Mamadouba Toss Camara

Au sortir de la salle où il a été porté à la tête de la mairie de Matoto, Mamadouba Toss Camara a annoncé devant la presse, que seuls les conseillers de l’UFDG n’ont pas pris part au vote, tenu à huis clos. Il a déclaré que 31 conseillers sur les 45 que compte la mairie ont participé à l’élection et que 30 ont voté pour lui, et l’autre a fait un bulletin nul. Mais, l’UFDG a aussitôt démenti cette version en soulignant qu’en plus de ses 14 conseillers, les élus d’autres partis n’étaient pas présents dans la salle.

Et, le PEDN de Lansana Kouyaté aussi vient de démentir le nouveau maire de Matoto. Selon Faya François Bourouno, le porte-parole de cet autre parti d’opposition, le conseiller élu de la formation politique à Matoto n’a pas pris part à l’élection organisée hier, jeudi 06 février 2019. Il indique ce dernier ne se trouve même pas en Guinée actuellement.

« Monsieur Bangaly Kourouma, conseiller élu du PEDN à la mairie de Matoto, est au Canada, donc il n’a pas pris part à cette élection. Ce qui s’est passé à Matoto hier, est un rejet de la démocratie dans le pays. Je crois qu’il y a lieu de tirer les leçons de tout ce qui s’est passé ces dernières années pour que vraiment une véritable lutte soit engagée. Une lutte dépersonnalisée, mais une lutte très objective. Parce que ce qu’on est en train de vivre, c’est comme s’il ne sert à rien de parler maintenant d’élection dans ce pays.

Les citoyens ne peuvent pas fournir tous les sacrifices, consentir tous les efforts, les partis politiques se mobilisent, et après on fait dérouter ce choix des citoyens, on confie à quelqu’un qui n’a pas la légitimité requise pour diriger, pour assumer un poste électif. Soit on en démocratie, soit un est dans un autre mode de gouvernance. Il faut qu’on le dise clairement aux guinéens », a réagi François Bourouno.

Pour ce responsable du Parti de l’Espoir pour le Développement National, il n’y avait même pas besoin de reprendre l’élection du maire. Pour lui, Kalémodou Yansané, le candidat de l’UFDG, a remporté l’élection organisée le 15 décembre 2018 et c’est lui qui devait être le maire de Matoto. « Il y a eu une élection, tout le monde a vu les preuves, on a su tout ce qui s’est passé. On n’a pas compris pourquoi revenir sur des processus qui ne tiennent pas la route, qui sont complètement en déphasage avec le contenu de notre cadre juridique en matière d’organisation des élections dans notre pays. C’est pourquoi nous disons, soit on choisit d’aller sur des principes démocratiques où c’est la volonté du peuple qui doit s’exprimer, qui doit être respectée, ou alors on choisit d’aller vers un autre mode de désignation de nos responsables.

Comme ça, on rassure au-moins les Guinéens sur l’option qui est choisie et on maintient la quiétude dans le pays. (…) La seule chose qu’on peut dire à toute la classe politique entière, surtout à la classe politique de l’opposition, sans que ça ne soit destiné à un seul parti politique, c’est que les compromis et le dialogue sont possibles en démocratie. Mais si on n’est plus en démocratie, nous pensons que tout processus de dialogue n’a plus son sens. Donc, il est important qu’on tire les leçons de ce qui se passe et de ce qui s’est passé durant toutes les dernières années pour que nous assumions notre choix d’être opposants », a-t-il dit.

François Bourouno estime qu’il n’est d’ailleurs même pas important qu’on élise désormais des conseillers communaux et des vices maires.Et pour cause, il cite une récente décision du ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Bouréma Condé. Décision qui vise, selon lui, à faire en sorte que les mairies soient inféodées au ministère. « La grande question que les gens ne posent pas aujourd’hui d’ailleurs, c’est : est-ce que ça a du sens à avoir des maires dans nos communes et ou à avoir des exécutifs communaux dans nos communes ? Il y a un courrier du ministre de l’Administration du Territoire qui dit que dans toutes les communes, il n’y a que le maire, le secrétaire général et le receveur communal qui doivent avoir des bureaux dans les locaux de la commune.

Donc, même les adjoints n’ont pas droit à un bureau pour travailler dans la commune. Il dit que c’est au besoin que les maires adjoints et les autres conseillers doivent venir à la commune. Dans quel pays alors on est ? Pourquoi on élit tous les conseillers ? Ce qui remet en cause tous les efforts qu’on est en train de consentir-là. Donc, on se casse la tête pour dire qu’on est maire, on est vice maire, mais ça n’a pas de sens. Parce que tout ce qui est fait là, c’est pour que l’Administration du Territoire ait une suprématie de contrôle sur le fonctionnement des exécutifs communaux », a laissé entendre monsieur Bourouno.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin