Retour de la peine de mort en Guinée ? « Ce serait très imprudent de revenir sur cet acquis »

7 juin 2021 à 19 07 26 06266
Dr Mamadi Kaba, président pour la Ligue pour les Droits et la Démocratie en Afrique (LIDDA)

Comme annoncé précédemment, le député Mamadou Kaly Bah, premier vice-président de la Commission Nouvelles technologies de l’information et de la communication à l’Assemblée nationale, souhaite le rétablissement de la peine de mort, abolie il y a quelques années en Guinée. Dans une interview qu’il a accordée à notre rédaction, en fin de semaine dernière, le vice-président du parti UFC (Union des Forces du Changement) a annoncé son intention de mener un combat dans ce sens, avec l’appui de certains collègues députés.

Et cette sortie ne laisse pas indifférent Dr Mamadi Kaba, président de la ligue pour les droits et la démocratie en Afrique (LIDDA). Interrogé par un journaliste de Guineematin.com, ce lundi 7 juin 2021, ce défenseur des droits humains a exprimé son opposition à cette idée. Pour lui, il n’est pas question de remettre en cause cet acquis, obtenu au prix d’une longue lutte. Car contrairement au parlementaire, l’ancien président de l’INIDH est convaincu que la peine de mort ne peut pas contribuer à réduire la criminalité.

« Nous sommes totalement opposés à la peine de mort. Si la peine de mort a été supprimée, c’est en partie à cause de notre activisme. On s’est longtemps battu pour ça, et c’est devenu un acquis. Donc, ce serait très imprudent de vouloir revenir sur cet acquis. Nous allons nous mobiliser pour empêcher que la peine de mort soit rétablie, parce qu’elle crée beaucoup plus de problèmes que de solutions. Beaucoup d’erreurs de justice sont commises même dans les grandes démocraties. Et après, quand on se rend compte que les gens ne sont pas coupables de ce qui leur est reproché, on peut réparer.

Mais quand vous l’avez déjà tué, ce n’est plus possible de réparer. La Guinée n’a pas les moyens de s’assurer que tous ceux qui sont condamnés à la peine de mort sont coupables de ce qu’on leur reproche. Nous avons beaucoup de faiblesses au niveau des moyens d’action de notre système de justice. Et en dehors de ça, même les grandes démocraties ont constaté que la peine de mort ne réduisait ou bien n’avait pas d’impact sur la criminalité sanglante. Et donc, ce n’est pas utile de revenir à ça, la Guinée a déjà dépassé cette étape », soutient-il.

Le président de la LIDDA indique que ce qu’il faut aujourd’hui, c’est d’aller de l’avant, en corrigeant les insuffisances du système judiciaire guinéen et en améliorant ses prestations. Il pense d’ailleurs que l’honorable Kaly Bah fait une erreur, en pensant qu’il y a une recrudescence de certains crimes, comme le viol, ces dernières années en Guinée. « Ce qu’il (le député Kaly Bah, ndlr) dénonce, c’est une réalité. Mais je ne suis pas de ceux qui pensent que c’est une recrudescence. Je pense plutôt que les langues sont en train de se délier.

Par exemple, vous avez de petites filles qui dénoncent les abus qu’elles ont subies de la part d’autres personnes, ce n’était pas le cas hier. Ce n’était pas possible qu’une fille puisse aller si loin, donc notre société est en train de s’ouvrir et les langues sont en train de se délier. Ce qui était tabou hier est en train d’être connu aujourd’hui et donc, ce ne sont pas des faits nouveaux. Et ce n’est pas par la peine de mort qu’on peut résoudre les problèmes de viols qui existent toujours dans notre société.

C’est maintenant qu’ils sont dénoncés, mais ils ont toujours existé. Il faut que la justice fasse correctement son travail et ceux qui sont condamnés, même à une année, qu’ils purgent toute leur peine avant de se retrouver dehors. Par ce seul moyen, nous sommes capables de réduire la grande criminalité surtout celle sanglante », a laissé entendre Dr Mamadi Kaba.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41    

Lire

Jeux paralympiques de Tokyo : l’Athlète handisport Bacou Dambakaté va mouiller le maillot pour la Guinée

7 juin 2021 à 19 07 19 06196

Demi-finaliste en individuel aux championnats du monde de 2013, médaillé d’argent aux championnats d’Europe en 2014 et médaillé d’or du 100m au Meeting international de Montgeron en 2016, l’international franco-guineen, Bacou Dambakaté, a plus de 15 années d’athlétisme derrière lui. Ce déficient visuel est aujourd’hui âgé de 31 ans et est spécialiste des épreuves de sprint (60m, 100m, 200m, relai 4x100m et du saut en longueur. Il est qualifié pour les jeux paralympiques de Tokyo (prévus du 24 août au 5 septembre prochain) où il va mouiller le maillot pour la première fois sous le tricolore guinéen.

C’est après avoir longtemps sué pour la France (le pays qui l’a accueilli depuis qu’il a 7 ans), Bacou Dambakaté décide désormais de mouiller le maillot pour la Guinée (la terre qui l’a vu naître et bercé son enfance). Cet athlète malvoyant, originaire de Sangarédi (dans la région de la Basse Guinée), a rejoint l’équipe nationale de Guinée d’athlétisme paralympique et compte briller de mille feux aux prochains jeux paralympiques de Tokyo pour faire honneur à la terre de ses ancêtres.

« En janvier 2020, j’ai décidé d’écrire une nouvelle page de ma carrière sportive. En effet, j’ai décidé de rejoindre l’équipe nationale de Guinée d’Athlétisme Paralympique… J’espère contribuer au rayonnement du sport guinéen dans le monde comme je l’ai fait en équipe de France. Mais, j’espère surtout faire changer les regards sur le handicap. Je suis qualifié pour les Jeux Paralympiques de Tokyo. C’est la première fois de ma carrière que je participerai aux Jeux et je ferai le maximum pour honorer ma nouvelle équipe, la Guinée », a dit Bacou Dambakaté dans un entretien accordé à Guineematin.com le weekend dernier.

En effet, ce jeune franco-guinéen est un athlète très riche en expérience. Il a été inscrit 10 années de suite sur la liste ministérielle des sports de haut niveau français et a pris part à plusieurs rendez-vous paralympiques en France et à l’international. Il a intégré l’équipe de France Espoir en 2006, puis l’équipe de France Elite en 2009. Et, pour sa première sélection avec les Séniors au cours des championnats d’Europe 2009 en Grèce, Bacou Dambakaté a obtenu une médaille de bronze sur le ‘’relai 4×100 mètres’’.

Egalement, au cours de son parcours sous le drapeau français, cet athlète malvoyant a participé à deux championnats d’Europe, un championnat du monde et aux jeux de la Francophonie. Il a aussi plusieurs podiums aux championnats de France et Meetings internationaux. D’ailleurs, il a été champion de France des clubs avec l’Avia club Issy.

En outre, Bacou Dambakaté a été finaliste sur le 60 mètres aux championnats de France (Nantes 2019 et Aubière 2018), médaillé de Bronze sur le 100 mètres aux championnats de France (Belfort 2018), médaillé de Bronze sur le 100 mètres aux championnats de France (Paris 2016), médaillé d’argent sur le 60 mètres aux championnats de France (FFA 2011), vice-champion de France Espoir du 100 mètres (Chalon 2008), etc. Autant dire qu’avec ce jeune athlète professionnel au riche palmarès, la Guinée est bien partie pour les jeux paralympiques de Tokyo.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Lire

Dialogue politique en Guinée ? La CARP exige la libération des détenus politiques

7 juin 2021 à 19 07 03 06036
Dr Ibrahima Sory Diallo, président du parti ADC-BOC et membre de la CARP

La convergence des acteurs pour la relève politique (CARP) est favorable au dialogue politique en perspective. Cette coalition de partis politiques estime qu’il est impératif de mettre le pouvoir et l’opposition autour d’une même table en vue d’aplanir leurs divergences et décrisper la situation sociopolitique du pays. Mais pour cela, elle pose quelques conditions préalables, notamment la libération des détenus politiques, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Depuis quelques semaines, le débat fait rage au sein de la classe politique guinéenne autour de la nécessité d’aller au dialogue annoncé par le pouvoir. La convergence des acteurs pour la relève politique (CARP) a donné sa position sur cette question au cours d’une conférence de presse, tenue ce lundi 7 juin 2021, à Conakry. La coalition, composée de plusieurs petits partis d’opposition, trouve qu’il est indispensable de mettre en place un cadre de discussions qui permettra de résoudre les problèmes que connaît le pays.

Dr Ibrahima Sory Diallo, président du parti ADC-BOC et membre de la CARP

« Il y a des problèmes aujourd’hui, parce que des responsables du principal parti d’opposition sont en prison. Il y a des problèmes parce que l’UFDG n’est pas à l’Assemblée nationale. Il y a des problèmes parce que le siège de l’UFDG est fermé depuis plusieurs mois. Le principal parti d’opposition ne reconnaît pas le président de la République. Est-ce qu’on peut dire qu’il n’y a pas de problèmes ? Ceux qui disent qu’il n’y a pas de problèmes, ce sont des démagogues », estime Dr Ibrahima Sory Diallo, président du parti ADC-BOC et membre de la CARP.

Mais, avant d’aller à ce dialogue, la convergence des acteurs pour la relève politique indique qu’il faut d’abord réunir un certain nombre de conditions préalables. Il s’agit notamment de la libération des nombreux opposants arrêtés lors de la crise post-électorale d’octobre-novembre 2020, qui sont toujours détenus à la Maison centrale de Conakry. « Nous saluons la nomination de Fodé Bangoura (comme secrétaire permanent du cadre de dialogue politique et social, ndlr). La première des choses que M. Bangoura doit faire, c’est d’aller vers les partis concernés.

C’est dans ce cadre que nous, nous avons été consultés, et les conseils qu’on lui a donnés, c’est d’aller aussi vers les autres. Nous invitons le premier ministre et M. Fodé Bangoura de faire en sorte que le dialogue soit inclusif. C’est ce qui nous a poussés à demander une libération sous conditions des détenus politiques parce que c’est une condition pour aller au dialogue. Vous ne pouvez pas aller au dialogue pendant que votre siège est fermé, vous ne pouvez pas aller au dialogue pendant que vos cadres sont en prison (…). La justice doit faire son travail, on ne s’oppose pas à ça. Mais si le travail de la justice va enfreindre la mise en place du cadre de dialogue, nous lui demandons de trouver des mesures pour permettre la tenue de ce dialogue », a lancé Dr Ibrahima Sory Diallo. 

