Profanation d’une tombe à Koumbia (Gaoual) : deux personnes arrêtées

31 mai 2019 à 18 06 51 05515

La tombe d’un bébé, décédé il y a juste une semaine, a été profanée à Koumbia, dans la préfecture de Gaoual. L’acte s’est produit dans la nuit du mardi au mercredi, 29 mai 2019, dans le secteur Kerkère, relevant du district de Koumbia 2, a appris Guineematin.com auprès des autorités locales.

Selon le Président du district de Koumbia 2, c’est le mercredi matin qu’il a été informé par ses citoyens de cette profanation de tombe par deux jeunes dont un marabout. « Le mercredi, très tôt le matin, j’ai été informé de cette nouvelle selon laquelle, le nommé Oury Diallo et un marabout du nom de Mamadou Yaya Diallo ont été pris par les populations dans le cimetière. Les premiers qui sont venus ont été alertés par la présence de lampes torches en pleine nuit. Ils sont venus trouver les deux messieurs qui ont tenté de fuir avec le coupon d’un linceul. Finalement, ils ont été maitrisés et les gens ont découvert la tombe ouverte. Une tombe où Kamissa Koulibaly, un bébé de quelques mois, venait d’être inhumé il y a une semaine », a expliqué le chef de district.

Du district, la nouvelle a été remontée aux autorités compétentes pour approfondir les enquêtes. « Après ce constat révoltant et vu la gravité de l’acte, j’ai informé les autorités et les services de sécurité qui sont venues constater les faits. Ils ont vu que la tombe était ouverte, le corps à moitié nu du côté des membres inférieurs et le linceul coupé. Actuellement, ils (les auteurs de l’acte) sont à la gendarmerie pour la suite des enquêtes », a ajouté monsieur Diallo.

Joint au téléphone par Guineematin.com, le Chef de poste de la gendarmerie de Koumbia, le Margis Chef Lansana Camara, qui gère le dossier, a confirmé la nouvelle. Mais, il se montre prudent. « C’est vrai qu’on a été informé de ça mais il faut attendre la fin des enquêtes pour se prononcer là-dessus », a-t-il dit.

A noter que selon certaines indiscrétions, le marabout et son complice ont soutenu à la gendarmerie, avoir été envoyés par un doyen de la localité. Ils n’ont cependant pas dit la finalité de cet acte.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

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Kaléta/Souapiti : « Il faut stopper cette déforestation massive dans le bassin du Konkouré »

31 mai 2019 à 18 06 28 05285

Comme annoncé dans une dépêche de Guineematin.com, le ministre de l’Energie, Cheick Taliby Sylla, a lancé hier, jeudi 30 mai 2019, les activités de la semaine de l’électricité. C’est le complexe Kaléta-Souapiti, dans la sous-préfecture de Tondon, à Dubréka, qui a servi de cadre à la rencontre. L’occasion a été mise à profit pour saluer les actions engagées ces dernières années dans le secteur de l’énergie, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La délégation comprenait également Dr Ibrahima Kourouma, ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, des responsables du Projet d’Aménagement Hydroélectrique de Souapiti et de nombreux cadres du département de l’énergie.

La visite a commencé par la cité du maître d’ouvrage à quelques encablures du site où se construit le gigantesque barrage de Souapiti, d’une puissance estimée à 450 MW. Là, à l’aide d’une projection, les techniciens ont dégagé les caractéristiques de ce barrage hydroélectrique en cours de réalisation sur le fleuve Konkouré. C’est Le chef du département Génie Civil et celui du département Hydro-électro mécanique qui ont procédé à un brillant exposé dans ce sens.

Pour sa part, Amara Camara, directeur général du Projet d’Aménagement Hydroélectrique de Souapiti, a fait savoir que cette visite de terrain doit permettre de dissiper les incompréhensions et autres mauvaises interprétations de la réalité en ce qui concerne ce qui est entrain d’être fait dans le secteur de l’énergie.

Cheick Taliby Sylla

Le ministre Cheick Taliby Sylla, pendant plus de ¾ d’heure, est revenu sur le potentiel électrique de la Guinée, sur l’historique des études pour l’aménagement du fleuve Konkouré. Le ministre de l’énergie a vanté les progrès réalisés depuis 2015, lancement du barrage de Kaléta, à nos jours.

Toutefois, Cheick Taliby Sylla a regretté le fait que l’électricité soit vendue à un prix dérisoire en Guinée. « Il faut qu’on se dise la vérité, notamment en matière de subvention apportée à EDG (Electricité De Guinée). Dans les prévisions d’EDG, pour qu’on puisse donner de l’électricité sur la ligne interconnectée de Conakry à Labé, compte-tenu du fait qu’il y a un disfonctionnement par rapport au coût d’exploitation et au coût de revient, c’est-à-dire le tarif aux consommateurs finaux… EDG achète à 1400 francs guinéens l’énergie aux producteurs indépendants pour le revendre à 700 francs guinéens. Je n’ai jamais vu ça dans un commerce, sauf en Guinée. Mais, on a fait ça pour que le citoyen guinéen, quelque soit son revenu, puisse avoir accès à l’électricité. Donc, ce gap qu’on ne peut pas appliquer aux consommateurs, l’Etat guinéen subventionne, apporte de l’argent à EDG », a-t-il expliqué.

Pour faire face à cette subvention qui coûte chère à EDG, le ministre a demandé aux abonnés de faire un effort. « Les consommateurs guinéens doivent aider, puis qu’on ne peut pas augmenter le tarif, sinon le problème se résout par le tarif. Le Premier ministre l’a dit, cette subvention représente 300 millions d’Euros ».

Interpellé sur les menaces qui pèsent sur le fleuve Konkouré, Cheick Taliby Sylla a dénoncé la destruction de l’environnement immédiat avec les feux de brousse et la coupe abusive du bois pour faire le charbon. Il a intimé de prendre des mesures urgentes pour freiner cette hémorragie. « Dans le cadre du projet Kaléta, nous avons reboisé les têtes de sources ici. Je sais quelles sont les difficultés aux auxquelles on a été confronté. Des 280 ha reboisés, il n’y a plus rien. Les feux de brousse ont détruit complètement. Le bassin du Konkouré doit être classé bassin à préserver, où on doit tout faire pour équilibrer l’écosystème, afin de sauver le Konkouré. C’est grave ce qui se passe. Il faut très rapidement stopper cette déforestation massive dans le bassin et restaurer le couvert végétal. Ces flancs de collines, s’il n’y a pas de couverts végétal, c’est le drainage du sable et graviers, qui va créer l’ensablement de la retenue que vous voyez ».

Abdenbi Attou, DG EDG
Abdenbi Attou

De son côté, l’administrateur général d’EDG a tenté de justifier les délestages par le fait que la quantité produite ne suffit pas pour faire face à la demande de plus en plus croissante en électricité. Selon Abdenbi Attou, les délestages sont causés notamment par le déficit hydrique, les incidents d’origine atmosphérique et les dégradations volontaires de personnes mal intentionnées.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

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Jacques Gbonimy confirmé président de l’UPG par le MATD ? « C’est pour amuser la galerie », réagit Alfred Mathos

31 mai 2019 à 18 06 18 05185

Depuis quelques mois, l’Union pour le Progrès de Guinée (UPG), le parti de feu Jean Marie Doré, traverse une crise de leadership. Maître Jean Alfred Mathos et Jacques Gbonimy, ancien commissaire à la CENI, se disputent la présidence de la formation politique.

Après plusieurs mois de bicéphalisme, le camp de Jacques Gbonimy vient d’annoncer que son congrès a été validé par le ministère de l’Administration du Territoire et de la décentralisation. Une annonce qui vise juste à amuser la galerie, a réagi au micro de Guineematin.com, Alfred Mathos.

La crise de leadership qui mine l’Union pour le Progrès de Guinée (UPG) a commencé à la mort de son leader historique, Jean Marie Doré. Après l’intérim assuré par Henry Kpoghomou, maître Alfred Mathos a été élu président du parti lors d’un congrès tenu les 23 et 24 septembre 2016.

Mais, ce dernier est accusé de s’être présenté sous les couleurs de l’UFR à la mairie de Ratoma lors des élections locales de février 2018 mais aussi de mauvaise gestion du parti. C’est ainsi que certains membres du bureau exécutif de l’UPG ont convoqué un congrès extraordinaire pour élire l’ancien commissaire de la CENI, Jacques Gbonimy, comme nouveau président de la formation politique.

De retour au pays, maître Alfred Mathos et son groupe contestent l’élection de Jacques Gbonimy. Finalement, le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation est saisi du dossier. Et, selon le camp de Jacques Gbonimy, le département a tranché en sa faveur. « Après les deux mois d’enquête faits autour du congrès, le ministère de l’administration a décidé de valider le congrès par un acte qui a été signé le vendredi, 05 mai 2019.

Ça nous a été remis le samedi et nous avons décidé de passer par la presse pour annoncer à l’opinion nationale et internationale que dorénavant, il n’y a plus deux présidents à l’UPG. L’acte officiel est là, Jacques Gbonimy est le seul président de l’Union pour le Progrès de la Guinée pour les 4 ans à venir », a déclaré Joseph Haba, secrétaire politique du parti.

Mais, cette annonce est contestée par maître Jean Alfred Mathos. Ce dernier estime que le ministère de l’administration du territoire n’a pas pour vocation de trancher ce genre de conflits. « Je considère d’abord que le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation n’a pas vocation à gérer les activités des partis politiques. Si c’est un document qui validait leur congrès, on aurait dû me le signifier parce que c’est moi le président en cours. La nouvelle qui me parvient, c’est que, c’est un courrier qui atteste qu’ils ont envoyé un courrier pour faire valider leur congrès.

J’ai dit et je répète, nous sommes en train de voir dans quelle mesure régler le problème à l’amiable. Parce que vous n’êtes pas sans savoir que ça fait trois mois que ça dure, et nous sommes revenus à la table de négociation sous l’égide de la famille de feu Jean Marie Doré qui détient le testament biologique et politique du parti. Vous savez, comme un adage dit, vaut mieux un mauvais arrangement à l’amiable, qu’un meilleur procès. Donc nous sommes allés là-bas, nous avons fait une feuille de route qui tient compte des problèmes du parti : faire le point de nos problèmes après les élections communales et à la fin c’est de voir si un congrès pouvait se tenir en fin juin.

Eux, ils ont brillé par leur absence à toutes les réunions qu’on a tenues. Et maintenant, j’apprends qu’ils ont eu un document du ministère de l’administration du territoire, ce n’est pas un document qu’ils ont. Et même si cela est le cas, ce n’est pas possible parce que le ministère n’a pas vocation à gérer ça. Quand moi j’ai été élu, j’ai informé le ministère mais on ne lui demande pas de valider quoi que ce soit. Soit tu es validé par un congrès, dûment élu, ou tu es validé par les tribunaux. C’est pour amuser la galerie un peu », soutient Jean Alfred Mathos.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Labé : intervention musclée de la sécurité dans le campus universitaire de Hafia

31 mai 2019 à 17 05 19 05195

Les services de police et de gendarmerie sont actuellement déployés dans le campus universitaire de Hafia, situé à près de 22 km du chef-lieu de la préfecture de Labé pour disperser une manifestation d’étudiants, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Selon le président ou coordinateur des étudiants de Hafia, Aboubacar Camara, le bilan de cet affrontement avec les agents de sécurité fait état de 5 blessés admis au centre de santé sous-préfectoral.

« Je viens de rentrer. Je n’étais pas ici le matin quand les échauffourées ont commencé. Actuellement, c’est vraiment chaud ici entre les étudiants et les agents de sécurité, parce que le Recteur a fait appel à la police et à la gendarmerie. Je cherche à sensibiliser les étudiants pour emmener le Rectorat à retirer les agents de sécurité de l’Université. Je voudrais qu’on passe par la négociation pour faire libérer nos amis qui ont été pris par la sécurité. Pour le moment, nous pouvons estimer à 5 étudiants blessés qui sont admis au centre de santé de la sous-préfecture. Maintenant, c’est un problème général. Tous les étudiants de l’Université sont concernés par cette grogne » a-t-il expliqué au téléphone de Guineematin.com avant que la conversation ne soit coupée par un détachement de la police.

« Ils viennent hein. Les policiers se dirigent vers nous » a-t-il eu à préciser à peine avant de couper l’appel.

Du côté du centre de santé, l’ATS qui a reçu notre appel a expliqué la situation d’un étudiant qui « a eu traumatisme crânien léger et l’œil gauche gonflé. » Notre interlocuteur a par la suite précisé qu’il attend les secouristes de la Croix Rouge pour « voir si nous allons le référer à l’hôpital régional pour des soins appropriés.»

