Siguiri : le litre d’essence vendu à 11 500 GNF dans une station à Kintinia

26 mai 2019 à 17 05 48 05485

Un vent de panique s’était emparé de la Guinée la semaine dernière suite à une rumeur sur une éventuelle crise de carburant. Mais, les autorités ont vite fait de communiquer pour rassurer les citoyens. Toutefois, des hausses fantaisistes du prix du litre à la pompe ont été enregistrées à l’intérieur du pays. C’est le cas dans un des districts de Kintinian, dans la préfecture de Siguiri où le litre d’essence se vend à 11 500 francs guinéens, a appris sur place Guineematin.com à travers son correspondant.

L’augmentation fantaisiste du prix de carburant ne se remarque pas qu’au niveau du marché noir à Siguiri. Selon nos informations, dans le district Mankinti, relevant de la sous préfecture Kintinian, le litre d’essence est vendu à 115 000 francs guinéens dans les stations-services. Notre source précise que l’ordre de vendre le litre à ce prix serait venu du président dudit district.

Selon Ousmane Cherif, citoyen domicilié à Mankinti, joint par notre reporter, « ici, le carburant est vendu à la pompe à 11 500 FG. Hier nuit (samedi, 25 mai 2019), nous sommes allés à la pompe pour être servi. Nous avons trouvé qu’ils revendaient à 11 500 FG le litre. Les pompistes nous ont dit que l’ordre venait du président de district. ».

Une information confirmée par un agent de la sécurité communale. Pour Mamady Camara « c’est vrai. Je suis de la sécurité communale. Depuis hier nuit, j’étais informé de la situation. Ce dimanche matin, je suis venu en personne pour voir. Ils vendent à 11 500 FG. Nous avons demandé au président du district d’arrêter la vente ».

Joint par notre reporter pour sa part de vérité, El hadji Moussa Condé, le président du district de Mankinti, reconnaît la vente du litre à 11 500 FG. Mais, il rejette son implication. « Je sais qu’ils vendaient à 11 500 FG. Mais, je ne suis pas impliqué dans l’affaire », a-t-il lancé laconiquement.

Le directeur préfectoral des hydrocarbures de Siguiri n’a pas voulu se prêter aux questions de notre reporter.

De Siguiri, Bérété Lanceï Condé pour Guineematin.com

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Déguerpissements des populations à Dar-Es-Salam : l’UFD dénonce

26 mai 2019 à 17 05 39 05395
Mamadou Baadiko BAH, président UFD

Déclaration : Sur la lancée de Demodoula, Kaporo-Rail et Kipe2, les démolisseurs se sont attaqués au quartier de Dar-es-Salam. Avec une brutalité et une hargne redoublées, le gouvernement poursuit sa politique de déguerpissement contre les populations démunies.

La première question qu’on doit se poser dans ces conditions, c’est de savoir : quelle urgence y avait – il à lancer ces opérations aux graves conséquences humanitaires, en plein mois de Ramadan, avec des populations en grande partie musulmanes, à l’orée de la saison des pluies ?

En fait tout se passe comme si le gouvernement était pressé d’administrer, non pas une simple punition à des gens qui se sont retrouvés en marge de la loi, mais plutôt un véritable châtiment. Malgré toutes les suppliques des populations concernées et les appels de toutes sortes à la raison et à la responsabilité, le gouvernement se montre totalement insensible aux malheurs du petit peuple, traité avec arrogance et mépris. Pour seule réponse, le pouvoir corrompu et incompétent, rejette la responsabilité de leurs malheurs sur les victimes de sa politique anti-populaire, comme à Dabondy où le déferlement nocturne d’ordures a fait récemment 5 morts.
Dans un communiqué du conseil des ministres en date du 14 mars 2019, le gouvernement – certainement pour donner le change – avait repris en grande partie les propositions faites par l’UFD dans notre communiqué publié le 13 mars 2019. Mais toutes ces belles promesses, comme toutes celles que fait le pouvoir, sont restées lettre morte. La folie destructrice n’a fait qu’empirer. Les actions en cours, loin de contribuer positivement à la résolution des problèmes urbanistiques vieux de plus de 60 ans, ne font qu’aggraver la misère des populations.

Avec ces opérations inhumaines, menées avec un amateurisme déconcertant, le masque est tombé. Voilà donc la véritable nature de la politique du président Alpha Condé. Aux populations les plus pauvres et les plus vulnérables, c’est la réponse des bulldozers et des forces de sécurité. Aux élites prédatrices et corrompues, aux délinquants en col blanc, c’est le laxisme et l’impunité, quand ce ne sont pas les honneurs.

Face à ces actes ignobles, nous exigeons :

. Une aide immédiate aux victimes nécessiteuses des déguerpissements
. Le recasement puis l’indemnisation correcte, sans exception de tous les déguerpis
. L’arrêt immédiat des démolitions jusqu’ à la fin de la saison des pluies et la confection d’abris provisoires en cité de transit pour les habitants exposés aux éboulements en saison de pluie
. La publication immédiate des sites concernés par le programme de déguerpissement sur toute l’étendue du territoire et le calendrier de déguerpissement
. Des poursuites judiciaires en responsabilité civile et pénale contre les agents de l’administration ou des communes ayant délivré des documents illégaux d’occupation du domaine public
. L’intensification des actions de sensibilisation des populations installées dans des zones insalubres et dangereuses.

Nous appelons à une puissante mobilisation populaire pour contraindre le gouvernement qui ne compte que sur la force, la corruption et la duplicité, à se plier à ces exigences très raisonnables dans tout pays civilisé.

Fait à Conakry, le 26 mai 2019

Pour le Bureau Exécutif National

Le Président Mamadou Baadiko BAH

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Dix derniers jours du Ramadan, Aumône de la rupture : Oustaz Ramadan Bah à Guineematin

26 mai 2019 à 14 02 51 05515
Oustaz Mohamed Ramadan Bah, chroniqueur islamique et imam au quartier Koloma

Les fidèles musulmans du monde ont entamé ce dimanche, 26 mai 2019, la dernière partie du mois de Ramadan. Plus importante des trois phases de ce mois de pénitence, cette étape est également la plus difficile. Elle requiert du jeûneur davantage de courage, de dévouement et d’abnégation. Pour parler de ces 10 derniers jours du Ramadan : les actes d’adoration requis et les avantages qui en découlent, Guineematin.com a reçu comme invité Oustaz Mohamed Ramadan Bah, chroniqueur islamique et imam au quartier Koloma.

