Malal Talla, acteur de la société civile sénégalaise

Quelques jours après le vote au compte de l’élection présidentielle sénégalaise, de nombreux acteurs se prononcent sur ce scrutin et sur leurs attentes vis-à-vis du prochain président. C’est dans ce cadre que les deux envoyés spéciaux de Guineematin.com se sont entretenus avec Malal Talla, acteur de la société civile sénégalaise. Plus connu sous le nom de Fou Malade, cet artiste, rappeur est membre du célèbre mouvement Y en a marre. Il s’est exprimé notamment sur le processus en cours, ses attentes vis-à-vis du prochain président.

Guineematin.com : les sénégalais étaient aux urnes dimanche dernier pour élire leur président de la République. Comment avez-vous perçu l’élection du 24 février 2019 ?

Malal Talla : oui, c’est une élection qui s’est déroulée, dans son ensemble, assez bien, même si on a noté qu’il y a eu des dysfonctionnements dans le processus. C’est-à-dire de la confection des cartes électeurs à la distribution sélective, de la distribution sélective au parrainage. Et également, les opposants avaient évoqué les questions de la fiabilité du fichier. Mais quand même, ils sont allés aux élections. Le jour des élections effectivement, les sénégalais ont voté dans la tranquillité, dans la paix, tout le monde est rentré, il n’y a pas eu de grands incidents qui mériteraient de commentaires qui pourraient entraver la proclamation des résultats.

Guineematin.com : quel a été l’apport de votre mouvement, Y’en a marre, dans le déroulement du scrutin ?

Malal Talla : le mouvement Y’en a marre a beaucoup d’abord travaillé pendant la période pré-électorale. C’est une période pendant laquelle le mouvement a sillonné le pays, toutes les régions pour sensibiliser les jeunes et les femmes à s’inscrire sur les listes électorales, à retirer leurs cartes, à aller voter et à sécuriser leur vote. Egalement, le mouvement a sensibilisé les jeunes et les femmes sur un phénomène très politicien, l’achat des consciences à l’approche des élections. Et également, nous avons organisé à la fin de ces moments de mobilisation, nous l’avons clôturé avec une tribune qui s’appelle « Wallo Askani », entendez la part du peuple, qui a consisté quand-même à inviter tous les candidats aux élections, et pour que ces candidats aient un face-à-face avec les populations, c’est-à-dire qui ne se réclament d’aucun parti politique. Nous avons permis à des milliers de sénégalais d’interagir avec de potentiels candidats aux élections présidentielles. Et, nous sommes très satisfait parce qu’il y a eu plus de 60% de taux de participation. Et, je pense que le mouvement a fait un travail énorme en termes de mobilisation des jeunes.

Guineematin.com : avant la publication des résultats, il y a une guerre de chiffres à laquelle se livrent la mouvance présidentielle et l’opposition. Comment appréciez-vous cet état de fait ?

Malal Talla : oui, c’est une guerre de chiffres qui a son sens d’un niveau de vie très politique. Chacun essaie de s’attirer la victoire. Parce que, depuis bien avant les élections, les sénégalais effectivement, l’opposition a beaucoup communiqué bien avant les élections sur la possibilité d’un deuxième tour. Mais, l’Etat également, le parti au pouvoir a beaucoup communiqué sur 53%, sur 57% dès le premier tour. Je pense qu’en fait, c’est un jeu de politiciens que nous en tant que mouvement, on ne doit pas s’immiscer.

Guineematin.com : vous ne craignez pas que ce jeu puisse déboucher sur des violences ?

Malal Talla : je ne pense pas. Mais, je pense que le droit sera dit. Et qu’en fait, la Commission Électorale Nationale Autonome va se prononcer et va donner les résultats qui seront ensuite validés par le Conseil Constitutionnel. Puisqu’on a fait confiance au Conseil Constitutionnel, je veux parler des différents acteurs, ils ont fait confiance malgré les dysfonctionnements qu’ils ont noté, ils sont allés aux élections. Moi, je pense qu’en fait on attend d’écouter les résultats, et qu’en fait, que chacun comprenne qu’il s’agit du Sénégal. Donc, je ne pense pas qu’on puisse aller à des situations très tendues.

Guineematin.com : qu’est-ce que vous attendez du prochain président de la République ?

Malal Talla : ce que nous attendons du président de la République effectivement, c’est une rupture entre l’exécutif et le législatif, c’est-à-dire entre l’exécutif et le pouvoir judiciaire. Il faut qu’on ait véritablement un président qui ne commande pas la justice. Il faut qu’on ait un président qui va faire beaucoup d’efforts sur des questions judicaires, l’emploi des jeunes. Et puis, quel type de relation nous devons avoir avec l’occident, etc. C’est-à-dire comment on peut amener les sénégalais à vivre mieux, comment on peut être amené à être bien gouvernés. Tout ce que nous voulons, c’est être bien gouvernés. Etre bien gouvernés, ça veut dire repartir les ressources publiques de manière très équitable.

Guineematin.com : parlant des relations avec l’Occident. Quel type de relation vous voulez entre le Sénégal et l’Occident ?

Malal Talla : aujourd’hui, nous sommes dans un monde ouvert. Dans le monde des grands ensembles, les gens doivent travailler ensemble. Mais en fait, tout partenariat doit être gagnant-gagnant.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo et Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00221) 78 169 09 46

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