Adama Condé, un des responsables du comité de coordination qui se trouvait dans l’enceinte du centre de Santé au moment de notre entretien expliquait que les étudiants surpris dans le campus universitaire de Hafia subissaient une répression sauvage de la part des hommes en uniforme déployés sur le terrain.

« Venez constater vous-même ce qui se passe à l’Université. Les hommes en uniformes sont en train de massacrer les étudiants. Venez si vous êtes journaliste, moi je suis comme çà au centre de santé » a-t-il déclaré à chaud au bout du fil.

Pour sa part, une étudiante en Licence 3, Administration Publique retranchée dans un village voisin du centre universitaire a confirmé que les hommes en uniformes sont en train de rechercher les étudiants pour les brutaliser : « je cherche à récupérer mon sac pour rentrer en ville » a-t-elle confié.

Malgré tous ces cris de détresse venant d’étudiants, les encadreurs de l’Université Hafia contactés font croire qu’il s’agit d’un incident mineur qui ne mérite pas d’être évoqué dans la presse.

A préciser que depuis quelques jours des étudiants en Licence 3 Sociologie réclament les diplômes de deux de leurs camarades hospitalisés suite à un accident de la circulation. Ils veulent que les étudiants malades reçoivent des diplômes de fin d’études universitaires sans avoir validé les cours qu’ils ont reçus à travers l’évaluation prévue.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Contacts : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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Pita : les chauffeurs bloquent la circulation pour exiger la libération d’un des leurs

31 mai 2019 à 17 05 16 05165

La circulation a été bloquée pendant toute la matinée de ce vendredi, 31 Mai 2019, dans la commune urbaine de Pita par des chauffeurs qui exigeaient la libération d’un des leurs retenu au commissariat de police suite à une plainte pour « complicité avec des coupeurs de route », rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Selon des informations recueillis auprès de certains responsables de la société civile locale, c’est une dame qui a voyagé avec un jeune chauffeur du nom maître Amadou Sadio Sall de Ley-Miro, connu sous le sobriquet de Masta. Pendant ce voyage sur Conakry, le véhicule a été attaqué par des coupeurs de route.

Revenue à Pita, une des passagères estime que la façon dont le braquage a été opéré laisse croire que le chauffeur est complice des coupeurs de route. Elle a alors décidé de porter plainte contre le chauffeur en question qui a immédiatement été interpellé et conduit au commissariat central de police de Pita.

Alertés, les chauffeurs estimant connaître que le mis en cause est d’une moralité irréprochable ont décidé d’exiger sa libération immédiate et sans conditions. Pour se faire entendre, ils ont envoyé leurs véhicules sur la chaussée des deux côtés : chez fin de pions (sur la route de Conakry) et à Koubi (sur la route de Labé).

Pendant ce temps, il n’y avait pas de passage pour les usagers de la route en provenance de Labé ou de Conakry.

Ainsi, la circulation est restée bloquée dans la commune urbaine de Pita jusqu’en début d’après-midi. Heure à laquelle maître Amadou Sadio Salla, Masta a été rendu au syndicat des chauffeurs et mécaniques générales.

Cette sortie heureuse de crise a été possible grâce à la médiation de plusieurs praticiens de la paix évoluant dans la commune urbaine de Pita qui ont pris l’affaire en mains.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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L’an un de la Primature du Dr Kassory Fofana : la quiétude politique et sociale recouvrée

31 mai 2019 à 17 05 05 05055

Libre Opinion : Le Dr Ibrahima Kassory Fofana, nommé Premier ministre le 21 mai 2018, a hérité d’une situation générale particulièrement difficile, à laquelle il a dû faire face personnellement. À l’époque, la Guinée connaît de vives tensions aux plans politique et social.

Un contexte de tiraillements

L’Opposition républicaine porte des revendications qui touchent les résultats des municipales du 4 février 2018, les retards enregistrés ici et là dans leur proclamation, l’élection des maires et l’installation des exécutifs des conseils communaux. Les contentieux électoraux ont été vidés par les juridictions de proximité mais l’opposition, insatisfaite des arrêts rendus, manifeste sans cesse et le bilan humain s’alourdit. Le dialogue interguinéen, placé sous la facilitation du ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, ressemble à une foire d’empoigne entre la majorité présidentielle et l’opposition.

Le secteur de l’Éducation nationale est secoué par les grèves récurrentes des enseignants, les élèves s’en mêlent parfois avec une certaine violence. Elles sont déclenchées par le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) et portent sur des revendications salariales que le gouvernement juge hors normes. Les positions sont tranchées. À ce compte, le Conseil national du dialogue social mis en place par décret présidentiel en juillet 2015 n’est pas le cadre le plus approprié pour dégager des voies de solutions, d’autant que la tenue des examens scolaires de fin d’année ou de cycle est fortement menacée. Une année quasi-blanche est même redoutée. En considération de multiples paramètres, le gouvernement se déclare inapte à satisfaire les revendications salariales du secteur de l’Éducation nationale. Il craint aussi bien qu’il n’y ait un effet d’entraînement sur les autres corporations de la fonction publique. Il est par ailleurs astreint à maintenir l’équilibre budgétaire et macroéconomique négocié avec le FMI, qui en fait une conditionnalité absolue aux facilités élargies de crédit.

Dans ce contexte tendu, le nouveau Premier ministre est tiraillé entre la mise en œuvre de sa feuille de route sur la gouvernance économique et financière, élaborée par le Président de la République, et les soubresauts politiques et sociaux qui entravent l’action gouvernementale. Il faut bien sortir de cette impasse.

Il commence par une démarche traditionnelle salutaire. Il rend des visites de courtoisie aux chefs religieux, aux leaders de parti politique et aux présidents d’institution républicaine. À ces occasions, il prend note des différentes préoccupations et partage sa vision pour le pays, conformément à la feuille de route dictée par le Président de la République, le Pr Alpha Condé.

Enfin des consensus et la quiétude sociale et politique
Avec le temps, les visites du Premier ministre ouvrent la voie à des consensus et restaurent peu à peu la quiétude politique et sociale.
Le chronogramme des élections communales se conclut par l’élection des maires dans les 342 communes urbaines et rurales du pays et l’installation des exécutifs des conseils communaux.

À la lancinante crise avec le SLECG succède une détente qui chasse le spectre de l’année blanche et permet la tenue des examens de fin d’année ou de cycle, sans anicroche. Le SLECG abandonne sa revendication d’un salaire mensuel de 8 millions de francs pour les enseignants au profit d’un recensement de tous les enseignants actifs pour expurger l’effectif. Selon les projections, une fois les fictifs éliminés, l’effectif réel sera considérablement réduit, probablement de moitié. La masse salariale initiale qui sera redistribuée aux seuls enseignants actifs améliorera leur condition sociale, leur fera aimer davantage leur métier et rendra plus performante l’éducation nationale.

Des conventions sont signées entre le gouvernement, les syndicats et les banques primaires pour la mise en place d’un système de prêt destiné à aider les travailleurs à acquérir une maison au terme de leur vie active.

Les manifestations politiques et les autres mouvements sociaux de rue sont dissuadés par le maintien de l’ordre public à travers le dispositif de sécurité renforcée que sont les P.A. (postes avancés) mis en place dans les cinq communes de la capitale. La mesure produit ses effets lénifiants mais elle est dénoncée par l’opposition comme une entrave à la démocratie. Le gouvernement, quant à lui, donne la préséance à l’ordre public. Les P.A. sont commandés par la police, comme le veut la loi, mais elle compte aussi des gendarmes et des militaires.

Le Premier ministre Kassory Fofana a bien mené sa barque sur une mer agitée. Dégagé du carcan social et politique – du moins on l’espère –, il s’attèle paisiblement à la mise en œuvre de sa feuille de route et marque des points.

El Béchir

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En 365 jours, le Premier Ministre guinéen opère un miracle économique et honore ses promesses

31 mai 2019 à 16 04 50 05505
Ibrahima Kassory Fofana, Premier ministre, chef du Gouvernement
Ibrahima Kassory Fofana, Premier ministre, chef du Gouvernement

Libre Opinion : C’est une prouesse majeure pour le gouvernement et une victoire morale pour le Premier Ministre, Ibrahima Kassory Fofana, puisqu’il s’agissait des promesses importantes faites aux députés du pays.

Il était très attendu sur ces questions, et il a répondu présent. La reconstruction économique du pays, le partage de la prospérité nationale et la lutte contre la corruption étaient des grandes promesses et phares projets pour le Chef du gouvernement, lors de la présentation du discours de politique générale en juin 2018.

L’enjeu pour Ibrahima Kassory Fofana durant sa première année à la primature, était de concevoir et de mettre en œuvre un outil fiable et adaptable de partage de la prospérité issue des grands progrès économiques.

La croissance ne se déguste pas. Ce qui importe le citoyen, ce sont les retombées des transformations opérées.

Dans un environnement social où 65% de la population vit l’extrême pauvreté dans les milieux ruraux, le Chef du gouvernement a inscrit le partage de la prospérité nationale comme clé de voûte de l’action économique gouvernementale.

Un an après, cet engagement solennel du Premier Ministre Ibrahima Kassory Fofana devant la représentation nationale se concrétise à travers la création de l’Agence Nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES) en Janvier 2019.

L’objectif recherché par le gouvernement guinéen est de consentir un effort financier de 2% du PIB, soit environ 120 millions de dollars US de dépenses en faveur des couches les plus démunies du pays.

Cette innovation politique majeure est imparable. Même à l’échelle sous régionale, les efforts en faveur de la réduction de l’extrême pauvreté sont en moyenne de 1% du PIB. Alors qu’en Guinée, on est à 2%.

Un pas très significatif a été franchit dans le processus avec la mise en place du dispositif institutionnel et juridique de l’ANIES.

Le rêve affiché par notre pays avec l’aide des partenaires de routine à savoir : La Banque mondiale et la BAD, est de sortir 40% de la population d’ici à 5 ans de la pauvreté béante à laquelle elle reste confrontée et qui est loin d’une fatalité.

Plus de 104 millions de dollars américains US sont disponibles pour le pays afin de soutenir l’initiative. Et à partir de septembre prochain, avec la phase d’expérimentation qui sera lancée à cet effet, 400.000 personnes, reparties sur l’ensemble du territoire national seront bénéficiaires.

Sans oublier l’Agence Nationale de financement des Collectivités Locales (ANAFIC) qui vise à financer les projets de développement à la base.

Dans un tout autre registre, la problématique de la mobilisation et de sécurisation des recettes internes était au centre du grand oral du Premier Ministre, Ibrahima Kassory Fofana.

Fort d’une expérience de plusieurs années dans l’administration publique, le Chef du gouvernement conscient du déficit de financement de notre développement lié aux ressources traditionnelles de l’aide, a mis un accent particulier sur la mobilisation des ressources à l’interne.

Pour parer à cette grande insuffisance et face à la nécessité de financement des infrastructures de base, un nouvel instrument de mobilisation et de collectes de ressources voit le jour. La Mission d’appui à la mobilisation des ressources internes (MAMRI) a pour objectif principal, d’atteindre un niveau de mobilisation des ressources de 20% de PIB. Ce, conformément aux recommandations de la Conférence d’Addis Abeba de juillet 2015 sur le financement du développement. Le cabinet international Expertise France est le partenaire technique qui accompagne notre pays dans cette réforme importante pour le pilotage de nos finances publiques.

La très bonne nouvelle est que la Guinée bénéficie d’un accompagnement de 15 millions de dollars avec la BAD et une dizaine de millions d’euros en bouclage avec l’Agence française de développement (AFD).

Sur la question de la lutte contre la corruption, le Premier Ministre s’est montré intransigeant au départ et a pris à bras le corps la préoccupation. L’on se rappelle de son premier coup de balai concernant l’OGC, l’OPG et la LONAGUI.

Par la suite, il a instruit le Vérificateur Général de diligenter une inspection d’État dans 5 autres établissements publics et parapubliques mais malheureusement, un coup de frein a été opposé aux missions d’enquête. La question sur toutes les lèvres aujoud’hui, pourquoi ce coup d’arrêt et pour quel intérêt ?

En attendant une réponse claire et précise, apprendre à rendre compte entant que gestionnaire de la chose publique, est à la fois un principe de bonne de gouvernance et une obligation morale pour libérer sa propre conscience.

Par Mohamed Lamine Sidibé

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Retour de la quiétude sociale en Guinée, un levier de performance gouvernementale imprimé par le Premier Ministre

31 mai 2019 à 16 04 37 05375

Libre Opinion : Le dialogue social et politique est un élément central de l’agenda du gouvernement guinéen dirigé par Dr Ibrahima Kassory Fofana. En une année, des avancées concrètes sont constatables. On peut dire aisément que le dialogue social et politique est actuellement de qualité avec des impacts fortement significatifs et positifs sur notre société.