Décryptage !

Guineematin.com : parlez-nous de la particularité des 10 derniers jours du mois de Ramadan et leur importance pour les jeûneurs.

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : les 10 derniers jours du mois de Ramadan, c’est la partie la plus importante de ce mois. Vous savez, le mois est subdivisé en trois parties : la première partie est appelée miséricorde, la 2ème partie le pardon, et la 3ème partie l’affranchissement de l’enfer. Donc, cette partie est la plus importante parce qu’il se trouve dans cette partie, la nuit du destin qui est « Laylatoul Gadri ». Donc Laylatoul Gadri se trouve dans les 10 dernières nuits du mois de Ramadan. Le prophète Mohamed (PSL) a dit de rechercher cette nuit dans les 10 dernières nuits du mois de Ramadan. Cette nuit est très importante puisque Allah nous dit dans le Saint Coran que cette nuit est meilleure que mille mois.

Donc, si on adore Allah dans cette nuit de Laylatoul Gadri c’est comme si on avait adoré Allah pendant plus de mille mois. Mille mois c’est un peu plus de 83 ans 4 mois. Et, l’adoration d’Allah pendant cette nuit dépasse les mille mois, donc c’est très important. Nous savons qu’à notre temps, il est rare de voir quelqu’un atteindre 80 ans à plus forte raison dépasser 80 ans. Donc avoir une récompense qui est égale ou plus à 80 ans, c’est énorme. Donc voilà pourquoi cette dernière partie est très importante pour les musulmans.

Guineematin.com : alors, qu’est-ce qui est particulièrement demandé aux musulmans pendant ces dix derniers jours de ce mois de Ramadan ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : pendant ces dix derniers jours, surtout ces dix dernières nuit, c’est de prier, d’aller dans les mosquées, faire cette prière nocturne appelée Ghyamou Layli. Faire tout pour assister à cette prière et pendant les 10 ou 9 nuits. Donc cette prière, tout le monde peut y participer : les hommes, les femmes, les enfants, tout le monde. En tout cas, le Prophète Mohamed (PSL), quand cette 3ème partie du mois de Ramadan arrivait, il se levait, il attachait la ceinture et il réveillait sa famille. Tous ceux qui peuvent prier, il les réveillait pour participer à cette adoration. Donc c’est ce qui est demandé aux musulmans : d’aller dans les mosquées de minuit jusqu’à 4 heures du matin pour faire cette prière.

Il y a aussi une invocation à faire pendant cette période. Notre mère Aïcha, épouse du Prophète Mohamed (PSL) a demandé au Prophète : quand arrive la dernière partie du mois de Ramadan qu’est-ce qu’elle doit dire. Le prophète Mohamed (PSL) lui a dit de faire l’invocation suivante : Dieu, tu pardonnes, tu aimes à pardonner, pardonne-moi. Donc, c’est cette invocation qu’il faut réciter pendant ces dix derniers jours. Nuits et jours, surtout pendant la nuit. Ça c’est très important pour les musulmans. Donc, il faut retenir cette invocation. C’est la seule invocation que le Prophète Mohamed (PSL) a enseignée à notre mère Aïcha pour réciter quand arrive cette dernière partie du mois de Ramadan.

Guineematin.com : celui qui jeûne et fait tous ces actes d’adoration, à quoi peut-il s’attendre comme récompense ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : la récompense, comme on l’a dit à l’entame, si Allah nous donne la chance de tomber sur la nuit de Laylatoul Gadri, puisque personne ne sait dans ces 10 dernières nuits où se trouve Laylatoul Gadri. Personne n’en a cette connaissance. Il y a beaucoup qui se trompent, ils pensent que cette nuit se trouve dans la nuit du 26 au 27. Mais cela n’est pas fondé. Donc, c’est de rechercher cette nuit dans les 10 dernières nuits. Si Allah vous accorde la chance et que vous tombez sur cette nuit, vous avez la récompense de quelqu’un qui a adoré Allah pendant plus de 83 ans et 4 mois.

Guineematin.com : après le jeûne, les musulmans doivent s’acquitter aussi du Zakatoul Fitr ou aumône de la rupture. Parlez-nous de cette aumône, et quelle est son importance ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : l’aumône de la rupture, c’est une aumône qui n’est pas comme les autres. Nous savons que l’aumône de façon générale, c’est quelqu’un qui est nanti, qui a les moyens, qui est censé la donner. Mais ici, ça ne demande pas beaucoup des moyens. Ici, même le bébé qui est né le jour de la fête, avant la prière, il doit donner cette aumône. C’est une aumône qui n’est pas comme les autres. C’est le chef de famille, c’est-à-dire le père de la famille qui doit s’acquitter de cette aumône, et pour lui et pour tous les membres de sa famille et tous ceux qui travaillent pour lui y compris les domestiques. Donc c’est la particularité de cette aumône qui est appelée Zakatoul Fitr. En tout cas, si on a de quoi manger et il y a du reste le jour de la fête, il faut donner forcément, obligatoirement cette aumône.

Guineematin.com : à quel moment doit-on donner cette aumône ?

Outaz Mohamed Ramadan Bah : il faut d’abord préciser que cette aumône, c’est 2 kg et demi de riz, parce que c’est le riz qui est l’aliment le plus consommé chez nous, donc c’est 2 kg et demi par personne : du père de famille jusqu’au dernier bébé, chacun doit enlever 2 kg et demi de riz. Et ça, il faut le dire, ce n’est pas une bascule qu’il faut utiliser pour peser, il y a un pot qui est conçu spécialement pour ça, c’est lui qu’il faut utiliser. Aussi, ce n’est pas l’argent qu’il faut enlever, c’est de la nourriture, la nourriture que nous consommons. Si c’est le riz que nous consommons, on doit enlever du riz, si c’est du maïs, il faut enlever du maïs, mais il ne faut pas donner de l’argent.

