Réunie en séance plénière, ce jeudi 20 mai 2021, l’Assemblée nationale a autorisé la ratification de la Convention de l’Union africaine pour la coopération transfrontalière et celle portant sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique, a constaté Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

S’agissant la première Convention adoptée par le sommet des Chefs d’Etat, le 27 juin 2014, à Malabo (Guinée Equatoriale), elle est intervenue à la suite des constats alarmants sur la situation conflictuelle des frontières internationales des Etats africains, impliquant l’apparition de nouveaux fléaux de criminalité et la montée incontrôlée du terrorisme internationale.

Le rapporteur du jour, l’honorable Oyé Guilavogui, a expliqué qu’à l’issue de cette conférence, les chefs d’Etat ont demandé aux différents pays membres, l’adoption de ladite convention relative à la résolution définitive des conflits frontaliers sur le continent par des voies pacifiques et concertées, adossées aux projets de développement.

Après avoir examiné cette Convention, appelée aussi de « Convention de Niamey », la Commission des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger a formulé quelques recommandations à l’endroit de l’exécutif. Ce sont entre autres :

1- la délimitation et la matérialisation de nos frontières ;

2- l’accentuation de la surveillance au niveau des zones frontalières ;

3- le renforcement de la formation des préfets, des sous-préfets et élus locaux des préfectures des zones frontières sur la gestion des conflits frontaliers et des conséquences sur le trafic ;

4- la sensibilisation des forces de l’ordre dans la résolution pacifique des conflits frontaliers.

En ce qui concerne la Convention sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique, appelée « Convention de Kampala », c’est l’honorable Abdoulaye Kourouma qui a présenté le rapport de la Commission saisie au fond. Il a précisé qu’elle ne concerne pas les réfugiés, mais plutôt les déplacés internes.

« Il faut rappeler ici que cette Convention, en parlant de personnes déplacées, ne fait pas allusion aux réfugiés mais plutôt aux personnes déplacées internes. Ces déplacements se font à l’intérieur de notre pays d’une localité à une autre sans dépasser les limites des frontières internationales (Article 1er alinéa K.). Exemple : les déplacements de populations suite à des catastrophes naturelles ou des projets nationaux nécessitant des délocalisations », a-t-il indiqué.

Cette Convention a été adoptée par le sommet spécial de l’Union africaine, le 22 octobre 2009, à Kampala (Ouganda). « Elle intervient à la suite des constats alarmants sur la situation des personnes déplacées qui constitue une source d’instabilité et de tensions continuelles pour les Etats africains. Ces constats portent également sur la souffrance et la vulnérabilité spécifiques des personnes déplacées.

C’est cette situation qui a amené les Chefs d’Etat, lors de ce sommet spécial, à demander aux différents pays membres, l’adoption de ladite Convention relative à la mise en place d’un cadre juridique approprié aux situations des personnes déplacées. Ceci, dans le but de leur apporter protection et assistance », a expliqué l’honorable Abdoulaye Kourouma.

Des questions et des inquiétudes liées à la matérialisation des frontières, du règlement des problèmes frontaliers et bien d’autres ont été soulevées par les députés, qui ont formulé aussi des recommandations et des suggestions pour une meilleure application de ces deux conventions.

Présent à l’hémicycle, le ministre des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger, Dr Ibrahima Kalil Kaba, a rassuré les députés de la volonté du gouvernement de prendre en compte ces remarques et suggestions soulevées lors des débats.

Sans surprise, les 72 députés présents sur les 114 inscrits, ont unanimement voté pour l’autorisation de ratification des deux Conventions.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com
Tél : 628 08 98 45

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