La crise politique qui s’était installée depuis des années avec son cortège de manifestations et de mort, a été totalement éradiquée par l’actuel pensionnaire du palais de la colombe. Son offre de dialogue a permis d’enrayer le cycle de violences dans le pays qui était devenu au fil des ans très endemique et soutenu par le déficit de dialogue qui existait et du manque de confiance entre les partenaires sociaux et politiques.

À la nomination du Premier Ministre, Dr Ibrahima Kassory Fofana le 21 mai 2018, la situation du pays était très confuse. Avec les marches de protestations cycliques et violentes des partis d’opposition, combinées parfois avec celles de la société civile, le pays était plongé dans l’angoisse et le désenchantement. Dans une cacophonie de rumeurs et spéculations, l’incertitude planait quant à une issue meilleure des élections communales dont les résultats se faisaient attendre.

Et comme si cette atmosphère déficitaire ne suffisait pas, un mouvement syndical fantaisiste vient se greffer aux problèmes existants et qui envisageait de perturber les examens nationaux qui pontaient à l’horizon.
Satisfaire les désidératas de ce mouvement malgré la sensibilité de l’école, pouvait compromettre l’équilibre macroéconomique du pays, qui était en instance de négociations avec le FMI. Que faut-il faire alors pour sortir de ce carcan qui étouffait l’action gouvernementale et qui mettait en péril la stabilité socio-économique du pays ?

Le Premier Ministre en vieux routier politique et en fin connaisseur de la classe politique a su rabattre la carte du dialogue et de la concertation.
Il rend une visite de courtoisie aux leaders politiques et religieux ainsi qu’aux responsables des institutions du pays. De par cette méthode, il s’offre l’occasion de partager avec eux, sa nouvelle vision et du contenu de sa lettre de missions.

Une stratégie qui a bien été payante. Car, il est parvenu à obtenir des résultats satisfaisants qui ont mis fin au désordre qui régnait. On peut citer :

L’installation des exécutifs communaux et la tenue des états généraux de la décentralisation,

La gestion de la crise dans le secteur de l’éducation avec le SLECG qui a permis d’éviter à notre pays une année blanche. Le recensement des enseignants pour épurer le fichier et redistribuer les dividendes pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Sur le plan politique, la frénésie des manifestations de rue est arrêtée pour privilégier l’ordre public à la loi et enfin,

La mise sur pied d’un dispositif de sécurité pour freiner l’évolution des violences et la terreur dans les zones criminogènes. Aujoud’hui, avec ces PA (postes avancés), composés essentiellement de la police, la gendarmerie et l’armée, sont parvenus à restaurer l’autorité de l’État et à instaurer la quiétude sociale dans la capitale.

Cette méthode semble être celle du Président français, Emmanuel Macron. Quand il dit je cite : « je ne céderai rien à ceux qui veulent la destruction et le désordre, car la République, c’est à la fois l’ordre public et la libre expression des opinions ».

C’est comme pour dire que, chaque droit à une limite à ne pas franchir. Et c’est à partir de là que l’État doit se faire sentir sans état d’âme.

Jusqu’à preuve du contraire, le Premier Ministre, Dr Ibrahima Kassory Fofana fait bien son travail avec sans aucun parfum de zèle ou d’excès. La paix recherchée est enfin là et c’est le plus important.

Par Mohamed Lamine Sidibé

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Sécurité en milieu scolaire : l’initiative « Policier référent » lancée à Mamou

31 mai 2019 à 16 04 29 05295

L’ONG COGINTA, en collaboration avec les autorités guinéennes, poursuit le processus d’introduction de l’initiative « Policier référent » à l’intérieur du pays. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre de la doctrine police de proximité. Le lancement officiel de ce concept a eu lieu ce vendredi, 31 mai 2019 dans la commune urbaine de Mamou, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

La cérémonie de lancement officiel a eu lieu successivement aux lycées Elhadj Aboubacar Doukouré et Amilcar Cabral, choisies comme écoles pilotes. Selon Justine Neloumgaye, chargée de programme de l’ONG COGINTA, « l’objectif de cette initiative est de prévenir, protéger et éduquer. C’est de renforcer les capacités des policiers référents en vue d’une meilleure sensibilisation dans les collèges et les lycées pilotes. Ainsi, pendant une semaine, ils seront formés sur les thèmes portant sur :

La doctrine de la police de proximité, la psychologie de l’enfant et de l’adolescent, les méthodes pédagogiques et les techniques d’animation et de communication auprès d’une population jeune. Ce projet est notamment aujourd’hui dans les écoles, c’est pour renforcer les liens d’amitié, renouer la confiance entre policiers et élèves, policiers et populations », a-t-elle expliqué. 

Capitaine Ibrahima Diallo, l’un des policiers référents de Mamou, a salué cette initiative qui, selon lui, a permis déjà de rapprocher la police des élèves. « Nous sommes vraiment contents aujourd’hui. Avant, les policiers et les élèves étaient comme des ennemis, chaque fois qu’on venait intervenir, ils nous cognaient avec des pierres, nous traitant comme d’ennemis. Mais maintenant, à travers ce projet, nous sommes de vrais amis. Nous sommes à leur disposition pour leur sécurité surtout en milieu scolaire. Je demande aux acteurs de l’éducation d’appuyer cette belle initiative », a lancé l’officier de police.

Dans les écoles pilotes, c’est également la satisfaction. En témoigne d’ailleurs la forte mobilisation des élèves, enseignants et des responsables de ces établissements scolaires. « Nous sommes très réconfortés par cette belle initiative en milieu scolaire. Surtout notre lycée est l’un des plus grands lycées du pays. Cette installation des policiers référents nous aidera à canaliser les élèves qui auront l’intention de se comporter mal au sein de notre école. Nous sollicitons auprès de l’ONG COGINTA de multiplier cette magnifique initiative dans la plupart des établissements du pays », a dit Ousmane Koita, le proviseur du lycée Elhadj Aboubacar Doukouré.

Il est à noter que le policier référent est un agent qui intervient directement en milieu scolaire dans le cadre d’une mission de sensibilisation et d’éducation à la citoyenneté, en vue de prévenir la délinquance chez les mineurs.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tel : 625 69 89 19/657 34 39 39 

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Conakry : un béret rouge jugé pour menaces de mort contre sa mère

31 mai 2019 à 16 04 03 05035

Des conflits autour du partage de l’héritage sont très fréquents dans la société guinéenne. Des membres d’une même famille se disputent souvent pour des lopins de terre et autres biens, entraînant parfois des affrontements sanglants entre eux. Ce, après le décès du père de famille. C’est dans ce cadre que Thierno Sadou Barry, âgé de 51 ans, a comparu hier jeudi, 30 mai 2019 devant le tribunal correctionnel de Dixinn. Ce militaire (béret rouge) est poursuivi pour menaces de mort à l’encontre de sa mère, Aïssatou Baldé, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon nos informations, les problèmes entre la mère et son fils ont commencé lorsque la concession familiale a été mise en location après la mort du père. Thierno Sadou Barry, étant l’aîné de la famille, a suggéré que l’argent soit géré par lui. Chose que sa mère et ses quatre sœurs n’ont pas accepté. Ce qui a entraîné des disputes incessantes depuis la mort du papa en 2015. C’est ainsi que le 10 mars 2019, à 21 heures, muni d’un couteau, Thierno Sadou aurait proféré des injures et menaces de mort contre sa mère. L’une de ses sœurs a décidé alors de porter plainte contre lui pour menaces de mort à l’encontre de leur maman.

La gendarmerie a mis main sur Thierno Sadou Barry pour le déférer à la maison centrale de Conakry. En comparaissant ce jeudi, 30 mai 2019 devant le tribunal correctionnel de Dixinn, le prévenu a nié systématiquement les faits qui lui sont reprochés. Il affirme être victime d’un coup monté par ses sœurs, afin l’expulser de la concession. « Monsieur le président, je n’ai jamais menacé quelqu’un. Je suis l’aîné de la famille, le seul garçon parce que le deuxième garçon, mes sœurs l’ont rendu fou, il est dans la rue. Elles veulent faire la même chose avec moi, me faire sortir de la maison, me mettre en prison pour que je meurs là-bas. Ainsi, elles pourront faire des biens de la famille ce qu’elles veulent.

Il n’y a aucun problème entre ma mère et moi, ce sont mes sœurs qui l’ont montée. Le jour où les gendarmes sont venus me chercher, j’avais une petite porte que je voulais mettre de l’autre coin de la cour par où je pourrais sortir et rentrer pour ne plus avoir à faire avec eux. J’avais amené cette porte chez le soudeur, c’est là-bas qu’ils sont partis me prendre et m’enfermer à la gendarmerie. Comme ma sœur à des relations avec le Colonel Balla Samoura et le Général Baldé, c’est tout. Sinon, je n’ai rien fait. Leur objectif, c’est de récupérer tous les biens », s’est défendu le militaire.

Après les explications du prévenu, le procureur, Daouda Diomandé, lui demande pourquoi sa propre famille déciderait de le poursuivre et bousier sa carrière alors qu’il est innocent. « L’objectif de mes sœurs est que je meurs en prison afin de pouvoir récupérer tout l’héritage que mon papa m’a légué puisque je suis le seul garçon. Elles sont quatre filles, certaines ont même quitté leurs maris pour venir s’installer dans la concession », répond Thierno Sadou Barry.

Après ces explications, le juge, Thierno Souleymane Barry, a appelé à la barre Aïssatou Dalanda Barry, petite sœur du prévenu et plaignante dans cette affaire. Elle est venue balayer d’un revers de la main toutes les explications de son frère. « Monsieur le juge, mon frère que vous voyez nous a rendu la vie dure.
Depuis la mort de mon père, il nous traite pas bien, il insulte ma maman nuit et jour, il la menace. Quand on s’interpose, il fait de même avec nous. Ma mère est gravement malade, elle a l’hypertension et a très mal aux pieds, c’est pourquoi c’est moi qui suis venue à sa place. Chaque fois il nous menace, il dit qu’il va tuer notre mère ou que s’il ne parvient pas, il va nous rendre la vie difficile tant qu’il vit. C’est à cause de ses problèmes que sa femme l’a abandonné.

Le dimanche, 10 mars 2019, à 21 heures, je suis venue le trouver en train de se disputer avec la maman, il n’y a pas de sorte d’injures de femmes qu’il ne proférait pas contre ma mère. Quand je suis intervenue, il est parti dans sa chambre, il a fait sortir un gros couteau pour nous menacer. Sans l’intervention du voisinage, il allait commettre le pire. Il est rentré dans la chambre, a ouvert l’armoire de la maman et fait sortir les habits pour les brûler. Il a cassé aussi la télé et les vitres de la maison. Moi, j’étais obligée de fuir la maison. Le lendemain, je suis partie alerter la gendarmerie qui est venue le prendre. Il est en train de nier ici mais tout le voisinage est témoin de ce qu’il nous fait », a-t-elle indiqué.

Pour en savoir davantage sur cette affaire, le tribunal a décidé de renvoyer le dossier au 13 juin 2019 pour la comparution des témoins.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

Tél. 224 623 53 25 04

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Offres d’emplois : Vivo Energy Guinée recrute

31 mai 2019 à 15 03 58 05585

Vivo Energy Guinée recrute pour les postes suivants :

  • Un Network Planner
  • Un Mining Key Account Manager
  • Un Indirect Channel Account Manager

Les informations détaillées sur les descriptions de postes sont disponibles sur les lien ci-dessous

Retail Network Planner

Mining Key Account Manager

Indirect Channel Account Manager

Pour postuler, envoyez votre candidature (CV et lettre de motivation uniquement) à l’adresse emplois.veg@vivoenergy.com au plus tard le  7 Juin 2019.

Seules les candidatures retenues pour les tests de sélection seront contactées.

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Kassory Fofana aux joueurs du Syli : « nous ne ménagerons aucun effort pour vous soutenir »

31 mai 2019 à 15 03 38 05385

Le Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, a procédé ce vendredi, 31 mai, à la remise officielle du tricolore national au Syli senior, en prélude à la participation guinéenne à la 32ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations 2019. Cette cérémonie s’est déroulée dans la salle de conférence du ministère des affaires étrangères, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

A cette occasion, le chef du gouvernement a promis tout le soutien nécessaire des autorités guinéennes à l’équipe nationale pour une bonne participation de la Guinée à cette compétition continentale de football. « Nous sommes très fiers de vous, de votre parcours aux éliminatoires. Nous ne ménagerons aucun effort pour vous soutenir. J’ai discuté avec le premier vice-président de la FEGUIFOOT (Amadou Diaby), qui sollicite que les matchs amicaux de préparation soient primés, je soumets la proposition publiquement au ministre du budget présent, pour qu’il prenne acte », a dit Ibrahima Kassory Fofana.

