Monogamie en Guinée : « le président ne doit pas promulguer cette Loi ! Les députés ont commis une grave faute…»

13 mai 2019 à 18 06 48 05485
Elhadj Abdourahamane Diallo

« Cette Loi va augmenter le nombre de filles non mariées, mais aussi elle va augmenter les divorces dans les couples. Vous savez vous-mêmes qu’aucune femme au monde n’autoriserait son mari à épouser une deuxième femme… Je vois certaines femmes qui se frottent les mains aujourd’hui en disant :  »oui, je serai la seule chez mon mari ». Non, c’est une erreur ! Le mari peut mourir, qui va l’épouser après ? Ou bien, elle a des filles, qui lui donne la garantie que c’est une de ses filles qui sera la première chez son mari ? Qui lui donne la garantie que chacune de ses filles aura un mari ? »

L’article 281 du nouveau code civil guinéen continue de faire couler encre et salive en Guinée. Cet article qui interdit à un homme d’épouser une deuxième femme sans le consentement de sa première épouse suscite une vive polémique entre partisans et opposants de la polygamie. Interrogé par Guineematin.com sur la question, Elhadj Abdourahamane Diallo, un citoyen polygame, a regretté la décision des députés qui ont adopté le texte avant de mettre en garde contre les conséquences négatives que pourrait entraîner cette loi.

Décryptage !

Guineematin.com : contrairement au texte adopté en décembre dernier, le nouveau code civil guinéen, voté la semaine dernière par l’Assemblée nationale, ne consacre plus la polygamie en Guinée. Désormais, celle-ci est une exception : il faut l’accord de la première épouse d’un homme marié pour que ce dernier puisse épouser une autre femme. Que pensez-vous de cette loi ?

Elhadj Abdourahamane Diallo

Elhadj Abdourahamane Diallo : je vois ça comme une erreur de la part des députés qui ont voté cette loi. Je remercie ceux qui se sont opposés à l’adoption de cette loi. Je le dis encore, c’est une grosse erreur commise par les députés. Ils étaient l’espoir du peuple mais ils sont allés décevoir ce peuple qui a eu confiance en eux et qui a voté pour eux. La polygamie est une chose prônée par l’islam. Avec le nombre de femmes non mariées qu’il y a en Guinée actuellement, les députés auraient dû voter une loi qui permettrait d’encourager la polygamie, pour permettre à chaque homme d’avoir deux, trois ou quatre femmes et non le contraire.

Les députés qui ont voté cette loi vont le regretter, mais pas aujourd’hui. Leur attitude est semblable à celui qui s’enferme dans une case, met le feu dedans et jette les clefs dehors. Ça veut dire qu’ils subiront les conséquences de leur acte.

Guineematin.com : pour vous, quelles conséquences cette loi pourrait avoir sur la société ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : les conséquences seront énormes : non seulement elle va augmenter le nombre de filles non mariées, mais aussi elle va augmenter les divorces dans les couples. Vous savez vous-mêmes qu’aucune femme au monde n’autoriserait son mari à épouser une deuxième femme. Et avec ça, une femme qui refuse que son mari épouse une seconde femme, le mari peut lui dire d’aller chez ses parents afin qu’il épouse une autre.

Donc, cette loi va obligatoirement encourager les divorces dans notre pays. Les inconvénients de cette loi sont plus que les avantages. Je vois certaines femmes qui se frottent les mains aujourd’hui en disant :  »oui, je serai la seule chez mon mari ». Non, c’est une erreur ! Le mari peut mourir, qui va l’épouser après ? Ou bien, elle a des filles, qui lui donne la garantie que c’est une de ses filles qui sera la première chez son mari ? Qui lui donne la garantie que chacune de ses filles aura un mari ?

Guineematin.com : vous vous avez trois femmes. Habituellement, comment faites-vous quand vous voulez épouser une autre femme ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : oui, j’ai trois femmes. Quand je voulais épouser la deuxième, j’ai informé la première. Et, j’en ai fait de même lorsque je voulais épouser la troisième. Mais, je n’ai pas demandé leur avis encore moins leur autorisation, j’ai juste informé parce que c’est ce qui se doit. C’est l’information qu’il faut, ce n’est pas l’avis. C’est l’homme qui est le maître de la famille.

Guineematin.com : avec cette nouvelle loi qui devrait certainement entrer très bientôt en vigueur, s’il vous devez épouser une autre femme, allez-vous demander l’autorisation de vos autres femmes ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : c’est quelque chose qui est très difficile chez les femmes. Il est très difficile pour une femme de dire à son mari d’épouser une autre, c’est quelque chose qui n’est possible que pour les députés qui ont voté cette loi. En ce qui me concerne, quand je veux épouser une femme, je ne vais jamais demander la permission. Je vais seulement les réunir et leur dire que je veux d’une quatrième femme. Je sais qu’elles ne vont pas le refuser (rires). Parce qu’elles-mêmes ont pitié des femmes qui ne sont pas mariées et qui sont dans les familles. Mes épouses sont toutes favorables à la polygamie. Je vis avec elles, elles sont trois, mais il n’y a aucun problème.

