Comme on le sait, le ministère de l’Administration et celui de la sécurité et de la protection civile ont signé un arrêté conjoint annonçant la suppression des barrages routiers non conventionnels. La mesure visait, disent-ils, à soulager les usagers de la route et de mettre fin aux tracasseries policières. Seulement, cette décision des autorités est complètement ignorée sur la route nationale Dubéka-Télimélé, via Koubia-Souapiti où les rackets se font à la vue de tous les usagers, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui a récemment emprunté cette route.

Sur la route Dubréka-Télimélé, en dehors de celui de Bawa qui est conventionnel, au moins six barrages y sont érigés à des distances souvent très réduites. Et, au niveau de ces barrages, les rackets se font à ciel ouvert par des gendarmes et des policiers en toute impunité.

En provenance de Dubréka, on trouve le premier barrage à la sortie de Koubia. Sur place, le chauffeur de chaque véhicule de transport en commun est sommé de payer 20.000 francs guinéens aux agents véreux. Ces derniers appellent cela « levée de barrage ».

A quelques kilomètres de là, un autre barrage est mis en place par des gendarmes qui n’hésitent pas à tendre la main au chauffeur pour demander encore et encore la « levée de barrage ». A Bâdi Tondon, on note l’existence de deux autres barrages : un à la rentrée et l’autre à la sortie. Le 5ème barrage se trouve, quant à lui, sur les hauteurs du barrage Souapiti. Un autre barrage (le 6ème que nous avons pu compter) se trouve à la rentrée de Kambaya, un district relevant de la sous-préfecture de Sinta.

Pour un chauffeur qui fait la navette entre Koubia (dans la préfecture de Dubréka) et la sous-préfecture de Sinta (dans la préfecture de Télimélé) ces rackets lui coûtent une petite fortune. Au total, chaque chauffeur est obligé de débourser 140 000 francs guinéens (pour un voyage aller-retour) comme frais de « levée de barrage ».

Mais, le plus inquiétant avec ces rackets, c’est le fait que la sécurité est le cadet des soucis des agents qui s’y trouvent et qui saignent les maigres économies des pauvres chauffeurs. Aucun contrôle physique des passagers et des véhicules n’y est effectué. Avec une banalité démesurée, les agents qui s’y trouvent se contentent simplement de renflouer leurs grosses poches avec quelques billets de banques froissés. Et, ils sont très prompts à s’agripper sur le volant de la voiture d’un chauffeur qui refuserait de donner le « prix de la cigarette ».

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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