Détentions préventives prolongées en Guinée : 9 ans, 9 mois et 2 semaines sans jugement…

4 juin 2021 à 23 11 55 06556

Placée sous mandat de dépôt le 18 août 2011 et écrouée à la maison centrale de Conakry pour « coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner », Fatoumata Lamarana Bah était devenue l’une des oubliées de la justice guinéenne. Elle a passé 9 ans 9 mois et 2 semaines en prison sans être jugée pour les faits qu’on lui reproche et dont elle ne nie pas avoir commis. Et, dans cette affaire, la partie civile est même devenue introuvable, a appris un reporter de Guineematin.com qui suit cette affaire.

En Guinée, la justice est souvent pointée du doigt pour les détentions préventives prolongées et abusives de citoyens en conflit avec la loi. Le respect des dispositions du Code de procédure pénale sur la détention provisoire est parfois le cadet des soucis des parquets. Et, cette attitude de ces magistrats, symbole d’un mépris à l’égard de la loi et des personnes en conflit avec la loi, porte préjudice aux prévenus et accusés en attente de jugement dans les différentes prison du pays. C’est clairement une violation des droits des détenus à bénéficier d’un procès juste et dans les délais impartis par la loi. Et, pourtant, il n’existe aucun vide juridique en la matière. Car, le Code de procédure pénale, dans sa section 3, paragraphe 1, articles 236, 237 et suivants, règle clairement la question.

« En matière correctionnelle, lorsque le maximum de la peine prévue par la loi est inférieur à 6 mois d’emprisonnement, l’inculpé domicilié en Guinée ne peut être détenu plus de 5 jours, après sa première comparution devant le juge d’instruction, s’il n’a pas déjà été condamné soit pour un crime, soit à un emprisonnement de plus de 3 mois sans sursis, pour infraction de droit commun. Dans les autres cas, la détention provisoire ne peut excéder 4 mois. Si le maintien en détention au-delà de 4 mois apparaît nécessaire, le juge d’instruction peut, avant l’expiration de ce délai, décider la prolongation par ordonnance spécialement motivée, rendue sur les réquisitions également motivées du procureur de la République. Aucune prolongation ne peut être prescrite pour une durée de plus de 4 mois sans que la durée totale de la détention provisoire ne dépasse 12 mois, sauf si l’inculpé est poursuivi pour avoir participé à la commission des infractions de détournement de deniers publics, vol de bétail, traite d’enfants auxquels cas une prolongation exceptionnelle de 4 mois sera accordée. Toutefois, saisi de réquisitions du procureur de la République tendant au placement en détention provisoire, si le juge d’instruction estime que cette détention n’est pas justifiée, il est tenu de statuer sans délai par ordonnance motivée qui est immédiatement portée à la connaissance du procureur de la République.

En matière criminelle, l’inculpé ne peut être maintenu en détention au-delà de 6 mois, après sa première comparution devant le juge d’instruction s’il n’a pas déjà été condamné à un emprisonnement de plus de 3 mois sans sursis, pour infraction de droit commun. Toutefois, si le maintien en détention au-delà de 12 mois apparaît nécessaire, le juge d’instruction peut, avant l’expiration de ce délai, décider la prolongation par ordonnance spécialement motivée rendue sur les réquisitions également motivées du procureur de la République pour une durée de 6 mois. En aucun cas, la durée totale de la détention ne peut excéder 18 mois, sauf si l’inculpé est poursuivi pour avoir participé à la commission des infractions suivantes : crime de guerre, crime de génocide, crime contre l’humanité, crime d’agression, terrorisme, trafic de stupéfiants, pédophilie, crime organisé, crime transnational ou atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. La durée peut, dans ces cas, être portée à 24 mois », lit-on dans le Code de procédure pénale.

En termes clairs, en matière criminelle (puisque c’est de cela qu’il s’agit dans l’affaire Fatoumata Lamarana Bah), la détention provisoire ne doit en aucun cas dépasser 24 mois (soit 2 ans). Mais, dans le cas de la pauvre accusée Fatoumata Lamarana Bah, ce délai a été largement dépassé. Elle est poursuivie pour « coups et blessures ayant entrainés la mort sans intention de la donner », une infraction prévue et punie par l’article 243 du Code pénal et suivants. Elle est en détention depuis le 18 août 2010 ; et, c’est seulement ce 1er juin 2021 que son dossier a été évoqué devant le tribunal criminel de Mafanco.

A la barre, Fatoumata Lamarana Bah a reconnu sans ambages les faits qui lui sont reprochés et a présenté des excuses. Elle a indiqué avoir agi sous la le poids et que son intention n’était aucunement de tuer sa victime (une femme qui venait de gifler son enfant).

« Un jour, il y a eu un malentendu entre une femme voisine et moi. Suite à cette altercation, elle (sa voisine) est allée gifler mon enfant. Et, quand elle l’a giflé, le sang est sorti. Moi aussi je suis allée chez elle (sa voisine), j’ai pris une eau chaude qui se trouvait dans une de ses marmites, j’ai versé sur elle. On l’a envoyé à l’hôpital, mais elle a succombé à ses brûlures. Je reconnais avoir fait ce qui n’est pas bon. Je demande pardon », a déclaré Fatoumata Lamarana Bah visiblement très éprouvée par les peines de la prison.

Cependant, le ministère public a requis finalement requis 15 ans de prison à son encontre. Mais, Son avocat a plaidé pour une « condamnation au temps mis » en prison. Et, finalement, le tribunal a mis le dossier en délibéré pour décision être rendue le 15 juin prochain.

A noter que Fatoumata Lamarana Bah a été jugé à l’absence de la partie civile. Cette partie au procès serait « introuvable ». Lassée d’attendre un procès qui semble avoir voyagé dans la nuit des temps, la partie civile aurait changé d’adresse sans en informer le parquet de Mafanco. Autant dire que Fatoumata Lamarana Bah avait été jetée dans les oubliettes. Et, comme elle beaucoup d’autres guinéens souffrent actuellement de cette autre forme de violation des droits de l’homme en Guinée.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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Dialogue politique : Guinée moderne réclame un cadre qui permettra le départ d’Alpha Condé

4 juin 2021 à 23 11 53 06536
Thierno Yaya Diallo, président du parti Guinée Moderne

Le parti Guinée moderne n’est pas opposé au dialogue politique en perspective en Guinée. Mais la formation politique d’opposition pose des conditions pour participer à un tel cadre de concertation. Il s’agit de faire participer la communauté internationale et de discuter du départ du président Alpha Condé. C’est son président qui l’a fait savoir au cours d’un point de presse tenu ce vendredi, 4 juin 2021, à Conakry, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Depuis la publication d’une tribune dans laquelle Chérif Bah, Ousmane Gaoual Diallo et Cellou Baldé (trois responsables de l’UFDG détenus depuis 7 mois à la Maison centrale de Conakry), les réactions ne cessent de se faire entendre au sein de la classe politique guinéenne. Le parti Guinée moderne a donné sa position sur la question ce vendredi. Par la voix de son président, Thierno Yaya Diallo, la formation politique membre de l’ANAD (Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie) se dit favorable à un dialogue politique, mais pas tel que le pouvoir est en train de procéder.

« Ce dialogue dont on parle n’offre pas le cadre que nous souhaitons aujourd’hui. Nous ne pensons pas que le premier ministre, Kassory Fofana, et Fodé Bangoura soient les bonnes personnes pour nous mener au dialogue. Aujourd’hui, nous avons deux présidents en Guinée. Nous avons un président élu qui n’exerce pas, qui est Cellou Dalein Diallo, que l’ANAD a soutenu pour qu’il gagne avec 53,5% des votes (lors de la présidentielle du 18 octobre 2020). Et nous avons un président qui a fait un forcing et qui exerce le pouvoir aujourd’hui.

Donc le problème, c’est entre les deux, c’est-à-dire Cellou Dalein et Alpha Condé. Il faut trouver un cadre de dialogue qui va permettre à ces deux personnes de résoudre le contentieux qui les oppose et qu’on dise qui est le président de la République. C’est ça le contentieux. Je pense donc qu’il faut élever ce cadre de dialogue à un niveau international, c’est-à-dire faire intervenir la communauté internationale en tant que médiateur. Nous voulons cette fois qu’il y ait un cadre de dialogue qui soit contraignant et que la communauté internationale soit témoin », a dit l’opposant.

