce que le Niger est un grand pays ; mais, l’excision n’est observée que dans une seule région, vers le Sud du pays et où la prévalence frôle les 100%.  Mais, si on extrapole au niveau national, la prévalence va en deçà de 10%. Par contre, en Guinée, c’est tout le monde, qu’on soit chrétien ou musulman, de l’Est ou de l’Ouest, Nord ou bien du Sud. Tout le monde pratique l’excision. Donc, le constat chez nous est un peu amer ; mais, il y a des motifs de satisfaction parce que la prévalence est en baisse et il y a beaucoup d’efforts du côté du gouvernement et des partenaires pour amener les populations à comprendre et à abandonner cette pratique qui n’est que néfaste pour la santé et le bien-être de l’enfant, de la petite fille et de la femme.

Guineematin.com : vous parler d’un taux de prévalence excessif ; cependant, la Guinée est signataire d’un programme conjoint de lutte contre les mutilations génitales féminines. Dites-nous à quoi consiste ce programme et quels en sont ses points forts ?

Souleymane Camara : bien sûr que ce programme conjoint existe depuis 2008 dans 17 pays africains. C’est une initiative du secrétariat général des Nations-Unies implémentée dans 17 pays africains à forte prévalence sur les MGF. Depuis 2008, nous avons bénéficié de ce programme et Dieu seul sait que depuis là il y a eu du chemin qu’on a eu à parcourir. C’est un programme soutenu au départ par l’UNFPA à travers l’UNICEF qui est une agence spécialisée des Nations-Unies par rapport à ces thématiques des MGF. Par la suite, c’est devenu un programme national qui va au-delà du programme conjoint et qui associe tous les partenaires : que ce soit les partenaires sectoriels au niveau étatique, les agences du système des Nations-Unies, les organisations internationales mais aussi les organisations de la société civile. Aujourd’hui, tout le monde est ligué autour de ce programme national et il y a eu beaucoup d’avancées.

Avant la mise en place du programme conjoint, dans les interventions, chacun évoluait de façon un peu isolée. Il n’y avait pas de coordination ou de concertation, ni de stratégies conjointes. Donc, il a fallu le programme conjoint en 2008 pour qu’en 2012 déjà qu’on se positionne pour avoir une vue d’ensemble par rapport à cette thématique. Autrement dit, on a élaboré un plan stratégique, une vision parce que pour adresser un phénomène culturel, il faut évaluer, essayer de se projeter pour voir quels peuvent être nos objectifs. Un objectif général, puis des objectifs stratégiques avec un partenariat. C’est ainsi qu’on a défini les composantes de ce plan stratégique. En 2012, on était très volontaire parce qu’au regard de la prévalence, on a voulu en 5 ans de mise en œuvre du plan stratégique, diminuer de 40% la prévalence. Mais, c’était sans compter sur la survivance de pesanteurs socioculturelles. Après, en 2016 quand on a évalué, on a compris qu’il fallait revoir nos objectifs. Chemin faisant, c’est en 2018 que le plan stratégique qui a été mis en œuvre à travers des feuilles de route a été révisé avec un objectif atteignable. On s’est dit qu’on va essayer de diminuer la prévalence chez la tranche d’âge de 0 à 14 ans qui est la cible la plus exposée qui est de 45% à l’époque de 15%. Voilà l’objectif qu’on s’est fixé à travers la révision du plan stratégique national. Nous avons obtenu beaucoup de résultats tangibles. Sur le plan médical par exemple, il y a de plus en plus la médicalisation de  la pratique, parce qu’avant c’était dans la brousse, dans les cases d’initiation et c’était vraiment autour d’un rite qu’on regroupait les filles pour les faire subir l’excision. Mais, maintenant ce n’est plus le cas. Même à la naissance, on fait recours à un agent de santé. Donc, il y a de plus en plus la marque de la santé par rapport à cette excision. On s’est dit mais qu’est-ce qu’il faut par rapport à cela ? On a essayé d’intégrer la dimension MGF dans le programme de formation des écoles de santé, parce que la plus part des agents de santé qui pratiquent l’excision, c’est les matrones ou les sages-femmes. Puisqu’elles sont sorties des écoles de la santé il faut donc introduire la dimension des MGF et la prise en charge liée aux complications de MGF dans les écoles de santé. On en a fait un module qui se trouve dans 8 écoles de la santé, sans compter que nous sommes en collaboration avec l’association des sages-femmes, le ministère de la santé pour beaucoup plus de conscientisation, de plaidoyer, pour que ces sages-femmes abandonnent la pratique dans les structures sanitaires. Il y a un arrêté signé par le ministre de la santé qui interdit la pratique médicalisée des MGF dans notre pays. A côté de cela, il y a un autre résultat très significatif avec l’implication des religieux qui nous accompagnent, parce qu’on pense que cette pratique a une dimension religieuse et que c’est la religion qui le recommande. Ce n’est pas vrai. Les religieux eux-mêmes ont pris un acte pour faire la démarcation entre la pratique de l’excision et la religion musulmane. Ils sont allés plus loin pour élaborer une intervention spécifique des religieux à l’image du plan stratégique par rapport à leur implication dans la lutte contre la pratique des MGF en Guinée. Au niveau de l’éducation aussi, on a fait des modules sur les violences faites aux enfants à l’école, y compris les pratiques des MGF, les mariages d’enfants… Cela est en train d’être intégré dans le programme scolaire des écoles secondaires.

