Un jeune meurt en détention à Coyah : l’hôpital préfectoral dément la police

9 octobre 2021 à 21 09 50 105010

Alpha Ousmane Bah est-il mort dans les mains de la police à l’hôpital préfectoral de Coyah ? La question divise les services de sécurité et ceux sanitaires. La police assure que le jeune homme était vivant lorsqu’il a été évacué à l’hôpital, tandis que les responsables du centre hospitalier parlent plutôt d’un dépôt de corps. 

Selon les informations reçues par Guineematin.com, Alpha Ousmane Bah a été interpellé mercredi soir par la Brigade anti-criminalité numéro 11 (BAC 11) de Gombonyah, dans la préfecture de Coyah, après s’être battu avec deux jeunes. Le lendemain matin, sa famille a appris qu’il est mort et que son corps se trouve à l’hôpital préfectoral de Coyah. Où le jeune est-il mort ? De quoi a-t-il succombé ? Après quelques renseignements, sa famille dit avoir trouvé la réponse à la première question. Selon Mamadou Djouma Bah, jeune frère de la victime, Alpha Ousmane Bah est décédé dans les locaux de la BAC N°11, parce que les policiers ont refusé de lui venir au secours, malgré ses multiples plaintes.

Mamadou Djouma Bah, jeune frère de la victime

« Lorsque mon oncle et moi étions à l’hôpital préfectoral de Coyah, le commissaire central de la police est venu nous trouver là-bas. Il est entré dans le bureau du directeur de l’hôpital, avant de sortir. Il semble qu’il était venu avec un papier qu’il voulait que le directeur signe pour dire que mon frère est mort à l’hôpital et non en prison. Mais, le directeur aurait dit qu’il ne peut pas endosser cette responsabilité. Et lorsque nous avons demandé aux médecins de nous rendre le corps, le directeur de l’hôpital a dit que le corps est sous la responsabilité de la police et qu’il fallait aller négocier au commissariat central pour qu’un acte de délivrance soit signé. 

Quand nous sommes allés au commissariat, j’ai demandé de voir le codétenu de mon frère, celui avec qui il a passé la nuit en prison, au niveau de la BAC 11 de Gombonyah. Dans un premier temps, le commissaire a refusé, il a dit que s’il me laissait le voir, j’allais m’attaquer à lui. Parce que c’est avec lui que mon frère se battait, lorsque la police est venue les interpeller. Mais après l’avoir rassuré, il m’a laissé le voir le jeune, qui a été transféré jeudi matin au commissariat central de Coyah. J’ai demandé à ce dernier de me dire réellement ce qui s’est passé pour que mon frère trouve la mort. Il m’a répondu en ces termes :

Ton frère a passé presque toute la nuit en train de pleurer pour qu’on lui apporte à manger. Nous tous, nous avons appelé au secours pour qu’il puisse sortir parce qu’il avait commencé à vomir du sang. Alpha Ousmane a dit au chef de poste de le faire sortir, parce qu’il avait faim et qu’il souffrait de la gastrite. Mais le chef poste a refusé, le traitant de soulard. A un moment donné, il a donné un coup de pied à la porte de la prison pour qu’ils viennent ouvrir. Un agent est venu ouvrir pour lui donner un coup de pied pour qu’il se calme. Il est resté à pleurer et crier jusqu’à 4 heures du matin. 

C’est à cette heure qu’il s’est tu et s’est allongé sans rien dire. Le matin, le commandant de BAC de Gomboyah est venu très tôt sur les lieux. Il a grondé les agents en poste cette nuit en disant : voulez-vous me créer des problèmes ? C’est ainsi qu’ils ont mis le corps de ton frère dans une voiture pour l’hôpital Coyah et nous, nous avons été transférés au commissariat central. C’est vrai que nous, on s’est battu avec lui, mais il est mort parce que les agents de la BAC ne l’ont pas écouté. J’avais enregistré cette conversation, mais un agent de la police qui me suivait est venu retirer mon téléphone pour effacer l’enregistrement », a expliqué le frère de la victime.

Pour recouper ces informations, un journaliste de Guineematin.com s’est rendu à la Brigade anti-criminalité de Gombonyah. Mais le commandant n’y était pas et son téléphone ne passait pas. Joint au téléphone, son adjoint a renvoyé notre journaliste vers le commissariat central de Coyah. Même s’il a refusé d’être interviewé sur le sujet, le commissaire central de Coyah, Ibrahima Kéoulen Traoré, a fait savoir qu’après son arrestation, Alpha Ousmane Bah se tordait de douleur. Selon lui, le jeune homme est mort à l’hôpital préfectoral de Coyah. « Il n’est mort en prison, mais plutôt à l’hôpital. Il parlait même en cours de route dans la voiture », a-t-il assuré.

Une version que dément le directeur général de l’hôpital préfectoral de Coyah. Naby Youssouf Conté soutient que c’est le corps du jeune qui est arrivé à l’hôpital. « Je n’étais pas là lorsque le corps est arrivé, très tôt jeudi. L’équipe de garde qui l’a reçu, a dit qu’il n’avait aucun signe de vie. Donc, ils ont écrit tout ce qu’ils ont constaté. Comme c’est un dépôt de corps, ils m’ont attendu. Quand je suis venu, j’ai revisité le corps, je n’ai vu aucune lésion traumatique qui peut nous conduire à déterminer la cause de sa mort. C’est seulement des écorchures qu’on a constatées sur son côté droit. Là où il est tombé, peut-être c’est ce qui a fait ça. Est-ce que c’est un malade qui s’est confronté une bagarre ? On ne sait pas. 

Nous avons proposé à sa famille, comme nous sommes limités en moyens, d’envoyer le corps à Conakry pour approfondir l’autopsie. Une proposition à laquelle la famille du défunt n’était pas favorable. Eux, ils voulaient rentrer avec leur corps, mais j’ai dit non, allez voir la police. La police à son tour, a appelé le procureur. Le procureur aurait dit à la police que si le travail d’autopsie est fini, vous pouvez rendre le corps, parce qu’on n’a pas de chambre froide ici. Le corps nous a été déposé par un certain commandant Alexis, qui a laissé un contact et qui reconnait avoir fait un dépôt de corps », a dit le directeur général de l’hôpital préfectoral de Coyah. 

Le corps d’Alpha Ousmane Bah a été rendu à sa famille, qui a procédé à son inhumation dans la matinée du vendredi, 08 octobre 2021, à Sanoyah. Le jeune homme de 33 ans laisse derrière lui une veuve et un enfant. Sa famille souhaite que la justice fasse la lumière sur cette situation.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27 

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Fodé Bangoura : « nous demandons au CNRD, de nous laisser des institutions fortes »

9 octobre 2021 à 21 09 34 103410
Elhadj Fodé Bangoura, président du PUP

En marge d’une assemblée générale du PUP, tenue ce samedi 09 octobre 2021, au siège du parti, à Conakry, le président de la formation politique s’est exprimé sur l’actualité sociopolitique de la Guinée. Elhadj Fodé Bangoura a donné sa position sur la nomination de Mohamed Béavogui comme Premier ministre de la transition, la structure du gouvernement et la durée de la transition, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

S’exprimant sur la nomination de Mohamed Béavogui, le président du Parti de l’unité et du progrès (PUP) a loué les qualités du Premier ministre de la transition. « Tout ce que je peux dire maintenant, c’est de féliciter le Premier ministre pour sa nomination. C’est un éminent cadre, qui a travaillé à l’international et qui est appelé à faire ses preuves à l’interne. Ce que nous pouvons, c’est de l’accompagner et de prier pour lui pour qu’il réussisse. Parce que quand il réussit, c’est toute la Guinée qui aura réussi. Nous voulons une stabilité durable. Et si cela doit passer par lui, on ne peut que l’encourager », a déclaré Elhadj Fodé Bangoura

Parlant de l’ossature du gouvernement de la transition annoncée hier soir, l’ancien ministre secrétaire général à la présidence sous le règne de Lansana Conté (le deuxième président de la Guinée) ne trouve rien à redire. « Une structure est une chose, animer cette structure en est une autre. Ce n’est pas la structure qui importe, mais ceux-là qui sont chargés d’animer cette structure qui nous intéresse. Ce que je sais, si on me donnait à composer, je n’allais pas aller au-delà de 25 ministères. L’essentiel, c’est de trouver des animateurs qui se battront pour la République de Guinée », a dit le président du PUP.