Après ces conditions préalables, le parti estime que les discussions doivent porter sur le départ du président Alpha Condé. « Il faut cette fois-ci aller à un dialogue nous amène à un accord qui permettra de mettre Alpha Condé de côté afin qu’on puisse installer le président élu par le peuple de Guinée, qui est Cellou Dalein Diallo ; ou à défaut, qu’on puisse mettre en place un organe de transition qui va rapidement nous permettre d’avoir un président élu et accepté par la population guinéenne », a dit le président de la formation politique, Thierno Yaya Diallo.

Amadou Lama Diallo pour Guineematin.com

Tel. 621686148

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N’Zérékoré : plusieurs acteurs locaux outillés sur les droits économiques, sociaux et culturels

4 juin 2021 à 20 08 42 06426

Un atelier régional d’échanges sur le droit au développement, les droits économiques, sociaux et culturels et la reconstruction en mieux post-COVID-19, s’est ouvert ce jeudi, 3 juin 2021, à N’Zérékoré. Organisé par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH), il regroupe des cadres de l’Administration publique, des Agences des Nations Unies et des organisations de la société civile en Guinée. Ils seront outillés sur la promotion des droits économiques, sociaux et culturels et le droit au développement en République de Guinée, rapporte le correspondant de Guineematin.com à N’Zérékoré.

En Guinée, comme dans plusieurs autres pays du monde, la pandémie de Covid-19 a entraîné la restriction de certains droits civils et politiques (mouvements, manifestations publiques, réunions…). Et cette situation a eu des conséquences sur la jouissance des droits économiques, sociaux et culturels (fermeture temporaire des écoles, difficultés d’accès aux soins médicaux et à certains besoins sociaux de base, etc.). En plus de cela, le constat révèle que dans notre pays, les droits économiques, sociaux et culturels (santé de la reproduction, accès à l’eau, à l’alimentation, à un environnement sain…) sont très peu mis en évidence.

C’est pour inverser cette tendance que le Bureau du Haut-Commissariat des Nations aux Droits de l’Homme (HCDH) en Guinée a décidé d’organiser cet atelier régional à N’Zérékoré. Cette rencontre de deux jours regroupe 35 participants, dont des cadres de l’administration, des magistrats et des auxiliaires de justice, et des acteurs de la société civile de la région administrative de N’Zérékoré. Selon Dr Patrice VAHARD, représentant du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme en Guinée, cet atelier régional porte sur deux sujets qui sont assez importants.

Dr Patrice VAHARD, représentant du Haut-Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme en Guinée

« Le premier c’est sur le droit au développement et le second sur les droits économiques, sociaux et culturels. Nous avons décidé en accord avec les autorités de la République de Guinée, de mettre un accent particulier sur le droit au développement qui rassemble à la fois les droits civils et politiques, les droits économiques, sociaux et culturels, mais aussi mettre l’accent sur la participation active des populations au processus de développement et au bénéfice des produits du développement.

Nous avons décidé de rassembler dans cette salle des juges, parce que le respect de la loi et la meilleure protection des droits de l’homme se fait d’abord au plan local. Mais souvent, dans les cours et tribunaux, c’est  important que nous outillons les magistrats et les auxiliaires de justice avec suffisamment d’éléments pour rendre justiciables les questions liées aux droits économiques et socioculturels », a-t-il expliqué.

Cette rencontre d’échanges permettra aux participants d’approfondir leurs connaissances et compréhension de la dimension « droits de l’homme » dans le mandat de leurs entités respectives, en particulier dans la mise en œuvre des DESC (droits économiques, sociaux et culturels) et du droit au développement ; des concepts et du contenu normatif du droit au développement et des droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que leurs liens avec les ODD et les actions en cours de relèvement post-COVID-19 ; du cadre d’analyse de la mise en œuvre des droits économiques, sociaux et culturels -DESC (disponibilité, accessibilité, acceptabilité, adaptabilité) avec des exemples concrets, etc.

Jean Smith Sandy, Directeur de cabinet du gouvernorat de N’Zérékoré

Une initiative bien appréciée par les autorités régionales : « le présent atelier qui vise le renforcement des capacités sur la prise en compte des droits de l’homme dans les programmes de développement à l’attention des cadres de l’État, notamment de l’administration publique, de la justice, de la sécurité et des acteurs de la société civile, va contribuer à réduire les gaps actuels et accélérer la mise en œuvre des objectifs pour le développement durable. Au nom de monsieur le gouverneur de la région administrative de N’Zérékoré, je demande à tous les cadres présents  à cet atelier et à tous les invités, d’accorder le maximum d’attention au contenu des sessions de cet atelier », a dit Jean Smith SANDY, directeur de cabinet du gouvernorat de N’Zérékoré.

Après N’Zérékoré, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme va organiser un atelier régional sur les mêmes thèmes, les 16 et 17 juin prochain, à Conakry.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tel : +224 620166816/666890877

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Bah Oury aux maliens : « évitez de faire entrer le diable par la petite porte »

4 juin 2021 à 18 06 31 06316
Bah Oury, président du parti UDRG (Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée)

Comme annoncé précédemment, la France a annoncé hier, jeudi 03 juin 2021, la suspension à titre conservatoire des opérations militaires conjointes avec le Mali. Cette décision fait suite au coup d’Etat perpétré en mai dernier dans ce pays de l’Afrique de l’ouest en proie au djihadisme depuis près d’une décennie. Cependant, cette suspension des opérations militaires conjointes intervient aussi à un moment où le sentiment anti-français est très répandu au sein de l’opinion malienne. Aujourd’hui, beaucoup souhaitent le départ de la force française Barkhane du Mali et déroulent, dans les discours, le tapis rouge pour la Russie et la Turquie. Mais, pour l’opposant Guinéen, Bah Oury, les maliens doivent faire très attention pour « ne pas faire rentrer le diable par la petite porte » au risque de voir leur pays exploser et se disloquer.

En tant que panafricaniste convaincu, Bah Oury rappelle que la France est « un partenaire majeur du Mali » et demande aux autorités actuelle de ce pays à faire preuve d’intelligence pour savoir conjuguer de la manière la plus optimale une coopération renforcée avec la France, tout en coopérant avec les autres pays comme la Russie ou la Turquie.

« Les contradictions entre blocs extérieurs au continent ne devraient pas s’infiltrer dans les contradictions que les maliens ont déjà en leur sein, du fait d’une incapacité d’assurer une totale souveraineté sur l’ensemble de leur territoire. Donc, il faudrait qu’ils fassent très attention… Il est très facile de mettre tous les torts sur l’extérieur en disant que nous sommes ceci parce que la colonisation, parce que la France… Mais, il faut être suffisamment responsable. Nos États sont indépendants depuis plus de 60 ans. Considérer que tout le mal c’est l’extérieur est une position qui n’est pas défendable, surtout quand on voit la mauvaise gouvernance, les incuries des gouvernants, l’incapacité d’avoir une vision qui unifie son pays et assure la stabilité. Il faut qu’on se remette en cause et qu’on se rende compte que nous sommes en partie les problèmes qui font que nos pays ne sont pas tout à fait viables. Nos populations sont désespérées, la pauvreté s’amplifie alors que de l’autre côté une petite poignée de gens s’enrichit de manière ostentatoire », a indiqué Bah Oury, tout en laissant entendre que la suspension des opérations militaires conjointes est une mise en garde de la France à la junte militaire au pouvoir à Bamako.

Décryptage !

Guineematin.com : La France a annoncé la suspension de la coopération militaire conjointe avec le Mali, un pays en proie au djihadisme depuis près d’une décennie maintenant. Alors, quelles conséquences peuvent avoir cette décision de l’Etat Français sur la situation actuelle de la république du Mali ?

