Clôture de la conférence diplomatique : le discours du Premier ministre

3 mai 2019 à 22 10 08 05085

« Sur la base des orientations du Chef de l’Etat à l’ouverture de cette conférence et des pertinentes recommandations issues de vos débats, il nous revient à présent de mettre en route une véritable diplomatie économique au service de l’émergence de la Guinée. Cette diplomatie couvrira toutes les actions qui permettront à la fois de rendre la Guinée plus attractive aux investisseurs privés étrangers, d’ouvrir des opportunités aux entreprises guinéennes à l’étranger et de faciliter une mobilisation accrue des ressources dans le cadre de l’aide publique au développement et des partenariats public-privé », a notamment indiqué le Premier ministre.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, l’intégralité de ce discours :

Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions Républicaines ;
Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger ;
Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
Mesdames et Messieurs les Chefs de Mission diplomatiques accréditées en Guinée ;
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs Guinéens ;
Mesdames et Messieurs ;

Dans mes différentes fonctions antérieures, tout comme dans celles que le Chef de l’Etat m’a fait le privilège d’assumer à présent, j’ai pu éprouver à maintes occasions, l’importance éminente des missions diplomatiques pour servir la cause de la paix dans le monde et du rayonnement de notre pays.

Vous comprendrez dès lors mon intérêt d’être ici parmi vous, à ce rassemblement exceptionnel de la grande famille de la diplomatie guinéenne, pour clôturer une conférence qui sans nul doute, marquera les annales de l’histoire de notre diplomatie.

C’est au nom de Son Excellence Monsieur le Président de la République, le Professeur Alpha CONDE, l’artisan de la renaissance diplomatique de notre pays, que je salue votre présence massive et me réjouit de vos contributions significatives aux travaux de cette conférence diplomatique que nous sommes sur le point de clôturer.

C’est aussi en son nom que j’exprime en cette heureuse circonstance la reconnaissance de la Nation et notre fierté pour votre engagement et les efforts louables que vous déployez au quotidien à travers le monde au service de la Guinée.

Pour avoir passé plus de deux décennies de ma carrière dans le domaine de la coopération internationale et du développement et cultivé une réelle proximité avec les services diplomatiques, je mesure les exigences, les contraintes mais aussi le caractère exaltant du travail qui est le vôtre.

Mesdames et Messieurs,
Durant cinq jours d’intenses travaux, vous avez débattu dans la convivialité, la collégialité et avec responsabilité, de tous les grands enjeux de notre diplomatie.

Je puis d’ores et déjà dire que cette conférence a répondu à nos attentes et à nos espoirs parce qu’elle a permis à Son Excellence Monsieur le Président de la République de recentrer votre mission, en tenant compte des grandes mutations dans le monde ainsi que la brusque accélération de l’histoire.

A ce titre, vous avez été éclairés dans les grandes lignes sur les orientations qui doivent désormais guider notre action extérieure.

A travers les travaux des commissions, vous avez pu interagir et échanger sur des thématiques nombreuses et pertinentes qui ont débouché sur des recommandations prometteuses pour la marche que nous voulons imprimer à notre diplomatie.

Les sessions interactives avec les Membres du Gouvernement, des personnes ressources ainsi qu’avec vos homologues accrédités en Guinée ont été aussi l’occasion d’utiles partages d’informations et d’expériences.

Vous êtes encore mieux préparés et plus outillés pour porter le message d’une Guinée en marche, promouvoir son image avec plus d’ardeur et d’efficacité et défendre ses intérêts à l’étranger avec conviction et détermination.

Je tiens à vous dire toute ma satisfaction pour la pertinence des recommandations auxquelles vous avez abouti et qui sont autant de repères sur lesquels nous nous appuierons pour renforcer l’action diplomatique guinéenne.

Je vous donne l’assurance au nom du Gouvernement que ces recommandations seront fidèlement soumises à la haute appréciation de Son Excellence Monsieur le Président de la République qui, je n’en doute pas, y accordera tout l’intérêt qu’elles méritent.
Il nous faudra à tous plus de dynamisme et de créativité dans nos actions pour atteindre les résultats escomptés, car, Monsieur le Président de la République, le diplomate en chef de notre pays, a comme vous le savez, placé la barre très haut.
Grâce à sa clairvoyance et à l’efficacité de son leadership, la voix de la Guinée est redevenue audible et davantage prise en compte en Afrique et dans le monde.

Grâce à son engagement déterminé, notre pays jouit aujourd’hui d’une bonne réputation internationale et d’une grande audience dans le monde. Nous sommes en droit d’en être légitimement fiers.

Au-delà de notre pays, c’est aussi l’Afrique toute entière qui tire profit de la vision clairvoyante et de la riche expérience du Professeur Alpha CONDE, panafricain convaincu, toujours fidèle aux idéaux auxquels il a consacré sa vie militante et son destin présidentiel.

Comment saurais-je passer sous silence son rôle déterminant dans la résolution des conflits sur le continent ? Son implication active pour surmonter les crises récentes en Gambie, en Guinée Bissau et au Togo, entre autres, en est l’illustration éloquente.

Comment pourrais-je ne pas souligner devant vous, le succès unanimement reconnu de la présidence de l’Union africaine qu’il a exercée avec brio en 2017 ?

Et que dire par ailleurs de la conduite perspicace de l’Initiative Africaine sur les Energies Renouvelables ?

A l’évidence, les réformes audacieuses que le Professeur Alpha CONDE a réussi à impulser ont placé l’organisation continentale sur une nouvelle trajectoire, une nouvelle dynamique digne des ambitions des pères fondateurs de bâtir un continent libre, uni et fort, apte à assumer sa part de responsabilité dans la conduite des affaires du monde contemporain.

Fort heureusement, l’Afrique commence à parler d’une seule voix et à prendre son destin en main pour répondre aux aspirations légitimes du grand peuple africain.

Aujourd’hui, plus qu’hier, la Guinée doit continuer, à travers vous, à porter l’idéal d’intégration africaine et prôner partout, les vertus de la paix dans le monde, du dialogue des cultures, de la sécurité et du développement solidaire des peuples.

En effet, nous ne devons pas oublier que dans la difficile lutte pour l’affirmation de l’unité et de la personnalité africaine, notre pays s’est toujours distingué donnant le meilleur de lui-même en véritable pionnier.

Dans cette optique, nous devrons continuer à renforcer nos relations de bon voisinage, à raffermir nos liens d’amitié avec tous les pays épris de paix et de liberté et à contribuer activement aux efforts d’intégration régionale et sous-régionale, tout en encourageant et privilégiant la coopération sud-sud.

De même, nous consoliderons le rôle de notre pays dans les efforts de médiation, de restauration et de préservation de la paix et de la sécurité à travers le système multilatéral.

Pour réussir ce pari, une condition me parait essentielle. C’est l’insertion des cadres guinéens dans les organisations internationales. Cet objectif devrait retenir désormais notre attention et mobiliser nos efforts, et nos énergies. Ceci aiderait significativement à diffuser nos valeurs et notre culture mais aussi à défendre nos intérêts. Je voudrais vous exhorter à en faire une priorité dans notre mission.

Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Notre défi commun est aussi de nous appuyer sur le capital de crédibilité dont jouit désormais, et si heureusement, notre pays, pour bâtir un système diplomatique efficient et proactif, essentiellement recentré autour des enjeux de développement économique.
Faut-il le rappeler, depuis 2010, la Guinée est engagée dans une dynamique de transformation structurelle de son économie pour répondre aux besoins essentiels et nombreux des populations, pour mettre en place les fondations de l’émergence économique.

Comme vous pouvez en faire le constat heureux, les changements structurels dans la gouvernance économique et financière ont permis de restaurer les équilibres macro-économiques, de renouer avec les institutions internationales de financement et de créer un environnement propice aux investissements.
En dépit des aléas qui ont ponctué la marche du pays vers le progrès économique et social, notamment la crise Ebola, le poids de la dette extérieure héritée du passé, l’économie guinéenne connait un regain de dynamisme avec un taux de croissance qui avoisine déjà les deux chiffres.

Les réformes hardies entreprises dans le déploiement des politiques publiques diverses et les investissements considérables dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, des mines, du développement rural, de la santé, de l’éducation et des nouvelles technologies, renforcent les performances enregistrées et ouvrent des perspectives intéressantes pour le pays.

Pour soutenir cette dynamique, notre pays s’est doté d’un Plan National de Développement Economique et Social (PNDES).

Fruit de la vision du Chef de l’Etat, le PNDES est un référentiel des politiques publiques qui vise à promouvoir une croissance forte et de qualité, susceptible d’améliorer le bien-être des Guinéens et d’approfondir la transformation structurelle de l’économie et promouvoir un développement plus inclusif.

Le choix du thème de cette conférence, « Diplomatie au service de l’émergence de la Guinée », ne saurait être donc plus appropriée, tant la mobilisation des ressources et des investissements pour la réalisation du PNDES cristallise notre attention et demeure au cœur de l’action gouvernementale.

Sur la base des orientations du Chef de l’Etat à l’ouverture de cette conférence et des pertinentes recommandations issues de vos débats, il nous revient à présent de mettre en route une véritable diplomatie économique au service de l’émergence de la Guinée.

Cette diplomatie couvrira toutes les actions qui permettront à la fois de rendre la Guinée plus attractive aux investisseurs privés étrangers, d’ouvrir des opportunités aux entreprises guinéennes à l’étranger et de faciliter une mobilisation accrue des ressources dans le cadre de l’aide publique au développement et des partenariats public-privé.

Dans la même perspective, l’appui à la structuration et à l’organisation des Guinéens de la diaspora afin de garantir leur implication effective dans le développement économique du pays devra être pris en compte. L’implication de la diaspora est en effet génératrice de ressources financières, techniques technologiques. Elle est en définitive, facteur de progrès.

Pour permettre une meilleure évaluation des services extérieurs dans la mise en œuvre de cette nouvelle orientation diplomatique, une feuille de route économique, avec des objectifs et des résultats clairement définis, devra être adressée à toutes les missions diplomatiques, en tenant compte des spécificités dans chaque juridiction.

Dans l’optique de la mise en œuvre cette feuille de route, une des recommandations de vos travaux a particulièrement retenu mon attention.

Il s’agit du déploiement de Conseillers économiques et commerciaux pour renforcer nos représentations diplomatiques dans les pays abritant des institutions de financement ou encore dans ceux à fort potentiel de coopération économique et commerciale avec la Guinée.

Ces cadres qui devront être, triés sur le volet sur la base de critères précis, contribueront ainsi à une meilleure appréciation des opportunités de financement ou d’échanges économiques en faveur de notre pays.

Ils renforceront également nos capacités de négociations commerciales ainsi que d’organisation de foras et autres manifestations à caractère économique à l’étranger.

Mesdames et Messieurs,
Dans cette dynamique de renouveau de l’action diplomatique, l’administration centrale des Affaires étrangères ne devra pas être en reste. Elle devra se réorganiser et renforcer ses capacités pour servir de véritable pivot aux services extérieurs pour la mise en œuvre de la diplomatie économique.

Pour ce faire, les lenteurs administratives, les goulots d’étranglement et l’absence de proactivité doivent être impérativement corrigés.

Je dois aussi insister sur la formation et le perfectionnement continus des diplomates, car il est illusoire d’espérer une mutation qualitative de notre appareil diplomatique sans disposer des cadres compétents et motivés.

Conformément aux objectifs assignés dans la lettre de mission que j’ai adressée au Ministre des Affaires étrangères, le Centre de Formation et de Perfectionnement Diplomatique (CEFOPED) doit être rapidement équipé et rendu opérationnel pour répondre à ce besoin pressant de formation.

A ces actions, s’ajoute bien évidemment l’organisation de la carrière diplomatique, dont la non-application aujourd’hui entretient tant de frustrations et de désœuvrement, toutes choses qui obèrent l’efficacité de notre système diplomatique.

