Aliou Barry sur la situation au Mali : « Si on ne fait pas attention, on risque d’avoir un Afghanistan dans le Sahel »

6 juin 2021 à 23 11 35 06356
Aliou Barry, Directeur du Centre d’Analyse et d’Etudes Stratégiques (CAES)

Comme annoncé précédemment, la France a annoncé la « suspension des opérations militaires conjointes » avec le Mali. Cette suspension fait suite au coup d’Etat de mai dernier dans ce pays en proie à des groupes djihadistes depuis près d’une décennie maintenant. Cette suspension des opérations militaires pourrait se solder par un retrait de la France du Mali où elle intervention depuis 2012 dans le cadre de l’opération Barkhane. Avec plus de 5000 hommes sur le terrain, la France est aujourd’hui un partenaire stratégique majeur dans la lutte contre le djihadisme au Mali et au Sahel. Son départ subite du Mali, si on en arrivait là, pourrait avoir des répercutions sur la situation sécuritaire dans la région Sahel. C’est du moins ce que pense Aliou Barry, le directeur du Centre d’Analyse et d’Etudes Stratégiques (CAES).

Dans un entretien accordé à Guineematin.com hier, samedi 05 juin 2021, ce chercheur a prévenu sur les risques de faire du Sahel un autre Afghanistan. « Si on ne fait pas attention, on risque d’avoir un Afghanistan dans le Sahel », a-t-il prévenu.

Décryptage !

Guineematin.com : quelle lecture faites-vous de la situation actuelle du Mali ?

Aliou Barry, Directeur du Centre d’Analyse et d’Etudes Stratégiques (CAES)

Aliou Barry : pour le moment, c’est une menace de retrait qui n’est pas encore mise en exécution. En fait, la situation du Mali s’adosse sur l’instabilité politique. Vous ne restez pas sans savoir que depuis un an c’est le deuxième coup d’Etat ; et, les gens appellent cela un coup d’Etat dans un autre, dans un contexte sécuritaire d’instabilité politique qui ne permet pas aux forces françaises de travailler de façon commode. Qu’est-ce que cela veut dire ? Il faut savoir que la France est intervenue au Mali à la demande des autorités maliennes, c’est-à-dire en vertu des accords de défense signés entre les deux pays. Cette menace de retrait était prévisible, parce qu’à mon avis, depuis un an, il y a une véritable instabilité politique dans ce pays. Et, la France ne souhaite pas intervenir au moment où le gouvernement malien envisagerait de négocier avec les djihadistes.

Guineematin.com : si ce retrait se réalise, quelles pourraient être les conséquences pour ce pays et le reste de la sous-région ?

Aliou Barry : si ce retrait se réalise, il y aura des véritables conséquences sur la stabilité à la fois du Mali et du G5 sahel, c’est-à-dire le Burkina Faso, le Mali, le Niger et voir plus loin la Mauritanie. Ce qui est clair, c’est qu’aujourd’hui la France a fait une première étape. Elle a mis fin à ce qu’on appelle les programmes militaires opérationnels. Jusqu’à maintenant, Barkane, en plus d’intervenir pour la stabilité du Mali, accompagne les forces armées maliennes en les renforçant dans leur capacité de lutter contre les djihadistes. Donc, en fait, aujourd’hui la France retire d’abord ses assistants militaires, arrête toute coopération de manœuvre commune avec les forces armées maliennes. Et, je pense que la prochaine décision du gouvernement malien, c’est-à-dire la nouvelle équipe qui va être mise en place, si elle s’achemine vers une négociation avec les djihadistes, je pense que la France va se retirer du Mali.

Guineematin.com : mais comment comprenez-vous que cette armée française, avec tout son arsenal, se retrouve au Mali et qu’on ne puisse pas en finir avec ces groupes djihadistes qui opèrent en pleine journée avec des colonnes de véhicules et des motos ?  

Aliou Barry : il faut savoir qu’aujourd’hui, les menaces ont changé de forme. Aujourd’hui, au Mali, on assiste à une guerre asymétrique. On est plus à l’époque où c’est deux armées qui s’affrontent. C’est des gens qui, à bord de motos, de pick-up, se mêlent à la population. Donc, une armée conventionnelle n’est pas outillée pour lutter contre cette menace. Aujourd’hui, tout le monde se rend compte que la réponse militaire n’est pas la plus appropriée pour venir à bout de ces personnes. Il y a encore à côté les problèmes de gouvernance, des problèmes d’instabilité politique. La force Barkane, aujourd’hui tout le monde se rend compte que la réponse militaire n’est plus la seule adéquate. La menace étant asymétrique, il faut que les réponses soient plurielles. C’est-à-dire qu’il faut jouer à la fois sur la sécurité en luttant contre les djihadistes, mais il faut aussi répondre aux problèmes de gouvernance locale. Dans beaucoup de parties de ce territoire, l’Etat est absent depuis des années, c’est-à-dire tout le Nord du Mali. Ce qui explique d’ailleurs qu’à la place de l’Etat, c’est des mouvements djihadistes et des associations religieuses qui ont pris le pas sur l’Etat.