Bah Oury : D’abord il faut préciser les choses. La décision française est une mise en garde pour rappeler la junte sur ses obligations qui doivent cadrer avec les recommandations de la CEDEAO (communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) et de l’Union africaine. Donc, si dans les prochains jours la junte s’inscrit dans le cadre de la direction que les instances régionales et continentales africaines ont mis en relief, il va de soi que la France reconsidérera sa position pour continuer, comme par le passé, à mener des opérations conjointes avec l’armée malienne et à donner une assistance en termes de renseignement et de logistique à l’armée malienne qui en a besoin. En d’autres termes, dans le contexte actuel, c’est pour dire que la France ne cherche pas coûte que coûte à s’incruster au Mali. Il faut rappeler que sa présence est consécutive à l’appel des autorités de la transition malienne en 2012 qui étaient en proie à une situation désastreuse avec la vague djihadiste qui déferlait du nord. De l’autre côté, il faut que la junte au Mali se rende compte qu’une transition a des objectifs très limités et ne peut pas résoudre les problèmes stratégiques majeurs d’un pays. Ce sont des autorités légitimes, démocratiquement installées qui peuvent mettre le Mali dans une voie qui puisse remettre en cause des engagements fondamentaux. Ceci dit, il faut que l’expérience syrienne nous serve de leçon. La Syrie est avec des millions de réfugiés de par le monde, avec des centaines de milliers de morts, avec une destruction de l’économie et des infrastructures du pays. Aujourd’hui, la junte, aussi bien que la classe politique malienne, doit étudier ces expériences pour ne pas engager le Mali dans des voies sans issues. Les contradictions entre blocs extérieurs au continent ne devraient pas s’infiltrer dans les contradictions que les maliens ont déjà en leur sein, du fait d’une incapacité d’assurer une totale souveraineté sur l’ensemble de leur territoire. Donc, il faudrait qu’ils fassent très attention.

Guineematin.com : Peut-on interpréter cette suspension des opérations militaires comme une réponse pratique de la France contre le coup d’Etat de mai dernier au Mali ?

Bah Oury : Non, c’est une mise en garde. Cela veut dire : je suis là dans la mesure où nous pouvons continuer à avancer ensemble, la main dans la main. Si vous relâchez ma main et que vous considérez que je suis de trop, je suis disposé à vous laisser seul faire votre combat. C’est clair. Mais, vous savez, il faut que nous africains que nous soyons beaucoup plus responsables que cela. Très souvent, il est très facile de mettre tous les torts sur l’extérieur en disant que nous sommes ceci parce que la colonisation, parce que la France… Mais, il faut être suffisamment responsable. Nos États sont indépendants depuis plus de 60 ans. Il est inadmissible, dans le contexte actuel, que même pour assurer la souveraineté de nos Etats les gouvernants en sont incapables. Ce sont les autorités nationales qui doivent privilégier l’intérêt national et coopérer en conséquence et au regard des intérêts de leur pays avec tous les pays susceptibles de leur apporter une aide pour résoudre les problèmes de nos Etats. Considérer que tout le mal c’est l’extérieur est une position qui n’est pas défendable, surtout quand on voit la mauvaise gouvernance, les incuries des gouvernants, l’incapacité d’avoir une vision qui unifie son pays et assure la stabilité. Il faut qu’on se remette en cause et qu’on se rende compte que nous sommes en partie les problèmes qui font que nos pays ne sont pas tout à fait viables. Nos populations sont désespérées, la pauvreté s’amplifie alors que de l’autre côté une petite poignée de gens s’enrichit de manière ostentatoire.

Guineematin.com : Cette décision de la France intervient à un moment où le sentiment anti-français est très répandu au Mali. Aujourd’hui beaucoup de maliens veulent le départ de la France de leur pays et réclament inlassablement une arrivée de la Russie ou de la Turquie sur place. Ce scénario est-il vraiment envisageable aujourd’hui, quand on sait que la France est un partenaire stratégique historique du Mali ?

Bah Oury : Vous savez, il y a des guerres d’influence, des guerres de position, il y a un retour en première ligne d’une confrontation Est-Ouest avec des changements tels que nous le voyons ; mais, je dois dire qu’il faut faire preuve de responsabilité et avoir une vision longue et ne pas se contenter de vision à court terme. La France, dans le contexte actuel de nos Etats, est à l’heure actuelle un partenaire stratégique majeur. Mais, avoir une relation avec un partenaire stratégique majeur ne veut pas dire en faire une exclusivité. Donc, il est demandé à la junte et à la classe politique malienne de faire de ce point de vue d’intelligence et de sens d’opportunité pour savoir conjuguer et faire consider de la manière la plus optimale une coopération renforcée avec la France, tout en coopérant avec les autres pays comme la Russie ou la Turquie. Mais, il faut faire attention à ne pas faire rentrer le diable par la petite porte, au risque de voir le pays exploser et se disloquer totalement. La Syrie en est un exemple. Une bonne partie du territoire syrien est aujourd’hui sous d’autres dominations. Donc, tout ce qui brille n’est pas or. Donc, je dois dire à nos compatriotes et frères du Mali, faites preuve de beaucoup plus de sens d’à-propos et de responsabilité pour ne plonger votre pays dans une spirale où on n’en sortira pas de si tôt et qui risque de rejaillir sur l’ensemble de l’Afrique de l’ouest. Il faut que les gens prennent garde d’aller dans cette direction là.

Guineematin.com : A quoi pourrait-on vraiment s’attendre d’une éventuelle intervention de la Russie ou de la Turquie au Mali ?

Bah Oury : Je ne pense pas que ces deux pays, officiellement, vont avoir des politiques offensives pour essayer de prendre la place de la France dans le Sahel. La France, du fait de l’histoire et des intérêts géostratégiques, a une position et une longueur d’avance extrêmement importante au Sahel. Et, même nos États n’ont pas intérêt que cette situation géostratégique soit perturbée comme certains le prétendent. Vous voyez la Libye aujourd’hui, l’implication de beaucoup de puissances sur le théâtre libyen est un frein à l’entente des Libyens entre eux. Donc, si d’autres acteurs viennent pour bousculer les acteurs traditionnels, je pense que cela contribuera beaucoup plus à l’intensification des conflits, à la destruction de l’Etat malien, au lieu de conforter la stabilité, le retour à la paix et à la concorde nationale.

Guineematin.com : Au du ‘’Panafricanisme’’, beaucoup d’africains estiment aujourd’hui que la France doit maintenant se retirer du Mali. Apparemment, ces gens font beaucoup plus confiance à la Russie qui, il faut le rappeler, n’est pas un exemple de démocratie et de respect de droits dans le monde. Mais, est-ce vraiment cette substitution de puissances étrangères que réside le salut du Mali ?

Bah Oury : Vous savez, il y a des lobbies qui existent, il y a des idées comme ça qui existent. Paradoxalement, je vois des idées d’extrême droite d’Europe qui appuient ces genres d’idées. Donc, ne soyons pas naïfs, regardons les choses par nous-mêmes et sachons où sont les intérêts de notre continent. Personnellement, je suis profondément panafricaniste, je suis pour une émancipation et un renforcement de la coopération entre les Etats et une plus grande intégration. Donc, au lieu de chercher midi à quatorze heures, regardons d’abord comment mutualiser les forces de défense et sécurité au niveau de la CEDEAO. Ça permettra de contribuer avec plus d’efficacité à renforcer la sécurité dans le Sahel. Il doit y avoir un champ de réflexion de ce côté-là pour avoir une défense commune ouest-africaine qui permettrait, quels que soient les intérêts d’ailleurs, que nous puissions assurer la sécurité de nos Etats. Deuxièmement, en ce qui concerne les politiques de développement, de conforter le vivre ensemble dans l’ensemble de nos Etats. Parce que la question sécuritaire ne suffit pas à résoudre et à répondre aux questions auxquelles les pays sont confrontés. La pauvreté, l’absence de l’Etat dans beaucoup de zones fait que le désert politique a donné la possibilité à d’autres terreaux de prospérer. Donc, nous devons remettre en cause la gouvernance locale, la gouvernance de nos Etats, changer de paradigme pour faire émerger une idée de construction ouest-africaine plus conforme à nos intérêts. Et, dans ce cadre, il y a des partenaires stratégiques majeurs avec lesquels nous devons faire chemin ensemble pour pouvoir aller de l’avant. Mais, si on préfère l’aventure, certains de nos Etats risquent d’être comme la Libye actuelle, la Somalie, l’Afghanistan.

Entretien réalisé par Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Incendie à Dabola : plusieurs cases ravagées par un feu à Konindou

4 juin 2021 à 17 05 45 06456

Un incendie s’est produit hier, jeudi 3 juin 2021, dans la sous-préfecture de Konindou (Dabola). Le feu a consumé plus de 15 cases avec leurs contenus, laissant les victimes dans une profonde désolation, a appris Guineematin.com à travers son correspondant basé à Kankan.

Ce sinistre est survenu dans l’après-midi de ce jeudi, à Konindou, une sous-préfecture située à 32 kilomètres de la ville de Dabola. Joint au téléphone, Cheick Maréga, l’une des victimes, a expliqué l’origine de cet incendie.