De son côté, le capitaine du Syli national, Ibrahima Traoré, a pris l’engagement de travailler dur avec ses coéquipiers pour ramener le trophée de la CAN 2019 à Conakry. « Nous sommes très motivés, conscients de l’importance que les Guinéens accordent au football. Au nom de toute l’équipe et en mon nom personnel, je m’engage à mener la Guinée où elle n’est jamais arrivée. Certes, c’est une mission difficile, mais pas impossible, nous ferons le maximum de nous-mêmes pour revenir avec le trophée de cette compétition », a promis le joueur guinéen.

Le Syli national effectuera sa première séance d’entraînement ce vendredi, à partir de 16 heures, au stade du 28 septembre de Conakry, puis une autre séance dans la matinée de demain samedi, 1er juin 2019 au même endroit.

La sélection va, ensuite, s’envoler dans la journée du samedi, par un vol spécial affrété par l’État guinéen, pour Marrakech (Maroc), où l’équipe guinéenne effectuera sa deuxième phase de la préparation avec, au menu, deux matchs amicaux contre respectivement la Gambie le 07 juin et le Bénin le 11 juin.

Paul Put et ses poulains quitteront Marrakech le 14 juin pour le Caire, où ils affronteront les Pharaons d’Egypte au compte de leur dernier match amical le 16 juin. Le Syli national fera son entrée à la CAN Egypte 2019 le 22 juin contre Madagascar.

Abdoul Aziz Sow pour Guineematin.com

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Fria : un accident de la circulation fait 4 morts et un blessé grave

31 mai 2019 à 11 11 55 05555

Les populations de Fria se sont réveillées ce vendredi, 31 mai 2019 dans la tristesse. Et pour cause, un accident de la circulation a coûté la vie à quatre personnes dans cette ville industrielle, a constaté un journaliste de Guineematin.com sur place.

C’est un camion appartenant à la société Rusal, en provenance de l’usine d’alumine de Friguia, qui est entré en collision avec un taxi de marque Renault 21, immatriculé RC 0766P, en provenance de Conakry avec des passagers à son bord. Sur place, il y a eu quatre morts dont un bébé d’un an et deux blessés.

Selon Cheick Ahmed Camara, chef section de la sécurité routière de Fria, l’accident s’est produit dans la soirée d’hier jeudi, 30 mai 2019. « C’est à la sortie de la ville que le camion a croisé le taxi qui venait de Conakry au niveau du quartier Manga Mory, dans la commune urbaine. Il y a eu quatre morts sur place. Il s’agit du chauffeur du taxi, Mamoudou Bah, né en 1983 à Télimélé. Il était célibataire sans enfant ; Aïssata Diallo, âgée d’un an environ ; Alfred Komano, âgé de 4 ans environ ; et Alsény Diakité, âgé de 38 ans, surveillant à SGPS », a-t-il indiqué.

En plus de ces quatre morts, une autre dame, la mère de la victime, Alfred Komano, a été grièvement blessée. Elle est admise à l’hôpital préfectoral de Fria pour des soins. « Jusqu’au moment où nous parlons (ce vendredi à 10 heures 40’), cette femme ne sait pas que son enfant est décédé au lieu où ils ont fait l’accident », souligne Cheick Ahmed Camara.

Selon le constat de la police, le chauffeur du camion était en excès de vitesse, lorsqu’il a voulu éviter une moto au niveau d’un virage. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé nez à nez avec le taxi.

Au moment où nous mettons cet article en ligne, les corps des quatre victimes se trouvent à l’hôpital préfectoral de Fria. Quant au chauffeur du camion, il se trouve dans les locaux disciplinaires du commissariat central de cette ville.

De Fria, Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél: 622 68 00 41

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Réplique d’un Etudiant Guinéen en France aux propos de Me Zogbelemou

31 mai 2019 à 10 10 52 05525
Alhassane Diallo, Juriste en formation à l’Université de Bourgogne (France)

Libre Opinion : Dans un article publié par Maitre Togba Zogbelemou, Professeur agrégé des facultés de Droit et relayé par de nombreux canaux d’informations, le Docteur en Droit se prononce sur l’actualité politico-juridique la plus brulante du pays depuis quelques temps : les velléités du pouvoir en place de modifier et /ou de proposer une nouvelle constitution.

A la lecture de sa contribution « scientifique », le moins qu’on puisse dire est que le Juriste constitutionaliste tente de nous faire avaler, au travers d’une interprétation extensive sinon démesurée des textes régissant la matière, la pilule d’une possibilité de soumettre une nouvelle constitution au peuple de Guinée dont l’initiative appartiendrait au Président de la République.

A l’entame de ces propos, on peut lire cette belle phrase : « il faut laisser libre cours au débat et même l’encourager : c’est de la contradiction que jaillit la lumière porteuse de propositions et d’idées novatrices ».
De cette assertion, je tire le droit, mieux le devoir d’intervenir en apportant une grille d’analyse qui, à tout point de vue est opposée à l’éthique personnelle de l’auteur sus-cité.

A l’instar de l’agrégé, je me permets de faire quelques observations liminaires avant de me jeter dans l’arène purement juridique :

  1. Statut du professeur Zogbelemou : Pour que le débat garde sa hauteur comme il le réclame, il y’a lieu de rappeler que ses qualités de Professeur agrégé des facultés de Droit, auteur d’ouvrages et articles juridiques et avocat au barreau de Guinée ne doivent pas influer sur la qualité (bonne ou mauvaise) de ses différentes contributions (articles, interview, tribunes etc.). Pour dire clair, ce n’est pas parce qu’on a une référence académique atypique qu’on a la parole d’évangile. On en veut pour preuve, l’affaire Bruno Golnich, Maitre de conférences de Droit public, Professeur à l’Université Jean Moulin Lyon III, membre du Front national (aujourd’hui rassemblement national), auteur de propos négationnistes et véritable contestataire des vérités sur la shoah et de l’existence des chambres à Gaz.
  2. De la nécessité de décloisonner le débat juridique : Il est indispensable sinon impérieux d’éviter toute approche visant à cloisonner le débat sur la question de la possibilité ou non de changer de constitution : technique de délimitation du débat qui, je le rappelle est utilisée dans cette espèce par l’auteur de l’article soumis à l’analyse. A côté de cette question, il faut envisager également et ensemble celle de la possibilité ou non de modifier la constitution du 07 mai 2010. Ce faisant, on remarquera que la quasi-totalité des arguments avancés dans l’article critiqué tombent devant le mécanisme visant uniquement à réviser les dispositions tangibles de la Constitution de 2010 (on y reviendra).
    Ces observations étant faites, place au débat.
    Dans un souci de simplification de l’analyse qui suivra, il y’ a lieu d’adopter le plan de l’article critiqué à quelque exception prêt (prière de lire au préalable l’article critiqué en suivant ce lien : Pr Togba ZOGBELEMOU : « l’initiative de proposer au référendum un texte constitutionnel appartient au Président de la République et aux députés » (opinion libre) – 224infos.org).
    C’est pour dire que de la putative nécessité de passage d’une constitution à une autre (I), le Professeur Zogbelemou déroule une prétendue procédure à suivre avec à la clé une interprétation dangereuse de l’article 51 de la Constitution du 07 mai 2010 (II).
    I. De la putative nécessité de passage d’une constitution à une autre : A côté des éventuelles faiblesses de la constitution de 2010 (A), il a été exposé des hypothétiques vertus d’une nouvelle constitution (B) :
    A. Des éventuelles faiblesses de la constitution de 2010 :
    Aux dires du Professeur Togba, la constitution du 07 mai 2010 souffre de plusieurs anomalies d’ordre procédural entre autres :
  • Constitution de sortie de crise ;
  • Texte rédigé dans la précipitation ;
  • Un texte de compromis politique ;
  • Défaut de légitimité du texte constitutionnel car pas soumis au référendum.
    Pour ce qui est de l’argument selon lequel on est en présence d’une constitution de sortie de crise, nous répondrons que toute constitution vise à sortir d’une crise souvent d’ordre politique et social. La déclaration d’indépendance des USA et les textes qui ont suivis, la constitution Française au sortir de la seconde guerre mondiale et celle de 1958 en sont des illustrations.
    Ensuite, l’argument selon lequel le texte a été rédigé dans la précipitation ne tient aucunement pas la route. L’histoire constitutionnelle des Etats nous démontre de manière étonnante que les textes juridiques rédigés dans la précipitation ont perduré à travers le temps. Certains de ces textes ont d’ailleurs posé les bases d’une vision universaliste des valeurs que partagent l’humanité (droit à la vie, interdiction des peines cruelles et traitements inhumains et dégradants…). La Déclaration des droits l’Homme et du citoyen de 1789 rédigé entre le 04 et le 26 août en est une illustration. Pour rappel, ce texte de 1789 a influencé la déclaration universelle des droits de l’homme de 1946 sous l’égide de L’ONU et les pactes de 1966. Aussi, ce même texte fait de nos jours partie intégrante du bloc de constitutionalité de la 5eme république Française en prenant corps dans le préambule de la constitution de 58. Dès lors, le fait pour Pr Zogbelemou de faire croire que le CNT n’a pas eu assez de temps pour travailler le texte constitutionnel alors qu’en 2013 il soutenait le caractère inclusif des travaux dans l’un de ces articles publiés à la revue juridique et politique des Etats francophones, relève ni plus, ni moins de la mauvaise foi. Précisons que dans l’espèce Guinéenne le CNT a eu une cinquantaine de jours pour rédiger le texte de 2010 et comparativement à l’assemblée des 500 qui a rédigé la DDHC de 1789, il a eu le temps nécessaire.
    L’autre argument a été celui de qualifier la présente constitution de texte de compromis. Là aussi, il est important de rappeler sous réserve des régimes à démocratie populaire (ex URSS, nord-corée…), que tout texte de cette nature résulte d’un compromis politique entre les moult opinions souvent divergentes. On en veut une fois de plus comme exemple la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : A sa lecture, on retrouve les idées de Rousseau, de Locke, de Montesquieu, des physiocrates et même de Voltaire (pour ce dernier voir l’article 10 de la déclaration).
    Dans l’un des griefs qu’il fait à ce texte, l’auteur évoque l’idée selon laquelle les accords politiques auraient mis en mal les fondements juridiques de L’Etat. Tout d’abord, il faut rappeler qu’aucun accord politique n’a, à date, conduit à bouleverser l’ordonnancement juridique du pays et si ce risque se présentait, il appartient à la Cour constitutionnelle de censurer toute loi contraire à la constitution qui découlerait d’un accord politique et ce, en vertu des articles 93 et suivants de la constitution. En second lieu, il est opportun d’évoquer le fait que les accords politiques, contrairement à ce que soutiennent beaucoup de leaders d’opinions du pays, sont constitutionalisés à l’article 58, même s’il serait louable que la jurisprudence de la Cour constitutionnelle en éclaire les contours.
    En fin, il est fait grief à la constitution de n’avoir pas été soumise à l’approbation du peuple par voie référendaire. A cela, nous répondrons en deux temps. Primo, l’auteur de l’article en l’occurrence Maitre Zogbelemou a participé d’une manière directe ou indirecte à l’élaboration de la constitution de 2010 mais aussi à celle de 1990. D’ailleurs, à ce propos, lors d’une intervention dans un cours de Droit constitutionnel au sein de la faculté de Droit de Sonfonia-Conakry en 2015, il justifiait la non utilisation de la voie référendaire par divers motifs notamment l’idée selon laquelle la constitution de 2010 n’est qu’un toilettage de la constitution de 1990 et qu’en réalité, c’était plus qu’une révision que d’une véritable nouvelle constitution. Secundo, force est de rappeler qu’il n’existe aucun texte supranational encore moins national qui pose les règles d’élaboration d’une constitution. A la limite, la doctrine s’accorde sur certaines théories en application desquelles on peut aboutir à une constitution démocratique (à la fois légale et légitime). A l’analyse de ces théories (trois théories principalement dont nous faisons grâce aux lecteurs) tout en faisant un parallèle avec le mode d’élaboration de la constitution de 2010, on peut déduire par une construction purement intellectuelle que le texte de 2010 souffre de légitimité et non de légalité contrairement à ce que soutient Me Zogbelemou. Mieux, cette illégitimité n’est que partielle d’autant plus que la légitimité de l’acteur (le CNT) ne fait aucun doute. Bien plus, important est de rappeler que la dérogation à un principe ou une règle a toujours été admis en Droit et ce, en présence, comme ce fut le cas en 2010, de circonstances exceptionnelles (voir en ce sens l’article de Me Zogbelemou de 2013 cité ci-haut).
    B. Des hypothétiques vertus d’une nouvelle constitution :
    En se fondant sur des supposées anomalies de la constitution de 2010 ; arguments dont on vient de démontrer le défaut de solidité, l’auteur nous expose les prétendues vertus d’une nouvelle constitution. Pour lui, l’établissement d’une nouvelle constitution serait l’occasion :
  • De clarifier les rapports entre le Président et le Premier ministre ;
  • De mettre fin à l’exclusivité des partis politiques quant aux candidatures lors des élections politiques ;
  • De réduire les institutions républicaines qui, financièrement font saigner les comptes publics ;
  • D’améliorer la qualité de la production législative ;
  • De renforcer les droits des citoyens et la parité homme-femme ;
  • D’améliorer le fonctionnement de certaines institutions ;
  • De réaffirmer de façon plus consistante le principe de laïcité et la vocation panafricaniste de la Guinée.

