Contentieux sur l’élection du maire de Matoto : réaction des avocats des deux camps

13 février 2019 à 21 09 30 02302

Comme annoncé dans nos précédentes dépêches, le contentieux opposant l’honorable Kalémodou Yansané, de l’UFDG, et Mamadou Toss Camara, du RPG Arc-en-ciel, autour de la gestion de la mairie de Matoto, s’est ouvert au tribunal de Mafanco, ce mercredi, 13 février 2019. Après des débats houleux entre les avocats des deux (2) parties, la présidente du tribunal, Djénabou Donghol Diallo a déclaré la fin des débats. Le dossier est mis en délibéré pour décision être rendu demain jeudi.

A la fin des discussions, très houleuses d’ailleurs, les avocats des deux camps ont livré leurs impressions.

Me Kabinet Kourala Keïta

Selon maître Kabinet Kourala Keïta, porte-parole des avocats de Mamadouba Toss Camara, la citation à comparaître, parvenue à leur client la veille, fait que la procédure doit être annulée. « Nous avons développé nos arguments tendant à l’annulation pure et dure de la citation qui a été servi à Mamadouba Tos Camara, le maire de la commune de Matoto. En ce qui concerne la citation, elle n’a obéi à aucune règle prescrite par le code de procédure civile, économique et administrative, notamment en ses articles 34, 31 et 47. On ne peut pas se lever un beau jour pour dire qu’il faut attraire un citoyen devant le tribunal le lendemain, sans pourtant avoir ne serait-ce que l’autorisation du tribunal à assigner ou à attraire ce citoyen devant lui. Alors, l’honorable Kalémodou Yansané a pris soin de tout sauf, le respect de cette règle. Nous avons tout simplement soulevé la nullité pour le non-respect de ces règles de procédure et nous sommes convaincus à plus d’un titre que le tribunal va nous suivre. Parce que bien qu’on soit en matière administrative, que l’avocat de l’autre côté dise que c’est une matière spéciale, d’accord, il n’y a pas de soucis. Mais, la matière spéciale n’obéit pas à une règle générale, surtout lorsque la matière spéciale ne fait pas de dérogation particulière à l’application de la règle générale et n’est pas contraire à la règle spéciale. Alors, la loi doit s’appliquer. Du coup, nous on n’a pas de doute quant à l’annulation de l’exploit que l’honorable Kalémodou Yansané a fait en date du 12 février 2019 ».

Me Macky Touré

Pour sa part, maître Macky Touré, porte-parole des avocats de Kalémodou Yansané, s’est dit confiant dans l’aboutissement de ce dossier. « La procédure pour laquelle le tribunal de Mafanco a été saisie, a été appelée aujourd’hui. Les avocats toutes les parties ont plaidé en la présence irrégulière de l’agent judiciaire de l’Etat, prétendument venu représenter le ministère de l’Administration du Territoire qui s’est invité dans cette procédure. L’affaire a été plaidée, mise en délibéré. La décision va probablement tomber demain. Puisque nous devons tous être légalistes, la question d’élection est régie par des lois spéciales contenues dans le code électoral et dans le code des collectivités locales. Il n’est écrit nulle part, en tout cas pas textuellement, que s’agissant de la convocation des candidats, que c’est une circulaire qui doit convoquer les candidats. S’il y a eu un arrêté qui aurait été pris dans le sens de la reprise de l’élection de Matoto, puisque de toutes les façons, c’est une élection qui aurait été suspendue du fait, semble-t-il, des troubles qui auraient été provoqués, et nous disons maintenant, au nom de monsieur Kalémodou Yansané que nous défendons, que c’est des troubles provoqués exprès, dans le seul dessein d’empêcher monsieur Kalémodou Yansané d’être installé comme maire de cette commune. Nous disons encore une fois, on ne peut pas tordre la loi pensant peut-être qu’on est du pouvoir pour brimer les simples citoyens. Puisqu’en fait, si monsieur Kalémodou Yansané n’est pas installé comme maire, il va de soi que c’est les votes des citoyens de Matoto qui auraient été volés. Ce qui revient à dire que l’agent judiciaire de l’Etat, comme l’a rappelé son conseil à la barre de ce tribunal, a un intérêt moral à défendre. Mais, le représentant du ministre ne vient pas à un procès pour défendre un intérêt moral. L’intérêt que le ministre de la République doit défendre, c’est la légalité ».

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Election du maire de Kankan : Dr Moron Sidibé dénonce l’usage excessif de procurations

13 février 2019 à 21 09 17 02172
Dr. Moron Sidibé, conseiller du RPG Arc-en-ciel à la mairie de Kankan

A l’issue de l’installation du nouvel exécutif communal de Kankan, Dr Moron Sidibé, l’un des conseillers du RPG Arc-en-ciel et challenger vaincu par le nouveau maire, a soulevé plusieurs manquements lors de l’élection tenue à huit clos ce mercredi. Il dénonce notamment le nombre élevé de procurations, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La bataille aura été rude entre les deux conseillers de la majorité présidentielle dans cette élection de l’exécutif communal de Kankan. Finalement, c’est Mory Kolofon Diakité qui a été élu maire de Kankan devant Dr Moron Mandiouf Sidibé.

Au terme du scrutin et de l’installation du nouveau maire, Dr Moron Sidibé a fustigé le déroulement de cette élection. Il a notamment cité le nombre élevé de procurations et le remplacement de plusieurs conseillers. « Il y a trois conseillers qui ont été remplacés. Ce sont Fodé Condé, Mamady Fana Camara et Sékou Camara, muté avant les élections. Ils étaient quand même présents. Donc, ils n’ont pas perdu leur statut de conseillers, mais on les a fait remplacer par d’autres personnes », a-t-il dit.

Poursuivant ses analyses, celui qui avait remporté les primaires du RPG avant de se voir désavoué par les responsables du parti au profit de Mory Kolofon Diakité, dit que plusieurs conseillers ont été empêchés d’avoir accès à la salle. « Il y a eu des conseillers qui se sont présentés. Mais, on ne les a pas laissé rentrer pour cause de procuration. Ce sont Aboubacar Sidiki Condé, Oumar Kaba et Mme Doussougbè Chérif. Ils étaient présents ce matin, on leur a dit qu’ils avaient signé des procurations. Ces procurations étaient dans des enveloppes, mais n’étaient apparemment pas validées par la justice. Il y avait eu une dizaine de procurations. Donc, on se sait pas pourquoi il y a eu trop de procurations », s’est-il interrogé.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Siguiri : un incendie fait des dégâts dans une station service au quartier Kourodakörö 2

13 février 2019 à 21 09 07 02072

Un incendie s’est déclaré dans une station service ce mercredi, 13 février 2019, aux environs de 16 heures, dans le quartier Kourodakörö2, dans la commune urbaine de Siguiri. Deux groupes électrogènes qui alimentaient la station ont été calcinés ainsi que la supérette, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

C’est une station service, appartenant à feu Elhadj Demba Koulibaly, implantée au centre ville à 10 mètres de la gare routière de Bouré, à 30 mètres d’une autre station service, qui a pris feu. Selon nos informations, un court circuit du groupe électrogène de la station serait à l’origine du drame.

Interrogé, Ibrahima Khalil Koita, le gérant de la station, est revenu sur les faits. « C’est le groupe qui alimente notre station qui a fait un court-cuit. Heureusement pour nous que les cuves n’ont pas pris feu. Mais, deux (2) groupes électrogènes qui alimentaient la station sont partis en fumée. La petite supérette a été consumée par le feu. Grâce au concours des voisins, le feu a été maîtrisé ».

Aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, mais les dégâts matériels sont énormes.

De Siguiri, Bérété Lanceï Condé pour Guineematin.com

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INTEGRA : Programme d’Appui à l’Intégration Socio-Economique des Jeunes

13 février 2019 à 17 05 45 02452
Lansana Komara

Un atelier de planification opérationnelle des activités 2019 d’INTEGRA-GIZ s’est ouvert ce mercredi, 13 février 2019, à Conakry. Un programme cofinancé par l’Union européenne et la Coopération allemande. La rencontre a été présidée par le ministre de l’Enseignement technique, de la formation professionnelle, de l’Emploi et du Travail, Lansana Komara, en présence du chef de la Délégation de l’Union européenne en Guinée, l’ambassadeur Josep Coll, du chargé d’affaires à l’ambassade d’Allemagne en Guinée, Frank Lütje, ainsi que de plusieurs invités, a constaté un reporter que Guineematin.com a dépêché sur place.

Paul GLAUSE

Dans son discours de bienvenue, Paul GLAUSE, responsable d’exécution, de la formation professionnelle et de la promotion de l’entrepreneuriat (GIZ-PEB, INTEGRA) au niveau de la GIZ, a insisté sur la nécessité de démarrer les travaux du programme qui sera axé sur la préparation à la vie professionnelle dans les écoles, les qualifications professionnelles de courte durée dans les centres d’apprentissage et la promotion de l’entrepreneuriat et de la formation des jeunes entrepreneurs.

Frank Lütje

De son côté, Frank Lütje, chargé d’affaires et premier secrétaire à l’ambassade de l’Allemagne en Guinée, s’est dit très heureux d’être au démarrage du programme INTEGRA qui est en train de se concrétiser. « En Guinée, les jeunes représentent un grand potentiel pour leur propre vie professionnelle. C’est ce qu’il faut promouvoir », a-t-il indiqué. Il a en outre rappelé que la coopération allemande est en Guinée depuis les années 1980 et qu’elle a toujours coopéré avec les autorités guinéennes dans plusieurs domaines.

