Féguifoot : Tham Camara, président de la commission d’éthique, à son tour sanctionné

18 juin 2021 à 21 09 11 06116

Alors que la mission conjointe FIFA-CAF est attendue dans quelques jours à Conakry, la cacophonie se poursuit au sein de la Fédération Guinéenne de Football. Après avoir suspendu Aboubacar Dorah Koïta et Me Alsény Bah, respectivement présidents de la commission électorale et de la commission de discipline, Amadou Tham Camara, le président de la commission d’éthique, se voit à son tour sanctionné.

Dans une décision publiée ce vendredi, 18 juin 2021, la commission de discipline de la FGF a annoncé qu’il lui est interdit d’exercer toute activité relative au football pour une durée de trois ans en République de Guinée. M. Tham Camara est appelé également à payer une amende de 5.000.000 de francs guinéens pour « violation des statuts, du code d’éthique et du code disciplinaire » de la Fédération Guinéenne de Football.

Guineematin.com vous propose ci-dessous la décision de la commission de discipline :

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Décret : Alpha Condé accorde la grâce à Grenade et Madic100 frontière

18 juin 2021 à 20 08 56 06566
Alpha Condé, président de la République

À travers un décret publié dans la soirée de ce vendredi, 18 juin 2021, le président Alpha Condé a accordé la grâce présidentielle à deux prisonniers politiques. Tous les deux militants de l’UFDG (principal parti de l’opposition guinéenne), Mamadi Condé, alias Madic 100 frontière, et Boubacar Diallo, dit Grenade, avaient, chacun, présenté des excuses au chef de l’État et sollicité sa clémence.

À suivre !

Mohamed Doré pour Guineematin.com

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INTEGRA renforce les compétences des équipes pédagogiques pour la préparation à la vie professionnelle (PVP) dans les écoles à Kindia, Mamou, Labé et Faranah

18 juin 2021 à 19 07 23 06236

Le programme d’appui à l’intégration socio-économique des jeunes (INTEGRA), initié conjointement par l’Union européenne et le Gouvernement Guinéen, poursuit le renforcement des compétences des Délégués Scolaires de l’Enseignement Elémentaire (DSEE), des Directeurs d’Ecoles (DE) et des Enseignant(e)s du cours moyen (CM) sur l’approche de Préparation à la Vie Professionnelle (PVP).

Mise en œuvre par l’Agence Allemande de Coopération Internationale (GIZ), la préparation à la vie professionnelle (PVP) permet le renforcement de l’apprentissages des élèves, à travers des pratiques pédagogiques orientées vers le monde du travail ainsi que la découverte des métiers à l’école primaire. Les élèves découvrent ainsi les métiers pour une future meilleure orientation et insertion dans la vie professionnelle. Entre 2019 et 2022, 6000 élèves seront concernés.

Ces sessions de renforcement de capacités sur l’approche PVP concernent 36 DSEE, 50 DE, et 160 Enseignant(e)s du cours moyen. Elles se tiendront simultanément à Faranah, Kindia, Labé et Mamou, du 12 au 17 juin 2021 pour les DE et les DSEE, et du 18 au 25 juin 2021 pour les enseignants(e)s.

Au-delà de la découverte des métiers, la PVP vient enrichir le programme de l’élémentaire en renforçant des disciplines telles que le français, le calcul, les sciences d’observation et l’éducation civique et morale. Ces disciplines sont indispensables à la jeunesse pour opérer des choix raisonnés quant à leur orientation professionnelle dans la perspective de leur insertion socioéconomique dans la société.

Le renforcement des capacités des enseignants en cours contribuera à améliorer l’implémentation de la PVP dans les écoles, grâce au réinvestissement des nouvelles compétences d’enseignement et d’apprentissage et au dispositif de suivi et encadrement rapproché des enseignants mis en place par les directeurs d’école formés.

Le programme INTEGRA se veut une contribution pour amorcer de nouvelles dynamiques dans le développement socio-économique en Guinée. Initié conjointement par l’Union européenne et le Gouvernement guinéen, INTEGRA crée des opportunités pour la jeunesse guinéenne à travers la préparation à la vie professionnelle dans les établissements scolaires, la réalisation d’infrastructures économiques, la formation professionnelle, la création d’emplois durables et le développement de l’entrepreneuriat.

Ainsi, à travers ce programme, ce sont plus de 15 000 jeunes qui seront directement accompagnés pour mettre en œuvre cette nouvelle dynamique socio-économique par la création d’emplois et l’appui au développement de l’entrepreneuriat en Guinée.

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Inondations à Conakry : un mort à Hafia 1

18 juin 2021 à 18 06 02 06026

La pluie qui s’est abattue dans la journée de ce vendredi, 18 juin 2021, a entraîné des conséquences dramatiques à Conakry. C’est notamment au quartier Hafia 1, dans la commune de Dixinn, où un jeune homme est décédé. Amadou Diouldé Diallo a été électrocuté pendant qu’il aidait sa tutrice à sortir l’eau de sa maison, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Âgé de 21 ans et originaire de Labé, Amadou Diouldé Diallo, communément appelé Flingo, habite chez la famille Yansané, dans le secteur Gabourouya du Hafia 1, depuis plusieurs années. Après la forte pluie qui s’est abattue ce vendredi sur Conakry, la maison de cette famille a été inondée. Et pendant que le jeune homme s’activait à faire sortir l’eau, un court-circuit s’est produit dans la maison. C’est ainsi qu’il a été électrocuté.  

Ibrahima Sory Fofana, une connaissance de la victime

« Il y a eu un court-circuit au moment où la maison était inondée, donc tout était électrifié. C’est ainsi que Flingo, qui était en train de repousser l’eau qui était dans la maison, a été électrocuté. Et lorsqu’il est tombé dans l’eau, personne n’était là pour intervenir à temps. Les gens sont venus tardivement, on peut dire qu’il était déjà à l’agonie. Le jeune qui vivait avec son grand frère chez M. Yansané ici. Donc il était venu aider la femme de ce dernier à repousser l’eau », explique Ibrahima Sory Fofana, un habitant de la localité.