Guineematin.com : pour que cette loi entre en vigueur, il faudra qu’elle soit promulguée par le président de la République. Lui-même qui avait refusé de promulguer le premier texte adopté en décembre dernier et qui légalisait la polygamie. Avez-vous un message pour le chef de l’Etat à ce sujet ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : je ne crois pas que le président soit contre la polygamie puisque lui-même est polygame. Je lui demande de revoir ça. Toute personne qui est contre la polygamie, je vois cela comme une erreur de sa part. Je voudrais lancer un message au chef de l’Etat pour lui dire de revoir ça.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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ENI de Kankan : début des épreuves pratiques pour les candidats à l’examen de sortie

13 mai 2019 à 18 06 25 05255
M. Aly Kaké, inspecteur régional adjoint de l’enseignement technique et de la formation professionnelle

Les élèves maîtres de l’Ecole Normale d’Instituteurs (ENI) de Kankan ont entamé ce lundi, 13 mai 2019, les épreuves pratiques de l’examen de sortie de cette année. C’est l’inspection régionale de l’enseignement technique, de la formation professionnelle, de l’emploi et du travail qui a procédé au lancement officiel de ces épreuves. 186 candidats prennent part à ces épreuves qui vont durer deux semaines, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

En procédant au lancement officiel de cette première phase des examens de sortie, Aly Kaké, inspecteur régional adjoint de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, a passé un message aux différents candidats. « Je vous exhorte à la sérénité, au sérieux et surtout au bon travail. Nous avons commencé par les épreuves pratiques parce que les candidats de l’ENI ne peuvent pas attendre les épreuves théoriques avant celles pratiques. Bientôt les élèves des écoles primaires iront en composition, donc nous avons décidé que les candidats fassent les épreuves pratiques », a-t-il expliqué.

Selon les responsables de l’enseignement technique de Kankan, les candidats sont répartis entre le CP2 ; le CE1 ; le CE2 et le CM1. Quant au choix des sujets, il se fait par tirage au sort. Chaque candidat ramasse et un papier sur lequel est mentionné le titre d’un cours. Il prépare le cours et va le dispenser en classe, en présence d’un jury composé d’un président, un membre et un rapporteur.

Thierno Mamadou Samba Baldé est président du jury à l’école primaire Fallaye Traoré situé au quartier Briqueterie. Il explique comment se fait la supervision sur le terrain. « Nous venons pour suivre un candidat qui a déjà tiré son thème deux jours avant, et nous allons suivre la prestation selon une grille. Pour les critères de sélection, il y a d’abord la rigueur, c’est ce qui caractérise notre travail. L’inspection régionale a déjà repartis les candidats, ici ils sont au nombre de 36. Et chaque jour, c’est 4 qui vont être évalués : 30 minutes de prestation et 30 minutes d’entretien », a indiqué ce président de jury.

Après avoir presté devant le jury, Ahmadou Baldé, l’un des candidats, est sorti satisfait. Il pense que l’épreuve s’est bien passée et espère bien réussir son examen. « L’épreuve pratique s’est bien passée parce que je me suis bien préparé avant d’être là. Ils (les organisateurs) ont fait une tombola, moi je suis tombé sur une leçon de grammaire. J’étais dans la salle de la 4ème année et tout s’est bien passé », s’est félicité l’élève maître.

A noter que ces épreuves pratiques vont durer 16 jours. Elles seront suivies des épreuves théoriques prévues en juin prochain.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Labé : 8 cas de rougeole signalés (DRS)

13 mai 2019 à 18 06 12 05125

Huit (8) cas de rougeole ont été enregistrés dans la préfecture de Labé ces derniers jours, annonce la Direction Préfectorale de la Santé. La réticence des parents à faire vacciner leurs enfants expliquerait cette réapparition de la maladie. Le ministère de la Santé a déjà dépêché une équipe sur le terrain pour tenter de circonscrire la maladie, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Malgré les multiples efforts fournis par les agents de la santé pour lutter contre la rougeole en Guinée, huit cas de rougeole ont été enregistrés dans la préfecture de Labé ces derniers jours.

Dr Mamadou Houdy Bah

Interrogé par Guineematin.comle directeur régional de la santé de Labé, Dr Mamadou Houdy Bah, a dit cette réapparition de la rougeole s’expliquerait par le refus de certains parents de faire vacciner leurs enfants. « Nous avons un système de surveillance sanitaire qui est mis en place. Et nous avons instruit à toutes les structures de santé, dès qu’elles voient une maladie sous surveillance, il doit obligatoirement la déclarer. C’est dans ce cadre que l’hôpital régional nous a informés qu’il a enregistré onze cas d’éruption cutanée. C’est suite à cela, ces cas ont été prélevés et acheminés vers Conakry. Sur les onze, huit c’était des cas de rougeole », a précisé Dr Houdy Bah.

Selon le directeur, ce n’est pas la première fois que la rougeole est détectée à Labé. « La rougeole continue de sévir à Labé compte tenue de plusieurs facteurs : le premier facteur, c’est compte-tenu du fait que les parents n’aiment pas vacciner leurs enfants. Et la DPS (Direction Préfectorale de la Santé) a organisé une campagne de riposte pour rattraper les enfants d’un an et plus, qui n’avaient t pas été vaccinés. Mais malgré tout, les agents de santé de Labé ont rencontré des difficultés pour assurer la couverture de certains enfants ».

Pour faire face à ces cas de rougeole, Docteur Houdy Bah a fait savoir qu’il y’a déjà une mission de l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire (ANSS) qui est arrivée à Labé. La démarche vise à assister les autorités sanitaires locales à circonscrire la rougeole et organiser une grande campagne de riposte contre la maladie, très contagieuse et mortelle.