Guineematin.com : beaucoup s’interrogent aujourd’hui sur le fait que la France dise ne pas soutenir le putsch au Mali, alors qu’elle a eu une position contraire au Tchad où un groupe de militaire s’est emparé du pouvoir suite à la mort du Président Idriss Deby. Ils dénoncent « du deux poids, deux mesures ». S’agit-il de cela vraiment ?

Aliou Barry : il faut savoir qu’au Tchad, la France s’est retrouvée devant une situation très complexe ; parce que si vous observez bien ce qui se passe dans la sous-région, le Tchad est vraiment le centre pivot de la stratégie de lutte contre les djihadistes. Et si vous prenez tous les contingents qui sont au Mali, les tchadiens sont les plus nombreux et les plus efficaces sur le terrain. La France s’est appuyée et continue à s’appuyer sur le Tchad pour la lutte contre le djihadisme. Donc, le fait que le président du Tchad, Idriss Déby, a été tué, ça a été un coup très dur dans la stratégie mise en place contre le terrorisme. A mon avis, les deux problèmes sont plus ou moins différents et c’est pourquoi d’ailleurs que la junte au Mali, vu le silence de la France sur le coup d’Etat qui a eu lieu au Tchad, a fait un autre coup d’Etat en disant qu’au Tchad il y a eu une succession de Deby par des militaires alors pourquoi pas nous. Mais, moi je suis très inquiet de ce risque de ce qui pourrait se passer dans cette région. Si on ne fait pas attention, on risque d’avoir un Afghanistan dans le sahel. Parce que le Tchad va rentrer en instabilité avec ce qui se passe en Centrafrique, le Mali est dans une instabilité politique et si vous prenez un pays comme le Burkina, pratiquement une partie du pays est envahie par les problèmes djihadistes. Donc, la situation sécuritaire dans le Sahel devrait interpeller à mon avis plus d’un, notamment l’Union africaine qui est très en retrait et même mal outillée par rapport à cette menace.

Guineematin.com : la Guinée étant voisine du Mali, est-ce qu’il y a des risques que la Guinée aussi soit une cible de ces mouvements si toutefois des solutions ne sont pas trouvées ?

Aliou Barry : à mon avis, il n’y a aucun pays de la sous-région qui est à l’abri de cette menace, notamment un pays comme la Guinée qui connaît une instabilité politique aussi depuis les dernières élections et où il y a eu le changement constitutionnel. Vous avez vu que la situation politique est bloquée. Plus on lutte contre le djihadisme dans le Sahel, plus ces gens-là sont très organisés. Vous avez vu récemment des attaques qui ont eu lieu en Côte d’Ivoire. Donc, la menace commence à se diluer vers les pays côtiers. Il n’y a pas longtemps, le Bénin a été victime et à mon avis, des pays comme la Guinée Bissau, la Guinée Conakry devraient ouvrir les yeux, assurer une stabilité politique dans le pays pour ne pas mettre en place un terreau favorable aux djihadistes. La Guinée est loin d’être à l’abri des menaces terroristes. C’est très clair et je pense que tous les ingrédients sont réunis en Guinée pour une instabilité politique.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Journée mondiale de l’environnement : l’ONG Action Mines plaide pour l’application du nouveau code minier guinéen

6 juin 2021 à 23 11 25 06256
Amadou Bah, directeur exécutif d’Action Mines Guinée

L’humanité a célébré hier, samedi 05 juin 2021, la journée mondiale de l’environnement. En marge de cette célébration, Guineematin.com est allé à la rencontre de monsieur Amadou Bah, le directeur exécutif d’Action Mines Guinée et coordinateur du des organisations de défense des droits des communautés impactés par les projets de développement, pour parler de l’impact de l’exploitation minière sur l’environnement en Guinée. Et, du point de vue de ce cadre de la société civile guinéen, l’environnement est aujourd’hui fortement menacé en Guinée. Cette situation serait favorisée en grande partie par la non-application de la législation en vigueur dans le pays et qui y régit l’exploitation minière.

Décryptage !

