Après 8 ans d’injustice sous Alpha Condé, le journaliste Amadou Diouldé Diallo sera-t-il rétabli dans ses droits par le CNRD ?

17 octobre 2021 à 20 08 44 104410
Amadou Diouldé Diallo, journaliste et historien

Eminent historien et très célèbre journaliste sportif, Amadou Diouldé Diallo a été, depuis 2010, l’un des très rares guinéens qui ont osé dire la vérité au président Alpha Condé. Il s’est aussi illustré dans le combat contre l’ethno-stratégie des politiques visant à saper la cohésion et la coexistence pacifique des communautés guinéennes. Egalement, son amour de la patrie et son ardent désir de préserver le tissu social guinéen l’ont mis à la première ligne dans la lutte contre le ‘’Manding-Djallon’’ dans la région de la Moyenne Guinée.

A aucun moment, durant la dernière décennie, il n’a accepté de troquer les valeurs qu’il défend contre un quelconque poste administratif ou une somme d’argent. Cependant, sa soif de paix et de vérité sous une démocrature lui ont valu l’exclusion et la prison. Il s’est retrouvé sur la ligne de mire du régime Alpha Condé. Et, il y a laissé des plumes. Car, pour le faire fléchir, le régime n’a pas lésiné sur les moyens à son encontre.

Tout d’abord, le locataire du palais Sékhoutouréyah l’a débarqué de son poste de ‘’chef section sport’’ de la RTG (radio télévision guinéenne) et l’a renvoyé de ce média d’Etat sans motif valable. Ensuite, les autorités ont suspendu son salaire pour lui couper les vivres. En tout cas, depuis 2013, Amadou Diouldé Diallo n’a perçu aucun sou de son salaire.

Cependant, en dépit de la galère dans laquelle il a été plongé, tout simplement parce qu’il a osé dire et défendre la vérité sur la sociologie et l’histoire de la Guinée devant un régime qui divise pour régner, cet historien et journaliste sportif guinéen est resté droit dans ses bottes. Et, pour le mettre à genoux, le régime Alpha Condé n’a pas trouvé mieux que de le jeter en prison. En dépit de sa santé déclinante (il souffre entre autres d’une gastrite chronique sévère et érosive), Amadou Diouldé Diallo a été arrêté et incarcéré à la maison centrale de Conakry. Il y a séjourné du 27 février au 19 mai 2021. Et, cette détention illégale et arbitraire a sérieusement entamé sa santé.

Au regard de tout ce qui précède, on peut dire sans risque de se tromper que le doyen Amadou Diouldé Diallo a été la plus grande victime du régime Alpha Condé au sein de la presse guinéenne. Et, les nouvelles autorités de Guinée, le CNRD (la junte militaire qui renversé le régime Alpha Condé le 05 septembre dernier), devraient s’étaler à réparer cette injustice contre ce professionnel de média. Il ne s’agit nullement d’une aumône, mais de justice. Car, à l’ère où « la justice est la boussole qui doit guider chaque citoyen », rendre à ce journaliste sportif son salaire sera un bon signe de départ. Amadou Diouldé Diallo doit être rétabli dans ses droits pour lui permettre de faire face aux factures très salées liées à ses soins médicaux.

Avec sa phobie de l’injustice, le président de la transition et président du CNRD, le colonel Mamadi Doumbouya, devrait être sensible aux peines de ce doyen sevré de salaire depuis huit ans. Cependant, il faut souhaiter que cela se passe urgemment afin de permettre à ce journaliste et historien guinéen de suivre son traitement. Car, chaque minute compte dans le combat contre une maladie.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Lettre de Portos au colonel Alpha Barry : « nous serons toujours là pour toi… »

17 octobre 2021 à 20 08 35 103510

C’est un admirateur de l’ancien officier de la gendarmerie nationale qui lui a adressé une lettre ouverte. À travers sa démarche, Portos essaie d’encourager son ami, le colonel Mamadou Alpha Barry, à tenir et à comprendre que nul ne peut échapper à la volonté de Dieu.

Nous savons tous que tu traverses une période difficile de la vie… Une période de crise, d’autres disent de déprime ou de dépression.

À chacun sa peine et sa douleur, mais je crois savoir ce que tu ressens, je peux le comprendre. Je voulais que tu saches que nous sommes et serons toujours là pour toi si besoin.

Je t’écris pour te demander de ne pas baisser les bras. Un message d’espoir plein d’amitié et de respect qui te rappelle que la vie est faite de hauts et de bas.

Je sais que tu te sens mal… Je sais ton mal-être mon colonel. 

Tu dois te demander : « Qu’ai-je fait à la vie pour mériter cela ? ». Ces mots de désespoir et ces paroles d’incompréhension sont souvent dans notre bouche quand on va mal.

« Pourquoi cela n’arrive qu’à moi ? Pourquoi telle ou telle personne est heureuse et pourquoi moi, je suis si malheureux ? »

Parfois, on peut avoir l’impression que le mauvais sort s’acharne contre nous. Et que le Distributeur de bonheur nous a oublié.

Sais-tu que la citation que je préfères le plus est 

« Après la pluie vient le beau temps ! »

Mon colonel, sache que dans l’existence il y a toujours une lueur d’espoir, une raison d’espérer. Au cœur du désespoir une espérance fait son chemin, attendant patiemment la fin de la crise.

Au cœur de nos cataclysmes personnels, la vie préserve toujours un lieu, un bonheur possible. Même face à l’épreuve, il reste toujours un espace en nous, connu ou encore inconnu à nos yeux.

Même si tu es totalement désespéré et déprimé, noyé sous le chagrin et la colère, il faut te dire que tout épreuve et douleur a une issue.

Les épreuves de la vie ne sont pas une punition ; nous pouvons dans cette tourmente découvrir que tous les germes de vie qui nous constituent sont bien là, vivants.

Certes, les raisons d’espérer sont fragiles, peuvent paraître invisibles, mais même ces moments difficiles nous permettent de grandir, nous transforment et nous rendent plus forts pour l’avenir.

Ainsi, la dépression et la déprime sont porteuses d’espérance. Même dans le désespoir, dans la nuit noire de la vie, il y a toujours une lueur d’espoir… Il suffit d’ouvrir les yeux et son cœur pour la voir.

Tu connais certainement cette célèbre citation qui dit : « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fortes. » 

Je sais juste une chose mon colonel, que lorsque tu parviendras à sortir de ce mauvais tunnel de ta vie, tu te laisseras envahir par la lumière des bonheurs simples qui s’offriront à toi. Tu réaliseras que le vrai bonheur réside dans les choses simples de l’existence : le sourire d’un enfant, la tendresse d’une femme dévouée, l’affection de ses parents et la beauté de la nature.

Par ce message d’amitié pour te redonner espoir, je ne veux pas te plaindre. Ma façon de te soutenir est de ne pas faire de toi une victime, mais plutôt de te dire que je crois en toi, en ta capacité à aller mieux.

Même si aujourd’hui, tu es plongé dans le doute et le manque de confiance en toi, je veux te dire que tu es une belle personne. Un homme aux mille qualités personnelles. Tu es plein de charme, de gentillesse, d’intelligence et de respect pour autrui.

Si tu réalises vraiment la valeur de ta personne alors tu sauras pousser les bonnes portes, rencontrer les bonnes personnes et prendre les bons chemins qui te guideront vers ton épanouissement personnel mon colonel.

Alors accroche-toi mon colonel et Laisse venir à toi la joie et ce bonheur possible de vivre libre et rétabli dans tes droits.

 Ta place n’est pas en prison mon colonel !