En ce qui concerne la durée de la transition, il dit n’avoir aucun avis à donner : « nous étions en Guinée au même titre que les putschistes. On ne leur a pas dit de faire un coup d’État, ce sont eux qui ont décidé de le faire. Ils ont fait leur travail, c’est à nous autres de faire notre travail. Mais nous connaissons la situation particulière de la Guinée, avec tout ce qui est à mettre en chantier, si nous voulons avoir une stabilité durable pour notre pays. Il faut pour cela prendre le temps d’écrire correctement ce qui doit être écrit. Ce que nous leur demandons (au CNRD, ndlr), c’est de nous laisser des institutions fortes et le reste viendra après. Mais je n’ai pas de date à leur donner », a laissé entendre Fodé Bangoura.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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15 places pour la classe politique au CNT : « c’est une manière de se moquer des partis politiques »

9 octobre 2021 à 21 09 29 102910
Aboubacar Biro Soumah, président du parti PPC

Le Parti pour le progrès et le changement (PPC) n’est pas d’accord avec certains points de la charte de la transition. La formation politique déplore notamment la faible représentativité des partis politiques au sein du conseil national de la transition (CNT) qui sera mis en place. C’est le président du parti qui l’a fait savoir au cours d’un point de presse qu’il a animé ce samedi, 09 octobre 2021, à Conakry, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Pour Aboubacar Biro Soumah, le CNRD doit revoir la charte de la transition pour corriger les insuffisances qu’elle contient. « Dans la charte, ils n’ont pas mis celui qui va assurer la relève en cas de vacance du pouvoir. Ça, c’est notre première observation. La deuxième observation, c’est au niveau de la composition du CNT. D’une manière ou d’une autre, la transition est faite par les partis politiques et la transition est politique. 

On ne peut pas mettre en place une charte en ignorant les partis politiques. Ça,  c’est une grosse erreur. Si vous donnez 15 places à toutes les formations politiques, c’est une manière de se moquer des partis politiques. C’est pourquoi, nous demandons au colonel Mamadi Doumbouya d’analyser et de respecter les partis politiques », a-t-il déclaré.

Par contre, cette formation politique, membre de l’ANAD (l’alliance politique dirigée par Cellou Dalein Diallo), apprécie bien la structure du gouvernement de la transition, annoncée hier soir. Elle estime que la réduction du nombre de ministères permettra de faire des économies dans les dépenses de l’Etat. « Vous n’êtes pas sans savoir que la Guinée avait 46 ministres.  Des ministres qui ont tout simplement accompagné Alpha Condé dans la forfaiture en modifiant la constitution sans que cela ne soit l’émanation du peuple.  

Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec 25 départements ministériels. Ceci va dans le sens de l’économie du contribuable guinéen. Maintenant, nous leur demandons la nomination de cadres intègres qui pourront aider le Premier ministre et le président de la transition, avec tous les membres du CNRD, dans la réalisation des objectifs visés par la junte », a lancé le président du PPC.

En ce qui concerne la durée de la transition, qui n’est pas encore connue, le Parti pour le progrès et le changement indique que l’alliance dont il est membre a proposé un délai de 15 mois. « Nous avons dit que les 15 mois, ce n’est pas une décision ou une imposition que l’ANAD fait à la junte. C’est une proposition. Parce que la junte a demandé à ce que chacun envoie ses propositions. Donc, nous avons envoyé nos propositions », a laissé entendre Aboubacar Biro Soumah, soulignant que « la transition n’est pas un mandat. C’est une mission qui a un début et une fin ».

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel:620 589 527/664 413 227

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Transition en Guinée : une nouvelle plateforme politique lancée à Conakry

9 octobre 2021 à 21 09 26 102610

Cinq coalitions politiques ont décidé d’unir leurs forces pour travailler désormais en étroite collaboration. Il s’agit de l’Alternance démocratique (AD), le Bloc de l’opposition constructive (BOC), le Collectif des partis pour l’alternance (CPA), le Collectif des partis pour la rupture (CPR) et la Convergence pour la renaissance de la démocratie (CORED). Ces organisations ont mis en place une plateforme d’inter-coalitions politiques, qui a été officiellement lancée ce samedi, 09 octobre 2021, à Conakry, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Au sortir de la rencontre, tenue au siège du parti UDG de Mamadou Sylla, et qui a abouti à la création de cette plateforme politique, Fodé Mohamed Soumah, président du parti GéCi et ancien député, a expliqué l’objectif de cette démarche. 

Fodé Mohamed Soumah, président de la GeCi et ancien député

« Nous nous sommes réunis ce matin pour créer une forme d’inter-coalitions des structures existantes. Aujourd’hui, nous étions cinq ici : le BOC, la CORED, l’AD, le CPA ainsi que le CPR. Nous pensons que le moment est venu pour la classe politique de se réunir. Nous avons fait cette invite à tout le monde, même au RPG Arc-en-ciel, afin que nous puissions parler d’une seule et même voix et faire revivre l’esprit des forces vives qui avaient vraiment permis à ce pays d’avancer.

Donc, nous continuons à travailler et aujourd’hui, une décision importante a été prise. Au-delà de la prise de contact, c’est de se mettre tout de suite au travail, en créant une commission de travail. Nous avons choisi deux personnes par coalition afin que nous puissions d’ici demain, compiler toutes les propositions et dès lundi ou mardi, nous réunir et puis faire une proposition aux nouvelles autorités. Je crois que c’est à travers cet inter échange que nous pouvons évaluer la situation et faire avancer le pays. Ce qu’on vise, c’est de parler d’une seule et même voix. Lorsque vous allez dans le sens de la division, lorsque vous n’allez pas dans l’unité d’action, dans l’union sacrée, c’est ça qui fait les jeux du pouvoir. C’est ça qui fait que vous écartez des objectifs.

Notre objectif principal aujourd’hui, c’est qu’est-ce que nous pouvons proposer pour que ce pays puisse évoluer. On va vers une recomposition, on va vers des élections, on va vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Donc, le problème, il est politique. Et les partis politiques se doivent vraiment de prendre les taureaux par les cornes, afin que nous ne soyons pas les dindons de la farce. Nous voulons aller vers ceux qui sont absents aujourd’hui. Nous voulons que la classe politique conjugue vraiment le même verbe. Nous étions 37 partis au sein du CORED, aujourd’hui, on est pratiquement 100 partis politiques. C’est pour vous dire que la porte reste ouverte aux autres, afin que nous puissions conjuguer le même verbe », a dit Fodé Mohamed Soumah.

Cette plateforme voit le jour au moment où des tractations sont en cours pour la désignation des 15 membres qui vont représenter la classe politique guinéenne au conseil national de la transition (CNT). A noter toutefois que les ténors de l’opposition guinéenne : Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyaté ne sont pas membres de cette nouvelle organisation politique.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com 

Tel : +224 622 07 93 59

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Un nouveau maire installé à Yomou : « une nouvelle ère s’ouvre pour notre commune »

9 octobre 2021 à 16 04 12 101210

Quelques semaines après la destitution de l’ancien député-maire de Yomou, la ville a un nouveau dirigeant. Dr Marcel Théo Doualamou, jusque-là 1er vice maire, a été installé à la tête de la mairie de cette commune urbaine. La cérémonie a eu lieu hier, vendredi 08 octobre 2021, sous la présidence du préfet de Yomou, le colonel Karamoko Boké Camara, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

C’est la fin de la crise qui minait depuis près de deux ans la mairie de Yomou. Crise due à une opposition entre l’ancien maire, Mathieu Kpoghomou (qui était également le député uninominal de Yomou à l’Assemblée nationale depuis mars 2020), et son adjoint, Dr Marcel Théo Doualamou. Au lendemain du coup d’Etat du 05 septembre 2021, qui a renversé le régime d’Alpha Condé, le nouveau gouverneur de N’Zérékoré a pris une décision radicale. Le général Mohamed Lamine Keïta a destitué le maire de Yomou pour le faire remplacer par le 1er vice maire. 

colonel Karamoko Boké Camara, préfet de Yomou

C’est suite à cette décision que le préfet de Yomou a procédé à l’installation de Marcel Théo Doualamou à la tête de la mairie. « Je dis encore une fois merci au président, le colonel Mamadi Doumbouya, pour la libération du peuple de Guinée des mains du régime d’Alpha Condé, qui avait pris le pays en otage. Marcel Théo qui s’est tant battu pour être maire de Yomou, le temps est finalement arrivé pour qu’il soit maire. Le pouvoir, c’est Dieu qui donne. Si hier tu étais haï par les partisans de Mathieu, tu es ovationné aujourd’hui par la population », a déclaré le colonel Karamoko Boké Camara, préfet de Yomou.