Je me réjouis des recommandations concrètes que vous avez formulées pour résoudre les dysfonctionnements, tout comme les propositions concernant la Charte diplomatique et le Guide du protocole. Ces documents, une fois adoptés dans les formes requises, et je l’espère à brève échéance, constitueront désormais le bréviaire dans la conduite des activités diplomatiques de la Guinée.

Monsieur le Ministre des Affaires étrangères ;
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs ;

Les capacités de notre appareil diplomatique à jouer pleinement son rôle de représentation, d’information, de négociation, de protection de nos concitoyens et de coordination de l’action gouvernementale à l’extérieur, dépendent aussi des moyens mis à disposition.

Je suis conscient que notre ambition de renouveau nécessite l’amélioration des conditions de vie et de travail de nos diplomates à l’étranger.

Des mesures doivent cependant être prises pour corriger les anomalies dans la gestion administrative et financière actuelle des services extérieurs.

Je suis confiant que nous parviendrons à améliorer le traitement de nos agents diplomatiques et le fonctionnement des ambassades.

Au cours de vos travaux, vous avez identifié des pistes pour y parvenir. Elles concernent notamment le traitement salarial et les indemnités auxiliaires ; la restructuration des cadres organiques des services extérieurs dans une logique de rationalisation des effectifs ; la classification des pays en zones sur la base de critères précis pour restaurer l’équité et la transparence dans l’allocation des budgets de fonctionnement.

Mesdames et Messieurs ;
Dans les jours à venir, en rapport avec le Ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger, je mettrai en place un comité interministériel chargé d’assurer un suivi rigoureux de la mise en œuvre de vos recommandations.

Ce comité aura pour tâche spécifique de les sérier, d’analyser leur faisabilité et de soumettre des propositions concrètes de mise en œuvre au Gouvernement.

Je tiens à vous rassurer que je veillerai personnellement à ce processus, sur la base des directives de Son Excellence Monsieur le Président de la République. Il est évident que les résultats qui sont désormais attendus de vous justifient que les moyens conséquents soient mis à disposition.

Vous allez donc rejoindre vos différents postes diplomatiques, rassurés de l’accompagnement du Gouvernement et de la bienveillance du Chef de l’Etat.

En retour, je vous engage à jouer pleinement votre rôle pour mériter la confiance du Président de la République et justifier les moyens à mettre à votre disposition pour le renouveau de la diplomatie guinéenne.

Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger,

A ce stade de mon propos, je vais me tourner vers vous, pour vous adresser toutes mes félicitations et à travers vous, à l’ensemble des acteurs qui ont contribué au succès de cette conférence.

A cette reconnaissance, je veux associer toutes les personnalités, particulièrement les Chefs de Missions diplomatiques accrédités dans notre pays, qui nous ont fait l’honneur de leur présence à ces assises.

La tenue de ce grand rendez-vous ouvre incontestablement une nouvelle ère pour l’action extérieure de la Guinée. C’est notre honneur, et c’est notre responsabilité, je dirai même notre devoir sacré, de l’impacter ensemble.

Dans cet esprit, vous ne devez jamais perdre de vue l’œuvre collective à laquelle vous êtes associés : le rayonnement de la Guinée, une Guinée attachée aux valeurs de liberté, de paix et de solidarité.

Une Guinée tout aussi engagée dans la voie de l’intégration économique et sociale pour un destin solidaire du continent.

Je dois cependant vous signifier que la conférence diplomatique n’est pas encore terminée. Car, il nous reste une redoutable épreuve : le grand banquet ou le grand repas des diplomates que vous nous offrez ce soir, [et qui sera l’occasion des ultimes recommandations].

L’un des plus illustres diplomates, l’éminent et très habile Charles-Maurice De Talleyrand, avait eu la sagesse d’aviser que « le meilleur auxiliaire d’un diplomate, c’est bien son chef cuisinier ». Alors, faites-nous en la démonstration ce soir pour que tout s’achève dans la beauté, dans la gaité et en apothéose.

En attendant de partager ce bon moment avec vous ce soir, je déclare clos les travaux de la conférence diplomatique.

Je vous remercie.

Lire

Kankan : la journée de la presse célébrée autour de la consolidation de la paix

3 mai 2019 à 21 09 10 05105

A l’image des autres pays, la Guinée a célébré ce vendredi, 3 mai 2019, la journée mondiale de la liberté de la presse. Dans la capitale de la Haute Guinée, c’est sous le thème « Rôle des médias pour la consolidation de la paix à Kankan » que les professionnels des médias ont célébré cette journée. La cérémonie, initiée par l’Association des Journalistes de Kankan (AJK), s’est tenue dans la salle de lecture de la Bibliothèque américaine, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Cette cérémonie a réuni les autorités universitaires, le représentant de la Haute Autorité de la Communication et des journalistes venus de Siguiri. La cérémonie a démarré par la lecture d’une déclaration de l’AJK relative à l’agression de deux journalistes par des militants du RPG lors de l’agression des membres du Font National pour la Défense de la Constitution (FNDC) le mardi passé.

Dans la déclaration, lue par Amadou Oury Souaré, secrétaire général de l’AJK, les hommes de médias ont laissé entendre qu’une procédure judiciaire pourrait être engagée contre les auteurs de cette agression. « Nous mettons à profit cette journée dédiée aux journalistes et à la presse, pour non seulement dénoncer, mais aussi condamner avec la dernière énergie, les exactions que subissent les journalistes dans l’exercice de leur métier. Le dernier cas en date à Kankan est survenu il y a à peine 72h, au rondpoint Komarala Loisir, où des militants du RPG se sont délibérément attaqués à des journalistes partis couvrir la marche des opposants au projet de 3ème mandat. Ces journalistes ont été tabassés sans ménagement, leurs habits déchirés et leurs matériels de travail et téléphones confisqués. Et, le comble du mépris, c’est eux qui ont été arrêtés et déposés à la gendarmerie… D’ailleurs, nous sommes en train de nous concerter avec nos responsables syndicaux de Conakry pour le déclenchement d’une procédure judiciaire contre des individus à l’origine de ces brutalités contre nos confrères ».

La cérémonie a été mise à profit pour tenir une conférence axée sur la consolidation de la paix par les médias à Kankan. Selon le conférencier, Alpha Oumar Koïta de la radio Espace FM à Kankan, « nous avons démontré le rôle fondamental que doit jouer la presse dans le cadre de la consolidation de la paix dans nos différentes communautés. Nous devons être les premiers promoteurs de la paix, même si quelque part nous sommes là en train de dénoncer les tares, les couacs des gouvernants, mais il va de soi aussi que nous nous mettions à la tâche, au service de la paix dans notre pays ».

Présent à la conférence, Fodé Bangaly Fofana, correspondant de la télévision nationale (RTG) et représentant de la HAC à Kankan, a invité les patrons de medias à mieux traiter les journalistes. « Les responsables de radio doivent quand même se faire le devoir de donner les badges aux journalistes, même si la HAC n’a pas la possibilité, parce qu’il y a des critères qui sont définis pour bénéficier d’une carte de la HAC, il y a certains journalistes à Kankan qui ne remplissent pas ces critères ».

Les autorités à tous les niveaux et les patrons de medias ont brillé par leur absence à cette conférence. A noter qu’un match de gala entre la presse de Kankan et celle de Siguiri suivi d’une soirée récréative dans un night-club de la place, clôtureront cette 26ème édition de la journée de la liberté de la presse.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Tél : 00 224 627 24 13 24

Lire

Mamou : un responsable du gouvernorat présente des excuses aux journalistes victimes de violences

3 mai 2019 à 21 09 00 05005

L’antenne préfectorale du Syndicat des Professionnels de la Presse privée de Guinée (SPPG) a célébré ce vendredi, 03 mai 2019, la journée mondiale de la liberté de la presse. L’occasion pour hommes de médias exerçant dans cette ville, de se pencher sur leur situation et sur l’état de la liberté de la presse en Guinée.

La cérémonie a connu la participation du chef de cabinet du gouverneur de Mamou, qui en a profité pour présenter des excuses aux journalistes victimes de brimades dans l’exercice de leur métier, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

C’est la première fois que la journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée à Mamou. Organisées sous le thème : « Le rôle des médias dans le processus électorale », ces festivités sont l’œuvre de l’antenne locale du Syndicat des Professionnels de la Presse privée de Guinée. Dans son discours de circonstance, Aboubacar Bangoura, le secrétaire général de l’antenne préfectorale du Syndicat des Professionnels de la Presse Privée de Guinée, a tout d’abord, rappelé le rôle important que les médias jouent dans une démocratie.

« Qui parle de liberté de la presse, parle de démocratie et de la bonne gouvernance. Il ne saurait y avoir de pleine démocratie sans accès à une information transparente et fiable. La liberté de la presse est le vecteur de l’édification d’institutions justes et impartiales. Elle permet également de mettre les dirigeants devant leurs responsabilités et d’exprimer la vérité », a-t-il rappelé.

Aboubacar Bangoura a, ensuite, adressé un message aux patrons de presse : « nous vous demandons d’améliorer les conditions de vie et de travail de vos travailleurs, en faisant recours à la législation du travail. Aux journalistes des médias privés et publics, nous vous invitons à l’union. Formez un tout indivisible pour faire dos à la politique », a exhorté le syndicaliste.

Faisant allusion au thème choisi pour ces festivités, Ibrahima Sow, chef des programmes de la Radio Rurale de Mamou, a appelé les journalistes à faire preuve d’un maximum de professionnalisme et de responsabilité dans la couverture des échéances électorales à venir. « Le journaliste est un arbitre entre gouvernants et gouvernés. Il ne doit pas défendre les autorités, il défend la population, la vérité et la paix. Il doit unir, guérir les cœurs malades à travers des émissions. Bientôt les élections dans notre pays, et la phase post-électorale est la plus dangereuse. Le journaliste doit aller à la quête de l’information, la traiter et la diffuser avec professionnalisme et responsabilité », a-t-il souligné.

Présent à la cérémonie, le Directeur de Cabinet du gouvernorat de Mamou, a salué l’organisation de ces festivités dans la ville carrefour. Bernard Mara a mis cette occasion à profit pour présenter des excuses des autorités aux journalistes qui sont souvent violentés dans l’exercice de leur métier. « La célébration de la fête internationale de la liberté de la presse est une chose à saluer.

C’est une joie immense pour nous de prendre part à cette cérémonie pour la première fois à Mamou, nous vous remercions sincèrement. C’est l’occasion pour nous de présenter nos excuses à nos frères de la presse qui sont toujours victimes de violences par certaines personnes. Parfois vous avez des difficultés : des arrestations, des jets de pierres, nous vous présentons nos excuses », a dit le responsable.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tél. : 625698919/657343939

Lire

Taliby Dabo remet ça : « il n’y aura aucune manifestation anti 3ème mandat en Haute Guinée »

3 mai 2019 à 20 08 45 05455
Taliby Dabo, membre de la coordination régionale et directeur de campagne du RPG

Le mardi 30 avril 2019, des membres du FNDC (Front National pour la Défense de la Constitution) ont été agressés à Kankan par des militants du RPG, le parti au pouvoir. La furie qui s’est abattue sur les opposants au 3ème mandat au siège du PADES (Parti des Démocrates pour l’Espoir) a fait plusieurs blessés, y compris des journalistes, et des arrestations.

Quelques jours après ces événements, Taliby Dabo, membre de la coordination régionale et directeur de campagne du RPG, a accordé une interview au correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture. Il a été question entre-autres, de ces échauffourées, de la suite à accorder aux futures manifestations des opposants à la révision constitutionnelle.

Guineematin : nous avons suivi le mardi des affrontements entre les membres du FNDC et des militants du RPG. Qu’est-ce qui s’est passé ?