Au temps du Prophète Mohamed (PSL), il y avait de l’argent, mais il n’a pas donné de l’argent. On donne l’argent quand il n’y a de personnes qui ont besoin de la nourriture. Et ça, je crois ce n’est pas en Guinée. Je ne crois pas qu’il y a un endroit en Guinée où on a des gens qui n’ont pas besoin de la nourriture, surtout le riz. Donc il faut aller acheter le riz, peser avec le pot et donner ça aux pauvres musulmans. On peut commencer à distribuer cette aumône dès le 28ème jour du Ramadan. Mais il est préférable de donner cette aumône le jour de la fête, avant la prière. On se lève très tôt après la prière de l’aube, on compte les membres de la famille, on pèse avec le pot et automatiquement on commence à distribuer.

Et aussi, il est préférable de réunir cette aumône dans les mosquées. C’est meilleur. Pourquoi ? Parce que la plupart des pauvres viennent dans les mosquées. Donc, amener cette aumône dans les mosquées est mieux. Là aussi, la distribution doit se faire rapidement. Mais, ce qu’il faut éviter aussi, il y a beaucoup de mosquées où quand on amène l’aumône là-bas, les gens qui sont chargés de la collecte ne redistribuent pas. Ils prennent ça pour eux-mêmes. Ça, c’est interdit. Ce n’est pas dans toutes les mosquées, mais il y a des endroits où c’est comme ça que ça se passe. Donc ça, c’est quelque chose qu’il faut éviter. Quand on réunit cette aumône au niveau des mosquées, il faut penser aux pauvres parce que cette nourriture appartient aux pauvres.

Comme l’a dit le Prophète Mohamed (PSL), cette nourriture c’est pour les pauvres. C’est pour les aider à ne pas quémander le jour de la fête. Ce jour-là, comme tout le monde est dans la ferveur, dans la joie, eux aussi ils doivent participer à cela. Donc voilà, pourquoi cette aumône a été prescrite.

Interview réalisée par Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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Cancer de la peau : causes, symptômes, traitement… Prof. Bangaly Traoré à Guineematin

26 mai 2019 à 14 02 38 05385
Professeur Bangaly Traoré, chef service de cancérologie Oncologie de l’Hôpital national Donka, basé à l’hôpital Jean Paul II

Bien que peu connue de nos concitoyens, le cancer de la peau gagne du terrain en Guinée et préoccupe de plus en plus de personnes. Cette maladie qui affecte les cellules de la peau de l’Homme, peut conduire parfois jusqu’à l’amputation du membre atteint. Mais, qu’est-ce qui entraîne ce cancer et comment le guérir ? Ce sont là entre autres les questions que Guineematin.com a posées au Professeur Bangaly Traoré, chef service de chirurgie oncologie à l’hôpital national Donka, qui nous a accordé une interview. Nous vous proposons ci-dessous notre entretien.

Guineematin.com : le cancer de la peau est une préoccupation de beaucoup de personnes dans notre pays. Parlez-nous de cette maladie qui reste encore peu connue dans notre pays.

Professeur Bangaly Traoré : merci de me donner l’opportunité de parler d’un sujet aussi important que le cancer de la peau. Le cancer de la peau est un ensemble de maladies caractérisées par une multiplication cellulaire anarchique des différentes cellules qui composent la peau. Donc la peau est un constituant de plusieurs types de cellules et chacune de ces cellules peut être le siège de développement du cancer. Donc en fonction des types de cellules affectées, on parlera des types de cancer.

Guineematin.com : qu’est-ce qui est à la base du cancer de la peau ?

Professeur Bangaly Traoré : contrairement à certaines maladies, en matière de cancérologie, on ne parle pas de causes. Plutôt on parle de facteurs favorisant parce qu’il n’y a pas de relations de causes à effets. Donc il peut y avoir du cancer et que pour ce cancer, il y ait un ou plusieurs facteurs. Alors, il y a des cancers dont on n’a pas identifié les causes. Pour le cancer de la peau, le facteur principal, c’est l’exposition solaire parce que la peau c’est l’écran, c’est l’enveloppe qui protège notre organisme. Alors, l’exposition au soleil entraîne des lésions ou des brûlures chroniques au niveau de la peau. Si ces lésions ne sont pas réparées, les cellules vont être atteintes et on va assister au développement du cancer. Donc c’est le principal facteur.

Ensuite, il y a des facteurs chimiques qui sont liées à des produits chimiques. C’est notamment tout hydrocarbure aromatisé polycyclique. Tous les produits contenant des hydrocarbures aromatisés polycycliques tels que le goudron peut entraîner l’apparition du cancer de la peau. Il y a également des produits comme l’alchimique qui étaient autrefois fabriqués pour traiter certaines lésions de la peau. Ces produits sont considérés comme des produits cancérigènes. Nous avons la consommation du tabac. Il y a également les facteurs infectieux notamment l’infection par le virus du papillome humain qui est d’espèce humaine de type 8, qui est aussi un virus d’opportuniste et qui ne se développe presque pas chez le sujet immunocompétent, donc qui se voit fréquemment chez le sujet infecté par le VIH. Ce virus entraîne surtout le cancer de sarcome de kaposi.

Alors, il y a des lésions précancéreuses de la peau qui sont des lésions qu’on considère comme des maladies cutanées préexistantes, qui constituent le siège de développement des cancers de la peau. Il y a des lésions asthéniques, c’est-à-dire ce sont des séquelles des brûlures entraînées par l’exposition solaire, donc qui constituent les toutes premières lésions avant l’apparition du cancer. Il y a des lésions en Afrique surtout, ce sont des lésions cancéreuses sur les cicatrices des brûlures, des anciennes cicatrices et des ulcères chroniques non traités, donc il peut y avoir l’apparition du cancer de la peau.

Il y a également des maladies génétiques qui prédisposent au développement du cancer de la peau tel que l’albinisme. Chez les albinos, il y a un défaut de pigmentation de la peau. Donc c’est ce qui fragilise leur peau vis-à-vis de leur exposition au soleil. Il des sujets, heureusement que c’est une maladie rare, qui ne réparent pas les lésions cutanées provoquées par le soleil. Ce sont des sujets atteints des xeroderma pimentosum qui est une maladie très rare dont les sujets ne réparent pas les lésions provoquées par le soleil et qui font le cancer de la peau à 100%. C’est-à-dire c’est sont ces sujets-là qui n’ont la paix que lorsqu’ils ne sont pas exposés à la lumière ou aux rayons solaires. Il y a aussi des taches noirâtres au niveau de la peau qui, une fois exposées au soleil ou victimes de microtraumatisme, peuvent avoir le cancer de la peau.