Depuis Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guinéematin.com

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Football : un nouveau bureau à la tête de la ligue régionale de Conakry

13 mai 2019 à 18 06 05 05055

La ligue régionale de football de Conakry a tenu son congrès électif ce lundi, 13 mai 2019. La rencontre a permis d’élire un nouveau bureau de 7 membres et dirigé par le président sortant, Mamadou Saliou Adimini, reconduit pour un nouveau mandat, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Organisé dans la salle de conférence du stade de Nongo, ce congrès a été présidé par N’Fah Condé, représentant du président de la Fédération Guinéenne de Football. A l’ouverture des travaux, le bureau sortant a présenté officiellement sa démission comme le recommandent les statuts et le règlement intérieur de l’instance.

Le président du bureau sortant en a profité pour revenir sur le bilan de son équipe. Mamadou Saliou Adimini a cité notamment la participation de la Guinée au CHAN qui s’est joué au Maroc. Mais, au moment de passer au vote, une mésentente est apparue entre les congressistes et les représentants de la Féguifoot, soupçonnés de vouloir imposer des personnes à la tête de la ligue régionale de Conakry.

Il a fallu une pause d’environ une heure avant que le vote n’ait lieu. Et, les 24 membres ont élu un bureau de 7 membres dont une femme, dirigé par le président sortant, Mamadou Saliou Adimini. Ce bureau est élu pour un mandat de 4 ans.

Après l’élection, le président a remercié les congressistes pour la confiance qu’ils ont placée en cette équipe, avant de décliner les priorités de son bureau pour les quatre prochaines années. Selon lui, l’objectif principal de son équipe est de redynamiser le football guinéen sous l’impulsion du président de la Fédération Guinéenne de Football, Mamadou Antonio Souaré.

De son côté, le représentant de la Féguifoot, N’Fah Condé, a félicité le bureau élu avant d’inviter ses membres à l’unité et au travail pour le bien du football guinéen.

Ci-dessous la liste des membres du bureau élu

Président : Mamadou Saliou Adimini

Vice-président : Daman Touré

Secrétaire : Mamadou Saliou Yaya Diallo

Safi Kassory Bangoura (Membre)

Aboubacar Kamissoko (Membre)

Lévis Saint-Etienne Bangoura (Membre)

Midjaou Diallo (Membre)

Amadou Oury Touré pour Guineematin.com

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Guinée : sur 100 000 femmes, 550 meurent en donnant la vie

13 mai 2019 à 17 05 04 05045
Dr. Edouard Niankoye Lamah

La nouvelle fait froid dans le dos, même si le ministère de la santé parle d’évolution ! Sur 100 000 femmes qui accouchent, 550 meurent en voulant donner la vie en République de Guinée, selon les statistiques de 2018. Satisfait des performances du régime Alpha Condé depuis 2011, le Département de la santé rappelle que 980 femmes sur cent mille mourraient dans les mêmes conditions en 2011.

L’annonce a été faite par le ministre d’Etat, ministre de la Santé, Dr Edouard Niankoye Lamah, à l’occasion d’une conférence de presse animée ce lundi 13 mai 2019, dans un réceptif hôtelier. Une démarche qui visait à faire le bilan des activités réalisées par son département (de 2011 à 2018) et annoncer les défis et perspectives.

D’après Dr. Edouard Niankoye Lamah, malgré les efforts fournis dans le secteur, la situation sanitaire du pays n’était pas reluisante en 2011. « Le taux de mortalité maternelle était à 980 pour 100.000 naissances vivantes, le taux de mortalité infantile à 98 pour 1000, la prévalence du VIH à 1,5% ; la prévalence du paludisme à 44%, tandis que le risque d’infection à la tuberculose était de 1,5% », a expliqué le ministre.

Parlant du bilan de la 3ème République, le ministre de la Santé a cité, entre-autres : la création de l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire (ANSS) en 2016, la construction de 38 Centres de Traitement Epidémiologique (CTEPI), la création de 8 Equipes Régionales d’Alerte et de Riposte contre les Epidémies (ERARE) et 38 Equipes préfectorales d’Alerte et de Riposte contre les Epidémies (EPARE), la gratuité des Soins Obstétricaux et Néonatales d’Urgence (SONU), le recrutement de 4 200 nouveaux agents de santé à la fonction publique ; l’augmentation du budget de la santé qui est passé de 81 milliards (soit 2,27%) en 2011 à 1325 milliards (soit 7,41%) en 2018, etc.

En se fondant sur certains chiffres, Dr Edouard Niankoye Lamah a estimé que l’analyse des résultats en 2018 par rapport à la situation de 2011 permet de constater « des évolutions considérables en termes de mobilisation des ressources, de création des structures, d’utilisation des services et d’amélioration de l’état de santé des populations de notre pays ».

Toutefois, le ministre de la Santé a fait ressortir un certain nombre de défis qu’il va falloir chercher à relever, comme « la faible participation des communautés dans la gestion des problèmes de santé, la faiblesse du mécanisme de redevabilité, l’insuffisance de l’offre des soins en infrastructures sanitaires normalisées, le développement du marché illicite des médicaments, mais aussi des structures privées ».