Guineematin.com : En tant qu’organisation de la société civile évoluant dans le domaine minier,  vous déployez souvent des missions sur le terrain pour évaluer l’impact de l’exploitation minière. Aujourd’hui, quel constat peut-on dresser dans les zones minières en matière de protection et de préservation de l’environnement ?

Amadou Bah : il faut d’abord dire que l’impact environnemental est défini dans le code de l’environnement révisé en 2019. Dans ce code, on définit l’impact environnemental comme étant une activité réalisée sur l’environnement y compris la santé, la sécurité humaine, la flore et la faune, le sol, l’air,  l’eau, le climat, le paysage et les monuments historiques où autres structures physiques ou bien l’interaction entre ces facteurs.  Donc, ces impacts peuvent couvrir l’aspect patrimoine culturel, les conditions socio-économiques des communautés qui vivent dans les localités concernées. Et donc, il faut dire qu’il y a une réelle menace sur l’environnement guinéen compte tenu de la multiplicité des projets miniers, compte tenu des entreprises sur l’environnement, notamment la déforestation et autres activités nuisibles au couvert végétal. 

Guineematin.com: Peut-on dire que le boom minier qui rapporte beaucoup plus d’argent  à  la Guinée est en train de provoquer une situation que le pays aura bien du mal de gérer dans les années futures ?

Amadou Bah: Oui. La Guinée tire l’essentiel de sa substance de l’exploitation ministère, parce que cette activité représente 30,47% des revenus de l’Etat, 78% des recettes d’exploitation. C’est que le secteur minier est le secteur qui tire l’essentiel de la croissance de la Guinée. Mais, si nous mettons dans la balance l’impact économique et l’impact environnemental, vous trouverez qu’il y a bien des sources d’inquiétude pour le futur et pour les futures générations, dans la mesure où il a des impacts résiduels des projets miniers. Nous avons des impacts cumulatifs des différents projets. En exemple, vous prenez Boké, il y a l’impact individuel de chaque projet, il y a l’impact cumulatif qui va parfois au-delà de la zone de production. Donc, c’est  important aujourd’hui pour l’Etat d’avoir une vision assez stratégique de l’exploitation minière, tout en mettant dans la balance, comme on le dit souvent dans les principes du développement durable, l’aspect économique et social,  environnemental et écologique. Il est important de mettre en place un mécanisme de contrôle strict et de suivi régulier des impacts environnementaux afin de chercher à les juguler tel que prévu par les textes et surtout les normes internationales en la matière. 

Guineematin.com : Compte tenu de la situation que vous venez de décrire ici, peut-on dire que l’application des textes de loi fait défaut dans ce secteur minier en Guinée ?

Amadou Bah: aujourd’hui, il y a un réel problème d’application des textes en Guinée. Il faut le dire, le code minier élaboré en 2011 et révisé en partie en 2013 n’est pas encore appliqué dans son entièreté. Qui dit code, dit forcément textes d’application. Qu’est-ce qu’on appelle textes d’application ? Ce sont les décrets et les arrêtés qui viennent expliquer comment une disposition contenue dans le code doit s’appliquer de façon pratique sur le terrain.  Aujourd’hui, les textes relatifs à l’environnement ne sont pas entièrement pris. Je vous donne un exemple. Le texte d’application de l’article 144 relatif à la fermeture et à la réhabilitation des sites d’exploitation n’est pas encore pris. Et, cet article prévoit qu’il y ait un fonds fiduciaire, un fonds qui doit être alimenté par les sociétés minières pour servir de fonds de garantie pour la réhabilitation des sites d’exploitation, pour préparer l’après mines. Parce que comme on le dit dans le code minier à  l’article 142 qui indique le droit minier n’éteint pas le droit de propriété. C’est-à-dire qu’après l’exploitation ministère, il faut que ces terres nous reviennent afin qu’on puisse les exploiter à  nouveau. Mais, il faut qu’un système de réhabilitation soit mis en place. Aujourd’hui on avance sur le terrain, il y a d’énormes impacts, mais le dispositif réglementaire normatif qui doit encadrer et accompagner l’exploitation pour apporter cet équilibre entre exploitation économique et la préservation du capital naturel n’est pas encore réel sur le terrain. Donc, aujourd’hui, il n’est important que le gouvernement aille dans le sens de mise en place de ce système. Parce qu’il n’y a pas une espèce qui ne tire sa substance de l’environnement. C’est important que l’écosystème environnemental soit protégé. Afin qu’on vive en harmonie avec le monde animal et végétal qui nous entoure. 