Josep Coll

Pour sa part, l’ambassadeur de l’Union européenne en Guinée, Josep Coll, a indiqué que le but visé par ce programme consiste à mettre en œuvre des activités devant aider la jeunesse guinéenne à se réintégrer. « Le programme parle de réintégration et non d’intégration parce que ces jeunes ont entendu les chants, les sirènes de partir ailleurs. Parfois, ça n’a pas réussi et ils reviennent. Ces jeunes doivent être accueillis, encadrés et aidés pour qu’ils trouvent leur voie ici dans le pays », a expliqué l’ambassadeur. Pour Josep Coll, c’est un peu la contribution de l’Union européenne, à travers l’agence GIZ, dans ce combat.

Lansana Komara

Prenant la parole, le ministre de l’Enseignement technique, de la Formation Professionnelle, de l’Emploi et du Travail, Lansana Komara, a remercié l’ensemble des partenaires, notamment la GIZ « qui est toujours aux côtés de la Guinée pour la résolution des problèmes liés à la formation des jeunes et à leur intégration. Au niveau de l’Enseignement technique et de formation professionnelle, il y a des écoles où nous avons un taux de déperdition extrêmement élevé. A ce niveau, ce programme va nous aider à récupérer les jeunes pour une insertion sociale pour qu’ils soient utiles à eux-mêmes, mais aussi à la nation », s’est réjoui le ministre.

Il a fait remarquer que l’Enseignement technique offre plusieurs possibilités aux jeunes, notamment l’auto-emploi. « Avec ce programme, il y a un point qui est axé sur l’entrepreneuriat. Donc, il peut s’auto-employer comme il peut être employé par les entreprises privées ou bien par l’Etat. Nous disons à nos partenaires que nous sommes à leur disposition jour et nuit pour faire en sorte que le projet réussisse », a promis le ministre Lansana Komara.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Contestation de l’élection du maire de Matoto : le tribunal suspend les débats

13 février 2019 à 17 05 27 02272

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, le principal parti de l’opposition guinéenne a porté au tribunal de Mafanco la contestation de l’élection de Mamadouba Toss Camara comme nouveau maire de la commune de Matoto. Après plusieurs heures de débats, le tribunal de première instance a suspendu les débats jusqu’à demain, jeudi, rapporte les journalistes de Guineematin.com qui sont sur place.

Imposé à travers un simulacre vote sous haute sécurité et à l’absence des médias, le jeudi dernier, 07 février 2019, à la tête de la plus grande commune du pays par la puissance publique, Mamadouba Toss Camara est aujourd’hui contraint de défendre sa légitimité devant le tribunal de première instance de Mafanco. Son « élection » est attaquée par l’UFDG, la principale formation politique de l’opposition guinéenne qui tient à récupérer une mairie que ce parti jure avoir légalement gagné par le vote du 15 décembre 2018 dont les images ont fait le tour du monde. Un vote qui sera d’ailleurs interrompu par un cadre du RPG arc-en-ciel, le parti au pouvoir. Voyant son candidat perdre la mairie et son parti aussi qui risquait de perdre les autres postes électifs, Moussa Kéita a fait irruption pour déchirer les bulletins du RPG arc-en-ciel. Même s’il a été arrêté et confié à la police, étant du régime, il sera libéré et aurait même été exfiltré pour ne pas répondre de ses actes…

Après cette perturbation volontaire du processus, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation annoncera une annulation de cette élection. Mais, la Cour Suprême avait dénoncé cette intrusion du ministre Boureima Condé, jugeant qu’il n’en avait pas le droit. On connaît la suite…

Bref, à travers la décision du tribunal attendu demain, jeudi 14 février 2019, on connaîtra normalement de quel côté se situera la justice guinéenne, entre le droit et la volonté politique des dirigeants actuels, qui tiennent à faire gagner le parti présidentiel…

A suivre !

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Marée jaune à la mairie de Kankan : le RPG rafle tout !

13 février 2019 à 16 04 39 02392

Le RPG Arc-en-ciel a remporté, sans surprise, l’élection de l’exécutif communal de Kankan, organisée ce mercredi, 13 février 2019. Le parti au pouvoir qui est largement majoritaire dans cette mairie, a raflé tous les postes qui étaient en jeu, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

C’est un bureau 100% RPG Arc-en-ciel qui a été mis en place par les conseillers communaux de Kankan. L’élection s’est déroulée à huis clos, mais la presse a été invitée à assister à la proclamation des résultats qui a eu lieu dans la salle de délibération de la mairie. Des résultats qui se présentent ainsi qu’il suit :

Maire : Mory Diakité, alias Kolofon du RPG arc-en-ciel avec 24 voix ;

Premier vice-maire : Sékou 1 Kaba du RPG arc-en-ciel avec 28 voix ;

Deuxième vice-maire : Elhadj Salimou Tounkara du RPG arc-en-ciel) : 33 voix ;

Troisième vice maire : Mamady Kourouma, (RPG Arc-en-ciel) : 29 voix ;

Quatrième vice-maire : Aminata Doumbouya, (RPG Arc-en-ciel) : 26 voix ;

Cinquième vice-maire : Mamadi Sacko, (RPG Arc-en-ciel) : 22 voix.

Le nouveau maire de Kankan

Après la proclamation des résultats, Mory Diakité alias Kolofon a tenu son premier discours, dans lequel il a invité les 41 conseillers à l’union et au travail pour que Kankan puisse aller de l’avant. « C’est une opportunité pour nous de remercier l’ensemble des populations de Kankan pour nous avoir fait confiance. Au nom des 41 conseillers, nous remercions les partis politiques, les militants, les responsables, la population de Kankan, la notabilité, les imams et toutes les confessions religieuses. Dans un premier temps, il faut un rassemblement, c’est dans ça que Kankan peut aller de l’avant. Je demande à tout un chacun de resserrer les rangs, de se donner la main, dans l’intérêt supérieur de Kankan. On n’y arrivera jamais sans l’entente, la paix, la cohésion sociale et le travail », a lancé le nouveau maire de Kankan.

Finalement, Mory Diakité a été installé dans ses nouvelles fonctions par le Préfet de Kankan, Aziz Diop, qui a présidé la séance. Le nouveau maire devrait immédiatement bouger de Kankan pour Conakry, où s’ouvre demain, jeudi 14 février 2019, une rencontre des élus locaux et des administrateurs territoriaux du pays, à l’initiative du Gouvernement guinéen.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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4ème journée de la LDC africaine : 4 joueurs du Horoya dans l’équipe type de la CAF

13 février 2019 à 16 04 23 02232

Auteur d’un grand match face au Platinum FC hier, mardi 12 février 2019, le Horoya AC de Conakry s’offre une part belle dans l’équipe type de la quatrième journée de la ligue des champions africaine. Quatre joueurs de l’équipe guinéenne se retrouvent dans la liste des 11 joueurs les plus performants de cette journée, publiée ce mercredi par la CAF, a appris Guineematin.com, à travers un de ses journalistes.

Khadim N’Diaye

Auteur de belles parades et de plusieurs interceptions, le gardien du Horoya a su garder ses cages inviolables, malgré les tentatives des joueurs zimbabwéens. Grâce à sa bonne prestation, l’international sénégalais a été l’un des grands artisans de la victoire (2-0) de l’équipe guinéenne devant son adversaire du Zimbabwé. Ce qui lui permet d’être désigné par la CAF comme étant le meilleur gardien de cette 4ème journée de la ligue des champions africaine.

Yakubu Hubu

C’est sans doute l’homme du match qui a opposé le Horoya au Platinum. En plus de contrer les velléités offensives de l’équipe adverse, le latéral gauche nigérian a joué un rôle offensif inestimable au stade du 28 septembre de Conakry. Passeur décisif sur le premier but du Horoya, il a fait le break pour son équipe avec un somptueux but depuis le point de corner. Il se retrouve logiquement dans le 11 type de la CAF pour cette journée.

Bafour Kei Sebe

Le Ghanéen a été la pièce maîtresse et l’équilibre du milieu du Horoya. Ce qui a permis au champion de Guinée d’empêcher son adversaire de bien construire son jeu. La prestation de Sebe a retenu les attentions des dirigeants du football africain et il se retrouve donc dans le milieu à 4 concocté par la CAF.

Ocansey Mandela

Crédité également d’un grand match face au Platinum FC, le capitaine du Horoya est l’un des attaquants choisis par l’instance dirigeante du football africain dans l’équipe de cette 4ème journée de la ligue des champions. Il est notamment l’auteur de l’ouverture du score de son équipe, mardi soir. Un but libérateur pour les rouge et blanc de Matam et pour le stade du 28 septembre de Conakry.

Abdoul Aziz Sow pour Guineematin.com

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Guinée : deux ministres s’associent pour promouvoir le don de sang

13 février 2019 à 16 04 14 02142

Donner du sang, c’est sauver des vies. C’est ce slogan qui a inspiré deux ministres de la République à initier une campagne de don de sang. Il s’agit de Mouctar Diallo, ministre de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes et son collègue Abdoulaye Yéro Baldé, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Le coup d’envoi de cette campagne de don de sang a été donné ce mercredi, 13 février 2019, à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Ce sont les deux initiateurs de la campagne qui ont donné le ton. Mouctar Diallo et Abdoulaye Yéro Baldé ont donné, chacun, une poche de sang, avant de laisser le soin aux étudiants de poursuivre l’activité.

Selon le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, « nous avons initié une campagne de don de sang pour contribuer à sauver des vies. C’est pour donner un signe fort, lancer un appel à l’ensemble des citoyens, à toutes les populations de donner de leur sang pour résoudre ce problème criard de déficit de sang dans nos hôpitaux. A cause du manque de poches de sang dans les hôpitaux, beaucoup de personnes meurent, beaucoup de malades ont besoin de sang. C’est pour cela, étant des ministres citoyens, étant un gouvernement citoyen, nous avons donc commencé cette campagne par l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Vous avez constaté, le ministre de l’Enseignement Supérieur Abdoulaye Yéro Baldé et moi-même, nous avons commencé avec des étudiants à donner du sang. C’est non seulement pour résoudre le problème grave de déficit de poches de sang dans nos hôpitaux pour sauver des vies, mais aussi donner l’exemple », a dit Mouctar Diallo.