En plus de la mort de ce jeune, plusieurs habitants du secteur Gabourouya, dans le quartier Hafia 1, ont subi des dégâts causés par les eaux de ruissellement qui ont envahi leurs maisons. Alhoussény Bah, l’une des victimes, indique que deux facteurs sont à l’origine de ces inondations. Il s’agit en premier lieu du non-achèvement des travaux de construction d’un canal d’évacuation des eaux de ruissellement entamé dans cette localité.

Alhoussény Bah, l’une des victimes

« La société qui était chargée de faire ce travail n’est pas allée au bout. Elle a creusé une grande fosse et l’a abandonnée ici avec tous les risques que cela représente. En plus de l’arrêt de ces travaux, il y a le fait que les caniveaux sont bouchés, donc l’eau n’a pas de passage. C’est ce qui a causé ces inondations. Plus d’une trentaine de maisons ont été inondées et il y a eu un cas de mort. Nous interpellons l’Etat sur cette situation et lui demandons de faire son travail », a lancé ce citoyen.

A noter que des inondations ont été également enregistrées dans plusieurs autres endroits de Conakry, ce vendredi. Les eaux de ruissellement ont envahi notamment certaines rues, les rendant impraticables pendant un moment.

Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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Winning Consortium Simandou (WCS) a terminé la réhabilitation de la route nationale Kankan – Kérouané

18 juin 2021 à 17 05 48 06486

Après près d’un an de travaux, le projet de réhabilitation et de mise à niveau de la route N1 Kankan – Kérouané, financé par le Winning Consortium Simandou (WCS) à hauteur de 30 millions de dollars, est achevé. D’une longueur totale de 147 kilomètres, le trajet peut désormais s’effectuer en 3h30 au lieu des 10 heures habituelles.

Lancé le 18 juin 2020, la rénovation de cette route présentait de nombreuses difficultés compte tenu de l’absence de revêtement durci, des nombreuses dégradations notamment sur les infrastructures comme les ponts et la forte présence fondrières. En saison des pluies, la circulation devenait extrêmement compliquée avec certaines sections devenant boueuses et l’absence de fossés de drainage. Près d’un an après, la route est désormais large de 8 mètres et les conditions de la circulation ont été considérablement améliorées.

À cette occasion, une cérémonie a été organisée par WCS en présence de M. El Hadj Sory Sanoh, Préfet de Kérouané, M. Ibrahima Kalil Toure, Maire de la Commune Urbaine de Kérouané, M. Zhu Yuanjian, Vice-Directeur de la Mine de WCS, ainsi que d’autres invités.

Selon M. Cherif Karamo, Directeur Adjoint des Relations Communautaires de WCS : « La réhabilitation de la route facilite non seulement le transport avec un gain de temps et de sécurité considérable, mais créé également des opportunités d’emplois pour les populations riveraines. En investissant dans la construction et la gestion des infrastructures du pays, WCS contribue au développement économique local ».

Attaché à l’engagement des entreprises pour l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD), la conception du projet industriel du Consortium prend en compte le contexte environnemental et social tout au long de la chaîne des opérations.

Transmis par le service de communication du Consortium SMB-Winning

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Création d’une nouvelle confrérie en Guinée : « ils ne sont plus musulmans »

18 juin 2021 à 17 05 33 06336
Elhadj Mamadou Saliou Camara, premier imam de la grande mosquée Fayçal

Comme annoncé précédemment, des citoyens de Kankan ont annoncé hier, jeudi 17 juin 2021, la création d’une nouvelle confrérie musulmane en Guinée. Dénommée Djèdèkolobaaya, cette confrérie vise à promouvoir la prière (salat) dans la langue maninka. Elle a pour guide spirituel, le controversé imam Ismaël Nanfo Diaby, détenu depuis quelques semaines à la Maison centrale de Kankan pour troubles à l’ordre public.

Cette annonce suscite des réactions chez les leaders religieux musulmans. Dans un entretien qu’il a accordé à un journaliste de Guineematin.com, ce vendredi 18 juin, le premier imam de la grande mosquée Fayçal de Conakry s’est dit surpris de cette nouvelle. Selon Elhadj Mamadou Saliou Camara, les fondateurs de cette confrérie ont déserté l’islam et ne peuvent donc plus être considérés comme étant des musulmans.

« Ce que je peux dire pour le moment par rapport à ça, c’est que l’islam c’est la religion d’Allah, il ne doit pas y avoir de division au sein de la religion d’Allah, il ne doit pas y avoir des sectes et des confréries au sein de la religion d’Allah. Le mot Djèdèkolobaaya, c’est la signification du terme islam en maninka. Si c’est en soussou, on dit Yètèkhouroudinè. Mais en créant cette confrérie, ils ont déserté l’islam. Donc, actuellement, ils ne sont plus musulmans. Qu’Allah guide leurs pas vers la vérité », a dit le leader religieux.

Elhadj Mamadou Saliou Camara promet de passer à la télévision pour « expliquer profondément » cette situation.

Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tel: +224 622 07 93 59

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Décès d’une femme enceinte à l’hôpital de Kankan : la position de l’ordre des médecins

18 juin 2021 à 17 05 30 06306
Professeur Hassane Bah, président de l’ordre national des médecins

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, des médecins de l’hôpital régional de Kankan sont poursuivis suite au décès de madame Kandé Mariame, une femme en état de grossesse dans leur centre hospitalier qui ne lui a pas assuré l’assistance médicale appropriée. Déjà, face à la réprobation générale, le gouvernement avait annoncé la suspension des médecins qui ont immédiatement été mis à la disposition de la justice. Et, récemment, monsieur Aly Touré, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan, a indiqué que le procès s’ouvrira le 13 juillet.