Pour y faire face, Dr Edouard Niankoye Lamah a annoncé plusieurs actions pour inverser la tendance pour ce qui est de la période 2019-2020 : « la mise en avant de la prévention par rapport aux soins, la recherche de l’efficience dans l’utilisation des technologies, le développement des soins centrés sur les personnes et les services intégrés, le renforcement de la participation communautaire à travers la décentralisation ainsi que le développement du partenariat avec le secteur privé et les autres secteurs connexes ».

Pour finir, le ministre de la Santé a précisé qu’un « long chemin a été parcouru depuis 2011. Mais, beaucoup reste à faire encore parce que la santé n’est pas figée et acquise une fois pour toute. Elle demande un engagement individuel et collectif de tous les jours ».

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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La justice guinéenne paralysée ? Les huissiers de justice en grève à partir de ce lundi

13 mai 2019 à 15 03 24 05245

Les huissiers de justice de Guinée ont décidé de mettre à exécution leur menace de partir en grève brandie la semaine dernière. A l’issue d’une assemblée générale tenue ce lundi, 13 mai 2019 à son siège à Kaloum, la chambre nationale des huissiers de justice de Guinée a annoncé le déclenchement d’une grève générale et illimitée à compter de ce jour, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Me Aboubacar Camara

L’annonce a été faite par Maître Aboubacar Camara, vice-président de la chambre, au sortir de la rencontre. « Vous savez que notre confrère, Lansana Salifou Soumah, a été arbitrairement arrêté et séquestré dans les locaux de la DPJ. Nous avons mené des démarches, nous n’avons pas été entendus, et finalement une assemblée générale s’est tenue ici le lundi dernier. Au cours de cette assemblée, une commission a été mise en place, chargée de la rédaction de la plateforme revendicative et le préavis de grève.

Ces deux documents sont parvenus au ministère de la justice le jeudi. Parmi les revendications, il y avait la libération de Maître Lansana Salifou Soumah et d’autres points, notamment la signature de notre statut des huissiers de justice déposé au ministère de la justice, qui a été discuté et adopté en conseil des ministres. Jusqu’à date, ce document n’est pas signé. Nous les huissiers, si nous sommes munis des décisions de justice et des titres exécutoires, pour les mettre à exécution, souvent nous faisons recours au parquet.

C’est le procureur général qui va signer un document qu’on appelle réquisition pour mettre en mouvement la police ou la gendarmerie pour assister l’huissier. Donc nous avons beaucoup de difficultés à ce niveau, il y a beaucoup de retard dans la signature de la réquisition. Donc c’est pour toutes ces raisons que nous avons tenu l’assemblée.

Nous avons déposé notre préavis de grève qui a expiré le vendredi et nous avons dit que si les différentes revendications contenues dans la plateforme ne sont pas satisfaites en intégralité, nous allons déclencher une grève à partir d’aujourd’hui lundi. Et à date, nous constatons que tous les points contenus dans cette plateforme, seul celui consistant à libérer notre confrère a été satisfait. Donc c’est pourquoi, nous maintenons le mot d’ordre de grève. Nous partons donc en grève jusqu’à nouvel ordre. Nous ne fermons pas la porte, nous sommes prêts à toute négociation », a-t-il indiqué.

Me Mohamed Mouctar Sylla

De son côté, le secrétaire général de la chambre nationale des huissiers de justice de Guinée, Maître Mohamed Mouctar Sylla, a mis en garde tout huissier de justice qui ne respecterait pas ce mot d’ordre de grève. « Pour ce mot d’ordre de grève, il s’agit de la cessation de toutes les activités sur toute l’étendue du territoire national. Toutes les activités de huissiers : pas d’accès à la justice, pas d’exécution des décisions de justice, pas de significations jusqu’à ce que nos points de revendication soient satisfaits.

Ce mot d’ordre de grève concerne tous les huissiers de justice. Tout huissier de justice qui ne se prêtera aux résolutions de l’assemblée générale sera suspendu purement et simplement. Et d’autres mesures contraignantes seront prises à son encontre puisqu’il s’agit de la vie de profession, il s’agit de la vie de l’investissement en Guinée », a prévenu Maître Mohamed Mouctar Sylla.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 622 91 92 25 / 666 91 92 25

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Ecole Primaire de Kégnéko (Mamou) : 138 tables bancs pour 352 élèves

13 mai 2019 à 15 03 06 05065
Mamby Traoré, Directeur de l’école primaire de Kegneko

A l’image de la plupart des établissements scolaires situés en zones rurales, l’Ecole Primaire de Kégnéko, dans la préfecture de Mamou, est confrontée à plusieurs difficultés dans son fonctionnement. Parmi ces difficultés, figurent le manque d’enseignants et celui de tables bancs, a appris le correspondant de Guineematin.com à Mamou qui s’est rendu dans cette sous-préfecture.

Créée en 1950, l’Ecole Primaire de Kégnéko se trouve aujourd’hui dans une situation loin d’être reluisante. En plus de la vétusté des bâtiments, cet établissement scolaire fait face à d’autres problèmes dans son fonctionnement. Des problèmes que Mamby Traoré, directeur de cette école depuis 2017, constatent avec impuissance.

