Condamnation de Foniké Menguè : Cellou Dalein « profondément choqué »

10 juin 2021 à 19 07 56 06566
Cellou Dalein Diallo

« Verdict ignominieux », c’est ainsi que Cellou Dalein Diallo qualifie la condamnation de l’activiste Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, responsable de la mobilisation et des antennes du FNDC.

Le président de l’UFDG se dit « profondément choqué » par cette décision rendue ce jeudi, 10 juin 2021, par la Cour d’appel de Conakry et exprime sa solidarité avec l’opposant au troisième mandat du président Alpha Condé.

« Je suis profondément choqué par le verdict ignominieux rendu ce jeudi 10 juin par la Cour d’appel de Conakry contre Oumar Sylla alias « Foniké Menguè ». Je tiens à exprimer ma totale solidarité́ avec ce jeune dont le courage et la dignité forcent l’admiration.

Je demeure convaincu que cette condamnation injuste dictée par Alpha Condé n’affectera pas le moral et la détermination de notre camarade que le peuple de Guinée portera à jamais dans son cœur et que l’histoire acquittera », a écrit Cellou Dalein Diallo sur sa page Facebook.

A rappeler que c’est le troisième procès auquel Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, a fait face depuis son engagement dans la lutte contre le troisième mandat du président Alpha Condé. Son premier procès s’est achevé le 28 août 2020 devant le Tribunal de Première Instance de Dixinn.

La juridiction l’avait déclaré non coupable des faits de « communication et diffusion de fausses informations, menaces notamment de violence ou de mort » pour lesquels il était poursuivi. Mais le parquet de Dixinn avait aussitôt relevé appel de cette décision du juge Alphonse Charles Wright.

Pour la deuxième fois, l’activiste de la société civile a été jugé par le Tribunal de Première Instance de Mafanco, qui l’a reconnu coupable de « provocation directe d’un attroupement non armé suivi d’effets ». Des faits pour lesquels il a été condamné le 28 janvier 2021, à 11 mois d’emprisonnement ferme. Ses avocats aussi avaient interjeté appel contre cette décision.

A l’issue de son procès en appel qui portait sur ces deux dossiers, ce responsable du Front National pour la Défense de la Constitution a été condamné, ce jeudi 10 juin 2021, à 3 ans d’emprisonnement ferme.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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Le gouverneur de Boké aux mineurs à Gaoual : « arrêtez tout et rentrez chez vous »

10 juin 2021 à 19 07 16 06166
Général Siba Sévérin Lohalamou, gouverneur de Boké

Après avoir procédé à l’installation du nouveau préfet de Gaoual, le gouverneur de Boké a animé un meeting ce jeudi, 10 juin 2021, à Kounsitel. Le général Siba Sévérin Lohalamou a annoncé la fermeture temporaire des mines d’or découvertes récemment dans cette sous-préfecture et dans la commune urbaine de Gaoual. Il a demandé aux nombreux mineurs qui sont sur le terrain de rentrer chez eux en attendant la réglementation de l’exploitation minière, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com à Gaoual.

Venus de toutes les régions de la Guinée, les orpailleurs étaient massivement mobilisés pour écouter l’émissaire du gouvernement à Gaoual. Et le message délivré par le gouverneur de la région de Boké n’est pas celui qui était attendu sur le terrain. « Il n’y a pas encore de réglementation. Le gouvernement me charge de vous dire que le ministre des mines et de géologie a ses représentants sur le terrain. Ils sont en train de travailler pour déterminer le périmètre, ils n’ont pas encore fini de le faire. Quand le travail sera fait, ils vont nous dire quels sont les papiers qu’il faut pour venir ici et exploiter l’or. Mais toute exploitation avant la fin des inspections, c’est du désordre. Je vous demande d’arrêter tout et de rentrer chez vous en toute tranquillité », a déclaré le général Siba Sévérin Lohalamou.

Avec l’arrivée massive de chercheurs d’or dans les trois sites miniers de Gaoual (deux dans la sous-préfecture et un autre dans la commune urbaine), un véritable problème de nourriture et de logement s’est posé dans la préfecture. Une raison de plus de fermer temporairement les mines et de mettre en place des dispositions réglementaires avant de reprendre l’exploitation. « On fait du n’importe quoi. Il y en qui dorment par terre, d’autres dans la rue, d’autres dans des maisons non achevées, du coup tout devient cher ici. Donc en attendant les nouvelles instructions du gouvernement, je vous demande de rentrer chez vous. Nous allons demander de vous laisser passer sans rien payer dans les différents barrages. Personne ne va vous demander de payer un franc », a rassuré le gouverneur de Boké.

Si certains orpailleurs ont déjà pris le chemin du retour, d’autres par contre ne comptent pas quitter Gaoual sans avoir récupéré l’argent qu’ils ont déboursé pour avoir un permis d’exploitation. Selon Kamory Camara, venu de Siguiri, plus de 8.000 personnes avaient payé de l’argent auprès des autorités locales pour pouvoir travailler légalement sur le terrain. Ils exigent la restitution de ces montants avant de partir. « Certains détenteurs de machines détectrices d’or ont payé 500.000 francs, d’autres un million. Personnellement, j’ai payé en tout 6 millions de francs, je n’ai plus rien aujourd’hui pour retourner. Donc nous demandons à la préfecture de nous restituer notre argent pour qu’on puisse rentrer chez nous », a-t-il lancé.

C’est également la déception chez les commerçants et autres marchands qui avaient commencé à faire de bonnes affaires dans ce nouvel eldorado guinéen.

De Gaoual, Amadou Lama Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tel. 621686148

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Canicule du Pouvoir : Ces mémoires d’Ibrahima Sampiring font un formidable présent aux générations futures (Laurent Correau)

10 juin 2021 à 17 05 32 06326

L’ancien maire de Labé, Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo, enseignant à la retraite, vient de publier son premier essai chez les Editions Gandal à Kipé, dans la commune de Ratoma, à Conakry. Avec une préface de Laurent Correau, Rédacteur en Chef Afrique à Radio France Internationale, Canicule du Pouvoir retrace l’itinéraire de son auteur. L’ouvrage s’ouvre sur l’évocation de la période coloniale et se referme sur des souvenirs de la vie politique locale, avec une parenthèse sur l’intelligente réponse apportée à Sékou Touré par l’érudit Elhadj Thierno Abdourahmane Bah autour du racisme peule. Guineematin.com vous fait lire ci-dessous la préface de Laurent Correau.

La mémoire d’un homme peut être un guide précieux. Particulièrement quand il faut avancer sur les terres embrumées d’une Histoire nationale encore en cours d’écriture. Toute personne qui a eu l’occasion de s’asseoir dans le salon d’Ibrahima Sampiring Diallo à Labé et de l’écouter a pu le mesurer. Les mille anecdotes et petits détails qu’il a gardés en tête restituent des ambiances, font surgir des visages. Des époques revivent avec une précision remarquable. C’est ce qui donne à ses mémoires, désormais couchées sur le papier, un intérêt tout particulier.

On le mesure très vite dans l’ouvrage : son récit du 14 juillet 1956 est un témoignage d’une rare précision sur les rapports coloniaux et la façon dont la République française se mettait en scène dans sa colonie guinéenne au moment des célébrations de la fête nationale, deux ans avant l’indépendance. On ne peut qu’être frappé, six décennies plus tard, par le paternalisme qui se manifeste lors de la tournée effectuée ce jour-là par les élèves guinéens dans le « quartier des blancs » de Labé.