Aussi belles soient-elles, ces propositions ne peuvent justifier à elles seules la nécessité d’établir une nouvelle constitution. La voie la plus heureuse pour ne pas dire l’unique voie légalement admissible est de procéder à une révision constitutionnelle sous le fondement des dispositions des articles 152 et suivants pour ajouter ces éléments qui, selon le constitutionaliste gagnerait à figurer dans le texte.

Bien au-delà, certaines de ces propositions n’ont pas à figurer dans le texte constitutionnel. Ainsi, au travers de lois organiques voire ordinaires, il est possible d’améliorer le fonctionnement de nos institutions Républicaines. Notre présente constitution procède d’ailleurs à ce mécanisme de renvoie de tous détails sur l’organisation et le fonctionnement des institutions constitutionnelles vers les lois organiques, le tout dans un souci de gagner en lisibilité et intelligibilité du texte constitutionnel. (Voir en ce sens article 114 pour la cours suprême, article 116 pour la cours des comptes, 124 sur le conseil économique et social…).

A côté, il faut souligner que l’arsenal juridique de la Guinée (Constitution, traités, lois et règlements) est très protecteur des droits et libertés fondamentaux. On en veut pour preuve le titre II de la constitution du 07 Mai 2010 qui, à travers 21 articles, garanti les droits essentiels dans une société démocratique (Procès équitable, présomption d’innocence, droit de propriété…).

Aussi, le principe de laïcité n’a pas besoin d’être réaffirmé de manière plus solide car il l’est déjà et ce, dès l’article premier de la constitution. Notons également que ce principe entre dans la catégorie des dispositions intangibles prévues à l’article 154. Quoi de mieux pour affirmer un principe ?

Enfin, pour ce qui est de la nécessité de réaffirmer la vocation panafricaniste de la guinée qui figure dans les constitutions de 1958 et de 1982, force est de faire remarquer que contrairement à ce qu’affirme l’auteur, cette vocation est affirmée dans le dernier paragraphe du préambule de la constitution de 2010 en ces termes : « Le peuple de Guinée réaffirme son attachement à la cause de l’unité africaine, de l’intégration régionale et sous régionale du continent ». A ce que nous sachons, le préambule fait partie intégrante du bloc de constitutionalité. Mieux, s’il s’avère si important de réaffirmer de manière on ne peut plus claire cette idéologie panafricaniste moribonde, il existe des mécanismes le permettant sans qu’il ait besoin de proposer une nouvelle constitution : La théorie des principes fondamentaux reconnus par les lois de la république en France, dégagée par le Conseil constitutionnel et visant à rendre hommage au législateur de la 3eme république Française en est une illustration.

De ces constatations et énonciations, il y’a lieu de conclure d’une part que les arguments tenants aux anomalies de la constitution de 2010 ne tiennent pas la route et que les propositions examinées ci-haut ne suffisent pas à elles seules de justifier le changement d’une constitution. Une proposition visant à intégrer le mécanisme de la QPC (Question prioritaire de constitutionalité) aurait pu faire évoluer le débat juridique quoique ne pouvant non plus justifier l’adoption d’une nouvelle constitution.

II. De la Prétendue procédure à suivre :

Face à une interprétation trop extensive ou du moins dangereuse de l’article 51 (A), il y’a lieu de redorer le blason en restituant à cet article sa lettre et son esprit (B).

A. Une interprétation dangereuse de l’article 51 :
Ecrit de la manière la plus simple possible, l’article 51 de la constitution dispose : « Le Président de la République peut, après avoir consulté le Président de l’Assemblée Nationale, soumettre à référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur la protection et la promotion des libertés et droits fondamentaux, ou l’action économique et sociale de l’Etat, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité.

Il doit, si l’Assemblée Nationale le demande par une résolution adoptée à la majorité des deux tiers des membres qui la composent, soumettre à référendum toute proposition de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics ou concernant les libertés et les droits fondamentaux.

Avant de convoquer les électeurs par décret, le Président de la République recueille l’avis de la Cour constitutionnelle sur la conformité du projet ou de la proposition à la constitution.

En cas de non-conformité, il ne peut être procédé au référendum.

Lorsque le référendum a conclu à l’adoption du projet ou de la proposition, la loi ainsi adoptée est promulguée dans les conditions prévues à l’article 78 ».

Procédant par affirmation, de surcroit, dénuée de toute démonstration intellectuelle solide, Me Zogbelemou fait de cet article la base légale pour l’élaboration d’une nouvelle constitution. De la manière la plus surprenante que soit, il enfonce le clou de son raisonnement alambiqué en affirmant tel un magicien qui tire un objet de son chapeau qu’il résulte de ce texte que l’initiative du referendum constitutionnel appartient concurremment au président de la république (Alinéa 1) et à l’assemblée nationale (alinéa 2).

A tous celles et ceux qui savent lire entre les lignes, la lecture attentive du procédé de déduction de l’auteur laisse apparaitre une ligne directrice. En effet, l’auteur joue sur la définition de principalement trois termes pour arriver à ses fins : Loi, Referendum et Organisation des pouvoirs publics.
Pour ce qui est du premier, alors que l’article 51 alinéa 1 évoque la notion de projet de « loi » à son sens le plus strict englobant uniquement les lois organiques et ordinaires ( voir en ce sens l’article 95 de la constitution), il en fait une interprétation extensive sinon opportuniste pour inclure la notion sui-generis de « loi constitutionnelle » définie comme une loi de révision de la constitution qui en modifie, abroge ou complète des dispositions. Pour faire simple, la notion de loi constitutionnelle ne peut pas entrer dans le cadre de l’article 51 et ce, pour la simple raison qu’une telle loi étant l’aboutissement d’un projet ou proposition de révision de la Constitution est traitée au sein des dispositions de l’article 152 de la constitution. Mieux, une telle loi échappe naturellement au contrôle de constitutionalité et ce, conformément aux dispositions combinées des articles 94,95 et 152 de la constitution.

Quant au terme « referendum », contrairement à l’amalgame entretenu Par Docteur Zogbelemou qui emploi indifféremment referendum législatif et referendum constitutionnel, l’article 51 ne traite que du referendum législatif. C’est-à-dire de la soumission au peuple d’un projet ou proposition de loi ordinaire ou organique exclusivement. Le referendum constitutionnel consistant à soumettre un projet ou une proposition de révision de la constitution au peuple est quant à lui prévu à l’article 152 alinéa 2 de la Constitution du 07 mai 2010.

Enfin, pour ce qui est de l’expression « organisation des pouvoirs publics », contrairement à ce que tente de démontrer l’auteur, qui cite à cet effet des documents relativement très anciens ( datant entre autre de 2001 et 2013) et qui n’ont aucune valeur juridique (un dictionnaire ou lexique juridique relève de la doctrine qui, on le sait n’est pas une source directe de la règle de Droit ), un projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics ne peut pas être une nouvelle constitution au sens matériel du terme.

D’ailleurs, l’esprit de la constitution de 2010 a été comme évoqué ci-haut de renvoyer à chaque fois les règles relatives à l’organisation et au fonctionnement des institutions républicaines dans une loi organique (voir en ce sens l’article 131 pour le médiateur de la république, article 140 pour le haut conseil des collectivités locales, 126 pour la haute autorité de la communication etc.).

A côté de notre démonstration, il y’a lieu de regretter l’approche du Docteur dont la finalité a été de faire une interprétation si insidieuse du texte constitutionnel pour faire admettre une base légale à l’établissement d’une nouvelle constitution. Ce n’est ni plus, ni moins, un forçage juridique de la part de l’un des plus grands constitutionalistes du pays.

Passons outre le paradoxe lié à l’idée de diminuer les institutions républicaines au bénéfice d’une stabilité budgétaire oubliant qu’une nouvelle constitution plongerait le pays dans une nouvelle transition aux conséquences économiques désastreuses (organisations de nouvelles élections, installation des nouvelles institutions de la république etc.).

Plus loin, et c’est là que notre analyse sera juridiquement la plus pertinente, l’auteur évoque une double formalité substantielle à laquelle le président est tenu :

  • La consultation préalable du Président de l’Assemblée ;
  • L’avis conforme de la Cour constitutionnelle sur le projet avant la convocation du corps électoral par décret.
    La seconde formalité nous intéresse en l’espèce et ce, de par la curiosité du dispositif. En effet, l’article 51 alinéas 3 et 4 dispose : « Avant de convoquer les électeurs par décret, le Président de la République recueille l’avis de la Cour constitutionnelle sur la conformité du projet ou de la proposition à la constitution. En cas de non-conformité, il ne peut être procédé au référendum. ». Il s’agit là, du mécanisme de contrôle à priori de la conformité de toute loi stricto sensu à la Constitution.
    De la manière la plus curieuse que soit, lorsqu’on considère comme vrai l’analyse du Professeur Zogbelemou, il s’évince que le projet de nouvelle constitution doit être soumis au contrôle de conformité à l’actuelle constitution. Sachant que d’une part, l’on est en présence de deux textes suprêmes (voir pyramide des normes juridiques de Hans Kelsen en ce sens) et que la nouvelle constitution est censée abroger ne serait-ce que tacitement celle actuellement en vigueur d’autre part. La question ordinaire qui se pose est la suivante : Comment une nouvelle constitution peut-elle être conforme à une ancienne censée disparaitre par voie de conséquence ? La réponse à cette question démontre une fois de plus le caractère illogique de l’approche de l’auteur.
    Bien plus, à l’entame de son article, en traitant de la question des dispositions intangibles de la constitution, il affirme : « La constitution n’est pas un texte divine. Des lors, toutes ces dispositions même celles déclarées intangibles, ne produisent d’effets juridiques que pendant la vie de la constitution qui les a établies ». Dit autrement, il évoque la faille permettant de déroger aux dispositions intangibles : A la place de la modification de la constitution, il suffirait d’envisager une nouvelle constitution pour priver d’effet les intangibilités. A cela, il faut répondre en ces termes : pourquoi le constituant de 2010 (CNT) s’est crevé les méninges pour prévoir des dispositions intangibles alors que par un simple jeu de changement de jargon (nouvelle constitution à la place de modification) suffit à faire tomber tout le dispositif sécuritaire ?
    Si l’on peut se permettre de caricaturer, on dira que « c’est fermer une fenêtre pour se protéger d’une tempête alors que la maison est sans toit ».
    Preuve de trop qu’en aucun cas et dans aucune des dispositions de la constitution de 2010, une base légale de l’adoption d’une nouvelle constitution n’a été instituée. Cette possibilité n’a jamais été envisagée contrairement à ce que soutient mordicus le Professeur. D’ailleurs, admettre que l’article 51 en constitue une base légale reviendrait à redonner d’une main aux révisionnistes (article 51) ce qu’on leur a retiré de l’autre (article 154).
    A présent, attelons nous à redorer le blason en restituant à l’article 51 sa lettre et son esprit.
    B. De la restitution de la lettre et de l’esprit de l’article 51 :
    Sans qu’il ait besoin de le citer à nouveau, le contenu de cet article est l’un des plus importants de la constitution de 2010 et indispensable à tout Etat se voulant respectueux du principe de séparation des pouvoirs tels qu’énoncé par Montesquieu.
    Pour l’espèce Guinéenne, cette disposition est le pilier de l’équilibre des pouvoirs du régime semi-présidentiel auquel la Guinée a souscrit contrairement aux régimes parlementaires comme la Grande Bretagne et présidentiels tel les USA.
    Cet article constitue une soupape de sécurité pour au moins deux raisons : Primo, il permet de sortir du blocus qui résulterait de l’hypothèse où la majorité parlementaire reviendrait à l’opposition lors d’une élection législative. En effet, l’opposition politique pour des raisons légitimes ou non pourrait bloquer le fonctionnement normal du pouvoir exécutif en rejetant par exemple tout projet de loi visant à mettre en œuvre la politique économique et sociale du Président de la république (Dans ce schéma, le parlement peut même rejeter une loi de finance quoique dans cette espèce l’article 75 vient apporter un bémol). La conséquence serait telle qu’on tomberait dans un régime parlementaire de fait où le chef de l’exécutif n’aura quasiment pas grand pouvoir. Face à une telle crise non la moindre, l’article 51 permettrait à l’exécutif de se passer du parlement par le biais du referendum populaire.
    Parallèlement cet article vient obliger le Président de la république à ne pas couper le pont avec sa propre majorité au risque de voir celle-ci soumettre une proposition de loi au referendum qui serait contraire à la politique du président ( A rappeler que les lois ont une valeur juridique supérieur au pouvoir règlementaire que dispose les organes de l’exécutif).
    Secundo, cet article « miracle » permet au président de ne pas utiliser son « joker » institué à l’article 92 lui permettant de dissoudre l’assemblée nationale en cas de désaccord sur des questions fondamentales et d’être obligé de démissionner si la nouvelle majorité de députés est favorable à la position adoptée par l’ancienne sur la question ayant provoqué la dissolution.
    Pour clore, la lettre et l’esprit de cet article préserve l’Etat Guinéen et ses institutions des crises politico-juridiques aux conséquences dangereuses loin de l’interprétation donnée par Me Zogbelemou dont l’effet si ce n’est le but est de plonger le pays dans le chaos.