Guineematin.com : quels sont les signes de manifestation du cancer de la peau ?

Professeur Bangaly Traoré : il faut considérer que toute lésion, toute ulcération, tout bourgeon de la peau doit être considéré jusqu’à preuve contraire comme un cancer de la peau. Le plus souvent, surtout en Afrique, une plaie qui siège au niveau de la jambe qui ne cicatrice pas pendant plus de trois semaines doit être considérée comme une lésion cancéreuse. Lorsque la plaie persiste pendant longtemps, il y a une transformation cancéreuse. Lorsque sur une cicatrice apparaît une plaie qui ne guérit pas pendant plus de 3 semaines, ça aussi ça doit être considéré comme un cancer de la peau. Lorsqu’on a une tache noirâtre quelle que soit sa localisation, qui change de taille, d’aspect, qui s’ulcère, qui saigne, c’est un cancer de la peau que l’on peut considérer jusqu’à preuve de contraire.

Guineematin.com : est-ce que le cancer de la peau est-il guérissable ? si oui, comment se fait le traitement ?

Professeur Bangaly Traoré : c’est un des cancers qu’on peut guérir pratiquement à 100%, à condition que ces maladies soient vues à un stade précoce. La probabilité de guérison dépend des types de cancers. Il y a des cancers qui n’ont qu’une évolution locale c’est-à-dire qui ne se disséminent pas au niveau de l’organisme. Malheureusement, ces types de cancers ne sont pas fréquents chez nous les noirs. C’est un cancer qui est surtout trop fréquent dans la peau blanche. Les autres des cancers, sont des cancers qui ont des évolutions différentes qui peuvent, en fonction de leur stade, être traités.

Le traitement du cancer, quel que soit son emplacement, dépend de son stade de découverte et des moyens mis en place pour son traitement. Parmi les moyens que nous développons sur place, il y a la chirurgie, la chimiothérapie, les traitements médicaux du cancer. Il y a un volet important, le traitement qui nous aide pour optimiser le résultat chirurgical par exemple, c’est la radiothérapie mais qui malheureusement, jusque-là, n’est pas disponible dans notre pays. Parlant du traitement du cancer cutané, il y a l’intervention chirurgicale qui va de la plus simple des chirurgies, c’est-à-dire l’ablation de la fermeture de la plaie, l’ablation de la tumeur avec le développement des artifices pour pouvoir fermer la plaie. Ça c’est la chirurgie plastique.

Il y a aussi l’ablation de la maladie de la façon la plus étendue. Par exemple, des gens qui ont des cancers au niveau des membres, avec un envahissement de toutes les structures de la jambe tels que les os, les muscles, si on doit enlever ces cancers de façon vraiment carcinologique, enlever de façon totale, on est obligé de faire l’amputation, la désarticulation du segment du membre concerné. Donc il y a la chirurgie mineure et la chirurgie majeure. Chaque type de chirurgie est fait au cas par cas en fonction du type de patient avec toutes les conditions que je viens de citer. Il y a la chimiothérapie, ce sont des médicaments anticancéreux qu’on donne, pour traiter la maladie quand elle a surtout évolué.

Guineematin.com : y a-t-il des précautions, c’est-à-dire des comportements qu’on peut adopter et qui peuvent nous éviter d’attraper le cancer de la peau ?

Professeur Bangaly Traoré : c’est de se référer tout simplement aux facteurs favorisant l’exposition au soleil. Donc éviter au maximum de s’exposer au soleil surtout quand on a une peau fragile. Je prends l’exemple des albinos, les gens qui réparent difficilement les lésions provoquées par le soleil, ils doivent éviter l’exposition solaire prolongée. Il faut également éviter de consommer le tabac, consommer beaucoup de fruits et de légumes, consommer moins gras, pratiquer du sport. Cela va permettre de renforcer la capacité de résistance au niveau de l’organisme vis-à-vis de ces facteurs-là. En dehors de ça, il faut traiter les ulcères, les plaies chroniques. Il faut les traiter pour éviter le cancer de la peau. Surveiller la peau des personnes qui sont fragiles tels que les albinos, et il faut également surveiller les anciennes cicatrices des brûlures.

Guineematin.com: est-ce que vous disposez de statistiques en la matière dans votre service ?

Professeur Bangaly Traoré : je ne vous donnerai pas de chiffres de façon très globale parce qu’il y a différents types de cancers. En général, dans mon service de cancérologie qui est la référence dans le traitement des différents cancers, de tous sites confondus, le cancer cutané constitue pratiquement le 6ème cancer, la 6ème cause de consultation dans notre unité. Et quand on entre là-dedans, on verra qu’il y a différents types de cancers.

Ce que je vais dire enfin, c’est qu’on peut détecter précocement le cancer de la peau en surveillant par exemple les personnes qui ont des peaux fragiles, tels que les albinos, en évitant la dépigmentation, et consulter le plutôt que possible dès qu’on voit apparaître une ulcère chronique sur une cicatrice. Donc, il faut surveiller et détecter les lésions précancéreuses.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 00224 622 91 92 25/666 91 92 25

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Avantages et inconvénients des contraceptifs : Dr Abdourahmane dit tout à Guineematin

26 mai 2019 à 14 02 18 05185
Docteur Abdourahmane Diallo, spécialiste en Gynécologie-obstétrique au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) d’Ignace Deen et enseignant à la faculté de médecine de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry

L’usage de contraceptifs devient de plus en plus répandu dans notre pays au niveau de la couche féminine en âge de procréer. Les campagnes de sensibilisation menées dans ce sens, visant entre-autres à espacer les naissances, gagnent du terrain lentement mais sûrement.

Pour parler de la conception, de ses avantages et inconvénients, un reporter de Guineematin.com s’est entretenu avec le Docteur Abdourahmane Diallo, spécialiste en Gynécologie-obstétrique au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) d’Ignace Deen et enseignant à la faculté de médecine de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry.