Taliby Dabo : c’était de la provocation de la part de ce front. D’abord, ça a commencé la veille, par ci et par là. Mais, le mardi, très tôt le matin, à 6h, ils se sont transportés au carrefour Komarala loisir, pour aller s’attaquer à certains de nos jeunes. Donc, c’est en répliquant que certains ont pensé que c’est de l’agression, non. Nous avons été plutôt agressés et nous avons voulu répondre à cette agression, et au lieu de ça, on va masquer cette provocation parce que, ça s’est déroulé très tôt le matin. On va masquer nos blessés et sur les réseaux sociaux et ailleurs on ne parle que des blessés au sein du front. Le maire n’a pas autorisé cette manifestation.

Guineematin : on apprend de sources sures que la veille, vous auriez tenu une réunion secrète avec vos militants, leur demandant de boycotter toute manifestation anti 3ème mandat à Kankan. Comment réagissez-vous ?

Taliby Dabo : c’est faux, ce n’est pas une réunion secrète, c’était une assemblée extraordinaire qui s’est déroulée au siège du parti. Certains journalistes y étaient. Donc, c’était public, parce que plusieurs médias ont diffusé les images.

Guineematin : à l’entame vous avez dit que c’était une réplique parce qu’à 6h du matin, certains de vos jeunes ont été attaqués par les membres du front, mais vous avez parlé aussi du regroupement des militants du RPG au carrefour Komarala loisir, est ce qu’il n y’a pas de contradiction entre vos propos ?

Taliby Dabo : Non, c’est vous qui parlez de contradiction, nous étions à Komarala jusqu’à 12h. Puis, on est venu un peu plus tôt, à 00h déjà nous étions sur place, on a pris du thé. C’est depuis ce moment qu’on n’a vu un véhicule de couleur grise dont on n’a pas retenu le numéro, qui est venu avec des tracts que nous avons pourchassé. Donc, il y a eu beaucoup de provocation avant ce petit matin. Maintenant, à 6h un groupe d’individus est venu s’attaquer à nous parce que le monde n’est pas sorti tôt. Donc, ils ont vu un groupe RPGiste au carrefour, ils sont venu s’attaquer à eu.

Guineematin : selon nos sources d’information, la contremanifestation aurait été financée à coup de plusieurs millions de nos francs, payés par certains membres influents du bureau politique national du RPG…

Taliby Dabo : vous avez vu un membre du BPN ici ? Moi, je suis surpris. C’est du mensonge, vous pensez qu’on a besoin de payer quelqu’un pour sortir ici ? Vous pensez qu’on peut payer les inconditionnels, les fous du RPG pour qu’ils sortent à Kankan ? Il faut les appeler seulement pour qu’ils s’y rendent, on n’a pas besoin de les payer, ce n’est pas possible. Je crois qu’ils (les membres du front, ndlr) sont en perte de vitesse, ils manquent d’argument.

Guineematin : on vous accuse en personne d’être celui qui aurait demandé aux jeunes du RPG de déchirer les affiches au siège du PADES et de s’en prendre physiquement aux membres du FNDC. Plusieurs personnes ont été passées à tabac, notamment Alpha Nongo, le Fédéral du PEDN, et même les journalistes n’ont pas été épargné, que répondez-vous ?

Taliby Dabo : c’est faux tout cela. Je dis, vous n’avez pas suivi, ce qui s’est passé à 6h, nous avons été provoqués et nous avons répliqué à cette provocation, nous avons eu des blessés dans nos rang, 12 au total, est ce que vous savez que nous avons déposé une plainte ? Nous avons des preuves irréfutables, vous serez appelé pour des informations.

Guineematin : ne pensez-vous pas qu’il est nécessaire aujourd’hui de laisser toutes les couches s’exprimer sur la révision de la Constitution dans n’importe quelle ville de la Guinée, même à Kankan la capitale du RPG ?

Taliby Dabo : s’il vous plait, le fait de manifester contre un troisième est illégal, on ne peut pas l’admettre. La loi prévoit que toute Constitution peut être modifiée.

Guineematin : ce n’est pas la même loi qui autorise les citoyens à manifester pacifiquement contre la médication de la même Constitution ?

Taliby Dabo : non. Mais, vous manifestez votre opposition dans les urnes. On vous demande de voter et vous votez.

Guineematin : pourtant, on voit les militants du RPG sur toute l’étendue du territoire, manifester leur soutien à une nouvelle Constitution. Ils ne sont pas inquiétés. Pourquoi n’attendent-ils pas les urnes ?

Taliby Dabo : nous, on était calme. C’est lorsque nous avons appris dans un média, les gens parler de leur sortie, dire du n’importe quoi… Ils seront empêchés dans toutes les huit préfectures de la Haute Guinée. Ça, je ne vous le cache pas. Dites ça partout, que c’est moi qui l’ai dit. S’ils sortent, on va les empêcher.

Guineematin : c’est les autorités administratives qui doivent interdire une manifestation ou le RPG arc-en-ciel ?

Taliby Dabo : les autorités n’ont rien à avoir dans ça. Toute manifestation est interdite sur l’étendue du territoire, il n’y aura aucune manifestation, parce que c’est illégal.

Guineematin : vous ne pensez pas que le RPG a mieux à faire que d’empêcher des manifestations anti-3ème mandat, je veux parler de ces affrontements entre des factions du RPG dans la région de Kankan, à Komodou, Tokounou et tout récemment à Koumana dans Kouroussa, où des cas de mort ont été enregistrés entre RPGistes ?

Taliby Dabo : ça, ce n’est pas ton problème, c’est une cuisine intérieure, laissez-nous gérer notre problème. Progressivement, nous sommes en train de régler tout. C’est bon, c’est une grande formation politique. SVP, dans la sous-préfecture de Koumban, il y avait un problème, mais c’est régler, c’est terminer. Dans la sous-préfecture de Bâté Nafadji, il y avait un problème, mais c’est regeler, c’est terminer, tout comme dans la sous-préfecture de Tinti-Oulén.

Guineematin : est-ce-que vous avez autre chose à ajouter ?

Taliby Dabo : j’insiste qu’il n’y aura pas de manifestation anti troisième mandat à Kankan mais aussi dans toute la région politique du RPG Arc-en-ciel, je vous les cite : Dabola, Faranah, Mandiana, Siguiri, Kérouané, Kankan, Dinguiraye et Kouroussa. Nous allons tout faire pour empêcher une manifestation anarchique, illégale, parce que ce n’est pas à l’ordre du jour, parce que la loi ne le prévoit pas. S’ils sont hommes, ils n’ont qu’à le tenter, ils ne le feront plus.

Interview réalisée depuis Kankan par Abdoulaye N’koya SYLLA, pour Guineematin.com

Tél : (00224) 627 24 13 24

Lire

Conakry : l’écrivain Saliou Bah présente sa nouvelle Œuvre intitulée l’Homme-hyène

3 mai 2019 à 20 08 28 05285

Un nouveau livre fait son apparition dans le paysage culturel guinéen. Il s’agit de « l’Homme-hyène » de l’écrivain, Saliou Bah. La cérémonie de dédicace de ce roman a eu lieu dans la soirée du jeudi, 02 mai 2019, à Conakry, en présence de nombreux élèves, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Publié par les Editions Ganndal, cet ouvrage de 92 pages traite d’une histoire imaginaire d’un homme, renié par son père et qui désire prendre sa revanche. « Un beau matin, le père de Boory (le personnage principal) lui dit qu’il est déshérité. Suite à cette déclaration de son père, Boory est complètement anéanti.

Et, pendant qu’il cherchait à savoir qu’est-ce qu’il va faire, il y a une personne, un habitant de son village qui a eu pitié de lui. Cette personne, c’est une vieille femme. Et, celle-ci le guide pour assouvir sa vengeance. Mais c’est une vengeance qui va se révéler amère pour tout le village », explique Saliou Bah, l’auteur de ce roman.

Cette fascinante histoire, racontée dans un langage accessible même aux élèves du niveau lycée, dure 6 jours. Et, à travers elle, l’auteur met en exergue certains aspects culturels de notre société. « Je parle de nos propres croyances parce que nous croyons aux Djinns, nous croyons aux joueurs de cauris, nous croyons qu’il y a des hommes qui ont le pouvoir de se transformer ou de transformer une personne en animal.

Donc, il y a tous ces sujets qui sont traités dans ce roman. Le but c’est simplement de montrer que dans la vie d’une personne, un jour, les choses peuvent basculer. C’est le cas de Boory dont la vie a basculé tout d’un coup. Et pendant 6 jours, Boory va vivre un drame. Heureusement, il va finir par s’en sortir », souligne monsieur Bah.

A noter que l’Homme-hyène est le cinquième ouvrage de l’écrivain, Saliou Bah. Le livre est vendu à seulement 25 000 francs guinéens.

Mohamed Doré pour Guineematin.com

Lire

Violences au Palais du peuple : Abdoulaye Sow charge la CNTG et le camp Abdoulaye Camara

3 mai 2019 à 20 08 20 05205

Deux jours après les violences ayant émaillé la célébration de la journée internationale du travail au Palais du peuple de Conakry, l’USTG version Abdoulaye Sow s’est prononcé sur la question au cours d’un point de presse organisé ce vendredi, 03 mai 2019.

Abdoulaye Sow, le secrétaire général de cette branche de l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée est revenu longuement sur les circonstances de cet affrontement. Il accuse l’autre groupe de l’USTG dirigé par Abdoulaye Camara et son partenaire de la CNTG d’avoir voulu les assassiner lui et son adjoint, Aboubacar Soumah du SLECG, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

A l’entame de sa communication, Abdoulaye Sow secrétaire général de l’USTG, a indiqué qu’ils avaient travaillé de concert avec le ministre en charge du travail, Lansana Komara, pour que toutes les centrales syndicales puissent célébrer la fête du travail au Palais du peuple. Toutes les dispositions ont été prises de leur côté pour que la fête soit belle. Mais malheureusement, regrette-t-il, « nous avons trouvé tout le Palais barricadé, fermé par des loubards drogués à bloc.

Comme quoi, il n’y a qu’une partie des centrales syndicales qui doit fêter là-bas et nous, on ne doit pas fêter. C’était préoccupant, les travailleurs sont venus se masser devant la porte. Nous avons pris notre responsabilité, on a appelé le ministre en charge du travail pour attirer son attention sur la situation pour que des mesures idoines soient prises pour empêcher tout conflit ».

Dès que ses membres ont eu accès au Palais du peuple, Abdoulaye Sow affirme qu’ils ont été accueillis par une pluie de pierres venant de toute part. « Nous ne savions pas qu’ils étaient armés à l’intérieur, ils avaient des armes blanches : des couteaux, des bâtons, des pierres, il y avait toutes les armes blanches en tout cas à l’intérieur du Palais. Nous avons été surpris que ça se passe comme ça, mais on a compris que c’était savamment élaboré par des personnes qui n’ont pas intérêt à ce qu’il y ait la paix dans ce pays.

On a été surpris par l’accueil, c’était une débandade. On a blessé nos hommes. Actuellement, au niveau de l’éducation (SLECG, ndlr), il y a 25 blessés qui sont à l’hôpital. On a voulu attenter à la vie d’Aboubacar Soumah, mais celui-là qui a voulu attenter à sa vie a été arrêté. Actuellement, il est à la disposition de la police ».

Poursuivant, Abdoulaye Sow a affirmé qu’à la veille de la célébration de la fête du travail « nous avons, en cours de réunion avec douze centrales syndicales, appelé le secrétaire général adjoint de la CNTG, Kader Camara, qui a dit à haute et intelligible voix, parce que nous étions en haut-parleur tout le monde a entendu, il a dit monsieur le secrétaire général, demain on va vous tuer. Et, ça s’est traduit au Palais du peuple par l’envoi de quelqu’un qui avait une barre de fer pour venir m’attaquer. N’eut été les travailleurs, je ne serais pas là en train de parler », révèle-t-il.