Mamby Traoré

« Les difficultés sont énormes : il y a le manque d’enseignants, parce que sur les 7 enseignants que nous avons ici, 3 sont des contractuels communautaires ; le manque de tables bancs, nous avons 138 tables bancs pour 352 élèves. C’est pourquoi les enfants sont très serrés en classe. En plus, l’école n’a pas de cour et nous avons des problèmes de logement des enseignants. Il y a également le retard de certains élèves ; le mariage précoce aussi est un autre problème parce les jeunes filles sont souvent obligées d’abandonner les études très tôt pour se marier. Il y a même une fille qui était première de sa classe et qui était une référence dans notre école qui vient de se marier », a indiqué le directeur de l’école primaire de Kégnéko Centre.

Mamby Traoré interpellent les ressortissants de la localité et les autorités éducatives sur cette situation. « Nous lançons un appel aux autorités éducatives, aux ressortissants pour la rénovation de cette école. Ils n’ont qu’à nous aider à avoir des tables bancs parce que l’école du centre doit être une référence », a dit le directeur.

Boubacar Kanté

A noter que le collège de Kégnéko centre rencontre aussi quasiment les mêmes difficultés. Le principal de ce collège, Boubacar Kanté, appelle également à l’intervention des autorités pour juguler les problèmes que rencontre son école.

De retour de Kégnéko, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

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Déguerpissement à Kaporo-Rails : les opérateurs économiques offrent cent millions de GNF aux victimes

13 mai 2019 à 14 02 46 05465

La chaîne de solidarité se poursuit en faveur des victimes du déguerpissement opéré récemment par le gouvernement guinéen à Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse, dans la commune de Ratoma. Les opérateurs économiques évoluant dans la commune de Matam ont offert un montant de 100 millions de francs à ces citoyens dont les maisons ont été démolies. La cérémonie de remise de ce don a eu lieu hier dimanche, 12 mai 2019.

Saikou Oumar Diallo

C’est Saikou Oumar Diallo, le président de la chambre de commerce de Matam et vice-président de la chambre régionale de commerce de Conakry qui a procédé à la remise officielle de ce chèque de 100 millions de francs au collectif des déguerpis. « Notre visite, c’est au nom de tous les opérateurs économiques évoluant dans la commune de Matam, plus précisément ceux de Madina, qui ont bien voulu venir assister les déguerpis de Kaporo-Rails dans leur souffrance en envoyant une enveloppe symbolique de 100 millions de francs pour ces victimes », a-t-il indiqué.

Selon lui, ce montant est le fruit d’une collecte de fonds initiée par la chambre de commerce de Matam et qui a été accueillie favorablement par les commerçants. « Quand un citoyen de la République partout où il se trouve a des difficultés, il faut lui venir en aide. Et le premier secours qu’on a fait, c’est d’appeler tout le monde à la solidarité, et les opérateurs économiques ont répondu favorablement à notre appel. Donc, c’est le résultat de cette collecte qu’on a fait remis aujourd’hui aux bénéficiaires. D’autres actions venant des bonnes volontés viendront encore dans les prochains jours pour appuyer les efforts déjà fournis par les uns et les autres », a annoncé Saikou Oumar Diallo.

Elhadj Alpha Oumar Diallo

Du côté des bénéficiaires, on se réjouit de ce geste des opérateurs économiques de la commune de Matam. Le président du collectif des victimes du déguerpissement de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse, Elhadj Alpha Oumar Diallo, a vivement remercié les donateurs. « Je suis très heureux aujourd’hui encore en recevant ce don. Nous sommes maintenant à 700 millions francs de dons reçus de la part de nos compatriotes vivant en Guinée et à l’étranger. Nous comptons garder cet argent jusqu’à ce qu’il soit plus consistant puisque nous sommes 1204 personnes.

Donc même si nous avons 1 milliard 200 millions de francs, si on décide de partager l’argent, chacun n’aura qu’un million. C’est pourquoi nous voulons le garder jusqu’à ce qu’il soit plus important, nous allons ensuite acheter des parcelles pour les plus nécessiteux. Même ceux qui sont rentrés au village auront leur part, ils sont inclus dans le recensement », a indiqué monsieur Diallo.

Il faut rappeler que ce sont 1769 bâtiments appartenant à1204 familles qui ont été démolis par le gouvernement guinéen dans les zones de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse. Certaines familles déguerpies sont éparpillées à travers Conakry et d’autres sont rentrées dans leurs villages d’origine.

Amadou Oury Touré pour Guineematin.com

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Kankan : le gouverneur interdit l’élevage des bœufs de la race zébu dans la région

13 mai 2019 à 14 02 27 05275

Le gouverneur de la région administrative de Kankan annonce l’interdiction de l’élevage des bœufs de la race zébu dans sa juridiction. Selon Mohamed Gharé, cette espèce animale qui détruit tout sur son passage, serait à l’origine des conflits entre les éleveurs et les agriculteurs dans certains pays comme le Mali et le Burkina Faso. C’est pour éviter un tel scénario à notre pays que cette mesure est prise, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

L’annonce de cette mesure du gouverneur de Kankan a eu lieu en marge de la rencontre des administrateurs territoriaux avec les élus locaux de la région. Ainsi, il est désormais interdit aux éleveurs de la région administrative de Kankan de faire venir des bœufs de la race zébu en Guinée. Selon le gouverneur, cette mesure draconienne est l’application d’une décision du gouvernement.