Ces mémoires nous offrent un récit personnel, depuis les localités de l’intérieur du pays, de plusieurs moments essentiels de l’histoire de la Guinée, comme la campagne du NON et le vote du 28 septembre 1958… ou encore le « complot des enseignants » de 1961 qui fut à l’origine de heurts à Labé. On voit comment la Loi-Cadre du 8 novembre 1964 a accentué l’exode des Guinéens dans les pays voisins. On partage l’émotion des habitants de Labé le jour où la mort de Sékou Touré a été annoncée. On constate comment la grande ville du Fouta a réagi à la prise de pouvoir de Lansana Conté en 1984 et au coup d’Etat de Diarra Traoré en 1985.

« Canicule du pouvoir » s’ouvre sur l’évocation de la période coloniale et se referme sur des souvenirs de la vie politique locale pendant les années Conté. La Première République (1958-1984) occupe la place centrale du récit.

Le quotidien de cette époque transparaît au fil des pages. On voit le jeune enseignant tenter d’utiliser, en 1968, une « réquisition de transport » pour traverser le pays de Macenta à Conakry. Plus loin, on découvre comment, faute d’autorisation, il doit recourir à un passeur pour aller voir de manière clandestine sa famille au Sénégal, à Tambacounda. On prend place avec lui dans une file d’attente, un jour de mai 1975, dans l’espoir (finalement déçu) de pouvoir obtenir un morceau de viande pour pouvoir fêter l’anniversaire du Parti Démocratique de Guinée (PDG).

On saisit d’ailleurs, au travers de ces mémoires, l’importance du dispositif de surveillance mis en place par le Parti-État sous la Première République. Cette surveillance se ressent notamment dans un moment du récit très intimiste, quand l’auteur décrit son idylle avec une religieuse suisse à Macenta. Le PDG, informé, fera tout pour mettre fin à la liaison. En pointillé du récit d’Ibrahima Sampiring Diallo, on sent la nécessité quasi-permanente, sous la Première République, de prouver sa conformité à la ligne de la Révolution. Le récit de la comparution de Sampiring devant le Pouvoir Révolutionnaire Local (PRL) de son quartier, à Labé, pour expliquer les raisons de son absence aux réunions hebdomadaires en est une belle évocation. Le titre même de cet ouvrage – Canicule du pouvoir – rend bien compte de la pesanteur du climat politique instauré par le parti-Etat : arrestations, comparutions devant les hommes en uniforme, crainte d’être malmené… La peur affleure à plusieurs reprises dans les pages de ces mémoires. La peur et, en miroir, de nombreux gestes discrets de compassion ou de solidarité, y compris d’inconnus.

Le Parti-État a aussi produit des notables convaincus de leur toute-puissance. On croise dans ce récit Ismaël Touré, le demi-frère du président Sékou Touré, mais aussi Emile Cissé, une figure complexe et méconnue de la Première République. Au moment des faits rapportés par Ibrahima Sampiring Diallo, Emile Cissé est déjà auteur de roman et de théâtre, président de l’Éducation Révolutionnaire Locale. Il joue déjà un jeu trouble dans le premier cercle du pouvoir. « Un manipulateur dangereusement subtil » nous raconte Sampiring.

La canicule politique ne s’arrête pas avec la fin de la première République. Ce livre de mémoires le montre clairement. Dans la troisième partie de son ouvrage, Sampiring nous fait discrètement entrer dans l’histoire de la démocratisation guinéenne, avec ses jeunes partis politiques, ses manœuvres et ses rapports de force.   

Les fâcheux diront, une fois de plus, que ce récit est partiel, que c’est un simple point de vue. Ils auront raison et tort. Vu l’état des archives de la Guinée, les anciens qui consignent leurs souvenirs font un formidable présent aux générations futures. Ceux qui contesteront tel ou tel souvenir d’Ibrahima Sampiring Diallo devraient à leur tour prendre la plume pour consigner leur version des faits. C’est ce croisement des regards qui pourra conduire à un récit historique véritablement polyphonique. 

Un dernier mot enfin : ce travail est l’œuvre conjointe d’un père et de son fils. Le texte qui suit est né de leurs échanges. Et c’est à ces deux hommes qu’il faut rendre hommage pour avoir accompli ce devoir de mémoire. Pour avoir accepté, à leur tour, de braver les critiques et de travailler à faire reculer le silence.

Laurent Correau

Rédacteur en chef Afrique à Radio France Internationale

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France : l’homme qui a giflé Emmanuel Macron condamné à 4 mois de prison ferme

10 juin 2021 à 16 04 40 06406

Damien Tarel, l’homme qui a agressé le président de la République, Emmanuel Macron, lors d’une visite dans la Drôme, dormira en prison, jeudi 10 juin. Il a été condamné à dix-huit mois de prison dont quatre ferme (les 14 autres sont assortis de sursis). Il était jugé à Valence en comparution immédiate deux jours après les faits, qui ont suscité un soutien unanime des responsables politiques.

Il se voit en outre privé de droits civiques pendant trois ans, interdit d’exercer toute fonction publique à vie, interdit de détenir des armes durant cinq ans, et il devra se soumettre à un suivi psychologique. Il a dix jours pour faire appel de sa condamnation. Le parquet avait requis une peine de dix-huit mois de prison, sans aménagement de peine, contre le jeune homme, âgé de 28 ans, qui a reconnu à l’audience avoir giflé le chef de l’Etat. Le procureur avait aussi réclamé un mandat de dépôt à son encontre.

Cette gifle, « parfaitement inadmissible », est un « acte de violence délibérée », a soutenu le représentant du ministère public face au prévenu. « Il n’y a pas d’ITT (incapacité temporaire totale) mais il y a un acte violent », a ajouté le magistrat, soulignant que le président « n’a pas souhaité voir un médecin ».

« Je ne demande pas d’amende mais je vous demande d’envisager de prononcer à son encontre une interdiction définitive d’exercer une fonction publique », ainsi qu’une interdiction du droit de vote pour cinq ans maximum et une interdiction de détention d’arme pour la même durée, a déclaré le magistrat, qui avait rappelé que Damien Tarel encourait trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. Le procureur s’est inquiété d’un possible risque de récidive, disant percevoir « une sorte de détermination froide » chez cet homme inconnu de la justice.

Avant les réquisitions, l’interrogatoire de Damien Tarel avait pris un tour politique envers le chef de l’Etat : il a estimé qu’Emmanuel Macron symbolisait la « déchéance » de la France et que son geste, « regrettable » et asséné sous le coup de l’impulsivité, visait à mettre en exergue le sentiment d’« injustice » des « gilets jaunes », mouvement social né en France à l’automne 2018, qui ne sont pas « écoutés ».

Un deuxième homme interpellé, Arthur C., « va se voir délivrer une convocation en justice pour la fin du second semestre 2022 pour répondre des infractions en lien avec les armes détenues illégalement », a déclaré mercredi, dans un communiqué, le procureur de la République Alex Perrin.

Les faits se sont déroulés, mardi après-midi, après la visite du lycée hôtelier de Tain-l’Hermitage (Drôme). Alors que le président de la République allait à la rencontre de la foule, un homme l’avait giflé au cri d’un slogan royaliste « Montjoie ! Saint-Denis ! » et « A bas la Macronie ». Il a ensuite été plaqué au sol par plusieurs membres du service de sécurité.

Résidant à Saint-Vallier, au nord de Valence, les deux hommes avaient été arrêtés tout de suite après l’incident. Ils sont « tous deux inconnus des services judiciaires et des services de renseignement ». Lors de son audition, Damien T., « en couple, sans enfant, sans profession », a reconnu « avoir porté un coup au chef de l’Etat et avoir prononcé des paroles dénonçant la politique ». Les deux camarades sont membres d’associations de leur commune « en lien avec les arts martiaux, le Moyen-âge et l’univers mangas », a précisé le magistrat.