Amadou Lama Diallo pour Guineematin.com

Tel. 621686148

Lire

Recrutement dans l’Armée : les visites d’aptitudes médicales se feront du 14 au 18 juin

7 juin 2021 à 18 06 41 06416
Docteur Mohamed Diané, ministre d’Etat, ministre des Affaires présidentielles et de la Défense nationale

Le ministère guinéen de la Défense annonce aux candidats ayant passé les épreuves de sélection du concours de recrutement spécial en langues anglaise et informatique que les visites systématiques d’aptitudes médicales, qui constituent la dernière étape dudit concours, se feront à la Direction Générale du service de santé des armée au camp Almamy Samory Touré dans la période allant du lundi 14 au vendredi 18 juin 2021.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, cet important communiqué du ministère de la Défense :

VISITE MEDICALE SELECTION

Lire

Inceste à Conakry : Il viole, enceinte et fait avorter la fille de son grand frère (OPROGEM)

7 juin 2021 à 18 06 10 06106

Le suspect a été présenté à la presse ce lundi, 07 juin 2021, par l’office de protection du genre, de l’enfant et des mœurs (OPROGEM). Laye Sékou Condé, un jeune de 37 ans, a été interpellé pour avoir entretenu des relations sexuelles intenses avec la fille de son grand frère. Sa relation avec cette mineure de 15 ans a duré deux (2) ans et a occasionné une grossesse qui a finalement été interrompue. Le mis en cause a été auditionné et inculpé de « viol sur mineure et avortement », a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon nos informations, Laye Condé est un chauffeur domicilié à Kipé, un quartier de la commune de Ratoma. Il profitait de l’absence de sa femme pour assouvir ses pulsions sexuelles sur cette mineure qui vit chez lui.

« La victime a subi ces agressions sexuelles pendant 2 ans. Elle est tombée enceinte, elle s’est fait avorter. Et, après avoir été fait avortée de la grossesse par celui qu’elle appelle : mon père, elle pensait que tout allait s’arrêter. Mais, que le père adoptif avait pris goût, la chose continua et s’est intensifiait au fil des jours, jusqu’à ce que la victime décida de se confier à une tierce personne du quartier. Ainsi, de bouche à oreille, l’information s’est répandue comme une pandémie… Sur l’audience de la victime, nous avons eu plus de détails sur ce cas d’inceste. Mais, au-delà de l’inceste, il y a eu cas d’avortement. De l’audition de la fille, nous avons pu interpeller le médecin qui a eu à faire l’avortement sur la fille et toutes les parties sont passées aux aveux. Pour un premier temps, le père a nié à bloc. Mais, avec l’arrivée du médecin, il (Laye Sékou Condé) était obligé de passer à l’aveu. Il reconnaît avoir eu des relations intimes avec cette fille », a déclaré le commissaire Harry Facques.

Interrogé par la cohorte de journalistes qui étaient à l’OPROGEM ce lundi, a reconnu avoir couché trois fois avec sa victime.

«Elle est la fille d’un grand frère dans la famille, mais ce n’est pas non plus mon frère de même père ni de même mère. Durant ces deux (2) dernières années, c’est moi qui assure sa garde. Elle a été enceintée par un petit du quartier. Avant ça, sa maman biologique avait demandé qu’elle parte au près d’elle au village pour ne pas qu’elle tombe dans les pièges de l’adolescence. Moi, j’ai dit que je veux qu’elle reste avec moi jusqu’à ce qu’elle ait un mari et que j’allais bien prendre soin d’elle. C’est pourquoi, quand elle est tombée enceinte, j’ai fait avorter la grossesse. Mais, je reconnais quand- même, après cet avortement, avoir couché avec elle trois fois. Et, on le faisait dans ma boutique à l’absence de ma femme », a avoué Laye Sékou Condé.

De son côté, Lansana Touré, l’infirmier qui a effectué l’avortement de la grossesse de la victime de Laye Sékou Condé, a dit avoir agit sur sollicitation de suspect et de la victime dans cette affaire.

« Monsieur Laye Sékou Condé est venu me voir avec sa fille. Il a dit : on a un problème, il m’a expliqué. J’ai dit : c’est ça que tu as fait ? Il a répondu : Oui. Premièrement, j’ai essayé de lui faire savoir que la fille est un enfant de quinze ans, elle ne pouvait pas supporter cette grossesse. De deux, qu’il est le père de la petite et que c’est honteux ; et que si on laisse cette grossesse évoluer, ça va jouer sur l’histoire de la fille. Partout où elle passera, les gens diront qu’elle a été enceintée par son père. Et, il a dit qu’ils sont venus pour interrompre la grossesse, de les aider. C’est ainsi que j’ai procédé à l’interruption de la grossesse », a confié Lansana Touré.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Lire

Mamou : le cimetière de Kabyah devenu un lieu de consommation de drogue pour certains jeunes de la ville

7 juin 2021 à 17 05 41 06416

Créé en 1930 (soit 28 ans avant l’indépendance de la Guinée), le cimetière de Kabyah, situé à Kimbely, un quartier au nord-ouest dans la commune urbaine de Mamou, est le deuxième cimetière (après celui de Tambassa) de la ville carrefour. Plusieurs morts (dont des notables de Mamou) y reposent depuis des décennies. Mais, depuis quelques temps, des jeunes érigent domicile dans ce cimetière pour consommer du chanvre indien et autres stupéfiants. Cette situation exaspère les sages et les autorités de Kimbely qui dénonce « un manque de respect envers les morts », rapporte le correspondant de Guineematin.com à Mamou.

En dépit de sa vieillesse, le cimetière de Kabyah n’est pas encore clôturé. Et, de ce fait, il est aujourd’hui est proie aux chiens errant qui partent quotidiennement y déterrer des corps. Mais, depuis quelques temps, ce cimetière est aussi devenu un lieu d’attraction et de regroupement de groupuscules de jeunes consommateurs de chanvre indien et d’autres stupéfiants. Elhadj Saïdou Sall, le 1er Imam de la mosquée de Kimbely et membre de la ligue islamique préfectorale de Mamou est exaspéré par cette situation déshonore ce lieu de repos des morts.

Elhadj Saïdou Sall, premier imam de la mosquée de Kimbely et membre de la ligue islamique préfectorale de Mamou

« Nous avons constaté que notre cimetière rencontre des problèmes très épineux à cause de l’accès des chiens et les enfants drogués dans ce cimetière. Beaucoup de corps sont déterrés par les chiens ; et ça, c’est à chaque jour. Donc, c’est pourquoi nous lançons un appel à toutes les autorités  surtout les autorités religieuses et administratives et les personnes de bonnes volontés de nous aider. Le cimetière a une place de choix dans la religion, c’est un lieu sacré qu’on doit honorer. Il  constitue pour nous une demeure avant le paradis ou l’enfer. Le prophète visitait tous les lundis et jeudis le cimetière de Ouhoud », dit-il avec indignation.

Tout comme ce sage du quartier, Sékou Yalani Camara, le chef quartier de Kimbely, est en colère contre ces jeunes qui font du cimetière de Kabyah un « temple » de consommation de stupéfiants. Et, il demande l’aide des bonnes volontés pour clôturer ce cimetière.

Sékou Yalani Camara, chef quartier de Kimbely

« Le premier Cimetière de  Mamou fut Tambassa et le deuxième fut Kabyah ici à kimbely  créé depuis 1930. La première personne enterrée ici fut le vieux Demba le propriétaire d’ici selon la déclaration de nos ancêtres. Nous avons constaté avec amertume certains jeunes viennent se droguer ici, mais aussi les chiens errants déterrent nos parents enterrés. Les enfants se mobilisent pour se droguer ici. C’est pourquoi certaines personnes comme Nana Kourouma et autres nous viennent en aide pour finir les travaux de clôture. Nous demandons aux personnes de bonne volonté, aux ressortissants, de nous venir en aide. Car, chaque personne a ici un parent. Nous demandons aux parents de penser à l’éducation de leurs enfants. Se droguer est anormal, à plus forte raison se droguer dans un cimetière », a dénoncé Sékou Yalani Camara.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tél : 625 69 89 19 / 657 34 39 39

Lire

Journée africaine des frontières : Dr Dansa Kourouma (CNOSCG) dénonce des « problèmes d’égo entre les chefs d’État » sur la vie des populations

7 juin 2021 à 17 05 15 06156
Dr Dansa Kourouma, président du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne

Instituée en 2010 par l’Union Africaine (avec pour objectifs d’éliminer les sources de tensions aux frontières des États et faire des zones frontalières des espaces de paix, de sécurité et d’intégration pour un développement économique, social et culturel harmonieux), la journée africaine des frontières est commémorée le 7 juin de chaque année à travers le continent. Cette année, cette journée est célébrée sous le thème : « Arts, cultures et patrimoine : leviers pour construire l’Afrique que nous voulons ». Et, cette journée intervient à un moment où la Guinée est en froid avec certains de ses voisins. Le différend, évoque officiellement sous l’aspect de « sécurité nationale » par les autorités guinéennes, s’est matérialisé par la fermeture des frontières de la Guinée avec certains pays limitrophes comme le Sénégal et la Guinée Bissau. Cette fermeture des frontières qui entrave la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace CEDEAO est vivement critiquée en Guinée. Et, à l’occasion de cette journée africaine des frontières, Dr Dansa Kourouma, le président du conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG), a appelé les chefs d’Etats des pays concernés à mettre balle à terre et à privilégier les intérêts et le bien-être des populations de cette zone d’intégration ouest-africaine.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce lundi, 07 juin 2021, cet activiste de la société civile guinéenne a alerté sur le danger des « problèmes d’égo entre les chefs d’État ou les jalousies entre les gouvernements » sur le vivre ensemble des différentes populations et le développement de nos Etats.

« C’est une opportunité qui tombe à un moment où notre organisation est en train de mobiliser les citoyens afin de donner leurs avis par rapport à la réouverture des frontières. C’est en cela que cette journée est symbolique pour nous. Parce que cette célébration intervient à un moment où la Guinée, qui est considérée comme l’un des berceaux du panafricanisme, est confrontée à tort ou à raison à des différends avec ses voisins. Quel que soit ce qui est reproché, c’est la raison d’État. Nous citoyens on ne sait pas quels sont les dessous de ce que la Guinée a avec le Sénégal. Mais, en réalité, il y a des textes, dont le protocole de la CEDEAO sur la libre circulation, qui sont en dessus de nos constitutions, de nos textes intérieurs et même au-dessus de nos dirigeants. Ce texte, aujourd’hui se trouve être à une forme très avancée en matière d’intégration qui confère à la CEDEAO l’organisation sous-régionale ou régionale la mieux structurée ou la plus avancée en matière d’intégration. Mais, pour que ce postule là soit possible, il faut que les chefs d’État renoncent à une partie de leur souveraineté territoriale vis-à-vis de leurs voisins. Parce que quand vous regardez la vision 2020 de la CEDEAO, c’est une Afrique sans frontières, où les frontières physiques vont disparaître au profit d’une parfaite intégration économique, culturelle… Je pense qu’aujourd’hui, quel que soit ce qui est reproché au Sénégal, la Guinée doit accepter de se montrer comme un pays modèle en matière d’intégration, un pays qui a attiré la souveraineté de la plupart des pays africains. C’est honteux que notre pays se trouve confronté à des problèmes avec ses voisins. Le but de notre pétition c’est pour amener les autorités à comprendre que les problèmes d’égo entre les chefs d’État, les jalousies entre les gouvernements et le souverainisme frontalier entre les État exacerbés par les problèmes de ressources sont préjudiciables au vivre ensemble de nos différentes populations, sont préjudiciables à un développement harmonieux entre ces pays. Donc, il est important de mettre les préoccupations de la population au-dessus de tout problème politicien. Parce que la raison d’être de la politique, c’est l’amélioration des conditions de vie des populations », a indiqué Dr Dansa Kourouma.