Mohamed Gharé rassure qu’une enquête va être ouverte pour évacuer hors de la Guinée les bœufs de cette espèce. « Nous allons engager une enquête approfondie par villages qui va déboucher sur des arrestations. Le préfet de Kankan est en train de prendre toutes les dispositions. Mais, je voudrais dire aux maires concernés, aux sous-préfets concernés, avant l’arrivée du préfet, ils n’ont qu’à prendre toutes les dispositions, parce que le préfet viendra avec 100 éléments des forces défense et de sécurité. Avant que cela n’arrive, prenez toutes les dispositions pour évacuer hors de nos frontières ces zébus », a-t-il prévenu.

Poursuivant, le gouverneur de Kankan a dénoncé nos compatriotes qui agissent ainsi en complicité avec des étrangers et qui contribuent à la destruction de l’environnement. « C’est des gens qui se disent guinéens qui sont complices de ces bouviers maliens, et qui sont complices de la destruction de notre environnement. Mais, ils nous verront sur leur chemin. La loi sera appliquée dans toute sa rigueur. On ne veut plus voir de zébus sur le territoire national, en tous cas dans la région de Kankan. Il faut que cela soit clair », a-t-il averti.

Pour Mohamed Gharé, les bœufs de race zébu détruisent massivement les cultures. C’est pour éviter le syndrome Malien et Burkinabé, où éleveurs et agriculteurs s’affrontent régulièrement avec des centaines de morts enregistrés, que le gouvernement a pris cette mesure, s’est-il justifié.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Recrutement dans l’armée : 300 personnes, dont 51 filles, retenues à Faranah

13 mai 2019 à 14 02 02 05025

Les résultats du test de recrutement dans l’armée guinéenne ont été rendus publics le samedi, 11 mai 2019, pour la région de Faranah. Sur les 3634 candidats à avoir postulé au départ, il n’y a que 300 personnes qui ont été retenues. C’est au siège de la maison des jeunes de Faranah que les résultats ont été affichés, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Au total, ce sont quelques 3634 candidats qui s’étaient inscrits pour le recrutement dans les rangs des forces armées guinéennes dans la région de Faranah. Après le test physique, 1806 jeunes gens, dont 80 filles, ont été déclarés admis. Après avoir passé le test intellectuel, la décantation a fait que le nombre s’est réduit à 300 personnes, dont 51 filles.

Selon nos informations, parmi ces 300 heureux gagnants, 100 ont le niveau BAC+ (dont 08 filles) et 200 ont le niveau Baccalauréat (dont 43 filles).

De très nombreux jeunes se sont mobilisés à la maison des jeunes de Faranah pour s’enquérir de ces résultats. Selon certains candidats, qui n’ont pas retrouvé leurs noms sur la liste des admis, ce recrutement ne s’est pas passé dans la transparence.

C’est le cas de Moussa Kany Condé, visiblement en colère. « Je ne suis pas du tout satisfait du résultat sorti, parce que les conditions qu’ils ont dites n’ont pas été respectées. Ils ont dit que le concours là ne concerne que, pour la plupart, les étudiants et les diplômés. Mais ici, les résultats qui sont venus, je vois sur la liste qu’il n’y a que 100 personnes diplômées. Ceux qui n’ont pas leurs diplômes, c’est 200 personnes. Qu’est-ce que cela veut dire ? Si non, ils ont dit que c’est les diplômés en majorité qu’on va prendre, parce que nous sommes là sans emploi. Si on a accepté de postuler, c’est pour éviter le chômage et s’ils prennent les non diplômés à la place des diplômés, où va le pays là ? Vraiment, moi je suis déçu. Ceux qui ont payé de l’argent, il y’a des candidats qui ont été admis, qui ne peuvent même pas lire leurs noms. Ils ne savent pas comment faire la dictée et qui n’ont jamais été retrouvés lors des concours », accuse-t-il.

Pour finir, Moussa Kany Condé lance un appel aux autorités compétentes pour tirer au clair cette situation. « Je n’ai rien compris et je ne suis pas du tout satisfait du résultat. Je lance un appel solennel à l’Etat, qu’il accepte d’envoyer des contrôleurs pour qu’il y ait de la transparence et dans l’honnêteté. Cette fois-ci, ils nous ont promis qu’ils vont faire ça dans la transparence, que c’est les civils qui vont le faire. Mais, ça a mal tourné. Tout le monde pleure, personne n’est satisfait. Dans ma famille, on avait 15 candidats, aucun n’est admis. C’est seulement moi qui restais, et aujourd’hui, je n’ai pas retrouvé mon nom alors que j’avais beaucoup d’espoir. Il y a des gens qui ont retrouvé leurs noms, qui n’ont pas fait le concours. Donc, il y a la confusion dans ce recrutement. C’est un résultat qui n’est pas clair », dénonce-t-il.

De Faranah Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

Tél. : 00224 620 24 15 13 / 660 27 27 07

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Urgent : les 7 opposants interpellés à Kindia libérés par la Cour d’Appel

13 mai 2019 à 12 12 47 05475

Interpellés, jugés et condamnés à trois mois de prison ferme pour avoir manifesté contre une modification ou changement de la Constitution, les 7 jeunes opposants viennent d’être élargis par la Cour d’Appel de Conakry, rapporte un journaliste que Guineematin.com a dépêché sur place.

La bonne nouvelle à la Cour d’Appel de Conakry a commencé ce lundi, 13 mai 2019, par les réquisitions du procureur. L’empereur des poursuites, Monsieur Baïla Diallo, a purement et simplement demandé la relaxe des 7 oppants.