« C’est quelqu’un qui a mis le feu sur des ordures ménagères. Entretemps, un vent violent a soufflé dans le village, transportant le feu au niveau des cases voisines. En tout, plus de 15 cases ont été incendiées avec leurs contenus », a-t-il confié.

Ce citoyen de Konindou précise que parmi les dégâts causés, figurent de quantités importantes de produits agricoles et d’autres biens. Et les dégâts auraient pu même être plus importants, si les citoyens ne s’étaient pas mobilisés pour faire face à cet incendie, avec les moyens du bord.

« Il faut saluer la bravoure des citoyens, qui ont réussi à maîtriser le feu pour ne pas qu’il fasse plus de dégâts. Cependant, plusieurs d’entre eux sont aujourd’hui sans abris ni nourriture. Ils ont tout perdu dans cet incendie. C’est pourquoi nous demandons de l’assistance auprès des autorités et des personnes de bonne volonté », a lancé Cheick Maréga.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Kankan : un jeune porté disparu au fleuve Milo

4 juin 2021 à 16 04 42 06426

Un jeune homme est porté disparu depuis hier soir, jeudi 3 juin 2021, au fleuve Milo, à Kankan. Daouda Condé, résidant au quartier Briqueterie, était parti se baigner dans ce fleuve.

Ce sont des jeunes qui jouaient au bord du fleuve qui ont constaté sa disparition. Ils ont alerté ses parents, qui ont aussi informé les autorités du quartier. Ce vendredi matin, les autorités ont mobilisé les pêcheurs et d’autres plongeurs pour tenter de le retrouver.

Après plusieurs heures de recherches, Daouda Condé reste toujours introuvable.

Nous y reviendrons !

De Kankan, Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com

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Me Béa sur la condamnation de Grenade : « c’est parce que tout simplement il est militant de l’UFDG »

4 juin 2021 à 14 02 59 06596
Me Salifou Béavogui

Déception et consternation, ce sont les sentiments exprimés par les avocats de Boubacar Diallo, alias Grenade, après la condamnation du célèbre militant de l’UFDG par la Cour d’appel de Conakry. La juridiction supérieure a confirmé le jugement rendu en première instance, condamnant le jeune opposant à 10 ans de réclusion criminelle pour « tentative de meurtre et détention illégale d’armes de guerre ». Réagissant au micro d’un journaliste de Guineematin.com, Me Salifou Béavogui, membre du collectif des avocats de Boubacar Diallo, a dénoncé une décision injuste, rendue sur la base de simples accusations sans preuves.

« Les mots me manquent parce que je suis dépassé. Je n’en reviens pas. Je ne pouvais pas m’attendre à la confirmation du jugement (du tribunal de première instance de Dixinn, qui a condamné Boubacar Diallo à 10 ans de réclusion criminelle assortis de 5 ans de période de sûreté). Parce qu’ici, à la Cour d’appel, comme d’ailleurs en première instance, nous avons démontré preuves à l’appui que Boubacar Diallo n’a jamais possédé une arme.

Aucune arme n’a été présentée par les juges comme scellé pour indiquer que c’est l’arme qui a été saisie sur lui. Également, les deux gendarmes qu’il aurait tenté de donner la mort, qui sont connus et qui sont en service, n’ont jamais comparu, en dépit des multiples demandes que nous avons faites (…) Donc il n’y a aucune preuve dans cette affaire. Le jeune est condamné aujourd’hui encore parce que tout simplement il est militant de l’UFDG, parce que tout simplement il s’est battu », a déclaré l’avocat.

Boubacar Diallo, alias Grenade, retourne en prison

En détention depuis le 22 juin 2018, Boubacar Diallo, alias Grenade, devra sauf revirement de situation, passer 7 ans encore à la Maison centrale de Conakry.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Clash entre Paris et Bamako : « nous serons très heureux que la France plie bagage et quitte notre pays »

4 juin 2021 à 13 01 26 06266
Mohamed Sidibé, président du Haut Conseils des Maliens en Guinée

Comme annoncé précédemment, la France a annoncé hier, jeudi 3 juin 2021, la suspension de sa coopération militaire avec le Mali. Une décision qui fait suite au deuxième coup d’Etat en neuf mois perpétré par l’Armée malienne, et qui va entraîner l’arrêt des opérations des soldats français déployés au Mali. Comment cette décision est-elle accueillie par les Maliens vivant en Guinée ? Faut-il craindre une aggravation des problèmes sécuritaires dans le pays ? Un journaliste de Guineematin.com a posé ses questions à Mohamed Sidibé, le président du Haut Conseils des Maliens en Guinée. 

Nous vous proposons ci-dessous leur entretien :

Guineematin.com : suite au nouveau coup d’Etat enregistré récemment au Mali et qui a conduit au départ du président et du premier ministre de la transition, la France a décidé de suspendre sa coopération militaire bilatérale avec votre pays. Une décision qui entraîne un arrêt des opérations conjointes menées par les militaires de la force française « Barkhane » avec les Forces armées maliennes (FAMa). Est-ce qu’il ne faut pas craindre des conséquences graves, notamment l’avancée des djihadistes qui sont dans le nord du Mali ?

Mohamed Sidibé : est-ce que la France a empêché l’avancée des djihadistes ? Parce qu’il faut quand même bien analyser la situation. La France, à un moment donné, a effectivement stoppé l’avancée des djihadistes. Les Maliens l’ont applaudi et on est sorti brandir le drapeau de la France. Mais par la suite, ça n’a pas évolué, parce que les djihadistes ont continué à sortir. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a eu plus de 200 mille morts depuis que la France est là-bas. Aujourd’hui, 80% du pays n’est pas sous contrôle de l’Etat et pourtant, il y la France. 

Les djihadistes opèrent à visage découvert aussi bien dans le centre que dans le nord du pays. Kidal n’est pas accessible aux autorités maliennes alors que la France est là. Nous, nous pensons que la France a rendu un service. Mais si elle ne peut plus continuer dans la même logique, nous serons très heureux qu’elle plie bagage et qu’elle quitte. Ça va passer ou ça va casser. On aura un pays ou on n’aura pas de pays, quand même on aura assumé nos responsabilités. Mais l’histoire d’une bouteille à moitié vide, à moitié pleine, ce n’est pas la meilleure politique.

Guineematin.com : justement, comment comprenez-vous cette position radicale de la France, qui refuse au Mali ce qu’elle a accepté au Tchad ?

Mohamed Sidibé : moi, je ne rentre pas dans la comparaison. Autrement dit, ce n’est pas le point de vue de la France qui m’intéresse. Ce qui m’intéresse, c’est que le peuple malien a eu besoin d’un changement, de rectifier la trajectoire de la transition, les militaires l’ont fait et on l’a approuvé. Maintenant, que la France approuve ou pas, ça n’engage qu’elle.

Guineematin.com : avant la France, la CEDEAO et l’Union africaine avaient déjà pris des sanctions contre le Mali. Elles ont suspendu le pays de leurs institutions suite à la reprise du pouvoir par l’Armée malienne. Quelle lecture faites-vous de ces décisions ?

Mohamed Sidibé : je comprends aisément les sanctions auxquelles on fait état. La condamnation des coups d’Etat, c’est un point de principe. Et c’est l’un des principes intangibles même aussi bien au niveau de la CEDEAO qu’au niveau de l’Union africaine. On n’a pas parlé d’embargo, mais de suspension du Mali dans les institutions de ces deux organisations. Comme vous le savez, les institutions de la CEDEAO par exemple, c’est la commission, la conférence du conseil des ministres et des chefs d’Etat ainsi que le parlement de la CEDEAO. Ne pas participer à ceci, est-ce que ça ne fait pas des économies ? 

A quoi ça sert de payer des députés pour aller assister à des réunions dont les résultats sont connus d’avance ? Je pense qu’il n’y a pas de problème par rapport à cela et je suppose que c’est pour un moment parce que dans leur résolution, ils disent qu’il faut accompagner la transition, qu’il faut que la transition soit soutenue pour respecter le délai. Il y a quand même une contradiction. On vous suspend, on veut vous accompagner dans le processus, on veut que vous respectiez le délai. Normalement, c’est ou on est amis, on travaille ensemble pour une bonne fin de transition, ou bien on n’est pas amis, chacun gère ses humeurs et sa façon de conduire.

Guineematin.com : quel est votre message personnel aujourd’hui par rapport à la situation qui prévaut dans votre pays ?

