La Guinée 2ème exportateur mondial de bauxite avec 80 millions de tonnes en 2020 : « le pays perd 170 000 emplois », dénonce Cellou Dalein

26 juin 2021 à 20 08 01 06016

A l’assemblée générale virtuelle de son parti ce samedi, 26 juin 2021, Cellou Dalein Diallo s’est attaqué à la politique minière de régime Alpha Condé. Le leader de l’UFDG (union des forces démocratiques de Guinée) a notamment dénoncé « l’exportation de la bauxite » et les exonérations que l’Etat guinéen accorde ces dernières années aux compagnies minières évoluant dans le pays. L’opposant et principal challenger d’Alpha Condé assure que cette façon de faire du régime actuel est très dommageable à l’économie guinéenne. L’économiste et homme politique soutient qu’en exportant 80 millions de tonnes de bauxite (comme ça a été le cas en 2020), la Guinée a perdu l’opportunité de créer 170. 000 emplois. Des emplois qui ont auraient pourtant réduit de façon considérable le taux de chômage chronique (notamment celui des jeunes) dans le pays.

A en croire Cellou Dalein Diallo, en signant des « avenants aux conventions de base libérant les compagnies » de leurs engagements de créer des usines d’alumine en Guinée, le gouvernement du président Alpha Condé a privé notre pays de la « valeur ajoutée » qu’on aurait pu tirer de l’exploitation de la bauxite.

Guineematin.com vous propose ci-dessous un extrait de cette analyse très critique du leader de l’UFDG à l’égard de la gouvernance peu vertueuse de la bauxite guinéenne par Alpha Condé.

« Alpha Condé s’enorgueillit d’avoir fait de la Guinée le 2ème exportateur mondial de bauxite avec 80 millions de tonnes exportées en 2020 contre seulement 15 millions de tonnes en 2010. Cette explosion de nos exportations de bauxite brute n’est pas en soi une performance à mettre à l’actif du gouvernement. Elle est consécutive à l’augmentation très forte de la demande mondiale d’aluminium, de l’existence d’importantes réserves de bauxite de bonne qualité dans notre pays et de l’épuisement et de la fermeture de certaines mines qui approvisionnaient plusieurs fonderies d’alumine et d’aluminium. La production mondiale d’aluminium est passée en effet de 23,7 millions de tonnes en 1999 à 57, 9 millions en 2015. La part de la Chine dans cette production mondiale d’aluminium est passée quant à elle de 11, 5% en 2000 à 54, 7% en 2015. Parallèlement, la production de l’alumine a augmenté à peu près dans les mêmes proportions en passant de 56, 2 millions de tonnes en 2002 à 115,2 millions en 2015.

Il faut rappeler que plusieurs compagnies minières qui exploitent actuellement la bauxite dans notre pays s’étaient engagées dans leurs conventions de base à construire des usines d’alumine et même d’aluminium. Le gouvernement aurait dû convaincre ces compagnies de respecter leur engagement initial et à soumettre les nouvelles compagnies à la même obligation. Surtout que la production d’alumine est moins complexe et requiert moins d’énergie que la production d’aluminium.

En général, on met les usines d’alumine là où il y a la bauxite et les usines d’aluminium là où il y’a l’électricité. Malheureusement, le gouvernement n’a pas respecté cette règle et a signé des avenants aux conventions de base libérant les compagnies de leurs engagements de créer des usines d’alumine en Guinée.

En renonçant à cette transformation sur place de notre bauxite, le gouvernement guinéen prive ainsi notre jeunesse de dizaines de milliers d’emplois et notre économie de la majeure partie de la valeur ajoutée qu’on aurait pu tirer de l’exploitation de notrebauxite. A titre d’exemple, l’usine de Fria a une capacité installée de 600.000 tonnes d’alumine par an. Pour ce faire, elle transforme environ 1,5 millions de tonnes de bauxite et génère 1200 emplois directs et 2000 indirects.

En transformant sur place les 80 millions de tonnes que nous exportons actuellement, on aurait créé 170.000 emplois directs et indirects pour la jeunesse guinéenne. Même si on ne transformait que la moitié de nos exportations brutes, on n’aurait généré 85.000 emplois. Ce qui est loin d’être négligeable dans le contexte de chômage endémique auquel notre pays est confronté. L’exploitation minière industrielle ne contribue actuellement qu’à environ 6, 5% de l’emploi formel alors qu’elle représente 22 du PIB et 80% des exportations.

Pour avoir une idée du préjudice économique qui résulte de l’exportation de la bauxite brute, il faut juste comparer le prix de la tonne de bauxite au prix de celle de la tonne d’alumine et d’aluminium sur le marché international. La tonne d’aluminium coûte 2400 dollars, d’alumine 300 dollars, de bauxite 45 dollars. Pour produire une tonne d’alumine, il faut 2,2 tonnes de bauxite ; 1 tonne d’aluminium, environ 2 tonnes d’alumine. En exportant 80 millions de tonnes de bauxite brute à raison de 45 dollars la tonne, on obtient 3,600 milliards de dollars. En les transformant sur place, on obtient 36 millions de tonnes en alumine qu’on peut vendre au prix de 300 dollars la tonne, soit 10,8 milliards de dollars. La valeur ajoutée qu’on gagnerait en transformant sur place cette bauxite en alumine avant de l’exporter est donc de : (10, 80 – 3,60 milliards), soit 7,20 milliards de dollars. On peut facilement imaginer les effets positifs d’une telle politique sur l’emploi formel, le PIB, la balance extérieure et les réserves de change du pays.