Avec lemonde.fr

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Fermeture de la mine d’or de Kounsitel (Gaoual) : des orpailleurs rebroussent chemin sans aucune fortune de l’Eldorado (reportage)

10 juin 2021 à 16 04 10 06106

Depuis quelques une marrée d’orpailleurs déferle sur la préfecture de Gaoual où de l’or a été découvert dans la sous-préfecture de Kounsitel. Nul ne veut se faire conter les nouvelles de l’abondance du métal précieux dans le nouvel Eldorado. Certains orpailleurs ont abandonné tout derrière eux pour ce lancer dans cette folle ruée vers l’or. Seulement, avec la fermeture annoncée de la mine et l’interdiction d’exploitation imposée par les autorités, beaucoup d’aventuriers chasseurs d’or sont désenchantés et se trouvent dans position extrêmement difficile. Ils n’ont or, ni argent, ni provision. Et, face à cette situation inconfortable, ils sont nombreux à reprendre le chemin du retour. Certains qui ont préféré quitter l’enfer de Kounsitel se retrouvent déjà à Mamou où ils tentent de reprendre des forces pour affronter les épreuves de la route du retour.

Dans la ville carrefour, on les rencontre dans les gare routière, sur certaines places publiques et au rondpoint du km7. Ils sont nombreux, visiblement très épuisés et se plaignent des conditions de vie difficiles qu’ils ont vécu ces derniers jours à Kounsitel. Cependant, ils sont unanimes que Kounsitel regorge de l’or. Mohamed Magassouba avait mes études dans un tiroir pour rejoindre l’Eldorado de Gaoual. Mais, ce qui faisait battre son cœur de rêve et d’espoir d’un lendemain auréolé d’or n’a été qu’un mirage. Et cela, pas par manque d’or à Kounsitel, mais parce que la marrée humaine qui se trouve sur place a contraint les autorités à fermer la mine. Il est aujourd’hui en route pour son Kourémalé natale (une sous-préfecture relevant de la préfecture de Siguiri) avec le sentiment souffert pour rien.

« Je reviens de Gaoual à la recherche de l’or. Quand même il y a beaucoup d’or là-bas ; mais, malheureusement pour nous, le président a interdit l’exploitation. Les militaires étaient venus là-bas pour nous empêcher de travailler. Nous avons consommé plus de 50 litres. Je regrette vraiment d’avoir quitté Kourémalé pour venir à Gaoual. Il y avait un monde important. Vous savez, la différence entre Siguiri et Gaoual, c’est que Siguiri c’est avant. Nous demandons au président de la république de nous laisser travailler. Hier, le pain a été vendu à 6000 francs, un sachet d’eau à 1000francs et un litre d’essence à 25000francs. Tout ça c’est parce que les  (Kounsitel) sont remplis de personnes, surtout nous les jeunes », a-t-il expliqué ce mercredi.

Tout Mohamed Magassouba, beaucoup d’orpailleurs déçus par l’aventure dorée de Gaoual reprennent des forces dans la ville carrefour. Le voyage a été éprouvant ; et, ils comptent bien profiter de l’hospitalité de la ville de Mamou avant reprendre la route du retour. Certains profitent même pour amener leurs motos au garage pour une « révision » afin de prévenir une éventuelle panne en route.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tél:625698919/657343939

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Louda Baldé (PUR) après sa rencontre avec Fodé Bangoura : « il nous a rassuré de son ouverture d’esprit »

10 juin 2021 à 16 04 06 06066
Mamadou Louda Baldé, président du PUR

Comment réunir tous les partis politiques au tour de la table pour parler de paix ? Cette question était au menu d’une rencontre de prise de contact qui a eu lieu ce jeudi, 10 juin 2021, entre le président du parti pour l’unité et le renouveau (PUR)  et le secrétaire général permanent du cadre de dialogue social et politique (par ailleurs président du parti de l’unité et du progrès). Mamadou Louda Baldé (en compagnie du Mouvement Carton Rouge et l’ONG Alternative Citoyenne) et Fodé Bangoura se sont entretenus à huit clos au siège du PUP. Et, au sortir de la rencontre, le leader du PUR a renouvelé sa confiance au secrétaire général permanent du cadre de dialogue social et politique. Il a assure que Fodé Bangoura est un homme crédible autour de qui les guinéens devrait accepter de se retrouver et parler des questions qui les opposés, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Au terme de cette rencontre de prise de contact entre ces deux hommes politiques, c’est le président du PUR qui a fait le compte rendu à la cohorte de journalistes qui attendaient à la porte. Et, Mamadou Louba Baldé n’a pas caché sa joie d’avoir eu des échanges fructueux avec le tout nouveau secrétaire général permanent du cadre de dialogue social et politique.

Mamadou Louda Baldé, président du PUR

« Vous n’êtes pas sans savoir que le 29 mai dernier, on a organisé un point de presse, on a écrit un mémorandum à travers le Mouvement Carton Rouge, l’ONG Alternative Citoyenne et le PUR. Donc, on a écrit un mémorandum dans lequel on a inscrit des préalables comme la libération des détenus politiques, la cessation de toute forme de poursuites à l’encontre des opposants, donner tous les moyens logistiques à monsieur Fodé Bangoura, ouvrir les frontières afin de donner une crédibilité à ce dialogue-là pour attirer l’attention de l’ensemble des partis politiques afin que monsieur Fodé Bangoura qui est un homme crédible, puisse réussir sa mission. L’objectif de monsieur Fodé Bangoura, c’est comment réunir tous les partis politiques. Il y a certains déjà qui se disent qu’ils ne vont pas participer. Ils sont sur leur raison en disant que le dialogue n’est pas crédible. C’est dans ce contexte que nous avons écrit un mémorandum pour satisfaire ces préalables. Une fois satisfait, ça peut encourager les partis qui ne veulent pas participer à venir autour de la table. Donc, c’est dans ce contexte qu’on est venu faire une prise de contact avec son excellence monsieur Fodé Bangoura. Et, il nous a rassuré de son ouverture d’esprit et en même temps de l’ouverture du dialogue inclusif. Il nous a surtout montré sa crédibilité et sa disponibilité. Il dit que le dialogue va être inclusif ; mais, il attend que son bureau soit installé de manière officielle. Il va recevoir tous les médias et mettre toutes les propositions sur la table autour de laquelle les fils et filles du pays se réuniront pour parler de l’unité et de la paix » a indiqué Mamadou Louba Baldé.

A en croire le président du PUR, ces échanges qui ont été entamés ce jeudi vont se poursuivre après l’installation officielle du bureau du secrétaire général Fodé Bangoura. Ainsi, Mamadou Louda Baldé invite les guinéens, notamment les acteurs politiques, à conjuguer leurs efforts afin de donner de la force à ce dialogue.

« Nous profitons de l’occasion pour attirer toute l’attention de la population guinéenne, à ceux qui veulent s’inscrire dans ce sens, de nous contacter afin qu’on puisse réunir nos forces et qu’on puisse donner de la force à ce dialogue. Parce qu’on sait que toutes les guerres se sont terminées autour d’une table afin que nos institutions soient indépendantes et que la mission soit accomplie. La suite, on continue sur les plans d’action. Ça c’était un plan d’action et il nous a dit qu’il va nous contacter une fois son bureau installé. Là, nous reviendrons avec le mémorandum, le présenter de manière officielle ; et après, nous continuerons de demander l’audience de toutes les institutions qui veulent nous écouter afin qu’on puisse montrer notre inquiétude » a confié Mamadou Louda Baldé. 