Mohamed Sidibé : mon message, c’est de dire que nous avons besoin du soutien de tous les Maliens. Nous avons besoin aussi de l’accompagnement des pays amis, notamment la République de Guinée. Nous avons des problèmes avec la France et les organisations affiliées à la France, mais nous avons tous besoin aujourd’hui de l’appui des pays africains, de l’appui des pays frères à travers une aide qui ne dit pas son nom. De mon point de vue, le combat qui se fait actuellement au Sahel, c’est la politique de l’Autruche.

Parce qu’on ne peut dire que ces puissances ne peuvent pas combattre des mouvements. Comment ils n’arrivent pas à les neutraliser alors qu’ils ont des avions, des drones ? Quand un mouvement se lève au Tchad, dans les heures qui suivent, vous voyez qu’il est neutralisé, parce que les informations sont données. Mais au Mali, malheureusement, ce n’est pas le cas. Donc la communauté internationale juge les choses en fonction de ses intérêts ou en tout cas de ses humeurs.   

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41  

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Justice : voici ce qui est interdit à Ousmane Gneloye après sa condamnation

4 juin 2021 à 13 01 21 06216
Ousmane Gneloye Diallo

Comme annoncé précédemment, le Tribunal de Première Instance de Dixinn a condamné hier, jeudi 3 juin 2021, Ousmane Gneloye Diallo. Ce célèbre militant du RPG Arc-en-ciel, connu pour ses sorties fracassantes sur les réseaux sociaux, a été reconnu coupable de mort et injures publiques. Des faits pour lesquels il était poursuivi par Kadiatou Biro Diallo, fille de l’ancien président de l’Assemblée nationale guinéenne, Elhadj Boubacar Biro Diallo. 

Il a écopé d’une peine de 5 ans d’emprisonnement, plus le paiement d’une amende de 2 millions francs et le paiement d’un montant symbolique de 5000 francs à titre de réparation civile. Le tribunal a pris également plusieurs autres mesures restrictives à l’encontre de celui qui se fait appeler « ministre de la défense du président Alpha Condé sur Facebook. Guineematin.com vous livre ci-dessous ces mesures prononcées par le juge Alphonse Charles Wright. 

« Interdiction d’être nommé à un emploi administratif ; interdiction du port d’armes ou de la détention d’armes ; interdiction de faire déposition en justice comme témoin, sauf réquisition du ministère public ; interdiction d’être désigné comme membre d’une délégation représentant la Guinée à l’étranger ; interdiction de séjour dans les lieux abritant la partie civile pendant 5 ans, après exécution de sa peine ; interdiction d’accéder et d’héberger sur les réseaux sociaux, notamment Facebook ou toute autre voie de communication en République de Guinée, sous la surveillance de l’autorité de régulation des postes et télécommunications et l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) ». 

Par ailleurs, le tribunal a ordonné le maintien du mandat d’arrêt en cours d’exécution décerné contre Ousmane Gneloye Diallo. Ce qui veut dire que les services de sécurité doivent le rechercher et conduire en prison.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Urgent : la Cour d’appel confirme la condamnation de « Grenade »

4 juin 2021 à 12 12 55 06556
Boubacar Diallo alias Grenade, entouré de ses avocats

Le procès en appel de Boubacar Diallo, alias Grenade, n’aura finalement servi à rien. Car la Cour d’appel de Conakry a confirmé la peine qui lui a été infligée en première instance. La juridiction supérieure, qui a rendu son arrêt ce vendredi 4 juin 2021, a condamné le célèbre militant de l’UFDG à 10 ans de réclusion criminelle pour « tentative de meurtre et détention illégale d’armes de guerre ».

Aussitôt après la publication de cette décision, Boubacar Diallo, alias Grenade, a laissé éclater sa colère : « Je ne vais pas retourner en prison. Et si je retourne là-bas, je vous promets que mon corps sera retrouvé dans trois jours. Moi, j’ai toujours défendu une cause noble, donc ce procès est purement politique. Si c’est comme ça que les magistrats guinéens jugent, leurs fils vont finir très mal », a-t-il entre autres déclaré.

En détention depuis le 22 juin 2018, à la Maison centrale de Conakry, Boubacar Diallo, alias Grenade, a été jugé par le Tribunal de Première Instance de Dixinn, qui l’a condamné à 10 ans de réclusion criminelle, le 18 mars 2019. Ses avocats avaient rejeté cette décision et ont interjeté appel auprès de la Cour d’appel de Conakry.

A suivre !

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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Présumé vol de carburant à la SOGEAC : 8 travailleurs de l’aéroport de Conakry jugés au TPI de Mafanco

4 juin 2021 à 10 10 44 06446

Le procès de huit (8) travailleurs de la société de gestion et d’exploitation de l’aéroport de Conakry-Gbéssia (SOGEAC) s’est ouvert le mercredi dernier, 02 juin 2021, devant le tribunal correctionnel de Mafanco. Tous ces prévenus sont poursuivis pour « vol de carburant » au préjudice de la SOGEAC, des faits qu’ils ont eu du mal à reconnaître devant cette juridiction de première instance, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

A l’audience de ce mercredi, c’est seulement 5 prévenus (sur les 8 poursuivis dans cette affaire) qui ont répondu présents sur le box des prévenus. Et, sur ces 5 présents, seulement 4 ont été entendu par le tribunal. Mais, tous ces quatre prévenus ont réfuté la qualification (vol) qui a été donnée à leur action. Cependant, ils ont admis avoir pris du « carburant sale » qui n’était plus d’aucune utilité pour la SOGEAC.

« Je reconnais qu’on a bien pris. Mais, je puis vous dire que je ne m’attendais pas à ce que cela soit qualifié de vol. Ce carburant que nous avons pris, c’est du carburant sorti du groupe électrogène. Un tel carburant ne peut plus jamais être remis dans le circuit du moteur pour quoi que ce soit. Sinon, le groupe sera foutu. Vous pouvez demander à n’importe quel spécialiste en la matière, il ne vous dira jamais que cela est possible. Donc, nous c’est ce carburant qu’on a pris et qu’on a vendu à des preneurs qui peuvent s’en servir pour d’autres engins. Ce carburant, même s’il reste là, il est à déverser, on ne l’utilise pour rien à  l’aéroport, sauf si on l’utilise pour nettoyé certains outils de travail. On a l’habitude de prendre ce carburant sale dont la société n’a plus besoin, le vendre à des preneurs à chaque fois que nous avons des clients. Ce n’est que cette fois-ci qu’on nous arrête pour nous dire qu’on a volé », a indiqué le prévenu Alseny Diallo.

Appelé à la barre, Ibrahima Sory Koggui Barry, le mécanicien en charge du fonctionnement des groupes électrogènes et lui-même prévenu dans cette affaire, a corroboré les propos de son co-prévenu.

« C’est un système qui a été installé pour la conduite et l’utilisation du carburant depuis les années 80. Il y a un lien qui est établi entre les cuves qui constituent le réservoir des groupes électrogènes et les groupes proprement dits. Le carburant qui provient de la cuve vient dans le groupe électrogène, en passant par d’autres installations. Ce carburant qui sort du groupe électrogène devient inutilisable. On ne met plus jamais ni dans la cuve, ni dans le groupe au risque de créer un arrêt définitif du groupe électrogène. Ce carburant là est habituellement déversé dans les caniveaux ou sur le sol dans un passé lointain. Mais, suite aux recommandations du ministère de l’environnement, il y a des bacs de récupération dans lesquels désormais est conduit le carburant utilisé par le groupe électrogène. Donc, c’est un carburant qu’on a toujours jeté. Il y a même un des responsables qui donnait l’ordre par écrit pour nous dire de prendre ce carburant, parce que si on le laisse sur place alors que c’est inflammable, il y a des risques d’incendie. Donc, on ne prend pas le risque de garder ce carburant sale sur place pour ne pas causer des dégâts », confié Ibrahima Sory Koggui Barry.

A l’image de ces deux précédents prévenus, toutes les autres personnes mises en cause dans cette affaire et qui ont défilé à la barre ce mercredi ont abordant dans le même sens. Ils ont clamé avec insistance leur innocence dans cette affaire de vol de 14 bidons de carburant.

Finalement, à la demande de la défense, le tribunal a ordonné un « transport judiciaire » à la SOGEAC et a renvoyé le dossier au 16 juin 2021 pour la comparution du représentant de la société de gestion et d’exploitation de l’aéroport de Conakry-Gbéssia.