Pour leur part, c’est à travers un communiqué publié daté d’hier, jeudi 17 juin 2021, que le Conseil national de l’ordre des médecins de Guinée et la coalition nationale des professionnels de santé ont annoncé avoir déjà engagé un collectif d’avocats pour défendre leurs collègues. Il s’agit bien de Dr Mamady Souaré (gynécologue et médecin chef de la maternité de l’hôpital régional de Kankan), Fatoumata Camara (sage-femme) et Dr Fodé Kaba (gynécologue, en service à la maternité de ce centre hospitalier), tous poursuivis pour « homicide involontaire ».

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, l’intégralité de ce communiqué :

Conseil national de l’ordre des médecins de Guinée et la coalition nationale des professionnels de santé

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Dr. Faya sur le dialogue politique : « Cellou, Sidya, Ousmane Kaba… étaient tous au PUP avec Fodé Bangoura… C’est un atout, s’il sait l’exploiter »

18 juin 2021 à 13 01 46 06466
Dr Faya Millimono, président du Bloc Libéral

De retour au pays après plus de trois mois d’absence, Dr Faya Millimouno, le président du Bloc Libéral (BL), s’est exprimé hier, jeudi 17 juin 2021, sur l’actualité sociopolitique brûlante de la Guinée (dialogue politique, condamnation de Oumar Sylla, etc) et sur l’état de santé de son parti le BL. L’opposant au régime Alpha Condé. C’était à l’occasion d’un entretien accordé à un journaliste de Guineematin.com, le patron du BL croit dur comme fer que la libération des détenus politiques pourrait contribuer significativement à décrisper le climat politique et donner la chance au dialogue politique.

Décryptage !

Guineematin.com : le dialogue politique et social a été lancé hier à Conakry sous l’égide d’Elhadj Fodé Bangoura. Vous n’étiez pas là à sa nomination comme secrétaire permanent de ce dialogue. Alors, comment avez-vous accueilli sa nomination et quelle lecture faites-vous de ce début de dialogue ?

Dr Faya Millimouno : je dois commencer par dire que nous avons été les tous premiers à appeler au dialogue, parce que notre pays était sur une pente très raide. Les tensions étaient plus vives qu’elles ne le sont maintenant. Elles ne sont pas encore complètement dissipées, mais les tensions étaient véritablement vives. Alors, aujourd’hui nous sommes contents de savoir que tous les acteurs, même si certains posent des conditions, sont plus ou moins d’accord que nous allions au dialogue. Je n’étais pas là quand on a nommé Elhadj Fodé Bangoura, je suis de ceux qui pensent que nous avons des ressources qu’il faille exploiter. Je n’ai jamais été très séduit par les groupes de contact internationaux. Des gens qui ne connaissent pas le pays. Ibn Chambas est venu ici une dizaine de fois, il n’y a pas eu de solution. Djinit l’a précédé. Est-ce qu’on a des ressources internes ? Des Juristes, anthropologues, ethnologues, ceux qui, véritablement, connaissent les réalités guinéennes qui peuvent travailler à faire parler les guinéens entre eux ? Oui ! Il y en a. Monsieur Fodé Bangoura a été, à un moment donné, appelé le petit président de notre pays. Très proche de Lansana Conté et il a travaillé presqu’avec la majorité des acteurs politiques que nous avons aujourd’hui. Regardez autour du président Alpha Condé, beaucoup de ceux qui étaient avec lui au PUP sont autour du président Alpha Condé. Et beaucoup de ceux qui sont dans l’opposition, que ce soit Cellou Dalein, Sidya Touré, Ousmane Kaba, c’est des gens qui ont étroitement collaboré avec lui. Cette connaissance des acteurs est un atout. S’il sait l’exploiter, je crois que ça peut permettre de relever le défi lié à l’exclusivité de ce dialogue. Parce qu’il faut que tout le monde y prenne part et que tous les enjeux soient sur la table pour que nous arrivions à quelque chose de mieux pour le pays.

Guineematin.com : ce dialogue a été lancé avec les acteurs du secteur du transport. Est-ce que vous pensez que c’est déjà un bon début ou bien il fallait commencer par les questions politiques qui semblent intéresser plus d’un?

Dr Faya Millimouno : j’ai vu qu’ils ont commencé le dialogue par le secteur du transport. Mais, il faut commencer par reconnaître que dans tous les secteurs, il y a des problèmes. Et donc, si en écoutant les acteurs on pense trouver des débuts de solution, tant mieux. Mais, là où le bas blesse effectivement, c’est au niveau politique. Parce que là où le manque d’entente, de compréhension fait beaucoup plus d’impact négatif sur la vie nationale, c’est au niveau politique. Mais, je n’ai pas la prétention de dire que j’ai la solution de dire qu’il fallait commencer par tel ou tel. Peut-être qu’il y a une stratégie qui se déroule. Essayons seulement de ne faire aucun sujet un tabou. Nous avons de véritables problèmes, le pays est fermé à ses frontières Nord avec le Sénégal, avec la Guinée Bissau. Ça a un impact négatif sur la vie nationale. Nous avons des prisonniers, certains y sont morts, il y en a qui ont une santé précaire… Tous les sujets doivent être sur la table et ce dialogue ne doit pas ressembler aux précédents.

Guineematin.com : Le chef de file de l’opposition, Elhadj Mamadou Sylla, dit ne pas croire à ce dialogue parce que selon lui, il y avait des préalables à satisfaire. Est-ce que c’est votre avis aussi ?