Ton admirateur, Portos

À rappeler que le colonel Mamadou Alpha Barry est écroué depuis le 19 mars 2020 à la maison centrale de Conakry. Même si l’opinion, dans sa majorité le prend pour un prisonnier politique, l’ancien porte parole de la gendarmerie nationale a été poursuivi en justice par un opérateur économique pour le vol d’un montant de près d’un milliard de francs guinéens. Le plaignant a accusé l’ancien officier de communication de la gendarmerie nationale d’avoir ouvert sa voiture, qui était garée dans les locaux d’une gendarmerie, pour dérober plusieurs milliers de devises (euros et dollars).

Condamné par le tribunal militaire à 5 ans d’emprisonnement pour vol aggravé, il avait intenté appel de cette décision. Mais, dans son arrêt de juin dernier, la Cour d’Appel de Conakry avait elle aussi condamné le colonel Alpha Barry à 4 ans de prison ferme et un an avec sursis.

Aujourd’hui, tous les amis du colonel Mamadou Alpha Barry espèrent voir le Colonel Mamadi Doumbouya accorder la grâce présidentielle à cet officier pour lui permettre d’humer, lui aussi, l’air de la liberté en faveur de la chute du régime Alpha Condé.

Guineematin.com

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Sanctions économiques suite au coup d’État militaire : Dr Mamadou Barry sur la transition guinéenne

17 octobre 2021 à 19 07 32 103210
Dr Mamadou Barry

Lu pour vous ! La transition, une période marquée généralement par la réduction ou l’absence de financement des partenaires techniques et financiers (PTF). Alors que le pays doit faire face aux multiples enjeux de financements et développement. Pour parler de cette situation, votre quotidien économique a tendu son micro à Mamadou BARRY, Ph.D, Économiste.

Depuis le 05 septembre dernier, la Guinée vit sous une transition militaire avec à la clé, la suspension du pays des instances sous-régionales. Dans un tel contexte, quel mécanisme faut-il adopter plus la résilience de l’économie nationale ?

Dr Mamadou Barry : la dynamique économique d’un pays dépend principalement de trois éléments. La stabilité macroéconomique, la compétitivité de l’économie et l’insertion de cette dernière dans le commerce international. Tout mécanisme à adopter devrait prendre en compte ces trois éléments.

Pour ce qui est de la stabilité macroéconomique, il faudrait éviter que les décisions ne creusent le déficit budgétaire ou alimentent l’inflation. Il faudrait une politique macroéconomique prudentielle. J’avoue cependant que cela n’est pas aisé dans un contexte de transition. La compétitivité quant à elle déterminée les infrastructures comme les routes, le coût de l’énergie, le niveau de prélèvement fiscal, le coût/accès au financement, l’information sur les opportunités d’affaire ou encore des mesures de régulation du secteur privé. A cela, on peut ajouter une certaine capacité à innover. Il faudrait très vite agir sur les éléments qui dépendent principalement des choix des autorités.

Il faudrait par exemple instituer des types de régulation qui ne favorisent pas la lourdeur administrative ou des décisions discrétionnaires du fonctionnaire, introduire des politiques qui favorisent l’usage ou l’accès au crédit-bail par les entreprises nationales. Enfin, pour ce qui est de l’insertion, il est plus que jamais essentiel d’agir sur l’environnement des affaires en facilitant notamment les IDE et les exportations de la Guinée vers le reste du monde. Pour cela, il faut ouvrir les frontières et réduire fortement les lourdeurs (en simplifiant les procédures et en accélérant la transformation digitale) au niveau de ces dites frontières, qu’elles soient terrestres, maritimes ou aériennes.

Ceci dit, il ne faut pas perdre de vue que l’économie est surtout impactée par les mesures d’endiguement initiées dans le cadre de la lutte contre la Covid-19. Les premières évaluations menées par les Ministères économiques montrent que plus de ¾ des entreprises ont vu leurs chiffres d’affaires baissés suite à une contraction de la demande.  Cela cependant n’a pas empêché la Guinée d’enregistrer un taux de croissance significatif, au-dessus de 5% en 2020, tirée essentiellement par le secteur minier. La conséquence, pas vraiment heureuse, est l’accroissement de la part du secteur minier (18% environ) dans la production nationale.

Le climat des affaires est un indicateur non négligeable pour l’investissement. Aujourd’hui, quel levier les nouvelles autorités peuvent actionner pour rassurer les investisseurs ?

Dr Mamadou Barry : Il faudrait prendre cette question de climat des affaires au sérieux. Elle ne doit pas se résumer à l’objectif de performer dans le classement de la Banque mondiale ou rassurer quelques investisseurs étrangers.  Nous devons réformer notre climat des affaires pour transformer notre économie, pour favoriser la compétitivité et la croissance du secteur privé national, pour qu’elle offre plus d’opportunités pour nos populations, notamment les plus jeunes. Ceci dit que peut-on faire ? Il y a plusieurs mesures qui sont connues des acteurs du secteur économique. Tantôt elles sont à initier, tantôt elles sont à poursuivre ou encore à corriger/renforcer. On peut citer entre autres :

La réduction du coût et du délai de création des entreprises malgré les performances déjà significatives ; la réduction des coûts et délais d’importation et exportation ; le soutien à la centrale des risques et bureau d’Information sur le Crédit à la Banque Centrale pour une couverture plus étendue du secteur bancaire ; la mise en œuvre effective du nouveau Code des Investissements ; La réduction du nombre de paiements au niveau de la Direction Générale des Impôts (DGI) par mois ou trimestre ; Le soutien à l’opérationnalisation et le fonctionnement du Tribunal de Commerce à Conakry, ainsi que la création de tribunaux de commerce à l’intérieur du pays.

Avec la nouvelle donne, la Guinée pourrait-elle continuer à bénéficier de l’aide des institutions financières internationales notamment de Breton Wood (FMI-BM) ?

Dr Mamadou Barry : Il faut savoir que les institutions de Breton Woods ont des difficultés par principe à travailler avec les juntes, cela n’est pas spécifique à la Guinée. Le profil du PM pourrait toutefois aider dans les discussions avec ces institutions pour obtenir un soutien technique et éventuellement financier à la mise en œuvre du programme économique porté par les autorités de la transition. Un tel engagement pourrait constituer une caution par exemple pour la mobilisation des ressources auprès d’autres bailleurs bilatéraux.  Les nouvelles autorités ont besoin d’appui des acteurs internationaux en termes de ressources pour la mise en œuvre des politiques et des projets de développement puisque les finances publiques ont été malmenées par la covid-19 et la tenue de plusieurs élections. A cela s’ajoute le fait que les transitions coûtent généralement chères en raison de l’agenda souvent serré et contraignant en termes d’activités à réaliser dans un délai court. Il y a également plusieurs acteurs ou composantes à contenter.

Du point de vue économique, quelle place du secteur minier dans le cadre de cette transition ?

Dr Mamadou Barry : Dans la structure actuelle de notre économie, les mines comptent pour 18% du PIB contre 16% pour le secteur primaire qui occupe l’essentiel des populations guinéennes. Il ressort clairement un besoin de diversification.

Revenant à la question, à mon avis, il faut faire de telle sorte que le secteur minier ne soit pas déstabilisé. Mais je ne suis pas partisan de l’extension continue des zones d’exploitation minière sans que l’on fasse un bilan. On pourrait ainsi essayer de savoir si l’exploitation minière a conduit à un apport net ou constitue globalement un fardeau pour notre société. La transition pourrait aider à ce que ce débat citoyen ait lieu, d’autant que les mines constituent un bien commun et leurs effets négatifs un mal commun également. Les problèmes de pollution dans les zones minières illustrent l’aspect mal commun de la production minière.

Curieusement, l’on constate ces derniers jours que le franc guinéen regagne peu à peu sa valeur et se stabilise vis-à-vis des devises étrangères. Selon vous, comment cela peut-il s’expliquer ?