A noter que les travailleurs de la SOGEAC poursuivis dans cette affaire sont : Abdoul Wahab Diallo, Alseny Diallo, Lucien Mamy, Timothé Camara, Ibrahima Sory Koggui Barry, Elhadj Fassama Condé, Charles Gbato Sovogui et Moussa Camara.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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Cour d’appel Conakry : les avocats Foniké Mengué dénoncent « une cabale judiciaire » contre leur client et demandent sa « relaxe »

4 juin 2021 à 10 10 40 06406

Comme annoncé précédemment, le procès en appel de l’activiste Oumar Sylla alias ‘’Foniké Mengué’’ s’est poursuivi hier, jeudi 03 juin 2021, devant la Cour d’Appel de Conakry. Ce responsable en charge de la mobilisation du FNDC est poursuivi pour «  provocation directe à un attroupement non armé suivi d’effets et communication et divulgation de fausses informations, menaces notamment de violences ou de mort ». Des faits pour lesquels le ministère public a requis 2 ans d’emprisonnement et 20 millions de francs guinéens d’amande à son encontre. Mais, ces réquisitions du ministère public ont très vite été balayées d’un revers de la main par les avocats de la défense. Me Mohamed Traoré et ses confrères ont plaidé pour la « relaxe pure et simple » de leur client. La Cour a finalement mis le dossier en délibéré pour décision être rendue le 10 juin prochain, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

« Les propos tenus par Foniké Mangué sur sa page Facebook et dans l’émission les GG sont consécutifs du délit de menace et provocation d’un attroupement non armé suivi des faits… Par conséquent, le ministère public requiert qu’il plaise à la Cour de retenir Oumar Sylla alias Foniké Mangué dans les liens de la prévention et de le condamner à 2 ans d’emprisonnement et 20 millions de francs guinéens d’amande », a requis un peu plus tôt le procureur Mohamed Kaba contre le responsable en charge de la mobilisation du FNDC.

Mais, très vite, ces réquisitions du parquetier ont été passées au pilori par le collectif des avocats de la défense.

« Le fait d’appeler les citoyens à défendre leur constitution ne constitue nullement une menace… Mais, en Guinée, tous ceux qui se sont opposés à visage découvert à la modification de la constitution ont été traqués, arrêtés, jugés et condamnés et les autres contraints à l’exil. Sinon, Foniké Mangué n’a ni volé, ni tué, ni détourné. Son combat est noble ; et, la justice devrait plutôt chercher à traquer les délinquants, les prédateurs de l’économie nationale, ceux qui détournent les deniers publics, ceux qui détournent les bourses des étudiants dans les universités, les mauvais enseignants… Mais, dans cette affaire, les éléments réunis par le ministère public ne sont pas constitutifs. Par conséquent, nous (la défense) demandons à la Cour la relaxe pure et simple de notre client, Oumar Sylla alias Foniké Mengué », a plaidé Me Salifou Béavogui.

De son côté, Me Pépé Antoine Lama a dénoncé une « cabale judiciaire » organisée par le pouvoir exécutif. L’avocat a aussi dénoncé un « dossier monté de toute pièce » et qualifié « d’ordres reçus de l’exécutif » les réquisitions du ministère public.

« On comprend le ministère public qui reçoit des ordres de l’exécutif. Mais, nous demandons à la Cour d’être impartial en se fixant uniquement au dossier. Monsieur le président, rappelez que vous ne serez pas dans votre tombe avec ceux qui vous ont mis dans une situation difficile. Vous serez seul devant Dieu… Alors, nous vous disons que ce dossier est vide. C’est une cabale judiciaire, un dossier monté uniquement pour liquider une voie discordante. Sinon, peut-on parler d’attroupement avec une seule personne ? Peut-on parler d’attroupement sans sommation préalable ? Nous demandons la relaxe de notre client et le renvoi du ministère public à mieux se pourvoir », a dit Me Pépé Antoine Lama.

Abordant dans le même sens, Me Mohamed Traoré s’est tout d’abord interrogé sur les infractions qu’on tente de coller à la peau de son client. L’ancien bâtonnier a ensuite demandé à la Cour de se distinguer du procureur de Dixinn (Sidy Souleymane N’Diaye) et d’administrer une bonne et saine justice à cette affaire.

« Tous les guinéens sont unanimes que les procureurs sont à la solde du pouvoir. Mais, en matière de menace, il faut que a personne concernée soit identifiée ou identifiable. De même que pour l’attroupement, il implique plusieurs personnes. Or, leur client a été arrêté seul sur sa moto. S’il y avait des manifestants dans la rue, pourquoi c’est Oumar Sylla Foniké Mangué seul qui a été arrêté ? Le fait de dire que dans son passage ses fans l’acclamaient ne constitue nullement aussi un attroupement. Aujourd’hui, il faut reconnaître que les propos tenus (tracasseries policières, le harcèlement judiciaire) lui ont rendu célèbre. Donc, ne fait pas comme le procureur de Dixinn qui n’a rien à perdre. Oumar Sylla n’est pas un diable, ce n’est pas un démon. Il est juste une personne qui défend des convictions. Alors, monsieur le président, vous avez un fils de même âge que Foniké Menguè. Alors, imaginez-vous que celui-ci subisse de l’injustice », a indiqué Me Mohamed Traoré.

Dans ses derniers mots de défense dans cette affaire, Foniké Mengué a laissé entendre que son dossier est « un dossier politico judiciaire » monté contre lui à cause de son opposition au 3ème mandat. Et, il a promis poursuivre ce combat jusqu’à son dernier souffle.

C’est sur ces mots que la Cour a mis cette affaire en délibéré pour décision être rendue le 10 juin prochain.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622680041

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3ème mandat d’Alpha Condé en Guinée : quand certains médias présentent la victime comme le bourreau

4 juin 2021 à 10 10 13 06136
Alpha Condé chez Cellou Dalein Diallo, en septembre 2016

Le régime guinéen est-il en passe de réussir un pari ? Visiblement oui. En arrêtant les principaux lieutenants de son principal challenger depuis 2010, Alpha Condé voulait certainement s’en servir comme monnaie d’échange pour la reconnaissance de sa victoire à la présidentielle de 2020 par celui qui s’était autoproclamé président élu et qui persiste toujours dans cette logique.

Les principaux meneurs du combat politique contre le troisième mandat ont été mis aux arrêts. Histoire de museler voire de décapiter le parti. L’UFDG sans Cherif Bah, Ousmane Gaoual Diallo et Cellou Baldé est un parti affaibli voire anéanti. Le pouvoir tient coûte que coûte à obtenir la reconnaissance de sa victoire en échange de la libération de ces personnes.

Malheureusement pour l’opposition, l’autre pari que le pouvoir a réussi est de présenter toute personne qui fait entendre un autre son de cloche que celui émis par Sékoutouréya comme un opposant. De fil à aiguille, il est parvenu à faire taire les critiques. Particulièrement chez les journalistes et les activistes de la société civile. Au mieux, les gens se taisent. Et au pire, ils s’en prennent à l’opposition. Les plus téméraires font ce qu’ils pensent être un équilibre entre le pouvoir et l’opposition. Renvoyant dos à dos les uns et les autres.

Les journalistes et autres activistes qui ont peur d’être taxés de rouler pour l’opposition n’émettent pas une seule critique. Ou quand ils le font à l’encontre du pouvoir, ils le font également à l’encontre de l’opposition. Des journalistes qui ont défendu Alpha Condé durant sa traversée de désert deviennent la bête noire du régime. Parce qu’ils ont continué à défendre une opposition toujours malmenée. Or, pour le RPG, ce qui était rose hier est tout noir aujourd’hui.

Pour revenir aux « équilibristes » et sachant que le pouvoir dirige et l’opposition s’oppose, c’est une aberration de rendre tous les deux camps responsables de la situation de la Guinée. Mais, c’est cela aussi qui constitue l’exception guinéenne. Plus grave encore, c’est seul dans ce pays que la victime est blâmée à la place de son bourreau. Il n’est pas rare d’entendre dire ici que l’opposition envoie ses militants à l’abattoir. Comme s’il est permis de liquider un manifestant comme un gibier.

L’autre exploit réussi par l’actuel régime, c’est d’étiqueter les victimes. Un soldat lynché par la foule est un martyr. Tandis qu’un manifestant, désarmé, abattu de sang-froid par des agents de sécurité est un badaud. Les combattants de la liberté d’hier sont les loubards d’aujourd’hui.