Dr Faya Millimouno, président du parti Bloc Libéral

Dr Faya Millimouno : il est clair qu’aujourd’hui il y a des choses qu’il faille faire pour baisser la tension. Nous au BL, nous travaillons à cela depuis très longtemps. Lorsque j’ai rendu visite à nos amis Ousmane Gaoual, Etienne Soropogui, Cellou Baldé, Abdoulaye Bah, Chérif Bah ; mais, surtout à ceux que nous ne pouvons pas nommer, quand je suis passé trois fois à la maison centrale, ayant été moi-même locataire là-bas, je sais ce que les gens vivent. Et puis, je suis en train de faire comme je peux pour que leur libération soit acquise. Je suis de ceux qui pensent que la libération, ne serait-ce que temporaire, parce qu’on peut dire : pour ne pas interférer avec le judiciaire, puisqu’il y a eu des accusations portées contre eux, que la procédure se poursuive ; mais, que cela soit fait selon ce que nous savons du droit. Lorsqu’on accuse, on donne la preuve. On n’accuse pas pour dire à celui qui est accusé de prouver qu’il est innocent. Celui qui accuse donne la preuve. Je vois d’ailleurs que dans le dossier qui concerne nos camarades, il y a une grande évolution. Il y a beaucoup de choses qu’on a dites au début de la procédure qu’on leur reprochait. La lecture des chefs d’accusation aujourd’hui nous fait penser à une grande évolution. On ne parle plus de fabrication ou de détention d’armes. ça veut dire que peut-être au cours de la procédure on s’est rendu compte qu’on est allé très vite en besogne et que ces gens-là ne sont pas des monstres comme on l’a prétendu et d’ailleurs elles sont allées eux-mêmes à la police judiciaire pour répondre aux convocations. On n’est pas venu les prendre. Certains diront que c’est un préalable ; mais, le fait de les libérer, ne serait-ce que provisoirement, peut faire baisser les tensions et donner la possibilité que le dialogue prenne place. Une autre chose que certains sont en train de citer comme préalables et que moi je pense que c’est essentiel, ce n’est pas une question de dialogue. Je suis un homme politique, je voyage beaucoup. Ça me met mal à l’aise de faire le test de Covid parce que je dois aller au Sénégal ou en France ou ailleurs, je paye mon billet et que ça soit au moment où je dois m’embarquer qu’on me dise non, tu ne peux pas voyager. La justice peut faire mieux que ça. Nous sommes tous justiciables. Si pour une procédure en cours il y a quelque chose qui m’est reproché et qui donne raison à la justice de restreindre mes mouvements on peut dire : monsieur Millimono, pour telle procédure en cours dont vous êtes cités, vous ne pouvez pas sortir du pays. Là, c’est transparent, c’est connu de tous. Ça n’ajoute pas à la frustration que je sois laissé d’abord en train de me préparer parce que je réponds à une invitation ou que je vais pour une visite médicale et que ça soit quand je suis prêt à prendre l’avion qu’on me dit que je ne peux pas voyager. Au-delà du fait que nous devons dialoguer, je trouve que ce n’est pas normal que ça se passe dans notre pays. Non, ce que certains pensent que c’est un préalable pour dialoguer, je pense qu’on doit simplement agir là-dessus, montrer une volonté politique là-dessus pour que d’abord, sur le plan de l’image du pays, nous ne continuons pas à être cités comme un pays qui prend d’assaut  sur les droits et libertés des populations.

Guineematin.com : ces dérives que vous êtes en train de citer, c’est notamment l’UFDG qui en est la principale victime. Mais, est-ce que cela veut dire que vous comprenez leur position de conditionner leur participation à ce dialogue à la libération de ses cadres emprisonnés, la libération de leur siège et de ses bureaux ; mais, aussi leur liberté de voyager ?

Dr Faya Millimouno : je comprends leurs soucis. A la place de tous les partis qui sont concernés, le Bloc Libéral serait tenté d’agir de la même façon. Il y a l’UFDG, comme vous l’avez dit, qui fait partie ; l’UFR qui s’est battu deux fois, trois fois avant de pouvoir obtenir la possibilité de sortir ; mon frère et ami, Abé Sylla, est passé par là. Donc, je dis simplement que ça n’honore pas notre pays ; et, on peut faire mieux. Ça fait plus de 60 ans qu’on est indépendant et nous sommes les précurseurs en matière de promotion des valeurs démocratiques, la Guinée a pris le devant ; mais aujourd’hui, nous semblons être  à la traîne. C’est pourquoi, au-delà du fait que nous devons aller au dialogue, j’invite ceux qui nous gouvernent, et particulièrement l’appareil judiciaire, à faire preuve de plus de professionnalisme dans la façon de faire les choses.

Guineematin.com : puisque nous parlons des questions judiciaires, il y a une semaine, Oumar Sylla Foniké Mangué a été condamné à une lourde peine de prison ferme. En première instance, il avait été condamné à 11 mois. En appel, le procureur demande 2 ans et finalement le juge annonce 3 ans. Quelle est votre lecture de cette autre actualité ?

Dr Faya Millimouno : naturellement et de façon générale, on dit qu’on ne commente pas une décision de justice. Mais, cette condamnation ne va pas dans la bonne direction parce qu’il y a eu un combat qui a été mené et ce combat n’était pas vide de sens. Quand on dit que le FNDC a mené le combat pour ne pas que la constitution change, ce n’est pas un combat vide de sens. Le président, Alpha Condé qui est là aujourd’hui, dans les années 2000, il a mené le même combat pour que la constitution de la Guinée ne change pas au temps de Lansana Conté. Alors, il ne faut pas qu’on installe notre pays dans une tradition de présidence à vie. Le combat a été mené, au bout, un président a été proclamé élu, investi, à travers un processus qui a connu la participation de tout le monde. Je crois qu’il est dans l’intérêt de tout le monde aujourd’hui qu’on ne continue pas à chercher la bête noire. Mais, que l’on mette la balle à terre et qu’on travaille tous à créer une atmosphère apaisée.

Guineematin.com : revenons maintenant sur le sujet concernant votre parti. Pendant que vous êtes en procès avec certains anciens responsables du BL, on a vu le départ du chargé des questions électorales du parti. Comment avez- vous accueilli cette démission ?