Ainsi, Boubacar Barry, Thierno Mamadou Diallo, Mohamed Camara, Amadou Soumah, Mohamed Sylla, Mamadou Cellou Diallo et Mohamed Keïta ont été renvoyés des fins de la poursuite pour délit non constitué.

Dans son verdict, le juge de la Cour d’Appel Mamadou Alioun Dramé a également exigé la restitution des T-shirts que portaient les 7 jeunes opposants lors de leur manifestation du samedi 4 mai à Kindia. Une victoire pour les manifestants contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé.

A suivre !

Mamadou Baïlo Kéita reviendra largement sur ce verdict

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Conakry : les imams invités à agir en faveur de la paix et de la quiétude sociale

13 mai 2019 à 12 12 16 05165

C’est sous les thèmes « l’éducation des enfants en islam » et « le rôle des imams pour la consolidation de la paix » que l’Association Moussidal Kouffa pour le Développement (AMKD) a organisé hier dimanche, 12 mai 2019, une conférence islamique. La rencontre, tenue au secteur 10 du quartier Wanindara, dans la commune de Ratoma, vise notamment à impliquer les imams dans le combat pour le maintien de la paix et de la quiétude sociale, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La conférence a connu la présence de plusieurs personnalités dont Mouctar Diallo, ministre de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes ; le secrétaire général aux affaires religieuses, Aly Jamal Bangoura ; l’ambassadeur du royaume d’Arabie Saoudite en Guinée, Dr Hussain Nasser ALDAKELALLAH.

Les deux thèmes ont été respectivement développés par Dr Alhoussény Diallo, ancien inspecteur de la ligue islamique, et Cheick Oumar Barry, grand intellectuel et connaisseur de l’islam.

Elhadj Abdoulaye Sow

Le vice-président de l’Association Moussidal Kouffa pour le Développement, l’initiateur de la conférence, a fait savoir que le choix de ces thèmes n’est pas fortuit. Selon Elhadj Abdoulaye Sow, « aujourd’hui, nous nous trouvons à la croisée des chemins. La Guinée a beaucoup plus besoin de paix, de quiétude et d’entente que par le passé. Pour parler de développement, il faut forcément qu’il y ait d’abord la paix. Sans la paix, il n’y a pas d’école, il n’y a pas marché, etc. Donc, nous avons combiné les thèmes : l’éducation des enfants en islam ainsi que le rôle des imams et des érudits dans la consolidation de la paix. Quand un imam parle, on sait que c’est des centaines de personnes qui écoutent. A travers les sermons de vendredi et les cinq prières quotidiennes, quand ils parlent, ils sont écoutés parce que ce sont des autorités morales ».

Elhadj Aly Jamal Bangoura

Pour sa part, le secrétaire général aux affaires religieuses, Elhadj Aly Jamal Bangoura, a remercié les organisateurs de la conférence et a salué le choix de la thématique. « Je suis venu, au nom des musulmans et au nom de l’islam, encourager et féliciter les organisateurs de cette rencontre axée sur le rôle des imams et des oulémas dans la restauration de la paix et la quiétude dans la société. En ce mois béni de ramadan, c’est une fierté pour nous, en tant que secrétariat des affaires religieuses, de venir s’associer et accompagner une telle démarche », a-t-il laissé entendre.

Dr Hussain Nasser ALDAKELALLAH

L’ambassadeur du royaume d’Arabie Saoudite en Guinée, S.E Dr Hussain Nasser ALDAKELALLAH, s’est aussi félicité de l’organisation d’une telle conférence dans notre pays et au bénéfice des populations. En outre, le diplomate saoudien a réitéré sa volonté d’œuvrer au raffermissement des relations de coopération entre nos deux pays.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Manifestation à Fria : des femmes exigent le départ de leur préfet

13 mai 2019 à 11 11 52 05525
Mme Gnalen Condé, préfet de Fria

Plusieurs femmes de la ville de Fria sont en colère contre leur préfet, Hadja Gnalein Condé. Ces dames ont pris d’assaut les locaux de la préfecture ce lundi, 13 mai 2019, pour exiger le départ de madame le préfet, a appris Guineematin.com de sources locales.

Selon un citoyen de Fria qu’on a joint au téléphone, ces femmes se sont fait entendre pour diverses raisons. « Il y a plusieurs frustrations qui se sont matérialisés à travers cette manifestation. Il y a d’abord un groupe de femmes qui ont effectué un déplacement avec madame le préfet, déplacement pour lequel une somme de 400 mille francs était prévue pour chacune des dames. Les manifestantes ne m’ont pas dit où elles sont parties avec madame le préfet, mais j’ai l’impression que c’est à Kindia pour la réception du président Alpha Condé qui a eu lieu récemment dans cette ville. Ce premier groupe proteste donc contre le non payement de cet argent.

Il y a un autre groupe qui dénonce le fait que les jeunes de Fria ne soient employés au sein de l’usine Friguia. Vous savez que lors de sa dernière visite ici, le président de la République avait dit que ce sont les fils de Fria qui seront les premiers à être employés au sein de cette entreprise. Mais les femmes disent avoir constaté que cela n’a pas été respecté. Selon elles, ce sont plutôt des gens venus d’autres localités de la Guinée qui sont employés dans cette usine. Et, ces différents groupes sont d’accord sur un point : elles exigent toutes le départ sans délai ni condition de madame le préfet Hadja Gnalein Condé », a expliqué notre confrère.