Désormais, la stratégie du pouvoir consiste à présenter le leader de l’UFDG comme celui qui maintient ses responsables en prison. Parce qu’il refuse de « coopérer ». Entendez, renoncer à sa revendication. Or, s’il est vrai que la réalité sur le terrain c’est qu’Alpha Condé reste et demeure le seul président de la République, il est tout aussi vrai que le seul moyen de pression qui reste à Cellou Dalein Diallo et à son parti, c’est de continuer à contester la victoire de l’adversaire.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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Parlement : Amadou Damaro reçoit un projet de proposition de loi des Coordinations régionales

4 juin 2021 à 10 10 09 06096

Suite à la résolution prise par l’Assemblée nationale, le 22 janvier dernier et les rencontres qui ont suivi, les représentants des quatre régions naturelles de la Guinée, ont été reçus à leur demande par le Président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, en vue de lui remettre un document qui pourrait servir de texte de base à une proposition de loi réglementant l’existence de ces entités dans le pays.

C’est la salle des Actes du Palais du peuple qui a servi de cadre, à cette rencontre, tenue hier, jeudi 3 juin 2021. Les sages des quatre coordinations régionales de la Guinée dans le but de promouvoir la paix et la quiétude sociale dans le pays, ont procédé à la remise d’un texte à l’Assemblée nationale. Ce document, fait référence à la résolution parlementaire du 22 janvier 2021, dans laquelle les députés ont déploré l’immixtion des Coordinations dans les affaires de l’Etat et ont décidé de circonscrire les pouvoirs de ces Coordinations.

Visiblement surpris, les représentants des différentes coordinations du pays ont jugé nécessaire de se rendre à l’Assemblée nationale, de s’informer, d’échanger et de transmettre un document clarifiant le rôle principal de leurs structures dans la préservation de la paix, l’unité nationale, l’éducation, le développement et la solidarité entre populations guinéennes.

Au sortir de la rencontre, le porte-parole des quatre coordinations régionales du pays et Président des sages de la Coordination de la Guinée forestière, Elhadj Ahmadou Togba  a confié à la presse dont Guineematin.com, sa satisfaction.

« Je me rappelle le 22 janvier dernier, l’Assemblée nationale avait fait une déclaration autour des coordinations. On disait que les coordinations s’immiscent dans les affaires de l’Etat. C’est ainsi nous avons jugé nécessaire de rencontrer d’abord le Président  de cette institution individuellement et par la suite avec ses collègues. Nous avons promis de nous laisser le temps de nous rencontrer et essayer d’élaborer un document que nous allons lui remettre sur le rôle et le fonctionnement des Coordinations.  C’est ce document que nous sommes venus lui remettre d’une manière officielle. Et nous sommes satisfaits de l’accueil qu’on nous a réservés », a-t-il expliqué.

Au nom du Président de l’Assemblée nationale, le Président du groupe parlementaire Rassemblement républicain, l’Honorable Dr Ibrahima Deen Touré, a salué la démarche des sages avant de retracer l’objectif de ce rendez-vous.

« Comme vous le savez tous, la vie sociale précède la vie politique, elle existe avant tout. Nous avons eu une première rencontre avec nos sages, représentés par leurs Coordinations de Conakry en janvier dernier. Il y a eu un peu de débat et la conclusion était que les doyens allaient se voir et revenir avec des propositions », dit-il.

Poursuivant, il est revenu sur le rôle fondamental de ces doyens dans la société guinéenne.

« Nous mesurons les efforts énormes que ces sages déploient dans notre pays. Nous les avons vus présents même au Conseil national de transition (CNT), ils ont été d’un apport efficace et ils continuent encore à travailler », a-t-il, souligner avant de conclure :

« Les efforts de ces sages sont visibles sur le terrain, parce qu’ils contribuent à la stabilité, à la paix et au développement de la Guinée. Et c’est une chose à saluer et à magnifier », a-t-il fait savoir.

A présent, la balle est dans le camp de l’Assemblée nationale, pour remodeler le document, en faire une proposition de loi et voter au finish un texte légiférant sur l’existence de ces structures sociales du pays dont l’influence sur les décideurs et les populations n’est pas à démontrer.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Hajj 2021 : toujours des doutes sur la participation des pèlerins guinéens à la Mecque

4 juin 2021 à 9 09 56 06566

A moins de deux mois du pèlerinage aux lieux saints de l’Islam, (le 19 juillet est probablement la journée d’Arafat), la Guinée n’est pas fixée sur sa participation ou non au Grand pèlerinage de la Mecque pour l’année 2021. Malgré les sollicitations d’entretien exprimées plusieurs fois par un reporter de Guineematin.com auprès des autorités de l’Ambassade du Royaume d’Arabie Saoudite en Guinée, il n’y a toujours aucune réponse.

Le mercredi dernier, 2 juin, une source non officielle de la chancellerie, a expliqué ceci à notre rédaction de la part du Chargé d’affaire du Royaume saoudien : « ils accéderont à la demande de Guineematin.com dès qu’ils auront une réaction du ministère du Hajj et de la Omra ». comme pour dire qu’ils ne peuvent rien nous dire pour le moment, ne sachant pas eux-mêmes si la Guinée sera autorisée ou pas à participer à ce pèlerinage.

Même son de cloche au Département guinéen des Affaires religieuses. Aucun responsable du Secrétariat général aux affaires religieuses n’accepte de se prêter à nos récurrentes questions sur la participation ou pas des candidats guinéens au Grand pèlerinage 2021.

Dans les couloirs de ce Département, des voix soutiennent de plus en plus l’impossibilité, en tout cas, pour la Guinée, de prendre part, comme dans le passé, à ce voyage religieux. Même si l’Arabie Saoudite a annoncé, le 6 mai dernier, la tenue du Grand pèlerinage cette année.

Ces pessimistes évoquent la présence non seulement du nouveau coronavirus qui a fait d e nombreuses victimes un peu partout dans le monde, même en Arabie Saoudite, mais également de la résurgence d’Ebola et de la présence de la fièvre Lassa en Guinée. En terme clair, même si les deux dernières maladies sont circonscrites, des inquiétudes demeurent à ce niveau pour la participation de la Guinée à ce rendez-vous mondial.

Ce qui n’est pas du goût de tout le monde. Un groupe de cadres qui croit encore au miracle pense qu’il est bien possible pour les fidèles musulmans de la Guinée de renouer avec le voyage religieux, après une année d’interruption, liée au confinement généralisé de mars 2020, imposé par la propagation vertigineuse du Covid-19 dans le monde.

Il est à préciser qu’à ce jour, au Secrétariat général des affaires religieuses, il n’est mentionné nulle part, sur aucune affiche, des conditions de participation au pèlerinage de cette année, encore moins des modalités à suivre pour être du lot des pèlerins. Ce qui pousse certains à conseiller aux futurs candidats de se garder pour le moment de donner leur argent à qui que ce soit, jusqu’à ce que le Royaume Saoudien informe officiellement la Guinée l’autorisation ou non de prendre part au pèlerinage de cette année.

A rappeler que l’année dernière et les deux années sévères d’Ebola, la Guinée n’avait pas été autorisée à envoyer des pèlerins à la Mecque. Habituellement, avec plus de 90% de la population musulmane, la Guinée  fait voyager plus de sept mille candidats au pèlerinage.

À suivre !

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 628 08 98 45

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Coup d’Etat au Mali : la France suspend sa coopération militaire avec le pays

4 juin 2021 à 7 07 31 06316
Emmanuel Macron rencontre des soldats français de la force « Barkhane » au Mali

Paris est passé de la menace aux actes au Mali. A la suite du coup d’Etat du 24 mai, qui a porté au pouvoir le colonel Assimi Goïta, la France a décidé de suspendre « à titre conservatoire et temporaire » sa coopération militaire bilatérale avec ce pays du Sahel, a confirmé au Monde, jeudi 3 juin, le ministère des armées. Une décision qui entraîne un arrêt sine die des opérations conjointes menées par les militaires de la force française « Barkhane » avec les Forces armées maliennes (FAMa).

Cette annonce intervient alors que le Mali a connu, le 24 mai, son deuxième coup d’Etat en à peine neuf mois. Ce jour-là, le président de transition, Bah N’Daw, et son premier ministre, Moctar Ouane, ont été arrêtés puis contraints à la démission par les hommes du colonel Goïta, déjà auteurs du putsch du 18 août 2020, qui avait renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK ».