Dr Mamadou Barry : Il faut du temps pour avoir une explication robuste. Cependant, cela pourrait provenir de la fin du régime du Pr Alpha Condé, de l’enthousiasme lié au coup de force, des discours rassurant des nouvelles autorités. En somme, une confiance accrue en l’avenir de notre pays. Il se peut également que l’embellie provienne d’une baisse des demandes de devises en raison du ralentissement des activités de commerce avec le reste du monde (la Chine par exemple en dehors des mines) ou le fait que l’argent de la corruption circule moins.

Malgré cette embellie est-on tenté de dire, les prix des denrées ne baissent pas. Que vous inspire cette situation ?

Dr Mamadou Barry : La répercussion de cette embellie sur le prix pourrait prendre un peu de temps. Ce qui est normal à cause de la résilience à la baisse de prix (persistance). Il faut plus d’initiatives pour obtenir une baisse significative du niveau général des prix avec le retour de la confiance, la hausse des investissements, donc une politique d’offre et une politique d’infrastructure.

Sur le plan économique, quelles sont les réformes susceptibles d’être menées dans le cadre de la refondation de l’État tel que prôner par le CNRD ?

Dr Mamadou Barry : Il y a énormément de travail à faire en matière de réformes économiques. Dans le domaine fiscal, les autorités pourraient par exemple :

Soutenir l’extension de l’assiette fiscale pour réduire la pression fiscale qui pèse sur quelques opérateurs économiques. L’objectif est d’accroître la mobilisation et le recouvrement des recettes fiscales sans nuire à la dynamique économique ;

Digitaliser les procédures fiscales et la gestion de l’impôt pour rendre la gestion fluide et réduire les pertes ;

Produire les textes d’application de la révision le code général des impôts (CGI) ;

Veiller à l’actualisation annuelle du CGI ;

Organiser deux fois par an des matinées pour vulgariser les innovations fiscales auprès des acteurs du secteur privé ;

Mettre en place un bureau Spécial de Régularisation Fiscale (BSRF).

Dans le domaine budgétaire, les autorités pourraient par exemple :

S’assurer que la politique budgétaire reste soutenable avec un espace suffisant pour tenir compte des chocs ;

Réduire graduellement le niveau de subventions (transferts) inefficaces et non ciblées ;

Améliorer les taux d’exécutions de la dépense publique d’investissement ;

Réduire fortement le niveau de dépenses extrabudgétaires (autres que les projets financés par des donateurs), cela renforcerait la crédibilité du Budget ;

Améliorer l’allocation des dépenses vers les secteurs sociaux (santé et éducation notamment) et leur suivi ;

Réduire les risques budgétaires liés aux EPA et autres sociétés publiques ;

Mettre en place des outils permettant de recenser et d’analyser les risques associés à la dette intérieure et extérieure de tous les organismes publics et des PPP.

Dans le domaine financier et monétaire, les autorités pourraient par exemple :

Mettre en place un cadre de stabilité financière et de politique macro prudentielle et favoriser une plus grande coordination des politiques macroéconomiques et monétaires ;

Prendre des mesures pour soutenir le développement du secteur du crédit-bail ;

Développer les marchés domestiques (primaires et secondaire) des obligations du trésor pour diversifier les sources de financement à moyen terme ;

Accompagner les PME/PMI en facilitant l’accès au crédit.

Quel doit être le rôle du secteur privé ?

Dr Mamadou Barry : L’État a besoin d’interlocuteur pour mener à bien les réformes économiques. Il faudrait que les acteurs du secteur privé s’organisent sur des nouvelles bases, plus professionnelles/objectives et moins politiques. Il faut des vraies corporations économiques. Les réformes économiques devraient être discutées avec le secteurs privés avant toute adoption par le gouvernement.

Pour terminer …

Dr Mamadou Barry : Il serait souhaitable que les décisions publiques ou politiques prennent davantage en compte les réalités économiques. Le changement souhaité par les populations guinéennes passe également par cette rigueur ou ce principe de réalité.

Interview réalisée par Boubacar Diallo pour Emmergencegn.com

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Gambie : des centaines de personnes réclament justice pour les crimes de l’ère Jammeh

17 octobre 2021 à 15 03 13 101310
Yaya Jammeh

Des centaines de Gambiens vêtus de blanc ont manifesté pacifiquement samedi à Banjul pour réclamer justice pour les crimes commis sous l’ancien dictateur Yahya Jammeh, au moment où ce dernier est au coeur de la prochaine présidentielle, a constaté un correspondant de l’AFP.

Le ministère de la Justice a affirmé le même jour l’engagement du gouvernement à appliquer, « dans le meilleur intérêt des Gambiens », les futures recommandations d’une commission qui a enquêté pendant deux ans sur ces crimes, comme l’ont réclamé environ les quelque 400 manifestants.

Ces recommandations sont très attendues, surtout en ce qui concerne l’ouverture éventuelle d’un procès contre Yahya Jammeh, au pouvoir de 1994 jusqu’à son départ forcé en exil en 2017 sous la pression d’une intervention militaire ouest-africaine. La Commission Vérité Réconciliation et Réparations (TRCC) vient de reporter pour la troisième fois la publication de son rapport, sans préciser s’il serait présenté avant la présidentielle du 4 décembre.

« Non à l’impunité » ou « Plus jamais ça » avaient écrit les manifestants sur leur tee-shirt et sur des pancartes.

S’adressant au président Adama Barrow et au gouvernement, le président de Tango, une fédération d’ONG qui avait appelé à manifester avec une association de victimes, a lancé: « Renouvelez votre engagement et celui de votre gouvernement à garantir que la TRCC n’a pas travaillé pour rien (…) nous attendons une application rapide, transparente et juste des recommandations que soumettra la TRCC ».

« Il serait malheureux que vous, la classe politique, sacrifiiez, le bien-être des victimes sur l’autel des opportunités politiques », a dit John C. Njie du haut de la tribune. Il a prévenu que son organisation pouvait en faire un enjeu de la présidentielle.

– « Ni « crainte ni favoritisme » –

Yahya Jammeh a fait la démonstration vendredi du poids qu’il conserve en dénonçant à distance l’accord conclu entre son parti et celui de l’actuel président en vue de la présidentielle. Son parti avait annoncé début septembre une alliance avec celui de l’actuel président pour le soutenir à la présidentielle.

Yahya Jammeh a dit vendredi n’avoir jamais donné son accord à cette alliance et a ordonné le remplacement des responsables qui l’avaient conclu.

L’intervention de Yahya Jammeh rebat les cartes de la campagne. Elle a lieu alors que les intentions du président Barrow sont inconnues si la commission recommande un procès contre son prédécesseur.

Le ministère de la Justice veut « assurer à toutes les victimes, aux Gambiens et à ses partenaires que le gouvernement maintient son engagement plein et entier à appliquer les recommandations de la TRCC dans le meilleur intérêt des Gambiens et sans crainte ni favoritisme », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Les propos mettant en doute cet engagement « sont au mieux prématurés et relèvent des spéculations », a-t-il dit en soulignant que le gouvernement avait établi et financé la TRCC, avait versé 50 millions de dalasi (828.000 euros) à titre de réparations provisoires aux victimes, et coopérait à la rédaction d’un loi pour un fonds de compensation.

M. Jammeh a pris le pouvoir en 1994 à la faveur d’un putsch sans effusion de sang. Il a gouverné d’une main de fer ce pays d’un peu plus de deux millions d’habitants, l’un des plus pauvres au monde, jusqu’en janvier 2017. Il s’est alors enfui en Guinée équatoriale après avoir perdu la présidentielle face à Adama Barrow.

La TRCC a recueilli pendant plus de deux ans des témoignages accablants sur des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture, des viols, des chasses aux sorcières au sens littéral ou encore les agissements d’escadrons de la mort aux ordres de Yahya Jammeh.