S’agissant des récurrents conflits frontaliers guinéo-maliennes, le président du CNOSCG plaide « des missions de bon office » qui seront conduites par des personnalités influentes des deux pays.

« Le problème frontalier entre la Guinée et le Mali est un problème ancien dont la première république a pu trouver des solutions grâce au leadership politique des dirigeants des deux pays. Mais aujourd’hui, le problème revient avec l’exploitation minière et l’avancée du désert au Mali qui pousse les populations à aller vers les terres fertiles. Il faut savoir que la frontière entre ces deux pays est imaginaire, tracée par les colons, sans tenir compte des interférences culturelles qui existent entre nos deux pays. Moi je pense que nos États se montrent aujourd’hui impuissants parce qu’en réalité c’est un problème communautaire. Il faut que la société civile, dans sa pluralité, s’intéresse au sujet… Nous sommes dans une perspective de création d’une amitié Guineo-malienne des organisations de la société civile pour qu’enfin nous puissions mettre en place un cadre de dialogue afin que nos propositions puissent permettre aux dirigeants politiques et aux services de défense et de sécurité de trouver des solutions appropriées. Il faut des missions de bon office qui ne soient  pas forcément conduites par les politiques, mais des personnalités influentes des deux pays. J’aimerais bien voir l’imam Dicko et Elhadj Mamadou Saliou Camara participer à une mission pour apaiser les tensions sur le terrain et qui va aboutir à la signature d’un pacte de non agression », a dit Dr Dansa Kourouma.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tél. : 626-66-29-27

Lire

Gonia (N’Zérékoré) : 2 enfants meurent après avoir mangé des grenouilles

7 juin 2021 à 16 04 43 06436

L’acte s’est passé hier, dimanche 06 juin 2021, au quartier Gonia, dans la commune urbaine de N’zérékoré. Deux enfants qui ont mangé des « grenouilles grillées » ont trouvé la mort après un moment de douleurs abdominales et de vomissements. Les victimes sont des enfants d’un même père.

Selon les informations confiées à Guineematin.com, c’est dans la nuit du samedi au dimanche que trois enfants, âgés entre 3 et 5 ans, sont allés à la chasse aux grenouilles dans un bas-fond non loin de leurs domiciles. Et, dans leur quête, ils réussi à attraper ces amphibiens qu’ils ont fini par griller et manger. Mais, peu de temps après qu’ils aient mangé ces grenouilles, ils ont commencé à se tordre de douleurs abdominales et à faire des vomissements. Deux parmi eux ont fini perdre la vie. Le troisième a été sauvé de justesse.

« Les trois enfants s’amusaient, ils sont allés dans un bas-fond pour attraper les grenouilles. Quand ils ont pris les grenouilles, ils sont revenus à la maison pour les griller et manger. C’est après avoir fini de les manger qu’ils (les enfants) ont eu les douleurs abdominales. Et, ils vomissaient tous aussi. On a fait tout notre possible pour les sauver, mais impossible. Les deux de même père ont rendu l’âme. Et, le troisième enfant a été sauvé par les calmants qu’on leur donnait », a expliqué sous anonymat un citoyen du quartier.

Après leur décès, ces deux enfants ont été enterrés sans aucun diagnostic médical pour déterminer la cause exacte de leur mort. Cependant, sur place, certains observateurs estiment que ce sont des « crapauds » que ces enfants ont mangé en lieu et place de « grenouilles ».

À suivre !

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Lire

Mali : Choguel Maïga nommé Premier ministre !

7 juin 2021 à 16 04 29 06296
Choguel Maïga

Quelques heures après l’investiture du colonel Assimi Goïta comme président pour la période de transition censée ramener les civils au pouvoir au Mali, ce dernier a nommé officiellement Choguel Kokalla Maïga, un vétéran de la politique nationale, Premier ministre.

Son nom circulait depuis plusieurs jours. Le colonel Assimi Goïta, tout juste investi président pour la période de transition censée ramener les civils au pouvoir au Mali, a officiellement nommé, lundi 7 juin, Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, un vétéran de la politique nationale, selon un décret lu à la télévision publique.

En la personne de Choguel Koballa Maïga, ministre à plusieurs reprises et trois fois candidat à la présidentielle (2002, 2013 et 2018), le colonel Goïta a choisi l’un des chefs de file du collectif qui a mené en 2020 la contestation contre le président Ibrahim Boubacar Keïta. Le colonel Goïta satisfait ainsi à une exigence des partenaires du Mali qui réclamaient que le poste soit confié à un civil.

Un vétéran de la politique nationale

Maïga, dont le parcours a épousé les soubresauts de la politique nationale depuis plus de 30 ans, devra former une équipe qui gouvernera pendant la période de transition ouverte après le coup d’État d’août 2020 et jusqu’à des élections présidentielle et législatives prévues le 27 février 2022.

Il succède à Moctar Ouane, premier chef de gouvernement de transition après le putsch de 2020, que le colonel Goïta a fait arrêter le 24 mai en même temps que le président de transition, Bah Ndaw, au cours d’un deuxième coup de force en neuf mois.  

Avec AFP

Lire

Justice : le ministre Bantama Sow retire sa plainte contre le journaliste Marouane Kamara

7 juin 2021 à 16 04 20 06206
Sanoussy Bantama Sow, ministre des sports

Le procès opposant le ministre des Sports, Sanoussy Bantama Sow, au journaliste, Habib Marouane Kamara, se termine par un arrangement à l’amiable. Le ministre a retiré sa plainte ce lundi, 7 juin 2021, mettant ainsi un terme à la procédure judiciaire, qui était en cours depuis quelques mois.

Cette décision fait suite à une médiation menée par l’ancien président de l’URTELGUI (L’union des radiodiffusions et télévisions libres de Guinée), Sanou Kerfalla Cissé. Une bonne nouvelle pour Me Salifou Béavogui, l’un des avocats du journaliste Marouane Kamara. Pour lui, il n’y a pas de gagnant ni de perdant dans cette affaire.

« Tout d’abord, je commence par remercier M. Sanou Kerfalla Cissé, président d’honneur de l’URTELGUI, parce que c’est grâce à lui que ce dossier est devenu un souvenir. Ce matin, nous étions là (au Tribunal de Première Instance de Kaloum, ndlr) en train de reprendre la robe, lorsqu’il m’a dit : maître, s’il vous plait, moi, j’ai une solution. C’était un miracle. Il nous a conduits chez le ministre où nous venons de trouver un accord qui met fin au procès.

Parce que nous sommes en matière d’injures et diffamation, la victime peut à tout moment mettre fin à la procédure. Nous remercions également le ministre Banrama Sow pour sa hauteur de vue, pour sa compréhension. Il a accepté de laisser tomber l’affaire et il a désisté purement et simplement de son action. Il n’y a pas de gagnant ni de perdant », a réagi l’avocat.

Artisan de ce dénouement heureux, Sanou Kerfalla Cissé a exprimé aussi sa satisfaction. Ce doyen de la presse guinéenne a profité de l’occasion pour donner des conseils aux jeunes journalistes. « Nous sommes aujourd’hui heureux d’arriver à l’épilogue de cette crise qui opposait le ministre des Sports, Bantama Sow, et notre confrère, Habib Marouane. À tous les journalistes, je voudrais vous dire ceci : rien n’urge dans le cadre de la diffusion d’une information.

Prenez votre temps, recoupez les informations, rencontrez toutes les parties pour éviter qu’on soit sur le banc des accusés, pour ne plus qu’on soit l’objet de plaintes au niveau des tribunaux. Je voudrais remercier le ministre qui s’est mis au-dessus de cette affaire, le syndicat pour tout ce qu’il a fait dans cette affaire, et vous les journalistes, parce que c’est grâce à vous que j’ai appris qu’il y a problème entre mon frère Marouane et le ministre. Je vous exhorte donc à un travail bien fait pour l’honneur de ce métier de journalisme », a dit l’ancien président de l’URTELGUI.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Lire

Conakry : l’avocat Me Pépé Lama raconte comment il a été retenu à la DPJ

7 juin 2021 à 15 03 15 06156
Me Antoine Pépé Lamah

Me Pépé Antoine Lama, membre du collectif des avocats de l’UFDG et du FNDC, a recouvré sa liberté de mouvement. Après avoir retenu l’avocat pendant un moment dans les locaux de la DPJ, le contrôleur général Aboubacar Fabou Camara, directeur central de la police judiciaire, a ordonné sa libération. A sa sortie, Me Lama est revenu sur sa rétention par la police judiciaire alors qu’il était dans l’exercice de sa profession.

« Je suis venu pour rencontrer un client qui a été incarcéré depuis jeudi dernier. Et dès qu’il (le directeur central de la police judiciaire) m’a vu dans sa caméra surveillance, il a envoyé un commandant vers moi, qui m’a dit de le suivre. Par respect, je suis venu à son bureau. Il m’a dit de l’attendre 5 minutes, j’ai répondu que j’ai une audience à la Cour suprême, mais il n’a pas compris, il a dit d’attendre. Lorsque j’ai insisté, il a dit : vous allez attendre.

J’ai dit là, ça devient une rétention. Alors, j’ai appelé le bâtonnier pour l’informer. Le bâtonnier a appelé et on lui a fait savoir que je pouvais partir, que je n’étais pas retenu. Mais lorsque je me suis levé pour partir, le même commandant m’a arrêté pour dire qu’on lui a donné des instructions de ne pas me laisser partir. Donc il a fallu des appels de part et d’autre pour qu’il (le patron de la DPJ) vienne ordonner à ce que je quitte », a expliqué l’avocat.

Tous les avocats avaient boudé les audiences pour protester contre la rétention de leur confrère dans les locaux de la DPJ et exiger sa libération immédiate.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Lire

Urgent : l’avocat Me Pépé Antoine Lama arrêté par la police

7 juin 2021 à 14 02 00 06006
Me Antoine Pépé Lama

Me Pépé Antoine Lama, membre du collectif des avocats de l’UFDG et du FNDC, a été arrêté ce lundi, 7 juin 2021, à Conakry.

Selon les informations confiées à Guineematin.com, l’avocat se trouve actuellement à la Direction de la Police Judiciaire (DPJ).

Pour l’heure, on ignore où il a été arrêté, ni pour quelles raisons. Ses confrères ont boudé les audiences dans les tribunaux pour protester contre son arrestation.

Nous y reviendrons !

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Lire

Participation ou pas de la Guinée au Hadj 2021 : le Gouvernement entretient le doute (Communiqué)

7 juin 2021 à 13 01 51 06516

Comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches, les fidèles musulmans de la République de Guinée ne savent toujours pas s’ils seront autorisés ou pas d’effectuer le pèlerinage cette année. Mais, contrairement aux pays occidentaux, le Royaume d’Arabie Saudite n’hésite pas avec la Guinée à cause des innombrables violations des droits humains, le changement de la Constitution pour imposer un troisième mandat d’Alpha Condé, les arrestations et détentions d’opposants. 