Guineematin.com : Pourtant le code minier guinéen prend en compte l’aspect environnemental. Pourquoi malgré cela on se retrouve dans cette situation ?

Amadou Bah: il y a un déficit de gouvernance. Il faut d’abord qu’on soigne la gouvernance générale dans ce pays. Il faut qu’on se dise cette vérité. Tant qu’on ne soigne pas cette gouvernance en déficit, les conditions de gouvernance des secteurs particuliers ne seront pas également bonnes. Nous avons pris pour habitude de prendre des textes que nous voilons en longueur de journée. Comment voulez-vous, dans un pays qui se veut sérieux, qu’on élabore un code et que 10 ans après ce code n’ait pas ces textes d’application. C’est aberrant qu’on ait un code de l’environnement, 3 ans après, que ce code n’ait pas ses textes d’application. Est-ce que c’est sérieux.  Je crois que ça ne donne pas l’image d’une volonté politique allant dans le sens de gouverner de façon cohérente. La Guinée est allée à plusieurs reprises à des rencontres internationales sur l’environnement, relatives à la protection de l’environnement qui nous imposent des mesures internes en termes de cadres normatifs, légaux et réglementaires qui protègent l’environnement, les communautés, la santé et les droits humains. La Guinée doit faire face à ce déficit, à ce vide juridique que le gouvernement a  entretenu depuis environ 10 ans. Il faut que le cadre institutionnel qui est chargé de l’application de ces textes soit meublé. Qu’on ait des textes mais aussi de l’autre, des institutions qui vont s’occuper de la mise en application des textes. 

Guineematin.com: Que faut-il faire concrètement pour juguler ce problème environnemental ?

Amadou Bah: Il faut donner le pouvoir et les moyens aux structures en charge de contrôle des mesures prises dans les textes relatifs à la protection de l’environnement. Je prends en exemple le bureau d’études d’impact social et environnemental (BGDE) qui est chargé de mettre en œuvre la politique gouvernementale en matière d’études d’impact social et environnemental et de contrôle d’audit d’environnemental. Cette structure doit être dotée d’un personnel compétent à la pointe de la connaissance de l’environnement. 

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 622919225

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Les mots et les maux du ministre

6 juin 2021 à 19 07 37 06376
Habib Yembering Diallo

Dans la foulée, le maire de la commune où se trouvent les deux cimetières, nous a adressésune fin de non-recevoir à la demande de fermeture les lieux. Après ce refus et la venuedes miens, je ne suis pas resté insensible à ces concerts d’indignations. Pris entre les injonctions de mon patron et les indignationsde tout ce monde, je suis véritablement entre le marteau et l’enclume. Désobéir au premier est synonyme de mon renvoie du gouvernement. Mais défier tous les autres pourrait me rattraper demain. 

Les uns et les autres font valoir leurs arguments. Les partisans de la fermeture de ces cimetières estiment que dès lors qu’il n’y a plus d’habitants dans les zones il n’y a plus aucune raison d’avoir de cimetières. Arguant que le centre directionnel n’est pas une zone d’habitation. Les autres répliquent que ce n’est pas parce qu’on ne va plus enterrer dans ces cimetières qu’il faille les profaner. Et le maire de la commune a utilisé ces mots très forts pour me dissuader de de passer de la parole à  l’acte. 

Pour te dire la vérité,  je ne sais pas comment gérer cet épineux problème. Sachant que nous sommes des mortels, sachant que nous sommes tous des musulmans, le mot profanation me fait froid au dos. Entrel’exécution de la volonté de mon patron et l’appel à sursoir voire abandonner ce projet et tout le mythe lié à lui, je pense que je devrais choisir le second. Par exemple, convaincre mon patron de la nécessité de clôturer ces lieux sans toutefois toucher à une seule tombe. Même si, selon Mark Twain, « On pourrait citer de nombreux exemples de dépenses inutiles. Les murs des cimetières : ceux qui sont dedans ne peuvent pas en sortir, et ceux qui sont à l’extérieur ne veulent pas y entrer ».

Tu conviendras avec moi que même si je vomis le Saint Coran que notre décision est débarrassée de la politique politicienne personne ne va me croire. En premier lieu toi-même, si du dis la vérité. Parce que tout simplement le cimetière que l’oppositionqualifie celui ses martyrs fait partie. Pour elle et pour beaucoup d’autres observateurs, notre décision n’a d’autres objectifs que de faire de ce cimetière ce que nos prédécesseurs ont fait du Camp Boiro.