Après son installation officielle comme maire de Yomou, Dr Marcel Théo Doualamou a remercié les nouvelles autorités guinéennes pour leur implication dans la résolution de la crise qui minait cette commune urbaine. Ce médecin vétérinaire promet de s’investir notamment dans la réconciliation des fils de Yomou, divisés par la politique ces dernières années.

Dr Marcel Théo Doualamou, maire de Yomou

« Aujourd’hui, une nouvelle ère s’ouvre pour notre commune. Ère au cours de laquelle, mes coéquipiers et moi, nous nous engageons corps et âme à relever les multiples défis qui nous attendent. Parmi lesquels : la réconciliation des fils et filles de Yomou qui, depuis 10 ans, sont dos à dos à cause de la politique ; la lutte contre la formation des clans, contre l’ethnocentrisme, le népotisme et autres fléaux qui gangrènent notre belle cité. Je saisis de cette occasion du haut de cette tribune pour remercier du fond de mon cœur, son Excellence monsieur le gouverneur de la région de N’Zérékoré et monsieur le préfet de Yomou pour leur soutien inconditionnel dans la lutte pour sortir des moments difficiles que nous avons connus », a dit le nouveau maire de Yomou.

A noter que l’ancien maire de Yomou, Mathieu Kpoghomou, n’a pas pris part à cette cérémonie d’installation de son successeur.

De Yomou, Michel Anas Koné pour Guineematin.com

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Démolition de Kaporo rails : les victimes réclament l’arrestation de l’ancien ministre Ibrahima Kourouma

9 octobre 2021 à 15 03 53 105310

Plusieurs années après la démolition de leurs maisons d’habitation sans aucune indemnisation, les victimes de Kaporo-rails, Kipé 2 et Dimesse ne décolèrent toujours pas. Dans une déclaration rendue publique ce samedi, 9 octobre 2021, devant un parterre de journalistes, le collectif des victimes demande à la junte militaire au pouvoir de mettre aux arrêts l’ancien ministre de la ville, Dr Ibrahima Kourouma, son secrétaire général, Mohamed Maama Camara, et leurs complices pour avoir démoli plus de 2500 maisons et de mettre fin aux travaux d’occupations en cours à Kaporo-rails.   

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité de la déclaration. 

DECLARATION DU COLLECTIF DES VICTIMES DE KAPORO-RAILS, KIPE 2 ET DIMESSE 2019

Agissements de Mohamed Maama Camara, Secrétaire Général du Ministère de la ville 

Un mois après l’avènement du CNRD au pouvoir, les victimes de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse, constatent avec regret que les occupations illégales se poursuivent de la plus belle des manières. 

Ces occupations se traduisent par le bornage et le morcellement des domaines.  En outre, des bulldozers et camions s’activent pour transporter la terre qui est vendue à des particuliers pour des fins de construction. Comme si cela ne suffisait pas, l’entreprise ivoirienne IMAAG-HOLDING revend un mètre carré à 1000 euros. 

Autre détail, l’actuel Prima Center est construit sur les domaines autre fois réservés à l’assemblée nationale et à la Haute Autorité de la Communication. 

Poursuivant les actions honteuses de son ancien ministre Ibrahima Kourouma, le secrétaire général du Ministère de la ville et de l’aménagement du territoire Mohamed Maama Camara déroule son agenda comme si la Guinée était toujours dans les mains de Monsieur Alpha Condé. 

En effet, il a introduit le 06 octobre 2021 une délégation de la société ivoirienne TASSEC Investment Holding Africa auprès des membres du CNRD. Au cours des débats, il a été question de la finalisation du projet de construction à Kaporo-Rails de la cité administrative qui devait porter le nom d’Alpha Condé dont le coût s’élève à cent millions d’euros. 

Le Collectif des victimes de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse, tient à rappeler le Président de la République Colonel Mamadi Doumbouya que le dossier Kaporo-Rails reste pendant auprès des juridictions nationales et sous régionales. Par ailleurs, il convient de préciser qu’aucune victime n’a été dédommagée encore moins bénéficier de la compassion de la part de l’Etat. 

Etant donné que la justice est la nouvelle orientation de tous les guinéens comme l’ont indiqué le Colonel Doumbouya et son Premier Ministre Mohamed Béavogui, toute la lumière devrait être faite autour de la casse de Kaporo-Rails. 

Il est important de rappeler au Chef de l’Etat que la place d’Ibrahima Kourouma, de Mohamed Maama Camara secrétaire général actuel du Ministère de la ville et de plusieurs autres cadres du régime déchu devrait être en prison. Ils ont en effet foulé au sol toutes les lois guinéennes y compris l’article 56 du code foncier et domanial qui stipule : « l’expropriation ne peut être prononcée qu’autant que l’utilité publique a été déclarée dans les formes prescrites… ».

Il est inconcevable qu’ils ne soient toujours pas inquiétés malgré la démolition de plus de 2500 maisons à Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse. 

Les victimes attachées au  retour immédiat sur leurs domaines, exhortent les nouvelles autorités à leur tête le Colonel Doumbouya à mettre fin aux travaux d’occupation en cours à Kaporo-Rails.   

Conakry, le 09/10/2021 

Le Collectif des victimes de Kaporo-rails, Kipé 2 et Dimesse

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Chute d’Alpha Condé : ce que les sages des 4 régions de la Guinée demandent au CNRD

9 octobre 2021 à 13 01 12 101210

Après le renversement du dictateur Alpha Condé, le 05 septembre 2021, les sages des quatre coordinations régionales de la République de Guinée ont rendu public ce samedi, 9 octobre 2021, ont rencontré les médias pour communication commune à ce sujet. Dans une déclaration commune signée de monsieur Sékou Kaba (de la Coordination de l’Union de la Haute Guinée), du Dr. Jean N’Dimini Tolno (de la Coordination Nationale des Unions Forestières), d’Elhadj Ousmane Fatako Baldé (de la Coordination Nationale des Foulbhés et Haali-Poular de Guinée) et d’Elhadj Sékhouna Soumah (de la Coordination de l’Union de la Basse Guinée), les quatre coordinations ont apporté leur soutien aux nouvelles autorités et fait des propositions pour la réussite de la transition.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité de cette déclaration

Déclaration Numéro 5 des Quatre Coordinations Régionales de la Guinée

1) La Coordination de l’Union de la Basse Guinée-Labésanyi

2) La Coordination Nationale des Foulbhés et Haali-Poular de Guinée

3) La Coordination Nationale des Unions Forestières

4) La Coordination de l’Union de la Haute Guinée

 Nous, Coordinations Nationales des Quatre Régions Naturelles, avons pris acte de la prise du pouvoir par l’Armée, de l’arrestation de l’ancien Président Alpha Condé, de la dissolution des institutions notamment du Gouvernement et de l’Assemblée Nationale. Nous avons noté que cette action de notre Armée a été largement saluée par les populations Guinéennes. Cet accueil très favorable réservé par les Guinéens à ce coup de force montre éloquemment à quel point le pouvoir qui était en place était devenu impopulaire. Cette impopularité du régime n’était que la conséquence de la mauvaise gouvernance ayant entraîné le pays dans une profonde crise politique économique et institutionnelle marquée par :

– la détérioration du tissu social ;

– la montée galopante de la pauvreté des populations ;

– la crise de confiance entre les Gouvernants et les Gouvernés ;

– la gabegie financière, la corruption et la course effrénée à l’enrichissement personnel de la classe dirigeante ;

– la détérioration des infrastructures notamment routières ;

– la hausse des prix ;

– la division ;

– l’ethno-stratégie institutionnalisée ;

– l’émigration massive des jeunes par manque d’emplois, la restriction des libertés et la violence d’Etat.