Si la production et l’exportation de la bauxite ont enregistré une forte accélération ces derniers temps, les revenus miniers comptabilisés dans le budget de l’Etat n’ont, quant à eux, augmenté que très lentement. Alors que la part du secteur minier dans le PIB est de 22%, sa contribution dans les recettes de l’Etat ne représente que 13%. Cette faible performance fiscale des entreprises est la conséquence des importantes exonérations d’impôts et de taxes octroyés par le gouvernement aux entreprises minières à travers des conventions ad hoc et en violation des dispositions du Code minier.

Le FMI estime que ces exonérations négociées au cas par cas avec l’Etat représentent actuellement 7% du PIB, soit l’équivalent d’une année de recettes douanières. Ce qui veut dire que si ces entreprises payaient tous les impôts et taxes prévus au Code minier, la pression fiscale qui est actuellement en Guinée de 13% serait de 20%, c’est-à-dire au même niveau que le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

Par ailleurs, selon le FMI, il y a de sérieux doutes qui pèsent sur la sincérité des prix de vente à l’exportation pratiqués par les compagnies minières. En effet, le prix de la tonne de bauxite exportée variait, en 2019, d’une compagnie à l’autre, de 14,30 dollars à 31.25 dollars. Si cette sous-facturation était avérée, elle pourrait être un autre facteur explicatif de la faiblesse des revenus de l’Etat tirés de l’exploitation de nos mines. Évidemment, on ne peut pas ne pas s’interroger sur les contreparties de ces exonérations et sous-facturations lorsqu’on connait les ravages de la corruption dans notre pays.

Au total, en exportant 80 millions de tonnes au lieu de les transformer sur place, le pays perd 170.000 emplois environ et 7, 2 milliards de dollars de valeur ajoutée. Et du fait des exonérations et des surfacturations, l’équivalent de 7% du PIB en recettes fiscales », a indiqué Cellou Dalein Diallo.

Propos décryptés par Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Conakry : l’université Al-Eamar de Guinée signe un accord de partenariat avec le CESAG de Dakar

26 juin 2021 à 18 06 56 06566
David Soumah, Assistant du Directeur de la coopération et des relations parlementaires

L’université Al-Eamar de Guinée a désormais un partenariat avec le centre africain d’études supérieures en gestion (CESAG) de Dakar. Les deux institutions d’enseignement supérieur ont signé un accord-cadre de collaboration ce samedi, 26 juin 2021. La cérémonie a eu lieu dans les locaux d’Al-Eamar, sis au quartier Yimbaya, en banlieue de Conakry, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

En signant cet accord, l’université Al-Eamar de Guinée et le centre africain d’études supérieures en gestion (CESAG) de Dakar comptent mutualiser leurs efforts et travailler ensemble sur le développement des ressources humaines. Un partenariat dont se félicite Dr Mohamed Abdoulaye Bah, le recteur de l’université Al-Eamar de Guinée, spécialisée dans la formation en finances islamiques.

Dr Mohamed Abdoulaye Bah, le recteur de l’université Al-Eamar de Guinée

« La signature de cette convention entre dans le cadre de l’une des missions de l’université, à savoir, chercher à signer des accords de partenariat avec les autorités compétentes et les institutions privées dans les domaines de la science, la recherche et la formation. Cette convention a pour objet, l’instauration d’un partenariat stratégique destiné à développer et à exécuter des actions de formation et de renforcement des capacités dans le domaine de la finance islamique par le CESAG et l’université Al-Eamar de Guinée », a-t-il indiqué.

Pr Babilé Serge Auguste Bayala, Directeur Général du CESAG

Le directeur général du CESAG de Dakar, Pr Babilé Serge Auguste Bayala, s’est également réjoui de ce partenariat qu’il qualifie de gagnant-gagnant.  « Je voudrais d’abord saisir cette opportunité pour m’adresser à monsieur le recteur de l’université Al-Eamar qui, par sa persévérance et par sa qualité humaine, nous a conviés très chaleureusement et cordialement à venir en République de Guinée. Nous avons signé cet accord de collaboration afin de travailler ensemble sur le développement des ressources humaines à même de porter de grands chantiers de développement qui feront de nos Etats demain, des Etats développés avec des économies fortes afin que nos frères, nos sœurs, arrêtent de traverser l’océan au péril de leur vie. Un des éléments importants, ce sera la mutualisation de nos ressources.

Nous pourrons recevoir à Dakar des enseignants de l’Université Al-Eamar, en mission d’enseignement, nous pourrons recevoir des étudiants. Nous pourrons recevoir des enseignants de Dakar également à l’université Al-Eamar, nous pourrons développer ensemble des programmes de formation pour faciliter l’accès à des enseignements de qualité et nous pourrons aussi ensemble participer à l’accompagnement des structures privées de la République en matière de gestion des entreprises, en matière de gestion des organisations. Et nous repartons plus que satisfaits d’avoir fait le déplacement et surtout tissé un partenariat qui sera celui qui va nous permettre ensemble de gagner la bataille du renforcement des capacités », a dit le DG du CESAG.

Cet accord de collaboration a été signé en présence de David Soumah, assistant du directeur de la coopération et des relations parlementaires, venu représenter le président de l’Assemblée nationale à cette cérémonie. Il a salué ce partenariat entre les deux institutions d’enseignement supérieur, tout en annonçant la disponibilité du chef du parlement guinéen à accompagner ce genre d’initiative.