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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Condamnation de Foniké Menguè : « une journée de honte nationale pour la justice » (FNDC)

10 juin 2021 à 15 03 58 06586
Oumar Sylla, alias Foniké Mengué, responsable en charge des antennes et de la mobilisation du FNDC

COMMUNIQUÉ : Ce jeudi 10 juin 2021 marque une journée de honte nationale pour la justice guinéenne soumise aux ordres d’une dictature féroce. Oumar Sylla dit Foniké Manguè, Responsable de la mobilisation et des antennes du FNDC vient d’être injustement condamné par la Cour d’appel de Conakry, présidée par Seydou Keita, à trois (3) ans de prison ferme pour s’être opposé au 3ème mandat illégal et illégitime du dictateur Alpha Condé.

Cette condamnation politico-judiciaire ordonnée par le dictateur Alpha Condé fait suite à l’appel relevé par le Procureur du 3ème mandat Sidy Souleymane NDiaye contre le jugement du Tribunal de Dixinn qui avait relaxé Oumar Sylla dit Foniké pour délit non constitué, le 28 août 2020.

Le FNDC condamne énergiquement cette décision d’allégeance et cette soumission totale de certains magistrats au pouvoir autoritaire du dictateur Alpha Condé au détriment de la loi et de la justice. Cette surenchère politique à travers des peines fantaisistes sorties du chapeau des juges aux ordres de la dictature fait voler en éclat le peu d’espoir de ceux qui doutaient encore de la détermination du dictateur Alpha Condé à faire crouler toutes les institutions du pays. 
Le FNDC salue la constance, le courage indéfectible, l’attachement inconditionnel aux valeurs démocratiques et le sens élevé de dignité dont fait montre Oumar Sylla dit Foniké Menguè dans ces douloureuses épreuves que lui impose sans relâche le dictateur Alpha Condé.

Le FNDC demeure engagé avec le peuple opprimé de Guinée à poursuivre le combat contre le 3ème mandat illégal et illégitime imposé dans le sang et par toutes les formes de répression féroce des militants de la démocratie. 

Ensemble unis et solidaires, nous vaincrons !

Conakry, le 10 juin 2021.

La Coordination nationale du FNDC

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Cellou Dalein chez Soulay Thiâ’nguel : « j’étais très choqué et étonné… »

10 juin 2021 à 15 03 52 06526

A la tête d’une forte délégation composée de plusieurs membres de son parti et d’un représentant de ses alliés de l’ANAD, Cellou Dalein Diallo s’est rendu ce jeudi, 10 juin 2021, au domicile de Souleymane Thiâ’nguel Bah, à Conakry. Cette visite intervient trois jours après le retour de l’ancien directeur de la cellule de communication de l’UFDG, qui a passé 5 ans d’exil en France. Le principal opposant du régime Alpha Condé et sa suite sont allés présenter leurs condoléances à leur collaborateur suite au décès de son père, a appris Guineematin.

« Nous sommes venus présenter les condoléances suite au décès du papa de Thiâ’nguel à l’époque. Maintenant que lui-même est revenu, il est de notre devoir de venir encore pour la même cause. Souleymane Thiâ’nguel Bah est un membre du conseil politique de l’UFDG qui était en exil. Le voyant de retour, nous sommes contents, réconfortés et délivrés d’un poids lourd, car son exil nous a longtemps déchiré le cœur. Nous lui présentons les condoléances et nous lui souhaitons la bienvenue », a déclaré Honorable James Deen Baldé, porte-parole de la délégation, cité par la cellule de communication de l’UFDG.

De son côté, Cellou Dalein Diallo a mis cette occasion à profit pour rappeler les circonstances dans lesquelles Souleymane Thiâ’nguel Bah s’est retrouvé en exil en France. Cela, après avoir été accusé d’avoir joué un rôle dans le meurtre du journaliste Mohamed Koula Diallo, en février 2016, devant le siège de l’UFDG. « Quand le papa de Souleymane Thiâ’nguel Bah est décédé, j’étais peiné sachant que son fils aîné qu’il aime et qui l’a beaucoup aidé n’était pas présent pour l’accompagner.

Le voyant aujourd’hui de retour en famille, je lui ai dit que s’il y a quelqu’un qui peut être plus content que moi, ça serait les membres de sa famille. Je me rappelle chaque jour de la manière dont Thiâ’nguel s’est retrouvé sur la liste des accusés. Lorsqu’il y a eu ce problème au siège de l’UFDG, j’étais avec lui. Il n’était même pas sorti. Pendant les enquêtes menées par la gendarmerie, des dizaines de personnes ont été interrogées. Il n’y avait pas Thiâ’nguel sur la liste, personne aussi n’avait prononcé son nom pendant toutes les phases de l’enquête.

Aucun officier de justice n’avait prononcé son nom. Aucun juge ne l’a entendu. C’est lorsque que le juge d’instruction avait parlé de l’Ordonnance de renvoi qu’on a retrouvé son nom dedans. Tout le monde était surpris. J’étais très choqué et étonné. C’était une grave injustice. Et sa condamnation constituait l’une des pires injustices du pays. Voilà comment il a été en exil. Aujourd’hui nous sommes très contents de son retour. Nous prions pour le repos de l’âme de son papa », a déclaré le président de l’UFDG.

En réponse, le porte-parole de la famille de Souleymane Thiâ’nguel Bah a exprimé leur reconnaissance à l’endroit de l’UFDG. « Notre Souleymane Thiâ’nguel Bah connaît tout ce que l’UFDG a fait pour la famille et est très content, puis vous remercie. Toute la famille vous remercie. Vous aviez pris toutes les charges pour les obsèques du vieux quand il est décédé. Beaucoup de choses importantes ont été faites par l’UFDG et nous vous en sommes reconnaissants », a souligné le représentant de la famille, également cité par la cellule de communication de l’UFDG.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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Kankan : une mère risque jusqu’à 5 ans de prison pour avoir abandonné son enfant de 9 mois pour 3 semaines

10 juin 2021 à 15 03 46 06466

C’est un enfant qu’elle a eu à Siguiri avec un homme autre que son mari. Elle l’a gardé neuf mois informé sa famille. Et, quand elle a voulu rentrer chez elle à Dabola (où son mari l’attendait), elle a jugé utile de se débarrasser de ce bébé qui allait surement la couvrir de honte. Ainsi, elle l’a abandonné, il y a un peu plus de trois semaines, à Kabada II, un quartier de la commune urbaine de Kankan. Mais, apparemment, elle n’a pas pu se résoudre à l’idée de perdre cet être qu’elle a porté des mois durant dans son ventre. Aujourd’hui est de retour à Kankan et souhaite récupérer son enfant des mains de la femme qui l’a ramassé. La justice s’est déjà saisi de l’affaire et cette nourrice risque jusqu’à 5 ans de prison pour abandon d’enfant, a appris le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

Selon nos informations, cette pauvre femme est originaire de la sous-préfecture de Batè Nafadji (dans la préfecture de Kankan) et est mariée à Dabola. Seulement, elle a quitté son foyer pour aller à Siguiri à la recherche de travail dans une mine d’or. Malheureusement, sa quête de boulot s’est soldée par une grossesse non désirée à la suite de relations qu’elle a eu avec un homme sur place. Elle a porté cette grossesse et a fini par mettre au monde un bébé (une fille). Elle a pris soin de lui pendant 9 mois ; et ceci, malgré le fait que l’homme qui l’avait mis enceinte n’a pas reconnu sa grossesse. Mais, quand il s’est agit pour elle de rentrer chez son mari à Dabola, elle a abandonné ce nourrisson à Kabada Ⅱ.