Alhassane Diallo
Juriste en formation à l’Université de Bourgogne (France)

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« Avant, j’avais peur de la police ; maintenant ils sont nos amis », dixit Mariam Sow, élève

31 mai 2019 à 10 10 31 05315

En cours d’introduction dans les communes de la Guinée, l’initiative « policier référent » a été lancée dans les écoles de la commune Urbaine de Labé. Depuis quelques jours, des policiers font office d’enseignant et amis des élèves. Interrogée sur cette initiative, Mariam Sow, élève à la 9ème année A2 au collège Général Lassana Conté, dit être satisfaite et rassurée après avoir pris contact avec ces agents.

« Je suis vraiment très contente de cette initiative. Ils nous ont parlé du rôle et de la mission de la police nationale et ont défini le policier référent ainsi que le type de service que la police peut rendre. Avant, j’avais peur de la police parce que je ne connaissais pas bien la police et voyais des policiers avec des tenues différentes. Je ne connaissais pas qui est qui et qui fait quoi. Maintenant, je suis rassurée car ils sont nos amis », nous a confié Mariam Sow, deuxième cheffe de classe lors d’un appel téléphonique.

Il s’agit des policiers de Labé qui ont été outillés pendant 05 jours dans la salle de formation de la maison de justice, sur la doctrine de la police de proximité ; la psychologie de l’enfant et de l’adolescent ; les méthodes pédagogiques et les techniques d’animation et de communication auprès d’une population jeune ; avant d’être déployés dans quatre écoles pilotes notamment le collège TATA, le Lycée et collège Général Lassana Conté, ainsi que le complexe scolaire la MISSION KALIMA.

L’initiative « policier référent » a été lancée depuis le vendredi 24 mai dans ces écoles. Le rôle du policier référent est d’intervenir directement, de manière volontaire, en milieu scolaire dans le cadre d’une mission de sensibilisation et d’éducation à la citoyenneté, en vue de prévenir la délinquance chez les mineurs. Cependant, le policier référent contribue à l’atteinte des objectifs visés par l’éducation que sont le savoir-faire, le savoir-être et le savoir vivre, indispensables à la formation des futurs citoyens du pays.

Notre rédaction a voulu s’imprégner de son évolution. Habillé en tenu noir, des bottes bien cirées, Lieutenant Alseny Bangoura, Policier Référent en situation de classe au collège Général Lassana Conté estime que tout va bien. « Nous sommes dispersés dans les quatre écoles pilotes. Moi, je suis au collège général Lassana Conté. Nous avons commencé à dispenser les cours depuis le lundi. Pour le moment, nous sommes sur le thème un (1) qui est le rôle et la mission de la police nationale. Mais, avant de commencer le cours, nous présentons d’abord le policier référent vu que ceci est une nouvelle initiative, afin que les élèves puissent comprendre qui nous sommes » relate l’agent avant de soutenir que « tout se passe très bien. Les élèves nous ont bien accueillis et ils suivent avec intérêt ce que nous leur disons. Nous espérons que nous allons réussir haut la main. Aujourd’hui, les enseignants en éducation civique sollicitent même que nous les aidions à obtenir nos guides puisqu’ils sont très riches ».

Très satisfaite de la prestation et surtout de la qualité des cours dispensés par ces policiers référents, madame Fatoumata Diaraye Diallo, Directrice des études au collège général Lassana conté de Labé, ne cache pas sa joie. « Mes élèves comprennent bien les policiers. Nous avons eu assez d’informations. Il y a eu même des exercices et les élèves ont bien compris. Il y avait des choses qu’on ne connaissait pas et que les élèves ne connaissaient pas non plus ; mais, que nous avons comprises à travers ces policiers. Vue l’importance des thématiques, nous avons trouvé que une heure (1H) préalablement prévue pour leur passage était petite ; donc, nous avons jugé nécessaire de leur accorder deux heures (2H). Par exemple, moi, j’avais cours aujourd’hui ; mais, je leur ai laissé toutes mes deux heures (2H) pour qu’ils puissent enseigner aisément », soutient –elle.

À noter que l’introduction de l’initiative « Policier référent », dans la commune urbaine de Labé s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet partenaires pour la sécurité en Guinée ; la Réforme de la police au service du citoyen. Financé par département d’Etat américain et est mis en œuvre par le consortium Coginta, partenaires global et le CECIDE.

Fatoumata Keita

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Le véhicule de Martin Maomou calciné à la T6 : « j’écoutais de la musique pendant le Ramadan »

31 mai 2019 à 9 09 51 05515

Martin Maomou a été entendu hier, jeudi 30 mai 2019, par le tribunal correctionnel de Mafanco. Ce comptable de profession a été victime d’incendie volontaire, vol et injures publiques de la part d’un groupe de jeunes. Les faits se sont produits le 22 mai 2018 au quartier Yattayah-T6, dans la commune de Ratoma, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le plaignant a expliqué qu’au cours de cette attaque, ses agresseurs ont enlevé un montant un de 20 millions de francs guinéens avec lui et calciné sa voiture. « C’était au mois de Ramadan. J’étais dans ma voiture et je rentrais chez moi à la T6. J’écoutais de la musique dans ma voiture. Arrivé au niveau de la mosquée de T6, j’ai trouvé un attroupement de gens qui sont venus faire la prière du crépuscule. Ils ont jeté des cailloux sur moi en me demandant d’éteindre la musique. J’ai aussitôt éteint. Mais, ils m’ont pourchassé encore en callaissant mon véhicule. Vu le mauvais état de la route, j’ai abandonné la voiture et j’ai pris la tangente », a expliqué le plaignant.

Martin Maomou dit s’être rendu immédiatement à la Brigade anti-criminalité numéro 15 pour expliquer sa mésaventure. « Mais, ceux-ci (les agents de la BAC, ndlr) m’ont dit qu’ils ne gèrent pas ce genre de situations. C’est ainsi que je suis allé à la gendarmerie de Matam, au PM3. Ceux-ci ont donné l’ordre aux agents de la BAC N°15 d’intervenir. Mais au moment où ils sont venus pour intervenir, ça trouvait que les assaillants ont fini de calciner le véhicule et ils ont emporté la somme de 20 millions de francs guinéens qui était dans le véhicule », soutient-il.

Les agents ont procédé alors à l’interpellation de 5 personnes, suspectées être les auteurs de cette attaque. Il s’agit de Mamadou Djouldé Diallo, Idrissa Bangoura, Alpha Sidibé, Mamadou Saliou Camara et Mohamed Traoré. Suite à ces arrestations, les imams et sages de la mosquée sont allés intervenir afin que ces personnes soient libérées. « Ils m’ont dit qu’ils vont payer ma voiture et l’argent volé. Ils m’ont demandé de dresser une lettre de désistement pour libérer les enfants.

Les inculpés ont fait une cotisation de 6 millions de francs guinéens et il se trouve que j’ai payé ma voiture à 35 millions de francs guinéens. J’ai compris que ces imams étaient venus pour me tromper. Moi je demande à ce que je sois rétabli dans mes droits. Car aujourd’hui, j’ai non seulement perdu mon argent et mon véhicule, mais aussi je suis menacé. J’ai même quitté le quartier. Je suis maintenant à Coyah », a indiqué monsieur Martin Maomou.

A noter que les 5 prévenus dans cette affaire sont détenus depuis le 30 mai 2018 à la maison centrale de Conakry. Ils vont comparaître le 13 juin prochain devant le tribunal correctionnel de Mafanco pour s’expliquer sur ce qui leur est reproché.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/654 416 922

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Ratoma : la mairie adopte un budget prévisionnel de plus de 45 milliards pour 2019

31 mai 2019 à 5 05 17 05175

La mairie de Ratoma a tenu ce jeudi, 30 mai 2019, la première session de son conseil communal. A l’issue des travaux, les élus de cette commune ont adopté un budget prévisionnel de plus de 45 milliards de francs guinéens pour l’exercice 2019, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Cette première session du conseil communal de Ratoma intervient trois mois après l’installation des conseillers. Les élus de cette commune ont examiné et adopté le Programme Annuel d’Investissement (PAI) de la mairie pour l’exercice 2019. Ils ont adopté également le budget prévisionnel de cet exercice qui se chiffre à plus de 45 milliards de francs guinéens.

maire de cette commune, Souleymane Taran Diallo
Souleymane Taran Diallo

Des décisions satisfaisantes pour le maire de cette commune, Souleymane Taran Diallo. « Au terme d’une longue et ardente journée, nous avons travaillé de façon ardue et nous avons abouti à des résultats que je dirais positifs. Nous avons examiné ensemble, avec quelques fois de la passion, mais toujours intelligemment, le programme annuel d’investissement (PAI) que nous avons examiné très attentivement, discuté dans ses moindres détails et nous l’avons finalement adopté avec des réserves.

Nous avons examiné le budget et là également, les débats n’ont pas manqué. Nous avons discuté en long et en large de ce budget que nous voulons un budget de développement qui s’élève à un montant de 45 milliards 498 millions 880 mille francs guinéens. C’est le montant du budget que nous avons souhaité pour Ratoma pour cette année 2019 », a annoncé le maire.

Selon lui, au cours de la session, les débats ont été houleux entre les conseillers, mais finalement, un consensus a été trouvé sur tous les points, même s’il y a eu des réserves sur certains points. « Il y a eu beaucoup de débats et de propositions et nous en tiendrons compte pour revoir certaines parties du budget, tenant compte de certaines réalités. Ces réserves, nous en tiendrons compte et nous allons travailler le document comme nous l’avons promis », a-t-il dit.

Quant au règlement intérieur qui a aussi été adopté, le maire a expliqué qu’il y a eu beaucoup de choses qui ont été applaudies, qui ont été trouvées intéressantes, mais il y a eu également assez de critiques concernant un des aspects de ce règlement. « Nous avons pris bonne note des critiques et nous ferons ce que le conseil communal a souhaité que nous fassions ensemble avec tous les conseillers. Ce règlement a été adopté à l’unanimité moins une voix, donc à la majorité», s’est félicité Souleymane Taran Diallo.

Alpha Amadou Barry, chef service finances à la mairie de Ratoma,
Alpha Amadou Barry

Mais, en ce qui concerne le budget adopté, Alpha Amadou Barry, chef service finances à la mairie de Ratoma, a indiqué qu’à l’heure actuelle, la commune n’est en mesure de mobiliser que15 milliards 500 millions dans le budget de 45 milliards 498 millions 880 mille francs guinéens. C’est pourquoi, elle compte se tourner vers les partenaires financiers pour combler le gap.

« On ne peut pas aller au-delà de l’orthodoxie financière et de la procédure budgétaire. Nous utilisons le budget qui est notre arme et tout ce qui est en dehors de ça, on préfère ne pas en débattre. Les 15 milliards 500 millions sont repartis comme suit : 9 milliards 300 millions en termes d’investissement et 6 milliards 200 millions en termes de fonctionnement », a-t-il expliqué.