À cela il faut ajouter la grave crise politique créée par l’obstination du Président déchu de s’octroyer un troisième mandat et ce malgré les mises en garde et les appels à la raison des autorités religieuses, des coordinations régionales et de la communauté internationale. En effet, il violera la constitution et son serment en organisant, dans le sang et la douleur, le double scrutin du 22 mars et le scrutin présidentiel aux résultats controversés du 18 octobre 2020. La répression sanglante des manifestations contre ce troisième mandat a coûté la vie à plus de 150 citoyens dont une quarantaine a été enterrée nuitamment en pleine forêt à Nzérékoré. À ce bilan macabre, il faut ajouter l’arrestation et la séquestration de centaines d’adversaires du troisième mandat, la destruction des biens, les expropriations abusives de patrimoines fonciers et immobiliers appartenant à des citoyens supposés être militants ou sympathisants de l’Opposition. 

Il vous souviendra que pour mettre fin à toutes ces choses et permettre aux dirigeants de l’époque d’avoir un départ honorifique du pouvoir, l’opinion nationale et internationale avaient été averties par nos Coordinations de ce que traversait notre pays et des conséquences désastreuses de leur obstination et de leur aveuglement. Très malheureusement, après plusieurs déclarations sans succès, les sages des quatre Coordinations Régionales, en concertation chez le Kountigui, El hadj Sékhouna Soumah, au sujet de la situation sociopolitiques envenimée par la poursuite du projet de 3ème mandat, ont été pris en otage, encerclés, aspergés de gaz lacrymogène et ce sans discontinuité le 1er septembre 2020 à Tanéné, plus de 24 heures durant, par des agents de sécurité. Il a été dénombré 377 étuis encore disponibles sur les lieux.

Par ailleurs, les Quatre Coordinations ont noté avec satisfaction que le discours décliné par le président du CNRD, lors de l’annonce de la prise du pouvoir par l’Armée, a identifié clairement les faiblesses essentielles de notre Administration et de nos Institutions. En conséquence, elles soutiennent toute politique que le CNRD entreprendra pour corriger les fléaux et les dysfonctionnements qui ont été dénoncés dans ce discours objectif.

En outre, les quatre Coordinations demandent au CNRD de prendre toutes les dispositions pour :

– combattre l’ethnocentrisme et renforcer l’Unité Nationale ;

– instaurer un système administratif inclusif ;

– supprimer des interférences et des conflits d’attributions entre les départements ministériels et les grandes directions ;

– équilibrer les nominations à tous les postes administratifs ;

– renforcer la décentralisation afin de soutenir les fondements participatifs, inclusifs et démocratiques de l’État pour un développement durable et équilibré ;

– que toutes les victimes de la répression des manifestations politiques et sociales notamment celles relatives au troisième mandat et aux violences post-électorales aient droit à la justice et à la réparation ;

– que les victimes des expropriations illégales de patrimoines fonciers ou immobiliers soient rétablies dans leurs droits ;

– maintenir le régime présidentiel et renforcer le pouvoir et l’intégrité de l’Assemblée Nationale pour que les nominations à certains postes stratégiques requièrent son avis;

– élire une Assemblée Régionale au niveau de chaque Gouvernorat, à travers une amélioration du code des collectivités locales pour un développement participatif à la base ; 

– installer la Haute Cour de Justice ;

– assainir en profondeur le fichier électoral et le découpage électoral rationnel ;

– revoir la procédure de publication officielle des résultats des élections ;

– créer un Conseil National des Sages (CNS) du pays ;

– éloigner les acteurs du 3ème mandat des centres de décision durant la phase de transition y compris les Coordinations, Associations et Mouvements de soutien ;

– restaurer un système judiciaire indépendant, respectueux des principes d’équité ;

– restituer, dédommager et indemniser les victimes d’expropriations illégales de patrimoines fonciers ou immobiliers ;

– évaluer l’impact négatif de la fermeture des frontières et prendre des mesures appropriées pour indemniser les victimes.

– organiser dans un délai raisonnable des élections inclusives, libres et transparentes pour doter notre pays d’institutions légitimes et crédibles.

Les sages attendent également du Président de la République et de son équipe une entente cordiale et réciproque pour l’atteinte des objectifs de rassemblement et de développement auxquels aspirent légitimement les populations guinéennes.

Pour finir, les quatre Coordinations se tiennent à la disposition du CNRD et de son président pour contribuer à la mise en œuvre de toutes les actions visant à renforcer l’unité de la nation et à promouvoir la démocratie, la justice et le développement dans notre pays.

Nous vous remercions. 

Fait à Conakry, le 09 octobre 2021

Pour la Coordination de l’Union de la Haute Guinée : Mr Sékou Kaba

  Pour la Coordination Nationale des Unions Forestières : Dr. Jean N’Dimini Tolno

Pour La Coordination Nationale des Foulbhés et Haali-Poular de Guinée : Elhadj Ousmane Fatako Baldé

Pour la Coordination de l’Union de la Basse Guinée : Elhadj Sékhouna Soumah

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L’ancien préfet de Labé dément l’actuel gouverneur : « j’ai laissé plus de 266 millions dans les caisses »

9 octobre 2021 à 12 12 11 101110
préfet de Labé, Elhadj Safioulaye Bah,
Elhadj Safioulaye Bah, ancien préfet de Labé

Dans une récente sortie, l’actuel gouverneur de Labé a fait une annonce étonnante. Le colonel Tamba Kalasse Tolno a fait savoir que les nouveaux dirigeants des différentes préfectures de la région n’ont rien trouvé dans les caisses. Mais, l’ancien préfet de Labé a démenti cette déclaration, assurant avoir laissé plus de 266 millions de francs guinéens dans les caisses de la préfecture, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Labé.

Tamba Kalasse Tolno, nouveau gouverneur de la région administrative de Labé

Mercredi dernier, le gouverneur de Labé a tenu une réunion de prise de contact avec les cinq préfets de cette région administrative. Au sortir de cette rencontre, le colonel Tamba Kalasse Tolno a fait savoir que les nouveaux préfets ont des difficultés de fonctionnement, en raison du manque de ressources financières. Car, dit-il, ils n’ont rien trouvé dans les caisses des préfectures.

« Les principales difficultés, ce sont des difficultés de fonctionnement dues au manque de moyens financiers. Les préfets n’ont rien trouvé dans les caisses ; donc, ça ralentit le fonctionnement normal des préfectures et de toutes les structures », a déclaré le nouveau gouverneur de la région administrative de Labé.

Cette sortie n’a pas laissé indifférent l’ancien préfet de Labé. Elhadj Safioulaye Bah a répondu en soulignant qu’il a laissé un montant de 266 835 993 francs guinéens dans les caisses de la préfecture de Labé. Pour prouver ce qu’il dit, l’ancien préfet brandit le procès-verbal de la passation de service entre lui et son successeur, un document d’une dizaine de pages dans lequel ce montant et tous les biens de la préfecture sont consignés.

Elhadj Safioulaye Bah, ancien préfet de Labé

Il est également mentionné dans le document que ce montant était destinée à la réalisation de plusieurs projets au compte de l’exercice budgétaire 2021, dont la réalisation d’un forage pour l’adduction d’eau à la résidence du préfet et du bloc administratif, la rénovation du logement du secrétaire général des affaires administratives et la poursuite des travaux de construction du magasin du PAM. 

A noter que ce procès-verbal, établi le 06 septembre 2021, a été paraphé par le préfet sortant, Elhadj Safioulaye Bah, le préfet entrant, le colonel Sylvain Sény Camara, et le gouverneur de région lui-même, le colonel Tamba Kalasse Tolno.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Conakry : venez apprendre le coran en 3 mois avec le CIFOD

9 octobre 2021 à 11 11 56 105610
Mamadou Nassirou Diallo, coordinateur du CIFO

Le CIFOD (Centre Islamique de Formation et de Documentation) a le plaisir d’informer les fidèles musulmans de Guinée, qu’elle vient de lancer la 13ème édition de son programme intitulé « APPRENDRE À LIRE LE CORAN EN 3 MOIS ». Un programme conçu pour répondre au besoin de formation des intellectuels adultes qui n’ont pas eu la chance d’apprendre à lire le coran à bas âge.