Les défenseurs des droits humains s’inquiètent que le président Barrow ne privilégie des considérations politiques au moment de statuer sur les recommandations de la TRCC. L’annonce d’un accord entre son parti et celui de Yahya Jammeh début septembre avait laissé ouverte la possibilité qu’en cas de réélection de M. Barrow, l’ancien autocrate puisse rentrer d’exil sans être inquiété.

Cependant, même si la commission remet son rapport avant la présidentielle, M. Barrow n’est pas tenu de se prononcer d’ici là. Il aura six mois pour le faire.

AFP

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Gaoual (Koumbia) : les récoltes compromises par la rareté de pluies

17 octobre 2021 à 14 02 42 104210

A Gaoual où les populations sont majoritairement agropastorales, les activités agricoles sont sérieusement menacées cette année à cause de la rareté des pluies. C’est du moins ce qu’ont souligné plusieurs paysans qui ont joint Guineematin.com depuis le début de ce mois d’octobre, considéré habituellement comme le début des récoltes.

Joint ce dimanche, 17 octobre 2021, par Guineematin.com, Mamadou Dian Baldé, le chef des opérations agricoles de la préfecture, a confirmé ces inquiétudes, tout en exprimant sa préoccupation par rapport à la saison sèche qui s’annonce.

Mamadou Dian Balde, chef des opérations agricoles à Gaoual

« Les paysans qui ont semé pendant le mois de ramadan (au de juin) où il était très difficile de cultiver, ont déjà commencé les récoltes. Mais ceux qui avaient attendu le mois de juillet et suivant, sont très inquiets. Le riz est en état d’épiaison, chez certains, il est en état de floraison chez d’autres. Que ce soit sur les coteaux ou sur les plaines, le riz semé en juin est en maturité. Cela est valable naturellement pour le maïs et les arachides que certains ont commencé à récolter. Mais ça, c’est dans les zones non agressées par les exploitants clandestins d’or. A Kounsitel, l’or est apparu en juin, au moment où les paysans ont commencé à cultiver. Des champs entiers ont été détruits par les exploitants, la brousse a été agressée partout. Et de nos jours, il y a de vives inquiétudes sur la possibilité pour les gens de pouvoir faire de bonnes récoltes. Puisque la pluie a non seulement retardé en mai en juin, mais elle n’est pas tombée suffisamment et comme d’habitude en juillet, août et septembre. En octobre, il ne pleut presque pas, on a peur pour le reste de la période », a expliqué cet agronome.

Pour montrer la différence, M. Baldé rappelle que l’année dernière à pareil moment, c’était la crue au niveau des plaines et des cours d’eau. Mais cette année, les gens traversent même moto des passages habituellement inondés et impraticables à la même période.

Mais ce n’est pas tout, le riz en floraison qui n’a pas atteint le stade de maturité, s’il n’y a pas d’eau, ne donnera pas grand-chose. Ce sera une perte et les paysans n’ont malheureusement aucune solution de rechange que de se tourner vers le Créateur pour implorer sa grâce.

« A l’occasion de la nuit de Destin ou l’anniversaire de la naissance du prophète Mohamad (PSL), programmée ce dimanche, les populations entendent faire des prières dans les mosquées pour implorer la grâce de Dieu afin que les récoltes arrivent à maturité. Puisque chez nous, c’est si c’est un problème d’enrais ou de chénilles, qu’on peut proposer de solution », a révélé le Chef des opérations agricoles de Gaoual qui se dit très malheureux et impuissant face à cette calamité naturelle.

Malheureisement la peine des Gaoualois ne semble pas se limiter à la menace de mauvaises récoltes. Il y a de fortes inquiétudes sur l’évolution des groupements maraichers et l’accès à l’eau potable aussi bien par les animaux (bovins et ovins) que par les populations elles-mêmes.

« Dans plusieurs endroits que nous avons visité, le niveau d’eau dans les puits n’a pas atteint celui habituel. Il est fort à craindre que les cours d’eau sèchent le plutôt que prévu et les puits artisanaux également. Alors que les forages disponibles ne suffisent pas à servir toutes les populations encore moins à tout le cheptel », s’est alarmé ce spécialiste des questions agricoles.

D’ailleurs même le champ cultivé à Koumbia par le président déchu Alpha Condé risque de ne pas être récolté. Les semis ont été faits entre le 23 juillet et le 16 août sur un peu plus de 200 hectares de plaines, non aménagées. Seules les variétés hâtives ou précoces pourraient être récoltées mais les variétés tardives vont connaître quelques soucis, fait-on savoir. D’ailleurs pour d’autres, ce champ comme beaucoup d’autres dans la préfecture de Gaoual, risque de ne pas être récolté faute de pluies suffisantes pendant cette période de floraison. 

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Imam Abdallah Sankhon : « celui qui haït Maouloud, c’est comme s’il avait haï le prophète »

17 octobre 2021 à 14 02 26 102610
Abdallah Sankhon, imam à Hamdallaye

De nombreux fidèles musulmans vont célébrer cette nuit (du dimanche 17 au lundi 18 octobre 2021) Maouloud, l’anniversaire de la naissance du prophète Mohamed. Dans plusieurs pays du monde, notamment en Guinée, des veillées de prière, d’invocations et de récitation du saint coran, seront organisées dans les mosquées pour marquer cette date importante pour l’islam. Mais, pourquoi célèbre-t-on Maouloud ? Quelle est l’importance de cet événement ? Un journaliste de Guineematin.com a posé ces questions à l’imam Abdallah Sankhon, imam à Hamdallaye, en banlieue de Conakry.

« Maouloud est une manière de faire la campagne de l’islam. C’est une occasion de donner de l’enseignement à ceux qui ne connaissent pas l’islam, de permettre aux musulmans de connaître le prophète : comment il était, comment il vivait, comment il se comportait dans la société. Parce que ce sont des choses qui sont aujourd’hui méconnues par de très nombreux musulmans. C’est pourquoi, la première génération qui était derrière le prophète Mohamed disait que si le prophète revenait aujourd’hui, il n’allait reconnaître sa communauté que par la prière, parce que nos comportements ne ressemblent nullement à son comportement. Donc, Maouloud est un événement qui permet aux musulmans d’avoir de nouvelles connaissances sur leur prophète et sur leur religion », a-t-il expliqué.

Mais, il faut noter que la fête de Maouloud est l’un des sujets qui divisent la communauté musulmane. Pour certains musulmans, la célébration de l’anniversaire de la naissance du prophète est une innovation, car ni le prophète Mohamed ni ses compagnons ne l’ont fait. Or, en islam, toute innovation, fut-elle une adoration de Dieu, est un péché. Pour l’imam Abdallah Sankhon, la divergence des positions autour de cette question n’est pas surprenante.

« Cette division devait forcément arriver, parce que chacun veut exprimer sa petite connaissance dans ce bas monde pour dire : c’est nous qui sommes les vrais connaisseurs de l’islam. Mais nous, nous allons nous baser sur des versets coraniques, qui disent que Dieu qui nous a créés, a mis Mohamed au-dessus de toutes ses créatures. Parmi tous les prophètes, Dieu n’a prié sur personne si ce n’est que Mohamed. Dieu est ses anges prient chaque jour sur notre prophète Mohamed (PSL) jusqu’à la fin du monde. Le prophète lui-même a dit aux musulmans : multipliez la prière sur moi, parce que vous serez remboursés. 

Donc, aujourd’hui, au lieu de combattre certains musulmans parce qu’ils célèbrent le jour de la naissance du prophète Mohamed (PSL), il y a beaucoup de mauvaises choses qu’on doit combattre. Il y a des lieux de prostitution qui sont fréquentés par des musulmans, la chaîne nationale et les télévisions privées font des publicités illicites, il des femmes qui se promènent presque nues, il y a la consommation de la bière et des stupéfiants qui se fait au vu et au su de tout le monde. Voici autant de choses que les musulmans doivent combattre et arrêter de s’en prendre à des gens tout simplement parce qu’ils célèbrent Maouloud. 