En tant que technicien je ne voulais pas m’impliquer dans cette histoire. Déjà mon nom a pris un sacré coup à cause de la démolition des maisons. Si je devais ajouter à cela la profanation de ces cimetières, le passage de ton ami dans le gouvernement aura été tout sauf honorable et mémorable. C’est pour cette raison que je suis à la recherche de solution qui puisse me blanchir. Je ne t’apprendrai rien en te disant que nos compatriotes ont la mémoire très courte. Si je démissionnais demain pour marquer mon désaccord par rapport à cette situation, mes pourfendeurs d’aujourd’hui seront les premiersà m’applaudir. 

Mais démissionner dans ce pays est la chose la plus difficile. Car parents, amis et connaissances ne voudront pas entendre ce mot. Pour eux entre l’honneur et le bonheur il ne faut pas hésiter une seule seconde pour choisir le second. Si j’ai pris la peine de me livrer à cet exercice que je n’ai pas fait depuisbien longtemps, c’est que, bien évidemment, j’ai besoin de ton avis sur la question. 

En attendant cet avis, que j’attends avec impatience, je te prie de garder le contenu de lettre strictement confidentiel. 

Ton ami le ministre

Habib Yembering Diallo, joignable au 664 27 27 47

Toute ressemblance entre cette histoire et une autre n’est que pure coïncidence.

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Guinée : les droits de l’homme à rude épreuve

6 juin 2021 à 19 07 26 06266

Il y a 30 que la Guinée s’est engagée pour l’instauration de la démocratie et de l’Etat de droit. Trois décennies au cours desquelles des centaines voire des milliers de Guinéens sont morts pour ce rêve. D’innombrables biens, tant publics que privés, ont été détruits. Et comme pour donner raison à ceux qui soutenaient que le multipartisme est synonyme de tribalisme et ses corollaires de division, le rêvedémocratique a profondément divisé les Guinéens. 

30 après la vague de conférences nationales souveraines, auxquelles la Guinée a fait exception, force est de reconnaitre que notre pays n’a pas avancé d’un iota. Voyons plutôt les faits. Depuis, il y a eu près de six électionsprésidentielles et autant de législatives. Mais jamais une alternance. Or une élection n’est importante que si elle aboutit à une alternance. Trente ans après le début du processus démocratique, la Guinée a encore des prisonniers politiques. Si, jusqu’ici les journalistes se félicitaient le 3 mai de chaque année qu’aucun des leurs n’est en prison, cette année 2021, il y avait deux journalistes en prison à cette date.

Pire, si les journalistes se battent pour obtenir la libération de leurs collèges, si les avocats dits du peuple se battent pour obtenir la libération des responsables politiques et autres acteurs de la société civile, il y a cependant les grands oubliés. Ce sont tous ces anonymes qui font face au quotidien aux agents de la policeet de la gendarmerie qui se rendent coupables de toutes sortes de violences et de violations. 

Prenons l’exemple de la police. Sous le prétexte de mettre de l’ordre dans la circulation la police de maintien d’ordre se substitue actuellement à la police routière pour organiser un racket systématique sur les usagers de la route. Pour s’en convaincre il suffit d’aller par exemple au rond-point d’Enco 5 où la CMIS sévit avec férocité. Les agents procèdent au contrôle des papiers, notamment de tax qui font la surcharge. Celui qui est pris doit mettre la main à la poche. Ceux qui ne « coopèrent pas » doivent êtreconduits dans la cour où, pour être libéré il faut débourser 500 mille. 

Autres lieux où la police sévit de façon implacable c’est au carrefour Kagbelen. Plus précisément devant les agents UAB et de la BICIGUI. Sur ces lieux officiers et agents subalternes rivalisent d’ardeurs pour se remplir les poches. Principales cibles, les motocyclistes.

Toujours à Kagbelen, on se souvient de cette douloureuse tragédie qui s’est passée récemment tout juste en face du siège du parti politique UDG. Dans un poste de gendarmerie de triste réputation, un homme en garde à vue avait péri dans un incendie. La patronne des lieux, que les riverains appelaient madame 500 000, aurait exigé les fameux 500 mille pour libérer la victime. Après ce meurtre, la population avait saccagé ce poste de gendarmerie. Mais allez y savoir si les parents de la victime ont porté plainte. Et si c’était le cas quelle a été la suite. 

Pour le moment les droits de l’homme constituent une géométrie variable. Si l’arrestation de journalistes, d’activistes de la société civile ou les hommes politiques fait grand bruit, obligeant le plus souvent la justice à les libérer, les citoyens lambda eux vivent un véritable martyr. 

