L’ONG Terre des Hommes a été sollicitée pour apporter son expertise dans l’amélioration des conditions de vie et l’appui à la réinsertion socioprofessionnelle des détenus dans neuf (09) établissements pénitentiaires de la Guinée. Après 36 mois d’exercice sur le terrain, la structure a démarré ce mercredi, 11 mars 2020, un atelier de capitalisation des expériences au siège du ministère de la Justice. La démarche vise à tirer les leçons sur les actions réalisées et formuler des recommandations pour l’atteinte des objectifs, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le Programme d’Appui à la Réforme du secteur de la Justice (PARJU), financé par l’Union Européenne, a été mis en œuvre en Guinée en rapporte avec le ministère de la Justice. C’est dans ce cadre que Terre des Hommes a été sollicitée pour agir dans neuf (09) établissements pénitentiaires du pays : Conakry, Coyah, Boké, Kindia, Mamou, Labé, Siguiri, Kankan et N’zérékoré. Cet atelier de deux jours vise à faire le bilan de sa prestation après trois ans d’exercice.

David Bridier, représentant de Terre des Hommes en Guinée

Dans son discours, David Bridier, le représentant de l’ONG Terre des Hommes en Guinée, a rappelé que l’intervention de la structure dans les prisons a tourné autour de 3 axes. « Le premier axe a concerné la réhabilitation des infrastructures pénitentiaires. Un énorme travail a été fait à ce niveau sur les latrines, les douches, le système d’adduction d’eau potable, l’assainissement et à certains endroits l’électrification des cellules. »

Parlant du 2ème axe d’intervention de Terre des Hommes, David Bridier a évoqué la formation des détenus et ex détenus, la formation de 75 magistrats, la révision du Code de l’Enfant. « Le deuxième axe a porté sur la réinsertion éducative et socioprofessionnelle des détenus. A ce niveau, nous avons travaillé avec plus de 100 jeunes, ex détenus. Aussi, des cours d’alphabétisation, de remise à niveau et des modules sur des compétences de la vie courante ont été dispensées aux détenus au sein des établissements pénitentiaires. Nous avons, par ailleurs sur ce même volet, travaillé à l’appui du système judiciaire, avec notamment la formation de 75 magistrats à la fonction de juge d’application des peines qui permettra à terme de prononcer des peines alternatives pour des personnes condamnées et éviter ainsi des incarcérations pour des délits mineurs. Terre des Hommes a aussi contribué à la révision du Code des enfants dont nous nous réjouissons de sa validation le 03 décembre 2019 à l’Assemblée nationale ».

Pour ce qui est du 3ème axe, le représentant de l’ONG Terre des Hommes en Guinée a parlé des réalisations effectuées sur le plan sanitaire au bénéfice des détenus. « Le troisième axe sur lequel nous avons travaillé est celui de la santé des détenus, à travers la réhabilitation et la construction de certaines infirmeries dans les structures pénitentiaires. Nous avons aussi travaillé à la dotation de médicaments essentiels dans les infirmeries, mais également à travers des formations continues du personnel de santé de prison et des séances de sensibilisation des détenus et du personnel pénitentiaire sur l’hygiène ».

Idrissa Santé, chef cabinet ministère de l’action sociale

Partie prenante dans la mise en œuvre des activités de Terre des Hommes, le ministère de l’Action Sociale a joué sa partition pour cette intervention en milieu carcéral. Selon Idrissa Sané, chef de cabinet au ministère de l’Action Sociale, « notre travail consistait à développer la médiation pénale pour les enfants et les femmes pour leur éviter l’incarcération pour les délits, mettre en place des peines alternatives à la détention pour les mineurs et les femmes, assurer des formations tant à l’interne qu’à la sortie des prisons pour les mineurs et les femmes pour une meilleure insertion socioprofessionnelle », a-t-il dit.

Mohamed Lamine Fofana, ministre de la Justice, garde des Sceaux

Présidant l’ouverture des travaux, Mohamed Lamine Fofana, ministre de la Justice, garde des Sceaux, s’est félicité des travaux réalisés par l’ONG avant de demander à plus d’actions pour pérenniser ce qui est fait. « Il convient de poursuivre ces efforts sur certains défis qui sont de taille : comment assurer la maintenance et l’entretien des ouvrages réalisés au cours du projet et poursuivre ces efforts au sein de toutes les prisons en Guinée ? Comment garantir la réduction des effectifs des prisons qui sont systématiquement surpeuplées à cause des détentions préventives trop longues via peut-être la médiation pénale, le développement des maisons de justice, l’application de peines alternatives, le développement des foyers pour mineur, la construction d’un tribunal pour enfants, ceci en coopération avec le ministère de l’Action sociale ? Comment répondre aux problématiques de santé et d’hygiène au sein de nos prisons avec une coopération accrue avec le ministère de la santé et une stabilisation du personnel de santé au sein des établissements pénitentiaires ? Comment permettre aux détenus de se créer un avenir au sein de notre société ? Comment éviter l’incarcération des mineurs et leur projet de peines alternatives à la détention ? Je compte pleinement sur le dynamisme qui anime chacun de vous, sur vos expériences et vos compétences de dresser une liste de recommandations qui doit être validée à la clôture du présent atelier, avec un plan d’action pour leur mise en œuvre ».

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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