David Soumah, Assistant du Directeur de la coopération et des relations parlementaires

« Je commencerai par saluer les autorités de l’université Al-Eamar et saluer l’accord-cadre qui a été signé aujourd’hui entre l’université Al-Eamar et le CESAG. Le message du président de l’Assemblée nationale, c’est sa disponibilité à accompagner tous les partenaires dans le cadre du développement de partenariats entre la Guinée et d’autres pays. Je dois vous signaler aussi que le CESAG doit établir un accord de partenariat avec l’Assemblée nationale également dans le cadre de renforcement des capacités des députés et du personnel de l’administration parlementaire. Parce que nous avons un plan quinquennal qui est une priorité des autorités de la 9ème législature.  Les formations prévues par le CESAG font partie des thèmes qui sont les priorités de ce plan quinquennal. Donc le président de l’Assemblée nationale réaffirme sa volonté d’accompagner et de coopérer avec ce partenaire qui lie les deux pays », a dit M. Soumah.

Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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Suicide à Siguiri : un homme se donne la mort par pendaison

26 juin 2021 à 18 06 28 06286

Balla Koïvogui, 37 ans, a été retrouvé mort pendu dans sa chambre ce samedi, 26 juin 2021, au quartier Energie dans la commune urbaine de Siguiri. Ce père de famille s’est suicidé la nuit après s’être disputé avec sa femme, a appris Guineematin.com à travers son correspondant dans la préfecture.

Selon les voisins, le défunt a eu une chaude dispute avec son épouse, en grossesse avancée, la nuit dernière. Ayant constaté que l’homme est ivre, Alamako Mara, une voisine, a pris son épouse et ses enfants pour les emmener passer la nuit chez elle. Et ce matin, c’est le corps sans vie de Balla Koïvogui qui a été retrouvé pendu dans sa chambre.

« Hier nuit, aux environs de minuit, j’ai été réveillée par sa femme, qui est venue m’expliquer ce qui se passait entre elle et son mari. Elle a dit avoir donné 10.000 francs à Balla pour qu’il lui achète à manger. Mais ce dernier n’est rentré qu’à 23 heures, alors qu’elle dormait déjà. Quand il est rentré, il l’a réveillée, mais elle dit qu’elle ne mange plus puisqu’il se faisait tard. Selon elle, c’est ce qui a énervé son mari, qui s’est mis à faire sortir ses effets de la maison.

J’ai réussi à convaincre la femme de ne pas partir, mais j’ai constaté que Balla était ivre, il n’écoutait pas ce qu’on lui disait. C’est pourquoi j’ai décidé de prendre la femme et ses femmes pour aller passer la nuit chez moi. Et ce matin, nous avons trouvé que la moto était dehors, mais sa porte était fermée de l’intérieur. J’ai frappé à la porte, mais il n’a pas répondu. Finalement, c’est son ami qui est venu défoncer la porte, et on a trouvé son corps pendu dans la chambre », a témoigné Alamako Mara.

Après le constat des services de sécurité et de santé, le corps de Balla Koïvogui a été remis à sa famille, qui a procédé à son inhumation. Maçon de profession, le défunt laisse derrière lui une veuve enceinte et 7 enfants.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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La jeunesse de l’UFDG à Cellou Dalein : « Nous voulons la reprise des manifestations »

26 juin 2021 à 18 06 20 06206

En marge de l’assemblée générale virtuelle de son parti ce samedi, 26 juin 2021, l’opposant Cellou Dalein Diallo, le leader de l’UFDG (union des forces démocratiques de Guinée), a été interpellé par la jeunesse de sa formation politique. Par la voix de son président, Mohemad Bakary Keïta, le comité nationale des jeunes de l’UFDG a demandé une « reprise des manifestations politiques » dans en Guinée. Ils estiment qu’au stade où en est la « confiscation des libertés » et « l’injustice » dans le pays, battre le pavé et croiser le fer avec le pouvoir est désormais la solution. Et, ils réclament une date à Cellou Dalein Diallo pour investir les rues pour ramener à la raison « les usurpateurs du pouvoir (le régime d’Alpha Condé) » en Guinée.

Mohamed Bakary Keïta, président du comité national des jeunes de l’UFDG

« Aujourd’hui je prends la parole pour simplement procéder à un compte rendu de la réunion du comité national des jeunes de l’UFDG… Le jeudi 24 juin, nous nous sommes retrouvés de 16 heures à 17 heures30’…Tous les fédéraux du Grand Conakry étaient là. Monsieur le président (Cellou Dalein Diallo), le comité national des jeunes, au nom de l’ensemble des jeunes du parti, m’a demandé de vous dire qu’ils veulent que les manifestations politiques de l’UFDG reprennent. Nous voulons la reprise des manifestations politiques. C’est un droit qui nous a été conféré par les lois de la république et nous ne devons pas renoncer à cela, puisque vous voyez les gens (allusion faite au président Alpha Condé) se bomber le torche du côté de Boké en disant qu’ils maitrisent tout dans ce pays, bien qu’ils savent que les droits de nombreux guinéens sont confisqués. Monsieur le président, nous avons des détenus politiques qui appartiennent à la plus grande hiérarchie du parti. Nous avons aussi des militants qui sont emprisonnés. Monsieur le président, vous savez que vous-mêmes, depuis quelques mois, vous n’êtes permis de sortir du pays. Vous savez que le siège et le quartier général du parti sont fermés illégalement. Les jeunes du parti, à tous les niveaux, souhaitent la reprise des manifestations politiques », a déclaré Mohamed Bakary Keïta.

