Des policiers déployés pour assurer le maintien d’ordre à Wanindara

Les violentes manifestations politiques en Guinée ont entrainé de nombreux cas de morts qui n’ont jamais été élucidés. Mais, l’assassinat du brigadier-chef Bakary Camara le 08 novembre 2018, au quartier Wanindara, dans la commune de Ratoma, a inspiré la justice guinéenne. Le procès de sept (7) accusés dans ce dossier s’est ouvert ce mardi, 03 mars 2020, au tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la mairie de Ratoma.

Le jeudi 08 novembre 2018, à l’occasion d’une journée ville morte appelée par l’opposition, le brigadier-chef Bakary Camara avait succombé suite à ses blessures après avoir été molesté par des manifestants à Wanindara dans la commune de Ratoma. Il s’en était suivi une expédition punitive dans ledit quartier, avec des exactions sur les populations et de nombreuses arrestations.

Dans ce dossier, sept personnes ont comparu pour la première fois ce mardi, 03 mars 2020, à Conakry : Abdourahmane Baldé, Amadou Oury Diallo, Ousmane Sidibé, Abdourahmane Diallo, Thierno Mamadou Cherif Diallo, Mamadou Moussa Diallo et Younoussa Diallo. Ils ont été interpellés individuellement et placés sous mandat de dépôt le 14 novembre 2018. Ils sont tous poursuivis pour meurtre et attroupement. Devant le juge, les 7 accusés ont nié les faits articulés contre eux.

A la barre, Abdourahmane Baldé, un des accusés, a expliqué dans quelles circonstances il a été mis aux arrêts. « Je revenais de mon lieu de travail où je confectionne des briques. J’ai trouvé des policiers à la T5 et c’est là que j’ai été arrêté. C’est à la police qu’on m’a dit que je suis arrêté pour un cas de meurtre, sinon je n’étais pas informé. Ce jour même, je suis sorti pour aller acheter la tenue de mon enfant. Je ne reconnais pas les faits », a-t-il dit.

Abondant dans le même sens, Amadou Oury Diallo dit avoir été arrêté alors qu’il était cherché à manger. « Je venais pour chercher à manger et c’est en ce moment que j’ai été arrêté à Wanindara. C’était dans les environs de 17 heures. Du coup, j’ai été conduit à la CMIS d’Enco 5. C’est là qu’on m’a demandé si j’étais informé du meurtre du policier ? J’ai dit non », a expliqué Amadou Oury.

A tour de rôle, tous les accusés présents ont été entendus, niant systématiquement les faits mis à leur charge. Pour maître Alsény Aïssata Diallo, membre du pool d’avocats de la défense, ce sont des innocents qui ont été arrêtés et qui sont détenus depuis 16 mois à la maison centrale de Conakry. il espère qu’à l’issue de ce procès, ces jeunes vont recouvrer leur liberté.

« Il y a eu un policier qui a été tué à Wanindara. A partir de là, les agents des forces de l’ordre se sont dispersés dans le quartier. Ils ont arrêté pèle-mêle de paisibles citoyens, même ceux qui dormaient paisiblement dans leurs lits. A l’issue des débats de ce jour, aucun fait n’a été établi à l’encontre de nos clients. De toutes les façons, il y a un de nos clients qui a été oublié par le parquet à la maison centrale et qui n’a pas comparu. Pour ce qui est de ce dossier-là, nous nous sentons optimistes et je sais que le droit sera dit », a dit l’avocat.

Le juge Aboubacar Maféring Camara a renvoyé l’affaire au 10 mars 2020, pour la comparution du reste des accusés, de la partie civile et des témoins.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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