« Je suis chez une vendeuse d’haricot d’ici à Kankan. Quand j’ai quitté Siguiri, je suis venue chez Biriki Momo. J’ai quitté là-bas (chez Biriki Momo) parce j’avais mon enfant avec moi et je l’ai jeté au quartier Kabada II. C’est à cause de la peur de mes parents que j’ai jeté mon enfant, parce qu’ils ne savaient pas que j’avais eu un enfant hors mariage. Je ne veux pas mettre ma mère dans la honte, c’est pourquoi j’ai jeté mon fils. Mon mari se trouve à Dabola et le père de mon enfant se trouve à Siguiri, il n’a pas reconnu ma grossesse », a-t-elle expliqué sous anonymat.

A présent, cette pauvre femme veut récupérer son enfant. Apparemment, elle est décidée à élever sa fille, même au prix des insultes de sa famille et d’une éventuelle répudiation de la part de son mari.

« Je demande aux personnes de bonnes volontés de me venir en aide, qu’elles aillent demander pardon à la dame qui a pris mon enfant pour que moi-même je prenne soins d’elle (le bébé). Je ne vais plus lui faire du mal. Là où j’étais, on ne m’a rien fait là-bas. C’est à cause de mon enfant que j’ai quitté, parce que mes parents connaissaient le lieu c’est pourquoi j’ai vite quitté là-bas. Et, je suis en désaccord avec mon mari », a-t-elle fait savoir.

En Guinée, l’abandon (ou le délaissement) d’enfant est prévu et puni par loi. Car, le code pénal, dans son article 295, stipule que : « Le délaissement, en un lieu quelconque, d’une personne qui n’est pas en mesure de se protéger en raison de son âge ou de son état physique ou psychique est puni d’un emprisonnement de 1 à 3 ans et d’une amende de 500.000 à 5.000.000 de francs guinéens ». Cependant, pour le cas de cette femme, le procureur de la république près le tribunal de première instance de Kankan, Aly Touré, relève une « circonstance aggravante » qui pourrait amener un tribunal à condamner la mère jusqu’à 5 ans de prison.

« Le fait pour cette femme de jeter son enfant à un endroit qui ne permet pas à l’enfant de se protéger lui-même est une infraction. C’est ce qu’on appel le délaissement d’un enfant ; et c’est prévu par l’article 295 du code pénal guinéen, qui prévoit une peine allant d’un an à 3ans d’emprisonnement.

Maintenant, la circonstance aggravante dans cette situation, c’est parce que la personne qui a délaissée l’enfant est la mère biologique de l’enfant. Si c’était une autre personne, c’est jusqu’à 3 ans. Mais, puisqu’il s’agit des ascendants, c’est la maman, la peine va jusqu’à 5ans d’emprisonnement et l’amende jusqu’à dix millions francs », a expliqué le procureur Aly Touré.

Par ailleurs, ce parquetier a laissé entendre que le tribunal pour enfant s’est déjà saisi du dossier de cette femme et a placé l’enfant délaissé dans une famille d’accueille. « C’est à lui (le tribunal) de décider si la maman peut récupérer son enfant ou non », a précisé le procureur Aly Touré.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Me Béa sur la condamnation de Madic 100 frontière : « notre appel a prospéré »

10 juin 2021 à 15 03 11 06116

De la satisfaction, c’est le sentiment qu’éprouvent les avocats de Mamadi Condé, alias Madic 100 frontière, célèbre militant de l’UFDG. Cela fait suite à la publication de la décision de la Cour d’appel de Conakry dans le procès de l’opposant guinéo-canadien, très actif sur les réseaux sociaux. Dans son arrêt rendu ce jeudi, 10 juin 2021, la juridiction supérieure a réduit la peine infligée à Madic 100 frontière en première instance de 5 ans à 1 an d’emprisonnement ferme. Elle a aussi annulé aussi l’amende de 100 millions de francs que le tribunal de Dixinn l’avait condamné à payer. Même s’il estime que le droit n’a pas été dit dans cette affaire, Me Salifou Béavogui, membre du collectif des avocats de l’opposant, semble apprécier cette décision de la Cour d’appel de Conakry.

« Je ne peux que me réjouir et dire Dieu merci, parce que sa peine a été ramenée de 5 ans à un an d’emprisonnement, et il n’y a plus d’amende. Donc notre appel a prospéré. Parce que dans un peu plus de 5 mois maintenant, il pourra retrouver sa liberté, et regagner sa famille et les siens. Nous estimons que le droit n’a pas été dit, parce que nous avons toujours contesté les faits, nous avons contesté les infractions. Mais entre te couper le bras et la tête, tu vas préférer qu’on te coupe le bras, parce que tu peux toujours avoir un autre bras. Mais si on te coupe la tête, ce n’est pas possible de la remplacer. Donc nous disons Dieu merci. Et je rencontrerai notre client en prison dans les heures qui vont suivre pour voir si on peut faire un pourvoi ou pas. Mais en ce qui me concerne, je pense que cette décision-là est mieux que la première qui était très lourde, en termes d’emprisonnement et d’amende », a réagi Me Salifou Béavogui.

Arrêté lors de la crise qui a suivi l’élection présidentielle du 18 octobre 2020, Mamadi Condé, alias Madic 100 frontière, a été placé sous mandat de dépôt le 26 novembre 2020. Il a déjà purgé donc plus de la moitié de sa peine.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Congo : au pays de « l’Empereur » Sassou, triste anniversaire pour la conférence nationale

10 juin 2021 à 14 02 13 06136
Sassou Nguesso

BRAZZAVILLE, 10 JUIN 2021 (AFP) – « On peut dire que la déception est totale »: plus qu’ailleurs en Afrique, les opposants au Congo-Brazzaville célèbrent avec amertume le 30e anniversaire de leur « conférence nationale » vers la démocratie, quelques semaines après la réélection écrasante de l’indéboulonnable président Sassou Nguesso.

C’était en 1990-91, dans la foulée de la chute des dictatures soviétiques. Le président français François Mitterrand mettait en garde les autocrates africains -dont Denis Sassou Nguesso- au sommet de la Baule: sans démocratie, moins d’aide.

Du Bénin au Zaïre (actuelle RDC), en passant par le Gabon et la Côte d’Ivoire, des « conférences nationales » ouvertes aux opposants ont tenté d’écrire les règles du multipartisme.

Le succès a été foudroyant à Brazzaville. Un an après la fin de la conférence le 10 juin 1991, le président Denis Sassou Nguesso était battu par Pascal Lissouba aux élections.

Encore aujourd’hui, il s’agit du seul exemple d’alternance en Afrique centrale, mis à part le compromis politique qui a conduit à la passation de pouvoir entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi en République démocratique du Congo en janvier 2019.

Trente ans et quatre guerres civiles plus tard, le président Denis Sassou Nguesso, 77 ans dont 37 au pouvoir, a été réélu en mars pour un quatrième mandat avec plus de 88% des voix. Son fils a été nommé ministre.

Né de la conférence nationale, le principal parti d’opposition UPADS a boycotté le scrutin du 21 mars, en dénonçant ses conditions d’organisation.

Fils d’une figure de 1991, le candidat de l’opposition Guy-Brice Parfait Kolélas est décédé du Covid le lendemain du scrutin. Il a été crédité de 7,84% des voix selon le résultat officiel.

Les opposants du précédent scrutin de 2016 (Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa) sont en prison, condamnés à des peines de 20 ans pour « atteinte à la sécurité de l’Etat ».

Dans ce pays où l’opposition est décapitée, l’esprit de la « conférence nationale » s’est largement dissipé.

« On peut constater avec regret que la plupart des acquis de la conférence ont été remis en cause », affirme à l’AFP l’opposant Clément Miérassa.

