Aboubacar Biro Soumah, président du Parti pour le Progrès et le Changement PPC

A l’image de nombreux Guinéens, le président du PPC (Parti pour le Progrès et le Changement) désapprouve totalement la décision des autorités, interdisant les prières nocturnes dans les mosquées pendant les dix derniers jours du ramadan. Une mesure annoncée lundi dernier par le Secrétariat général des Affaires religieuses et qui serait due à l’état d’urgence sanitaire en vigueur dans le pays. Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce mardi 4 mai 2021, Aboubacar Biro Soumah a dénoncé une décision complètement insensée.

« J’ai été touché au fond de mon cœur lorsque j’ai appris cette décision du secrétariat général des Affaires religieuses. C’est vraiment regrettable. Cette prière nocturne est unique et on ne peut la faire que pendant les dix derniers jours du mois de ramadan. C’est pourquoi, quand j’ai appris l’interdiction de cette prière, j’ai été outré, choqué. Et, je m’inscris en faux contre l’argument du Covid-19 brandi pour justifier cette décision.

Si vous faites le constat, vous vous rendrez compte que le nombre de fidèles qui prennent part à la prière du soir (Nafila) est largement supérieur à celui de ceux qui participent aux prières nocturnes (Qiyam Layl). Donc je ne comprends pas pourquoi on autorise l’un et on interdit l’autre. Mais j’avais prévenu ici depuis que le secrétariat général des Affaires religieuse a été rattaché à la présidence, j’ai dit que la politique va dominer la religion. Et c’est ce qui est en train de se passer », a déclaré l’opposant.

Par ailleurs, le leader du PPC déplore l’attitude des leaders religieux face à cette décision des autorités. Pour lui, les imams doivent se lever pour demander des explications sur cette situation. « Je constate que nos imams croisent les bras sans réagir, comme s’ils sont devenus esclaves de la politique. Ce qui n’est pas normal. Normalement, ils doivent réagir pour demander des explications sur les vraies raisons de cette décision.

Je demande aux leaders religieux, à commencer par le premier imam de la mosquée de Fayçal, d’aller voir le secrétariat général des Affaires religieuses et l’ANSS pour qu’ils nous donnent les vraies informations liées à cette interdiction. Nous sommes tous appelés à mourir et rendre compte à Dieu. Et si on nous interdit de faire la prière qui nous permet de nous rapprocher davantage de Dieu, je pense que le gouvernement est allé très loin », a dit Aboubacar Biro Soumah.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel:620589527/664414227

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