Pour toucher du doigt de la situation, il faut se confondre à monsieur tout le monde et descendre sur le terrain. Par exemple en prenant un taxi ou même une moto pour se rendre compte que la Guinée a encore du chemin à faire dans le respect de la dignité du citoyen. Et plus loin amener ce dernier à se conformer à la loi mais aussi à défendre ses droits au prix de sa vie. 

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

Téléphone : 664 27 27 47

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Conakry : l’ONG Natural Justice célèbre la journée mondiale de l’environnement

6 juin 2021 à 19 07 00 06006

L’ONG Natural Justice, en partenariat avec les étudiants en Master droit de l’environnement, mines, développement durable de l’université de Sonfonia, a organisé une Conférence débat ce samedi, 05 juin 2021, autour du thème « Restaurer les écosystèmes, c’est lutter contre les changements climatique ». Cette conférence, organisée en marge de la célébration de la journée mondiale de l’environnement, a réuni des gouvernants, des enseignants-chercheurs et des étudiants pour discuter des enjeux et perspectives de l’écosystème guinéen, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

C’est Dr Alpha Abdoulaye Diallo, le doyen de la faculté des sciences juridiques et politiques de l’université de Sonfonia, qui a procédé au lancement officiellement de cette conférence débat. Et, dans une brève allocution, il s’est réjouit de cette initiative qui permet de ramener le débat à l’université afin de permettre une réflexion approfondie sur l’environnement dans un contexte de changement climatique mondiale.

Dr Alpha Abdoulaye Diallo, Doyen de la faculté des sciences juridiques et politiques de l’université de Sonfonia

« C’est un mot que je vais placer au nom de la faculté des sciences juridiques et politiques d’une part et au nom de monsieur le Recteur de l’université qui est empêché d’autre part. Pour ce qui est de la faculté, je remercie infiniment le directeur du Master Droit de l’environnement et droit des mines qui ne ménage aucun effort pour que ce master-là puisse se tenir debout et servir non seulement la Guinée, mais l’humanité tout entière. Et, je remercie tous ceux qui collaborent avec lui pour faire marcher ce Master. Et, les étudiants du master je les encourage fortement. C’est un grand plaisir pour la faculté de voir ces genres de Master qui est à la mode pour notre université. Sur ce, au nom de Monsieur le Recteur qui est empêché, je déclare ce panel ouvert », a-t-il dit.

Cette conférence qui intervient au moment où l’humanité célèbre la journée mondiale de l’environnement est pour ‘’Natural Justice’’ une opportunité d’interpeller, sensibiliser et conscientiser les guinéens sur les conséquences de la dégradation de l’environnement. En tant que défenseur de l’environnement, cette ONG travaille déjà pour susciter plus d’actions écologiques positives au niveau national afin d’attirer l’attention du public sur les problèmes environnementaux.

Saa Pascal Tinguiano, Programme Manager de l’ONG Natural Justice pour la Guinée

« Nous avons initié cette journée qui est d’ailleurs une journée mondiale de l’environnement il faut le rappeler. La Guinée étant un pays stratégique en Afrique de façon générale et en Afrique de l’ouest de façon particulière. Il est un devoir pour nous ONG, dont le nom est déjà évocateur, Natural Justice, d’organiser un tel événement. Non seulement avec des étudiants mais aussi avec d’auteurs acteurs impliqués dans des questions de restauration de l’environnement. Avec  une moyenne de 14 cours d’eau internationaux, la Guinée est un pays stratégique en termes de diplomatie de l’eau. L’industrie ministère fait partie également des premières industries polluantes de dégradation de l’environnement. Donc, c’est une opportunité que nous saisissons pour faire passer le message et pour conscientiser un peu non seulement le peuple de Guinée, mais surtout les communautés à la base qui d’ailleurs, subissent les conséquences de la dégradation de l’environnement, » a expliqué Saa Pascal Tinguiano, programme manager de l’ONG Natural Justice.

Venu prendre part à cette conférence débat au nom du ministère de l’environnement des Eaux et forêts, Dr Seydou Bari Sidibé, le secrétaire général du département de l’environnement a invité tout le monde à s’impliquer et s’investir pour une bonne protection de l’environnement.

Dr Seydou Bari Sidibé, secrétaire général, ministère de l’environnement des Eaux et forêts

« Pour le département de l’environnement, cette Conférence signifie tout simplement que le ministère de l’environnement est assez impliqué dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de l’environnement pour rappeler, pour interpeller, pour informer et sensibiliser l’ensemble des populations et surtout la jeunesse, parce nous sommes au niveau de l’université. Il est important que le ministère de l’environnement s’implique surtout avec la jeunesse pour faire cette interpellation à l’élargissement pour une meilleure protection, une meilleure conservation et une meilleure gestion durable. Il est important que la Guinée se saisisse de ce thème de restauration pour faire en sorte que les zones dégradées au niveau des grands cours d’eaux internationaux qui prennent leur source en Guinée, pour que ces grands barrages hydroélectriques aient longue vie », a indiqué Dr Seydou Bari Sidibé.