Il est bien sûr impossible de maîtriser le coran entier en trois mois, nous n’avons pas de baguette magique ! Mais, il est bien possible d’avoir une initiation à la lecture du coran en 12 séances (3 mois), en raison de de 3 heures par séance. Cela a déjà été expérimenté pendant plusieurs années dans plusieurs pays, et le résultat a été très positif.

Comment se déroule cette formation ?

Nous consacrons tout le premier mois à la maîtrise des 28 lettres de l’alphabet arabe (le coran entier n’est constitué que d’une combinaison des 28 lettres de l’alphabet arabe). Ensuite, nous consacrons le deuxième mois à l’apprentissage des règles de base de la grammaire arabe : les 3 types de voyelles (les voyelles brèves, les voyelles longues et les voyelles doubles ou tanwines), les consonnes doubles ou chadda et l’article défini de liaison.

Enfin, le dernier mois est consacré à l’application pratique de la lecture du coran avec la sourate Yassine, puis on clôture la session par une évaluation. Après cette session, l’apprenant a la possibilité, s’il le souhaite, de s’inscrire pour une nouvelle session de trois mois (niveau 2) afin de s’améliorer dans la lecture du coran.

« LISEZ LE CORAN CAR IL SERA VOTRE INTERCESSEUR LE JOUR DU JUGEMENT DERNIER » (Hadith du prophète).

Pour plus d’informations sur ce programme, veuillez appeler l’un des numéros ci-dessous :

Tél. : 620 50 89 99 ; 657 98 56 59.

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Guinée : le MAD d’Alpha Baldé veut briser l’ethnocentrisme et les violences politiques

9 octobre 2021 à 11 11 30 103010

La rupture avec l’ethno stratégie et les violences qui ont caractérisé la scène politique nationale ces dernières décennies, est le principal objectif visé par le Mouvement Alliance pour la Démocratie (MAD). A l’occasion d’une conférence de presse organisée à Conakry hier, vendredi 8 octobre 2021, le président de cette structure a fait cette annonce, rapporte Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Après avoir salué les démarches des nouvelles autorités, le président du mouvement, Alpha Baldé, a laissé entendre que le (MAD) s’inscrit dans une dynamique de rupture et de renouveau. La structure invite au peuple de Guinée, à rejeter toutes les démarches allant dans le sens de diaboliser une ethnie ou une communauté du pays.

Alpha Baldé, président du MAD

« Le MAD s’inscrit dans la dynamique de rupture des vieilles pratiques politiques qui n’ont apporté au peuple de Guinée qu’un cortège de malheur, de haine, de division,  de désordre et de désolation. Des pratiques politiques qui ont conduit à une culture de la manipulation et de l’instrumentalisation ethnique.  Au MAD nous avons été au regret de constater que de par le passé, certains acteurs politiques ont fait de leur combat politique, la lutte pour la défense des intérêts de leur communauté. Au MAD nous demandons donc,  la rupture de cette politique communautariste.  Nous voulons rompre avec cette pratique et nous invitons au peuple de Guinée à tourner la page de cette politique politicienne (…) C’est pourquoi le MAD invite à ce que nous fassions cette rupture de cette politique. Nous avons eu des ambassadeurs de la division et de la haine qui se sont donnés pour mission de mélanger les composantes de cette nation. Au MAD nous vous invitons à partir de cet instant, à  faire un bloc commun pour rejeter de façon systématique toute démarche allant dans le  sens de diaboliser une autre communauté de notre pays, ou de diaboliser une autre ethnie » a-t-il expliqué.

Ce n’est pas tout. Le MAD veut également faire la rupture avec la culture de la violence.

« Nous voulons également faire la rupture de la culture de la violence en Guinée. En effet,  nous pensons que le désaccord ne doit pas nécessairement signifier être désagréable les uns envers les autres. On peut ne pas être d’accord, on ne sera jamais d’accord, sur tout et en tout temps. Mais nous devons revoir la façon dont nous exprimons, et nous nous opposons entre nous lorsque nous sommes en désaccord.  Les pratiques de la violence que ça soit au niveau de la cellule familiale jusqu’au sommet de la structure étatique, il faut remettre ces pratiques en cause et tourner les pages sombres de notre passé. C’est inacceptable cette culture de la violence. On ne peut pas tout simplement indexer l’Etat. Absolument la violence étatique n’est pas quelque chose à démontrer où à débattre. C’est un fait indéniable. Mais en tant que citoyen nous devons également admettre qu’il y a une culture de la violence que nous devons remédier » a-t-il ajouté.

Par ailleurs, Alpha  Baldé a invité les acteurs politiques à mieux respecter le peuple de Guinée.

« Nous invitons et nous souhaiterions que des mesures soient mises en place par rapport au premier acte que tout élu, toute personne qui exerce une portion de l’autorité publique puisse entreprendre et se serve de la prestation de serment. Nous voudrions, qu’en Guinée, qu’on prenne encore une fois le peuple de Guinée au sérieux.  Et que tout agent de l’Etat, toute personne qui aura la charge d’exercer l’autorité publique prête serment sur les écritures sacrées de ce pays. Si vous êtes musulman vous jurez sur le Coran de servir cette nation.  Si vous êtes chrétien, vous jurez  sur la Bible. Si vous êtes animistes, il y a l’esprit des ancêtres, prêtez ce serment d’honneur sur ça. Donc, que chaque personne qui prête serment ne le prête pas sur leur prétendu honneur en disant je jure sur l’honneur.  Ça ne veut absolument rien dire.  Qu’on jure, fidélité, loyauté, sincérité au peuple de Guinée. Et dans la nouvelle constitution qui sera mise en place,  il faut rendre le pouvoir au peuple. Rendre le pouvoir au peuple, voudrait dire que le pouvoir et tous les attributs du pouvoir devraient être soumis à la volonté du peuple de Guinée » a-t-il conclu.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/664 413 227

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Gouvernement de Transition : une ossature qui sonne le glas des gouvernements pléthoriques

9 octobre 2021 à 11 11 23 102310
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition

Par Mandian Sidibé : L’heure n’est plus à la mise en place d’un gouvernement pléthorique pour de médiocres résultats. Le CNRD n’est pas là pour récompenser des cadres, en créant des postes ministériels taillés sur mesure. Une équipe restreinte, composée de 25 ministères et de 2 secrétariats généraux, va désormais conduire les destinées du Peuple de Guinée pendant la période transitoire. 

25 ministères, un Secrétariat général du gouvernement et un autre chargé des affaires religieuses, ça peut paraître peu. Mais, il s’agit d’un gouvernement de mission, qui doit travailler sur l’essentiel de la feuille de route tracée par la charte de la transition. 

La Guinée a connu des gouvernements de plusieurs dizaines de départements qui, malheureusement, n’ont rien apporté au Peuple en matière de stabilité macro-économique, sécuritaire et sociale. 

L’expérience prouve que tous les pays gouvernés par un nombre restreint de portefeuilles ministériels se concentrent essentiellement sur les fondamentaux. 

Et, les cadres qui auront l’honneur d’appartenir au gouvernement Béavogui seront assujettis à l’exécution efficace et efficience de la vision du CNRD avec, à sa tête, le Colonel visionnaire Mamady Doumbouya : réconcilier les Guinéens et jeter les fondements d’un état soucieux du bien-être des populations. 

Le principal avantage d’une équipe gouvernementale restreinte est la mise en place de grandes directions nationales ayant des objectifs spécifiques adossés à des critères de résultats. Des institutions étatiques fortes, devant impulser un véritable développement à la base et poser les jalons d’une Démocratie vraie, qui exclut le culte de la personnalité. 