Accusant la CNTG et l’autre branche de l’USTG dirigée par Abdoulaye Camara d’être les instigateurs des violences survenues au Palais du peuple, Abdoulaye Sow annonce qu’ils ont déjà porté plainte. « Nous, nous avons esté en justice à travers notre avocat. Nous avons esté en justice en citant les personnes responsables de la barbarie, de la sauvagerie qui a eu lieu au Palais du peuple. C’est une honte pour notre pays, c’est un recul du mouvement syndical, un recul de la démocratie dans notre pays. Parce que cette situation au Palais du peuple pouvait être encadrée et sécurisée par le gouvernement », dénonce-t-il.

En ce qui concerne le bilan de ces violences, le bouillant syndicaliste Abdoulaye Sow dira « c’est un bilan honteux, j’ai honte de voir des gens blessés, des syndicalistes qui sont allés juste pour manifester la joie par rapport à une fête internationale qui s’est passée dans le monde entier, où il y a eu des blessés, où on a voulu attenter à la vie du seul secrétaire général représentant de l’éducation en République de Guinée. On a voulu attenter à sa vie par jalousie », a dit Abdoulaye Sow.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

Lire

Lutte anti 3ème mandat : le mouvement « Mountondi » rejoint le FNDC et appelle à la mobilisation des patriotes

3 mai 2019 à 20 08 08 05085

Le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) continue de s’agrandir. Un nouveau mandat dénommé « Mountondi » vient de rejoindre cette structure, mise en place pour défendre l’actuelle Constitution guinéenne et barrer la route à un troisième mandat pour le président Alpha Condé. Ce mouvement a officialisé son adhésion au FNDC ce vendredi, 03 mai 2019. Il en a profité pour appeler à la mobilisation des « patriotes, afin de sauver notre Patrie des conséquences imprévisibles du recul démocratique, de la dérive autoritaire et d’éventuels troubles sociaux ».

Guineematin.com vous livre ci-dessous la déclaration du mouvement Mountondi lue au siège du Front National pour la Défense de la Constitution.

Mouvement Mountondi

Cher(e)s compatriotes,

Oumou Kaïraty Diallo

Depuis quelques jours, nous constatons avec beaucoup d’inquiétudes, des actions et discours tendant à soutenir un projet de révision constitutionnelle ou de l’adoption d’une nouvelle Constitution tout en modifiant les articles 27 et 154 de la Constitution actuelle pour permettre au Président de la République de s’éterniser au pouvoir.

Compte tenu des risques qu’encourt le pays, du fait d’un tel projet, des patriotes jeunes et femmes ont créé un mouvement citoyen dénommé ‘’Mountondi’ (en français, nous refusons) pour sauver la patrie en défendant notre constitution.

Cher(e)s compatriotes,

Dans la vie d’une nation, il arrive des moments où se taire devient un crime. Aujourd’hui, la situation de notre pays nous interpelle tous.

C’est pourquoi le Mouvement Mountondi lance un appel pressant à l’unité et à la mobilisation de tous les patriotes jeunes et femmes, afin de sauver notre Patrie des conséquences imprévisibles du recul démocratique, de la dérive autoritaire et d’éventuels troubles sociaux.

C’est dans cet esprit que le Mouvement Moutondi officialise aujourd’hui son adhésion au Front National pour la Défense de la Constitution FNDC.

Pour rappel, le Mouvement_Mountondi est fondé sur les principes suivants :

Ø Mutualiser les efforts de toute la jeunesse dans cette lutte commune.

Ø Expliquer au Peuple les enjeux et les défis auxquels il faudra apporter des réponses idoines et vigoureuses pour espérer mener notre peuple à la victoire contre les promoteurs du troisième mandat.

Ø Faire l’évaluation analytique qui sied pour cerner tous les paramètres. Procéder par la pédagogie de la sensibilisation de la jeunesse pour sa mobilisation et son engagement sans faille pour cette juste cause.

Le Mouvement Mountondi invite tous les guinéens épris de valeurs démocratiques, de paix et de justice à s’engager dans ce combat démocratique afin de donner plus de dynamique et tonus pour la défense des acquis démocratiques.

Cher(e)s compatriotes,

Les guinéens patriotes sont invincibles !

La Guinée est indivisible !

Vive la Patrie ! Vive la Nation !

Ensemble unis et solidaire nous vaincrons.

MOUVEMENT MOUTONDI

Lire

Guinée: des huissiers de justice brièvement placés en garde à vue à la DPJ

3 mai 2019 à 19 07 54 05545
Sory Daouda Camara, président de la chambre nationale des huissiers de justice de Guinée

Des huissiers de justice, interpellés ce vendredi 03 mai 2019, ont été brièvement mis en garde en vue à la Direction de la Police Judiciaire (DPJ). Quatre de ces auxiliaires de justice, partis à la DPJ pour s’enquérir de l’état d’un autre huissier détenu sur les lieux depuis hier, ont eu maille à partir avec les agents. Ce qui leur a valu une brève détention, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Maître Lansana Salifou Soumah, huissier de justice, a été mis aux arrêts hier jeudi, sur ordre du Procureur Général, affirme la chambre des huissiers. Partis prendre des nouvelles de leur collègue à la DPJ, quatre huissiers ont été brièvement placés en garde à vue ce vendredi, avant de se faire libérés dans la soirée.

Dans un entretien accordé à des médias de la place, Le président de la Chambre Nationale des Huissiers de Justice de Guinée, a expliqué ce qui est arrivé à l’huissier toujours détenu à la DPJ. « On ne lui reproche de rien. Sauf qu’il était dans une procédure où un démembrement de l’Etat est concerné. Il s’agit du ministre de l’administration du territoire, dont un démembrement occupe un immeuble appartenant à une famille. Et finalement, l’Agent Judiciaire de l’Etat a voulu retirer cette propriété privée des mains des véritables propriétaires, qui est la famille Keita, en disant que c’est un bien de l’Etat. Il y a eu des procès, des décisions de justice ont été rendues en reconnaissant la propriété de cet immeuble, sis à Matam, à la famille Keita » a-t-il dit.

Par ailleurs, Maitre Sory Daouda Camara soutient que pendant des années, cette famille n’est pas parvenue à exécuter cette décision. « C’est maitre Soumah Lansana Salifou qui avait le dossier. La famille, en désespoir de cause, s’est transportée pour se rendre justice en l’absence même de l’huissier de justice. Elle a délogé les gens qui occupaient l’immeuble en vidant les meubles. Au cours de ces opérations, il y a eu un débordement qui s’est soldé par la dégradation de quelques meubles. Donc, ils ont cherché un bouc émissaire, et le bouc émissaire était l’huissier qui était dans le dossier. Voilà le seul motif pour lequel il fut appelé par monsieur le Procureur Général qui n’a pas cherché à prendre la version de l’huissier. Sinon, l’acte qui s’est produit hier n’est pas de lui », soutient maitre Camara.

En outre, Maitre Sory Daouda Camara parle de tentative d’intimidation des huissiers. Mais, précise-t-il, la chambre des huissiers ne va pas céder à l’intimidation, parce qu’il s’agit « d’un membre du ministère de l’Administration du Territoire qui est concerné. Ce dernier a saisi l’Agent Judiciaire de l’Etat qui, à son tour, a saisi le Procureur Général qui a transmis aussitôt le dossier à monsieur le directeur central de la police judiciaire. Ce sont des formes d’intimidation auxquelles on ne va pas céder », a-t-il martelé.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/654 416 922

Lire

Journée mondiale de la liberté de la presse : le PM boude la cérémonie à Conakry

3 mai 2019 à 15 03 30 05305

A l’instar des autres pays du monde, la Guinée a célébré, ce vendredi, 03 mai 2019, la 26ème journée mondiale de la liberté de la presse. L’événement a été organisé par le ministère de l’Information et de la Communication en partenariat avec la Haute Autorité de la Communication (HAC).

Il a réuni, dans un réceptif hôtelier de Conakry, des membres du gouvernement, des diplomates et de nombreux acteurs du monde médiatique guinéen. Mais, à l’absence du président Alpha Condé, le Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, a boudé la cérémonie, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Amadou Tham Camara

C’est sous le thème : « La responsabilité du journaliste dans le traitement des informations relatives au renforcement de la démocratie, notamment dans l’environnement numérique » que ces festivités ont été organisées. Un thème qui prouve, selon Amadou Tham Camara, président de l’Association Guinéenne de la Presse en Ligne (AGUIPEL), que la démocratie et la liberté de la presse sont inséparables. Selon lui, en Guinée, « il y a plus que besoin de soutenir les hommes et les femmes de médias qui vivent des heures extrêmement difficiles dans l’exercice de leur métier, tant sur le plan matériel que sécuritaire.

Les médias en tant qu’entreprises, ne font pas exception à cette précarité indescriptible qui tire vers le bas et menace de faire de façon sérieuse la continuité et la lucidité dans la pertinence des structures de presse. Le montant trop élevé de la redevance annuelle, l’étroitesse de l’assiette de la subvention accordée aux médias privés qui a été ragoté à l’extrême passant de 5 milliards 224 millions en 2018, à seulement 3 milliards en 2019, le manque criard de la culture de la publicité entre autres, exacerbent et accélèrent la chute des entreprises de presse malgré le caractère public du service rendu et pour la plupart gratuit », a notamment indiqué le porte-parole des associations de presse.

Hawa Camille Camara

De son côté, Hawa Camille Camara, vice-présidente de la Haute Autorité de la Communication, a indiqué que la liberté de la presse est une liberté fondamentale, célébrée cette année sous un thème qui est d’une grande pertinence pour les pays africains, particulièrement pour la Guinée, qui se trouve à la veille d’échéances électorales majeures. Consciente du rôle combien important que les médias jouent dans l’enracinement de la démocratie et surtout en périodes électorales, la représentante de la HAC a exhorté « les Hommes de médias guinéens à œuvrer au bon déroulement des prochaines élections en privilégiant la recherche du consensus, la cohésion des communautés et la stabilité socio-économique de notre pays.

Mesdames et messieurs, à ce jour, le paysage médiatique guinéen est riche et varié : des dizaines de médias audiovisuels, des journaux et des sites d’informations, concourent depuis des années à l’expression de toutes les sensibilités sociopolitique et à l’enracinement de la démocratie et de l’Etat de droit en Guinée. Ces médias éclairent l’opinion sur la gestion des affaires publiques », a-t-elle salué.

Cependant, Hawa Camille Camara déplore un certain nombre de problèmes constatés dans l’exercice du métier de journaliste en Guinée. « Il faut noter quelques problèmes qui affectent cette liberté, entre autres : la multiplication des poursuites judiciaires contre les journalistes dont certaines semblent contre-productives, les atteintes aux règles déontologiques et aux principes fondamentaux du journalisme, le caractère partisan et partial de certains médias, la précarité des entreprises de presse », a relevé la vice-présidente de la HAC.

Amara Somparé

Pour sa part, le ministre de l’Information et de la Communication a indiqué qu’en organisant cette cérémonie, le gouvernement guinéen exprime son attachement aux valeurs déclarées par le Système des Nations Unies, notamment du respect de la liberté de la presse. « En Guinée, l’environnement médiatique est caractérisé par une forte pénétration de l’internet, de la téléphonie mobile et la vulgarisation des réseaux sociaux, de nombreux sites d’informations et la diffusion des chaines de télévisions numériques se partagent l’espace médiatique. Les journalistes utilisent de plus en plus cet ensemble de supports pour collecter et diffuser les informations au public.

Le journaliste est alors placé au centre des controverses. Les animateurs de ces médias sont-t-ils tous des journalistes formés et disposés à assumer la responsabilité qui s’attache à la pratique de la profession ? Et, quelle garantie de crédibilité peut-on exhiber pour favoriser la diversité des points de vue et permettre au citoyen de jouer son rôle de façon éclairée dans la vie publique ? Si l’ère numérique favorise la diversité des sources, elle n’en garantie point l’exactitude encore moins la moralité », a dit le ministre Amara Somparé.

Représentant le Premier ministre à la rencontre, Tibou Kamara, ministre de l’Industrie et des PME et conseiller personnel du président de la République, a vanté les mérites des médias dans un pays.