Les doutes sur la participation ou pas des pèlerins guinéens sont plutôt causés par les épidémies qui se surpassent en Guinée. Comme on le sait, au-delà de la pandémie du Covid-19, la Guinée est également sécouée par l’épidémie d’Ebola et la fièvre Lassa. À deux mois de la station de Arafat, les candidats guinéens au pèlerinage ne savent pas s’ils auront ou pas l’autorisation d’entrer en Arabie Saudite. Et, ce n’est pas le communiqué que le Gouvernement guinéen vient de pondre qui répond à la question. Au contraire, cette communication sème encore le doute dans la tête des candidats. Les dirigeants guinéens menacent toute agence qui enregistrerait « de potentiels pèlerins » ou même qui ne ferait qu’entamer « des opérations liées au Hadj 2021 ».

N’étant pas suffisamment clair sur la question qu’il a décidé d’aborder sans en avoir été contraint, le Gouvernement laisse penser qu’il a lui-même des doutes. Ne pouvant donc être sûr que les candidats de notre pays auront ou pas l’autorisation d’aller à la Mecque, le Gouvernement interdit aux agences de se comporter comme si la Guinée avait déjà le quitus du Royaume d’Arabie… Allahou Akbar !

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose GRATUITEMENT ce communiqué :

Le Gouvernement guinéen informe les citoyens que la date retenue, cette année, pour le pèlerinage aux lieux saints de l’Islam est le 19 juillet 2021. Les autorités du Royaume d’Arabie Saoudite ont fixé le nombre de candidats-pèlerins venant de l’étranger à 45000. Au moment opportun, elles détermineront le quota réservé à chaque pays de la Ummah islamique, ainsi que les conditions pour effectuer le pèlerinage. 

Le Gouvernement guinéen, à son tour, donnera toutes les informations nécessaires et utiles aux candidats au pèlerinage de cette année et leur fera part des dispositions pratiques à prendre. En attendant, aucune agence de voyage ne peut enregistrer de potentiels pèlerins ou entamer des opérations liées au Hadj 2021.

Le Gouvernement guinéen compte sur l’esprit civique et la collaboration de tous afin de prévenir tout désagrément. D’ores et déjà, il avertit que des mesures seront prises contre toute éventuelle violation de cette décision, pouvant aller jusqu’à la suspension des agences contrevenantes, l’application de lourdes pénalités et l’engagement de poursuites judiciaires.

Fait à Conakry, le 6 juin 2021

Tibou Kamara, Ministre d’État, Porte-parole du Gouvernement

Lire

Recrutement dans l’Armée : les précisions du ministère de la Défense

7 juin 2021 à 13 01 14 06146

Dans un message adressé aux familles des jeunes informaticiens et locuteurs en langue anglaise candidats pour le recrutement dans l’Armée guinéenne, le ministère de la Défense nationale a précisé qu’il n’y a AUCUN centime de francs guinéens à payer dans ce processus. Il menace d’ailleurs à tout éventuel arnaquer des poursuites judiciaires.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose ce message du ministère de la Défense :

Le processus de recrutement dans l’armée des jeunes informaticiens et locuteurs en langue anglaise suit son cours normal dans la plus grande transparence. Le ministère de la Défense nationale ne réclame aucun centime à aucun candidat pour se faire recruter.

Le ministère de la Défense et l’État-major général des Armées se réservent le droit de poursuivre devant les tribunaux tous ceux qui arnaquent les candidats et leurs familles en leur soutirant de l’argent. Le ministère de la Défense compte sur la bonne compréhension de chacun et de tous.

Transmis par le service de communication du ministère de la Défense nationale

Lire

Ruée vers l’or à Gaoual : les autorités débordées, inquiétude chez les citoyens

7 juin 2021 à 13 01 02 06026

La ruée vers l’or est sur toutes les lèvres à Gaoual. Après la découverte d’un site à Kounsitel, au mois d’avril dernier, une autre localité située à 5 km de la commune urbaine attire la foule d’orpailleurs venus principalement des mines de la Haute Guinée et de certaines localités environnantes de Gaoual, a appris Guineematin.com, de sources concordantes.

Depuis quelques jours, certaines sous-préfectures de Gaoual, comme Koumbia, se vident de leurs bras valides. La plupart des jeunes ont pris des outils artisanaux pour aller creuser la terre, à la recherche du métal jaune.

Les autorités sont débordées. Les détenteurs de machines de détection d’or font la queue pour se faire enregistrer. Selon une source proche de la préfecture, le gouverneur de la région de Boké, le général Siba Lohalamou, est attendu ce lundi, 7 juin 2021, dans la localité pour faire le point de la situation.

En attendant la mise en place de dispositions idoines, quelques mesures sont prises pour contenir les assauts des orpailleurs. L’exploitation est interdite la nuit. Le travail se fait du matin jusqu’à 18 heures chaque jour, exceptés les lundis et les vendredis. Egalement, chaque trou ouvert doit être fermé avant l’ouverture d’un nouveau.

Mais sur le terrain, les inquiétudes ne manquent pas quant au risque d’insécurité et de violence avec un nombre de plus en plus important d’orpailleurs venus de partout. Parmi les problèmes, l’on évoque le nombre insignifiant d’agents de sécurité et les agressions causées sur l’environnement. Une situation qui préoccupe aussi bien les autorités que les habitants et les ressortissants de Gaoual.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

Lire

Crise politique en Guinée : l’UDRP demande aux Etats-Unis de sanctionner le régime Alpha Condé

7 juin 2021 à 12 12 54 06546
Dr Edouad Zoutomou Kpoghomou et le secrétaire d’Etat américain

L’Union démocratique pour le renouveau et le progrès (UDRP) souhaite l’intervention des Etats-Unis dans la crise sociopolitique guinéenne. Une crise née du changement de la Constitution, qui a permis au président Alpha Condé de s’octroyer un troisième mandat à la tête du pays. Dans un mémorandum adressé récemment au Département d’Etat américain, ce parti d’opposition, dirigé Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou (dont la candidature à la présidentielle du 18 octobre 2020 avait été recalée par la Cour constitutionnelle), a interpellé Washington sur cette situation. Il appelle les autorités américaines à prendre des sanctions contre le régime Alpha Condé et à soutenir les efforts « pour reconnaître la victoire de Cellou Dalein Diallo », à l’élection présidentielle du 18 octobre 2020.

Guineematin.com vous propose ci-dessous le mémorandum : 

21 mai 2021

 M. Antony J. Blinken

 Secrétaire d’État

 Département d’État américain

 2201, rue C NO

 Washington, DC 20520

 Objet : Crise constitutionnelle et poursuite de l’instabilité socio-politique en Guinée

 Cher Monsieur le Secrétaire,

 Au nom de l’Union démocratique pour le renouveau et le progrès (UDRP), ses alliés l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD), j’écris cette lettre pour appeler le leadership moral des États-Unis d’Amérique, chef de file de la défense de la démocratie dans le monde, pour aider à éteindre une situation potentiellement explosive qui se profile en Guinée. Au mépris total du droit constitutionnel en vigueur, M. Alpha Condé a poursuivi avec persistance et illégalement la modification de la constitution guinéenne pour forcer son chemin lors de la dernière élection présidentielle tenue le 18 octobre 2020.

 Au terme de son deuxième mandat, par des tactiques qui rappellent davantage une dictature qu’une démocratie, M. Alpha Condé a modifié illégalement et unilatéralement la constitution pour permettre un troisième mandat présidentiel. Cet amendement lui a permis de participer illégalement à l’élection susmentionnée et de rester au pouvoir. Au cours de ce processus, des meurtres, des affrontements politiques, des altercations physiques, des arrestations arbitraires et des attaques barbares contre des opposants politiques et des innocents ont été exposés partout et sont devenus de plus en plus violents. Sans l’aide des États-Unis, les escarmouches qui se poursuivent dégénéreront en affrontements civils et ethniques de grande ampleur aux conséquences imprévisibles qui pourraient malheureusement reproduire d’horribles précédents tels que le génocide au Rwanda. Par son mépris total de la loi, M. Alpha Condé est sur le point de mettre le feu à la nation guinéenne;  la communauté internationale avec la direction des États-Unis, doit l’arrêter.

 Permettez-moi de vous présenter le contexte historique qui a conduit aux transgressions de M. Alpha Condé. La Guinée a obtenu son indépendance de la France par un référendum national le 28 septembre 1958, avec M. Sékou Touré devenant son premier président. Depuis lors, malheureusement, seuls des dictateurs à la main de fer, qui ont tous un fil conducteur – l’institutionnalisation de la terreur, de l’intimidation, de l’anarchie et de la corruption endémique – ont gouverné la République de Guinée.  Successivement, Ahmed Sékou Touré (1958-1984), le général Lansana Conte (1984-2008) et maintenant Alpha Condé (2010-présent) ont tenu la barre de cette nation, interrompue seulement par le bref intermède du capitaine Moussa Dadis / général Sékouba Konaté  transition militaire de 2008 à 2010. Cette transition a conduit à la première élection véritablement démocratique de l’histoire de la Guinée.

    Au cours des 26 premières années de pouvoir absolu et non partagé, M. Sékou Touré n’a jamais introduit le multipartisme en Guinée. Au lieu de cela, M. Sékou Touré a mis en place une dictature impitoyable qui a fini par purger le pays de ses intellectuels et professionnels. Ce despotisme a privé le pays de la possibilité de favoriser des réformes politiques, économiques et sociales significatives.

 La Guinée a vu une lueur d’espoir en mars 1984 lorsque Sékou Touré est décédé après 26 ans de pouvoir oppressif et non partagé. Une semaine après sa mort, une junte militaire, dirigée par le colonel Lansana Conté, a pris le pouvoir lors d’un coup d’État sans effusion de sang. Le colonel Lansana Conté a apporté un message d’espoir pour l’institution d’une vraie démocratie, qui a bien résonné auprès du peuple guinéen. Malgré la mise en œuvre immédiate de l’économie de marché libre, les réformes politiques ont dû attendre encore plusieurs années, tandis que Conté a consolidé le contrôle total sur le système politique. Avec le vent des démocraties émergentes à travers le monde et dans la plupart des pays africains, y compris la Guinée, un projet de nouvelle Constitution rédigé en 1990 a promu le multipartisme et l’économie de marché libre et a été adopté par référendum.

 Lors des élections présidentielles de 1998, le président Lansana Conté devait se présenter à la réélection et exercer sa dernière candidature légale à la présidence conformément à la Constitution.  Sans surprise, Lansana Conté a été réélue présidente, grâce à l’ingérence d’une administration corrompue, d’un parlement obéissant et d’un système judiciaire passif. Les chefs de l’opposition et les observateurs internationaux ont remis en question la transparence des élections et la validité des résultats. Ayant perdu l’élection au profit de Lansana Conté, M. Alpha Condé a sans succès déclenché une rébellion armée pour chasser M. Lansana Conté du pouvoir.

 Le président Lansana Conté a illégalement modifié à nouveau la Constitution en 2001 pour supprimer les contraintes juridiques liées au nombre de mandats présidentiels, à la limite d’âge des candidats à la présidentielle, et a fait passer la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans.  Le président Conté a conçu ce coup d’État constitutionnel pour qu’il puisse se présenter et rester en fonction aussi longtemps qu’il vivra.  Sous Lansana Conté, le bilan du gouvernement en matière de droits humains est resté très médiocre et la corruption, l’anarchie et l’impunité sont devenues plus omniprésentes.

   En janvier 2007, deux des principaux syndicats, avec le soutien tangible de plusieurs autres syndicats et des principaux partis d’opposition, ont appelé à une grève générale pacifique pour protester contre le comportement autoritaire du président Lansana Conté.  Le mouvement de protestation s’est rapidement transformé en une évaluation généralisée du général Lansana Conté et de son administration dans tout le pays.  Le peuple a exigé un changement de gouvernement et le mouvement a paralysé tout le pays. Le président Conté a tenté de réprimer le mouvement en ordonnant aux militaires et aux membres de ses forces de sécurité de tirer sur des manifestants pacifiques et non armés. Selon Human Rights Watch, Amnesty International et des sources diplomatiques occidentales, plus de deux cents civils innocents ont été tués et des milliers d’autres ont été blessés lors des manifestations.

 Lansana Conté est décédé le 22 décembre 2008. Avant sa mort, de profondes divisions dans son entourage avaient déjà compromis le cadre constitutionnel destiné à assurer la survie de son système.  D’une part, le président du parlement illégitime, le président de la Cour suprême et le premier ministre étaient engagés dans une lutte pour le pouvoir.  En revanche, l’environnement politique n’était plus propice à un transfert de pouvoir constitutionnel et pacifique, en raison de tensions ethniques qui divisaient. Cette atmosphère précaire a conduit à une nouvelle prise de contrôle militaire le 23 décembre 2008 par une junte militaire dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara. Avec l’aide de la communauté internationale, y compris des États-Unis d’Amérique, le capitaine Moussa Dadis Camara et le général Sékouba Konaté ont réalisé collectivement une transition de deux ans qui a abouti à la première élection véritablement démocratique remportée par M. Alpha Condé en 2010.

 La contribution la plus importante de la deuxième transition militaire a été l’élaboration d’une nouvelle Constitution, qui a confirmé l’intérêt supérieur de la nation et a servi de loi fondamentale et de référence qui réglementait les procédures structurelles de supervision de l’administration de l’exécutif, du judiciaire et du parlement.  Puissance. De plus, la nouvelle Constitution a rétabli l’équilibre des pouvoirs entre les trois branches du gouvernement, redéfini la durée du mandat présidentiel, le nombre de mandats, la règle d’éligibilité et réglementé tous les aspects du développement de la nation guinéenne ainsi que les activités de son peuple. Le général Sékouba Konaté, alors chef de l’Etat, a promulgué cette nouvelle Constitution, qui définissait le cadre juridique des deux dernières élections présidentielles de 2010 et 2015, toutes deux remportées par M. Alpha Condé sur les accusations de fraude électorale.

 De l’enthousiasme suscité par la première élection véritablement démocratique, le peuple guinéen avait enfin espéré l’instauration d’une véritable démocratie avec l’élection de M. Alpha Condé.  Malheureusement, il n’a pas fallu longtemps aux gens pour se réconcilier avec la réalité. Avec la déception et la peur pour son avenir politique, économique et social, les gens comprennent maintenant que M. Alpha Condé a passé 50 ans de sa vie non seulement à dénigrer ses adversaires, mais aussi à affiner ses stratégies pour mettre en place des stratagèmes de corruption plus sophistiqués, ethnocentrisme, dictature, impunité et incompétence, la critique même qu’il avait adressée à tous ses prédécesseurs.

 L’exacerbation des tensions ethniques et politiques entre les communautés traditionnellement coexistantes, la ségrégation pure et simple et la discrimination à l’encontre des communautés pour la plupart privées de leurs droits dans certaines parties de la Guinée (par Alpha Condé lui-même) ont été à l’épicentre de la gouvernance du Président Alpha Condé. Human Rights Watch et Amnesty International, entre autres groupes de défense des droits humains, ont largement documenté de nombreuses violations. Je ne reproduirai ni n’énumérerai ici la documentation exhaustive facilement disponible.

 Menant à l’imposition d’une présidence à vie en République de Guinée, M. Alpha Condé a poursuivi sans relâche la modification de la Constitution guinéenne. Il a attribué à lui-même et à son parti, le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG), des sièges de maire et de conseil qu’ils n’ont pas remportés aux urnes lors des dernières élections communales intentionnellement retardées, tenues en février 2018. Ces actions provocantes et exaspérantes  sont conçues pour irriter et pousser l’opposition politique à réagir de manière excessive, lui donnant le subterfuge nécessaire pour mettre en œuvre brutalement ses plans trompeurs de se maintenir au pouvoir après 2020. En limogeant illégalement le président de la Cour constitutionnelle, qui s’est opposé à ses projets de rester au pouvoir  au-delà de 2020, et en forçant la démission de son ministre de la Justice, M. Cheick Sacko, M. Alpha Condé n’a fait que suivre la voie des autres dictateurs africains.  Néanmoins, le peuple guinéen vigilant dans son écrasante majorité s’oppose toujours résolument à ce troisième mandat illégal.

 Dans un pays à court d’argent comme la Guinée, M. Condé n’a pas cligné des yeux en déboursant impulsivement deux millions d’euros le 16 avril 2019, pour contribuer à la reconstruction de l’église Notre-Dame incinérée à Paris, en France.  Derrière cet acte de compassion apparent, un plan cynique était en cours pour racheter le soutien de la France à ses efforts de troisième mandat. Dans l’intervalle, le peuple guinéen a continué d’étouffer sous le fardeau exaspérant d’une pauvreté abjecte et d’une misère omniprésente. Il est devenu très clair qu’en opposant les partisans et les opposants du troisième mandat selon des critères ethniques, M. Alpha Condé a continué à semer les graines d’affrontements explosifs qui détruiront la République de Guinée, telle que nous la connaissons, et pour des générations à venir.

 Comme indiqué dans la liste à puces partielle ci-dessous, l’exacerbation des tensions ethniques et politiques entre les communautés traditionnellement coexistantes, la ségrégation et la discrimination flagrantes contre les communautés majoritairement minoritaires dans certaines parties de la Guinée (par Alpha Condé lui-même) ont favorisé les affrontements ethniques et la violence politique, maintenant fréquente en Guinée. Je ne reproduirai pas la documentation exhaustive facilement disponible et publiée par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme.  Parmi les plus significatifs, veuillez noter:

  Les forces de sécurité gouvernementales ont affronté des manifestants à Conakry le 27 septembre 2011, entraînant la mort d’au moins trois manifestants.

  En août 2012, dans la petite ville minière de Zogota située dans la région de la Guinée forestière, les forces de sécurité ont tué cinq villageois dont le chef du village.  Sous le couvert de l’obscurité, ces forces avaient pris d’assaut et attaqué le village où les gens avaient protesté contre les pratiques d’embauche discriminatoires de la société brésilienne d’extraction de fer Vale.

 Au moins trois personnes ont été tuées dans des affrontements entre des partisans du gouvernement et des partisans de l’opposition dans le sud de la Guinée les 10 et 11 décembre 2012.

 Des groupes d’opposition ont protesté contre le gouvernement à Conakry du 27 février au 6 mars 2013, entraînant la mort de neuf personnes, aux mains des forces de sécurité gouvernementales.

 Les forces gouvernementales ont tué au moins trois personnes lors de manifestations électorales à Conakry les 2 et 3 mai 2013.

 Les forces de sécurité gouvernementales ont affronté des manifestants de l’opposition à Conakry du 23 au 27 mai 2013, entraînant la mort d’au moins 12 personnes.

 Plus de 50 personnes ont été tuées à Conakry dans des violences politiques au cours de la période de trois mois se terminant en mai 2013.

 En raison de la politique discriminatoire défendue par M. Alpha Condé, près de 100 personnes ont été tuées dans des affrontements ethniques entre des membres de la tribu Kpelle (majoritairement chrétiens et animistes) et la tribu Konia (mandingue ou Maninka, majoritairement musulmane) du 15 au 24 juillet, 2013, dans la commune urbaine de N’Zérékoré.  Selon des sources hospitalières, ce nombre n’inclut pas les dizaines de corps retrouvés dans les puits de certains quartiers, ainsi que ceux du village de Koulé Yakéta et de la préfecture de Beyla. Des dizaines sont toujours portés disparus.

 En raison de la précarité du système de santé guinéen, en raison d’une mauvaise gestion systémique, les épidémies d’Ebola ont tué environ 2500 personnes en Guinée entre 2013 et 2015.

 La mauvaise gestion de l’épidémie d’Ebola en 2014 a conduit au massacre d’une équipe d’agents de santé, déclenchant le siège militaire de Womey, une communauté pacifique du sud-est de la Guinée.  Des dizaines de villageois en fuite sont morts de famine, de morsures de serpents et de maladies dans les forêts environnantes où ils se sont réfugiés.

 Le 14 avril 2015, au moins deux gendarmes ont arrêté une femme de 26 ans, l’ont forcée à monter dans leur véhicule, l’ont emmenée dans un immeuble, lui ont bandé les yeux et l’ont violée.  Elle a déposé une plainte judiciaire peu de temps après, mais elle n’a jamais été contactée par la justice ou la police pour fournir des preuves supplémentaires.

En avril et mai 2015, pendant et après les manifestations de rue, des policiers et, dans une moindre mesure, des gendarmes opérant à Bambeto, Hamdallaye, Koloma, Matam et Wanindara ont fait irruption dans des maisons et volé des téléphones portables, de l’argent, des articles ménagers et des marchandises.

Le 7 mai 2015, des gendarmes en patrouille à Hamdallaye auraient tué un soudeur de 34 ans près de son domicile. Le 8 mai, sa famille a déposé une plainte auprès du Tribunal de Dixinn. À ce jour, aucune information n’est disponible sur l’état d’avancement de l’enquête.

Le 10 octobre 2015, un chauffeur de 24 ans a été abattu à Sonfonia Gare Il alors qu’il se rendait chez son frère, par les forces de sécurité chargées de lever les blocus érigés par les manifestants.  Quatre autres hommes ont été blessés lors du même incident.

En raison de la politique discriminatoire de M. Alpha Condé, environ 100 personnes ont été tuées dans des affrontements ethniques entre des membres de la tribu Loma (principalement chrétiens et animistes) et de la tribu Konia (Mandingo ou Maninka, principalement musulmans) à Koyamah et Macenta, dans le sud-est de la Guinée dans la période de mars à septembre 2020.