Abdoulaye Yéro Baldé

Abondant dans le même sens, Abdoulaye Yéro Baldé, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, a indiqué que « c’est un acte humanitaire. Vous savez, il y a un besoin énorme de sang dans nos hôpitaux, dans nos structures sanitaires, et le déficit fait qu’il y a beaucoup de décès par manque de ce sang-là. Donc pour nous, au-delà de l’acte humanitaire, c’est aussi un acte citoyen et je crois que chaque citoyen doit pouvoir donner son sang au moins une fois par an pour que les Guinéens ne meurent pas par manque de sang. J’encourage aussi les étudiants qui ont fait le déplacement pour poser leur acte citoyen et ça donne une nouvelle envergure à nos universités. Parce que ce n’est pas simplement venir y étudier et repartir, mais aussi un étudiant doit être un exemple au sein de la société. Et après Gamal, nous allons consulter le centre national de transfusion sanguine dans les délais possibles pour aller dans d’autres universités, aller vers d’autres étudiants, les enseignants pour qu’ils donnent leur sang », a annoncé Abdoulaye Yéro Baldé.

Dr Yves Nyankoye Haba

De son côté, Dr Yves Nyankoye Haba, directeur général du centre national de transfusion sanguine, a salué cette initiative entreprise par les deux ministres.

« C’est une grande ouverture, puisque voir deux ministres de la République se prêter au don de sang, un acte qui n’est pas reconnu par la majorité de la population, va apporter un déclic, un changement d’attitude, une plus grande compréhension des besoins du pays en matière de don de sang. Nous couvrons l’ensemble de la population guinéenne. Donc, ce qu’il faut pour couvrir l’ensemble des besoins du pays, en une année, il faut au minimum 110 mille dons. Nous sommes aux environs de 60 mille annuellement, ce qui fait un déficit de 40 mille. Les 60 mille dons qui sont collectés, c’est à majorité auprès des parents des patients bénéficiaires. Or, ça devait provenir à 100% des volontaires », a-t-il confié.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Affaire commune de Matoto : les avocats de Toss dénoncent un vice de forme

13 février 2019 à 15 03 36 02362
Mamadouba Toss Camara, maire contesté de la commune de Ratoma

Les débats dans le dossier opposant Kalémodou Yansané et Mamadouba Toss Camara pour la mairie de Matoto se poursuivent au tribunal de Mafanco. Après les exposés des avocats de Kalémodou, c’est autour de ceux de Toss Camara de développer leurs arguments, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Successivement, maîtres Sékou Kourala Keita et Bernard Saa Dissy Millimouno, avocats de. Toss ont essayé de démontrer des vices de forme dans cette procédure. Selon maître Millimouno, la citation à comparaître servie à Mamadouba Toss Camara date d’hier mardi, 12 février. Il est indiqué que Toss est attendu ce mercredi à la barre du tribunal de Mafanco.

Devant cet état de fait, l’avocat soutient que la loi a été violée. Par conséquent, il demande au tribunal de la citation à comparaître nulle et de faire de même pour la procédure.

Les débats se poursuivent.

Alpha Mamadou Diallo depuis le TPI de Mafanco pour Guineematin.com

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Opérationnalisation des maisons de justice : plusieurs équipements remis au ministère de la Justice

13 février 2019 à 14 02 15 02152

Dans le but de rendre opérationnelle les maisons de justice en Guinée, notamment Kindia, Labé et Kankan, le projet « Partenaires pour l’accès à la justice en Guinée » a offert un important lot d’équipements et de matériels de bureaux au ministère de la Justice.

La cérémonie de remise s’est déroulée hier, mardi 12 février 2019, au département de la justice en présence du ministre, Cheick Sako, du chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis, Huque Osier, ainsi que plusieurs autres personnalités, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Ce sont entre autres des outils pédagogiques (bibliothèques, boîtes à images et des flyers) qui ont été remis au ministre de la justice. Un don qui s’inscrit dans le cadre du projet « Partenaires pour l’accès à la justice en Guinée : l’opérationnalisation des maisons de justice », financé par le Département d’Etat américain.

Sib Harkité HIPPOLYTE

Dans son discours de circonstance, Sib Harkité HIPPOLYTE, coordinateur du projet CONGINTA, a expliqué que le projet mis en œuvre par Partner Global, CONGINTA et le CECIDE, en collaboration avec la direction nationale de l’accès au droit et à la justice, a consisté au renforcement des capacités du personnel (coordinateur, médiateur et conciliateur) recruté pour animer les maisons de justice.

«La remise de ces équipements permettra aux animateurs des maisons de justice de faire leur travail dans des conditions optimales, afin de répondre aux attentes des populations guinéennes en matière de droit et d’accès à la justice », a indiqué monsieur HIPPOLYTE. Il a rappelé que ce projet qui est financé à hauteur d’un million de dollars, a débuté au mois d’août 2017 pour une période de deux ans.

Huque Osier

Pour sa part, le chargé d’affaires à l’ambassade des Etats-Unis en Guinée, monsieur Huque Osier, a, au nom du gouvernement américain, remercié le ministre de la justice pour ses efforts en faveur de l’opérationnalisation des maisons de justice. Pour lui, la justice de proximité occupe une place prépondérante dans les dispositifs judiciaires en Guinée. Une volonté qui découle, dit-il, de la coopération et de l’amitié entre les gouvernements guinéen et américain à œuvrer pour l’Etat de droit en Guinée.

« Il s’agit surtout de restaurer le dialogue, le rapprochement entre la justice et les justifiables, surtout dans les régions de l’intérieur du pays. Nous pensons qu’après la rénovation et la formation, ces équipements favoriseront un climat de travail adéquat, un environnement sain, approprié aux maisons de justice, afin qu’elles puissent s’étendre à la satisfaction des populations », a dit le diplomate américain.

Cheick Sako

Dans son discours réponse, le ministre de la Justice, Me Cheick Sako, a remercié les donateurs et la coopération entre la Guinée et l’ambassade des Etats-Unis. Il a promis qu’en dehors de Kindia, Labé et Kankan, d’autres sites, notamment N’Zérékoré, Conakry, Boké et pourquoi pas les préfectures seront aussi dotés de maisons de justice.

D’ailleurs, le ministre a profité de l’occasion pour lancer un appel à l’endroit du gouverneur de N’Zérékoré et celui de Conakry, leur demandant de livrer les locaux devant abriter ces maisons de justice dans leurs zones de juridiction. Quant aux équipements mis à sa disposition, le garde des sceaux a promis qu’ils seront judicieusement utilisés au profit des populations.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Aboubacar Camara : « sans les médias, il n’y a ni démocratie, ni développement »

13 février 2019 à 14 02 05 02052

Comme annoncé précédemment, la Guinée, à l’’image des autres pays du monde, célèbre ce mercredi, 13 février 2019, la journée mondiale de la radio. Une occasion de célébrer le médium puissant qu’est la radio et son impact sur la vie des populations.

A cette occasion, Guineematin.com donne la parole à certaines personnalités guinéennes qui évoluent dans le secteur, dont Aboubacar Camara, directeur général du groupe Gangan et secrétaire général de l’Union des Radios et Télévisions Libres de Guinée (URTELGUI). Avec lui, nous avons parlé de l’importance de la radio, mais aussi de ses défis et perspectives dans notre pays.

Décryptage !

Guineematin.com : l’humanité célèbre ce mercredi, 13 février 2019, la 8ème édition de la journée mondiale de la radio. Que représente cette journée pour vous en tant que responsable de radio ?

Aboubacar Camara : merci d’abord pour l’invitation. Effectivement, l’humanité célèbre, ce 13 février 2019, la 8ème édition de la journée mondiale de la radio. Cette journée doit être mise à profit par tous les professionnels de la communication dans le domaine de la radio, pour magnifier la radio, pour promouvoir la radio, pour informer, sensibiliser les populations sur la radio, sur l’importance de la radio, sur l’impact de la radio sur la vie au quotidien des populations, surtout celles qui sont très isolées, mais aussi des populations jeunes, mais aussi des handicapés. Vous savez, la radio est un moyen de communication à faible coût.

Elle permet de toucher les populations les plus reculées, comme je le disais, des populations qui sont isolées des grandes villes. Donc aujourd’hui, qui parle de la radio, parle surtout de la mondialisation ; qui parle de la radio, parle de la démocratisation de l’information ; et qui parle de la radio, parle de l’interactivité qui existe entre les citoyens mais aussi les décideurs. Donc aujourd’hui, nul besoin de trop parler de l’importance de la radio dans le paysage du monde. C’est pourquoi justement, cette journée a été instituée par l’UNESCO en vue de magnifier, en vue de donner le pouvoir et de donner la grandeur à la radio.

Guineematin.com : qu’est-ce que l’URTELGUI compte faire à l’occasion de cette journée de célébration de la radio ?

Aboubacar Camara : l’Union des Radios et Télévisions Libres de Guinée a toujours célébré cette journée, malgré les conditions très difficiles que nous avons toujours eues dans ces moments. Et cette journée qui va être célébrée aujourd’hui, nous sommes en train de travailler sur un certain nombre de choses à l’interne. Vous n’êtes pas sans savoir que les médias en général en Guinée traversent actuellement des moments très difficiles, et l’URTELGUI n’est pas en marge de cette réalité. Donc, il y a déjà un discours qui est prêt, qu’on va diffuser. Et, ce discours justement, va permettre aux promoteurs de radios, parce qu’aujourd’hui, il n’est pas facile de créer une radio, tant les coûts sont élevés, mais tant aussi les réalités socio-économiques de notre pays s’avèrent de plus en plus difficiles. Donc dans ce discours, on va surtout s’adresser aux promoteurs de radios, pour leur dire de prendre courage.