La décision française de suspendre sa coopération militaire avec le Mali entraîne aussi l’arrêt des activités de formations menées par les Français auprès des militaires et des forces de sécurité maliennes. « Ces décisions seront réévaluées dans les jours à venir au regard des réponses qui seront fournies par les autorités maliennes », faisait-on savoir, jeudi soir, au ministère des armées.

L’armée malienne se voit ainsi coupée de deux de ses principaux soutiens : la France et les Etats-Unis. Au lendemain du putsch, les Américains avaient en effet annoncé la suspension de leur assistance aux forces maliennes.

« Il n’y a plus de légitimité démocratique »

Depuis 2014, quelque 5 000 hommes de l’opération française « Barkhane » sont déployés au Sahel, particulièrement dans le nord du Mali, pour combattre les groupes djihadistes qui y sévissent, affilés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique (EI).

Mais Emmanuel Macron avait laissé entendre, le 30 mai, lors d’un entretien au Journal du dimanche, qu’il ne resterait pas « aux côtés d’un pays où il n’y a plus de légitimité démocratique ». En ligne de mire, aussi, du président français : le profil des nouvelles autorités maliennes, qu’il craint plus ouvertes à « l’islamisme radical ». « Si cela va dans ce sens, je me retirerai », avait assuré M. Macron.

Les militaires maliens qui ont repris le pouvoir se savaient sous la menace de sanctions françaises. Au lendemain de l’arrestation de l’exécutif malien, Paris avait menacé de prendre des « sanctions ciblées » contre les putschistes si le processus de transition ne reprenait pas son « cours normal ». Depuis, MM. N’Daw et Ouane, bien que libérés par la junte, n’ont pas été réinstallés dans leurs fonctions. C’est le colonel Goïta lui-même qui s’est installé comme président de la transition. Il doit prêter serment lundi 7 juin, à Bamako, avant de désigner son futur premier ministre.

Le Mali avait déjà été suspendu, il y a quelques jours, des instances sous-régionales – la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) – et de l’Union africaine (l’UA) à la suite de ce nouveau coup de force. La Cédéao réclamait notamment la nomination d’un premier ministre qui ne soit pas un militaire mais un civil et le respect de la date prévue pour l’élection présidentielle au Mali, fixée au 27 février 2022.

« Des exigences et des lignes rouges ont été posées par la Cédéao et par l’UA pour clarifier le cadre de la transition politique au Mali. Il revient aux autorités maliennes d’y répondre rapidement », affirmait-on au français ministère des armées, jeudi en début de soirée.

Lemonde.fr

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Trafic international de drogue : « j’ai avalé les 25 boules au Brésil et j’ai pris un vol de la RAM pour venir à Conakry, via Casablanca… »

4 juin 2021 à 7 07 14 06146

Valentin Okéké à la barre : «…Quand je suis allé au Brésil, mon ami Oby est venu me trouver dans un hôtel à Sâopolo. C’est dans cet hôtel qu’il m’a donné des boules de to dans lesquelles était enfouie la drogue. Il m’a dit de les avaler et puis je les ai avalées. Le même jour, j’ai pris un vol de la compagnie Royal Air Maroc en destination de Casablanca. Arrivé au Maroc, j’ai changé de vol pour venir à Conakry. A mon arrivée à l’aéroport de Conakry, les policiers de l’anti-drogue m’ont conduit dans leur bureau pour passer au scanner. Après, ils m’ont donné du jus pour évacuer ce que j’avais dans mon ventre. C’est ainsi que 25 boules de drogue sont sorties »…

Arrêté et placé en détention provisoire à la maison centrale de Conakry depuis le mois de novembre 2017 pour « trafic international de drogue (Cocaïne), Valentin Okéké, un Nigérian d’une trentaine d’années, a comparu le mardi dernier, 1er juin 2021, au tribunal criminel de Mafanco. Dans un premier temps, il a plaidé non coupable des charges articulées à son encontre. Mais, au fil des débats, il a fait un rétropédalage et a reconnu avoir été arrêté avec 25 boules de Cocaïne qu’il avait avalées depuis le Brésil. Le ministère public a requis 15 ans de réclusion criminelle à son encontre, rapporte un journaliste que Guineematin.com avait dépêché au tribunal.

Devant cette juridiction de première instance, l’accusé Valentin Okéké a visiblement voulu jouer à la politique de l’Autriche pour tenter d’échapper au courroux de la loi. Tout d’abord, il a clamé son innocence et s’est présenté au tribunal comme étant un vendeur de bijoux qui est venu en Guinée dans le cadre du commerce.

« Je ne reconnais pas les faits. Moi, je suis vendeur de bijoux. J’ai quitté le Nigeria pour la Guinée dans le cadre du commerce. Quand je suis arrivé à l’aéroport de Conakry, les policiers ont fait leurs formalités ; ensuite, je suis sorti, je me suis  embarqué à bord d’un taxi ville. C’est seulement 30 minutes après que la voiture de l’anti-drogue nous a rattrapé et nous a mis aux arrêts. Ils m’ont envoyé dans leurs bureaux où ils m’ont dit que je suis avec de la drogue », a expliqué Valentin Okéké.

Mais, lorsqu’il a été acculé par le ministère public qui l’a pris en tenaille entre les questions et la lecture de son procès verbal de l’enquête préliminaire, Valentin Okéké a fini par reconnaître avoir détenu et transporté de la Cacoïne du Brésil à la Guinée, via le Maroc.

« Un ami de nom Oby a une fois constaté que j’étais en difficulté financière, il m’a dit d’aller au Brésil où on va me donner quelque chose que je dois envoyer à Conakry. Quand je suis allé au Brésil, mon ami Oby est venu me trouver dans un hôtel à Saopolo. C’est dans cet hôtel qu’il m’a donné des boules de to dans lesquelles était enfouie la drogue. Il m’a dit de les avaler et puis je les ai avalées. Le même jour, j’ai pris un vol de la compagnie Royal Air Maroc en destination de Casablanca. Arrivé au Maroc, j’ai changé de vol pour venir à Conakry. A mon arrivée à l’aéroport de Conakry, les policiers de l’anti-drogue m’ont conduit dans leur bureau pour passer au scanner. Après, ils m’ont donné du jus pour évacuer ce que j’avais dans mon ventre. C’est ainsi que 25 boules de drogue sont sorties », a finalement avoué Valentin Okéké.

Au terme des débats, le ministère public a requis 15 ans de réclusion criminelle à son encontre. La procureure Joséphine Loly Tenkiano est arrivée à la conclusion que l’accusé est suffisamment coupable des faits de « trafic international de drogue » qui pèsent sur lui.

« C’est au courant de l’année 2017 que la brigade antidrogue a arrêté monsieur Valentin Okéké avec une quantité de drogue. De l’enquête préliminaire jusqu’au niveau du juge d’instruction, il a reconnu sans ambages les faits mis à sa charge. Monsieur Valentin Okéké a devant la barre ici reconnu en partie les faits mis à  sa charge… C’est pourquoi, monsieur le président, le ministre public va requérir qu’il plaise de retenir monsieur Valentin Okéké dans les liens de la culpabilité des faits à lui reprochés. Et, pour la répression, nous demandons qu’il vous plaise de le condamner à 15 ans de réclusion criminelle et au payement d’une amende égale à la valeur de la quantité saisie ou le triple de la valeur de la qualité », a requis la procureure Joséphine Loly Tenkiano.

De son côté, l’avocat de la défense a plaidé pour la relaxe pure et simple de son client. Me Abou Camara a laissé entendre que son client est innocent et que le ministère public a raté son enquête dans cette affaire.

« Monsieur le président, le ministère public, après avoir raté ses enquêtes, vous demande de condamner mon client qui est innocent dans cette affaire. On ne condamne pas un accusé seulement parce qu’il faut condamner. Il ne faut pas que mon client soit condamné parce qu’il est venu du Nigéria, du Brésil ou du Maroc pour arriver à Conakry. Qu’est-ce qui prouve qu’il a été arrêté avec la drogue ? Je ne vois pas cette drogue avec laquelle il a été arrêté. Rien ne montre ici que mon client est dans le trafic international de drogue. Et, s’il y en a qu’on me montre ici et je vais plaider coupable et demander des circonstances atténuantes. Au contraire, je demande de déclarer mon client non coupable des faits à lui reprochés et d’ordonner la relaxe pure et simple », a plaidé Me Abou Camara.

Finalement, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 15 juin prochain.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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