Pollution de l’environnement : l’ONG ACOREC alerte sur les menaces qui pèsent sur la rivière de Kakimbo

Victime d’une forte pollution, la rivière de Kakimbo (en banlieue de Conakry) est aujourd’hui sérieusement menacée de disparition. C’est ce qui ressort d’un constat effectué sur le terrain le vendredi 7 mai 2021 par l’ONG ACOREC avec les autorités concernées par cette situation. L’initiative vise à amener les décideurs à prendre des mesures fortes pouvant sauver cette rivière, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est en compagnie de représentants de la mairie de Ratoma et du gouvernement guinéen (à travers le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement) que les responsables de l’ONG « Agissons Contre le Réchauffement Climatique » (ACOREC) ont effectué une visite dans la forêt classée de Kakimbo. L’objectif était de constater l’état de la rivière qui se trouve sur les lieux, abandonnée à la merci d’eaux usées et de déchets de tous genres en provenance des quartiers environnants. Une façon pour l’ONG, dirigée par Abdoulaye  Gonkou Bah, d’attirer l’attention des autorités sur cette situation préoccupante.

Abdoulaye Gonkou Bah, secrétaire exécutif  d’ACOREC (Agissons Contre le Réchauffement  Climatique)

« Nous sommes sur le site de Kakimbo, dans la commune de Ratoma, suite à un constat de pollution de l’eau de la rivière de Kakimbo. Cette rivière se trouve dans la forêt de Kakimbo qui est une forêt historique et qui qui avait en son sein 71 têtes de sources, parmi lesquelles il ne reste que 5 à 6 aujourd’hui. Et, ces têtes de sources sont aujourd’hui polluées. C’est la raison pour laquelle nous sommes là aujourd’hui avec les responsables de la commune de Ratoma en charge de l’assainissement et d’autres du département de l’Hydraulique et de l’Assainissement.

L’objectif de cette visite de terrain est d’abord de tâter le terrain, puis interpeller les autorités afin de trouver avec tous les acteurs concernés par ce phénomène les solutions qu’il faut. Ici, le constat est qu’il y a de l’eau sale qui coule des quartiers et d’une origine que nous ignorons et se jette dans la rivière. En plus de ça, il y a des déchets de tous genres qui sont aussi déversés au niveau de cette rivière. Donc c’est un devoir pour nous en tant qu’ONG chargée de la protection de l’environnement de venir voir ça, alerter et agir dans le sens de lutter contre la pollution avec tous les acteurs concernés », a dit le secrétaire exécutif de l’ONG ACOREC.

En plus des eaux sales et des déchets qui envahissent cette rivière, l’organisation de la société civile est préoccupée aussi par la disparition progressive de la forêt de Kakimbo. C’est pourquoi, elle a initié le concept : un anniversaire un arbre pour encourager le reboisement.

Saikou Amadou Diallo, formateur de l’ONG ACOREC (Agissons Contre le Réchauffement Climatique)

« Nous avons  constaté que la jeunesse est animée par la coupure des gâteaux d’anniversaire. On prend des gâteaux luxueux et on va dans des lieux luxueux pour les couper. Et le lendemain, il n’y a aucune utilité pour la société. 

Donc nous nous sommes dit de penser à l’importance de l’arbre qui filtre 28kg de la pression atmosphérique, qui refroidit l’air comme 19 climatiseurs qui fonctionnent en même temps, qui est un abri pour les oiseaux, qui donne l’oxygène que nous respirons et absorbe le gaz carbonique que nous expirons. C’est cet arbre-là qui favorise la pluviométrie et qui nous procure des fruits. Il intervient également dans le cadre de la protection de la biodiversité, parce qu’on dit que la disparition d’une espèce végétale peut entraîner la disparition de 30 espèces animales. Et ce concept un anniversaire un arbre est parti là », a indiqué Saïkou Amadou Diallo, un autre responsable de l’ONG ACOREC.

Cellou Diallo, conseiller communal de Ratoma et président de la commission environnement et développement durable

Au terme de cette visite dans la forêt de Kakimbo, le représentant de la commune de Ratoma a promis de rendre aux responsables de la mairie pour que des dispositions soient prises par rapport à la pollution qui menace cette rivière. « De ce constat, nous allons  faire le compte-rendu à monsieur le maire et nous allons également mettre en branle le service qui s’occupe des eaux et forêts pour rechercher d’où vient cette eau sale et les déchets qui polluent la rivière de Kakimbo. De 2018 à nos jours, nous sommes en train de travailler avec cette ONG qui est en train de faire un travail remarquable pour le reboisement de cette forêt.

Mais aujourd’hui, le plus gros défi, c’est la sécurisation de ce petit espace qui reste de cette forêt. Pour cela, nous à la mairie, nous allons nous organiser pour alerter les autorités du haut niveau, peut-être tout le gouvernement pour qu’on puisse protéger cette forêt ainsi que toutes les autres qui se trouvent  dans notre commune. Je voudrais également dire à cette occasion, qu’il faut que les citoyens se rendent compte que les déchets qui sont jetés dans la rivière peuvent retourner souvent dans nos assiettes. L’eau polluée jetée dans la mer peut aussi retourner dans nos assiettes », a dit Mamadou Cellou Diallo, président de la commission environnement et développement durable à la mairie de Ratoma.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com 

Tél. : 622919225

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