 M. Alpha Condé a procédé à un coup d’État constitutionnel le 22 mars 2020 en imposant au peuple guinéen un référendum non seulement pour changer la Constitution, mais aussi pour élire un parlement sans la participation de la véritable opposition politique.  Ce processus, auquel se sont opposés la majorité des Guinéens, a été entaché d’une extrême violence de la part des forces de défense et de sécurité, avec une contribution significative des «DONZOS», la milice privée de M. Alpha Condé.  Les événements importants suivants ont eu lieu:

Tout au long de la lutte pour empêcher le troisième mandat de M. Alpha Condé, des militants de l’opposition politique et du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) ont été régulièrement soumis à la répression avec la participation des groupes ULIMO et DONZOS, notamment dans la forêt  Région (en particulier à N’Zérékoré) Plutôt que les forces de police et de gendarmes typiques, le groupe DONZOS a patrouillé les bureaux de vote sous prétexte d’assurer la sécurité alors qu’en réalité leur présence parfois, intimidait les civils pour les empêcher de voter;  à d’autres moments, ils protégeaient simplement la fraude organisée de RPG.

 Comme l’ont rapporté plusieurs ONG et l’opposition politique, les forces de sécurité ont commis des crimes lors de manifestations pour protester contre le changement constitutionnel.  Les massacres qui ont suivi du 22 au 24 mars 2020 à N’Zérékoré ont fait près de 98 personnes tuées par les forces de sécurité. Le jour de ce meurtre de masse, des affrontements ont éclaté entre les défenseurs de la Constitution de mai 2010 et les promoteurs de la nouvelle constitution contestée. L’implication dans les affrontements des milices ULIMO et DONZOS a transformé le conflit en une violence interethnique entre les Koniankés et les Malinkés d’une part et les Guerzes, Manons et Konos, d’autre part. Cinq églises ont été vandalisées et incendiées.

À la tombée de la nuit du 23 mars 2020, les forces de sécurité ont récupéré plusieurs corps à la morgue de N’Zérékoré pour être ensevelis dans une fosse commune, sur injonction des autorités.  À ce jour, aucune enquête n’a été ouverte pour aider à élucider les circonstances de ces meurtres et mettre fin à leurs familles.  Plusieurs personnes sont toujours portées disparues, des centaines de personnes ont été blessées, plusieurs dommages matériels ont été enregistrés et plusieurs arrestations ont été effectuées.  À ce jour, près de 400 militants sont toujours en prison suite à la manifestation, y compris des mineurs.

Outre le braquage qui a suivi l’élection du 18 octobre 2020, les violations des droits et libertés ainsi que les crimes commis comprennent:

L’assassinat de 51 citoyens membres de la coalition électorale UFDG et ANAD par les forces de défense et de sécurité.  Le gouvernement a catégoriquement refusé d’ouvrir des enquêtes pour identifier les auteurs et les traduire devant les tribunaux, conformément à la loi.

 La mort de quatre prisonniers politiques par manque de soins dans un centre de détention surpeuplé. Le gouvernement a refusé de lancer une enquête sur ces décès, principalement en raison du manque de conditions sanitaires dans ces établissements pénitentiaires, qui abritent aujourd’hui plus de trois fois plus de prisonniers qu’ils étaient censés accueillir à l’origine.

L’arrestation et la détention arbitraires de centaines de membres de l’UFDG, de l’ANAD et de civils pour leur opposition au troisième mandat illégal de Condé et pour avoir exigé le respect des véritables résultats des urnes.

La poursuite de la fermeture et de l’occupation du siège et des bureaux du Président de l’UFDG, sans aucune base légale, par les forces gouvernementales de défense et de sécurité.

L’interdiction de voyager imposée à M. Mamadou Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, à son épouse et à ses proches collaborateurs, sans aucune base légale.

La destruction, sans préavis ni compensation, des habitations et des commerces des citoyens le long des voies d’accès publiques, alors que le gouvernement n’a pas de programme pour de telles routes ou pour l’aménagement des terres libérées par ce déplacement forcé.

 La fermeture unilatérale des frontières avec certains pays voisins qui fait peser une charge excessive sur la population qui souffre déjà d’exactions brutales des forces de sécurité gouvernementales.

La flambée des prix des produits de base, en partie due à la hausse des impôts, à la forte inflation monétaire, à la dépréciation de la monnaie nationale, à la dilapidation des ressources et à la fermeture des frontières, contribuant à la misère des populations.

L’augmentation annoncée des prix des carburants, qui ne manquera pas d’aggraver cette crise et de réduire encore le pouvoir d’achat des ménages.

Enfin, l’effort tacite du gouvernement pour répercuter sur le peuple le coût de la campagne du troisième mandat d’Alpha Condé au cours de laquelle les maigres ressources du pays ont été utilisées de manière irresponsable en lieu et place des offres de financement des institutions internationales.

 En raison d’une dictature institutionnalisée sophistiquée et de la mauvaise gouvernance d’Alpha Condé, l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) de la Guinée est paradoxalement parmi les plus élevés au monde malgré l’énorme richesse minérale du pays.  Sans aucun doute, la Guinée et la communauté internationale s’en tireront mieux avec un environnement plus stable et pacifique, sous une nouvelle direction patriotique, qui supervisera la reconstruction d’un paysage politique plus favorable, pour donner au pays un cadre démocratique solide et inviolable, et favoriser un processus électoral transparent et acceptable propice à une paix durable et à la prospérité économique. Plus important encore, les preuves montrent que M. Alpha Condé n’a pas remporté l’élection présidentielle du 18 octobre 2020. Il est un président imposé et soutenu par l’armée, les forces paramilitaires et les institutions soumises sans la légitimité accordée uniquement par le peuple guinéen à travers le scrutin. 

Au nom de l’Union démocratique pour le renouveau et le progrès UDRP et ses alliés, je tiens à remercier les États-Unis d’Amérique pour leur position exprimée par l’ambassade des États-Unis en Guinée, contre la modification inutile et énergique de la constitution, uniquement pour satisfaire M.  Les ambitions égoïstes d’Alpha Condé d’une présidence à vie en Guinée.  À l’appui de l’instauration de la démocratie en Guinée, le Parti politique UDRP, que j’ai le privilège de diriger, a joué un rôle central lors de l’élection présidentielle, après l’élimination injustifiée de son candidat par la Cour constitutionnelle de M. Alpha Condé.  Dans une quête pour aider à reconquérir et à consolider la démocratie détournée, l’UDRP et ses alliés UFDG / ANAD, demandent au gouvernement des États-Unis, ses institutions, le président Joe Biden et tous leurs alliés à travers le monde:

Renforcer les efforts du Front national de défense de la Constitution (FNDC) et des autres partisans de l’opposition politique et des intérêts civils en appelant les partenaires techniques et financiers, et les organisations sous-régionales, régionales et internationales à mener des enquêtes  missions sur les crimes commis lors de leurs manifestations et les massacres qui ont suivi les 22, 23 et 24 mars 2020 à N’Zérékoré.

Demander que les milices ULIMO, DONZO et CHEVALIERS soient déclarées groupes terroristes au même titre que la secte BOKO HARAM, DAECH, ISIL et autres groupes similaires, et leurs sponsors traités comme tels.  Si elles ne sont pas définitivement démantelées, les milices ULIMO et DONZO sont susceptibles de se réinstaller au Libéria, en Côte d’Ivoire et en Sierra Leone, entre autres, d’où elles continueront de propager la terreur et l’instabilité dans la sous-région ouest-africaine.

Soutenir les efforts pour reconnaître la victoire de leur candidat, Mamadou Cellou Dalein Diallo, incontestable vainqueur de l’élection présidentielle du 18 octobre 2020 aux urnes;  Alpha Condé a volé illégalement et sans scrupules cette victoire avec l’aide d’institutions administratives et électorales soumises.

Utiliser le Global Magnitsky Human Rights Accountability Act pour sanctionner M. Alpha Condé et ses 25 dignitaires inscrits au Parlement européen comme violateurs et délinquants des droits humains;  Les États-Unis ont utilisé avec succès et unilatéralement cette loi de lutte contre la criminalité pour traquer et sanctionner les auteurs de violations des droits de l’homme et les criminels du monde entier, geler leurs avoirs et les empêcher d’entrer aux États-Unis d’Amérique.

 L’UDRP et tous ses alliés continuent de croire que les États-Unis, en tant qu’incarnation de la paix, de la démocratie et de la justice dans le monde, ne laisseront pas la Guinée s’effondrer et brûler sous la dictature barbare et impitoyable de M. Alpha Condé.  L’histoire et le peuple guinéen vous en seront profondément reconnaissants !

Respectueusement vôtre,

Edouard Zoutomou KPOGHOMOU, PhD.  Président de l’UDRP

Lire

Nouvelle taxe téléphonique en Guinée : quels impacts sociaux-économiques ?

7 juin 2021 à 12 12 25 06256
Kaba Mamadi, Consultant en digitalisation, NTIC, TELECOM

C’est en 2017 que l’Assemblée nationale guinéenne a donné son approbation pour la mise en place d’une taxe dite « taxe d’Interconnection » dont le montant prélevé est de 20 francs guinéens par minute sur les appels inter-opérateurs. La même année, un arrêté d’application ministériel a été signé afin d’acter cette décision des élus du peuple.

Quelle est donc cette nouvelle taxe qui crée des polémiques dans la cité ?

Il y a peu, un nouvel arrêté ministériel vient modifier celui de 2017 et donnant le droit à l’Etat de non seulement facturer la taxe d’Interconnection inter-réseaux dite « Off-net » mais aussi une autre taxe du même montant sur les appels au sein d’un même réseau « On-net ».

La bonne nouvelle pour le dernier consommateur est que cette nouvelle charge fiscale sera exclusivement prise en charge par les opérateurs !

Alors quelles sont les conséquences sociales et économiques de cette nouvelle assiette fiscale sur le secteur des télécommunications ?

Pour répondre à cette question, il faut rappeler que le marché des télécommunications guinéen est largement dominé et dompter par un seul opérateur qui représente plus de 60% dudit marché. Alors les conséquences immédiates de cette nouvelle taxe est la création d’un environnement fiscal insupportable par les opérateurs les plus faibles. A rappeler qu’il y a peu, le pouvoir public ferma les locaux d’un des opérateurs pour non acquittement de ces obligations fiscales.

Si la charge fiscale actuelle peine à être payée par certains opérateurs, sera-t-il judicieux d’en imposer plus ? Comme le dit les experts en fiscalité, trop d’impôt tue l’impôt !

En parlant des conséquences, une pression fiscale insupportable peut entrainer la suppression des emplois mais aussi la liquidation ou la fermeture des portes d’une société. Il n’est point à rappeler les conséquences de la liquidation ou de la fermeture d’une société téléphonique sur les emplois et par conséquent sur le bien être d’une tranche de la société.

A en croire les spécialistes en économie, l’économie guinéenne est certe résiliente mais reste très fragile avec un déficit budgétaire conséquent. Bref, les dépenses de l’Etat sont largement supérieures à son budget et sa capacité de mobilisation de ressources.