Guineematin.com : qu’est-ce que la contraception et quelle est son importance ?

Dr Abdourahmane Diallo : la contraception, c’est l’ensemble des précautions qu’on observe pour avoir des relations sexuelles et éviter d’avoir une grossesse. La contraception joue un rôle capital dans la vie d’une femme, d’une famille, de la société, de tout un pays. Elle a plusieurs avantages. D’abord pour la mère, parce que vous savez que lorsqu’on prend une grossesse en un âge très jeune, donc à un moment où on est encore immature, on n’a pas la maturité qu’il faut, le risque pour la mère et pour l’enfant est extrêmement important. Donc, il y a des avantages d’abord sur le plan sanitaire. Le risque pour les enfants de mourir, est très important. Pour la mère aussi, c’est très important, lorsque la grossesse intervient à un âge très jeune, donc avant même l’âge de 18 ans. Lorsqu’on prend des grossesses en âge également très avancé, le risque d’avoir des complications et de mourir est très grand, et pour la mère pour l’enfant. Lorsqu’on fait des enfants à chaque moment, des enfants très rapprochés, ça constitue aussi le risque de décès maternel et même infantile. Ou alors, lorsqu’on fait trop d’enfants, des grossesses nombreuses, tous ces facteurs peuvent être évités par l’utilisation de la contraception. Donc, vous voyez que la contraception contribue à améliorer la santé de la mère et de l’enfant aussi. Sur le plan économique, il y a des dépenses. Quand il y a des maladies, le père de famille aussi a des problèmes. C’est lui qui prend en charge ce problème. Dans le pays également, lorsqu’il y a trop d’enfants, il y aura trop d’enfants à soigner, trop d’enfants à nourrir, trop d’enfants à scolariser et ça, ça continue à accentuer la pauvreté même dans le pays.

Guineematin.com : quelle sont les personnes qui doivent prendre des contraceptions ? Combien de types de contraceptifs existe-t-il ?

Docteur Abdourahmane Diallo : toutes les femmes en période d’activité génitale peuvent prendre les contraceptifs, pour qu’elles puissent avoir le nombre d’enfants qu’elles souhaitent, au moment aussi qu’elles souhaitent avoir cet enfant. Donc, c’est toutes femmes, il n’y a pas une catégorie particulière Toutes les femmes en âge de procréer, qui ne souhaitent pas avoir un enfant, mais qui souhaitent avoir un rapport sexuel, peuvent utiliser une méthode contraceptive. Il y a plusieurs méthodes de contraceptifs, parmi ces méthodes, il y a des méthodes que nous appelons les méthodes hormonales, qui se présentent sur plusieurs formes. Certains contraceptifs hormonaux sous forme de comprimés qu’on appelle les pilules. Il y a des méthodes hormonales, d’autres se présentent sous forme injectable. Il y a aussi des implants, c’est des petits bruns qu’on place sous la peau sur la face interne du bras gauche de la femme. Il y a aussi des méthodes qu’on appelle les méthodes de barrières, ce sont des méthodes qui empêchent les femmes d’être en contact avec le sperme du conjoint. C’est notamment les condoms, appelés préservatif ou capote, il y a en pour les hommes et les femmes. Il y a aussi les diaphragmes, c’est des petits dispositifs ou la carte que la femme peut placer dans son appareil avant le rapport sexuel pour ne pas qu’elle soit en contact avec le sperme… Parmi ces méthodes modernes, on a parlé des méthodes, il y a des méthodes variées et mécaniques, notamment le dispositif intra-utérin, c’est un type d’appareil qu’on met dans l’utérus de la femme et qui la protège contre la grossesse pendant 12 ans… Il y a la méthode de l’abstinence périodique, il y a la méthode de l’allaitement maternel, chez une femme qui a accouché, dont le bébé est âgé de moins de 6 mois qui n’a pas encore revu ses règles et qui ne pratique que l’allaitement, est protégée contre la grossesse jusqu’à ce que l’enfant ait l’âge de 6 mois. Mais, s à condition qu’elle pratique l’allaitement maternelle exclusif

Guineematin.com : l’utilisation de contraceptifs n’a-t-elle pas d’inconvénients à la longue ?

Docteur Abdourahmane Diallo : oui, ces méthodes contraceptives là ont des effets qu’on appelle des effets indésirables. Les contraceptifs ont des avantages, ils ont aussi des effets indésirables. Il y a certaines méthodes qui peuvent perturber leur cycle menstruel, soit provoquer l’absence, ou peut faire que la femme saigne quelque fois de façon rapprochée, chaque fois elle fait des petits saignements. Mais, c’est des effets qui sont réversibles. Si vous comparez les inconvénients de ces effets aux avantages qu’on a cités plus haut, par rapport a une grossesse indésirable, qui conduit souvent les femmes même à pratiquer les IV (Interruption Volontaire de grossesse), des avortements provoqués avec toutes les conséquences que cela comporte. Mais, vous verrez que les avantages sont nettement supérieurs aux effets indésirables. Mais, les pilules par exemple même sont utilisées pour soigner quelques problèmes, tel que quand il y a certaines femmes qui ont des troubles menstrues, chez certaines femmes qui n’arrivent pas à avoir des enfants, on utilise ses pilule. Il y en a qui font grossir. Certaines femmes, quand elles prennent des pilules, elles peuvent augmenter de poids. Et les inconvénients, c’est qu’elles ne protègent pas contre les infections sexuellement transmissibles et le VIH.

Guineematin.com : quels sont les aliments ou les produits à ne pas consommer pendant l’utilisation des contraceptifs ? Est-ce que les filles qui se marient en âge avancé peuvent avoir des complications pour faire des enfants ?

Docteur Abdourahmane Diallo : tous les aliments néfastes à la santé doivent être évités quand on prend des contraceptifs. Il est déconseillé de prendre du tabac ou de l’alcool. Vous savez, la fertilité de la femme diminue beaucoup à un âge avancé, notamment à partir de 35 ans. La chance pour la femme d’avoir un enfant devient très faible à cet âge, mais c’est possible. Seulement, elle n’a pas les mêmes chances comme si elle cherchait à avoir un enfant quand elle avait l’âge de 20 ans par exemple. Après 35 ans, le risque est l’hypertension au cours de la grossesse, le risque de développer le diabète au cours de la grossesse est très élevé. Ces deux pathologies aussi ont d’autres complications qui sont extrêmement graves, sans oublier aussi le risque que l’enfant développe la malformation est très élevée lorsque la mère est âgée de plus de 35 ans. Certaines malformations sont très graves.