– Espoirs déçus –

La promotion de la démocratie, la lutte contre la corruption, la réconciliation nationale étaient entre autres valeurs prônées par la conférence nationale, se souvient M. Muiérassa, 72 ans, un économiste qui a joué un rôle actif à l’époque.

Fondateur du Parti social démocrate congolais (PSDC) il a fait partie du gouvernement de transition (1991-1992) avec un Premier ministre, André Milongo, disposant des prérogatives d’un chef d’Etat.

La lutte contre la corruption passait par « la Commission des biens mal acquis », ajoute Clément Miérassa.

« Aujourd’hui l’indice de perception de la corruption est de 19/100, faisant apparaître le Congo comme l’un des pays les plus corrompus du monde, dans le top 10 des pays les plus corrompus d’Afrique », constate-t-il. 

Des enquêtes ont été ouvertes en France sur les « bien mal acquis » de la famille présidentielle.

« La Conférence a suscité beaucoup d’espoirs au sein de la population », se rappelle Grégoire Lefouoba, un autre ancien de 1991.

La conférence voulait débarrasser le Congo de tous ses vieux démons, ajoute-t-il: « le tribalisme, le clanisme, le favoritisme, le clientélisme et surtout la violence politique érigée en art politique ».

Participant à la conférence nationale, M. Lefouoba a été ministre du président Lissouba. Il milite aujourd’hui au PCT, le parti au pouvoir.

– Des regrets –

En 30 ans de démocratie, le Congo a enregistré au moins quatre guerres civiles, dont celle de 1997 qui a permis le retour au pouvoir de Denis Sassou Nguesso.

« L’histoire politique du Congo depuis l’indépendance n’est qu’une succession de violences », remarque Ulrich Stevio Baralangui, enseignant d’histoire à l’université Marien Ngouabi.

Dans son dernier discours d’investiture, le président Sassou Nguesso a parlé de « rupture avec les mentalités déviantes et les comportements pervers du passé », dont « la corruption, la fraude » et « le népotisme et la tendance à la gabegie ».

Ailleurs en Afrique, les « conférences nationales » ont connu des fortunes diverses, des alternances au Bénin au maintien de la famille Bongo au pouvoir au Gabon, en passant par des épisodes de violence en Côte d’Ivoire et en RDC.

Quant au président Sassou Nguesso, ses homologues de Guinée et de Côte d’Ivoire l’appellent désormais « l’Empereur ».

AFP

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Foniké Menguè condamné à 3 ans de prison : ses avocats annoncent une nouvelle bataille

10 juin 2021 à 13 01 30 06306
Oumar Sylla, alias Foniké Mengué, responsable en charge des antennes et de la mobilisation du FNDC

Comme annoncé précédemment, Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, responsable de la mobilisation et des antennes du FNDC (Front National pour la Défense de la Constitution) a été condamné 3 ans de prison ferme. Cette décision a été rendue publique ce jeudi, 10 juin 2021, par la Cour d’appel de Conakry. La défense de l’opposant au troisième mandat du président Alpha Condé dénonce une « décision bancale » et annonce qu’elle va l’attaquer devant la Cour suprême. C’est Me Abdoulaye Keïta, membre du collectif des avocats de Foniké Menguè, qui a annoncé cette nouvelle bataille, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui est sur place.

Me Abdoulaye Keïta, membre du collectif des avocats de Foniké Menguè

« C’est une surprise pour nous. On ne s’attendait pas à cette condamnation. La défense s’attendait à la relaxe pure et simple de Foniké Menguè. Vous savez qu’au niveau du tribunal de première instance de Dixinn, Foniké Menguè avait été relaxé purement et simplement sur la base de l’article 544. Maintenant, puisqu’il y a eu jonction de procédures : la procédure de Dixinn et celle de Mafanco, le procureur avait requis 2 ans de prison ferme. Aujourd’hui, la Cour d’appel de Conakry le condamne à 3 ans de prison ferme. C’est une décision bancale. Et la défense ne va pas se limiter là, elle va continuer le combat jusqu’au bout. Nous allons user de nos voies de recours pour aller devant la Cour suprême », a annoncé l’avocat.

A rappeler que ce procès en appel de Foniké Menguè portait sur deux dossiers. Dans le premier dossier, l’opposant au troisième mandat du président Alpha Condé était poursuivi pour « communication et diffusion de fausses informations, menaces notamment de violence ou de mort ». Des faits pour lesquels il a été jugé et déclaré non coupable, le 28 août 2020, par le Tribunal de Première Instance de Dixinn. Une décision contre laquelle le procureur de la République près le TPI de Dixinn avait aussitôt relevé appel.

Dans le second dossier, l’activiste de la société civile était poursuivi pour « provocation directe d’un attroupement non armée suivi d’effets ». Des faits dont il a été déclaré coupable et condamné, le 28 janvier 2021, à 11 mois d’emprisonnement par le Tribunal de Première Instance de Mafanco. Une décision jugée injuste par les avocats du prévenu, qui ont interjeté appel pour réclamer l’ouverture d’un nouveau procès devant la Cour d’appel de Conakry.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620589527/664413227

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Conakry : la Cour d’appel réduit fortement la peine de Madic 100 frontière

10 juin 2021 à 12 12 49 06496
Mamadi Condé, alias Madic 100 frontière

Après plusieurs reports, l’arrêt de la Cour d’appel de Conakry dans le procès de Mamadi Condé, alias Madic 100 frontière, est tombé ce jeudi 10 juin 2021. La juridiction supérieure a condamné le célèbre militant de l’UFDG à un an d’emprisonnement ferme. Une peine nettement inférieure à celle qui lui avait été infligée en première instance, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Arrêté lors de la crise qui a suivi l’élection présidentielle du 18 octobre 2020, Mamadi Condé, alias Madic 100 frontière, a été condamné le 8 février 2021, à 5 ans d’emprisonnement et au paiement de 100 millions de francs guinéens d’amende. Une décision prononcée par le tribunal de première instance de Dixinn, qui l’a reconnu coupable d’atteinte aux institutions de la République, téléchargement, diffusion et mise à la disposition d’autrui, de messages de nature à troubler l’ordre et la sécurité publics.

Des faits que l’opposant, résidant au Canada, avait partiellement reconnus lors de son procès, demandant pardon à toutes les personnes qu’il a attaquées dans ses publications sur sa page Facebook. Ses avocats avaient alors interjeté appel contre cette décision, ce qui a permis l’ouverture d’un nouveau procès devant la Cour d’appel de Conakry.

Au cours de ce procès, le parquet général a demandé la réduction de la peine infligée à l’opposant de 5 à 1 an d’emprisonnement. De leur côté, les avocats de la défense ont demandé la relaxe pure et simple de leur client, non coupable selon eux des faits retenus contre lui en première instance. Attendue depuis le 22 avril dernier, la décision de la Cour d’appel de Conakry n’est intervenue que ce 10 juin 2021.

Une décision qui va sans doute réjouir le principal concerné, qui pourra recouvrer sa liberté dans un peu plus de cinq mois. Car Madic 100 frontière, placé sous mandat de dépôt le 26 novembre 2020, a déjà purgé plus de la moitié de sa peine.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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Urgent : Foniké Menguè condamné à 3 ans de prison

10 juin 2021 à 10 10 54 06546
Oumar Sylla, alias Foniké Mengué, responsable en charge des antennes et de la mobilisation du FNDC

C’est une mauvaise nouvelle pour Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, et ses proches. La Cour d’appel de Conakry a condamné le responsable de la mobilisation et des antennes du FNDC (Front National pour la Défense de la Constitution) à 3 ans de prison ferme. Cette décision a été annoncée ce jeudi, 10 juin 2021, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Ce procès en appel de Foniké Menguè portait sur deux dossiers. Dans le premier dossier, l’opposant au troisième mandat du président Alpha Condé était poursuivi pour « communication et diffusion de fausses informations, menaces notamment de violence ou de mort ». Des faits pour lesquels il a été jugé et déclaré non coupable, le 28 août 2020, par le Tribunal de Première Instance de Dixinn. Une décision contre laquelle le procureur de la République près le TPI de Dixinn avait aussitôt relevé appel.