Tibou Kamara

Selon lui, « la presse est pour un pays ce qu’est la météo pour le temps. Ça veut dire qu’à travers la presse, on peut connaître l’état de l’opinion d’un pays. Et, on peut aussi mesurer l’image et la crédibilité des dirigeants d’un pays. Cela veut dire que la presse a un rôle essentiel dans la promotion aussi bien des valeurs démocratiques que de l’image de marque et de la réputation d’un pays ici et ailleurs. C’est pourquoi, le gouvernement, à travers le Premier ministre et avec bien-sûr les orientations très claires du Chef de l’Etat, souhaite accompagner la presse. Parce qu’il est de sa responsabilité de le faire en tant qu’acteur majeur de notre pays en général et essentiel à la vitalité de notre démocratie », a dit monsieur Kamara.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Lire

Kouroussa : des membres du front anti 3ème mandat accusent le RPG d’agression

3 mai 2019 à 13 01 46 05465

La question du troisième mandat pour le président Alpha Condé continue de diviser les guinéens. Après les récentes scènes violences enregistrées à Kankan, c’est autour de la ville de Kouroussa d’être secoué. Selon nos informations, des partisans du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) ont été agressés ce vendredi 03 mai 2019, dans la commune urbaine, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

L’appel à l’affrontement lancé par le président Alpha Condé à ses militants continue de faire tâche d’huile. Après Kankan, c’est la ville de Kouroussa qui a connu des soubresauts ce vendredi. Selon nos informations, des partisans du FND ont été pris à partie par des jeunes du RPG, le parti au pouvoir.

Joint au téléphone, Ibrahima Kalil Kéita, membre du FNDC et fédéral de l’UFDG, est revenu ce qui s’est passé. « Je suis en brousse comme ça (13h 08 mn). J’ai été agressé par des jeunes du RPG. On avait adressé une correspondance aux autorités, une lettre d’information dans le but de manifester contre le 3ème mandat aujourd’hui. Mais, les autorités n’ont pas accepté. Donc, au lieu d’aller faire notre manifestation sur un lieu public, on avait décidé de se retrouver dans un cadre privé. C’est en allant à cette rencontre que j’ai été agressé par des jeunes du RPG », a-t-il dit.

Parlant du bilan, Ibrahima Kalil Kéita a confié à notre reporter que sa voiture a été détruite lors de cette agression. « Ils ont cassé ma voiture et m’ont blessé avec un caillou au visage. Je ne sais pas où sont les autres membres du FNDC : PEDN, PADES… ».

A suivre !

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

Lire

Siguiri : 6 présumés trafiquants d’armes mis aux arrêts par la gendarmerie

3 mai 2019 à 13 01 05 05055

Six (6) présumés trafiquants d’armes de fabrication locale ont été mis aux arrêts par l’escadron n°19 de la gendarmerie de Siguiri dans la nuit d’hier à aujourd’hui, vendredi 03 mai 2019, dans la commune urbaine. Ils sont accusés de fabrication, de trafic d’armes et de vol à mains armées, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La préfecture de Siguiri connait une insécurité grandissante où des attaques à main armée, assassinats, viols et autres crimes sont souvent enregistrés. C’est dans le cadre de la lutte contre ces maux que les services de sécurité ont mis la main sur des présumés trafiquants d’armes de fabrication artisanale. Selon nos informations, c’est dans la nuit du jeudi au vendredi 3 mai 2019, que les gendarmes ont mis le grappin sur ces six individus.

Interrogé par notre reporter, le Commandant Pépé Séraphin Lamah est revenu sur les circonstances de leur arrestation. « Dans la nuit du 4 avril passé, des coups de feu ont retenti au quartier Aéroport Plateau. Nous sommes venus sur les lieux, ils ont réussi à s’enfuir. Nous avons mené des enquêtes. Un certain Alama a été arrêté à Norassoba. Il a dénoncé ses complices qui lui vendent des armes. Parmi eux, nous avons des personnes qui portent des tenues militaires pour opérer », a expliqué l’officier de gendarmerie.

L’un des présumés malfaiteurs, Alama Doumbouya, a reconnu avoir ouvert le feu dans la nuit du 04 avril 2019 au quartier Aéroport Plateau. Mais, soutient-il, c’était pour se défendre. « Je me suis disputé avec quelqu’un à propos d’une femme. Ce dernier voulait me frapper par sa voiture. J’avais une arme et j’ai tiré en l’air. J’ai une arme que j’ai achetée pour me défendre. Moi, je suis commerçant. Souvent, nous sommes victimes d’attaques à mains à armées. C’est pour cette raison que j’ai acheté une arme », a-t-il laissé entendre.

De Siguiri, Bérété Lanceï Condé pour Guineematin.com

Lire

Déguerpissement annoncé de Dar-Es-Salam : les citoyens concernés entre inquiétude et exhortations

3 mai 2019 à 12 12 52 05525

Après avoir déguerpis les zones de Kaporo-Rails et Kipé 2, le gouvernement guinéen se tourne maintenant vers Dar-es-Salam. Dans un communiqué publié cette semaine, le ministère de la ville et de l’aménagement du territoire et celui de l’administration du territoire et de la décentration ont annoncé que ceux qui habitent aux alentours de la décharge publique situé dans ce quartier seront déguerpis dans les jours à venir.

Une annonce qui réveille l’inquiétude chez les citoyens de cette zone. Plusieurs d’entre eux, interrogés par un reporter de Guineematin.com ont appelé à la clémence du gouvernement.

Mamadou Samba Baldé

Mamadou Samba Baldé, fonctionnaire à la retraite, vit aujourd’hui, la peur au ventre. Il se demande que va devenir sa vie et celle de sa famille si le gouvernement guinéen met à exécution sa menace de déguerpir ceux qui habitent aux alentours de la décharge publique de Dar-es-Salam. Sa maison est marquée d’un croix rouge comme toutes celles visées par la démolition en vue. Il se dit inquiet et interpelle les autorités du pays.

« Je suis très inquiet. Quand j’étais jeune et je travaillais, Dieu m’a donné la chance de construire ici. Donc je suis installé ici depuis 1981. Depuis lors, on n’avait pas eu de problème ici. Si, maintenant, j’entends un communiqué de monsieur le ministre Ibrahima Kourouma, disant qu’ils vont nous déguerpir dans les prochains jours, c’est vraiment inquiétant. Moi je souhaite qu’on nous laisse tranquille parce qu’il n’y a que des pauvres ici. Des citoyens pauvres, qui n’ont rien, qui n’ont pas où aller se débrouiller. Même la nourriture nous avons du mal à l’avoir à plus forte raison une maison. Donc, je prie le ministre et le président de la République, le Professeur Alpha Condé qui est le président de tous les citoyens de Guinée, de bien vouloir beaucoup penser à nous et nous aider », a-t-il demandé.

Mamadou Camara

Même son de cloche chez Mamadou Camara, lui aussi menacé de déguerpissement. « Moi, je demande au gouvernement de nous laisser ici, on n’a rien. Il n’y a que des pauvres ici. Si nous quittons ici, on n’a pas où aller avec nos familles. Moi-même qui vous parle comme ça je suis malade. Je suis tombé malade depuis janvier 2012. Mon côté gauche est paralysé depuis cette date. J’ai plusieurs enfants qui ne travaillent pas, ils ne comptent que sur cette concession. Il y a plusieurs domaines vides, si l’Etat veut construire quelque chose, il peut aller là-bas. Mais nous, on demande à l’Etat de nous laisser ici parce qu’on n’a pas où aller », a exhorté cet électricien.

Sékou Camara

De son côté, Sékou Camara, également concerné par cette menace de déguerpissement, se réfugie dans la prière. « C’est Dieu qui a voulu que nous soyons là. J’ai passé toute ma vie ici. Depuis le temps de Sékou Touré on est là. Tous les présidents et les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays nous ont laissés ici. C’est quand Alpha Condé est venu au pouvoir qu’on nous demande de quitter ici. Actuellement, moi je ne parviens même pas à bien dormir depuis qu’ils ont dit qu’ils vont déguerpir d’ici. Mais je prie Dieu de ne pas donner la force à ceux qui veulent nous enlever ici », a souhaité ce père de famille.

Pour l’heure, aucune date n’a été donnée par rapport au début des opérations de déguerpissement de cette zone. Mais par le passé, le gouvernement avait donné plusieurs ultimatums à ces citoyens sans passer à l’action.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/654 416 922

Lire

Un imam sanctionné à Banankoro : « on m’a dit que j’ai prêché en faveur du parti au pouvoir »

3 mai 2019 à 12 12 17 05175

Le deuxième imam de Banankoro vient d’être suspendu jusqu’à nouvel ordre. La décision lui a été annoncée par le responsable local de la ligue islamique. Selon le leader religieux, interrogé par Guineematin.com, il est accusé d’avoir pris position pour la société Guiter et la fédération du RPG Arc-en-ciel de Banankoro.

Cette sanction fait suite à un sermon qu’Elhadj Sékou Camara, le deuxième imam de la grande mosquée de Banankoro, a prononcé lors de la prière du vendredi dernier. Quelques jours après, le leader religieux a été convoqué par le responsable de ligue islamique sous-préfectorale qui aurait agi en collaboration avec le Patriarche de Fodéssiyaya (Banankoro).

Ces derniers lui ont signifié qu’il est suspendu jusqu’au retour du grand Patriarche de Banankoro qui se trouve actuellement à Conakry. Il lui est reproché d’avoir pris position pour la société Guiter S.A et la fédération RPG Arc-en-ciel de Banankoro, tous en conflit avec le Patriarche et ses partisans.

« Je ne sais pas qu’est-ce qui s’est passé. Moi, mon sermon, je l’ai enregistré intégralement. Je n’ai rien dit qui puisse conduire à une sanction. Mais, on m’a appelé pour me dire que j’ai prêché en faveur de la société Guiter et du parti au pouvoir alors que ce n’est pas le parti qui m’a nommé deuxième imam ni Kaba Guiter. On m’a dit d’attendre jusqu’au retour de notre doyen de Conakry et qu’en attendant, je ne dois plus faire de sermon dans la mosquée. Chose qui m’a vraiment étonné », a réagi l’imam.

A rappeler que le Patriarche de Banankoro et certains de ses partisans avaient été arrêtés suite à la récente attaque des installations de la société Guiter S.A dans la localité. Il a fallu des implications politiques pour les faire libérer avant l’ouverture du procès. Certains accusent les responsables locaux du parti au pouvoir d’avoir orchestré ces arrestations.

De Banankoro, Moussa Oulen Traoré pour Guineematin.com

Lire

Rupture d’un mariage à Lélouma : le notable de Korbé sous contrôle judiciaire

3 mai 2019 à 12 12 08 05085

Comme annoncé précédemment, Samba Diallo, originaire de Niéguéré, dans la commune rurale de Korbé, dans la préfecture de Lélouma, était retenu par des agents de la gendarmerie locale. Il était reproché au vieil homme d’avoir rompu le mariage de sa fille avec un celui qui était jusque là son gendre. Le mis en cause a été remis en liberté, placé sous contrôle judiciaire, dans la matinée de ce vendredi 3 mai 2019, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon Ousmane Koulibaly, juge de paix par intérim à Lélouma, « j’ai reçu ce dossier des mains des agents de la gendarmerie. J’ai entendu le monsieur. Mais, le plaignant n’est pas là, il n’est pas présent. Donc, j’ai décidé de le libérer. Je lui ai dit de rentrer à la maison et de revenir le lundi. Il est placé sous contrôle judiciaire ».

Monsieur Samba Diallo recouvre ainsi la liberté après avoir été gardé en détention depuis le samedi, 27 avril 2019.

Selon nos informations, la fille de Samba Niéguéré Diallo est restée avec son premier époux pendant près de 18 ans. Mais, ces derniers temps, son mari l’a renvoyée par 4 fois. Son père a alors décidé de prendre ses responsabilités. Après les 3 mois d’observation, comme requis dans la religion musulmane, un second prétendant s’est présenté. Il s’est conformé aux principes islamiques qui ont conduit à la célébration du mariage avec le consentement effectif de la fille.