Personne n’ira en enfer parce qu’il a prié sur le prophète, personne n’ira en enfer parce qu’il a célébré la naissance du prophète. Tu peux dire que toi, tu ne le fais pas, personne ne sera contre toi pour ça. Mais ne dis pas que c’est du bid’a (innovation), qu’on ne doit pas le faire. D’ailleurs, moi, je peux dire que le prophète a célébré Maouloud. C’est vrai, il n’a pas organisé de cérémonie comme nous le faisons aujourd’hui, mais il jeûnait tous les lundis, parce qu’il est né un lundi. 

Donc, c’était sa façon d’exprimer sa joie, c’était une manière pour lui de rendre gloire à Dieu parce qu’il est né un lundi. Donc, c’est clair, le prophète Mohamed (PSL) a célébré sa naissance parce que tous les lundis, il jeûnait. Je ne dis pas qu’il faisait une fête ou autre chose, il manifestait sa joie en observant le jeûne le jour de sa naissance », a dit le leader religieux, ajoutant que « celui qui haït Maouloud, c’est comme s’il avait haï le prophète ».

Amadou Lama Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 669681561

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Conakry : la Conapaid sensibilise les citoyens sur l’utilisation des passerelles

17 octobre 2021 à 14 02 17 101710

Pour réduire les accidents de la circulation sur les autoroutes de Conakry, la Coalition nationale des acteurs pour la paix et le développement (CONAPAID), a initié une campagne d’éducation citoyenne. Pendant deux jours, l’organisation de la société civile, en collaboration avec Aide et Action, va sensibiliser les citoyens sur l’utilisation des passerelles mises en place au niveau des endroits très fréquentés. C’est sous le thème « Emprunter les passerelles, c’est sauver des vies », que cette campagne a été lancée au quartier Koloma, dans la matinée du samedi, 16 octobre 2021, a constaté Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

C’est dans le cadre du programme « Compétences pour demain », mis en œuvre notamment par Aide et Action France et qui cible six pays d’Afrique de l’Ouest francophone, que cette campagne est organisée. Elle vise à amener les citoyens à emprunter les passerelles pour traverser la route. Ce qui permettrait de réduire les accidents de la circulation dans la capitale guinéenne, indique Ibrahima Aminata Diallo, le président de la Coalition nationale des acteurs pour la paix et le développement (CONAPAID).

Ibrahima Aminata Diallo, président de la CONAPAID

« Le constat révèle la récurrence des accidents de circulation, parfois mortels, au niveau des autoroutes de la capitale, Conakry. C’est ainsi que l’Etat guinéen a procédé à la mise en place des passerelles par endroits sur les différentes autoroutes, notamment au niveau des marchés autour desquels gravitent du monde. Mais malgré l’installation de ces passerelles, force est de constater que les piétons n’ont pas encore intégré l’utilisation de ces passerelles dans leurs pratiques. 

C’est pourquoi, pour réduire ces accidents et faciliter la circulation au niveau des endroits où les passerelles sont installées, les jeunes du Labis, sous le leadership de la Coalition nationale des acteurs pour la paix et le développement, ont initié une campagne de sensibilisation et d’éducation citoyenne pour l’utilisation des passerelles. L’objectif général de cette sensibilisation est de contribuer à la promotion de la pratique du civisme dans la circulation routière. Ensuite, sensibiliser les citoyens à l’utilisation des passerelles pour réduire les accidents de la circulation », a-t-il indiqué. 

Cette campagne se déroulera pendant deux jours, de 8 heures à 11 heures, et de 16 heures à 18 heures. Les organisateurs veulent toucher 7000 personnes, dont 5000 élèves, et les amener à intégrer l’utilisation des passerelles. Mady Diawando, le coordinateur du programme « Compétences pour demain », espère que cet objectif sera atteint à l’issue de cette activité.

Mady Diawando, Coordinateur du programme « Compétences pour demain »

« Nous pensons qu’après cette sensibilisation, les populations vont utiliser les passerelles. Parce que cela a de multiples objectifs : non seulement ça permet de mettre la politique nationale d’urbanisation et de transport, mais aussi ça permet aux populations d’être à l’abri des accidents le plus souvent mortels. Ensuite, en utilisant les passerelles, à coup sûr, on participe à maintenir la santé. Les deux ou trois minutes que nous prenons pour monter sur les passerelles constituent pour moi des exercices physiques qui peuvent contribuer à aider les gens à la santé publique », a dit M. Diawando.

Elhadj Demba Camara, président du quartier Koloma2

De son côté, le président du conseil de quartier de Koloma 2, Elhadj Demba Camara, a vivement salué cette activité de la CONAPAID. « Vraiment, cette action me dépasse, on est vraiment contents. Pour aider ces jeunes, nous sommes obligés d’envoyer quelqu’un ici le matin comme le soir pour surveiller les deux côtés. Nous allons y veiller. Nous allons informer le conseil de la jeunesse, au niveau des mosquées et au niveau des églises pour qu’ils veillent à cela, pour leur dire que la passerelle-là est faite pour eux, afin de sauvegarder leur vie », a dit l’autorité locale.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com 

Tél. : 620 589 527/664 413 227

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Lélouma : 3 femmes exciseuses condamnées par la justice

17 octobre 2021 à 10 10 09 100910

Accusées de mutilation génitale sur deux fillettes âgées respectivement de 7 ans et 13 ans, trois femmes exciseuses (dont une sage-femme) ont comparu jeudi dernier, 14 octobre 2021, devant la justice de paix de Lélouma. Elles ont reconnu, sans ambages, les faits articulés contre eux devant cette juridiction. Et, finalement, elles ont été condamnées à un an de prison assortie de sursis et au payement de 500 000 francs guinéens d’amende, chacune.

Selon les informations confiées à Guineematin.com, c’est au début de ce mois d’octobre que ces femmes ont été arrêtées par la police et mises à la disposition de la justice de paix. C’était à la suite de l’excision de deux fillettes (dont la plus âgée à 13 ans) à Poyé (un quartier de la commune urbaine de Lélouma). Et, à en croire Ousmane Koulibaly, le juge de paix de Lélouma, c’est l’implication d’une sage-femme dans ce dossier qui a surtout retenu l’attention de la justice.

Ousmane Koulibaly, juge de paix de Lélouma

« Ces femmes sont accusées de mutilation génitale commis sur deux filles mineures âgées de 7 ans et 13 ans dans le quartier Poyé, dans la commune urbaine de Lélouma. Dans les débats, ces femmes ont reconnu tous les faits mis à leur charge et ont adopté une bonne attitude à l’audience. Après les débats, le tribunal les a déclarées suffisamment coupables des faits qui ont été mis à leur charge. Et pour la répression, le tribunal les a condamnées à un an de prison assortie de sursis et le paiement d’une amende de 500.000 francs guinéens chacune. Il faut rappeler que parmi les trois dames qui ont été condamnées, il y avait une sage-femme qui travaille dans le district de Balaya, dans la préfecture Lélouma. C’est ce qui a retenu l’attention du tribunal.  Parce que nous estimons que cette dernière est suffisamment informée, elle connaît les conséquences de cette pratique de mutilation génitale », a indiqué le juge, Ousmane Koulibaly, au sortir de cette audience.

A noter que les mutilations génitales féminines sont prévues et punies dans les dispositions des articles 258, 259, 260 et 261 du code pénal guinéen. Et, au sens de l’article 261 du code pénal, les auteurs des mutilations génitales féminines peuvent être condamnés jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Diversification des filières au lycée : les réserves de Michel Pépé Balamou (SNE)

17 octobre 2021 à 10 10 06 100610
Michel Pépé Balamou, sécretaire général du Syndicat National de l’Education

Comme annoncé précédemment, les autorités en charge de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation comptent mettre en œuvre, à partir de cette année, un programme de « diversification des filières » au lycée. Et, ce sont les admis du BEPC de la session 2021 qui seront les cobayes de ce programme de tronc commun. A la place des trois options traditionnelles (sciences sociales, sciences mathématiques et sciences expérimentales), ces nouveaux lycéens seront orientés dans des « séries littéraires et scientifiques ». Ils auront aussi à étudier des « matières combinées (Histoire-Géo, Physique-Chimie,..) » dans ce champ expérimental qui sera ouvert dès la rentrée des classes le 21 octobre prochain.