Pour le président du comité national des jeunes de l’UFDG, le pouvoir croit avoir gagné « une tranquillité d’esprit » avec l’intimidation, l’emprisonnement et la confiscation des libertés des cadres et militants de l’UFDG. Mais, il assure que le locataire du palais Sékhoutouréyah et tous ceux qui le soutiennent dans cette entreprise maléfique seront surpris de la force et la grandeur de l’UFDG lors d’une prochaine manifestation de rue.

« Le peuple de Guinée ne compte que sur l’UFDG que les usurpateurs du pouvoir peuvent se permettre de se moquer en disant : quiconque désormais parle ou quiconque s’agite va se retrouver du côté de Coronthie (allusion faite à la maison Centrale de Conakry). Ils pensent alors qu’ils nous neutralisent ou qu’ils nous maitrisent et que nous avons peur de Coronthie. Nous voulons recommencer les manifestations politiques et voir si tous les militants de l’UFDG vont se retrouver du côté de Coronthie. Ils (le pouvoir d’Alpha Condé) pensent pouvoir se donner une tranquillité d’esprit en nous confisquant nos libertés, mais on peut leur garantir qu’ils n’auront jamais une tranquillité d’esprit parce qu’ils sont injustes. Et, quand vous êtes injustes, vous ne pouvez pas dormir. Quand vous êtes injustes, vous pensez que vous gérez alors qu’en réalité vous ne gérez rien. Vous pensez maitriser la situation, mais vous simplement que vous avez le soutien de ceux qui sont porteurs des armes, sinon vous ne valez rien. Monsieur le président, nous voulons la reprise des manifestations politiques. Telle est la volonté des jeunes de l’Axe, de Matoto, de Ratoma, de Kaloum, de Dixinn, de Dubréka, etc. Donc, en leur au nom nous demandons la reprise des manifestations de rue. Nous voulons que les usurpateurs du pouvoir sachent que nous ne sommes pas maitrisables. S’il y a un cas d’injustice dans ce pays, si un droit d’un citoyen est confisqué, nous allons nous lever et nous battre. C’est cela notre vocation. Les jeunes militants qui sont le fer de lance du parti me demandent de vous dire qu’il faut bien qu’une date soit choisie le plus tôt que possible… Il y a une nécessité pour recommence nos manifestations, puisque rien ne bouge monsieur le président. Nous sommes convaincus que c’est ça la solution désormais », a martelé Mohamed Bakary Keïta.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Dixinn : 50 jeunes formés par l’ASPUN sur la citoyenneté et l’entrepreneuriat

26 juin 2021 à 18 06 03 06036

L’association pour la solidarité, la paix et l’unité nationale (ASPUN) a organisé ce samedi, 26 juin 2021, une session de formation à l’intention de 50 jeunes de la commune de Dixinn. Venus de 20 quartiers de cette municipalité de Conakry, les participants ont été outillés sur la citoyenneté, l’entrepreneuriat et le montage de projets. L’initiative vise notamment à réduire le chômage des jeunes en Guinée, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Dans ses actions de promotion de la paix, la solidarité et l’unité nationale en Guinée, l’ASPUN s’est donné pour ambition de former 50 jeunes dans les 5 communes de Conakry et dans les villes de l’intérieur. Elle a lancé ce projet ce samedi, 16 juin 2021, dans la commune de Dixinn où 50 jeunes ont été outillés sur la citoyenneté, l’entrepreneuriat et les techniques de montage de projets.

Djéïnabou Bah, membre de l’association pour la solidarité, la paix et l’unité nationale (ASPUN)

Selon Djéïnabou Bah, membre de l’association pour la solidarité, la paix et l’unité nationale (ASPUN), « cette formation part d’un constat que nous avons eu à faire en ce qui concerne la mauvaise conception du multipartisme en Guinée. Parce qu’aujourd’hui, il y a certains Guinéens qui considèrent que la politique est un champ de bataille où les ethnies doivent s’affronter. C’est à travers ce constat-là que nous avons eu l’initiative de faire ces formations pour permettre aux jeunes de réfléchir et monter désormais leurs propres projets. En plus de cela, la politique est considérée aussi comme un instrument de division, de haine et de violence. Donc c’est par rapport à toutes ces choses que nous, nous avons eu l’initiative de faire la promotion de la paix et de l’unité nationale, en initiant ces formations », a-t-elle expliqué.

Moustapha Diallo, représentant de l’OIM

Dans la réalisation de ce projet, l’association pour la solidarité, la paix et l’unité nationale est accompagnée par l’organisation internationale pour les migrations. Une façon pour l’OIM, représentée à cette rencontre par Moustapha Diallo, de lutter contre l’immigration clandestine. « Nous, OIM, on est là pour aider les jeunes. Mais ce sont les jeunes qui sont retournés que nous sommes en train d’aider. Maintenant, on a innové pour aider les migrants potentiels, c’est-à-dire quelqu’un qui est là, qui n’a pas de travail et qui veut partir. Donc on fait la cartographie, si on arrive à avoir des bailleurs, ils nous donnent de l’argent, on va venir dans les différentes communes.

Et, Dixinn est vraiment une commune qui est prioritaire. Parce qu’on ne dit pas qu’il y a la pauvreté, mais il y a des jeunes qui ne travaillent pas. Donc nous sommes là pour aider tout le monde, surtout sensibiliser sur la migration irrégulière. C’est très bon la migration, mais pour aller, il faut que vous soyez dans les règles : avoir un visa et partir comme ça se doit. Donc la route migratoire de façon irrégulière, c’est quelque chose à décourager », a dit le représentant de l’organisation internationale pour les migrations.