C’est en ce moment que le premier époux rebondit et réclame « sa femme ». Pour montrer qu’il est sérieux, il va porter une plainte au commissariat central de police de Lélouma. L’affaire sera finalement traitée par la gendarmerie locale qui va tenter d’extorquer des fonds au vieil homme.

En effet, des proches du vieux Samba Diallo ont confié à Guineematin.com que les agents de la brigade de gendarmerie de Lélouma ont demandé, vainement, de leur payer 5 millions de Francs guinéens et 8 millions au plaignant pour le règlement de cette affaire.

Désormais, les yeux sont tournés vers la justice de paix de Lélouma pour dire le droit dans ce dossier.

Nous y reviendrons !

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

Lire

Guinée : la nouvelle maison de la presse inaugurée à Kipé Dadya

3 mai 2019 à 12 12 00 05005

Délocalisée à Kipé Dadya, près du siège de Guineematin.com, dans la commune de Ratoma, la nouvelle Maison de la Presse de Guinée a été inaugurée ce vendredi, 03 mai 2019. Même si l’aménagement n’est pas encore terminé, le bâtiment R+1 composé de plusieurs salles et d’une annexe, a été officiellement mis à la disposition des journalistes.

La cérémonie inaugurale a été présidée par le ministre de l’information et de la communication, en présence d’un représentant du PNUD et de nombreux hommes de médias, a constaté un reporter que Guineematin.com a dépêché sur place.

Dans son discours de circonstance, le président du Conseil d’Administration de la MDP, Amadou Tham Camara, est revenu sur les raisons qui ont concouru à la délocalisation de la maison de Coléah (Commune de Matam) pour Kipé Dadya (Commune de Ratoma). « Confrontée à d’énormes difficultés financières depuis deux ans, quand l’union européenne a cessé d’apporter son aide annuel pour son fonctionnement, la Maison de la Presse n’avait d’autre choix que de déménager dans la haute banlieue de Conakry pour amoindrir les coûts de location qui crevaient toutes ses finances », a-t-il expliqué.

C’est pourquoi, Amadou Tham Camara estime que « la solution pérenne est définitive » à cette situation, est la construction par le gouvernement d’une Maison de la Presse de Guinée, à l’image du Sénégal, du Mali et d’autres pays de la sous-région.

En réponse à cette sollicitation, le ministre de l’information et de la communication a assuré que cela figure parmi les préoccupations du gouvernement. « Le Président de la République en est tellement soucieux qu’il a inscrit dans le cadre organique du département de la communication, au titre des projets et programmes, la réalisation de la Maison de la Presse pour les journalistes guinéens », a annoncé Amara Somparé.

A en croire le ministre, son département a même obtenu une proposition de schéma architectural d’une future Maison de la Presse qui est en cours d’examen. « Je pense que très bientôt, nous allons nous mettre en quête de financement pour pouvoir réaliser cette Maison de la Presse qui tient tant au cœur des journalistes guinéens », rassure-t-il.

Juste après cette cérémonie inaugurale, le PNUD a procédé à la remise de plusieurs équipements offerts à cette nouvelle maison des journalistes guinéens. Il s’agit de 12 ordinateurs bureautiques, 5 modems Wifi pour internet, 4 imprimantes, 3 photocopieuses et 6 onduleurs d’une valeur totale de 20 000 dollars, soit 195 millions 250 mille francs guinéens.

Selon Eloi Koidjo IV, le représentant du PNUD en Guinée, ce don fait suite à une requête formulée par le Conseil d’Administration de la Maison de la Presse et il vise à faciliter le libre exercice du métier de journaliste en Guinée. « Nous avons fait les diligences dans le cadre de notre programme de gouvernance pour que les médias puissent avoir un espace d’expression en toute la responsabilité vu le rôle important que les médias jouent dans une démocratie », a-t-il indiqué.

Eloi Koidjo IV souligne que ce don n’est que le début d’un processus qui se poursuivra conformément à l’agenda de coopération avec le département de la Communication. « Nous allons nous impliquer en tant que Programme des Nations Unies pour le Développement pour que la presse dispose d’un espace bien équipé. Et nous voulons être parmi ces partenaires qui contribuent à faire en sorte que les médias guinéens soient à la hauteur des attentes du peuple, mais aussi des responsabilités qui sont les leurs pour travailler en toute quiétude », a fait savoir le responsable onusien.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

Lire

Respect de la loi, protection des journalistes : ce que Asmaou Barry de l’APAC-Guinée demande au gouvernement

3 mai 2019 à 11 11 00 05005
Asmaou Barry, journaliste et présidente de l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication (APAC-Guinée)

La Guinée, à l’instar des autres pays du monde, célèbre ce vendredi, 03 mai 2019, la journée internationale de la liberté de presse. Asmaou Barry, journaliste et présidente de l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication (APAC-Guinée) a accordé un entretien à Guineematin.com, à cette occasion. Elle est revenue sur la situation de la liberté de la presse en Guinée, avant de demander aux pouvoirs publics de s’investir davantage dans ce domaine.

Décryptage !

Guineematin.com : l’humanité célèbre aujourd’hui la journée internationale de la liberté de la presse. Pour vous, est-ce que la liberté de la presse est effective de nos jours en Guinée ?

Asmaou Barry : tout d’abord, je suis désolée que la situation n’ait pas changé positivement depuis l’année dernière, sinon ces dernières années. Pour ce qui est de la situation de la presse, on va de mal en pis, et je pense que cela est déplorable. S’il y a une journée consacrée à un secteur, je pense qu’il s’agit de se retrouver, de réfléchir ensemble sur les problèmes qui assaillent le secteur, essayer de trouver des solutions et surtout les appliquer. Il se trouve que chez nous en Guinée, en tout cas pour ce qui concerne la liberté de la presse, on a comme l’impression que l’année précédente est toujours mieux que l’année en cours. Et, je pense que cela devrait interpeller le secteur des médias, mais aussi les décideurs pour pouvoir faire quelque chose de positif à l’occasion de cette journée internationale de la liberté de la presse.

Donc, on va revenir sur les mêmes constatations que l’année dernière, c’est-à-dire que la situation des médias en Guinée, il y a toujours ces deux défis, ces deux enjeux de la liberté de la presse. Il s’agit tout d’abord du fonctionnement des médias en termes d’économie, donc toujours le modèle économique des médias pose problème ; mais aussi, en termes de protection de la liberté d’expression, de la liberté de la presse en Guinée. C’est toujours les mêmes problèmes qui se posent. Le premier, si l’on prend la situation financière des médias, de plus en plus les organes de presse ont des difficultés financières, il faut se le dire. On n’arrive toujours pas à promouvoir le secteur médiatique en Guinée, créer des conditions d’exercice du métier de journaliste où les gens pourraient investir dans le secteur et gagner quelque chose pour que cela puisse générer des emplois.

C’est vrai, le secteur des médias emploie beaucoup de jeunes. Mais, quelle est la situation de ces jeunes ? Quelles sont les conditions de vie et de travail de ces journalistes ? Qu’on ne se voile pas la face, il y a toujours cette précarité dans les médias. Et, cela mérite d’être examiné, cela mérite d’être résolu pour espérer que les journalistes puissent exercer dans de meilleures conditions et donc, que l’on arrête un peu ces accusations selon lesquelles les journalistes guinéens sont alimentaires, les journalistes guinéens sont corrompus etc.

Guineematin.com : Dans le récent classement de Reporters Sans Frontières (RSF) sur la liberté de la presse, la Guinée occupe la 107ème place sur 180 pays concernés. Selon vous, qu’est-ce que les décideurs guinéens doivent faire pour améliorer la situation de la liberté de la presse dans notre pays ?

Asmaou Barry : déjà, il faut signaler que la Guinée a perdu trois (3) places dans ce classement par rapport à l’année dernière. Si l’an passé on était à la queue, cette fois-ci on s’est beaucoup plus rapproché de la porte de sortie. Peut-être que l’année prochaine on va se retrouver comme dernier pays en matière de respect de la liberté de la presse. Aux décideurs, ça revient à ce que je disais au départ, c’est de créer toutes les conditions nécessaires pour l’exercice de ce métier de journalisme. Et cela, c’est en deux (2) points : d’abord sur les conditions financières pour les médias, mais aussi de l’autre côté, assurer la protection des journalistes.

On ne peut pas espérer une meilleure place sur le classement de Reporters Sans Frontières en continuant à bastonner les journalistes, à les emprisonner, à les envoyer tout le temps au tribunal et à dénigrer la loi sur la liberté de la presse, en continuant à garder la loi sur l’accès à l’information dans les tiroirs. Bref, il n’y a pas cette protection qui est assurée pour les journalistes et on exerce le métier avec la peur au ventre parce qu’on sait qu’on peut se retrouver à tout moment nez-à-nez avec un décideur. Vous voyez combien de fois cela est déplorable que ça soit les membres du gouvernement quand-même qui emprisonnent les journalistes.

On peut comprendre qu’une tierce personne puisse se plaindre, mais que le gouvernement qui est quand-même le garant des libertés et des textes de loi de la République y compris la loi sur la liberté de la presse soit le premier à porter plainte contre les journalistes et de surcroit à les emprisonner, c’est paradoxal. On ne dit pas qu’ils ne peuvent pas porter plainte puisque parfois il peut y avoir des clashs, mais il faut suivre la procédure. Il y a ce qu’on appelle droit de réponse qui existe, il y a la plainte au niveau de la Haute Autorité de la Communication (HAC) qui existe, la HAC peut examiner la plainte et prendre des sanctions disciplinaires, et au dernier ressort porter plainte en justice.

Mais, ne jamais donner des instructions pour que des journalistes partent en prison ou bien se mettre à menacer des journalistes. Donc aujourd’hui en Guinée, le pouvoir public, s’il doit, s’il veut, promouvoir la liberté de la presse, c’est commencer par respecter et faire respecter la loi sur la liberté de la presse, penser à vulgariser cette loi auprès des autres institutions et des autres acteurs mais aussi protéger les journalistes. Sinon, on va se retrouver je pense d’intimidation en intimidation, on finira par se retrouver sur la ligne rouge des institutions internationales. Et nous, on le sait, parce qu’on le vit. Donc, que ces institutions notamment RSF le disent ou pas, nous journalistes guinéens, nous savons ce que nous vivons.

Guineematin.com : quel est votre regard maintenant sur la façon de travailler des journalistes guinéens ? Avez-vous des reproches à ce niveau ?

Asmaou Barry : je pense que ça dépend de quel côté du miroir on se met pour faire des reproches aux médias. Moi, ce que je sais aujourd’hui, est que je tire le chapeau à ces journalistes guinéens qui, malgré les conditions un peu difficiles, arrivent quand-même à exercer pour que les médias puissent se maintenir. Je pense que cela mérite d’être salué et félicité. S’il y a un défi pour les hommes de médias, c’est peut-être la question de responsabilité sociale où il faut quand-même faire attention sur un certain nombre de sujets pour ne pas exacerber des sujets aussi sensibles. Sinon moi, je ne trouve pas de reproches particuliers à faire aux journalistes. Je salue plutôt le travail que ces hommes de médias effectuent dans les conditions que nous connaissons.

Guineematin.com : quel est votre mot de la fin ?

Asmaou Barry : ce que je voudrais dire, c’est qu’il y a une initiative du gouvernement qui, pour une première fois je pense, veut célébrer la journée internationale de la presse autrement. Alors, moi je lance un appel aux organisateurs de cette journée, c’est bien en soi l’initiative, mais il ne faudrait pas que ça soit des activités de tape à l’œil. Qu’on n’organise pas tout une journée pour la presse alors qu’en même temps on a du mal à trouver une maison de la presse digne de nom pour les journalistes ; qu’on n’organise pas des activités dans des endroits aussi huppés quand la subvention arrive avec plusieurs mois de retard ou lorsque des journalistes sont en prison.

