Il n’est un secret pour personne que les conflits domaniaux sont récurrents tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Le plus souvent, la justice est mise à contribution pour régler le différend. C’est dans ce cadre que trois (3) parcelles situées à Yattaya, dans la commune de Ratoma, opposent depuis quelques temps, Abdoul Karim Soumah et Boubacar Touré. Le procès s’est ouvert le mercredi passé, 30 janvier 2019, au tribunal correctionnel de Dixinn, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Boubacar Touré, se disant propriétaire du domaine litigieux à Yattaya depuis 2001, assigne Mr Abdoul Karim Soumah en justice. Il le poursuit pour destruction d’édifice privé.

Le prévenu, Abdoul Karim Soumah, a été le premier à être entendu. Il a nié les faits pour lesquels il est reproché. Selon lui, le terrain en question a été légué à sa famille par son défunt père. « Nous sommes héritiers de ce terrain, je suis le fils aîné. Donc, on m’en a confié la gestion après le décès de mon père en 2014. On a compris par après que des agents véreux de l’Etat ont revendu trois parcelles à certaines personnes. Pour ne pas tomber sur le coup de la loi, on ne peut pas se rendre justice. Nous avons engagé une procédure de déguerpissement et de démolition parce qu’ils avaient déjà construit des bâtiments sur le terrain. Nous avons obtenu une décision de justice. C’est en 2017 que ce nommé Boubacar Touré est venu réclamer ces parcelles. Nous lui avons dit non. Plus tard, il est venu casser l’annexe qu’on avait construite, où mon gardien dormait. J’ai porté plainte contre lui, parce qu’après cela, ils ont mis une cour et fermé le portail avec un cadenas. Mais, la plainte a été placée sans suite sans que je ne sache pourquoi. Quelques temps plus tard, j’apprends qu’il a porté plainte contre moi pour destruction d’édifice privé en disant que je suis venu avec des camions pour faire tomber la cour afin de verser mon sable pour construire. Je n’ai jamais détruit un mur et toutes les fois que je me suis rendu là-bas, je suis passé par la porte. Peut être que c’est le plaignant qui l’a fait pour me causer du tord ».

De son côté, le plaignant Boubacar Touré, a répliqué qu’il aurait acheté le terrain depuis 2001 et que le prévenu n’a pas dit la vérité. « Il n’a qu’à dire la vérité. Il est venu expliquer avoir trouvé mon gardien et sa famille, en leur disant de quitter les lieux, que le terrain leur appartenait. Un jour, il est venu avec des ouvriers et des camions contenant du sable et du gravier. Comme il a trouvé la cour fermée, il a escaladé le mûr et est resté dans la cour. C’est ainsi qu’il a démoli le mur et a fait rentrer les camions pour déverser le sable. Il parle de lois. En 2017, quand j’ai porté plainte à Coléah, il n’est pas venu. La plainte a été envoyée trois fois, il a refusé. C’est par après qu’on a décerné un mandat d’arrêt contre lui. On l’a cherché partout à Conakry, on ne le voyait pas. J’ai acheté le terrain 2001 et j’avais commencé à construire. Même quand le dossier a été envoyé, on est allé avec le juge d’instruction. Le chef de carré et la femme qui est dans la cour ont expliqué que c’est Mr Soumah même qui a fait tomber le mur », a-t-il soutenu.

L’avocat de la défense, maître Alkhaly Mohamed Touré, a demandé à ce que le plaignant montre une pièce d’identité prouvant ainsi qu’il est Boubacar Touré. Car, selon lui, il n’est pas celui qu’il prétend être. Mais, Touré Boubacar dira ne pas avoir de pièce d’identité sur lui.

Maître Alkhaly Mohammed Touré demandera ainsi au juge de prendre acte et de leur permettre de connaître la vraie identité de la personne qui est en face d’eux, qui est tout sauf le plaignant Boubacar Touré.

L’affaire a été renvoyée au 6 février pour la suite des débats et la comparution des témoins.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

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