Dans le second dossier, l’activiste de la société civile était poursuivi pour « provocation directe d’un attroupement non armée suivi d’effets ». Des faits dont il a été déclaré coupable et condamné, le 28 janvier 2021, à 11 mois d’emprisonnement par le Tribunal de Première Instance de Mafanco. Une décision jugée injuste par les avocats du prévenu, qui ont interjeté appel pour réclamer l’ouverture d’un nouveau procès devant la Cour d’appel de Conakry.

A l’issue des débats, la Cour d’appel de Conakry a conclu que M. Oumar Sylla est coupable des faits qui lui sont reprochés et a prononcé une peine de trois ans d’emprisonnement à son encontre.

Nous y reviendrons !

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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Madina Oula (Kindia) : un enfant retrouvé égorgé dans la case de sa mère

10 juin 2021 à 10 10 18 06186
image d’archive

Un enfant de 4 ans a été retrouvé mort égorgé hier, jeudi 10 juin 2021, à Colba, un secteur relevant du district de Madina, dans la sous-préfecture de Madina Oula (Kindia). Le corps de la victime, Mamadou Saliou Bah, se trouvait dans la case de sa mère, qui était également à l’intérieur. Cette dernière a été interpellée avec son mari et quatre autres membres de la famille, a appris Guineematin.com à travers un de ses correspondants à Kindia.

Joint au téléphone, Mme M’mah Sylla, maire de la commune rurale de Madina Oula, a indiqué que le corps de l’enfant égorgé a été retrouvé dans le lit de sa mère, Aïssata Barry. « La mère de la victime, qui avait aussi des traces de blessures au niveau de son cou, était assise à côté. Interrogée sur les faits, elle n’a donné aucune explication. C’est ainsi que j’ai appelé les autorités de Kindia qui ont envoyé des gendarmes. Après leur constat, le corps a été remis à la famille pour l’inhumation. Et six personnes ont été interpellées, dont le père, la mère et la marâtre de la victime, ainsi que trois autres proches de la famille », a confié l’autorité locale.

Les agents de sécurité ont saisi aussi un couteau, un coupe-coupe et un sabre, retrouvés sur les lieux. Les six suspects ont été conduits avec ces objets à la gendarmerie territoriale de Kindia pour des fins d’enquête.

Nous y reviendrons !

De Kindia, Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224)628516796

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France : ces présidents agressés avant Emmanuel Macron

10 juin 2021 à 10 10 05 06056

Le chef de l’État français a reçu une gifle de la part d’un jeune homme, le mardi dernier, 08 juin 2021, à Tain l’Hermitage dans la Drôme. Une agression rare mais pas inédite envers un président ou un Premier ministre en exercice.

La scène a eu lieu durant un déplacement d’Emmanuel Macron à Tain l’Hermitage, dans la Drôme, nouvelle étape de son déplacement accompagnant la reprise du pays, post-Covid-19.

Macron s’approche d’un groupe de personnes massées derrière des barrières, puis échange brièvement avec un homme. Saisissant l’avant-bras du président, l’individu lui assène une gifle, ou « une tentative de gifle », préfère l’entourage du président, qui a poursuivi sa visite, a priori donc, sans séquelle physique. L’agresseur, un Drômois de 28 ans, a été interpellé avec un accompagnant du même âge. De Marine Le Pen (RN) à Fabien Roussel (PCF), en passant par Gérard Larcher (LR), Olivier Faure (PS) ou encore François Hollande, l’intégralité de la classe politique française a fustigé l’acte commis contre le président. 

Et pourtant ce n’est pas première fois qu’un président de la République française est agressé par un citoyen. Même si certains pensent à tort que cela n’est possible que depuis la démystification voire la banalisation de la fonction présidentielle par un certain François Hollande. Avant Macron, Nicolas Sarkozy avait été agressé le 30 juin 2011 à Brax (Lot-et-Garonne). Un homme de 32 ans, employé municipal d’Agen, agrippe la veste du président Sarkozy en train de saluer des habitants rassemblés derrière une barrière de sécurité. Regrettant son geste par la suite, il déclare avoir voulu dire au chef de l’Etat qu’il faut « écouter les gens qui l’ont élu ». Il sera condamné à six mois de prison avec sursis. 

Le 23 juin 2010, au cours d’une visite de Nicolas Sarkozy dans des quartiers sensibles de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), un jeune homme de 21 ans lui lance : « Va te faire enculer connard, ici t’es chez moi ». L’homme est blessé lors de l’interpellation et condamné à 35 heures de travaux d’intérêt général pour outrage au chef de l’Etat. 

Comme nous l’avons dit, il n’y a pas que les derniers chefs d’Etat français qui ont fait l’objet d’agression physique. Le très charismatique Jacques Chirac a essuyé une tentative de meurtre et crachats. Le 14 juillet 2002, Maxime Brunerie, 25 ans, tente d’atteindre M. Chirac avec un fusil 22 long rifle dissimulé dans un étui à guitare lors du défilé présidentiel sur les Champs-Elysées. Le tir est dévié par un spectateur. Brunerie est condamné en décembre 2004 à dix ans de réclusion criminelle. Il est libéré en août 2009. 

Le 4 mars 2002, le même président Chirac, qui effectue son deuxième déplacement sur le thème de la sécurité durant la campagne présidentielle, est la cible de crachats à Mantes-la-Jolie (Yvelines), en pleine affaire sur les marchés publics d’Ile-de-France, tandis que fusent quelques « Chirac voleur ». 

Même le héros de Seconde Guerre mondiale a échappé à des tentatives d’assassinat. En effet, le Général de Gaulle a été victime d’une des plus graves atteintes à un président de la République en exercice. A cinq reprises, entre 1961 et 1965, des attentats ont visé le héros de la Seconde Guerre mondiale. Le plus grave ayant été celui du « Petit-Clamart« , organisé par une douzaine de partisans de l’Algérie française de l’OAS armés jusqu’aux dents. Heureusement, sans faire de victimes. 

Plus récemment encore, Lionel Jospin a été aspergé de ketchup. Le 17 avril 2002, venu à Rennes pour son dernier meeting de campagne présidentielle, le Premier ministre-candidat est aspergé de ketchup par deux jeunes mineurs alors qu’il remontait l’allée centrale du Parc des expositions où il devait prendre la parole devant 7000 personnes. 

Pour revenir à Emmanuel Macron, quand il était ministre de l’Economie, il avait été pris pour cible le 6 juin 2016 par des manifestants hostiles à la loi duTravail, qui lui avaient jeté des œufs lors d’un déplacement à Montreuil (Seine-Saint-Denis) en lui criant « casse-toi ! ». 

Comme on le voit, ce n’est ni la banalisation de la fonction présidentielle ces dernières années ni l’âge de Macron encore moins le manque de charisme de l’actuel président français qui lui a valent la paire de gille qu’il a reçue. Avant lui beaucoup d’autres, et non des moindres, avaient été pris pour cible. Y compris l’un des plus hommes politiques que la patrie des droits de l’homme a connus. En l’occurrence le général De Gaulle. C’est donc une triste tradition française que de s’en prendre à un chef d’Etat. Une situation inimaginable sur le continent noir. D’ailleurs beaucoup d’internautes ironisent en disant qu’il faut d’avance présenter les condoléances aux familles d’éventuels candidats pour la gifle présidentielle. Les exemples pris ci-haut constituent, s’il en était besoin, qu’en dépit de tout, la France reste un modèle. Car aucun agresseur d’un président n’a pris la perpétuité. A plus forte raison d’être abattu par la garde rapprochée du président victime d’agression. Si c’était sous les tropiques, celui que notre confrère Mamane de RFI appelle « sergent s’en fou la mort » aurait logé une balle dans la tête de l’agresseur.