Samba Diallo, maire de la commune de Dixinn

De son côté, le maire de la commune de Dixinn, Mamadou Samba Diallo, s’est réjoui de l’initiative de l’ASPUN. Pour lui, cette formation est très importante pour la jeunesse guinéenne. « Cette formation est extrêmement importante, parce que la jeunesse est incontournable, elle est la relève de demain. Donc j’encourage les jeunes de ma commune à suivre toute formation allant dans le sens de l’évolution, du développement du pays. Partout où on vous parle de formation, battez-vous.

C’est la tête qui va travailler. S’il n’y a rien dans la tête, on peut être beau ou disponible, mais l’efficacité manquera. Donc si vous êtes là aujourd’hui pour cette formation, je vous demanderais de suivre attentivement les exposés pour pouvoir les décentraliser à la base. On parle de citoyenneté, quand on est un bon citoyen, on pourra facilement être repéré et être au service de la population », a dit le maire de Dixinn.

A l’issue de cette phase de formations, l’association pour la solidarité, la paix et l’unité nationale (ASPUN) compte évoluer avec les bénéficiaires pour pérenniser les activités dans leurs différents quartiers.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel. : 620589527/664413227

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Meurtre d’un garçon de 12 ans à Niagara (Mamou) : l’auteur du tir mortel inculpé et conduit en prison (Parquet)

26 juin 2021 à 14 02 12 06126

Comme annoncé précédemment, un élève de 12 ans (Mamadou Kaba Diallo) a été tué par balle mercredi dernier, 23 juin 2021, dans la sous-préfecture de Niagara, préfecture de Mamou. C’est son ami âgé de 14 ans qui, par inadvertance, a ouvert le feu sur lui. L’auteur du tir, Mamadou Pathé Diallo, a été mis aux arrêts et conduit devant le juge des enfants au tribunal de première instance de Mamou. Ce magistrat l’a finalement inculpé et placé sous mandat de dépôt hier (vendredi) pour « homicide involontaire », a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon le procureur de la République près le tribunal de première instance de Mamou, Elhadj Sidiki Camara, Mamadou Pathé Diallo a reconnu les faits lors de son audition. Et, il est également revenu sur les circonstances dans lesquels il a tiré sur son ami.

Elhadj Sidiki Camara, procureur de la République près le tribunal de première instance de Mamou

« On (le parquet) l’a reçu hier et on a saisi le juge des enfants. Celui-ci l’a inculpé et placé sous mandat de dépôt. Il (Mamadou Pathé Diallo) a été conduit à la maison d’arrêt. Parce qu’il a reconnu les faits et il a expliqué comment il est allé prendre l’arme pour aller chasser. Arrivé à la rivière, il a tenté de vérifier s’il y avait une balle à l’intérieur. C’est au cours de cette manœuvre que le coup est parti et a atteint la victime (Mamadou Kaba Diallo) au niveau du nombril. Il y a eu des interventions pour essayer de le sauver, mais malheureusement il a succombé », a indiqué le procureur Elhadj Sidiki Camara.

A rappeler que les faits reprochés à Mamadou Pathé Diallo remontent au 23 juin dernier à Madina, un secteur relevant du district de Torobhé, dans la sous-préfecture de Niagara (une localité située à 85 kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Mamou). Cet élève de la 5ème année a ouvert le feu sur son ami (Mamadou Kaba Diallo) de la 6ème année à l’aide d’un fusil de fabrication locale. C’était à l’occasion d’une petite partie de baignade à la rivière Héricowol où Mamadou Pathé Diallo avait apporté le fusil de son père.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Guinée : le budget 2020 de l’Etat sérieusement impacté (Ministère du Budget)

26 juin 2021 à 11 11 36 06366
Honorable Amadou Damaro Camara, président de l’Assemblée nationale

Le ministre du Budget, Ismaël Dioubaté, est passé devant les députés réunis en séance plénière, ce vendredi 25 juin 2021, pour présenter le rapport d’exécution du Budget de l’Etat pour l’année 2020. Ce rapport fait état de sérieuses difficultés rencontrées et qui sont dues notamment aux effets de la pandémie de Covid-19 sur l’économie, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Cette démarche, première du genre en Guinée, découle de l’application de l’article 19 du Décret D/2013/015/PRG du 15 janvier 2013, portant Règlement général de gestion budgétaire et de comptabilité publique. Une façon d’apporter plus de transparence et de rigueur dans la gestion des deniers publics.

Ismael Dioubaté, ministre du Budget

Le ministre du Budget a axé sa communication sur trois points, à savoir : le contexte, le compte-rendu d’exécution et l’évolution constatée. Tout naturellement, Ismaël Dioubaté a déploré les effets dévastateurs causés par la pandémie de Covid-19, notamment sur les plans sanitaire et économique.

En plus de cela, la Guinée a organisé trois élections majeures en 2020 : le référendum constitutionnel et les législatives du 22 mars, et la présidentielle du 18 octobre. Ces échéances électorales, financées entièrement par la Guinée, ont aussi sérieusement impacté l’économie nationale.

A titre illustratif, le ministre a indiqué que sur un objectif de 21.364, 1 milliards de francs guinéens, les recettes mobilisées n’ont pas dépassé 18.757, 45 milliards en décembre 2020, en Loi des finances rectificative. Soit 87, 80 % de taux de réussite.