Propos recueillis par Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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Les populations de Malapouya dénoncent : « la SMB a détruit notre marigot, notre cimetière, nos jardins… »

26 mai 2019 à 13 01 38 05385
image d’archive

La société minière de Boké (SMB) qui exploite la bauxite dans cette préfecture depuis 2015, notamment dans les sous-préfectures de Tanéné, Dabis, Kolaboui et Malapouya, se trouve confrontée aujourd’hui à une réticence de quelques villages de la commune rurale de Malapouya, située à 30 Km à l’Est de la ville de Boké.

La SMB compte faire traverser ses rails de Dapilon (Sous-préfecture de Kolaboui) pour Télimilé, en passant par Malapouya. Mais, les villages concernés considèrent que la compensation proposée par la SMB comme une injure. C’est pourquoi, ils ont décidé d’assigner cette société minière à la justice pour qu’ils soient rétablis dans leur droit, rapporte un des correspondants de Guineematin.com à Boké qui est actuellement sur place.

Ce sont les villages de Mamoudouya, Garaya, Silipouya, Hafia, Ariboya, Missira, Kambadi, Kambouga, Kassedou, Momolabé et Momokambora qui sont recensés dans ce projet de passage des rails de la SMB. Mais, selon des citoyens de Malapouya rencontrés ce dimanche, 26 mai 2019, par Guineematin.com, sur le chemin de cette localité, l’ensemble des compensations ne vaut même pas deux cent millions de francs guinéens, alors qu’ils s’attendaient à plus de deux milliards cela s’est fait ailleurs.

Alhassane Diallo

Alhassane Diallo, l’un des fils de la localité, précisément de Missira, explique comment les responsables de la SMB- à travers un certain Sâné, chargé des relations communautaires- ont abordé les populations de Malapouya. « Nous avons un problème avec la SMB qui veut faire traverser les rails chez nous. Lorsqu’ils sont venus annoncer ce projet à nos parents, tout le monde était content puisque pour nous quand on érige une route, surtout des rails, dans une localité, c’est un énorme désenclavement qui aboutira à un développement. Lorsqu’ils ont recensé les villages avec les plantations, ils nous ont fait croire qu’ils allaient considérablement nous payer. Mais, quand ils ont envoyé les reçus, on a vu qu’il y a des plantations de plus de 200 plantes qu’ils payent à seulement 50 millions ; d’autres à 15 millions, etc. Le plus gros village de nos ancêtres, Mamoudouya, appelé aujourd’hui Babadiya où il y a au moins 300 plantes de manguiers et d’anacardiers. Ils proposent 75 millions. Donc, on a trouvé cela comme une injure. C’est inacceptable. C’est pourquoi, nous avons tenu des réunions pendant lesquelles tout le monde a opposé son refus à ces minimes montants. Nous, on s’attendait plutôt à au minimum deux milliards de francs », dit monsieur Diallo.

« C’est pourquoi, on a décidé de chercher un avocat pour défendre notre cause à la justice. Ce dernier, lorsqu’il est allé à Malapouya constater les dégâts, il a versé des larmes. Donc, nous commençons par la justice pour voir si ça va marcher. Au cas contraire, nous ferons arrêter les travaux de la SMB sur notre sol. Même s’ils nous emprisonnent tous, tant qu’il reste un seul, il leur barrera la route », a martelé Alhassane Diallo.

Youssouf Niaïssa

Abondant dans le même sens que son prédécesseur, Youssouf Niaïssa renchérit : « nous avons même appris que la société payent les riverains une compensation liée à la poussière et les bruits des engins ; mais, on ne voit rien. Et puis, avant, à la fin de chaque mois, ils donnaient des denrées à nos parents, ils ont arrêté ça aussi. Ils organisaient également des formations pour nos enfants, c’est aussi bloqué. Quand on dit recrutement, ils prennent les enfants venus d’ailleurs et ils disent que les nôtres sont incapables », a dénoncé monsieur Niaïssa.

Ousmane Sampou

Même son de cloche chez le doyen Ousmane Sampou de Mamoudouya, « parmi les espaces recensés chez nous, il y a même le cimetière où reposent nos parents. Il y a aussi le marigot où on faisait la pêche, la lessive, qu’ils ont coupé cinq fois. Donc, ce marigot a tari. Si malgré tous ces dégâts on veut nous amadouer avec une modique somme de 75 millions, nous n’allons jamais accepter ça. C’est pourquoi, nous lançons un appel aux autorités d’avoir pitié de leurs populations que nous sommes, aux médias de nous aider à montrer au monde ce que nous font subir ces sociétés », a exhorté le doyen Sampou.

À suivre !

De Malapouya, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 622 671 242

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Journée de l’Afrique 2019 : l’ancien maire de Labé s’interroge sur le bilan d’Alpha Condé à la tête de l’Union Africaine

26 mai 2019 à 12 12 43 05435
Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo, ancien maire UPR de la commune urbaine de Labé

En ce 25 mai 2019, date anniversaire de la création à Addis-Abéba de l’Organisation de l’Unité Africaine, l’ancien maire UPR de la commune urbaine de Labé, Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo s’interroge sur le bilan du président Alpha Condé à la tête de l’Union Africaine, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Ce 25 Mai 2019, date anniversaire de la création à Addis-Abeba de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), devenue Union Africaine (UA), s’est déroulé timidement, sans rassemblement public en dehors d’une timide manifestation de panafricanistes à Conakry, sans déclaration officielle, contrairement à la tradition du passé incarné par les feux présidents Ahmed Sékou Touré et Général Lansana Conté.

Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo

« Ce qui est anormal au regard des nombreux efforts et sacrifices consentis par la Guinée en faveur d’une Afrique véritablement unie et solidaire. Seuls les médias privés en particulier ont cherché à faire revivre l’évènement avec des invités de marque en provenance de la société civile. La radio nationale, elle, s’est contentée, d’une note du rédacteur en chef du journal parlé. Or, personne ne devrait ignorer que la réalisation de l’équilibre politique, économique, social et culturel de chaque pays du continent repose essentiellement sur un certain nombre de préalables qui, si variés soient-ils, se ramènent à l’indispensable unité d’action fondée sur une participation effective et solidaire de ses 55 Etats membres aujourd’hui » a déploré l’ancien maire UPR de Labé.

Il rappelle qu’au lendemain de son indépendance en 1958, la Guinée consciente des défis de développement et de sécurité à relever, avait inscrit dans sa première constitution, une disposition spécialement unitaire consacrée à ses relations internationales. A l’article 34 du Titre 8, il est écrit : « La République de Guinée peut conclure avec tout Etat africain des accords d’association ou de communauté comprenant abandon partiel ou total de sa souveraineté en vue de réaliser l’Unité africaine.»

Il semble que c’est pourquoi le président Ahmed Sékou Touré, à l’occasion des sommets de l’OUA, il a développé de 1966 à 1983, une politique africaine très active.

« Lors du 19ème sommet tenu à Addis-Abeba en 1983, le président guinéen a proposé que le 20ème sommet à tenir en 1984, ait lieu dans la capitale guinéenne, Conakry. Comme on le sait, le 12 juin, date de clôture du 19ème sommet, l’offre de la Guinée fut acceptée. Dès lors, notre pays s’est employé à préparer sérieusement cet évènement de portée historique pour la Guinée : le Palais des Nations et 57 villas luxueuses d’un style marocain ont été édifiés » ajoute Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo.

Malheureusement, le 20ème sommet de l’OUA ne se tiendra pas à Conakry comme promis par les chefs d’Etat et de gouvernement, à cause du décès du président Sékou Touré en mars 1984.

« Le peuple de Guinée en fut profondément touché. Il a fallu donc attendre que le destin joue en faveur de la Guinée, pour voir, le 30 janvier 2017, le Professeur Alpha Condé, chef de l’Etat, porté à la tête de l’Union africaine pour un an. Par cette élection, la Guinée venait de récupérer ce qu’elle avait perdu en 1984. Ce plébiscite était à ressentir comme une fierté nationale, même si certains avaient affirmé haut et fort qu’une élection à la tête de l’UA n’était pas liée à un mérite, et par conséquent elle ne représentait en aucun cas un enjeu de taille. Bien sûr, c’était là une aberration qui nous avait fait perdre le sens de l’intérêt national, de notre honneur et de notre dignité en tant que Nation. Et c’était là aussi une mauvaise appréciation de la situation qui avait abouti à ce plébiscite. En effet, la présidence tournante de l’UA revenant cette année-là à la CEDEAO, les 16 pays membres de cette organisation acceptèrent la candidature du président guinéen pour remplacer à la tête de l’UA son homologue tchadien, le président Idris Deby » précise l’ancien maire de Labé.

L’on se rappelle aussi que cette candidature avait été validée en décembre 2016 à Abuja, au Nigeria par les chefs d’Etat réunis à l’occasion de leur 50ème sommet. Et c’est pour cette raison, quelques heures avant l’ouverture du 28ème sommet de l’UA, les chefs d’Etat, lors d’un huit clos, validèrent à leur tour le choix de la CEDEAO.

« Tout cela pour dire que cette élection était loin d’être un simple passage de témoin. Cependant, il faut noter que par rapport à cette élection, Sékhoureya a raté deux opportunités particulièrement importantes pour accroître son rayonnement, sa crédibilité auprès des masses guinéennes. D’abord dès lors que la CEDEAO fut favorable à l’élection de la Guinée, Sekhoutoureya aurait dû, en reconnaissance aux efforts et sacrifices consentis par le premier président guinéen pour que le 20ème sommet de l’OUA se tienne à Conakry, déclencher une offensive diplomatique pour obtenir que Conakry soit retenue pour abriter le 28ème sommet de l’Union Africaine de 2017. Sékhoutouréya aurait alors connu un soutien populaire massif, un climat politique et social des plus apaisés pour soutenir le Professeur Alpha Condé dans l’exercice de sa fonction de président de l’UA. Le président Ahmed Sékou Touré même aurait de sa tombe poussé un ‘’ouf’’ de soulagement et n’aurait pas tari, avec la permission de Dieu, en bénédiction à l’endroit de l’héritier de l’Etat qu’il a conçu, créé et développé. Ensuite, le président aurait dû, une fois à la tête de l’UA, informé largement le peuple des défis et enjeux de cette organisation panafricaine, et surtout de ce qu’il voulait comme soutien de la part de la société civile, des médias, des institutions, de l’Université et de la classe politique dans sa diversité » insiste-t-il.

En ne l’ayant pas fait ou fait suffisamment, l’ancien maire de la commune urbaine de Labé, Elhadj Ibrahima Sampirinng Diallo se demande aujourd’hui si le passage du président Alpha Condé à la tête de l’UA a été une réussite ou un échec ?

« On sait que l’UA travaille en fonction d’un agenda subdivisé en tranches. A titre d’exemple, l’agenda 2035 a bien inscrit des points parmi lesquels on peut citer : créer un réseau ferroviaire à grande vitesse en vue de relier les capitales et les pôles commerciaux du continent ; créer une université africaine virtuelle pour accélérer le développement du capital humain de la science, de la technique et de l’innovation ; adopter une stratégie de commercialisation des produits de base en vue de donner au continent les moyens de promouvoir un secteur de matières premières dynamiques ; mettre en place un forum africain annuel réunissant leaders politiques, secteur privé, monde universitaire et société civile pour discuter de l’agenda 2063 ; intensifier le commerce interafricain d’ici 2022, de parler d’une seule voix dans les négociations commerciales internationales en mettant en œuvre les institutions bancaires ; instituer un passeport africain, créer un marché unique de transport aérien ; créer un projet social pour renforcer le développement africain dans de nombreux domaines : agricultures, gestion des catastrophes naturelles, télédétection, prévision climatique, secteur bancaire et financier, défense et sécurité pour ne citer que ceux-là. A la tête de l’UA, il a dû trouver des dossiers chauds comme : lutter contre le chômage et l’immigration clandestine, résoudre les conflits et les crises politiques notamment en RDC, au Burundi et au Gabon, superviser la mise en œuvre de l’Action de la Force africaine en attente (FAA), poursuivre la mise en œuvre de l’agenda 2035, s’intéresser à la vie de certains étudiants, promouvoir la libre circulation des biens et des personnes, assurer un retour sécurisé de la diaspora africaine, poursuivre le processus d’instauration d’une zone de libre échange africaine. Dans cet éventail de tâches à accomplir, quelle a été la contribution de la présidence guinéenne ? » s’interroge Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo avant de conclure : « si un tel compte rendu avait pu être exécuté dans les règles de l’art, comme savait bien le faire le stratège président Ahmed Sékou Touré, les crises socio-politiques de 2017 allaient être évitée, ou réduites. Ce qui allait ouvrir au président Alpha Condé un boulevard pour de nouvelles conquêtes, car il aurait été l’homme de la situation.