Parce que nous savons, en tant que membres de l’URTELGUI en amont, mais aussi en aval, directeurs de médias, nous savons les difficultés que les gens traversent. Donc d’abord, il faut les soutenir, magnifier le travail qu’ils sont en train de faire et leur dire de continuer dans ce sens-là. Parce que nous sommes un maillon très fort de la démocratie, nous sommes un moyen de démocratisation de l’information, de la parole. Nous sommes cette entité qui permet aux personnes qui n’ont pas été à l’école, de justement connaître ce qui se passe dans le monde, qui se passe dans leur pays et ce qui se passe même dans leur contrée. C’est pour dire combien de fois la radio, elle est importante.

Donc, au-delà de ces activités, en termes de discours que nous avons préparées, il y a aussi certaines informations qu’on va distiller, liées à notre union. Nous allons parler de la subvention et d’autres réalités aussi. Vous savez, cette journée doit être mise à profit pour parler aussi des côtés positifs de la radio, ce que la radio apporte aux sociétés pour justement interpeller les pouvoirs publics sur l’importance de la radio. Et, prendre à bras le corps cette entité, ce médium qu’on peut écouter en dansant, en chantant, en faisant n’importe quelle activité, de quelle que nature qu’elle soit.

Mais au-delà de tout ce qu’on vient dire, au de-là du bon discours que l’UNESCO vient de faire, au-delà du discours même du secrétaire général des Nations Unies, pour interpeller la conscience des dirigeants sur la radio, il est important de souligner qu’en Guinée, très malheureusement, le tableau est peint en noir. Parce que tout simplement, les radios sont dans une discrimination qui ne dit pas son nom. Les radios sont dans des problèmes qu’on ne peut pas dénombrer à ce jour. Et quand on nous pose la question, en Guinée, aujourd’hui, est-ce que les autorités guinéennes ont un problème avec la presse, avec les radios ? Je dis oui. Et quand on me demande est-ce que ce problème est grand ? Je dis oui, oui. Est-ce que ce problème est foncièrement grand ? Je dis oui, oui et oui. En Guinée, nous avons un réel problème.

Les autorités d’en face ont du mal à s’approprier de l’importance, de l’impact positif de la radio sur les populations. Donc, il est très important que nous profitions de cette journée, mais aussi de parler de ces difficultés que nous traversons en longueur de journée dans l’exercice justement de ce métier noble à travers lequel justement on joue la radio.

Guineematin.com : au nombre de ces difficultés justement, il y a le fait que les journalistes subissent souvent des discriminations, parfois même des exactions comme ce qui s’est passé à l’escadron mobile n°3 de Matam, où des journalistes ont été violentés, certains blessés par des gendarmes. D’autres sont trimballés devant la justice où ils sont condamnés. Au-delà des dénonciations, qu’est-ce que l’URTELGUI compte faire justement pour parer à cela ?

Aboubacar Camara : vous savez, l’URTELGUI alloue un très grand espace en termes de considération aux journalistes, aux techniciens, à tout le personnel des médias. Parce que vous savez que les journalistes, les techniciens et autres, sont pour les radios ce qu’est un système d’exploitation pour une machine. Vous savez, on considère la machine comme la radio. Mais, lorsqu’il n’y a pas un système d’exploitation qui permet de donner vie à cette machine, elle peut être une belle machine, mais ne servira que de décor à la maison. Donc, les journalistes sont ce système d’exploitation pour la radio. Sans journaliste, sans animateur, sans technicien, on ne peut parler de la radio. Donc, c’est pour dire que l’URTELGUI est sensible à toutes ces difficultés que les journalistes traversent aujourd’hui dans l’exercice de leur métier.

Et les derniers cas en date, comme vous l’avez rappelé, on a déjà un dossier pendant au niveau de la cour d’Appel de Conakry, qui n’est pas encore passé au procès. Donc, il est important aujourd’hui de mettre cette occasion à profit pour dire aux autorités, que nous ne pouvons pas laisser ce dossier, nous ne pouvons pas laisser ces exactions qui ont été commises sur les journalistes à un moment donné dans l’exercice de leur métier. Ces journalistes qui ont été roués de coups, qui ont été insultés, qui ont été bafoués dans leurs droits, mais aussi qui ont été touchés dans leur dignité, et tout cela pour servir dignement leur nation, parce qu’ils ont décidé d’être ces gens-là. Au moment où les gens sont sous la climatisation, eux, ils ont décidé d’être sous le chaud soleil pour aller recueillir les informations, les traiter, afin de les mettre à la disposition de la masse populaire.

Je crois que ces gens, si on n’a rien à leur donner, on doit leur accorder le maximum de respect. Parce que c’est un métier noble, c’est un métier qui ne fait pas de quelqu’un riche, mais les gens qui sont dans ce métier, c’est des gens qui ont décidé de se sacrifier pour les sociétés, qui ont décidé de se sacrifier pour la nation. Parce qu’il est très difficile de voir un journaliste milliardaire ou un patron de médias milliardaire dans ce métier. Donc tout ça s’inscrit dans un registre très sobre, à l’actif du gouvernement, à l’actif du pouvoir en place. Et il faut oser le dire et que cela soit inscrit désormais sur le frontiste de l’histoire de notre pays, que ces cinq dernières années, la presse guinéenne a passé les pires moments de son existence.

Moi en tout cas, depuis que je suis venu dans ce métier, les moments que je traverse maintenant, en termes de difficultés, je crois que c’est des moments qui sont inouïes. Et, c’est des moments qui provoquent l’ire de tout bon citoyen, de tout individu qui veut l’émancipation de la démocratie, qui veut que la démocratie soit pérenne, soit une réalité dans notre pays. Aujourd’hui, il faut que les citoyens comprennent le cri de cœur de la presse, le cri de cœur de la radio, le cri de cœur des sites internet et autres. Parce que nous sommes un maillon fort, nous sommes l’ossature, nous sommes la pierre angulaire du développement. Sans la presse, on ne peut pas parler du développement, on ne peut pas parler de démocratie, on ne peut pas parler de liberté d’expression dans notre pays.

Guineematin.com : aujourd’hui, la radio, qui était il y a quelques années le seul véritablement moyen d’information en Guinée, est sérieusement concurrencée par la télévision et les sites internet, mais également les réseaux sociaux. Quels sont les défis actuels de la radio, selon vous ?

Aboubacar Camara : les défis sont nombreux. On a l’impression qu’il y a un choc qui se prépare. Il y a les sites internet qui migrent, qui insèrent des pages pour la radio et la radio qui émet justement en FM, c’est-à-dire en modulation de fréquence. Donc, c’est pour dire que ça va être aussi l’occasion pour interpeller les promoteurs de médias, à aller vers les nouvelles technologies de l’information et de la communication, à faire en sorte que le médium soit adapté aux réalités du moment. Parce que c’est la radio qui doit aujourd’hui s’adapter à l’évolution de la science et de la technologie et non le contraire. Donc, pour que nous puissions vivre longtemps, on a déjà vécu longtemps, mais pour que cela soit de façon continuelle, je crois qu’on doit aller vers l’adaptation de nos moyens de communication vers les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Tribunal de Mafanco : début de l’examen du contentieux électoral sur la mairie de la Matoto

13 février 2019 à 14 02 03 02032
Mamadouba Toss Camara, maire contesté de Matoto

Le dossier opposant Kalémodou Yansané de l’UFDG, se disant maire élu de la commune de Matoto, et Mamadouba Toss Camara, se disant également élu de la même mairie, est en cours de jugement ce mercredi 13 février 2019. Kalémodou Yansané, par la voie de ses avocats, a saisi le TPI de Mafanco pour annuler l’élection de Toss intervenue le 07 février dernier, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est l’avocat du demandeur, maître Salifou Béavogui, qui a été le premier à prendre la parole. Il est entrain en ce moment (13 heures 28’) de rappeler les faits. Il s’agit notamment des évènements qui ont entouré le vote du 15 décembre 2018, la perturbation du vote par un certain Bala Moussa Keita, du RPG ARC-EN-CIEL.

Plus loin, maître Béa est revenu sur l’annulation du vote par le ministre de l’administration du territoire, Boureima Condé.

L’avocat continue d’argumenter pour chercher à convaincre la présidente du tribunal, Djeynabou Donghol Diallo du bien-fondé de la requête aux fins d’annulation de l’élection de Mamadouba Toss Camara le 07 février dernier.
On note la présence dans la salle des avocats du Toss Camara.

A suivre !

Alpha Mamadou Diallo depuis le TPI de Mafanco pour Guineemtin.com

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Siguiri: des militants du RPG s’affrontement pour le contrôle de la mairie de Norassoba

13 février 2019 à 13 01 27 02272

Deux camps opposés du RPG Arc-en-ciel, le parti au pouvoir en Guinée, se sont affrontés ce mercredi, 13 février 2019, dans la commune rurale de Norassoba, préfecture de Siguiri. Les deux camps se battent pour le contrôle de la mairie. Deux personnes ont été prises en otages, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Deux groupes rivaux, favorables pour les uns à l’ancien maire de la commune rurale, pour les autres au nouvel élu, s’affrontent à Norassoba. Le camp de Kanimadjan Doumbouya, l’ex maire et conseiller élu du RPG, n’est pas en odeur de sainteté avec celui de Karifa Karin Doumbouya, le maire élu.

Selon nos informations, hier mardi après l’installation du bureau exécutif conduit par Karifa Karin Doumbouya, le camp adverse a pris d’assaut les locaux de la mairie.

