Alors qu’on s’achemine vers la fin du Ramadan (mois de jeûne musulman), des citoyens, à la recherche d’une tenue de fête pour célébrer l’Aïd El Fitr (la fête de Ramadan), envahissent les ateliers de coutures du Km36 (dans la préfecture de Coyah). Et, les tailleurs, pour honorer leurs engagements et satisfaire le maximum de clients, travaillent jour et nuit. Certains, tellement débordés de travail, rejettent les derniers clients pour sûrement éviter les embrouilles le jour de la fête, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans les ateliers, le bruit des machines à coudre vous interpellent de loin. Et partout, sur le sol et les tables, des morceaux de tissu y sont posés. On y travaille à temps plein pour respecter les délais contractuels donnés aux clients. Maitre Ibrahima Camara est agréablement surpris de l’affluence qu’il enregistre cette année dans son atelier.

Ibrahima Camara, maître tailleur au km36

« Depuis que j’ai commencé ce métier en 1994 jusqu’à nos jours, je n’ai jamais eu autant de clients que cette année. Pour preuve, depuis le 9ème jour du Ramadan j’ai commencé à refouler du monde. Donc, nous sommes là nuit et jour pour satisfaire les clients. J’ai une quarantaine d’apprentis repartie en deux groupes. Le premier groupe travaille pendant toute la journée et le second prend la relève la nuit jusqu’au matin. Chaque jour il y’en a qui viennent prendre leurs habits. Mais, il y a encore beaucoup à faire. Pour le moment je ne peux pas dire exactement si je vais finir le tout d’ici la fête ; mais, je me bats par tous les moyens pour satisfaire tous mes clients. Parce que quand tu mens à la plus part de tes clients, ils ne viendront plus vers toi. Depuis le début du ramadan jusqu’à présent je ne me suis pas disputé avec quelqu’un. Je continue à me battre pour que ceux qui n’auront pas leur compte soient peu. Il y en a certains (des clients) aussi qui viennent à la dernière minute t’imposer leurs habits. Même si tu les rejette ils vont insister, parce qu’ils ont confiance en la qualité de ton travail. D’où la cause des surcharges », a indiqué maitre Ibrahima Camara, qui s’active encore derrière sa machine.

De son côté, maitresse Fatoumata Biaye est aussi envahit de demandes. Ça lui fait certes assez de boulots, mais elle n’a pas l’air de s’en plaindre.

Fatoumata Biaye, couturière au marché du km36

« Pour dire vrai, il y a de l’affluence cette année. Nous travaillons à plein temps, parce qu’on a beaucoup d’habits. Nous avons deux équipe qui s’alterne nuit et jour pour pouvoir coudre l’essentiel des habits. Jusqu’à présent les clients ne font que venir. Mais, tous ceux qui envoient maintenant avec des modèles compliqués sont rejetés. À date, nous ne prenons que ceux qui veulent les modèles simples. Quand même nous comptons libérer tous ceux qui sont venus tôt ici avant le jour de la fête », a-t-elle confié.

Pour sa part, Bafodé Soumah a 20 complets chez son tailleur qu’il appelle affectueusement maitre Ibro. Et, il est venu s’enquérir de l’avancement de son travail.

Bafodé Soumah, client

« Il y a beaucoup de tailleurs qui se trouvent là où je suis à Sanoyah. Si vous me voyez fuir tous ceux-ci c’est justement par rapport à la qualité du travail. Vous savez, quelque soit ta compétence, il faut aussi être droit et honnête pour que les gens vous fassent confiance. Il faut surtout respecter ta parole envers la clientèle. Lui, quelque soit la situation, il te dit la vérité par rapport à ce qu’il peut faire ou pas. Ce n’est pas l’argent qui l’intéresse en premier, contrairement à beaucoup d’autres tailleurs. J’ai une vingtaine de complets à coudre avec lui comme ça. Moi, à mon tour, je vais aller vendre dans le quartier, dans les écoles et autres lieux publics. Présentement, sur les 20 complets, il ne lui reste que 3 complets à coudre. Je pense qu’il va aussi respecter son engagement comme il l’a toujours fait », se montre-t-il rassuré.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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