Pour Michel Pépé Balamou, le secrétaire général du syndicat national de l’éducation (SNE), cette initiative des autorités est à saluer, d’autant plus que la diversification des filières entre dans le cadre de l’amélioration de l’apprentissage et la qualification de l’enseignement dans notre pays.

« La diversification des filières au niveau de l’enseignement pré-universitaire est une bonne initiative qui entre dans le cadre de l’amélioration de l’apprentissage, la croissance du niveau et la qualité de l’enseignement dans notre pays. Les filières traditionnelles (sciences sociales, sciences expérimentales et sciences mathématiques) sont en déphasage avec les réalités du marché de l’emploi, d’autant plus qu’il y a une inadéquation entre les offres d’emploi et les besoins d’emploi sur le terrain. Donc, la Guinée a besoin aujourd’hui de la main d’œuvre qualifiée. Et, cette main d’œuvre qualifiée ne peut être obtenue que par les filières scientifiques et littéraires. C’est pour faire en sorte que l’élève, à partir du lycée, puisse avoir un profil de sortie qui lui permettra, une fois à l’université, de ne pas être dépaysé scientifiquement. Celui qui fait le droit, l’ingénierie par exemple ou la médecine, de fois cela crée une discontinuité entre les programmes d’enseignement du lycée et ceux de l’université. Ça c’est un problème. Le second problème, c’est qu’on considère les écoles professionnelles techniques comme étant des écoles de seconde chance. C’est quand on aura échoué au Brevet ou au Bac qu’on tente sa chance vers les écoles techniques. Mais, lorsque les filières techniques sont insérées à partir du lycée et que l’enfant pratique déjà ces filières techniques, je crois ça lui donnera le goût de se donner la chance pour se dire qu’à l’université je ferai telle branche technique. Mais, actuellement, il y a certains candidats, même après le bac, ils ne savent pas quoi choisir. C’est-à-dire, il n’y a pas un profil de sortie », a indiqué Michel Pépé Balamou. 

Cependant, malgré la satisfaction qu’il éprouve pour ce programme, ce leader syndical se montre prudent sur la capacité des autorités de mener à bien cette diversification des filières. Michel Pépé Balamou estime que le manque d’enseignants qualifiés et le problème d’infrastructures adéquates pourraient être d’éminents obstacles dans la mise en œuvre de cet ambitieux programme du système éducatif. D’ailleurs, il redoute qu’on revive la mauvaise expérience de l’introduite de l’anglais au collège (où le manque d’enseignants avait été une terrible migraine dans les écoles).

« Vous savez, on a des expériences amères sur l’introduction de l’anglais au collège, parce qu’il y a un problème d’infrastructures, de personnels enseignants. Et, parce que dans les actuelles filières que nous avons d’abord, on a un manque criard d’enseignants. C’est de voir maintenant est-ce que les nouvelles filières qui vont êtres instaurées pourront avoir des enseignants qualifiés en la matière ; est-ce qu’on peut avoir les manuels pédagogiques, didactiques qui soient vraiment à la disposition des nouveaux enseignants et aussi au niveau des élèves. Donc, nous, en tant que Syndicat National de l’Éducation, pensons qu’il faut ouvrir un champ expérimental. Généralement, quand il y a des innovations pédagogiques, pour pouvoir opérer au niveau des curricula d’un système éducatif par exemple, il faut d’abord un champ expérimental. Ce champ expérimental commence par la 11ème année pour voir si ça va réussir ou pas. Si ça réussit, ça va maintenant se propager au niveau de la 12ème année. Ce qui veut dire que, ceux qui font la 12ème et la terminale vont continuer sur l’ancien système le temps d’expérimenter avec la 11ème année pour éviter les problèmes. Aujourd’hui, il y a un manque criard d’enseignants en Français, en Maths, en physique, en chimie, en Biologie et même en philosophie. Donc, à partir du moment où il y a les manques d’enseignants dans ces anciennes options, ça va créer des problèmes. Mais, je pense qu’avec un système de monitoring, de suivi pédagogique, cela permettra de corriger les lacunes et les défaillances qui vont êtres constatés çà et là dans l’application de ces nouvelles filières », a dit Michel Pépé Balamou.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com

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Réunion des caciques du RPG, cas Alpha Condé, promotion des militaires retraités… Les inquiétudes de Biro Soumah (PPC)

17 octobre 2021 à 10 10 00 100010
Aboubacar Biro Soumah, président du PPC

Ayant applaudi la chute brutale d’Alpha Condé et l’avènement au pouvoir du comité national du rassemblement pour le développement le 05 septembre dernier (après le coup d’Etat militaire), le leader du Parti pour le Progrès et le Changement (PPC), Aboubacar Biro Soumah, commence à désenchanter. Il s’inquiète notamment de la nomination de certains officiers militaires à la retraite au sein conseil national de la défense et la liberté de mouvement accordée à certains dignitaires du défunt régime par le CNRD.

Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com hier, samedi 16 octobre 2021, ce leader politique a demandé au colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition et président du CNRD, de revoir sa copie pour mieux gérer ce pays pendant cette période exceptionnelle et très sensible.

« Nous avons apprécié à sa juste valeur la mise à la retraite de ces généraux de l’armée. Mais, d’autre part, nous avons déploré certaines choses… Le colonel Mamadi Doumbouya a dit qu’il n’y aura plus de recyclage. Mais, nous avons vu au sein de l’armée des gens qui ont été recyclés. Nous avons vu des gens qui ont été reconduits au sein du conseil national de la défense. Des éléments comme Boureima Condé (ancien ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation), Rémy Lamah (ancien ministre de la santé) et Mathuring Bangoura (ancien gouverneur de la ville de Conakry) sont des gens recyclés. Ils ont encore trouvé leur place au sein de cette institution. Et, quand quelqu’un est dans ces institutions, il est protégé par les lois de la République. Donc, c’est vraiment contradictoire ; et, nous ne sommes pas en mesure d’apprécier ce point. Nous  commençons à avoir des inquiétudes par rapport à cette reconduction de certains bourreaux du régime Alpha Condé. Ces personnes bénéficient encore des passeports diplomatiques, des véhicules et des fonctions civiles. Donc, ça veut dire que les éléments qui ne se sont pas retrouvés dans cette institution, vont se retrouver dans d’autres postes  ministériels. Nous demandons au colonel Mamadi Doumbouya de revoir sa copie  pour voir comment gérer ce pays », a indiqué Biro Soumah.

S’agissant de la récente sortie de certains caciques du RPG arc-en-ciel pour réclamer la libération sans condition du président déchu, Alpha Condé, le président du PPC avoue avoir été surpris. Aboubacar Biro Soumah assure que cette demande de liberté est une insulte au peuple de Guinée occasionnée par le CNRD.