Présente à cette rencontre d’échange et de partage d’expérience, Djénaba Kanté, auditrice au Master mines développement durable, s’est réjoui de la qualité des débats qui ont ponctué cette conférence.

Djénaba Kanté, auditrice au Master mines développement durable

« Ce que j’ai retenu concernant cette conférence, c’est que tout ce qu’il faut faire concernant l’environnement, c’est-à-dire des pénalités par rapport à la pollution de l’environnement ont été abordés. Et c’est un problème auquel la Guinée est confronté depuis belle lurette. Donc, ce point a été largement expliqué par les spécialistes et ça m’a beaucoup situé. Je suis satisfaite. Donc, j’invite tout un chacun à s’y mettre concernant l’environnement par rapport aux entrepreneurs extractifs en Guinée, » a-t-elle conclu.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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Alpha Condé tel qu’il est, et non tel que Tibou Kamara le présente aujourd’hui

6 juin 2021 à 18 06 43 06436

En lisant les récentes tribunes de Tibou Kamara, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas respectueux de lui-même ; ce qui n’est pas grave. Chacun se vend à son prix réel. Et, Tibou Kamara a prouvé à la face du monde qu’il est vendable à vil prix. Par contre, ce qui est inacceptable, c’est qu’il manque de respect au peuple de Guinée en se moquant de son intelligence. Tous les citoyens guinéens qui se remémorent ses tribunes enflammées contre le dictateur Alpha Condé et qui lisent ses dernières publications ne manqueront pas de s’interroger sur les changements qui seraient intervenus dans le personnage de son patron du moment et sa manière de gouverner. En d’autres termes, on se pose la question de savoir qu’est-ce qui a changé dans la gouvernance du dictateur guinéen pour qu’un Tibou Kamara soit contraint ou éprouve aujourd’hui une sorte de jouissance à l’encenser. 

En réalité, le valet des chefs comme l’appellent certains opposants, ne croit pas lui-même en ce qu’il dit ou écrit. Mais, si ce qu’il dit ou ce qu’il écrit lui permet de s’en mettre plein les poches, pourquoi pas.  » Nul ne sait de quoi les lendemains seront faits; mieux vaut alors assurer ses arrières ». Tel est le credo de l’entourage malsain d’Alpha Condé. Tibou Kamara n’échappe pas à la règle. Et la manière idoine pour lui de sucer davantage le peuple est de redevenir le chambellan qu’il n’a d’ailleurs jamais cessé d’être. C’est dans cet objectif qu’il tente désespérément de donner à Alpha Condé une image qu’il a cessé d’avoir depuis bien longtemps. Tibou Kamara veut que ce dernier soit perçu comme il le présente aujourd’hui après l’avoir voué aux gémonies. Mais un seul acte vaut mille mots dit-on. Les Guinéens perçoivent Alpha Condé tel qu’il est et tel que ses actes et ses discours le montrent et non tel que les thuriféraires de l’espèce du porte-parole de son gouvernement veulent qu’il soit perçu. 

Toute la vie d’Alpha Condé se résume en ces mots : imposture, incohérence, reniement, supercherie, roublardise, non  respect de la parole donnée. Alpha Condé d’hier,  c’est cet homme politique qui avait soulevé dans le cœur des Guinéens l’immense espoir de l’avènement d’une Guinée où la  démocratie et l’État de droit auront droit de cité. C’est l’homme qui avait donné l’assurance aux Guinéens qu’une nouvelle Guinée ne relève pas simplement du domaine de l’utopie.  Auréolé de sa réputation de combattant infatigable de la liberté, il a bénéficié de préjugés favorables qui ont convaincu une majorité de Guinéens de lui faire confiance et de le porter à la tête de ce pays qui a connu une situation politique et économique très peu enviable. Mais cela, c’était bien avant.

Alpha Condé d’aujourd’hui, c’est le politicien dont la seule ambition est de s’accrocher au pouvoir en marchant sur des cadavres des Guinéens, en tuant la démocratie par le biais de laquelle il a accédé au pouvoir. C’est l’homme qui se sert de la démocratie pour tuer la démocratie. Alpha Condé d’aujourd’hui, ce sont les centaines de jeunes tués et ensevelis à travers tout le pays.   Alpha Condé d’aujourd’hui,  ce sont les milliers de citoyens guinéens injustement privés de liberté pour avoir simplement exprimé une opinion que le dictateur ne voulait entendre. 