Guineematin.com : vous parlez des progrès enregistrés certes, mais quel rôle joue votre structure dans la mise en application de ce programme conjoint ?

Souleymane Camara : nous avons un rôle important parce que nous sommes chargés de la coordination de l’ensemble des interventions. A ce titre, on se réunit régulièrement avec l’ensemble des composantes pour impulser les actions de lutte. Nous partons de notre plan stratégique et de la feuille de route pour savoir qui fait quoi, où et à quelle période. Donc, la coordination se réunit régulièrement pour voir quels sont encore les défis à relever. On sait que l’un des défis par exemple, c’est l’application de la loi. Heureusement, la semaine dernière, le ministre de la justice a signé une note circulaire dans laquelle il a appelé les parquets de l’intérieur du pays à appliquer la loi relative à la pratique des mutilations génitales féminines, parce qu’il ne sert à rien d’élaborer des lois sans les appliquer. Par exemple, par rapport au mariage d’enfant, les gens pensent qu’à travers cette pratique on ne fait pas de mal à la petite fille alors que la science a démontré que ça a des impacts sur la santé et le bien-être de la fille et chemin faisant de la femme dans le temps. Il peut y avoir des conséquences immédiatement tout comme à long terme mais, qui sont minimisées par la conscience populaire. On pense que même pendant l’excision, quand une fille meurt de saignement, des hémorragies, c’est le mauvais sort. Donc, il y a beaucoup de choses à faire ; et nous, nous sommes là pour coordonner les activités aussi bien au niveau national qu’au niveau régional. C’est pourquoi nous avons mis en place des coordinations régionales sur les violences basées sur le genre (VBG) et les mutilations génitales féminines (MGF). Parce qu’en plus des MGF, on assiste aussi à des phénomènes de viol, de mariage d’enfant et autres pratiques néfastes contre les enfants et les femmes.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Fête de Ramadan : le message de Cellou Dalein aux Guinéens

13 mai 2021 à 6 06 34 05345

A l’occasion de la fin du Ramadan, Cellou Dalein Diallo a adressé un message à ses compatriotes. Le président de l’UFDG a souhaité bonne fête de l’Aïd El Fitr aux fidèles musulmans de Guinée, tout en souhaitant de voir une Guinée unie, où règnent la justice, la solidarité et la paix.

Guineematin.com vous propose ci-dessous le message du principal opposant guinéen :

« Mes chers compatriotes,

Nous voici arrivés au terme du mois saint de Ramadan où nous avons, par le jeûne, les prières et la dévotion, raffermi davantage notre foi dans un contexte marqué par une crise sanitaire qui frappe le monde entier.

Je saisis cette occasion pour présenter mes sincères condoléances à toutes les familles endeuillées par la pandémie et réitérer mes encouragements au personnel soignant dont l’abnégation force l’admiration.

J’ai une profonde pensée pour ceux de nos compatriotes malades, ceux arbitrairement privés de liberté et ceux dont la vulnérabilité nous appellent à un devoir de solidarité.

Puisse Allah, au terme de ce mois de pénitence, favoriser l’avènement d’une Guinée unie où règnent la justice, la solidarité et la paix.

À tous les fidèles musulmans de Guinée et du monde, je souhaite une excellente fête d’Aid El Fitr.

Qu’Allah le Clément, le Miséricordieux, pardonne nos péchés, accepte notre jeûne et exauce nos prières ».

A suivre !

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Alpha Condé : « mettons à profit cette fête du Ramadan pour renforcer la cohésion nationale »

13 mai 2021 à 6 06 28 05285

Dans un message publié ce mercredi soir sur ses médias sociaux, le président Alpha Condé a souhaité bonne fête de Ramadan aux Guinéens. Le chef de l’Etat a émis le souhait que cette fête soit mise à profit pour renforcer la cohésion nationale  en Guinée.

« Je souhaite à toutes et à tous une très bonne fête de l’Aïd el Fitr. Qu’Allah dans Sa grandeur et Sa miséricorde infinie accepte notre jeûne, exauce nos prières, fortifie notre foi et protège notre pays. Mettons à profit cette fête du Ramadan pour renforcer la cohésion nationale, indispensable au mieux-être de tous les Guinéens ! », a écrit le président de la République.

L’Aïd El Fitr sera célébrée aujourd’hui, jeudi 13 mai 2021, en Guinée. Elle intervient après 30 jours de jeûne et de pénitence des fidèles musulmans.

A suivre !

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