Mais ces effets conjugués ont été opposés à la résilience de l’économie nationale qui a enregistré un taux de croissance de 7% contre une prévision de 5,2%. Des performances liées aux activités extractives, énergétiques et de communication, selon Ismaël Dioubaté.

Quant aux dépenses budgétaires exécutées en 2020 hors financement extérieur (finex), elles sont évaluées à 13.184,36 milliards contre un objectif de 22.300,04 milliards. En prenant en compte le finex, ces dépenses ont atteint 15.558,67 milliards contre un objectif de 26.830,04 milliards, selon la LFR 2020. Soit un taux de réussite de 79,41 % seulement.

Le rapport souligne que de toutes les rubriques, celle qui a été le plus impactée par cette crise économique est celle relative aux investissements, qui n’a enregistré que 5% de réalisation contre 67,41% pour les dépenses courantes.

Pour ce qui est de l’évolution budgétaire constatée, Ismaël Dioubaté a rappelé aux députés les progrès enregistrés ces dernières années par l’économie guinéenne, fruits de nombreux efforts et des réformes engagés dans ce domaine.

D’ailleurs, selon le ministre, une mission virtuelle de consultation, tenue du 14 au 18 avril 2021, avec les services du Fonds monétaire international, au titre de l’article 4, a confirmé ces tendances. Ce document qui n’a pas fait l’objet de débat public, sera expliqué, décortiqué et détaillé aux députés en inter-commissions, ce samedi 26 juin 2021.

A rappeler que ce rapport d’exécution budgétaire est différent de la loi de Règlement, qui elle, doit passer par la Cour des comptes pour vérification et certification avant sa présentation à la représentation nationale. En attendant ce document, le rapport lui, reviendra en séance plénière le mardi 29 juin prochain pour être validé.

Abdoulaye BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Bowoun Djoungol (Mamou) : les élèves du primaire bravent chaque jour les agressions des chimpanzés sur la route de l’école (reportage)

26 juin 2021 à 10 10 26 06266

A Bowoun Djoungol, il faut être téméraire, audacieux, ne pas être prêt à prendre ses jambes au cou au moindre bruit dans un buisson, pour aller à l’école. Car, dans ce village relevant du district de Koumi, dans la commune urbaine de Mamou, les enfants qui s’éloignent des concessions sont souvent attaqués par des chimpanzés. Les élèves de l’élémentaire sont quotidiennement victimes de ces primates. Ces enfants (garçon et fille) parcourent plus de 7 kilomètres pour se rendre à l’école (un hangar). Et, ils en reviennent fréquemment avec des griffures sur le corps, Guineematin.com à travers son correspondant à Mamou.

Composé de neuf (9) hameaux, Bowoun Djoungol est encore un gros village où les hommes se côtoient avec animaux sauvages et reptiles. Cette localité, pourtant située dans la commune urbaine de Mamou, est dépourvue de tout (pas d’eau potable, pas d’électricité, pas de structure de santé). Et, la seule école de la place est un hangar. Cet établissement scolaire de fortune, coiffé de paille (au début), a été construit au centre du village, loin des concessions. Il est censé absorber le nombre sans cesse croissant d’enfants en âge d’aller à l’école ; et, il abrite à ce jour plus de 75 élèves. Des élèves qui y viennent étudier dans insécurité totale. Ils affrontement chaque jour (matin et soir) des kilomètres de broussailles à pied pour apprendre à lire et à écrire. Et, sur le chemin de l’école, ils sont souvent victimes d’attaques d’animaux sauvages, notamment les chimpanzés. Les parents sont conscients des dangers auxquels ces enfants font face au quotidien, mais envoyer ces tout-petits à cette école de fortune est le seul moyen qu’ils ont trouvé pour les épargner des durs travaux champêtres.

Thierno Boubacar Tanou Barry, doyen de Bowoun Djoungol

« Nous avons décidé unanimement de construire cette école pour nos enfants qui sont très nombreux dans ce village et qui ont l’âge d’aller à l’école. Nous avons commencé avec de la paille dans le hameau de Aboudji, mais le vent est venu la détruire, puis un feu de brousse l’a rasé. Nous l’avons réparé encore, mais le vent est venu une seconde fois emporté la toiture de l’école (le hangar). C’est après ça que nous avons décidé de venir dans ce Bowal ici pour mettre en place l’école. Parce que nous avons estimé c’est ici le milieu entre tous les 9 hameaux qui composent le village. Mais, nous rencontrons d’énormes difficultés ici. Les enfants parcourent plus 7 kilomètres pour aller à l’école. Et, ils sont menacés et griffés par les chimpanzés », a confié Thierno Boubacar Tanou Barry, le doyen de Bowoun Djoungol.

Cette école de fortune existe depuis 2015 ; et, sa survie (tout comme son existence) se limite aux seuls efforts des populations du village. Elle compte moins de 20 tables-bancs (exactement 14 tables-bancs selon notre décompte), un tableau flanqué à terre et un enseignant (un contractuel communautaire). Et pire, il n’y existe aucun point d’eau potable et aucune latrine. La brousse est le recours pour tous les besoins (y compris pour le maître). Une situation que déplore Madame Habibatou Koundouno, déléguée scolaire de l’enseignement élémentaire de Mamou 3.