De Labé, Idrissa Sampiring Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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56 ans de l’OUA : Une marche organisée à Conakry pour réclamer la création des Etats Unis d’Afrique

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À l’occasion de la célébration de l’an 56 de la création de l’Organisation de l’unité africaine (devenue Union africaine en Juillet 2002), le collectif des mouvements panafricains de Guinée a tenu hier, samedi 25 mai 2019, une marche à Conakry. Ceci, pour rendre un hommage aux pionniers de cette institution continentale et interpeller les dirigeants actuels du continent sur la nécessité de s’unir face aux défis du monde actuel afin d’aboutir aux Etats Unis d’Afrique, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était à cette marche.

56 ans jour pour jour après la création de l’OUA (le 25 Mai 1963), le grand rêve d’une Afrique unie et réconciliée avec elle-même bouillonne dans la tête des jeunes du continent. Des jeunes qui réclament à cor et à cri la création des Etats Unis d’Afrique, qui ferait du continent africain une seule nation. Une nation qui transcendera les frontières actuelles pour aboutir à un seul peuple, un seul drapeau, une seule monnaie, une seule équipe de football… C’est pourquoi, à l’occasion de la célébration de la journée de l’Union africaine, le collectif des mouvements panafricains de Guinée a organisé une « marche panafricaine » à Conakry.

Les marcheurs sont partis du pont 08 Novembre (à l’entrée de la commune de Kaloum) pour aboutir au palais du peuple, en passant par l’hôtel Riviera et le quartier Tombo. Sur le chemin, ils scandaient : « Le pouvoir au peuple ! L’unité au peuple ! »

Mariama Rizo Sylla

Pour Mariama Rizo Sylla, présidente du collectif des mouvements panafricains de Guinée, les jeunes de Guinée ont l’obligation de porter le combat pour l’unité des peuples. Car, soutient-elle, « nous pouvons dire sans ambages que nous en sommes les pionniers à travers l’immortel responsable suprême de la révolution guinéenne, le camarade Ahmed Sékou Touré, qui disait que l’indépendance de la Guinée est indissociable à celle des peuples opprimés ».

La présidente du collectif des mouvements panafricains de Guinée soutient que la meilleure manière de célébrer la liberté des peuples d’Afrique est d’accélérer l’immigration des organisations sous régionales vers les Etats Unis d’Afrique. « Ce qui, sans nul doute, nécessite un engagement religieux de nos gouvernants qui doivent traduire par les actes la construction d’une Afrique Unie… C’est pourquoi, le collectif des mouvements panafricains de Guinée partage et soutient la réalisation de l’agenda 2063 de l’Union africaine, qui vise la transformation de l’Afrique en une puissance mondiale de l’avenir, à travers un cadre stratégique de développement inclusif et durable qui découle d’une volonté panafricaine d’auto-détermination, de liberté, de progrès et de prospérité collective… », a indiqué Mariama Rizo Sylla.

Paul MSoma

Présent à cette marche, Paul MSoma, le représentant de l’Union africaine à cette marche, a dit que ce 25 mai est un grand jour pour l’Afrique et la Guinée qui a eu « un leadership » dans la mise en place de l’Union africaine. Il a ensuite indiqué qu’il est actuellement en Guinée dans le cadre du transfèrement du centre africain du développement minier. « Un centre qui doit être abrité par la Guinée… Aujourd’hui est une occasion pour les pays de l’Union africaine de se reconnecter et faire part à leurs gouvernements des différents problèmes dont l’Afrique fait face… Kwame N’Krumah disait que je ne suis pas africain parce que je suis né en Afrique. Mais, je suis africain parce que l’Afrique est née en moi », a-t-il précisé.

Hadja Aminata Touré

Dans son allocution, Hadja Aminata Touré, maire de la commune de Kaloum et fille du feu président Ahmed Sékou Touré, a félicité les organisateurs de cette marche. Car, soutient-elle : « il y a plus de 60 ans, des jeunes comme vous, entre 18 et 25 ans, se sont levés pour dire non au joug colonial. Et, cette bataille leur a permis d’accéder à l’indépendance, à la souveraineté nationale… Et, ce qui est sûr, tous ont mis en avant ce que nous avions en commun, l’Afrique. C’est ainsi que le 25 Mai 1963, l’Union africaine (l’OUA à l’époque) a vu le jour… Nous vous félicitons et nous pensons que vous devez continuer à vous battre pour expliquer aux autres jeunes que l’argent n’est pas roi. Ce ne sont pas les maisons, les voitures qui sont plus importantes. Mais, c’est ce que nous laissons aux générations futures qui est le plus important. L’argent facile est devenu roi dans notre pays ; et vous devez tous vous battre et vous dresser contre cela, pour dire que la chose la plus noble est le travail ».

S’agissant du transfèrement du centre africain du développement minier en Guinée, Hadja Aminata Touré estime que c’est un mérite. « Vous savez que la Guinée s’est sacrifiée pour toute l’Afrique. Elle s’est impliquée dans les luttes de libération en Guinée Bissau, en Angola,… Mieux, nous avons perdu des soldats sur ces terres. Donc, la Guinée est un pays de dignité et d’honneur ; et nous devons en être fiers », a dit madame le maire de Kaloum.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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