Alpha Condé d’aujourd’hui, c’est la montée du communautarisme; c’est la banalisation et, plus grave encore, l’exacerbation du discours ethniciste et régionaliste; c’est un tissu social en lambeaux; c’est la remise en cause du vivre-ensemble.

Alpha Condé d’aujourd’hui,  c’est la banalisation de la vie humaine et l’impunité pour les assassins cachés au sein des forces de défense et de sécurité et qui constituent les boucliers qui lui permettent de se maintenir au pouvoir.

Alpha Condé d’aujourd’hui c’est la gabegie, la course à l’enrichissement illicite, fléaux qu’il prétendait combattre sous le régime de Lansana Conté. 

Alpha Condé d’aujourd’hui, c’est Sékou Touré,  Lansana Conté,  Moussa Dadis Camara et Sékouba Konaté en pire. Voilà l’image que les Guinéens ont d’Alpha Condé. Ce ne sont pas les tribunes opportunistes de Tibou Kamara qui changeront cette image.
Alpha Condé s’est révélé être aux antipodes de toutes les valeurs qu’il prétendait défendre et pour lesquelles beaucoup de ses militants ont trouvé la mort et d’autres mutilés à jamais. Les tribunes de Tibou Kamara présentent une photocopie pâle du personnage d’Alpha Condé. Mais le vrai Alpha Condé s’est révélé être un imposteur que les Guinéens ont découvert à la faveur de son accession au pouvoir. Il est difficile d’imaginer et d’évaluer dans leurs véritables proportions les préjudices causés à la classe politique par le revirement d’Alpha Condé. 

Très peu de Guinéens croient aujourd’hui en la sincérité des acteurs politiques. Ces derniers risquent tous d’être jugés désormais à l’image d’un Alpha Condé perçu pendant longtemps comme un défenseur des valeurs démocratiques et qui, une fois au pouvoir,  est devenu le fossoyeur de la démocratie et de l’État de droit. Mais en dépit de cette grande déception, les Guinéens doivent continuer à croire en la démocratie et l’État de droit. Baisser les bras et reculer seraient une victoire pour Alpha Condé et le clan mafieux qui l’entoure et dont la vitrine actuelle est Tibou Kamara.

Ibrahima DIALLO 

Responsable des Opérations du FNDC

Coordinateur de Tournons La Page en Guinée

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Apprendre à lire le coran en 3 mois : vers le lancement de la 12ème édition

6 juin 2021 à 12 12 21 06216

Le CIFOD (Centre Islamique de Formation et de Documentation) a le plaisir d’informer les fidèles musulmans de Guinée, qu’elle s’apprête à lancer la 12ème édition de son programme intitulé « APPRENDRE À LIRE LE CORAN EN 3 MOIS ». Un programme conçu pour répondre au besoin de formation des intellectuels qui n’ont pas eu la chance d’apprendre à lire le coran à bas âge.

Il est bien sûr impossible de maîtriser le coran entier en trois mois, nous n’avons pas de baguettes magiques ! Mais il est bien possible d’avoir une initiation à la lecture du coran en 12 séances (3 mois), en raison de de 3 heures par séance. Cela a déjà été expérimenté pendant plusieurs années dans plusieurs pays, et le résultat a été très positif.

Comment se déroule cette formation ?

Nous consacrons tout le premier mois à la maîtrise des 28 lettres de l’alphabet arabe (le coran entier n’est constitué que d’une combinaison des 28 lettres de l’alphabet arabe). Ensuite, nous consacrons le deuxième mois à l’apprentissage des règles de base de la grammaire arabe : les 3 types de voyelles (les voyelles brèves, les voyelles longues et les voyelles doubles ou tanwines), les consonnes doubles ou chadda et l’article défini de liaison.

Enfin, le dernier mois est consacré à l’application pratique de la lecture du coran avec la Sourate Yassine, puis on clôture la session par une évaluation. Après cette session, l’apprenant a la possibilité, s’il le souhaite, de s’inscrire pour une nouvelle session de trois mois (niveau 2) afin de s’améliorer dans la lecture du coran.

« LISEZ LE CORAN CAR IL SERA VOTRE INTERCESSEUR LE JOUR DU JUGEMENT DERNIER » (Hadith du prophète).

Pour plus d’informations sur ce programme, veuillez appeler les numéros suivants : 620508999 / 657985659.

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