Interrogé sur cette question, Karifa Karin Doumbouya est revenu sur ce qui s’est passé. « Après notre installation hier, certains jeunes du parti, et qui se réclament comme les fans de l’ancien maire, sont venus nous jeter des cailloux. Ils disaient qu’ils vont détruire les locaux de la mairie si Kanimadjan Doumbouya n’est pas installé comme maire. Ce sont des jeunes du RPG, nous sommes tous du RPG. Kanimadjan s’est présenté pendant l’élection du bureau exécutif pour être maire, il a été battu. Il s’était encore présenté pour être vice maire, il a été battu. Nous n’avons pas fermé les yeux, pendant toute la nuit d’hier. Des jeunes armés tentaient de détruire les locaux de la mairie. Ce matin, plus de 500 jeunes, tous armés, sont venus pour nous agresser. Mais, nous avons pris deux parmi eux. Le sous-préfet nous a demandé de les lui remettre, mais nous refusons », a lancé le nouveau maire.

Toutes nos tentatives pour joindre le Kanimadjan Doumbouya sont restées vaines.

Il faut signaler c’est la deuxième fois que les deux camps s’affrontent à Norassoba. Pour la dernière fois, les manifestants ont tabassé un élu de l’UFDG qu’ils accusaient de soutenir le maire Karifa Karin Doumbouya.

De Siguiri, Bérété Lanceï Condé pour Guineematin.com

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Groupe C : le Horoya récidive face à Platinum et se repositionne

13 février 2019 à 11 11 56 02562

La quatrième journée des matches de poule de la Ligue africaine des Champions de football s’est disputée hier, mardi 12 février 2019. A domicile, le Horoya de Conakry a dominé le champion du Zimbabwe et se repositionne dans le groupe C. Le club de Matam l’a emporté sur le score de deux à zéro face au Platinum FC, au stade du 28 septembre, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Après l’avoir emporté lors de la 3ème journée à Bulawayo, au Zimbabwe, le Horoya se devait de confirmer sa victoire acquise en déplacement. Le champion de Guinée en titre a récidivé devant son adversaire et reprend la deuxième place de son groupe.

Le Horoya a timidement démarré la partie en commettant beaucoup de fautes dans sa propre zone. Il a fallu attende la 21ème minute pour que le club de Matam se procure sa première occasion dans ce match par l’entremise de son capitaine, Ocansey Mandela. Quelques minutes plus tard, le gardien du Platinum, Petros Mahri, intercepte une passe d’Ocansey Mandela pour Boniface Haba.

À la 32ème minute, Lawrence Mhlanga écope du premier carton jaune de la rencontre suite à une faute commise sur l’attaquant du Horoya, Boniface Haba. Trois minutes plus tard, Dieudonné Eondé alerte pour la première fois le gardien du Horoya, Khadim N’Diaye. Le score sera de 0 à 0.

En seconde période, le Horoya AC ouvre le score par l’inévitable Ocansey Mandela à la 57ème minute sur un joli coup de tête.

A la 75ème minute, le Horoya a failli se faire rattraper sur une phase arrêtée du Platinum, alors que la défense du Horoya est restée statique. Dans la foulée, le Horoya va doubler la mise sur un tir sec en pleine lucarne du défenseur, Yakubu Hubu. Le Platinum FC va pousser mais sans jamais parvenir à réduire le score.

Avec cette victoire, le Horoya empoche les 3 points de la victoire et revient à la deuxième place avec 7 points, derrière l’Espérance de Tunis qui a une longueur d’avance. En effet, les tunisiens s’étaient imposés plus tôt face aux Sud-africains des Orlando Pirates sur le même score.

Orlando Pirates cale à la 3ème place avec 5 points alors que le Platinum FC est bon dernier avec un seul petit point.

Pour la prochaine journée, le 08 mars 2019, le Horoya sera en déplacement à Tunis pour croiser le fer avec l’Espérance. Au même moment, Platinum FC aura fort à faire à Soweto face aux Orlando Pirates.

Abdoul Aziz Sow pour Guineematin.com

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Election de l’exécutif communal de Kankan : l’accès interdit à la presse, la sécurité de mise

13 février 2019 à 11 11 33 02332

Comme nous l’avons annoncé précédemment, l’élection de l’exécutif de la mairie de Kankan aura lieu ce mercredi, 13 février 2019. Et, cette élection, très attendue, se tiendra à huis clos comme ce fut le cas la semaine dernière à Matoto (Conakry), a appris le correspondant de Guineematin.com sur place.

C’est enfin le jour tant attendu à Kankan. Les conseillers communaux, élus il y a plus d’une année (le 04 février 2018), seront installés ce mercredi. Une installation qui sera marquée par l’élection des membres du bureau exécutif du conseil communal. Et, cette élection se tiendra, vraisemblablement à huis clos et sous haute sécurité.

Tôt le matin, un important dispositif sécuritaire a été déployé aux alentours de la mairie où se tient l’élection. Un gendarme, approché par le correspondant de Guineematin.com à Kankan, a confié qu’ils ont reçu pour consigne de ne laisser entrer dans la cour de la mairie que les conseillers élus et les officiels. Une information confirmée par le Préfet, Aziz Diop.

Seulement, une source qui a requis l’anonymat indique que certains conseillers du RPG Arc-en-ciel n’ont pas reçu les badges d’accès qui ont distribués aux élus. Notre interlocuteur redoute ainsi une substitution de certains conseillers par des personnes non élues qui iront voter à leur place.

Certains expliquent cet état des faits par le fait le parti au pouvoir n’a pas trouvé le consensus autour de son candidat à la mairie, Mory Kolofon Diakité. Dr Moro Mandiouf Sidibé compterait aussi briguer le même poste. On risque donc de se retrouver avec deux candidats venant du même camp. L’opposition, minoritaire à la mairie de Kankan, compte d’ailleurs profiter de cette situation pour tenter de se faire une place au sein du bureau exécutif de la mairie.

Pour l’heure, le suspense reste donc entier à Kankan. Plusieurs citoyens, habillés aux couleurs du RPG Arc-en-ciel, se sont rassemblés aux alentours de la mairie pour attendre le résultat de cette élection.

A suivre !

De Kankan, Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com

Tél. : 00 224 627 24 13 24

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Tribunal de N’zérékoré : 248 affaires, dont 41 dossiers criminels, traitées en 2018

13 février 2019 à 11 11 03 02032

Le Tribunal de Première Instance (TPI) de N’zérékoré a organisé, ce mardi, 12 février 2018, une rencontre d’échange d’idées entre les acteurs de la chaîne pénale, les chefs de quartiers, les responsables sanitaires, les syndicats de transports ainsi que la société civile. Cette rencontre, présidée par l’empereur des poursuites judiciaires, a connu la participation des représentants des institutions internationales ainsi que celui du bureau des sages de N’zérékoré, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Sidiki Kanté

Dans son discours, le procureur de la République près le TPI de N’zérékoré, Sidiki Kanté, a salué la présence des invités avant de décliner l’objectif de la rencontre. « La réunion des acteurs de la chaîne pénale a été convoquée pour les informations à donner et à recevoir, puisque c’est des échanges d’idées. Il s’agit tout simplement de donner les informations, au niveau de la justice, des activités que nous menons dans divers domaine avec les officiers de police judiciaire, avec les autres acteurs de la chaîne pénale et également à l’interne, les activités judiciaires, notamment les décisions rendues dans les affaires au niveau correctionnel ou criminel ».

Au niveau du bilan des activités réalisées pour l’année 2018, le procureur dira que 41 affaires criminelles ont été jugées. Selon lui, des condamnations à des peines allant de 5 à 25 ans de réclusion criminelle à temps et 25 ans de réclusion criminelle à perpétuité et 207 affaires correctionnelles avec des infractions allant de 1 mois à 5 ans, ont été prononcées. « Cette année, nous avons jugé 41 affaires criminelles et ces jugements continuent… Au niveau correctionnel, c’est-à-dire les délits, nous avons traité 207 dossiers correctionnels et chaque fois que les dossiers arrivent, alors, ils sont au plus vite traité ».

En outre, le Procureur a salué la présence des chefs de quartier avant de les inviter à faciliter le travail des officiers de police judiciaire, quant à interpellation des présumés malfrats et des citoyens dans leurs quartiers respectifs. « Jamais c’est écrit que les convocations doivent passer par les chefs de quartiers. Alors, le responsable de quartier n’est qu’une courroie de transmission. Le chef de quartier doit être plus proche de la victime que celui qui est poursuivi. C’est pourquoi, il doit être rapidement avec l’officier de police judiciaire pour diligenter les gens qui sont meurtris dans leurs droits. Les officiers de police judiciaire avec les chefs de quartier, le courant doit passer normalement, si nous voulons la paix dans notre cité, parce que c’est la même mission », a rappelé Sidiki Kanté.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo LAMAH pour Guineematin.com

Tél : (00224) 620 16 68 16/666 89 08 77

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Acquis, défis et perspectives de la radio : Lamine Guirassy à Guineematin (interview)

13 février 2019 à 9 09 52 02522
Lamine Guirassy, PDG du Groupe Hadafo Médias

L’humanité célèbre ce mercredi, 13 février 2019, la journée mondiale de la radio. Une occasion de célébrer le médium puissant qu’est la radio et son impact sur la vie des populations. Cette année, le thème choisi par l’UNESCO pour cet événement est « Dialogue, tolérance et paix ».

A cette occasion, Guineematin.com donne la parole à certaines personnalités guinéennes qui évoluent dans le secteur, pour parler des acquis, des défis et des perspectives de la radio dans notre pays. C’est le cas de Lamine Guirassy, PDG d’Hadafo Médias, le plus grand et plus puissant groupe médiatique du pays, comprenant entre autres la radio Espace Guinée.

Décryptage !

Guineematin.com : l’humanité célèbre aujourd’hui la 8ème édition de la journée mondiale de la radio. Pour nous en Guinée, cette journée constitue à peu près le 13ème anniversaire de la naissance des radios libres qui ont commencé à voir le jour en 2006. Selon vous, que peut-on retenir comme acquis de la radio dans notre pays ?