Aboubacar Biro Soumah, président du PPC

« Nous sommes surpris de voir des anciens dignitaires de l’ancien régime demandé la libération d’Alpha Condé. Tout ça, c’est parce que ces éléments là ne sont pas inquiétés. On a fait que retirer leur passeports ; mais, le clan est là, il n’est pas inquiété. Il monte et descend dans des véhicules. On les laisse faire. Ça, c’est une injure  vis à vis du peuple de Guinée.  C’est pourquoi nous interpellons le colonel  Mamadi Doumbouya à  revoir encore le système qu’il doit mettre en place pour gérer la transition. C’est l’injustice qui a poussé le colonel Mamadi Doumbouya et ses hommes à prendre le pouvoir. Donc, nous pensons qu’en matière de transition, la bataille contre l’injustice devrait être la boussole. Il est difficile de concevoir que quelqu’un qui a tué tes  parents, qui a tué ta famille, montent dans des véhicules pour venir demander la libération de telle personne et en même temps dire qu’ils vont conquérir le pouvoir qu’ils ont perdu », s’est indigné Biro Soumah.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620 589 527/664 413 227

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Les mots et les maux du ministre

17 octobre 2021 à 9 09 50 105010
Habib Yembering Diallo

Cher ami,

Je voudrais, par ces lignes, t’exprimer toute ma surprise et même mon indignation suite à l’information selon laquelle une réunion du parti a été organisée par certains de ses membres dont toi. En ce qui me concerne, j’ai l’intime conviction que, plusieurs raisons, une telle initiative est pour le moment contreproductive pour le parti et même dangereuse pour ses membres. 

Premièrement, vous avez fait exactement comme le serpent assené de coups et donné pour mort et qui, subitement, lève la tête pour dire qu’il n’est pas mort. Il veut que ses agresseurs l’achèvent. Deuxièmement, une telle décision dans le contexte actuel est dépourvue de bon sens. En effet, pour toi qui as connu la période de coups d’Etat sanglants des années 70 et 80, je ne t’apprends rien en te disant que ce qui nous est arrivé est comme ce qui arrive à un animal destiné à l’abattoir et qui s’en sort avec un tatouage. 

Autrefois les auteurs de coups d’Etat assassinaient le président de la République, les membres de sa famille et certains de ses ministres. Nous, nous sommes saints et saufs. En plus, les auteurs de ce coup s’engagent à ne pas procéder une chasse aux sorcières. Comme si cette magnanimité et cet engagement étaient une faiblesse, vous n’attendez même que le successeur de notre patron compose son gouvernement, vous tenez une réunion du parti. C’est tout simplement insensé de vote part. Excuse-moi du terme. 

J’ai l’impression que tu as oublié l’histoire récente de notre pays. Et particulièrement celle qui s’est déroulée il y a 35 ans. C’est vrai qu’à l’époque le coup était intervenu après le décès du chef, mais il y a quelques similitudes entre les deux événements. Même si, contrairement à ce qui s’était passé à l’époque, cette fois les ministres sont libres, ces derniers doivent à mon avis garder profil bas et observer. Je ne souhaite pas que l’histoire se répète. Car c’est la contradiction entre les auteurs du coup d’Etat qui avait entrainé la tragique disparition des ministres. 

Je ne suis pas en train de dire qu’il faille oublier notre patron. Je ne souhaite pas qu’on l’abandonne à son triste sort. Mais je voudrais qu’on le soutienne intelligemment. Et je ne pense pas que la méthode choisie soit la bonne. Au contraire, elle est dangereuse et même suicidaire. Vous avez un officier qui a pris le pouvoir et qui n’a même pas composé son gouvernement vous vous agitez comme si vous voulez l’intimider. Je suis désolé et même révolté. Car vous êtes en train de jouer le jeu de l’ennemi. 

Dans le contexte actuel ce que nous devions faire c’est notre mea-culpa. Pour demander pardon au peuple et à notre patron pour les avoir trompés tous. Car il n’y a pas que le peuple qui a été victime. Notre patron aussi l’a été. Il a été victime de notre duplicité voire notre lâcheté. Car il faut appeler les choses par leur nom. Nous avons tous trahi. Et ce n’est pas normalement aux nouvelles autorités de demander pardon au peuple. Ou une partie du peuple. C’est à nous. Parce que c’est nous qui avons géré. C’est nous avons qui avons encouragé un homme à aller à l’encontre de la loi. Et c’est cette volonté qui a causé le drame humain que nous connaissons tous.

Cher ami, 

Imagine un seul instant que tous nous fassions comme le vice Maire de Matam. Notre patron et notre parti n’auraient pas subi le sort qui est le leur aujourd’hui. Mais nous avons diabolisé ce jeune. L’accusant d’être de connivence avec l’ennemi. Alors que l’ennemi n’était d’autre que celui qui ne voulait pas respecter la loi. L’ennemi c’était aussi nous tous qui l’avons soutenu. A mon avis, et dans le contexte actuel, ce qu’il faut c’est de faire amande honorable auprès du peuple. Ce n’est pas le narguer. 

Tu as dû voir un émissaire du successeur de notre patron qui est allé demander pardon aux sages de la zone qui nous avons diabolisée. Tu me diras que c’est un acte populiste. Bien malgré tout, s’il a demandé pardon c’est parce qu’il y a eu un véritable drame dans cette zone. Et nous nous étions dans un déni total. C’est ce travail que nous devons faire. Ce n’est pas celui de dire qu’on nous a arraché le pouvoir par la force et qu’il faille le reprendre. C’est nous-mêmes qui avons causé notre perte. Nous devons le reconnaitre et l’assumer.

Pour terminer, je souhaite que tu essaies de peser de tout ton poids pour convaincre les autres de changer de fusil d’épaule. Dans le contexte actuel nous devons garder profil bas et observer. Il est trop tôt d’agir. Au risque de périr. A bon entendeur salut. 

Ton ami le ministre Habib Yembering Diallo, joignable au 664 27 27 47.

Toute ressemblance entre cette histoire ministérielle et une autre n’est que pure coïncidence. 

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Lutte contre la corruption en Guinée : un vrai challenge pour le CNRD

17 octobre 2021 à 9 09 46 104610
Colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition

Par Safayiou DIALLO, analyste économique : La corruption a été reconnue officiellement en 1996 suite à son entrée dans l’agenda des Institutions Financières Internationales (FMI et Banque mondiale), comme un phénomène comparable à un cancer qui gangrène les circuits financiers du développement. En 2002, des chercheurs de l’Institut de la Banque Mondiale pour la bonne gouvernance ont évalué la corruption de 300 milliards de dollars : une somme considérable, représentant un manque à gagner énorme pour la mise en œuvre des projets de développement. 

D’un point de vue économique, la corruption se définie comme étant un « abus de positions publiques à des fins d’enrichissement personnel ». En d’autres termes, est corrompu, toute personne qui profite de sa fonction pour s’enrichir au-delà de sa rémunération légitime. En partant de cette définition, les économistes analysent de nos jours la corruption sous l’angle de marché où se rencontrent une offre de corruption, une demande de corruption et un prix de la corruption qui est le pot-de-vin ou dessous de table. 

Transparency International basée en Allemagne a procédé à la publication en 2019 de son Indice de Perception de la Corruption (IPC). Cet indice fait suite à une enquête qui mesure comme son nom l’indique, la perception du phénomène de la corruption dans le secteur public sur la base d’appréciations des chefs d’entreprise, des analystes pays et des hommes d’affaires etc. 

A l’issue de ce résultat, la Guinée est classée 130ème/180 pays dans le monde entier. A notre humble avis, ce classement est très préoccupant même si la corruption semble socialement banalisée dans notre pays par méconnaissance de ses conséquences pour l’économie et la société. Statistiquement, le montant « officiel » de la corruption en Guinée a plus d’un (1) milliard de dollar par an (ce montant semble sous-estimé) depuis 1984, constitué essentiellement de détournements dans les caisses de l’Etat et des fonds y afférents. A la lecture de ce chiffre qui donne des tournis, une question importante se pose : comment un pays comme la Guinée, doté d’immenses ressources naturelles, humaines et de conditions climatiques favorables à l’agriculture, peut-il se retrouver après 63 d’indépendance « effective », au rang des pays les moins avancés de la planète ?