Avec Son Excellence le Colonel Mamady Doumbouya, c’est la Guinée et les Guinéens qui gagnent…

Mandian SIDIBE 

Journaliste, Ancien Directeur Général de la radio « Planète FM »

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République émergente et moderne (REM) : déclaration

9 octobre 2021 à 11 11 00 100010
Moussa Baldé, président du parti REM, membre de l’ANAD

C’est avec un réel sentiment de satisfaction que la République émergente et moderne (REM) a accueilli la nomination de Monsieur Mohamed BÉAVOGUI, fonctionnaire international, spécialiste du développement, au poste de Premier ministre chef du gouvernement par le président de la transition le colonel Mamadi DOUMBOUYA. Car son profil de technocrate chevronné, intègre, neutre et nouveau, cadre parfaitement avec l’engagement de rupture et de rassemblement pris et prônés par le comité national du rassemblement pour le développement (CNRD).

La REM en tant que parti politique soucieux de la bonne conduite de la transition et membre de l’alliance nationale pour l’alternance démocratique (ANAD) encourage les autorités de transition à poursuivre sur cette lancée à travers la nomination de cadres technocrates, compétents, intègres et patriotes dans la composition du nouveau gouvernement mais aussi au conseil national de transition (CNT). Des cadres qui sont à même de pouvoir remplir la mission du gouvernement et du CNT de transition afin de participer à bâtir des institutions républicaines fortes à travers des élections libres crédibles et acceptées par tous, gage d’une Guinée nouvelle, apaisée, démocratique, Unie et émergente.

La REM salue la dynamique de restauration des libertés publiques, la promotion de l’inclusion, de non recyclage et de l’unité nationale, enclenchées par le CNRD. La REM salue la libération de plusieurs centaines de prisonniers politiques civiles et militaires et exhorte le colonel Mamadi DOUMBOUYA à solidifier cette dynamique en libérant les autres détenus politiques encore dans les différentes prisons du pays notamment celles de l’intérieur du pays.

La REM invite et encourage les autorités de la transition à accélérer la mise en place de toutes les institutions de la transition pour amorcer très rapidement mais sûrement l’exécution de leurs missions comme édictées par la charte de la transition.

Conakry, le 8 octobre 2021

Le Bureau politique nationale (BPN)

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Retournement de veste avec le CNRD : attention aux petits fonctionnaires nocifs

9 octobre 2021 à 8 08 59 105910
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition

Depuis la chute inattendue d’Alpha Condé, les Guinéens appellent de tous leurs vœux à un changement. Lequel passe selon nombre d’entre eux par la mise à l’écart de tous les anciens dignitaires. Et plus particulièrement ceux qui ont fait la promotion du 3ème mandat. Et en nommant au poste de Premier ministre un homme qui n’a jamais été associé à la gestion du pays, le tombeur d’Alpha Condé semble avoir entendu le cri de cœur de ceux qui ne veulent pas entendre parler de recyclage.

Le choix porté sur Mohamed Béavogui au détriment d’autres comme Kalifa Gassama Diaby, qui avait pourtant la faveur d’une grande partie de l’opinion publique, est la preuve que le nouveau chef de l’Etat veut opérer une rupture totale avec le passé. Sachant qu’un ancien ministre, même si, à un moment ou à un autre, il est monté au créneau pour dénoncer le système auquel il appartenait, reste tout de même un ancien ministre. Il ne saurait être blanc comme neige.

Mais, pour atteindre l’objectif, il ne s’agirait pas de s’arrêter à l’exclusion des seuls anciens membres du gouvernement. Il s’agirait plutôt d’assainir l’administration publique. Car, s’il est vrai que l’exemple vient d’en haut et l’imitation d’en bas, il est tout aussi vrai que certains petits fonctionnaires sont plus nuisibles que les ministres décriés. On se souvient que la toute première personne qui a jeté un pavé dans la marre, en proposant à Alpha Condé de modifier la constitution n’est pas un ministre. C’est un Directeur de la police. Pourquoi le FNDC occulterait cela ? Ne dit-on pas qu’il ne faut jamais oublier là où on s’est battu pour se souvenir de là où on est tombé ?

C’est aussi un simple fonctionnaire qui avait dit que si Alpha Condé était battu aux urnes il allait se suicider. Filan Traoré, qui avait fait cette promesse, serait toujours en vie. Alors que si son champion avait été battu dans les urnes, il devait partir avec tous les honneurs. Là où il est battu par les armes et aucune mouche n’a bougé. Si personne ne peut nous convaincre que l’ancien président est allé dans cette aventure de troisième mandat contre sa volonté, on peut tout de même penser que la prise de position de ses thuriféraires en faveur du changement de la constitution pour le troisième mandat a galvanisé le vieil homme.

En outre, le fameux audio du procureur de la République auprès du tribunal de première instance de Dixinn atteste, s’il en était besoin, que les hauts perchés ont bénéficié de l’apport de ces petits fonctionnaires dont l’éthique et la déontologie sont le cadet des soucis. Curieusement et pendant que l’ancien ministre de la justice, qui serait celui qui a mis la pression sur le magistrat, est mis au chômage, le procureur, et d’autres comme lui, continuent d’exercer ses activités professionnelles.

Or, le changement promis par le nouvel homme fort de la Guinée passe par l’identification et la mise à l’écart de tous ces petits commis de l’Etat prêts à jouer le sale boulot. Et, c’est là que se joue la réussite ou l’échec de la nouvelle transition. Et plus loin, la démocratie qui bat de l’aile. Déjà, ces spécialistes de retournement de veste ont investi le palais. À l’exception de gros poissons connus de tous, les autres cadres indélicats s’activent à se refaire une place au soleil.

Mais, le CNRD dispose au moins d’un document de référence. En l’occurrence la liste de toutes les personnes qui ont soutenu le changement constitutionnel. Les nouvelles autorités doivent se servir de cette liste pour que les personnes nommément citées par le FNDC comprennent qu’elles ont comploté contre le peuple de Guinée. Et par conséquent, elles devront s’abstenir et pendant longtemps de parler et d’agir au nom de la Guinée.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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LETTRE OUVERTE A MONSIEUR MOHAMED BEAVOGUI, PREMIER MINISTRE DE LA TRANSITION

9 octobre 2021 à 8 08 55 105510
Mohamed Béavogui, nouveau Premier ministre

Par Marie Antoinette LONAS : MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE,

A cœur ouvert, je vous écris pour vous féliciter, vous témoigner mon soutien, vous exprimer mes souhaits et rêves pour la Guinée au soir de la période de transition et formuler ma part de prière pour vous, nous, pour la Guinée.

En effet, c’est avec plein d’optimisme que j’ai appris au cours du journal télévisé de la RTG, votre nomination dans la fonction de Premier Ministre de la Transition, chef de notre gouvernement en gestation. 

D’abord, Je vous en félicite et vous témoigne tout mon soutien dans la réussite de cette mission exaltante oui, mais possible. Car « à cœur vaillant, rien d’impossible » est la devise des Cœurs Vaillants et Ames Vaillantes de Guinée, ma devise. So, it is possible.

En effet, Le 05 septembre dernier, une troisième opportunité nous a été donnée par la jeune, vigoureuse et courtoise junte de force spéciale dirigée par le Colonel Mamady DOUMBOUYA, actuel chef de l’Etat, de réécrire notre histoire. Je souhaite de tout cœur que cette occasion soit la dernière et que les années à venir, nous guinéens ayons enfin le bonheur de vivre notre histoire parce que j’avoue que jusqu’ici, nous avons survécu à travers elle. Je ne m’attarderai pas sur le scandale géologique et hydrologique qui, a tort ou à raison, est dit de nous vu que les retombées dudit scandale, si elles existent, ne profitent pas vraiment au dernier guinéen habitant de Guinguan à Youkounkoun dans Koundara ou de  Ganghamou dans Banié à Yomou, tant il a difficilement accès aux services publics de base de qualité tels que l’eau potable, l’électricité, les soins élémentaires et l’instruction…. Pire, il lui serait utopique de penser à internet en ce neuvième jour du mois d’octobre de l’année 2021. Permettez-moi néanmoins, d’attirer votre attention, même si vous en êtes déjà informé, que nous nous sommes taillés une place de choix dans le top 3 des plus grands producteurs de bauxite au monde selon la Banque Mondiale… Enfin, classement était encore valable dans un passé récent. Le sommes-nous encore ? No idea ! Quel paradoxe de cette richesse nationale avec le revenu annuel moyen en Guinée! N’est-ce pas là la parfaite illustration de l’expression « un ilot de richesse dans un océan de misère » ?