A mon avis, la création d’une assiette fiscale et le choix de l’assiette est le droit de tout Etat !

Cependant le choix de l’assiette fiscale au sein de la téléphonie mobile n’est pas à mon avis le meilleur de tous. Je suppose que la taxe sur la téléphonie mobile en Guinée est saturée.

D’une analyse personnelle du secteur, je propose avec conviction qu’il sera judicieux et plus juteux pour l’Etat de se tourner vers la nouveauté dans le secteur qui est le Mobile Money en particulier et la transaction électronique en générale. Cette partie du secteur est aujourd’hui une mine d’or exploitée et à exploiter par les Etats africains comme signaler dans l’un de mes articles précédant dédié à cet effet. Voir : https://guineematin.com/2020/12/14/mobiles-money-une-aubaine-a-exploiter-par-letat-en-guinee/

En parlant des causes de cette nécessité de taxe, j’aimerai humblement signaler qu’elles sont macro-économiques et non rien à avoir avec les investissements en infrastructures de l’Etat dans le secteur des télécommunications. Il est à rappeler que les deux investissements majeurs à savoir le câble sous-marin et la dorsale à fibre optique sont des investissements gérés par des sociétés anonymes S.A commerçant exclusivement qu’avec les opérateurs et dont les revenus sont partagés entre l’Etat et ses actionnaires. Ils ne peuvent en aucun cas être la cause d’une nécessité de taxation.

Kaba Mamadi, Consultant Spécialiste en Digitalisation et Télécommunications

Lire

Hadja Fatoumata Bangoura-Doumbouya du RPG au tribunal : « c’est mon affection pour Alpha Condé qui m’a valu la prison »

7 juin 2021 à 9 09 20 06206

« Tout ça, c’est parce que j’ai aimé le président de la République et son parti pour lequel je me suis toujours battue. Oui, je reconnais avoir produit la vidéo dont on parle… J’ai dénoncé le fait que l’unique fils que j’ai et qu’on devait enrôler dans l’armée ne soit pas enrôlé. On l’a envoyé à Kissidougou pour être enrôlé ; mais, il n’a pas été enrôlé… De surcroît, on m’a demandé 5 millions pour qu’il  soit enrôlé. C’est ce qui m’a aussi de plus énervé. Que je me batte pour un parti qui arrive au pouvoir et les cadres de ce parti me demandent de l’argent pour l’enrôlement de mon fils, c’est vraiment difficile ».

En prison à la maison centrale de Conakry depuis janvier dernier, madame Bangoura Hadja Fatoumata Doumbouya, a comparu le jeudi dernier, 03 juin 2021, au tribunal correctionnel de Mafanco. Cette militante du RPG arc-en-ciel (l’actuel parti au pouvoir en Guinée) est poursuivie pour « offense sur la personne du président de la République, production, diffusion et mise à disposition d’autrui des données de nature à troubler l’ordre public, injures par les biais d’un système informatiques ». A l’ouverture de son procès, la prévenue a plaidé coupable des faits mis à sa charge et a demandé pardon. Elle a laissé entendre que c’est son « affection pour le président Alpha Condé » et son « amour pour le RPG » qui lui ont valu ses présents ennuis judiciaires, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Hadja Fatoumata Doumbouya a été arrêtée le 28 janvier dernier et conduite à la DPJ (direction centrale de la police judiciaire) pour être entendue sur des faits d’offense au chef de l’Etat. Quelques heures plus tard, elle avait été déférée au parquet de Mafanco où elle a finalement a été placée sous mandat de dépôt le 29 janvier (soit le lendemain de son arrestation) conduite à la maison centrale de Conakry.

Depuis cette date, la pauvre femme est en détention provisoire dans la plus grande prison de la Guinée pour « offense sur la personne du président de la République, production, diffusion et mise à disposition d’autrui des données de nature à troubler l’ordre public, injures par les biais d’un système informatiques ». Son procès s’est ouvert le jeudi dernier au tribunal correctionnel de Mafanco ; et, à la barre, elle a reconnu avoir commis les infractions articulées à son encontre.

« C’est mon affection pour le président de la République Alpha Condé et l’amour que j’ai pour le parti RPG qui m’ont valu la prison que je vie actuellement. Tout ça c’est parce que j’ai aimé le président de la République et son parti pour lequel je me suis toujours battue. Oui, je reconnais avoir produit la vidéo dont on parle. J’ai regretté ce que j’ai dit, je demande pardon. J’ai dit que la route qui relie le chef-lieu de ma préfecture (Siguiri) à  mon village (Norassoba) n’est pas goudronnée. J’ai dénoncé le fait que l’unique fils que j’ai et qu’on devait enrôler dans l’armée ne soit pas enrôlé. On l’a envoyé à Kissidougou pour être enrôlé, mais il n’a pas été enrôlé. Au contraire on l’a plutôt fait souffrir pour rien. De surcroît, on m’a demandé 5 millions pour qu’il  soit enrôlé. C’est ce qui m’a aussi de plus énervé. Que je me batte pour un parti qui arrive au pouvoir et les cadres de ce parti me demandent de l’argent pour l’enrôlement de mon fils, c’est vraiment difficile. Mais ce que j’ai dit, je le regrette aujourd’hui. Je demande pardon au tribunal et au gouvernement », a expliqué Hadja Fatoumata Doumbouya.

Après cette déposition de la prévenue et la séance de questions-réponses qui a suivi, le ministère public a sollicité un renvoi d’audience pour lui permettre de préparer ses réquisitions dans cette affaire. Mais, les avocats de la défense se sont très vite insurgés contre cette demande.

« Je vois que le ministère public n’est pas prêt à présenter ses réquisitions… Cependant, notre cliente est en prison. Elle est vraiment malade. Actuellement, elle est en train de se faire soigner à l’hôpital national Ignace Deen. Donc, si vous allez renvoyer le dossier,  nous demandons de bien vouloir mettre en liberté provisoire notre cliente. A la prochaine que vous allez fixer, elle viendra tranquille se présenter devant votre tribunal », a dit Me Mamady Doumbouya.

Finalement, le tribunal a rejeté la demande formulée par les avocats de la défense et a renvoyé l’audience à une date ultérieure pour les plaidoiries et réquisitions.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

Lire

Passée à tabac par ses belles-sœurs, Mabinty Soumah perd une grossesse de 6 mois : « Marie a cogné mon ventre avec un seau »

7 juin 2021 à 9 09 04 06046
Mabinty Soumah

« Elle (Marie Conté) s’est jetée sur moi. Leur grand frère est venu nous séparer. Ils ont une jeune sœur aussi qui leur a dit de me laisser tranquille vu mon état ; mais, Elle (Marie Conté) a répondu que même s’ils me tuent ce n’est pas grave. Elle n’a même pas terminé ce mot, elle a cogné mon ventre avec un seau… On est encore reparti à la clinique, on m’a dit que le bébé n’est plus. C’est Hawa et Marie Conté qui se sont jetées sur moi. Et, c’est Marie qui m’a cognée avec le seau. C’est la troisième fois que ma belle mère et ses enfants viennent m’agresser dans mon foyer. La deuxième fois, j’avais fait aussi une fausse couche ».

Les faits se sont produits le samedi 29 mai 2021, à Bambéto, dans la commune de Ratoma. Suite une dispute avec son mari et sa belle-mère, Mabinty Soumah a été passée à tabac par ses belles-sœurs. La pauvre femme qui portait une grossesse de six mois a reçu un coup de seau sur son ventre ballonné. Ce coup brutal qui lui aurait été asséné par sa belle-sœur Marie Conté a finalement coûté la vie au fœtus qu’elle portait.

Selon les informations confiées à Guineematin.com, cette histoire a commencé le lundi 24 mai 2021, par une banale dispute entre Mabinty Soumah et son mari Laye Conté. Enceinte de six mois, la pauvre femme ressentait des douleurs au niveau de ses hanches. Elle a informé son mari et lui a demandé de l’argent pour aller à l’hôpital. Mais, son mari n’a pas été très réceptif à cette demande. Mabinty Soumah est restée comme ça jusqu’au jeudi, 27 mai. Avec la persistance des douleurs qu’elle ressentait, la femme est venue réitérer à son mari sa demande d’être conduite à l’hôpital pour une consultation. Mais, Laye Conté a montré un désintérêt total à sa situation. Ainsi, face à sa frustration, Mabinty s’est saisie du téléphone de son mari et a menacé de confisquer l’appareil tant que sa demande d’aller à l’hôpital ne sera pas satisfaite. Réponse à l’attitude de Mabinty, Laye Conté est allé se plaindre chez sa maman. Et, c’est l’implication de cette dernière qui va envenimer la situation.

« Le jeudi, je souffrais trop, je n’ai même pas pu aller revendre au marché. Quand mon mari est revenu du travail, je lui ai dit que l’autre fois, je t’ai informé de mon malaise, tu n’as rien dit. Alors, donnes-moi de l’argent je vais à l’hôpital, puisque j’ai mal. Il (Laye Conté) m’a directement répondu : je n’ai pas d’argent ou bien c’est la date de l’accouchement qui est arrivée ? Je lui ai répondu que même si la date n’est pas arrivée, mais quand une femme enceinte a mal, elle doit aller se faire visiter. Il a insisté qu’il n’a rien. C’est ainsi que j’ai appelé mon grand frère pour lui en parler. Entre-temps, j’ai vu son téléphone posé sur la table au salon. Moi aussi j’ai confisqué ça. Quand il me l’a demandé, je lui ai dit que je ne donne pas tant qu’il ne m’amènera pas à l’hôpital ou qu’il ne me donnera pas l’argent pour que j’aille moi-même me faire soigner. Du coup, il est sorti furieux pour aller se plaindre auprès de sa maman. Sa maman a envoyé quelqu’un me chercher. Quand je suis arrivée là-bas, j’ai trouvé qu’il (Laye Conté) est toujours en train de s’expliquer. Vu ce qu’il disait à sa maman, je n’ai pas pu me contenir. J’ai tout de suite réagi en disant devant sa maman que je ne donnerais pas ce téléphone si ma condition n’est pas remplie. Sa maman s’est levée contre moi pour me traiter de tous les noms d’oiseaux. Moi, je suis allée dehors en les laissant dans la maison. Après, ma belle mère est sortie avec des injures. En disant que je suis mal élevée, mal éduquée et d’ailleurs que j’ignore comment mes parents m’ont eu. Comme son fils (mon mari)  était arrêté, je lui ai demandé s’il entendait ce que sa maman me disait. Il n’a rien dit. Moi aussi j’ai répliqué en disant à mon mari de demander à sa maman comment il est venu au monde. Si c’était mon mari qui me traitait ainsi, j’allais comprendre. Mais, sa maman, non. Sa maman a dit alors que Laye ne me donnera aucun franc pour aller à l’hôpital. Moi aussi, je l’ai répondu que personne ne donnera ça sinon que mon mari, parce que je suis enceinte de lui et non de quelqu’un d’autre. Donc, on est resté dans ça ; mon mari s’est levé pour fermer la porte du salon pendant que je faisais le linge dehors. Mon fils a tenté d’entrer au salon, il a refusé que ce gamin là aussi entre. Quand je suis allé prendre la porte pour l’empêcher de la fermer, il m’a bousculée et je suis tombée sur un fourneau. J’ai eu un choc au niveau de ma hanche. Finalement, il a ouvert la porte et a pris sa moto pour aller au travail. Quand je suis entrée dans la maison, ma belle-mère a dit que j’ai marabouté son fils, c’est pour cela que lui, il ne m’ose pas. Elle a dit aussi que si je rentrais chez moi personne n’ira me chercher. Et que si son fils partais me chercher, que Dieu le tue en cours de route », a longuement expliqué Mabinty Soumah dans un entretien accordé récemment à un reporter de Guineematin.