Je pense qu’il y a une autre façon de célébrer la presse guinéenne, c’est travailler pour que la presse soit libre et protéger tous les jours de l’année et non pas se retrouver chaque 3 mai pour faire des discours, chanter et danser la presse guinéenne. Il y a bien d’autres choses à faire. Et, la question de la maison de la presse est primordiale. Vous voyez bien qu’à partir de ce vendredi, la maison de la presse a déménagé pour revenir à Kipé, pourquoi ? Parce qu’il y a des problèmes financiers qui se posent.

Les associations de presse auxquelles appartient la maison de la presse ne parviennent plus à supporter les frais de location et les frais de fonctionnement de la maison de la presse. Je pense que les pouvoirs publics, les décideurs, devraient prendre cette question comme un enjeu, comme un défi. Qu’on n’apprenne pas que la maison de la presse de la Guinée a disparu sous le régime d’un tel. Je pense qu’il faut œuvrer à ce que les journalistes aient une maison de la presse digne de nom à l’égard des autres pays de la sous-région.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Lire

Journée internationale de la liberté de la presse : Fodé Tass Sylla à Guineematin

3 mai 2019 à 10 10 42 05425
Fodé Tass Sylla, directeur de la télévision nationale (RTG)

L’humanité célèbre ce vendredi, 03 mai 2019, la journée internationale de la liberté de la presse. Une occasion qui sera mise à profit pour faire notamment l’état des lieux de la liberté des journalistes à exercer leur métier et des conditions dans lesquelles ils exercent. A cette occasion justement, Guineematin.com donne la parole à certains acteurs du monde médiatique pour parler de la situation de la liberté de la presse en Guinée. C’est le cas de Fodé Tass Sylla, directeur de la télévision nationale.

Décryptage !

Guineematin.com : quel est votre regard sur la liberté de la presse en Guinée ?

Fodé Tass Sylla : lorsque j’observe ce pays depuis 2006, je vois un essor vraiment du paysage médiatique, avec le foisonnement de médias privés : radios, télévisions et sites internet. Et, je constate aussi qu’au-delà de certains chocs qui arrivent entre les dirigeants et les médias, je constate qu’à ce jour, au moment où nous parlons, il n’y a pas un seul prisonnier journaliste, pour délit de presse dans notre pays. Et ça, vraiment, c’est remarquable, il faut le dire. Puisque lorsque j’écoute les radios dans le pays, lorsque je lis certains sites, parfois je me dis, mais ce n’est pas facile notre métier, de fois j’ai peur.

De fois je me dis nous-mêmes qui sommes chargés de garantir la sécurité et la quiétude de cette population par la communication, est-ce que ce n’est pas nous-mêmes qui sommes en train d’enflammer ce pays et l’amener vers l’incendie généralisé ? De fois j’ai peur. Et, nous voyons qu’avec tout ça, le gouvernement traite avec toute l’intelligence possible. Et de fois, on entend parler d’arrestation, dans les heures qui suivent, on entend parler de libération. Donc je me dis que la presse se porte très bien dans ce pays, la liberté de la presse se porte très bien dans ce pays.

Guineematin.com : vous dites que la presse se porte bien. Donc, vous pensez que les journalistes sont suffisamment libres en Guinée ?

Fodé Tass Sylla : je le crois foncièrement en observant ce que je suis en train d’observer sur le terrain. Vous savez, moi, chaque fois je le dis et j’écris sur Facebook, certains pensent que la liberté d’expression, c’est la liberté d’insulter, de s’attaquer aux gens, d’accuser, de raconter des choses qui ne sont pas vérifiées et qui ne sont pas vraies, et de s’en sortir comme ça, impunément, ils pensent que c’est cela la liberté. Non, ce n’est pas ça la liberté d’expression. Votre liberté d’expression ne doit jamais porter atteinte moi, à mon droit de citoyen.

Si votre liberté d’expression que vous, vous pensez sacrée, vient à me vilipender, ou bien à me coller des étiquettes qui ne sont pas et qu’à la vérification on voit que ce n’est pas vrai, mais vous devez subir ce que la loi prescrit à cela. Et ici, si la loi se lève pour prescrire cela à un journaliste, nous nous levons tous par solidarité de corporation pour dire que nous sommes brimés, non ! C’est une question de responsabilité sociale du journaliste lui-même.

Guineematin.com : vous dites que vous avez souvent peur. Qu’est-ce qui vous fait peur ? Que reprochez-vous aux Hommes de médias guinéens dans l’exercice de leur métier ?

Fodé Tass Sylla : ce que je reproche aujourd’hui aux Hommes de médias : un, j’ai honte quand je sens que l’outil principal du journaliste n’est pas maîtrisé, c’est-à-dire la langue de communication, j’ai honte pour mon métier. Parce qu’un journaliste est censé être la quintessence de ce que le public a, c’est-à-dire le meilleur de ce qu’il a. Quand lui il communique, c’est le journaliste qui communique. Et là, tout le monde se dit que c’est la voix de l’évangile ou c’est la voix du coran. Donc, celui-là doit maîtriser la langue de communication. Malheureusement, ce n’est pas le cas. J’ai toujours honte lorsque je sens que le journaliste agresse la grammaire et le vocabulaire. Ça, ça se pratique.

Et, quand on le dit, les intéressés montent sur leurs ergots pour crier alors qu’ils devraient être humbles, avoir honte et retourner à l’école pour apprendre, pour mériter ce métier. Ensuite, je vois beaucoup d’errements, alors que le journaliste, en tout cas nous, ce que nous croyons être du journaliste, n’est ni un procureur de la République, ni un gendarme, ni un policier. Il n’est pas là pour donner des jugements complètement finis et donner des jugements complètement ficelés.

Alors qu’ici, à écouter certaines émissions interactives ou à lire certains sites, je vois des condamnations directes, des accusations directes. Et, les journalistes se mettent en senseurs de conscience des autres et ils s’imposent en procureurs, ils font des plaidoiries, ils accusent, ils condamnent et puis personne ne peut leur répondre. Et, si c’est vérifié que c’est faux, ça trouvera que le mal est déjà fait. Même si on a un droit de réponse, mais ça trouve que le mal est déjà fait. Ça, ça me fait mal.

Et, je reproche à notre corporation de ne pas toujours chercher à vérifier l’information, à recouper l’information et d’être très sûr de ce que nous donnons comme information. Et, à se retenir toujours de vilipender les personnes, d’accuser les personnes, de juger les personnes, sans être sûr de ce que nous disons.

Guineematin.com : à l’endroit des autorités guinéennes aussi, est-ce que vous avez des reproches ? On sait quand même que la Guinée a perdu quelques places dans le dernier classement de Reporters Sans Frontières sur la liberté de la presse.

Fodé Tass Sylla : non, je n’ai pas de reproches à l’endroit des autorités guinéennes. Nous n’avons pas les mêmes calibres d’observation. Et exactement, je n’ai pas les mêmes conclusions que les ONG. Lorsqu’on me dit que la Guinée est à la queue du classement de RSF, je dis à la queue de quoi ? Pare que moi, je n’ai aucun complexe, je n’ai pas d’influence envers ces ONG qui se disent qu’elles sont en train de faire un classement des médias dans le monde. Ils influencent ceux qui les influencent. Moi, je n’ai aucun complexe, je ne considère même pas le classement de ces ONG, la Guinée est à la queue de rien.

Guineematin.com : concrètement, qu’est-ce qu’il faut, selon vous, améliorer aujourd’hui chez les hommes de médias ?

Fodé Tass Sylla : il faut les former ! Il faut les former et les emmener à se respecter. Comment ? En maîtrisant d’abord la langue de communication. Ensuite, en maitrisant les ressorts du métier, ensuite en maitrisant les textes de loi qui régissent leur métier. Il faut les ramener modestes, il faut qu’ils sachent que ce ne sont pas eux qui façonnent le monde, il faut qu’ils sachent que le destin de la Guinée n’est pas inscrit sur leurs misérables nombrils. Le journaliste doit être modeste, il n’est qu’un médiateur, prendre à la source et diffuser.

Le journaliste, ce n’est pas lui qui régit la vie des autres. Il est là juste pour chercher l’information, diffuser généralement d’ailleurs, à travers des outils qui ne lui appartiennent pas. Le journaliste doit être modeste. Il doit savoir que lorsqu’il parle à un micro, c’est que lui seul est en position de diffusion, il a avec lui un outil qui transmet à des millions et des millions d’oreilles. Il doit respecter ces oreilles-là qui ne lui appartiennent pas, qui sont des citoyens qui ne sont pas à ses ordres.

Il doit d’abord tempérer son ton, il doit arrêter de vociférer, de crier partout. Il doit être sage et il doit surtout ne pas être incorrect. Il doit savoir qu’il n’est rien d’autre qu’un médiateur entre la source de l’information et les oreilles qui l’écoutent. Ce n’est pas lui qui mène le monde, il n’a pas le destin des autres sur son misérable nombril.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Lire

Mamadou Dian Baldé : « la liberté d’expression est fortement éprouvée en Guinée »

3 mai 2019 à 10 10 38 05385
Mamadou Dian Baldé, journaliste et directeur de publication du journal ‘’l’indépendant’’ et du magasine  »Émergence »

A l’instar des autres pays du monde, la Guinée célèbre ce vendredi, 03 mai 2019, la 26ème journée mondiale de la liberté de la presse. Une journée qui sera mise à profit par les hommes de médias pour évoquer les problèmes auxquels ils sont confrontés au quotidien dans l’exercice de leur métier.

En attendant de revenir sur cette célébration dans notre pays, Guineemin.com est allé à la rencontre de certains journalistes pour parler de la liberté de la presse en Guinée et les conditions de travail des journalistes sur le terrain et dans les différentes rédactions.

Nous vous proposons, ci-dessous, l’intégralité de l’entretien réalisé avec Mamadou Dian Baldé, journaliste et directeur de publication du journal ‘’l’indépendant’’ et du magasine  »Émergence ».

Guineematin.com : A l’instar de nombreux pays du monde, la Guinée célèbre ce vendredi la journée mondiale de la liberté de la presse. Que peut-on dire de la situation de notre pays ?

Mamadou Dian Baldé : nous disons que cette célébration se déroule à un moment où la liberté d’expression est fortement éprouvée en Guinée. Avec des journalistes qui se font interpeller, dont le dernier cas en date est celui de Lansana Camara. Il y a aussi le cas de ces journalistes qui ont été malmenés par des gendarmes (au PM3 de Matam, ndlr), et dont le dossier est pendant à la justice. Il y a eu le cas de Mohamed Koula Diallo, un de nos anciens collaborateurs qui fut assassiné il y a de cela trois ans. Et, il n’y a toujours eu de lumière sur cette mort.

Guineematin.com : Et, selon vous, qu’est-ce qui pourrait expliquer tout cela, tout ce que vous venez de décrire ?

Mamadou Dian Baldé : disons que c’est la volonté de ce pouvoir de museler toute voix dissonante. C’est un peu comme si on est tenu de se plier aux faits du prince. Le journaliste étant quelqu’un qu’on appelle généralement un chien de garde qui lève le lièvre dans tout système, n’est pas le bienvenu. Vous avez vu d’ailleurs ce qui se passe au-delà même des Pyrénées, en Europe, le métier de journaliste c’est avec beaucoup de risque qu’on l’exerce.

Guineematin.com : à l’occasion d’une rencontre des journalistes francophones à Conakry, l’année dernière, le président Alpha Codé avait laissé entendre qu’il n’y a pas de journaliste en Guinée. Il avait également demandé des comptes aux journalistes après la publication du rapport de Reporters Sans Frontières qui classait la Guinée au 103 rang sur le respect de la liberté de la presse. Comment vous, vous prenez cette façon de faire du chef de l’Etat ?