Révoltée par l’opacité de l’usage fait 

  • des ressources issues de ce scandale géologique ;
  • du prix de la vignette que j’achète chaque année pour conduire sur des routes qui n’en sont pas vraiment ;
  • de la TVA qui m’est soutirée à chaque transaction que j’effectue dans un marché où les prix virevoltent à la guise des « commerçants ».

pour ne citer que ces exemples tirés d’une très longue litanie de galères. 

Les mêmes questions tournent en boucle dans ma tête : A quand la fin de cette misère ? Quand est ce que nos leaders sauront-ils qu’ils ont obligation de transparence et de recevabilité vis-à-vis de nous, les guinéens qu’ils sont supposés servir ? En attendant d’obtenir une réponse à mes différentes interrogations, J’ose croire que les guinéennes et guinéens n’auront plus à servir les intérêts personnels de qui que ce soit. Fort heureusement d’ailleurs, la tendance est au changement ces derniers temps. Welcome dear expected Prime Minister !

Avec votre permission, allons au vif du sujet.

MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE,

Ensuite je vous fais part de mes aspirations les plus profondes.

Je rêve d’une transition où l’enfant et la femme guinéenne sont valorisés et regagnent leur dignité. Laissez-moi vous dire qu’ils sont misérables chez nous! Je ne parle pas ici de la faible portion de femmes instruites et autonomes, avec un certain « niveau de vie », ni des enfants nés avec des « cuillères dorée en bouche ». Je vous parle de l’autre majorité qui souffre de maux connus de tous mais soignés de peu. Loin de moi l’idée de remettre totalement en question nos habitudes et coutumes, mais à mon humble avis, les violences basées sur le genre et sur personnes vulnérables pourraient lentement mais surement être réduites à néant. Les mutilations génitales féminines, violences conjugales et domestiques à l’endroit des femmes taxées de « sexe faible » et des enfants pourraient être pris un peu plus au sérieux et les auteurs plus sévèrement punis non seulement par la loi, mais aussi et surtout dans les faits ! 

D’une part, je veux célébrer le courage des amazones guinéennes. Pas les femmes battantes qui, sacs en bandoulière circulent de bureau en bureau pour leur « travail » qui est tout sauf décent. Mais les inlassables guerrières qui sont les premières éveillées et les dernières endormies de leurs maisonnées. Elles sont sur pied avant 4h chaque matin, au km 36, à Matoto, à la Tannerie,… qui avec un « bondili de feuilles de patate ou de manioc ; qui, avec des corbeilles de poisson ou des sacs de fruits et légumes, peinent tant bien que mal à gagner le quotidien pour leur famille. Le mari, s’il existe, est soit au chômage soit financièrement limité pour assumer totalement.

Fort heureusement que le prix du carburant à la pompe a été revu à la baisse dernièrement, que le prélèvement planifié des 5% des salaires déjà suffisants a été rattrapé juste à temps. Ouff. Chapeau au CNRD ! Le panier de la ménagère ne pourra que mieux se porter. 

D’autre part, chez nous, on aime parler des droits de l’enfant, mais au fond, je me demande à ce jour combien d’enfants guinéens :

  • ne voient pas le jour parce que leurs mères n’ont pas eu de CPN ?
  • n’ont pas encore à ce jour, d’acte de naissance ?
  • meurent chaque jour parce qu’ils n’ont pas accès à des soins primaires de base ou que les parents ont souvent des situations trop modestes pour y prétendre, et s’adonnent à la médecine traditionnelle qui est très peu encadrée?
  • n’ont pas trois repas par jour, ni de quoi de se vêtir convenablement ?
  • ne sont pas scolarisés ou abandonnent très tôt l’école ?
  • sont exploités par leurs parents ou tuteurs et subissent les formes de violences les plus inimaginables ?
  • subissent des mariages précoces et forcés ?
  • s’adonnent à la drogue et à l’alcool parce que leurs épaules sont trop fragiles pour porter le lourd poids de leurs vies ou se jettent à l’atlantique pour échapper à ces mêmes vies qu’ils n’ont jamais réclamées à personne ?

Pourtant, on dit que ce sont eux l’avenir de la Nation ! Quel avenir ?

MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE,

Je souhaite une transition civilo-militaire où le corps des conservateurs de la nature est autant impliqué dans la protection des villes que des brousses ; et ce, dans une parfaite symbiose avec les civils, les persuadant progressivement à la salubrité publique dans une courtoisie telle que celle des forces spéciales.

Nos lieux publics sont insalubres et nous en sommes tous responsables parce que nous jetons les ordures dans la rue, nous recyclons rarement. Les caniveaux sont tellement remplis d’ordures qu’en fin de compte ces dernières règnent sur la chaussée et créent des embouteillages monstres à défaut de provoquer des inondations dont elles ne sont pas seules responsables. Les constructions anarchiques sur les passages des eaux de ruissellement qui grossissent et deviennent dangereuses à mesure que les baffons de Kobaya, Lambanyi et Yimbaya pour ne citer que ceux-là, sont remblayés et construits à la vitesse de l’éclair par des « guinéens VIP » dans le but pour eux de matérialiser les fonds publics dilapidées au vu et au su de tous et sans inquiétude. Faudrait-il peut être, creuser du côté du blanchiment de capitaux pour identifier la source réelle de ces subites richesses ?    

Je souhaite une transition civilo-milaitaire où le génie militaire est déployé et mis à contribution auprès des entreprises adjudicatrices de marchés publics en souffrance, auprès de celles qui ont notamment bénéficié de la « confiance » de l’Etat pour la construction des routes urbaines et nationales. Nous sommes un peuple stoïque ! Un redoutable frisson me parcourt  le dos lorsque je parle des bouchons sur l’autoroute, entre Sangoyah et Enta en l’occurrence, où les travaux de réhabilitation de la portion de route longeant du marché d’Enta sont en cours de finition a pas d’escargot. J’ai des céphalées lorsque j’observe le rondpoint de Kissosso se dégrader progressivement voire, devenir impraticable. Pire qu’Enta quelques mois en arrière. Je n’ose pas décrire le calvaire d’un salarié habitant à Coyah, travaillant à Kaloum et faisant le trajet tous les jours ouvrables de la semaine pour rallier son poste de travail surtout au cours de la courte période qu’a duré le chapitre du « gouverner autrement». Tout ce sacrifice pour se mettre à l’abri de bailleurs qui fixent les loyers à leur guise et expulsent les locataires au gré de leur humeur.

Pour vous souhaiter la bienvenue dans notre maison commune, je vous suggère vivement d’essayer les tronçons Sangoyah-Kissosso-Enta aux heures de pointe. Je vous garantis que vous n’aurez guère besoin de cortège car il se frayera difficilement un passage sur cette route qui pourtant, appartient à ce que nous appelons chaque jour avec moins d’enthousiasme, l’autoroute.

MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE,

Je souhaite une transition où les jalons d’un système éducatif innovant sont posés. Un système éducatif en général qui devient progressivement une pépinière de nouvelles variétés de leaders. Une Guinée où les entreprises sociales et ONGs, deviennent des lieux d’apprentissage du service communautaire gratuit et du bénévolat. Ainsi, les nouvelles générations pourraient être amenées à consacrer une infime portion de leur très précieux temps, majoritairement pris en otage par internet et la télévision, à se rapprocher de leur prochain souvent nécessiteux, à le servir de manière désintéressée et à partager, les uns les émotions douloureuses qu’ils ressentent à travers leurs expériences, les autres leur temps et voire leurs ressources et vice-versa. Je propose l’instauration dans les écoles des programmes facultatifs ou obligatoires de bénévolat et de leadership pour l’invention d’un nouveau modèle de guinéen dans les décennies à venir car je vous invite à me croire que ni vous, ni moi, ni aucun guinéen d’ailleurs n’avons intérêt que la trajectoire de ce changement brusquement amorcé le 05 septembre n’oscille, encore moins ne soit interrompue. Au risque pour nous, je ne nous le souhaite pas, de nous retrouver à la case départ.                       

MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE,

En humble chrétienne, j’ai la foi que les évènements de ces derniers temps en Guinée ne sont pas fortuits. Les lamentations, exprimées ou non de mon peuple ont été entendues par mon Dieu. IL AGIT DEJA! Car IL dit dans la bible, précisément dans le livre de Jérémie au chapitre 33 et au verset 3 « Invoque moi le jour de ta détresse et je te répondrai, je te révèlerai de grandes choses, des choses inaccessibles que tu ne connais pas ». Forte de cette déclaration de mon Dieu, je suis convaincue que la confiance placée en votre personne par Monsieur le Chef de l’Etat n’est pas fruit de hasard. En parlant de foi et de religion, permettez-moi de toucher un mot du danger qui guette le vivre ensemble entre des autochtones de Kendoumaya et les communautés des frères et sœurs de Saint Jean, et par ricochet, celles des petites sœurs de notre Dame de Guinée et du grand séminaire Benoit XVI. Mais avant je tourne une pensée compatissante et pieuse vers :

  • le frère de Saint Jean dont je tairai le nom, qui a été battu et trainé dans sa tenue de moine jusque chez le chef de quartier par certains habitants de Kendoumayah. Son péché ? Avoir essayé de les persuader de rentrer chez eux ; 
  • le père Charles, Curé de la paroisse Ste Odile de Coyah ;
  • Monseigneur Vincent KOULIBALY, Archevêque de Conakry ;
  • Le Cardinal Robert Sarah ; 
  • Le Pape François, représentant de Saint Pierre parmi nous.

Je vous exhorte, au nom du caractère laïc de l’Etat guinéen, à veiller à faire faire face à ce brasier et conflit latents parmi les priorités que vous instruirez à votre équipe en devenir. Etant donné que la justice sera le bréviaire de votre gouvernement. Sauf erreur de ma part, s’il est vrai que le principe de l’ « usus, fructus, abusus » est reconnu à un individu dès lors qu’il lui est propriétaire d’un bien, je me demande pourquoi la communauté des frères et sœurs de Saint Jean est à risque au sein du Monastère Mariamayah de Kendoumayah. Pourtant, l’église de Guinée dispose de tous les documents relatifs à la propriété des domaines occupés par eux. Pour la petite histoire, ces documents datent d’une à peine postérieure à ma date de naissance, le Cardinal Sarah était encore Archevêque de Conakry. Ces communautés ne sont pas des entreprises en quête de profit, mais des missions de l’Eglise auprès de la Guinée. Pourtant, elles sont plus que socialement responsables vis-à-vis de la communauté : elles sont d’ailleurs en mission évangélique et humanitaire auprès de cette dernière qui est certainement influencée par une main invisible qui finira par paraître au grand jour. Car aucun Homme sensé n’a intérêt à se mettre en mal avec le « LION de la tribu de Judas » encore moins avec ses lionceaux !

Pour témoigner de la responsabilité de ces communautés, permettez-moi de partager avec vous, trois de mes multiples souvenirs d’enfance parmi mes séjours de formation humaine et spirituelle à Kendoumayah. Ces souvenirs remontent à peu près à un quart de siècle :

  • Ma participation aux innombrables camps de formation biblique et humaine des enfants organisés par le mouvement CV-AV. D’abord en tant qu’enfant, ensuite en tant qu’accompagnatrice ayant pour charge l’animation du séjour d’autres enfants quelques années plus tard;
  • mes deux éditions du festival artistique international « St Jean » organisé par la communauté du même nom au cours desquelles j’ai pris goût à l’écriture et à la lecture, à la messe, au sport, aux jeux, à la danse du ballet traditionnel, à la cuisson de repas pour centaines de personnes; et le plus important à mon avis, la prise de la parole en public car j’étais l’autre animatrice du journal et de la radio fictive et du show « festi-fm » qui était partie intégrante des veillées culturelles tous les soirs ;
  • mes nombreuses visites à quelques éditions de la session de formation humaine et biblique des jeunes, initiées par le Cardinal en 1982 au petit séminaire Jean XXIII de Kindia et organisée par la commission diocésaine de la jeunesse avec l’appui de l’Archidiocèse.

Je tiens à souligner que ces différents évènements étaient ouverts à tous les jeunes par tranche d’âge sans distinction aucune de sexe, de race et surtout de religion. Pour preuve, les jeunes musulmans qui y prenaient part étaient accompagnés à la mosquée du village les vendredis pour la prière du « Djouma ».

Aussi, les étudiants des premières promotions de l’Institut Supérieur des Arts Mory KANTE (ISAMK), ISAG de Dubréka à l’époque faisaient leur stage pratique en nous apprenant le solfège, le chant, la percussion, les danses traditionnelles et contemporaines, la pâtisserie, la peinture,… Bref, toute la base de la préparation et de la réalisation d’une comédie musicale basée sur la vie d’un Saint était l’objectif chaque année du festival. Ceci, sous l’expertise de jeunes artistes français volontairement et exclusivement venus de France pour la cause.

Je m’abstiens de faire tout commentaire relatif à l’assistance apportée par cette pauvre communauté aux kendoumayaka !   

Bref, ces paragraphes pour signifier que l’éducation de la femme que je suis devenue  aujourd’hui par la grâce de Dieu, est passée également par ces communautés installées dans ce village situé à 7 km de la commune urbaine de Coyah. Et, tout comme moi et sans risque d’exagérer, des milliers d’autres jeunes sont passées par là-bas, continuent d’ailleurs et sont aujourd’hui d’éminents cadres en Guinée et hors de nos frontières. 

A défaut donc d’une expression publique de la gratitude du peuple de Guinée que ces moines et religieux n’ont jamais demandée, à mon humble avis, la moindre des choses que l’Etat guinéen pourrait décemment faire est de veiller à la tranquillité de leur séjour en Guinée par à la sécurisation définitive des domaines occupés par eux. 

MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE,

Avant de finir, voici mes attentes vis-à-vis de vous :

Aidez Mère Patrie à retrouver sa dignité et sa grandeur d’avant et elle redeviendra la Guinée de Sékou TOURE, deviendra la Guinée de Mamady DOUMBOUYA, deviendra ma Guinée ! Tout dépendra des reformes et des grandes décisions que vous prendre en notre nom et pour notre compte. Je compte sur vous !

Je vous rassure qu’aussitôt que Mère Patrie sera reconquise et courtisée par ses filles et fils par le dur labeur, l’équité, l’empathie mutuelle, elle ne saurait que prendre son envol à une vitesse exceptionnelle et vos successeurs n’auraient d’autre choix que de poursuivre ce bel élan dont ils hériteraient.

Mon intention dans cette lettre n’est que de vous dépeindre sommairement quelques réalités de Mère Patrie observées de mes yeux de jeune femme et mère, pas encore suffisamment instruite, ni complètement informée encore moins aussi expérimentée et sage que vous. Pourtant, je suis pleine d’espoir que l’eldorado est possible pour mes enfants et leurs descendants en Guinée dans un futur que j’espère très proche, suffisamment pour que ma génération puisse profiter au moins des prémices.

MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE,

Pour clore cette lettre voici ma prière pour nous.

J’invoque le Saint Esprit de Dieu sur le Chef de l’Etat, sur vous et notre futur Gouvernement ainsi que sur tout le peuple de Guinée afin que  nos pensées, attitudes ainsi que nos paroles et tout en nous soit guidé et protégé par LUI maintenant et à jamais. 

Comme le grand Nelson Mandela le disait si bien, « it always seems impossible until it’s done ». Permettez moi de reformuler dans notre contexte: it always seems impossible until we begin truly working harder and harder together! 

Que Dieu bénisse la Guinée, les guinéennes et les guinéens.

Prière de transmettre mes respects et considérations distingués à Monsieur le Président, le Colonel Mamady Doumbouya.

Mes salutations fraternelles aux membres du CNRD en général.

A cœur ouvert, Marie Antoinette LONAS

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