A noter qu’avec ce budget, plusieurs axes prioritaires ont été définis par les conseillers communaux, parmi lesquels, figure l’assainissement de la commune.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Guinée : Mohamed Lamine Fofana prend les rênes du ministère de la justice

31 mai 2019 à 4 04 54 05545

A la faveur d’une cérémonie organisée dans la salle de réunion du département de la justice, Mohamed Lamine Fofana, le nouveau ministre de la justice garde des sceaux par intérim, a été installé hier, jeudi 30 mai 2019, dans ses nouvelles fonctions. Cette installation s’est déroulée en présence entre autres du secrétaire général à la présidence de la République, Kiridi Bangoura, du ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation, le Général Boureima Condé, et des cadres du département de la justice, fortement mobilisés, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était à cette cérémonie.

Né en 1949 à Kouroussa, en Haute Guinée, et détenteur d’une maîtrise en droit judiciaire (obtenue en 1973 à la faculté de droit et des sciences économiques de Dakar) et d’un brevet en magistrature, Mohamed Lamine Fofana vient remplacer le ministre démissionnaire, Me Cheick Sacko, à la tête du ministère de la Justice. Le tout nouveau garde des sceaux par intérim est décrit comme un homme d’expérience pour avoir été au Sénégal, substitut du procureur, procureur de la République (à Kaolack, Thiès et Tambacounda), directeur des affaires criminelles et de grâce, directeur par intérim des affaires civile du ministère de la justice du Sénégal, entre autres.

Auteur de l’œuvre « la police et le citoyen » ou encore « l’universalité des droits de l’homme et son impact en Afrique », Mohamed Lamine Fofana est revenu en Guinée en 2012, dans le cadre des réformes du ministère de la justice et de la mise en place des institutions républicaines. Et, en 2013, il a été nommé conseiller à la présidence de la République. A ce titre, il initiera la mise en place des lois sur le conseil supérieur de la magistrature et le statut des magistrats en Guinée.

En 2015, Mohamed Lamine Fofana sera nommé ministre conseiller à la présidence chargé des relations avec les institutions républicaines. Un poste qu’il doit gérer cumulativement à ses nouvelles fonctions de ministre de la justice garde des sceaux par intérim (conformément au décret du président de la République en date du 27 mai 2019).

Son installation et sa prise de fonction à la tête du département de la justice ont eu lieu ce jeudi, en présence des cadres dudit ministère fortement mobilisés. La cérémonie a été présidé par le secrétaire général du gouvernement.

Dans son allocution, Sékou Kourouma a rappelé les circonstances de la nomination de Mohamed Lamine Fofana à la tête du ministère de la justice, tout en égrenant un chapelet de réformes qui ont été effectuées par Me Cheick Sacko dans le secteur judiciaire en Guinée.

« Il vous souvient à l’instant T que monsieur Cheick Sacko, jadis ministre d’Etat en charge de la justice, a bien voulu présenter à son excellence monsieur le président de la république sa lettre de démission du gouvernement… Parlant de Me Cheick Sacko, il faut rappeler qu’il a passé 55 mois à la tête du ministère de la justice. Avec l’appui de tous les cadres du département, d’importantes activités ont été menées avec succès dans le cadre de la réforme de la justice. Parmi les principales avancées de la réforme de la justice, on peut citer entre autres : la suppression de la Cour d’assise et l’extension de la compétence des tribunaux de premières instances aux affaires criminelles, la suppression des justices de paix, l’abolition de la peine de mort, la création et l’opérationnalisation du tribunal de commerce de Conakry et les tribunaux militaires, d’importants textes réglementaires et législatifs ont été adoptés…

En plus de ces nombreux textes, d’importantes activités diverses parmi lesquelles l’organisation des états généraux de la justice et la mise en place du cadre juridique et institutionnel de la réforme par l’adoption de la politique nationale de réforme et un plan d’action prioritaire de la création des organes chargés de la mise en œuvre de la réforme, sans oublier l’adoption du statut particulier des magistrats », a indiqué le secrétaire général, Sékou Kourouma.

Dans son discours-réponse, le nouveau ministre de la justice garde des sceaux par intérim, Mohamed Lamine Fofana, a remercié le président de la République pour lui avoir renouvelé sa confiance. Il a par ailleurs décliné ses priorités à la tête de ce département. Il s’agit notamment « d’améliorer les conditions de vie et de travail des magistrats, rapprocher la justice des justiciables et continuer l’équipement des tribunaux et des cours de justice » de la Guinée.

Et, pour y arriver, Mohamed Lamine Fofana promet de ne ménager aucun effort. « Nul ne doute que l’institution judiciaire dans sa globalité bénéficie de la compréhension et du soutien du chef de l’Etat. Pour ma part, je lui donne l’assurance de ne ménager aucun effort pour que les magistrats qui distribuent cette justice et tous leurs collaborateurs soient placés dans les meilleures conditions… », a-t-il promis.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Burkina Faso : Vers un jour historique pour les droits sexuels et reproductifs

30 mai 2019 à 19 07 09 05095
Marie-Evelyne Petrus Barry, directrice d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale

Par Marie-Evelyne Petrus Barry : Le 1er juin promet d’être un jour historique pour les droits sexuels et reproductifs au Burkina Faso. En effet, l’État s’est engagé à fournir, à compter de cette date, des services de planning familial gratuits, notamment des contraceptifs et des consultations médicales. Il s’agit d’une décision longtemps attendue mais extrêmement positive qu’Amnesty International appelle de ses vœux depuis un certain temps. Néanmoins, pour qu’elle porte ses fruits et contribue véritablement à accroître la protection des droits des femmes et des filles, il faudra qu’elle soit soutenue par une campagne de sensibilisation nationale, associée à un développement des établissements de santé.

En 2016, Amnesty International a publié un rapport sur l’accès à la contraception et les mariages précoces et forcés au Burkina Faso. Les femmes et les filles interrogées dans le cadre de l’élaboration de ce rapport, en particulier celles qui vivaient en zone rurale, ont mis en évidence un certain nombre de facteurs qui les empêchaient d’accéder aux soins et services de santé sexuelle et reproductive.

La Fondation Cardinal Emile Biayenda est un foyer pour jeunes filles situé à Ouagadougou.

Elles ont notamment cité le coût, les actes d’intimidation et la stigmatisation, l’impossibilité de prendre les décisions les concernant, qui incombent souvent à des membres de leur famille, le manque d’information et l’absence d’éducation sexuelle complète, ainsi que l’insuffisance du nombre de structures accessibles qui fournissent des informations, des services et des produits. Plus de 375 femmes et filles ont fait part de leur expérience à nos chercheurs et chercheuses et presque toutes ont déclaré être fréquemment victimes de violence verbale ou physique lorsqu’elles évoquaient la question de la contraception avec leur partenaire. Beaucoup ont expliqué qu’elles étaient contraintes à aborder le sujet puisqu’elles devaient demander de l’argent à leur partenaire pour acheter des produits contraceptifs, étant donné qu’elles n’avaient pas la maîtrise de leurs ressources financières.

Le taux de mariages précoces et forcés au Burkina Faso est l’un des plus élevés au monde. Une fois marié, un couple est censé avoir des enfants le plus rapidement possible. Par ailleurs, le pays enregistre l’un des plus faibles taux d’utilisation de la contraception-19 % en 2014-et l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde. Au niveau mondial, les décès en couches sont la deuxième cause de mortalité des filles de 15 à 19 ans. En outre, les filles de 19 ans et moins ont davantage de risques de subir des blessures qui les mettent en danger et changent le cours de leur vie, comme les fistules obstétriques-déchirures allant du vagin au rectum.

La Fondation Cardinal Emile Biayenda est un foyer pour jeunes filles situé à Ouagadougou.

Le coût de la contraception a été souvent signalé comme un obstacle par les femmes que nous avons interrogées. Il influence en général le choix de la méthode. Ainsi, les femmes et les filles n’optent pas nécessairement pour le moyen de contraception qu’elles préfèrent mais pour le plus économique, celui disponible au centre de santé le plus proche ou celui qui peut être obtenu le plus discrètement. Faute de ressources financières suffisantes, elles ont recours à la contraception de manière sporadique, ce qui augmente la probabilité de grossesses non désirées, voire à haut risque.

Dans ce contexte, la promesse faite par l’État de fournir des services de planning familial gratuits pourrait être une planche de salut pour de nombreuses femmes et filles. Cependant, aussi bienvenue et importante que soit cette décision, il faut que les pouvoirs publics aillent beaucoup plus loin pour rendre les services de planning familial véritablement accessibles et protéger les droits des femmes et des filles.

La Fondation Cardinal Emile Biayenda est un foyer pour jeunes filles situé à Ouagadougou.

L’accès à la contraception doit aller de pair avec une campagne d’information et de sensibilisation du public de grande ampleur. Nombre de femmes et de filles nous ont dit qu’elles n’avaient jamais entendu parler de contraception avant d’avoir donné naissance à un enfant. Beaucoup d’entre elles, en particulier celles vivant en zone rurale, ont indiqué ne pas avoir été scolarisées, ou seulement pendant de courtes périodes, et n’avoir reçu ni informations par la voie associative ni éducation à la santé sexuelle et reproductive. Le manque d’éléments fiables et scientifiques peut engendrer des idées reçues, une désinformation et des rumeurs qui limitent l’utilisation de la contraception.

Ainsi, un certain nombre d’hommes interrogés par Amnesty International avançaient des idées reçues pour s’opposer à la contraception, notamment la croyance qu’elle rendrait leur épouse infidèle, pourrait être à l’origine d’une naissance gémellaire ou serait susceptible de provoquer la stérilité. Voici le témoignage de Binta (le nom a été modifié) : « J’ai eu mon premier enfant à 16 ans. J’ignorais tout de la contraception jusqu’à la naissance de mon quatrième enfant. Mes enfants ont moins d’un an d’écart. Au début, mon mari refusait que j’utilise une contraception, il disait qu’il ne serait pas responsable si ça me rendait malade. Si j’avais connu la contraception avant, j’aurais espacé les naissances parce que j’ai du mal à prendre soin de tous mes enfants. Mon mari disait qu’il me rejetterait si je prenais une contraception. Mais quand il s’est rendu compte qu’on avait beaucoup d’enfants et pas les moyens de nous en occuper, il a accepté. »

Outre une campagne de sensibilisation, l’État doit veiller à ce que toutes les femmes, qu’elles vivent en milieu urbain ou en zone rurale, puissent bénéficier de la gratuité des produits contraceptifs et des consultations médicales. Les femmes et les filles sont souvent obligées de parcourir de longues distances, parfois 15 kilomètres, pour se rendre dans un établissement de santé où sont fournis des informations, des services et des produits de santé sexuelle et reproductive. Ces établissements sont rares en zone rurale et les transports sont généralement onéreux et peu fiables. Ce problème est particulièrement exacerbé pour les femmes et les filles qui n’ont pas de ressources financières personnelles et dépendent de leur mari ou de leur famille. Bien que les autorités aient augmenté le nombre d’établissements de santé dans le pays ces dernières années, d’immenses disparités demeurent entre les villes et les campagnes.

L’État burkinabé a pris des mesures notables pour faire respecter les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles, comme le droit international l’y oblige. Alors que le 1er juin se rapproche, nous espérons qu’il tienne sa promesse de fournir des services de planning familial gratuits et aille beaucoup plus loin afin de garantir que ces services soient véritablement accessibles, et ce de façon équitable, à toutes les femmes et les filles, peu importe où elles vivent, et que les autres obstacles qui entravent l’accès à la contraception, comme le manque d’information, soient éliminés grâce à une campagne globale de sensibilisation au niveau national.

Par Marie-Evelyne Petrus Barry, directrice d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale

Twitter : @MPetrusBarry

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Mémorandum sur la situation sociopolitique en Guinée : la Guinée vers le chaos ?

30 mai 2019 à 18 06 41 05415

       

  1. Rappel historique

En novembre 2001, un référendum visant essentiellement la suppression de la disposition de limitation des mandats présidentiels permit au Président d’alors de modifier la Constitution et de se maintenir au pouvoir après l’expiration de son dernier mandat. 

Ce référendum inaugura une longue période d’instabilité politique, économique et sociale qui atteindra son paroxysme avec les grèves, manifestations, mutineries et émeutes de 2006-2007, au cours desquelles les guinéens se mobilisèrent comme un seul homme pour exiger le respect des principes démocratiques et de l’État de droit. Ces événements firent payer un très lourd tribut au Peuple de Guinée.  