Mme Habibatou Koundouno, déléguée scolaire de l’enseignement élémentaire de Mamou 3

« C’est très regrettable de voir plus de 250 enfants scolarisables qui ont l’âge d’aller à l’école sont dans ce village sans école. Ces enfants n’ont aucune activité si ce n’est aller dans les champs ou courir derrière les animaux. Nous avons fait ce hangar pour recruter au moins quelques enfants parmi eux. Nous demandons aux personnes de bonne volonté de nous venir en aide. Les écoles environnantes sont très éloignées et les enfants sont toujours agressés par les chimpanzés et certaines filles sont aussi menacées quelquefois par les violeurs. Ce hangar se trouve en plein Bowal, il n’y a ni forage, ni latrines. Ils se mettent à l’aise dans la nature. C’est vraiment déplorable », a indiqué Madame Habibatou Koundouno.

Avec l’appui des « bonnes volontés », le maire de la commune urbaine de Mamou (par ailleurs enseignant à la retraite) promet de construire une « vraie école » dans ce village qui relève de sa juridiction géopolitique. Elhadj Amadou Tidiane Diallo assure qu’il a déjà quelques promesses de soutien dans ce sens et que certaines personnes ont récemment de matériels didactiques aux élèves de ce village.

Elhadj Amadou Tidiane Diallo, maire de la commune urbaine

« Étant un ancien de la boîte, nous avons décidé d’accompagner ce village. Nous allons tout faire pour ne pas que les enfants là soient sacrifiés. Car, l’ignorance est le pire de maux. J’ai une petite fille du nom de Safiatou Diallo vivant aux Etats Unis qui m’a même promis qu’elle va se battre pour nous aider. Tout récemment, elle a envoyé des sacs, des livres, des bics, des crayons et beaucoup d’autres fournitures pour accompagner ces enfants. Elle m’a dit qu’elle va nous aider encore. Donc, on va se battre nous aussi, surtout avec le programme ANAFIC, pour orienter certains financements là-bas (Bowoun Djoungol) », a confié le maire Elhadj Amadou Tidiane Diallo.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tél : 625698919/657343939

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Kankan : la prière musulmane en maninka au cœur d’une conférence-débat

26 juin 2021 à 9 09 33 06336
Nanfo Ismaël Diaby, chroniqueur islamique et promoteur de l’écriture N’ko

Est-il normal de faire la salat (prière) dans la langue maninka (N’ko) ? La question était au centre d’une conférence-débat qui s’est tenue ce vendredi, 25 juin 2021, à Kankan. Elle a été organisée par l’association des sages de N’ko, vent debout contre la décision de l’imam Ismaël Nanfo Diaby et ses partisans de prier dans leur langue maternelle. Avec ses arguments, le conférencier a cherché à démontrer qu’il n’est pas permis à un musulman de faire la salat (prière) dans une langue autre que l’arabe, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

Depuis que l’imam Ismaël Nanfo Diaby a commencé à promouvoir la prière musulmane en maninka (N’ko), les promoteurs de l’écriture N’ko sont divisés. Il y a un camp qui soutient l’imam controversé et ses disciples et un autre qui s’oppose catégoriquement à leur démarche. Et c’est dans ce dernier groupe que l’on retrouve l’association des sages de N’ko. Après avoir fait une déclaration pour désavouer le camp de Nanfo Diaby, cette organisation a décidé d’organiser une conférence-débat autour de cette question. Une occasion pour elle d’expliquer aux participants pourquoi il ne faut pas faire la salat dans la langue N’ko.

Daouda Kalil Konaté, conférencier

« Nous avons invité les gens à apprendre le N’ko et à le vulgariser. Mais nous avons aussi expliqué aux participants qu’il n’est pas bien de prier dans une langue autre que l’arabe parce que cela amène la division entre les musulmans. Dieu a fait descendre le coran en arabe, on ne peut pas traduire avec exactitude les versets dans une autre langue et s’attendre à ce que la prière soit acceptée. Nous avons aussi apporté des preuves montrant que la prière n’est pas autorisée dans une langue qui ne soit pas l’arabe. Nous avons souvent demandé des débats avec l’autre côté, mais ils ont toujours refusé », a dit le conférencier Daouda Kalil Konaté.

Djiba Sidibé, coordinateur régional des associations islamiques

Cette démarche de l’association des sages de N’ko est vivement saluée par Djiba Sidibé, coordinateur régional des associations islamiques de Kankan, l’un des participants à cette conférence. « Au sortir de cette conférence, nous avons été convaincu par des preuves palpables qui montrent qu’il n’est pas permis de prier dans une autre langue que l’arabe. Le savant Souleymane Kanté, l’inventeur de l’écriture N’ko, n’a jamais écrit ou dit de prier en N’ko. Il a toujours dit de prier comme le prophète Mohamed (PSL) le faisait. Il y a des preuves même qui montrent cela. Il y a une partie du coran que lui-même a traduit, c’est écrit en N’ko mais le son sonne en arabe », a-t-il indiqué.

Selon nos informations, l’association des sages de N’ko souhaite avoir un débat qui sera médiatisé avec les promoteurs de la prière en N’ko. Reste à savoir si le camp de l’imam Ismaël Nanfo Diaby acceptera cette invitation.