C’est suite à cette altercation avec sa belle-mère que Mabinty Soumah a été prise à partie le samedi dernier, 29 mai, par ses belles-sœurs.

« Elle (la belle-mère) est allée informer ses fils à l’aéroport et à Cosa que moi je l’ai insultée. Le samedi, j’ai vu ses fils et filles venir un à un chez nous. Il y a une de ses filles qui m’a trouvée dans ma chambre avec mes enfants, elle a commencé à insulter ma maman. Moi aussi j’ai répliqué, elle s’est jetée sur moi. Leur grand frère est venu nous séparer. Ils ont une jeune sœur aussi qui leur a dit de me laisser tranquille vu mon état ; mais, Elle (Marie Conté) a répondu que même s’ils me tuent, que ce n’est pas grave. Elle n’a même pas terminé ce mot, elle a cogné mon ventre avec un seau. Je suis littéralement descendue en tenant mon ventre, je suis entrée directement dans ma chambre, n’ayant plus la force de les répondre. J’ai appelé ma jeune sœur pour lui dire que s’ils ne viennent pas la famille de laye va me tuer ici. Entre-temps, la petite sœur de ma maman est venue me trouver dans cette situation où je ne pouvais même plus parler correctement. Mais, ils (les membres de la belle-famille) continuaient à insulter mes parents. Ma maman a voulu sortir pour les répondre, mais je lui ai dit de rester tranquille d’ici l’arrivée de mes frères et sœurs. C’est quand ceux-ci sont venus qu’ils ont ralenti un peu pour ne pas que ça ne dégénère entre les deux familles », a indiqué Mabinty Soumah.

Cependant, ce coup de seau que lui a infligé sa belle-sœur Marie Conté va lui coûter la vie à l’enfant qu’elle portait. Après quelques tours à l’hôpital, Mabinty Soumah apprendra, le dimanche dernier, 30 mai 2021, que le fœtus ne vit plus. La triste nouvelle lui a été annoncée à l’issue d’une échographie.

« Quand sa jeune sœur m’a cognée avec le seau, nous sommes allés d’abord à Cosa pour la visite. Ceux-ci nous ont dit d’aller à la Belle Vue. De là, on nous a dit qu’il faut aller à Ignace Deen. C’est là-bas qu’on a fait l’échographie. Pour la première fois, l’enfant n’a pas été retrouvé. C’est quand on a fait pour la deuxième fois que l’enfant a été retrouvé ; mais, fatigué. Ils m’ont prescrit des médicaments que je prenais. Ça s’est empiré dimanche matin, on m’a obligée d’aller faire encore l’échographie. Je suis allée avec la petite sœur de ma maman dans une clinique. On nous a fait savoir aussi que c’est un garçon (le fœtus), mais qu’il est très fatigué. Nous sommes revenus à la maison. Ça n’a pas duré, la douleur a persisté, on est encore reparti à la clinique, on m’a dit que le bébé n’est plus. C’est Hawa et Marie Conté, toutes jeunes sœurs de mon mari, qui se sont jetées sur moi. Et, c’est Marie qui m’a cognée avec le seau. C’est la troisième fois que ma belle mère et ses enfants viennent m’agresser dans mon foyer. La deuxième fois, j’avais fait aussi une fausse couche », s’est lamentée Mabinty Soumah.

visiblement très chagrinée, la pauvre femme ne compte pas se résigner cette fois. C’est pourquoi elle envisage déjà porter plainte pour le « meurtre » de son bébé.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

Lire

Route nationale Coyah-Mamou-Dabola : le calvaire et le cri de cœur des chauffeurs (reportage)

7 juin 2021 à 8 08 13 06136

Ils sont très nombreux ces transporteurs et autres usagers de la route en provenance de Conakry pour l’intérieur du pays (ou inversement), qui empruntent de jour comme de nuit, la route nationale N°1 Coyah-Mamou. Et, sur cette route en chantier depuis mai 2019, ils souffrent le martyr pour arriver à destination. Entre la poussière qui rétrécit le champ de vision des conducteurs et les nids de poule qui se trouve sur la chaussée, les pannes et les accidents de véhicules sont fréquents. Mais, la peur et l’angoisse de ces professeurs du volant montent à l’approche de la saison pluvieuse. Car, avec les grandes pluies, cette route pourrait être un très long chantier de boue où beaucoup pourraient s’embourber et y laisser des plumes. C’est pourquoi, ils demandent aujourd’hui au gouvernement d’accélérer les travaux pour éviter que cette route ne soit bloquée par la période hivernale.

Officiellement, les travaux de construction de la route nationale Coyah-Mamou-Dabola ont démarré le 19 mai 2019. Aujourd’hui, ces travaux ont permis la réalisation d’importants ouvrages de franchissement (des ponts) et de diminuer les virages sur cette voie qui connait chaque un trafic infernal et ininterrompu. Mais, beaucoup d’observateurs s’accordent à dire que les travaux de butimage de cette route avancent à pas de caméléon. Et, cette route poussiéreuse et parsemée de nids de poule, les usagers sont confrontés à d’énormes épreuves. Les crevaisons de pneus, des pannes multiples et diverses, les accidents n’en finissent pas. Il suffit d’un petit tour sur cette route pour y constater, malheureusement, l’enfer des conducteurs et autres usagers.

Abdoul Gadiri Barry, chauffeur de taxi

« Je quitte Conakry pour Mamou. Mais nous sommes présentement à KK. J’ai eu une crevaison m’a obligé à prendre du temps pour changer la roue. Cela est arrivé compte tenu de l’état de la route. Ça m’a pris au minimum 15 minutes mais là, c’est une roue de perdu. C’est la deuxième fois que je tombe en panne ici. En décembre dernier, j’ai eu des soucis avec l’échappement de la voiture. Nous savons qu’il y énormément d’efforts par rapport à cette route, mais nous demandons aux autorités de diligenter vite les choses » a dit le chauffeur Abdoul Gadiri Barry, trouvé jeudi dernier, 03 juin 2021, en panne à la sortie de la préfecture de Coyah.

Selon les informations, le tronçon Coyah-Kouriyah est la zone la plus critique de la route Coyah-Mamou. Et, c’est à ce niveau où les pannes de véhicules sont plus fréquentes. Maître Demba Kamissoko, chauffeur de Camion, en sait quelque chose. Nous (Guineematin.com) l’avons trouvé en pleine panne de moteur ; et, il n’est pas à sa première sur cette route qu’il connait pourtant bien. Il demande au gouvernement de sommer la société en charge de la construction de cette route d’accélérer la cadence des travaux pour finir avant les grandes pluies.

Maître Demba Kamissoko, chauffeur de Camion

« La souffrance que nous traversons concerne le mauvais état de la route. Elle est très mauvaise. La poussière fatigue beaucoup les gens. S’il y a trop de nids de poule sur le long de la route, même si ta voiture est neuves, elle aura toujours des problèmes sur cette route. Si la route est bonne, tout le monde pourrait circuler librement. Mais, comme ça, tout le monde circule sans contrôle de ligne. Et cela occasionne beaucoup d’accidents. La route est très petite aussi. Il y a certains chauffeurs qui roulent avec une vitesse excessive. Je ne peux pas dire combien de fois je tombe en panne sur cette route. Cependant, ma voiture n’est pas fatiguée. Si la saison pluvieuse trouve cette route dans cet état, elle sera bloquée. Parce que quand les grandes pluies vont commencer, il peut y avoir un glissement de terrain pour bloquer la circulation. Ce qui peut empêcher la circulation durant 3 à 4 jours. La dépense qu’on te donne pour la voiture, tu finiras par utiliser tout et ça trouvera que tu n’es encore allé nulle part. Et nous sommes des pères de famille. Nous demandons un travail rapide pour le bonheur de tous » a-t-il indiqué.

Tout comme ce chauffeur de Camion, N’vafing Kourouma, un chauffeur habituer de la route N’zérékoré-Conakry, plaide pour l’accélération des travaux entre Coyah-Mamou. Et, pour se faire, il suggère à la société en charge de ces travaux de recruter plus d’employés pour intensifier la main d’œuvre sur le terrain.

N’vafing Kourouma, chauffeur habituer de la route N’zérékoré-Conakry

« Je quitte Conakry et je pars pour N’zérékoré. Je suis là parce que l’échappement est décollé et c’est très proche au sol. Donc, je suis en train de l’attacher pour continuer ma route. En vérité, la route est bonne en partie. Mais, il y a certains endroits où il faut rouler doucement, sinon la voiture risque de tomber en panne grave. C’est le cas entre Coyah et Kouriyah jusqu’à Linsan. Si la route reste comme ça jusqu’à la période des grandes pluies, cela n’arrange point les chauffeurs et même les voyageurs. Nous les chauffeurs, nous aimerions vraiment que le travail soit vite achevé. Il faut que la société augmente le nombre d’employés pour vite terminer ce travail. Nous constatons que les employés ne sont pas nombreux. C’est ce qui retarde selon moi ce travail », estime N’vafing Kourouma.

Au bureau du syndicat des transporteurs de la sous-préfecture de Kouriyah, les craintes d’accidents sont constamment présentes dans les esprits. Et, ils ont peur de voir la douloureuse et triste expérience (les nombreux accidents mortels) de l’année dernière se répéter.

Mohamed Soumah, membre du bureau syndical des transporteurs de Kouriyah

« Comme vous le constatez, de Coyah jusqu’ici (Kouriyah), l’état de la route est mauvais. Elle est dégradée à tel point que vraiment la population souffre énormément. Avant le transport était à 2000 ou 2500 ; mais aujourd’hui, de Coyah jusqu’à Kouriyah, c’est 5000 jusqu’à 10.000 ou 15.000 francs. Tout ça à cause de l’état actuel de la route. Nous demandons à l’État et à la société d’aider la population à ce que le travail soit terminé dans le délai requis. Parce que bientôt la saison des pluies et ça va être un calvaire ici. Parce qu’on a vu l’année dernière il y a eu des morts sur la route là. Cette fois-ci, on ne voudrait pas que les mêmes cas se répètent. Les cas d’accidents sont fréquents chez les motards. On aurait voulu souhaiter que l’État vienne rapidement en aide à cette population qui souffre, qui se bat dans son quotidien », dit Mohamed Soumah, membre du bureau syndical des transporteurs de Kouriyah.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

Lire