Dr Faya Millimouno : ce n’est pas nouveau. Je suis très étonné que les médias fassent une actualité. Moi, en tant que président, avant même que je ne voyage pour les Etats-Unis au mois de mars, c’est en novembre que j’ai obtenu une lettre de démission de la part de Samuel Kourouma. Alors, je lui ai répondu au nom du parti pour lui souhaiter bonne chance. Ça, c’était en novembre. Nous sommes en juin, on lui a souhaité bonne chance où il dépose ses valises. Donc, on ne fait pas de commentaire sur ça parce que c’est une histoire vraiment ancienne.

Guineematin.com : mais, qu’est-ce qui a été à l’origine de son départ.

Dr Faya Millimouno : nous, nous n’avons pas besoin d’expliquer sur ce qui a été à l’origine de son départ. C’est lui qui a dit qu’il quitte le parti, on lui a souhaité bonne chance et nous nous continuons notre marche. Qu’il ait la chance d’évoluer, on sera sur le terrain politique, on se rencontrera et nous sommes appelés à faire peut-être des choses ensemble.

Guineematin.com : avec ce départ qu’on peut ajouter au procès est-ce que vous ne pensez pas aujourd’hui que le Bloc Libéral a vraiment besoin du sang neuf ?

Dr Faya Millimouno, président du parti Bloc Libéral

Dr Faya Millimouno : pour le procès, il ne faut pas mêler le BL. Ce n’est pas le BL qui poursuit, c’est moi-même. Même si j’ai besoin de me servir des archives du BL, je dois avoir l’autorisation du parti ; parce que je ne suis qu’un individu. Alors, ce procès, je le fais pour des raisons pédagogiques. Nous nous battons pour des valeurs ; et, la calomnie, la diffamation n’est pas une valeur. C’est une contrevaleur. Il vous souviendra que lorsqu’en communicant ici, au siège du parti, j’ai confondu Mohamed Lamine Fofana à Mamadou Lamine Fofana, j’ai fait l’objet de poursuite pour diffamation. J’ai été en prison ; mais, j’avais le cœur tranquille, parce que j’ai reconnu qu’il y a avait une erreur. J’ai fait une déclaration là-dessus. Et donc, j’étais en harmonie avec moi-même. Il y a eu par le passé des gens qui m’ont attaqué dans les médias pour dire beaucoup de choses, je n’ai pas répondu. Je leur ai donné l’opportunité d’aller devant la justice solennellement pour donner les preuves. Pour l’instant, cette procédure telle que je la vois, les gens on leur dit d’amener la preuve, ils amènent d’autres accusations. Je souhaite simplement que le droit soit dit dans cette affaire.

Guineematin.com : quel est votre mot de fin ?

Dr Faya Millimouno : c’est de dire que le BL aujourd’hui se porte mieux. Je viens de quitter l’extérieur où, malgré la Covid-19, j’ai pu quand-même par les applications interposées conférer avec les autres structures qui sont en Europe, aux Etats-Unis. Le parti se porte de plus en plus mieux parce qu’à l’interne, on avait l’impression qu’il y avait comme si c’était des ennemis qui se retrouvaient. On n’avait plus un même objectif. Aujourd’hui, l’objectif est commun et que les choses se font dans la sérénité. Au moment où nous parlons, plusieurs missions sont à l’intérieur du pays et notre mission est en train de se poursuivre dans le grand Conakry. Même le dimanche dernier j’étais à la tête d’une forte délégation à Coyah. Et ce dimanche nous serons à Manéah. Le parti gagne aujourd’hui ses forces et ce qui est important, j’invite tous les militants et les sympathisants à redoubler d’effort pour que nous délivrions la marchandise par rapport à la promesse que nous avons faite au peuple de Guinée, créer la rupture.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Faranah : un conseil communal des enfants installé dans la ville

18 juin 2021 à 13 01 34 06346

Il existe désormais un conseil communal des enfants à Faranah. Il a été installé hier, jeudi 17 juin 2021, par l’ONG Tostan Guinée, en collaboration avec les autorités de la ville. L’initiative vise la prise en compte des préoccupations des enfants dans les programmes de développement local, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Faranah.

C’est une équipe de 33 enfants, dirigée par un bureau de 5 membres, qui a été installée. Elle sera un intermédiaire entre la mairie de Faranah et les enfants de cette ville. La mise en place de ce tout premier conseil communal des enfants à Faranah est une initiative de l’ONG Tostan Guinée. Elle fait suite à un constat selon lequel, les préoccupations des enfants ne sont suffisamment prises en compte dans les programmes de développement local, indique Alhassane Diakité, l’un des responsables de l’ONG Tostan.

« C’est un constat que nos responsables ont fait sur le terrain par rapport à la prise en charge des enfants dans les programmes de développement local (PDL) des collectivités locales. Ils ont initié un projet de décentralisation, consistant à apprendre aux élus leur rôle et responsabilités et ce que la population peut faire pour le développement. À l’issue de ça, nous avons constaté que la priorité des femmes et des enfants n’étaient pas prises en compte. C’est ainsi que nous avons jugé nécessaire que ces élus formés dans les collectivités acceptent d’être les communes amies des enfants. Ces enfants élus doivent jouer le rôle d’interface entre la commune et les autres enfants », a-t-il dit.

Ce conseil communal est chargé d’identifier les problèmes des enfants et aller les défendre auprès de leur collectivité. Et sa mise en place est saluée par les autorités communales de Faranah. « Nous saluons et remercions l’ONG Tostan. Et nous apprécions son initiative qui consiste à faire de notre commune, une collectivité amie des enfants. Aujourd’hui, de façon consensuelle, un conseil communal de 33 membres a été élu dont un bureau exécutif de 5 membres. Nous saluons Tostan et ces enfants qui sont désormais nos amis. Nous voulons que le conseil communal des enfants de Faranah soit une référence dans le bon sens »,a dit Amara Kouyaté, conseiller communal à la mairie de Faranah.