Lamine Guirassy : je retiens beaucoup de choses. C’est un médium très puissant. Malgré tout ce qu’on peut dire aujourd’hui concernant les réseaux sociaux, la radio, pour l’instant, reste l’outil le plus puissant en ce qui concerne l’information directe avec les populations à la base. Si on se réfère un tout petit peu à certains pays, et comparativement à la pénétration de l’internet, on se dit juste que c’est un médium qui reste très puissant malgré tout ce qu’on peut y croire. En Guinée par exemple, dans les régions comme Boké, Labé, N’Zérékoré, Kankan, pour l’instant, la force, si on peut se permettre de le dire ainsi, des réseaux sociaux, ce n’est pas encore ça. Peut-être que ça va venir, mais aujourd’hui, les populations ont accès directement aux informations grâce aux radios.

Et aujourd’hui, si on se permet de dire quels sont les acquis, les acquis c’est évidemment la dissuasion surtout. Parce que si je prends les gouvernants aujourd’hui, concernant l’impact des radios, c’est juste énorme. Parce qu’on se pose des questions presque 10 mille fois avant de poser certains actes qui peuvent peut-être se retourner contre nous. Donc, c’est peut-être un peu dans ce sens. Depuis 2006, année de la libéralisation des ondes en Guinée, jusqu’en 2019, on peut se dire que beaucoup de choses ont été faites. Est-ce qu’on peut se contenter de ce que nous avons aujourd’hui comme acquis démocratiques dans ce sens-là ? Je dirais non. Quand on sait que les politiques aussi, font tout pour faire disparaître les radios. Nous, nous avons vécu le cas l’année dernière avec la suspension de la radio Espace entre autres. Mais grosso-modo, c’est pour dire que la radio reste un outil très puissant.

Guineematin.com : face à la percée de la télévision, des sites internet et des réseaux sociaux, quels sont aujourd’hui les défis de la radio en Guinée ?

Lamine Guirassy : waouh ! Une très bonne question. Je le disais tantôt, ce qui aide surtout les radios, quand on prend un tout petit peu la pénétration des réseaux sociaux, en tout cas de l’internet, on se dit qu’on a encore quelques années devant nous. Quand je prends l’exemple du Sénégal aujourd’hui, on est passé complètement au numérique, c’est-à-dire la télévision numérique. Je crois que la radio aussi doit passer dans ce sens-là. Quels défis ? Je crois que c’est de se préparer pour que la Guinée puisse aussi passer dans ces normes-là. Quand on voit chez nous, il y a aucun signal dans ce sens-là pour dire demain on va passer à la TNT ou à la radio numérique terrestre, parce que ça va venir de toutes les façons.

Ce qu’il y a, c’est que les autres médias aussi nous aident beaucoup. Je parle des sites internet : je fais une interview avec Guineematin, je sais qu’on est suivi sur Facebook, l’audio peut être aussi diffusé sur le site, bon voilà je me dis qu’on n’est complémentaire. Quoique, la radio reste, pour l’instant, un outil très puissant. Vous allez le remarquer souvent, même s’il y a des informations, on dit voilà, on a entendu à la radio ; peut-être que c’est un réflexe de grand-mère. Pour l’instant, je crois qu’il faut tout faire pour conserver ces acquis-là et surtout ne pas tomber dans la facilité. Nous devons nous poser la question de savoir : quel avenir pour la radio dans 15 ans, dans 20 ans ? On verra bien. Beaucoup avaient prédit la mort des radios il y a beaucoup d’années. Je prends par exemple la France où on avait dit qu’en 2019, il n’y aura plus de radio, tel n’est pas le cas aujourd’hui.

Guineematin.com : en célébrant cette journée mondiale de la radio, selon vous, l’accent doit être mis sur quoi ?

Lamine Guirassy : l’accent doit être mis sur la formation, sur comment la population rurale, je parle évidemment des villageois, peuvent avoir accès directement à ces radios-là. Normalement, il y a des radios rurales en Guinée, mais est-ce qu’il y a une couverture nationale aujourd’hui ? C’est non. Et même s’il y a une couverture nationale, ils se disent bon, les paysans sont au village de 19 heures à 22 heures. Donc, la radio essaye d’émettre de 19 heures jusqu’à 22 heures. On n’est plus en 1985, nous sommes en 2019, donc c’est à se dire est-ce que les jeunes connaissent aujourd’hui la radio ? C’est l’autre question qu’il faille se poser.

Maintenant, à tort ou à raison, je pense qu’on doit plus donner des moyens à ces radios pour la couverture nationale. Nous, on n’a pas attendu 2019 pour s’implanter à l’intérieur du pays. La radio Espace, 2009 déjà, nous étions du côté de Labé et avec le temps, on arrive à être aujourd’hui dans les quatre (4) régions naturelles de la Guinée, même s’il faut encore se battre pour toucher vraiment cette population à la base, je crois que c’est très important.

Guineematin.com : nous sommes dans un balbutiement démocratique, les journalistes guinéens subissent à longueur de journée des exactions. Ce qui s’est passé récemment du côté de l’escadron mobile numéro 3 de Matam en est une illustration parfaite. Au-delà des dénonciations, qu’est-ce que les patrons de médias doivent faire pour parer à cette situation ?

Lamine Guirassy : bon, au-delà des associations, au-delà des dénonciations, c’est cette protection. On ne va pas quand-même garder chaque journaliste par un militaire, je pense ça sera même inimaginable. Mais aujourd’hui, ce qui est rassurant, c’est qu’il y a un semblant d’union quelque part, je dis bien un semblant d’union parce que la réalité, c’est autre chose. Je pense que si on s’unit, on peut faire bouger les lignes. Malheureusement, tel n’est pas le cas dans notre pays, parce qu’il y a trop de division. Ça, ce sont les politiques qui profitent de cette situation-là, quand on sait comment les médias fonctionnent en Guinée, surtout que la pub, ce n’est pas vraiment ça. Qu’est-ce que nous patrons de médias devons faire dans ce sens-là ? C’est évidemment protéger les journalistes.

Quand je dis protéger les journalistes, c’est individuellement quand il y a des problèmes peut-être, aller jusqu’au bout. Parce qu’on se réfère toujours aux associations pour essayer de faire bouger les lignes. Mais individuellement, si tout le monde s’y met, je pense que c’est la profession qui gagne en fin de compte. Après, l’autre question qu’il faille se poser, c’est dire que tout ceux qui possèdent des médias, quand je dis médias, je parle des radios, je parle des télévisions, je parle des sites internet, c’est vraiment des gens qui viennent du sérail ? C’est l’autre question que je me pose. Beaucoup se lancent dans la radio, beaucoup se lancent dans la télé, parce qu’on se dit que c’est un pouvoir. Malheureusement, quand on n’est pas du milieu, on ne peut pas connaître évidemment la valeur d’un journaliste.

Guineematin.com : aujourd’hui, Lamine Guirassy est un modèle en Guinée. Quels sont les hommes qui vous ont marqué en matière de radio au plan national et international ?

Lamine Guirassy : waouh ! ça c’est une colle, on ne m’avait jamais posé cette question. Sur le plan national, je dirais Hawa Camille Camara. J’appréciais vraiment la présentation que cette dame faisait à la radio nationale au journal de 19 heures 45′ ; il y a Ben Daouda Sylla qui a une grande voix à la radio ; il y a aussi Issa Condé. Sur le plan local, évidemment ce sont les personnes qui m’ont marqué. A l’internationale, des références, c’est Jean Jacques Bourdin sur RMC entre autres. Parce que la radio, c’est le ton, la radio, c’est la voix, la radio, c’est l’articulation, la radio c’est la compréhension de tous en fait. Moi quand je parle à la radio, je m’adresse à tout le monde pour que le jeune de 15 ans qui m’écoute puisse comprendre ce que je dis en même temps que l’intellectuel qui est au bureau. Parce que c’est un médium qui rassemble. Donc, quand on a un langage qui puisse fédérer dans ce sens-là, moi je pense qu’on a tout gagné à la radio à la fin du compte.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo et Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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40ème anniversaire de la Révolution Iranienne : la célébration à Conakry

13 février 2019 à 9 09 43 02432

La République Islamique d’Iran a célébré le lundi, 11 février 2019, le 40ème anniversaire de la Révolution qui a porté Khomeiny au pouvoir en renversant le Shah, Mohamed Réza. A cette occasion, Seyid Hamid Réza Vahid Kiani, ambassadeur d’Iran en Guinée, a organisé un dîner à la Chancellerie, sise à Camayenne. La cérémonie a réuni les corps diplomatiques et consulaires accrédités en Guinée, les membres du gouvernement et la première dame de la République, rapportent les journalistes de Guineematin.com qui étaient sur place.

Cette cérémonie commémorative du 40ème anniversaire de la création de la République Islamique d’Iran a commencé par la lecture du saint Coran.

Dans son discours, le diplomate Iranien a dit que « la révolution iranienne, dont les principes ne reposent ni sur l’Occident, ni sur l’Orient, maintient son indépendance dans toutes ses dimensions depuis 40 ans ».

Seyid Hamid Réza Vahid Kiani

Par ailleurs, Seyid Hamid Réza Vahid Kiani a mis l’occasion à profit pour parler des implications de son pays dans la résolution de certaines crises, notamment de l’accord nucléaire. « Le peuple iranien, avec son vote, a réaffirmé la négation de toute domination, la préservation de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de son pays. L’Iran Islamique, à l’âge de 40 ans, continue de mettre l’accent sur les droits des sans-défenses, en particulier des musulmans du monde entier, la vigilance et le renforcement de la confiance sur la scène internationale, l’adhésion aux règlementations internationales, aux lois et obligations internationales, l’engagement multilatéral constructif avec le monde, comme l’accord sur le nucléaire iranien, malgré le retrait unilatéral des Etats-Unis de cet accord. Et aussi, son engagement et son adhésion au multilatéralisme, déniant l’unilatéralisme, sa lutte contre le terrorisme, sous toutes ses formes intérieures et étrangères ».