De Kankan, Abdoulaye N’koya YLLA pour Guineematin.com

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Conakry : OSH-Guinée fait un plaidoyer en faveur de la scolarisation des jeunes filles handicapées

26 juin 2021 à 9 09 08 06086

L’Organisation de secours aux handicapés (OSH) Guinée est préoccupée par le faible taux de scolarisation des jeunes filles handicapées en Guinée. C’est pour chercher à inverser cette tendance qu’elle a organisé un atelier de plaidoyer hier, vendredi 25 juin 2021, à Conakry. La rencontre a mobilisé plusieurs acteurs concernés par la question, dont le ministère de l’éducation nationale, le ministère de l’action sociale et de l’enfance, Plan Guinée, le PNUD, l’Ambassade de la Grande Bretagne en Guinée entre autres, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

En Guinée, très peu d’enfants handicapés, particulièrement les jeunes filles, ont la chance d’aller à l’école. Et même ceux qui sont scolarisés ne parviennent souvent pas à poursuivre les études, en raison de facteurs qui rendent difficiles leur maintien à l’école. Préoccupée par cette situation, l’Organisation de secours aux handicapés (OSH) Guinée a organisé ce vendredi 25 juin, avec l’appui technique et financier de l’initiative Fonds Pananetugri, un atelier de plaidoyer pour l’accès des jeunes filles handicapées à une éducation inclusive de qualité, à Conakry. L’objectif est d’interpeller le gouvernement, les institutions et ONG sur cette situation afin que des mesures urgentes soient prises pour faire face à ce problème.

Manssoud Barry, présidente de l’OSH-Guinée

« Malgré le fait que le nombre d’enfants non scolarisés est en baisse sur le plan mondial, l’accès à l’éducation des enfants handicapés surtout les filles est l’un des principaux défis dans notre pays. Selon l’institut national des statistiques, en Guinée, 70% des personnes handicapées n’ont jamais fréquenté l’école. Et cela est dû aux différents obstacles physiques, sociaux qui freinent la scolarisation et le maintien des enfants handicapés en général, et les filles en particulier.

Le développement de l’éducation inclusive dans une région comme Conakry, ayant des ressources limitées par rapport aux multiples barrières, ne serait possible sans la contribution de l’Etat, des partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile qui accompagnent les communautés à la base. C’est dans cette perspective qu’OSH-Guinée a initié ce projet d’appui à la scolarisation et au maintien des jeunes filles handicapées à l’école », a indiqué Manssoud Barry, la présidente d’OSH-Guinée.

Mariame Diallo, porte-parole des filles handicapées

Pour un meilleur diagnostic de la situation, les organisateurs ont donné la parole aux principaux concernés. Au nom des jeunes filles handicapées, Mariam Diallo a énuméré quelques difficultés qui les empêchent d’étudier. « Nous ne sommes pas scolarisées à cause de la pauvreté de nos parents, de l’inadaptation des infrastructures éducatives, le rejet par certains de nos amis et certains enseignants à l’école. Nous sommes stigmatisés sur le chemin tout comme à l’école. A la maison, nous sommes souvent rejetés, nous sommes exploités, nous sommes utilisés dans les rues pour faire de la mendicité afin de nourrir nos familles.

En faisant cela, nous perdons notre dignité et notre avenir est compromis. C’est pourquoi nous plaidons auprès de vous : élevez nos voix pour changer la mentalité et les normes sociales qui sont préjudiciables à la scolarisation et au maintien des jeunes filles handicapées à l’école pour que la société devienne inclusive. Nous disposons d’une base de données de 50 jeunes filles handicapées pour lesquelles nous plaidons auprès de particuliers et des institutions en faveur d’une prise en charge. Ainsi, nous plaidons auprès du ministère de l’enseignement technique, de la formation professionnel et de l’emploi, de procéder à l’ouverture des classes spécialisées dans les CFP », a-t-elle lancé.

Cette initiative d’OSH-Guinée a été bien accueillie par les participants. Madame Salimatou Tounkara, cheffe du service genre, scolarisation des filles au ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation trouve que ce plaidoyer vient à point nommé.

Madame Salimatou Tounkara, Cheffe du service genre, scolarisation des filles au MENA

« Aujourd’hui, nous parlons d’éducation inclusive. Je crois que depuis 6 ans, les écoles qui sont construites par le MENA, on pense aux spécificités des enfants porteurs de handicap et vulnérables. Même au niveau des toilettes, on pense à ces rampes-là. On exhorte le ministère de l’action sociale par rapport aux mesures spécifiques. C’est-à-dire les béquilles, les cannes blanches, les vélos… Donc moi, je dirais que ce projet vient à point nommé, parce que ça interpelle tout un chacun. Vous avez bien fait de donner ce plaidoyer, nous allons faire un rapport tout en joignant ce plaidoyer et déposer au niveau de nos autorités », a-t-elle promis.

David McILROY, Ambassadeur de la Bretagne en Guinée

De son côté, l’Ambassadeur de la Grande Bretagne en Guinée a exprimé l’engagement de son pays à soutenir l’éducation des jeunes filles handicapées. « Je voudrais remercier OSH-Guinée d’avoir organisé cet atelier de plaidoyer sur l’éducation inclusive des jeunes filles handicapées. Je suis heureux de participer à cette rencontre et j’ai beaucoup appris grâce à vos témoignages. Je saisis l’occasion pour réaffirmer le soutien du gouvernement britannique à la promotion de l’éducation pour toutes les filles. Ce matin, je suis ravi de me joindre aux partenaires et aux amis pour exprimer notre solidarité et de redynamiser les efforts pour les aider.

Nous devons reconnaître l’ampleur des défis auxquels des jeunes filles handicapées sont confrontées. Lorsqu’elles n’ont pas accès à une éducation inclusive de qualité, toute la société en souffre. Par contre, lorsque nous réaliserons que toutes les jeunes filles participent pleinement à l’éducation et les femmes à la vie économique, les économies se développeront et les sociétés vont prospérer. Ceci étant, par le billet des partenariats continus avec le gouvernement guinéen et de la société civile, nous pourrons aborder ce problème de manière globale », a dit David Mcllroy.

Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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