Élue à la tête de ce conseil communal des enfants de Faranah, Tèwa Kamano, élève en classe de 7èmeannée dans une école privée de la place, a exprimé sa satisfaction. « Je suis vraiment contente. Je remercie Dieu et mes parents de m’avoir permis d’être élue maire des enfants de la commune urbaine de Faranah. J’invite mes collègues au travail et au sérieux dans nos activités pour dignement défendre  nos droits », a lancé la première maire des enfants de Faranah.

A noter que la ville de Faranah n’est pas la seule concernée par cette initiative de l’ONG Tostan Guinée. Des conseils communaux des enfants seront installés aussi dans les communes urbaines et rurales de Dabola, Arfamoussaya, Beindou, Manfran, Kissidougou, Dinguiraye, Kalinko et Djalakoro.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com 

Tel : 00224620241513/660272707

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Côte d’Ivoire : retour triomphal de Laurent Gbagbo

18 juin 2021 à 10 10 50 06506

Dix ans après son transfèrement à La Haye, Laurent Gbagbo est de retour en Côte d’Ivoire. Un évènement inédit. Un chef d’État, accusé de crimes contre l’humanité, extradé par son pays, revient triomphalement dans ce pays dix ans après, totalement blanchi par la justice internationale. Pour cet opposant historique devenu président de la République, les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Ce mois de juin 2021 est différent le mois d’avril 2011, année à laquelle il fut expédié comme un colis à La Haye, au Pays-Bas.

Même si les pro-Gbagbo évitent tout triomphalisme, l’acquittement de l’ancien président par la Cour Pénale internationale est incontestablement une grande victoire pour cet homme. Finalement on a le sentiment que l’éloignement de celui dont la présence aurait été plus que gênante pour le nouveau président n’avait d’autre objectif que de permettre à Alassane Ouattara de diriger librement la Côte d’Ivoire. Comme on dit à Abidjan, deux caïmans ne peuvent pas cohabiter pacifiquement dans le même marigot.

Laurent Gbagbo

Dire à la planète entière que personne n’est coupable de la mort de près de 3 000 personnes est une insulte à l’intelligence de l’humanité entière. Et pourtant, le transfèrement de Laurent Gbagbo était censé justement rendre justice aux victimes. Mais le fait que depuis la fin de la crise la machine judiciaire interne et externe n’a sévit que contre un seul camp, fragilisait cette justice. Certes c’est le refus de Laurent Gbagbo et les siens de reconnaitre les résultats de l’élection présidentielle qui fut à l’origine de la crise. Mais, il est indéniable que des crimes ont été commis par les deux camps. Alors que jusqu’ici aucun responsable du camp Ouattara n’a été inquiété.

D’où le cri à la justice partielle, parcellaire et partiale par le camp Gbagbo ainsi qu’une bonne partie de l’opinion publique tant locale qu’internationale. Que la justice ivoirienne ne lève pas un petit doigt pour demander des comptes aux vainqueurs, cela se comprend sous les tropiques.  Même si cela ne se justifie pas. Dans nos pays, la justice est souvent aux ordres du pouvoir en place. Il est illusoire de penser que la justice ivoirienne pouvait demander des comptes aux vainqueurs.

En revanche, le silence de la justice internationale est plutôt troublant voire révoltant. En poursuivant un seul camp, la CPI a apporté de l’eau au moulin de tous ceux qui estiment qu’elle ne poursuit que les faibles. La Cour pénale internationale est accusée d’être comme une toile d’araignée. Elle attrape le faible et se fait écraser par le fort. Paradoxalement, l’acquittement de Laurent Gbagbo et certains de ses proches comme Charles Blé Goudé a quelque peu redoré le blason de la CPI. Une nouvelle fois la CPI a montré qu’elle préfère acquitter un coupable que de condamner un innocent.

Il reste à savoir si, après le retour du bouillant ancien président, la CPI va se tourner vers l’autre partie. Ou si elle a va passer les trois milles victimes comme perte et profit. Car ce ne sont pas des extra-terrestres qui sont descendus pour perpétrer des massacres à Abidjan. Pourtant l’hypothèse de l’impunité est la plus plausible dans la mesure où, aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur, les protagonistes et les partenaires de la côte d’Ivoire semblent privilégier la réconciliation nationale au détriment de la justice.

Ce qui serait une grave erreur. Sans vérité, sans justice, les victimes et les leurs vont faire semblant d’avoir pardonné et même oublié. Mais ils n’attendront qu’une seule occasion pour prendre leur revanche. Ainsi, devant l’incapacité de la CPI à rendre justice, les Ivoiriens doivent impérativement trouver les mécanismes appropriés pour organiser une réconciliation basée sur la vérité et la justice. Autrement le réveil des vieux démons qui dorment sera des plus terribles.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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Me Mohamed Traoré : « on constate une maladresse dans la rédaction de la Loi sur la liberté de la presse »

18 juin 2021 à 10 10 43 06436
maître Mohamed Traoré, avocat

C’est une méprise de penser que la loi sur la liberté de la presse ne prévoit pas la détention provisoire et la privation de liberté comme sanction. Il existe bel et bien des peines privatives de liberté dans ce texte.

Pour ce qui est de la détention provisoire, l’article 132 de cette loi indique que  » si l’inculpé est domicilié en Guinée, il ne peut être préventivement arrêté, sauf dans les cas prévus aux articles 100, 101, 103, 104, 105, 106 de la présente loi ».

On constate une maladresse dans la rédaction de ce texte. Cette maladresse était déjà constatable dans l’article 52 de la loi française du 29 juillet 1881 portant sur la liberté de la presse et dont l’article 132 n’est que la fidèle reproduction sous réserves de quelques spécificités.