En outre, le diplomate Iranien est revenu sur les progrès réalisés par son pays dans le domaine des sciences et de l’éducation. « En termes de sciences et de médecine, l’Iran figure parmi les cinq (5) plus grand pays du monde dans le domaine de production des cellules souches et le traitement de l’infertilité ; le deuxième plus grand pays pour la greffe de la moelle osseuse ; le pays le plus avancé en matière de transplantation d’organes, tels que les reins, la cornée et le foie. Avec plus de 47 universités de médecine et 30 mille étudiants, 12 mille ouvrages scientifiques en médecine, 140 mille médecins généralistes, dont 72 mille spécialistes, l’Iran islamique est autosuffisant à plus de 95% dans la production de ses propres médicaments, pour ses besoins domestiques. L’Iran islamique, qui compte plus de 4 millions d’étudiants, toutes spécialités confondues, a maintenant multiplié par 55 le nombre de ses articles scientifiques à travers le monde, avec 7 milles professeurs étant uniquement des femmes savantes».

Parlant des relations de coopérations existant entre l’Iran et la Guinée, Seyid Hamid Réza Vahid Kiani dit qu’elles sont très bonnes, citant ainsi les projets que son pays réalise en faveur de la Guinée. « Nous pouvons indiquer la mise en œuvre de certains projets, et l’achèvement très proche du nouveau siège du ministère des Affaires étrangères de la République de Guinée, qui jouit d’importantes normes internationales et qui sera bientôt offert à ce pays frère et ami en tant que don du gouvernement Iranien ».

S’exprimant au nom du gouvernement, le ministre d’Etat, ministre de la Justice, Me Cheick Sacko, a dit que la Guinée suit avec beaucoup d’intérêt les changements positifs en cours en Iran. Pour lui, ces changements sont le résultat de multiples réformes engagées par le gouvernement iranien. « Les convergences de vues entre l’Iran et la Guinée, tous deux membres de la Oumma islamique, sur les questions d’intérêt commun intéressant le renforcement de la paix et de la sécurité, la lutte contre la pauvreté dans le cadre d’une coopération internationale plus juste et plus équitable, sont la preuve de l’excellence des liens d’amitié, la solidarité et la fraternité unissant nos deux pays. Excellence monsieur l’ambassadeur, nous apprécions à sa juste valeur, les principes de la diplomatie iranienne visant à approfondir ses relations avec les pays du monde pour ainsi contribuer aux règlements des crises sous-régionales, régionales et internationales. L’initiative de la Turquie, la Russie et l’Iran pour la résolution pacifique et durable de la crise syrienne en est une parfaite illustration des valeurs de paix qu’incarne la diplomatie de votre pays ».

Cheikh Sakho a également remercié l’Iran pour les nombreux gestes en faveur de la Guinée. « La construction du nouveau siège du ministère des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger, entièrement financée par votre pays et sa remise très prochaine au gouvernement guinéen, la mise en œuvre du projet de bauxite Irano-Guinéen ainsi que la construction d’une clinique médicale iranienne spécialisée à Conakry sont la parfaite illustration de l’excellence des relations bilatérales existant si heureusement entre nos deux pays. Je profite de cette occasion pour louer les efforts consentis par le gouvernement iranien pour sa contribution à l’essor du développement socio-économique de notre pays », s’est réjoui le ministre guinéen de la Justice.

Ibrahima Sory Diallo et Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Boubacar Yacine sonne le tocsin : « si rien n’est fait, les radios risquent de disparaître »

13 février 2019 à 9 09 41 02412
Boubacar Yacine Diallo, journaliste, Fondateur de la radio Horizon Fm, ancien ministre de l’Information, ancien président du CNC

L’humanité célèbre la huitième édition de la journée mondiale de la radio, ce mercredi 13 février 2019. Cette année, l’UNESCO a placé l’évènement sous le thème « dialogue, tolérance et paix ».

Pour comprendre le cas spécifique de la Guinée et surtout la genèse et l’évolution de ce type de média, un journaliste de Guineematin.com est allé à la rencontre de monsieur Boubacar Yacine Diallo, ancien ministre de l’Information, ancien président du Conseil National de la Communication et fondateur de la radio Horizons FM.

Dans cet entretien, Boubacar Yacine Diallo a également tiré la sonnette d’alarme sur l’avenir de la radio en Guinée.

Décryptage !

Guineematin.com : vous êtes ancien journaliste, promoteur de radio privée. Faites-nous une rétrospective sur les différentes péripéties traversées par la radio en Guinée

Boubacar Yacine Diallo : l’histoire de la radio guinéenne a commencé sous la période coloniale. A l’époque, la petite radio qui émettait sur Conakry et environs s’appelait « radio banane », à cause notamment du fait que sa ligne éditoriale portait essentiellement sur les annonces en direction des planteurs pour leur dire que les bateaux étaient arrivés et qu’ils pouvaient faire évacuer leur production. Et par la suite, quand la Guinée a pris son indépendance sous la férule du président Ahmed Sékou Touré, elle est devenue la radio nationale provisoirement, puis elle est devenue La Voix de la Révolution, un peu comme la voix du maître. Une radio unique avec un parti unique. Bien sûr, lorsqu’en 1984, l’armée a pris le pouvoir et a renversé ce qui restait du régime, elle est redevenue la radiodiffusion nationale. Puis, en une période, elle est devenue un office. Ça a duré trois ans. Mais au jour d’aujourd’hui, elle est restée la radio nationale. Du point de vue emplacement, elle a commencé par le centre ville, là où se trouve en ce moment le commissariat central de Kaloum. Ses studios étaient là-bas, sa salle de rédaction, je crois, était au 8 novembre, puis elle a transféré à Boulbinet et aujourd’hui, vous avez cette radio qui se trouve plutôt sur le plateau de Koloma.

Guineematin.com : aujourd’hui, quels sont les défis de la presse guinéenne en général et de la radio en particulier ?

Boubacar Yacine Diallo : je voudrais commencer par rappeler que cette année, l’UNESCO a placé cette journée sous le thème « dialogue, tolérance et paix » parce que l’UNESCO considère que la radio est un outil simple d’accès et qui a un impact certain sur la vie des populations où qu’elles se trouvent. Et, comme il y a trop de conflits parfois qui poussent les jeunes à l’exil malheureusement, elle a considéré donc cette année, les radios devraient fournir beaucoup plus d’efforts dans l’établissement du dialogue entre les communautés ; mais également, de prêcher la tolérance pour obtenir la paix. Pour le cas spécifique de la Guinée, comme vous le savez, les radios, notamment privées, sont aujourd’hui envahies par des communicants des partis politiques, non déguisés d’ailleurs. Ce qui est une bonne chose, parce qu’ils se présentent comme des militants des partis politiques qui défendent donc les intérêts des partis politiques. Je pense que le dialogue que les partis auraient dû mener aujourd’hui, a été rattrapé par les communicants de ces partis politiques et parfois qui sont même en avance sur beaucoup de journalistes. Je pense que ça, c’est un côté positif. Par contre, le côté négatif, ce qu’il y a certains parmi les auditeurs qui se permettent de prendre la parole, qui diffusent des fausses nouvelles, qui font des attaques gratuites et qui méritent d’être sanctionnés tout simplement.

Guineematin.com : selon vous, qu’est-ce qu’il faut pour en finir avec ce problème ?

Boubacar Yacine Diallo : je pense qu’il faut que les journalistes jouent pleinement leur rôle. Même pas de gendarme ; mais, de simple arbitre. Le journaliste, quand il anime un débat, il doit être neutre ; mais, il doit être suffisamment responsable pour ne pas permettre que des fausses nouvelles soient diffusées ou que des atteintes sur la vie privée des personnes réputées innocentes soient possibles. Et, cela est de la responsabilité du journaliste. Il faut reconnaître que beaucoup de journalistes font beaucoup d’efforts, même s’il est difficile de contenir les velléités de ceux qui sont malveillants. Mais, il est aussi regrettable de constater qu’une poignée de journalistes participe de ce mauvais comportement de certains auditeurs qui prennent la parole. Et je voudrais aussi regretter que certains journalistes versent dans la corruption et donnent plutôt voix à des accusations gratuites et parfois suffisamment graves qu’ils ne peuvent pas démontrer. Je pense que cela devrait cesser.

Maintenant, concernant les radios elles-mêmes, la radio publique a sa ligne éditoriale qui est connue. Les radios privées ont aussi leurs lignes éditoriales. Mais, je voudrais signaler que ces radios, notamment privées, ont énormément de difficultés. Beaucoup d’entre elles pourraient disparaître rapidement si des mesures correctives n’étaient pas prises. Je pense, en particularité, les difficultés financières qu’elles traversent en ce moment. Comme vous le savez, elles existent depuis une dizaine d’années, les équipements sont vétustes pour la plupart des radios et il n’y a pas d’accompagnement ni des partenaires, ni des opérateurs économiques, ni même du gouvernement, parce que vous le savez par exemple, la subvention de 2018 n’a pas été payé à date, à ma connaissance. Ce qui fait un moins pour le fonctionnement de ces radios, même si cette subvention ne devait être qu’un appui et vous savez que la situation économique de notre pays n’est pas reluisante, contrairement à ce qu’on peut en dire. Et, les opérateurs économiques n’ont pas les moyens de communiquer. Beaucoup d’entre eux n’ont même pas la tradition de communiquer. Voilà donc des radios qui sont livrées à elles-mêmes, qui ne devraient vivre que de leurs recettes, qui n’en produisent pas et je pense qu’il y a des gros risques. Je tire donc sur la sonnette d’arme pour que tout le monde se réveille pour sauver ces radios, parce qu’elles sont d’utilité publique.