La réponse à cette question démontre en partie la responsabilité de la corruption dans le retard de notre pays malgré qu’elle ne soit pas la seule responsable de ce sort. Au vu du caractère sensible du sujet mais aussi des objectifs que sont se fixés le CNRD dans le cadre de cette transition politique, il nous semble évident de le mettre sur la table de discussion tout en montrant la nécessité de lutter efficacement contre ce fléau néfaste au développement économique de notre chère patrie : la Guinée.   

L’objectif de cette analyse est de contribuer non seulement à ce débat d’idées, mais aussi et surtout de mettre à la disposition des nouvelles autorités du pays certaines informations que nous estimons pertinentes afin d’éclairer leur lanterne sans pour autant apporter des solutions miracles qui n’existeraient que dans l’absolu. 

De la mise en place des Institutions en charge de la lutte contre la corruption : 

Safayiou DIALLO, analyste économique

Dans le cadre de la lutte contre la corruption, les autorités guinéennes ont mis en place un Comité National de Lutte contre la Corruption (CNLC) le 4 février 2000 à travers le Décret D/2000/017/PRG/SGG). Ce comité était composé des représentants de l’Etat, de divers partis politiques, de la société civile et du secteur privé. Selon le gouvernement, ce Comité a documenté plusieurs cas de corruption et les a transmis au système judiciaire pour qu’il y soit donné suite. Jusque-là il n’y a pas eu de suite. 

Cependant, le seul cas qui a fait l’objet de verdict en Guinée, est celui de la Banque Mondiale. Cette affaire est le résultat des poursuites effectuées par son Département de l’Intégrité Institutionnelle. Pour la petite histoire, ce Département a été saisi en mars 2003 pour le détournement de fonds destinés au Projet de Renforcement des Capacités Institutionnelles (PRCI) financé en Guinée par ses soins à hauteur de 19 millions de dollars.

Dès lors, l’Institution a suspendu le financement du projet en question qui venait à peine d’être entamé. Par ailleurs, le Président guinéen d’alors qui n’a jamais affiché publiquement une ferme volonté politique vis-à-vis de la lutte contre la corruption a procédé en juin 2004 et cela sans raison valable à la dissolution du CNLC (jusqu’à une période récente, c’est le statu quo car, malgré l’adoption d’une loi relative à la lutte contre la corruption en juillet 2017, le Directeur exécutif de l’Agence Nationale de Lutte contre la Corruption, décédé en 2014, n’est toujours pas remplacé). 

Toutefois, 4 mois après cette suspension et sous le poids des nouvelles pressions de la communauté des bailleurs des fonds, une Agence Nationale de la Lutte contre la Corruption (ANLC) a été créé le 20 octobre 2004. A la différence du CNLC, l’ANLC est rattachée au Ministère du Contrôle Economique et Financier et non à la présidence comme ce fut le cas pour le CNLC. D’un point de vue gouvernance, la composition des deux Institutions est presque identique. L’ANLC a comme l’ex-comité, les mêmes prérogatives et comprend 20 membres issus de l’Assemblée Nationale, de la Cour Suprême, du Conseil National de la Communication, du Ministère de la Justice, du Conseil Economique et Social, de la jeunesse, du Ministère de l’Economie et des Finances.   

Cependant, jusqu’à une date récente, aucun des nombreux détournements de deniers publics n’a été entrepris pour éloigner les auteurs présumés de la gestion publique. En revanche, on a souvent assisté à une certaine récompense des coupables par une mécanique de promotion administrative perçue par les citoyens comme une prime à la corruption.  

Quelques mesures complémentaires prises par les autorités pour mettre fin à la corruption :  

Pour mettre fin à ce fléau qui dégrade la qualité de l’image de l’Etat chargé de la mise en œuvre des mécanismes de gouvernance, plusieurs initiatives ont été prises par les Institutions Financières Internationales et les partenaires au développement notamment la sensibilisation et les pressions sur les autorités comme indiqué ci-haut. Pour ce faire, La Banque Mondiale a mis en place via son département de Déontologie Institutionnel, un numéro d’urgence afin de dénoncer toute fraude dans la gestion des projets de développement qu’elle finance. 

En Guinée, le programme de lutte contre la corruption s’est matérialisé non seulement par les 2 Institutions que nous avons citées ci-haut, face aux pressions exercées sur le gouvernement, sous peine de coupures partielles ou totales de l’Aide Public au Développement (APD). Dans le même sillage, le gouvernement guinéen a pris un certain nombre de mesures dont les principales sont :  

  1. Une large diffusion des informations concernant les allocations et/ou mises à disposition des ressources publiques; 
  2. L’organisation régulière des points de presse par le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF) afin de présenter au public la situation économique et financière du pays; 
  3. La création des revues mensuelles/trimestrielles intitulées « chiffres et reformes contre la pauvreté en Guinée ». Ces magasines sont supposés présenter l’état général des finances publics (Tableau de Bord Mensuel de l’Economie Guinéenne et la Note de Conjoncture de l’Economie Guinéenne) ainsi que des informations sur l’impact des réformes sur les différents secteurs de développement. 

Si la création des revues mensuelles/trimestrielles (Tableau de Bord Mensuel de l’Economie Guinéenne et la Note de Conjoncture de l’Economie Guinéenne) a été effective, la large diffusion des informations concernant les allocations des ressources, l’organisation régulière des points de presse par le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF) afin de présenter au public la situation économique et financière du pays  ainsi que des informations sur l’impact des réformes sur les différents secteurs de développement font toujours défaut. 

En conclusion, la corruption génère non seulement les inégalités sociales mais aussi et surtout une mauvaise allocation des ressources. De plus, elle détériore le climat des affaires et aggrave la pauvreté. Bref, elle remet en cause les conditions du marché et le principe de la libre concurrence.  

Lutter efficacement contre la corruption en Guinée dans le cadre de cette transition politique sera à notre humble avis très difficile surtout que les principaux services publics sont touchés par ce type de pratiques. Aussi, les citoyens et le secteur privé ont souvent vendu leur soutien aux différents partis qui se sont succédés au pouvoir en échange d’obtention des possibilités de rentes ou de concessions.  

De plus, l’Etat guinéen a souvent octroyé de façon injustifiée des licences et des exonérations abusives à plusieurs niveaux occasionnant ainsi un manque à gagner énorme au niveau des recettes publiques et de surcroit des difficultés d’exécution des dépenses allant dans le sens du développement économique. A cela s’ajoutent le manque de transparence dans les procédures d’appel d’offres et de passation de certains marchés publics.  

Dans la même lancée, les nominations à des postes de responsabilité ont été longtemps fondées sur une distribution de postes de récompenses à des agents qui n’ont pas la compétence requise. Tous ces facteurs ne sont pas propices pour la bonne marche de l’économie. 

Si aujourd’hui, les villas et les terrains des quartiers nantis de la capitale Conakry sont inaccessibles à la majeure partie de la population guinéenne, c’est en partie le fait de la corruption qui, affaibli chaque jour, un peu plus, la solvabilité des fonctionnaires et autres travailleurs intègres. Ces villas et terrains sont en effet vendus à des prix artificiellement élevés et comparables à ceux pratiqués dans les grandes capitales occidentales telles que Paris et Washington DC (Badara Dioubate, 2009).    

Pour mettre ainsi fin à cette situation, les nouvelles autorités du pays doivent s’atteler à créer des conditions de transparence, de disponibilité et de fiabilité de l’information car, le grand laxisme juridico-judiciaire que nous avons connu de par le passé, la désinformation, l’insécurité, les détournements des recettes ainsi que les dépenses publiques de leur objectif, sont des terreaux propices aux délinquants de tout genre et offre ainsi des possibilités beaucoup plus larges aux bandits à col blanc.

Ce sujet reste entier et mérite d’être murie de par tous les guinéens afin d’extraire les paisibles populations à l’extrême pauvreté qui n’a que trop durée.   

Safayiou DIALLO, analyste économique

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