Cet article 52 a été par la suite modifié par l’article 5 de la loi n°2014-1353 du 13 novembre 2014. Ainsi, l’article 5 de la loi de 2014 modifiant l’article 52 de la loi du 29 juillet 1881 est formulé ainsi qu’il suit :  » Si la personne mise en examen est domiciliée en France, elle ne pourra être placée en détention provisoire que dans les cas prévus à l’article 23 et aux deuxièmes et quatrièmes alinéas de l’article 24″.

En disposant que  » si l’inculpé réside en Guinée, il ne pourra être préventivement arrêté que dans les cas prévus aux articles ……. », le législateur guinéen voulait exactement dire ce qu’a dit son homologue français dans l’article 5 de la loi de 2014 modifiant l’article 52 de la loi du 29 juillet 1881. C’est-à-dire qu’il existe des cas limitativement énumérés dans lesquels la détention provisoire est possible.

L’inculpé en Guinée correspond au mis en examen en France. L’expression « préventivement arrêté  » renvoie en réalité à la détention provisoire malgré la maladresse de rédaction. Il faut rappeler que le législateur parle désormais de détention provisoire et non de détention préventive.

Pour revenir à la loi sur la liberté de la presse et au regard des explications ainsi données, elle prévoit donc la détention provisoire, selon son article 132, dans les cas suivants :

– Les crimes contre la sûreté intérieure, les crimes de guerre, les crimes et délits de collaboration avec l’ennemi commis par voie de presse (article 100).

– L’apologie des crimes de meurtre, pillage, incendie, vol……commis par voie de presse.(article 101).

– La provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, à une nation, une race, ou une religion déterminée commise par voie de presse. (article 103).

– L’incitation des militaires et paramilitaires à se détourner de leur devoir républicain et à désobéir aux lois aux lois et règlements commise par voie de presse. (article 104).

– L’offense au chef de l’État commise par voie de presse (article 105).

– La communication par quelque moyen que ce soit de fausses nouvelles, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers (article 106).

La loi sur la liberté de la presse prévoit donc six cas dans lesquels la détention provisoire est possible. Et lorsqu’on parle d’infractions commises par voie de presse, il s’agit, comme on le sait, des infractions commises par l’un des moyens visés en son article 98 de la loi sur la liberté de la presse.

Mais l’on ne doit pas se borner à dire que la loi sur la liberté prévoit des hypothèses où la détention provisoire est possible. En effet, une fois qu’on a dit cela, il faut aller au-delà de l’article 132. En d’autres termes, une fois qu’on a admis que la loi sur la liberté de la presse n’exclut pas la possibilité d’une détention provisoire, il faut poser les conditions de la détention.

Et pour cela, il faut sortir de la loi sur la liberté de la presse pour interroger le code de procédure pénale qui est le seul texte qui fixe les conditions de la détention provisoire à travers notamment son article 235. Quand on fait une lecture combinée des articles 132 de la loi sur la liberté de la presse et 235 du code procédure pénale, toutes les ambiguïtés s’estompent aussitôt.

Ainsi, à titre d’exemple, l’article 132 de la loi sur la liberté de la presse prévoit la détention provisoire en matière d’offense au Chef de l’État. Mais l’article 235 du code de procédure pénale exclut la détention provisoire si la peine encourue n’est pas criminelle ou si la peine correctionnelle n’est pas égale ou supérieure à trois années.

Or, la peine attachée à l’offense au chef de l’État n’est ni une peine criminelle ni une peine correctionnelle d’une durée égale ou supérieure à trois ans. C’est une simple peine d’amende (5.000.000 de francs d’amende). Ce qui signifie que le délit d’offense au Chef de l’État ne devrait pas entraîner une détention provisoire.

Pour aller plus loin, il faut relever que tout cela concerne l’inculpé résident en Guinée. On peut dire, a contrario, que s’il ne réside pas en Guinée, il peut être placé en détention provisoire en dehors des cas prévus par l’article 132 pourvu que ce soit décidé par un juge d’instruction puisque le texte parle d’inculpé (mis en examen en France).

Me Mohamed Traoré, ancien bâtonnier

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Humanitaire : Mariame Bah, une guinéenne vivant aux Etats-Unis, offre 500 dollars à 3 orpailleurs de Siguiri coincés à Gaoual

18 juin 2021 à 10 10 37 06376

C’est un geste inattendu, mais très salvateur pour trois jeunes orpailleurs venus de Siguiri et qui sont coincés à Gaoual (une préfecture relevant de la région de Boké) depuis des jours. Madame Mariame Bah, une guinéenne vivant aux Etats-Unis, vient de leur offre 500 dollars pour leur permettre de rentrer chez eux. Elle a entendu leurs cris de détresse sur un reportage vidéo de votre quotidien en ligne Guineematin.com ; et, elle a fait parler son cœur pour leur tirer de la misère de l’illusoire Eldorado de Gaoual.

La remise de cette somme symbolique (mais pleine de signification) a eu lieu hier, jeudi 17 juin 2021. Et, les bénéficiaires sont aux anges.

David Tolno

« Là où je suis comme çà, je ne sais même pas comment dire à la dame merci, ce qu’elle a fait pour nous, je suis tellement fière. On la remercie tellement, je prie Dieu d’agrandir sa chance. Que Dieu aide ses enfants, ses enfants ne vont jamais souffrir. Nous demandons à nos compatriotes qui sont à l’étranger de faire comme Madame Mariame Bah, merci à elle », a dit David Tolno après avoir reçu sa part.

Tout comme ce jeune homme originaire de Guéckédou, l’orpailleur Nouman Doumbouya est très heureux. Il arrive à peine à trouver des mots pour remercier la donatrice.