Guineematin.com : l’autre question c’est par rapport à la concurrence entre les radios et les autres types de médias. Quel est votre regard sur cette question ?

Boubacar Yacine Diallo : vous savez, on disait il y a quelques temps que la radio et la télévision avaient tués la presse écrite et plus récemment, on disait qu’internet a tué les radios et les télévisions et maintenant, les nouveaux médias, en particulier les réseaux sociaux, sont venus carrément se substituer à la presse. Je pense que c’est un défi que les journalistes et leurs organes doivent pouvoir relever parce que les réseaux sociaux sont plus prompts à diffuser les informations avec une facilité inouïe au point qu’aujourd’hui, la concurrence ce n’est plus entre les journalistes, mais c’est entre les journalistes et ces journalistes citoyens qui ont pris d’assaut la toile et qui sont parfois à des endroits où les journalistes ne sont pas, qui sortent des scoops et qui sont plus rapides et qui les partagent de manière effrénée. Je pense que le premier défi que la presse et les journalistes doivent relever, c’est celui der s’organiser mieux pour être plus près de l’information. Ce qui est difficile ; mais, aussi de se servir de ces réseaux sociaux comme sources, quand elles sont fiables, parce qu’il faut s’assurer de la fiabilité de ces sources. Aujourd’hui par exemple, la presse en ligne, elle est à la fois écrite, audio, visuelle. Donc, c’est un tout. C’est-à-dire elle joue à la fois le rôle de la radio traditionnelle, de la télévision traditionnelle, de la presse écrite traditionnelle et je pense que la profession elle-même est en danger. J’espère que les professionnels et leurs organes vont pouvoir trouver leur juste place dans ce milieu parce qu’effectivement, on a besoin toujours de ces organes. Mais, l’avantage de la radio, c’est le fait qu’elle soit accessible où que vous vous trouvez. Vous allez dans le village le plus reculé où vous n’avez pas internet, il n’y a pas de concurrence ou vous n’avez même pas la télé ou si vous l’avez, il n’y pas d’électricité. Donc, pour le moment, c’est la radio qui a plutôt la vie qui est rose parce qu’on la capte facilement et aujourd’hui, on produit le plus facilement possible.

Guineematin.com : ces derniers temps, il y a une multiplication de convocations des journalistes par la justice. Quelle appréciation faites-vous de cette situation ?

Boubacar Yacine Diallo : je pense que les journalistes devraient être heureux d’être convoqués devant les tribunaux. Ils devraient tout simplement faire en sorte de gagner les procès parce qu’on ne peut pas interdire à un usager de la communication de saisir la Haute Autorité ou la justice, c’est son droit. Mais, le journaliste doit être capable de démontrer que l’information qu’il a diffusée est vraie, tout au moins objective, parce que je voudrais rappeler que le juge qui est en charge d’un dossier, d’un délit ou d’un crime par voie de presse, commence toujours par se poser la question de savoir est-ce qu’au moment où le journaliste publiait son article, il était de bonne ou de mauvaise foi. S’il est de bonne foi, il bénéficie de circonstances atténuantes et s’il était de mauvaise fois, il bénéficie de circonstances aggravantes. Donc, le journaliste doit se mettre devant la glace et s’assurer que l’information qu’il diffuse est exacte, parce qu’une fois que son information est exacte, il peut venir au tribunal ; mais, il ne perdra pas le procès. Moi, comme journaliste, je n’ai pas du tout peur qu’on porte plainte contre moi parce que j’ai diffusé une information. Mais, j’aurais peur de perdre le procès, s’il était prouvé que mon information était fausse, mal recoupée et je pense également qu’en Guinée, nous avons une chance exceptionnelle avec le régime de la dépénalisation des délits de presse et que dans les conditions normales, les journalistes et les organes payent des contreventions et ne vont pas en prison. Je pense que cela ne devrait pas être remis en cause, parce que c’est une avancée majeure pour la Guinée dont on ne parle pas beaucoup.

Guineematin.com : et pourtant, les autorités actuelles semblent vouloir remettre cet acquis en cause…

Boubacar Yacine Diallo : je ne crois pas. Si c’est le ministre Somparé, je l’ai entendu dire et répéter à souhait que les articles concernant la dépénalisation ne seront pas touchés. Je le crois aux mots. Je sais que plusieurs membres du gouvernement souffrent de cette dépénalisation, plusieurs députés également. C’est un combat que les journalistes et les associations de défense des droits de l’homme devraient pouvoir faire. Je pense que le Président Alpha Condé ne reviendra pas sur cette mesure, lui qui, pendant 40 ans…, et qui a aussi été victime de ces lois. Je parie qu’il ne reviendra pas sur cette décision et à mon avis, la dépénalisation a des beaux jours devant nous dans notre pays. Mais, cela ne devrait pas non plus autoriser les journalistes à accuser gratuitement sous réserve qu’ils n’iront pas en prison. Il faut qu’ils soient suffisamment responsables. Sous un régime de dépénalisation, on doit être suffisamment responsable et ne pas faire montre de légèreté. Autrement, on donnerait l’occasion à tout le monde de fédérer leurs causes pour que la dépénalisation soit annulée. Je pense qu’en Guinée, ça ne sera pas le cas et si c’est le cas, nous nous battrons pour ne pas que cela arrive. Nous ferons partie de ce combat.

Guineematin.com : selon vous, qu’est-ce qu’il faut aujourd’hui à la presse guinéenne en général ?

Boubacar Yacine Diallo : il faut des journalistes qualifiés. Il y en a, mais pas assez. A mon avis, c’est le premier défi. C’est de former des journalistes comme on forme des médecins, des chirurgiens, des ingénieurs. L’Etat ne fait rien dans ce domaine. La deuxième chose, comme je l’ai dit, il faut voler au secours des médias privés. Leurs équipements sont vétustes. Ils n’ont pas de ressources. Il faut que les bailleurs de fonds, les partenaires fassent attention parce que de tout les temps, ils réclament un Etat de droit, l’exercice assidu des libertés, alors que la radio et la télévision privées sont des moyens privilégiés et on ne fait rien. Je pense que l’Etat aussi doit pouvoir faire sa part parce que ces radios, quoi qu’on en dise, font du service public. Lorsqu’il y a eu par exemple l’épidémie à virus Ebola, je voudrais rappeler que l’URTELGUI (Union des Radiodiffusions et Télévisons Libres de Guinée) à l’époque avait fait plusieurs synergies gratuitement pour rendre ce service public et il arrive aussi que pour des causes nationales que ces journalistes de ces radios s’investissent. Je voudrais dire aussi, le simple fait que ces radios diffusent de l’information, elles satisfont un droit fondamental : le droit pour le citoyen d’être informé. Ce droit est public et il est même inscrit dans la Constitution. Donc, nous faisons aussi du service public bien que nous soyons dans un régime privé et il faut que l’Etat fasse sa part, notamment en versant la subvention, mais aussi en imaginant d’autres aides. Pourquoi l’Etat ne ferait pas un don d’équipements aux radios privées comme on le ferait aux hôpitaux ? Par exemple, faire une opération de charme à l’occasion de la journée de la liberté de la presse, donner des émetteurs, des groupes électrogènes, des ordinateurs, etc. Je me souviens que lorsque le ministre Mathurin Bangoura était ministre des Télécommunications, il avait offert des ordinateurs aux radios privées. Je pense que c’est un bon exemple qui doit être répété et je sais que les ministres, notamment Tibou Kamara, Moustapha Naïté, Papa Koly s’étaient investis pour rapprocher la presse du Président pour que des gestes soient faits. Malheureusement, d’autres personnes qui n’ont pas du tout envie que la presse respire ont dû peut-être stopper cet élan. Mais, j’espère qu’ils auront la chance de renouer ce contact pour que la presse puisse profiter de l’Etat pour pouvoir survivre.

Guineematin.com : quel est le mot de la fin ?

Boubacar Yacine Diallo : c’est de souhaiter bonne fête aux journalistes de la radio et de se souvenir des grands journalistes de radio qui ne sont plus et de m’incliner devant leurs mémoires et souhaiter prompt rétablissement à tous les journalistes qui sont alités actuellement, souhaiter également que l’année 2019 soit une année de bonheur pour la presse dans son ensemble.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Siguiri : début des audiences criminelles avec 21 dossiers au programme

13 février 2019 à 8 08 15 02152

Les audiences criminelles ont été officiellement lancées hier, mardi 12 février 2019, à Siguiri. Pour cette première session de l’année, 21 dossiers criminels sont au programme, a appris Guineematin.com, à travers son correspondant dans la préfecture.

« Pour cette session des audiences criminelles, nous avons au total 21 dossiers qui sont programmés. Les 21 dossiers, c’est des dossiers criminels comme : association de malfaiteurs, viols, meurtres, vols à mains armées, assassinats et autres atteintes à la vie et aux biens commis à l’aide des armes », a annoncé Algassimou Diallo, le Procureur de la République près le Tribunal Instance de Siguiri, à l’ouverture de ces audiences.

Le Procureur en a profité pour rassurer les citoyens que ces dossiers seront traités dans la plus grande diligence, pour sanctionner les coupables et rendre justice aux victimes. « On espère qu’avec les décisions qui interviendront, la population sera soulagée. Nous avons pour crédo, de faire un travail professionnel, suivant les dispositions légales. Nous ne faisons pas plaisir à Paul ou à Pierre mais nous apprécions les dossiers que nous recevons », a indiqué Algassimou Diallo.

A rappeler que la préfecture de Siguiri est une zone qui enregistre un grand nombre d’infractions criminelles. Rien qu’en 2018 par exemple, l’hôpital préfectoral de Siguiri a recensé 400 cas de fusillades. Mais dans plusieurs cas, les auteurs ne sont jamais arrêtés.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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