La Guinée entra dans une longue et difficile impasse qui conduisit au coup d’État militaire de décembre 2008, survenu quelques heures seulement après l’annonce du décès du Président de la République. L’ordre constitutionnel fut suspendu, et les Institutions républicaines dissoutes. Une périlleuse période de transition s’en suivit, marquée de répressions menées à l’encontre de paisibles citoyens, ainsi que d’acteurs politiques et sociaux. 

Cette période de transition prît des tournures dramatiques lorsque la junte militaire décida de confisquer le pouvoir contre la volonté populaire. C’est ainsi qu’une intervention des forces de défense et de sécurité fit 157 morts et des cas de viols et de blessés graves en 2009, lors d’un meeting au cours duquel les populations de Conakry, réunies au stade du 28 septembre, vinrent manifester pacifiquement leur opposition à un nouveau régime militaire.  

Face à l’émotion mondiale suscitée par ce drame, la CEDEAO se saisit de cette crise particulièrement douloureuse pour la Guinée et dangereuse pour la sous-région, en convoquant un sommet extraordinaire des Chefs d’État et de gouvernement à Abuja le 17 octobre 2009, et en nommant comme médiateur le Président de la République du Burkina Faso afin de faciliter le retour à l’ordre constitutionnel.  

La communauté internationale dans son ensemble, y compris les chancelleries des principaux pays de la sous-région accréditées en Guinée, se mobilisa au chevet du pays dans le cadre du Groupe international de contact (GIC-G), placé sous l’égide des Nations Unies, pour appuyer la médiation de la CEDEAO. C’est sous ce parrainage de la communauté internationale qu’un accord fut signé à Ouagadougou le 15 janvier 2010 entre la junte au pouvoir et les Forces vives de la Nation en vue d’une sortie de crise.  

Cet accord de sortie de crise intitulé « Déclaration conjointe de Ouagadougou » portait essentiellement sur : 1) la relance du processus démocratique pour un retour rapide à l’ordre constitutionnelet à l’Etat de droit ; 2) la création d’un cadre juridique favorable à l’organisation d’élections libres et transparenteset la restauration des institutions républicaines ; 3) le transfert du pouvoir aux civils par l’Armée guinéenne

Deux organes principaux furent créés par les parties prenantes pour la mise en œuvre dudit accord : un Gouvernement d’union nationale et un Conseil National de Transition (CNT), ce dernier faisant office de parlement de transition. C’est dans ce contexte que la Constitution du 7 mai 2010 a été élaborée et adoptée. 

Dès lors, il est aisé de comprendre que la Constitution actuelle, résultat d’une solution de sortie de crise, est l’émanation d’un consensus solide entre acteurs nationaux et internationaux soucieux de la stabilité et de la sécurité en Guinée et dans la sous-région, ainsi que de la paix et de la cohésion nationale dans notre Pays.  

Ce sont ces précieux acquis et ces réelles opportunités d’ancrage de la démocratie et de l’État de droit, arrachés de haute lutte, qui sont aujourd’hui menacés par les velléités de présidence à vie du Chef de l’État Alpha CONDE.  

  1. Considérations juridiques

Les dispositions de l’article 27 de la Constitution du 7 mai 2010 régissent la question liée à la durée et au nombre de mandats du Président de la République en ces termes : « […] La durée de son mandat est de 5 ans, renouvelable une fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non. »   

De façon générale, la Constitution aborde le thème de la révision dans son titre XVIII à travers les articles 152, 153 et 154. L’article 154 dispose : « La forme républicaine de l’État, le principe de la laïcité, le principe de l’unicité de l’État, le principe de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs, le pluralisme politique et syndical, le nombre et la durée des mandats du Président de la République ne peuvent faire l’objet d’une révision ». Cet article apparait ainsi comme un complément de l’article 27 en ce sens qu’il empêche toute modification de la durée et du nombre de mandats.  

Les dispositions combinées des articles 27 et 154 de la Constitution du 7 mai 2010 qui garantissent le principe de l’alternance démocratique empêchent le Président de la République de s’octroyer un troisième mandat. Tout mandat supplémentaire ou glissement de mandat en cours serait, en l’état actuel du droit positif, inconstitutionnel. C’est pour contourner ces dispositions intangibles que le pouvoir envisage l’élaboration d’une nouvelle Constitution par voie de référendum.  

Le régime juridique applicable au référendum est fixé par les articles 51 et 152 de la Constitution du 7 mai 2010. Le recours au référendum strictement encadré par ces articles ne peut servir de fondement légal à l’élaboration d’une nouvelle Constitution étant entendu que dans les deux cas, le référendum ne peut avoir lieu que conformément à la présente Constitution, notamment en son article 2 en vertu duquel : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants élus et par voie de référendum. Aucune fraction du peuple, aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice. La souveraineté s’exerce conformément à la présente Constitution qui est la Loi suprême de l’État… ». 

En effet, une nouvelle Constitution n’est proposée qu’en cas de rupture de l’ordre constitutionnel existant provoqué par une crise généralisée, une révolution, un coup d’état ou en cas de création d’un nouvel État. Or, rien en l’espèce ne justifie l’élaboration d’une nouvelle Constitution au détriment de la révision. En outre, il sied de souligner que le principe de l’alternance démocratique est garanti aussi bien par la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la Gouvernance, que par le Protocole A/SP1/12/01 de la CEDEAO sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance.  

  • Environnement politique et socio-économique
  1. Contexte politique

Malgré les immenses sacrifices humains et matériels consentis par ses raves populations pour l’avènement de l’État de droit, et les efforts de la communauté internationale pour endiguer les crises récurrentes qui la secouent, la Guinée semble n’avoir tiré aucune leçon ni de son passé récent, ni des tensions qui ont ébranlé ses pays voisins. Elle ne semble même pas avoir été inspirée par les bons exemples de gouvernance politique dans la sous-région.  

En effet, les violences politiques résultant d’élections contestées, les manifestations réprimées dans le sang, le non-respect des accords de sortie de crise nés de la violation de la Constitution et des lois de la République, en sont des illustrations. En outre, les velléités de contrôle de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), laquelle n’a jamais réussi à rassurer par son professionnalisme et sa neutralité, sont sources de tensions constantes et de défiance entre les différents acteurs d’une part, et la population de l’autre.  

Les élections municipales du 04 février 2018 qui peinent encore à trouver leur épilogue plus d’un an après leur organisation, le retard volontairement accusé dans l’installation des institutions de la République, leur assujettissement total à l’Exécutif, l’absence de recours, l’expiration du mandat des députés, l’interdiction des manifestations sont autant de marqueurs négatifs permettant de constater le déclin de notre démocratie en gestation. 

Face aux multiples revendications sociales et politiques, les gouvernants, plutôt que de privilégier le dialogue, tiennent des discours et posent des actes confinant à l’arrogance et au mépris, d’où le profond malaise et les nombreuses frustrations politiques dont les répercussions sur la sphère économique ne se font pas attendre.  

  1. Contexte socio-économique

Les huit dernières années ont été émaillées de tensions politiques et de violences créant dans le pays un environnement défavorable à tout développement économique et social durable. Cette situation est vécue par les populations comme une grosse déception au regard de l’immense espoir suscité par le retour à l’État de droit advenu au terme de la transition militaire en 2010. L’instabilité politique a généré une baisse notable des activités du secteur privé, et plus particulièrement celles des opérateurs économiques nationaux, une forte détérioration du pouvoir d’achat des populations et de la sécurité des citoyens, l’exacerbation des inégalités, la dépréciation des conditions de vie des femmes et des travailleurs, la perturbation du secteur de l’éducation par les grèves syndicales récurrentes souvent réprimées, l’accroissement du chômage des jeunes avec pour corollaire la poussée migratoire qui fait aujourd’hui de la Guinée, le deuxième pays pourvoyeur de demandeurs d’asile en France derrière l’Afghanistan. Cette situation socio-économique peu reluisante est aggravée par la banalisation de la corruption encouragée par une impunité inédite, très mal vécue par les populations, dont l’extrême pauvreté contraste avec l’opulence d’une infime minorité d’élites. 

  1. Risques encourus

Le contexte ci-dessus décrit est le fait d’une gouvernance qui a conduit progressivement le pays dans un déni de démocratie, illustré par de nombreuses atteintes aux libertés d’expression, tout en aggravant le sentiment d’injustice sociale et les frustrations, au point que l’écrasante majorité des guinéens ont du mal à contenir leur désenchantement. C’est dans ce climat politique et socio-économique explosif qu’un groupuscule d’individus souhaitant maintenir l’État sous son emprise, a entrepris ce projet de nouvelle Constitution avec pour objectif ultime l’instauration d’une présidence à vie. Une telle entreprise, s’inscrivant à contrecourant de l’histoire et de la marche du monde, méprise fondamentalement tous les immenses sacrifices consentis par le Peuple et l’armée guinéenne, laquelle a volontairement renoncé au pouvoir en 2010, ainsi que les efforts fournis par la communauté internationale en vue du retour de la démocratie, de la stabilité et de la paix sociale.   

Dans un contexte sociopolitique aussi délétère que celui de la Guinée d’aujourd’hui, l’annonce d’un tel projet risque de donner lieu à un embrasement populaire. Ce risque est aisément perceptible à travers la montée progressive de tensions autour de la prolifération de mouvements d’opposition au troisième mandat présidentiel, alors que prévaut une interdiction générale de manifester appuyée par l’installation permanente de postes armés (PA) dans la capitale. Pourtant, l’on observe de vastes campagnes de promotion de troisième mandat sur l’ensemble du territoire national, orchestrées par les plus hauts dignitaires du pays, et financées par le pillage des ressources publiques, à l’abri de toute interdiction, pendant que des opposants au troisième mandat font systématiquement l’objet d’intimidations policières et de poursuites judiciaires sans fondement. 

Si l’achat des consciences, la corruption et les intimidations ne permettaient pas à un tel projet de prospérer, il est à craindre que le recours à la violence d’État soit privilégié pour assurer un passage en force, d’où la nécessité de la présente alerte en vue d’une mobilisation nationale et internationale pour éviter le chaos. 

Si le Peuple de Guinée ne veut pas de ce projet de troisième mandat, c’est qu’il constitue une menace réelle pour l’unité nationale et la stabilité dans notre pays, ainsi que celle de la sous-région ouest africaine. C’est pour prévenir les conséquences dangereuses d’un tel projet que le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) a été constitué par des organisations de la société civile, des partis politiques, des organisations de défense des droits de l’homme, des syndicats, des organisations socio-professionnelles, des leaders d’opinion, des artistes et des universitaires. Il s’agit avant tout d’une dynamique citoyenne créée pour empêcher toute possibilité de remise en cause des acquis du processus démocratique lancé en 2010 et dont la Constitution du 7 mai 2010 constitue le cadre juridique par excellence. C’est de ce cadre que toutes les institutions de la République tirent leur légalité et leur légitimité. 

  1. Appel à la Communauté Internationale

L’immense sacrifice consenti par les citoyens guinéens, civils et militaires, en faveur de la paix et de la cohésion nationale, est aujourd’hui menacé par le régime actuel qui envisage un coup d’État constitutionnel, alors même que le processus de démocratisation entamé laborieusement en 2010 peine encore à tenir toutes ses promesses. En effet, la violation récurrente des droits constitutionnels des citoyens, le vandalisme électoral, l’inféodation des institutions républicaines à l’Exécutif, les abus de pouvoir, l’absence de recours, les conditions d’organisation chaotiques des élections nationales et locales, le malaise social grandissant, la flambée de la corruption et de l’impunité, démontrent à suffisance la fragilité de notre jeune démocratie. 

Ayant juré de respecter et de faire respecter la Constitution à deux reprises, le Président de la République ne saurait engager ou poursuivre le changement de la Constitution pour se maintenir au pouvoir sans violer son serment et sans se rendre coupable de parjure et de haute trahison vis-à-vis de son peuple.  

Face aux risques d’embrasement qui guettent la Guinée et la sous région, le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), interpelle les citoyens guinéens et la communauté internationale pour prendre chacun sa part de responsabilité afin de prévenir le chaos. Le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) s’engage à prendre toutes les mesures utiles pour informer l’opinion publique nationale et internationale sur les menaces graves que cette entreprise fait peser sur la paix et la stabilité nationale et régionale, et reste déterminé à défendre la démocratie et l’État de droit par toutes les voies autorisées par la Constitution et les autres lois de la République.   

Le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC)invite particulièrement la Communauté internationale, la CEDEAO, l’Union africaine, l’Union européenne, les Nations Unies, ainsi que tous les partenaires techniques et financiers de la Guinée à prendre les mesures urgentes qui s’imposent avant qu’il ne soit trop tard.  

Guineematin.com vous propose de cliquer sur le lien suivant pour visionner la copie de ce mémorandum :

Mémorandum sur la situation sociopolitique en Guinée

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