Nouman Doumbouya

« On ne sait pas quoi dire. Elle est aux États-unis, elle ne nous connaissait pas, on la connaissait pas aussi. C’est une simple vidéo qu’elle a vu et elle nous a amené 500 Dollars. Et, nous avons reçu les 500 Dollars. Ce n’est pas parce qu’elle a l’argent plus que tout le monde. C’est parce que elle a un bon cœur, elle a pitié, c’est une bonne personne. Ce qu’elle a fait pour nous là, ses enfants auront la même chose partout où ils iront. L’argent là c’est comme si elle nous a donné des milliards. Parce qu’on était vraiment coincé, difficilement on trouvait à manger. Merci madame Mariame Bah », a dit Nouman Doumbouya.

Pour madame Mariame Bah (la donatrice), cette guinéenne vivant à Atlanta aux Etats-Unis, elle a été très touchée par les cris de détresse de ces jeunes orpailleurs arrivaient à peine à trouver à manger.

« Lorsque j’ai vu la vidéo, je n’ai pas pu dormir. Je me suis dit qu’il faut que je fasse quelque chose pour eux. Mais, je souhaite qu’ils rentrent chez eux, il ne faut pas qu’ils souffrent là-bas encore », a indiqué Mariame Bah à notre téléphone. 

De Gaoual, Amadou Lama Diallo envoyé spécial de Guineematin.com

Tel : 621686148

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Descente musclée des forces de l’ordre à Wanindara : vandalisme, pillages et interpellations (témoignage)

18 juin 2021 à 10 10 25 06256

Les forces de l’ordre ont fait une descente musclée dans l’après-midi du jeudi, 17 juin 2021, au marché de Wanindara, un quartier de la commune de Ratoma (en haute banlieue de Conakry). Les agents ont commis des actes de vandalisme, des pillages et plusieurs interpellations, a appris un journaliste de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Selon les témoignages, c’est aux environs de 17 heures que plusieurs policiers et gendarmes ont débarqué au marché de Wanindara, provoquant la panique sur les lieux. Les hommes en uniforme auraient vandalisé et pillé plusieurs boutiques, emportant de l’argent et des biens. « Quand je suis arrivé au marché ce matin, j’ai trouvé plusieurs personnes regroupées en disant qu’ils ont des croix sur leurs boutiques ou leurs habitations (les croix sont des signes que les bâtiments cochés doivent être déguerpis, ndlr). J’ai demandé à l’administration du marché, ils m’ont dit qu’ils ne connaissent absolument rien. L’administrateur du marché a dit qu’il n’en est pour rien.

Les gens ont dit alors de rester silencieux, on saura ce qui ne va pas. Maintenant, ce soir, aux environs de 17 heures, alors que j’étais assis devant ma boutique, j’ai vu une foule qui se dirigeait vers moi. Là où il y avait la foule, j’ai vu une dizaine de pick-up de policiers et de gendarmes. C’est là que j’ai compris que quelque chose ne va pas. Comme j’ai une fois été victime d’actes de vandalisme, j’ai eu le réflexe de fermer ma boutique et je suis resté devant ma boutique. Quand ils (les agents) sont venus, ils m’ont demandé qu’est-ce que je fais ici, je leur ai répondu que je suis devant ma boutique. Ils sont passés, ils ne m’ont pas agressé.

Mais partout où il y avait les croix, ils ont défoncé les portes. Ils étaient munis de marteaux et de plusieurs autres objets. Ils ont cassé les cadenas et les murs et ont pillé plusieurs boutiques. Lorsqu’ils revenaient de là où ils étaient allés pour vandaliser, ils avaient beaucoup d’objets : des téléphones, des motos et d’autres choses. Ils ont interpellé aussi plusieurs jeunes, au moins une dizaine. Parmi ces jeunes, certains étaient dans leurs maisons. Quand ils ont vu les gendarmes et les policiers, certains se sont enfermés dans leurs maisons. Mais avec tout ça, les gens ont défoncé les portes pour arrêter les jeunes », a témoigné un citoyen.

Notre interlocuteur, qui a voulu garder l’anonymat pour éviter des représailles, se dit choqué par l’attitude des forces de l’ordre. « Je suis très frustré, très remonté. Ceux qui sont censés nous protéger, ce sont les premiers à venir s’attaquer aux citoyens et faire des désordres. Ils pouvaient avertir les citoyens. Si c’était pour un déguerpissement, ils pouvaient nous avertir. Mais on ne connaît pas la raison pour laquelle nous avons été attaqués. Aucune information ne nous a été donnée. Je me sens très touché, parce qu’ils viennent chaque fois déranger les citoyens. Tout ça parce qu’il y a l’impunité. Ce sont des citoyens innocents qui sont victimes, qui sont arrêtés », a-t-il déploré.

Ce jeudi soir, plusieurs habitants de la zone cherchaient à quitter chez eux pour aller passer la nuit ailleurs. Ils disent avoir peur d’être « attaqués » nuitamment les forces de l’ordre, souvent accusées de commettre des exactions dans ce quartier favorable au principal parti d’opposition du pays.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com 

Tel : +224 622 07 93 59

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Maison centrale : « Grenade » présente des excuses à Alpha Condé et sollicite sa clémence

18 juin 2021 à 8 08 23 06236

C’est peut-être le dernier recours pour Boubacar Diallo alias « Grenade » pour espérer sortir de prison. Deux semaines après sa condamnation à 10 ans d’emprisonnement par la Cour d’appel de Conakry, l’ancien militant de l’UFDG implore la clémence du président Alpha Condé.

Dans une lettre en date du 15 juin 2021, qu’il aurait lui-même signée, le jeune homme demande pardon au chef de l’Etat guinéen et sollicite une remise de peine. Boubacar Diallo « Grenade » dit avoir pris conscience de ses erreurs et promet à sa sortie de prison, de se comporter désormais en bon citoyen.

Guineematin.com vous propose ci-dessous sa lettre adressée à Alpha Condé :

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