A cette exécution sommaire, l’opposition aurait été accusée d’être en connivence avec l’agresseur. Ou encore les puissances étrangères. Car si, comme nous l’avons dit, les fonctions présidentielles sont banalisées de nos jours en France, ce n’était pas le cas sous le règne de De Gaulle. C’est comme si quelqu’un tentait d’assassiner Sékou Touré. Contrairement à l’agresseur de De Gaulle, si l’agressé était un africain son agresseur n’aurait jamais eu la chance de passer devant un juge.

C’est cela la démocratie, la vraie. Autant elle vous met à l’abri d’un coup d’Etat militaire, avec à la clé l’assassinat du président avec parfois femme et enfants, autant elle vous fragilise. Si vous n’êtes pas un citoyen comme un autre, vous n’êtes pas non plus un demi-dieu.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

Téléphone : 664 27 27 47

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Fermeture des mines d’or de Gaoual : le gouverneur de Boké dément son homologue de Labé

10 juin 2021 à 8 08 37 06376
Général de brigade Siba Severin Lohalamou, gouverneur de la région administrative de Boké

En annonçant la fermeture des mines d’or découvertes récemment dans la préfecture de Gaoual, et qui font l’objet d’une grande convoitise, le gouverneur de la région administrative de Labé avait laissé entendre que cette décision a été prise en concertation avec les autorités administratives et les élus locaux de la région de Boké.

Mais au lendemain de la publication de cette déclaration, le gouverneur de la région de Boké a démenti son homologue de Labé. Le général Siba Sévérin Lohalamou dit n’avoir pas été associé à la déclaration de Madifing Diané. Il a fait cette annonce peu après son arrivée à Gaoual ce mercredi, 9 juin 2021.

« J’ai appris comme vous que monsieur le gouverneur de la région de Labé est intervenu. Ça a surpris plus d’un guinéen y compris moi-même. Quand on sait les découpages administratifs de notre pays, Gaoual ne relevant pas de Labé, alors je ne sais pas pourquoi monsieur le gouverneur de Labé a fait cette déclaration.

C’est un cadre aguerri, plein d’expérience, il a dû avoir les instructions. Mais dire que j’ai été associé à cette déclaration, il n’avait pas réussi à me joindre… Donc je n’ai pas été associé à cette déclaration », a réagi le gouverneur de la région administrative de Boké.

Il dit être venu à Gaoual pour transmettre le message du gouvernement aux acteurs qui sont sur le terrain. « La déclaration qu’il faille faire sera faite demain (ce jeudi 10 juin, ndlr). Les instructions du gouvernement seront transmises aux autorités et aux populations de Gaoual demain. Au-delà, tous les jeunes venus de partout ailleurs, ils vont recevoir les instructions du gouvernement demain par ma voix, en tant qu’autorité locale…

Donc les choses sont claires, il n’y a pas péril en la demeure pour le moment, il n’y a pas lieu de rester à des kilomètres pour faire des déclarations. Nous, nous venons sur le terrain, parce que on le dit dans le langage militaire, c’est le terrain qui commande », a dit le général Siba Lohalamou.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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3ème mandat d’Alpha Condé : Mme Bangoura Hadja Fatou Doumbouya du RPG condamnée pour « offense au chef de l’Etat »

10 juin 2021 à 8 08 20 06206
Madame Bangoura Hadja Fatou Doumbouya

« J’ai dénoncé le fait que l’unique fils que j’ai et qu’on devait enrôler dans l’armée ne soit pas enrôlé. On l’a envoyé à Kissidougou pour être enrôlé ; mais, il n’a pas été enrôlé… De surcroît, on m’a demandé 5 millions pour qu’il soit enrôlé. C’est ce qui m’a aussi de plus énervé. Que je me batte pour un parti qui arrive au pouvoir et les cadres de ce parti me demandent de l’argent pour l’enrôlement de mon fils, c’est vraiment difficile… ».

Madame Bangoura Hadja Fatou Doumbouya, une militante du RPG arc-en-ciel (parti au pouvoir en République de Guinée depuis plus de dix), a été condamnée à 18 mois de prison dont 14 assortis de sursis par le tribunal de première instance de Mafanco. Elle était poursuivie pour « offense sur la personne du président de la République (Alpha Condé), production, diffusion et mise à disposition d’autrui des données de nature à troubler l’ordre public, injures par le biais d’un système informatique ». Des faits que la prévenue a reconnus dès l’ouverture de son procès, rapporte le journaliste que Guineematin.com avait dépêché au tribunal pour suivre ce procès.

C’est une condamnation synonyme de remise en liberté pour Madame Bangoura Hadja Fatou Doumbouya. Incarcérée à la maison centrale depuis le 29 janvier dernier, cette militante très engagée du RPG arc-en-ciel a été condamnée à une peine de prison assortie de sursis pour les faits qui lui sont reprochés. Des faits qu’elle avait reconnus devant le tribunal correctionnel de Mafanco où elle s’était confondue en excuses à la barre à l’ouverture de son procès, le 03 juin dernier.

« Tout ça, c’est parce que j’ai aimé le président de la République et son parti pour lequel je me suis toujours battue. Oui, je reconnais avoir produit la vidéo dont on parle… J’ai dénoncé le fait que l’unique fils que j’ai et qu’on devait enrôler dans l’armée ne soit pas enrôlé. On l’a envoyé à Kissidougou pour être enrôlé ; mais, il n’a pas été enrôlé… De surcroît, on m’a demandé 5 millions pour qu’il soit enrôlé. C’est ce qui m’a aussi de plus énervé. Que je me batte pour un parti qui arrive au pouvoir et les cadres de ce parti me demandent de l’argent pour l’enrôlement de mon fils, c’est vraiment difficile. Mais, ce que j’ai dit, je le regrette aujourd’hui. Je demande pardon au tribunal et au gouvernement », avait dit Madame Bangoura Hadja Fatou Doumbouya devant cette juridiction de première instance.

Visiblement, son appel au pardon a été entendu par le tribunal correctionnel. Car, bien qu’elle a été déclarée coupable d’offense au chef de l’Etat, Madame Bangoura Fatou Doumbouya n’a été condamnée qu’à 18 mois de prison dont 14 mois assortis de sursis. En termes clairs, elle vient de recouvrer sa liberté, même si l’épée de Damoclès reste suspendue sur sa tête pour au moins 5 ans…

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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Dialogue politique : l’UFDG prend une nouvelle décision ferme

10 juin 2021 à 7 07 44 06446

Au terme d’une réunion de son conseil politique tenue ce mercredi, 9 juin 2021, l’UFDG a pris une nouvelle décision par rapport au dialogue politique en perspective. Le principal parti d’opposition du pays annonce qu’il ne parlera plus de ce sujet qui fait débat au sein de la classe politique tant que :

« Les cadres et militants de l’UFDG de l’ANAD et du FNDC seront maintenus en prison ; les bâtiments de l’UFDG abritant son siège et ses bureaux seront fermés et occupés par les forces de défense et de sécurité ; le président du parti (Cellou Dalein Diallo), son épouse et ses proches collaborateurs seront arbitrairement privés de leurs droits et libertés de voyager ».

Guineematin.com vous propose ci-dessous le communiqué du parti :

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