Mamadou Dian Baldé : c’est l’expression même du mépris du président de la République de la corporation. Il a une préférence pour nos confrères des autres pays. Les journalistes de ces pays comme le Sénégal ont plutôt, comme on le dit leurs ronds de serviettes au palais Sékhoutouréyah. C’est-à-dire qu’ils y sont régulièrement invités. Et, ici, par contre, avant que Alpha Condé ne soit président, ses meilleurs amis, ses collaborateurs étaient surtout les journalistes. A l’époque il n’y avait pas de radio privée. C’était les journaux : l’indépendant, le lynx. Aujourd’hui, le président de la République est un peu hostile aux critiques. Il a une sorte de préférence pour ceux qui font de la communication et qui disent que tout est beau. Mais, le contraire ne passe pas chez lui.

Guineematin.com : Puisque vous parlez des anciens amis d’Alpha Condé, comment comprenez-vous le fait que Mouctar Bah, le correspondant de la RFI, soit suspendu pendant que Alpha Condé est au pouvoir ?

Mamadou Dian Baldé : Je vous dis qu’entre le président et l’opposant, il y a eu de la transition. L’homme a changé, ce n’est plus le même logiciel. Vous évoquez le cas de Mouctar Bah qui était très proche du président de la République depuis la Côte d’Ivoire. Mais, comme je vous l’ai dit, aujourd’hui le président arrive certes à inviter à des dîners les professionnels des médias ou les responsables des associations de presse pour un peu arrondir les angles et pour un peu mettre une sorte de vernie par rapport à toutes ces critiques. Mais, la réalité demeure qu’en Guinée les journalistes ne sont pas les bienvenus. Pour preuve, la loi d’accès à l’information publique n’est pas appliquée. Partout où vous allez, vous vous heurtez au refus des responsables de service, même dans les ministères, de communiquer. Même si le président leur demande régulièrement de s’ouvrir à la presse, c’est tout à fait le contraire chez eux. Sans oublier cette violence exercée par les hommes en uniformes sur les professionnels des médias. C’est au quotidien en quelque sorte. Parce que pour eux, ils n’ont de compte à rendre à personne. Malmener un journaliste, et rien n’en sortira.

Guineematin.com : quelle appréciation faites-vous du travail actuel des journalistes en Guinée ?

Mamadou Dian Baldé : Ceux qui exercent dans cette profession ont du mal à joindre les deux bouts. C’est des gens qui sont sur le fil, parce que le métier ne nourrit pas son homme, ici. Dans les rédactions, les salaires sont à peine payés. Et, la plupart, c’est en monnaie de singe. Le journaliste est tout le temps en manque de sou, il a du mal à s’en sortir. C’est ce qui fait d’ailleurs que le métier est dévoyé. Parce que les gens sont parfois obligés de se plier en quatre devant ceux qui tiennent les cordons de la bourse.

Guineematin.com : certains disent ici que le journaliste, c’est le pauvre qui mange sur la table des grands ?

Mamadou Dian Baldé : Oui, les convives qui viennent partager le repas de quelqu’un. On est dans l’antichambre des grands sans pour autant être au dessus des autres.

Guineematin.com : Merci monsieur Mamadou Dian Baldé !

Mamadou Dian Baldé : c’est moi qui vous remercie.

Entretien réalisé et décrypté par Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Lire

Éboulement dans une mine d’or : des morts, des blessés et des portés disparus à Niankasso (Siguiri)

3 mai 2019 à 10 10 31 05315

Les éboulements dans les mines d’or continuent d’endeuiller des familles dans la préfecture de Siguiri. Deux personnes ont péri, deux autres ont été blessées dans une mine d’or appelée Farani, dans le district de Séouro, relevant de la sous-préfecture de Niankasso. Les faits, qui se sont produits le mercredi dernier, 1er mai 2019, ont également fait des portés disparus, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Malgré les mises en garde, les sensibilisations et autres mesures de sécurité, les éboulements continuent malheureusement à coûter des vies dans les commune rurales relevant de la préfecture de Siguiri. Le dernier en date s’est produit dans le district de Séouro, à Niankasso.

Selon nos informations, deux personnes ont perdu la vie : Saran Adama Keïta et une autre personne non identifiée. Deux autres personnes ont été grièvement blessées. Des portés disparus ont été également enregistrés.

Joint au téléphone, Issa Savané, un témoin de la scène a raconté ce qui s’est passé. « L’éboulement s’est produit le mercredi aux environs de 18 heures. Deux jeunes étaient dans le trou au moment des faits. Il y avait aussi des jeunes qui étaient arrêtés sur les bordures du trou. Ceux-ci sont tombés dedans. Après la fouille, nous avons retrouvé quatre (4) personnes : deux corps sans vie et deux blessés », a expliqué Issa Savané.

De Siguiri, Bérété Lanceï Condé pour Guineematin.com

Lire

Liberté de la presse en Guinée : ce qu’en dit le Rédacteur en chef de la RTG

3 mai 2019 à 9 09 55 05555
Aboubacar Camara, rédacteur en chef à la télévision nationale (RTG)

La journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée ce vendredi, 3 mai 2019, à travers le monde. Cette année, la journée est célébrée sous le thème « Médias pour la démocratie : le journalisme et les élections en période de désinformation ». La Guinée célèbre cette journée dans un contexte plus ou moins difficile pour les hommes de médias.

Dans le cadre de cette célébration, un reporter de Guineematin.com a donné la parole à Aboubacar Camara, rédacteur en chef à la télévision nationale (RTG). Il a été question de l’état des lieux sur cette liberté de la presse en Guinée, de la multiplication des titres et autres organes de presse dans le pays.

Guineematin.com : quel regard avez-vous de la liberté de la presse en Guinée ?

Aboubacar Camara : le regard, c’est un peu compliqué de faire le point, vue que je ne travaille pas pour une structure qui est habilitée à faire le point sur le comportement-là. Mais, de façon empirique, on peut se réjouir de la possibilité d’exercer ce métier-là dans notre pays de plus en plus ; que ça soit du côté des pouvoirs publics ou du côté de la population, des téléspectateurs, des auditeurs, du grand public en un mot, internautes et autres qui s’intéressent à ce que nous faisons. Oui, ce n’est pas aussi mal que ça, bien qu’il y ait encore beaucoup de choses à améliorer, beaucoup de dérapages à corriger…

Guineematin.com : est-ce que vous pensez que la presse guinéenne est suffisamment libre et indépendante ?

Aboubacar Camara : quelle est la presse qui est suffisamment libre et indépendante ? C’est la question ! La question, c’est de savoir, est-ce que la presse fait sainement son travail ? Parce que, je ne vois aucune presse directement enchaînée, qu’on empêche de faire son travail. Souvent, il y a un choix éditorial que des médias, que des organes de presse font, est-ce que par rapport à cela, ils parviennent à satisfaire le contrat social auquel ils ont souscrit ? Moi, je pense que c’est la grande question.

Guineematin.com : vous disiez dans vos propos liminaires que souvent, il y a des dérapages. Quel reproche faites-vous aux journalistes guinéens ?

Aboubacar Camara : ce n’est pas le reproche que je fais directement, à ce que nous nous faisons. Nous sommes dans le groupe. Mais souvent, c’est ce retour qui nous vient et du personnel et du grand public, souvent qui a du mal à comprendre, on crée une situation de cacophonie. Souvent, il y a une double interprétation des informations qui n’a pas souvent toute l’intégrité qu’il faut. Si fait qu’on donne l’impression que souvent, que c’est ceux qui ne sont pas engagés à faire ce travail qui sont en train de l’exercer ; et en termes d’honnêteté professionnelle, par rapport à ce que nous traitons, et en termes de format de livraison. Je pense qu’à ce niveau-là, on doit encore faire de l’effort partout, que ça soit du côté de ceux qui se disent être de la presse privée et/ou ceux qui sont de la presse publique. Et à ce niveau-là, je pense qu’il y a beaucoup d’efforts à faire.

Guineematin.com : pour beaucoup d’observateurs, la presse guinéenne n’est pas suffisamment libre. Quel reproche faites-vous aux décideurs ?

Aboubacar Camara : moi, je ne pourrais pas vous dire. Il peut y avoir quelques entraves, mais de-là à ramener le débat ailleurs. On voit la profusion de médias, ça ne peut pas s’expliquer. En tout cas, s’il faut donner des données scientifiques chiffrées, tu ne peux pas dire qu’il n’y a pas de liberté de presse ou qu’on empêche tel ou tel d’exercer son travail dans notre pays. Il y a combien d’organes aujourd’hui ? Il y a combien de sites aujourd’hui, on ne parvient même pas à faire le tour de tous ces sites. Par contre, moi je dirais même qu’il y a assez de libertinage dans notre profession. Par contre oui, il y a quelques manquements. Est-ce ces manquements-là sont dus aux pouvoirs publics ou est-ce que ces manquements sont même dus à nous, à nos insuffisances ? C’est là où il y a débat et je pense qu’à à la faveur de cette journée internationale de la liberté de la presse, c’est une opportunité de jeter le regard à ce niveau et n’oubliez pas cette phrase ou cet adage que nous avons eu tous à développer « une liberté ne se donne pas, une liberté s’arrache ». Il faut que les autres acteurs ou les pouvoirs publics trouvent en nous l’engagement nécessaire, la motivation nécessaire de pouvoir nous défendre, défendre nos libertés acquises et qui sont par surcroît reconnus par notre Constitution. Donc, les premières failles, souvent, viennent de nous et après, quand il y a une faille sur le mur, ça laisse la place aux lézards de pénétrer.

Guineematin.com : vous dites qu’il y a des problèmes. Concrètement, qu’est-ce qu’il faut améliorer ?

Aboubacar Camara : ce qu’il faut améliorer, moi je pense qu’il faut être strict avec la loi. Il faut bien qu’on discipline la rentrée un peu dans ce métier. Ne rentre pas d’abord qui le veut, mais qui le peut, qui est préparé pour le faire. Et aussi, au niveau des rédactions, qu’il y ait des engagements très clairs, d’abord avec le personnel. Le plus souvent, dans les lignes éditoriales, il n’y a pas de clarté. Certains exercent dans des rédactions, ils ne savent pas pourquoi cette rédaction existe. On crée un organe par rapport à quelque chose, par rapport à une situation, où on parle de ligne éditoriale. Donc, il faudrait bien qu’il y ait une clarté et un partage entre ceux qui sont appelés à animer cette ligne et les responsables qui sont appelés à veiller sur cette ligne. Maintenant, au-delà, il faut qu’on ait la carapace pour résister à certaines formes de pressions. Il y a des pressions politiques qui arrivent à des moments et surtout au niveau de certains collègues. Mais, ça peut arriver aussi au niveau des privés, c’est ce qui est grave. Et à ce niveau, il y a souvent des mélanges de genres, mélanges de données ou bien on coupe des données parce que tout simplement il y a des espèces sonnantes et trébuchantes. Donc, à ce niveau-là, je pense qu’il faut beaucoup d’efforts. C’est vrai, certains feront appel à l’éthique, à la déontologie, mais ça ne suffit pas. Et pour amener les rédactions à pouvoir résister à ces formes de pression, moi je pense qu’aujourd’hui, il faudrait bien que l’homme de presse vive de son travail, il faut décemment entretenir les journalistes. C’est un travail qu’ils font au quotidien, il faut que les journalistes soient bien payés. C’est pourquoi, on n’a pas besoin de trop de journalistes aujourd’hui. Mais, la profusion de journalistes fait qu’on a l’impression que c’est un métier qui est à la portée de tout le monde. Pourtant, comme le disait un éminent rédacteur en chef de Jeune Afrique, que j’ai eu l’honneur de recevoir, « nous, on ne peut pas piloter un avion, on ne peut pas faire ceci ou cela, la seule chose sur cette terre pour laquelle on a opté et qu’on s’est engagé face à la société, c’est d’informer ». Et, il faut bien qu’on vive de ce métier-là sainement, pour ne pas qu’on soit là à mendier comme la presse alimentaire.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Lire