Selon notre source, madame le préfet a quitté le bloc administratif de la préfecture pour rejoindre sa résidence. Quant aux manifestantes, elles campent toujours dans les locaux de la préfecture. Elles se disent déterminées à poursuivre leur mouvement jusqu’à ce que le président de la République les entende en nommant un nouveau préfet à Fria.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 62812436

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Kindia : une femme tuée dans une bagarre avec deux coépouses

13 mai 2019 à 11 11 15 05155

Une femme de 35 ans a été tuée dans une bagarre avec deux coépouses hier, dimanche 12 mai 2019, dans la commune urbaine de Kindia. Djiba Kanté a été étranglée par ses adversaires pour avoir puisé de l’eau au niveau d’une conduite de la SEG qui dessert une famille du quartier Sambaya. Ses meurtrières présumées ont été arrêtées par la gendarmerie, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Kindia.

C’est dans le quartier Gare que cette bagarre s’est produite. Djiba Kanté est allée puiser de l’eau au niveau d’un tuyau de la Société des Eaux de Guinée (SEG) coupé dans ce quartier. C’est là que deux dames, des coépouses, sont venues la trouver, alors qu’elles étaient venues chercher à réparer la conduite afin d’avoir de l’eau dans leur foyer, situé dans le quartier Sambaya.

Une dispute, puis une bagarre éclatent entre les trois dames. Les voisins interviennent pour les séparer ; mais, c’était trop tard. Car, peu de temps après la bagarre, Djiba Kanté décède à l’hôpital.

Fodé Kouyaté

Selon son mari, Fodé Kouyaté, la dame a été étranglée dans la bagarre. « J’étais couché dans ma chambre quand j’ai entendu du bruit au salon. Je suis sorti, j’ai trouvé que c’est ma femme qu’ils ont déposée. J’ai demandé, ils m’ont dit qu’elle s’est battue avec deux personnes. Selon les témoins, elle a été étranglée par l’une des dames jusqu’à ce qu’elle s’est agenouillée.

A ce moment, les deux dames étaient en train de rentrer chez elles, elles avaient déjà traversé le pont. Je suis allé les intercepter pour leur demander pourquoi elles ont battu ma femme, elles m’ont dit qu’elle leur a manqué du respect. Et que c’est elle qui puise de l’eau au niveau de leur conduite. Du coup, le mari de deux coépouses est venu chez moi tout près de leur domicile. On a admis mon épouse à l’hôpital régional où on m’a annoncé qu’elle était déjà décédée », a expliqué monsieur Kouyaté.

Dr Sékou Abou Camara

Interrogé par le correspondant de Guineematin.com à Kindia, Dr Sékou Abou Camara, médecin chef du service des urgences de l’hôpital régional de Kindia, a indiqué « nous avons reçu le corps d’une femme du nom de Djiba Kanté, âgée de 35 ans et résidant au quartier Gare. On a examiné le corps, on n’a pas trouvé de lésions visibles. Mais, selon son mari, il y a deux femmes qui se sont jetées sur la victime. Le corps est actuellement à la morgue de l’hôpital ».

Après le décès de Djiba Kanté, les deux coépouses qui l’ont battue se sont rendues à la gendarmerie où elles ont été mises aux arrêts. Interrogée par Guineematin.com, Aïssatou Barry, l’une des dames, est revenue sur les circonstances de cette bagarre. « Nous avons été informées que la conduite de notre pompe est coupée. Nous nous sommes rendues là-bas pour l’attacher. Mais, quand nous sommes arrivées sur les lieux, nous avons trouvé la nommée Djiba qui puisait de l’eau sur cette conduite coupée.

Une dispute s’est engagée entre elle et ma coépouse et les deux ont fini par se bagarrer. Djiba a pris le voile de ma coépouse pour l’étrangler. J’ai essayé donc de les séparer, mais Djiba s’est jetée sur moi aussi, et j’ai cherché à me défendre. Les gens sont venus nous séparer. Et, après, on nous a dit qu’elle est décédée. C’est ainsi que notre mari nous a conduites à la gendarmerie », a dit cette dame.

En colère contre le meurtre de Diba Kanté, des membres de sa famille sont allés couper la conduite principale de la SEG qui dessert le quartier Sambaya, privant toute la localité d’eau courante.

A suivre !

De Kindia, Amadou Bailo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628516796

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Dégradation du pont de Sifama (Mamou) : le district de Séré risque d’être coupé de la ville

13 mai 2019 à 10 10 53 05535

Plus de Seize (16) villages du district de Séré, situé à sept (7) kilomètres de la commune urbaine de Mamou, rencontrent d’énormes difficultés à traverser le fleuve de Sifama. Il y a aujourd’hui quelques huit (800) personnes qui sont confrontées à la vétusté du pont qui relie le district à la commune urbaine, rapporte le correspondant de Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon nos informations, ce pont qui est plus connu sous le nom de Koléwî Boli, a été réalisé par les citoyens du district de Séré depuis 300 ans. De nos jours, cette infrastructure constituée en un gros bois, est complètement endommagée par l’eau.

Le président du district, Thierno Issa Barry, a dit son engagement de faire face à cette situation pour soulager ses concitoyens et appelle les autorités au secours.

Thierno Issa Barry

« Depuis nos ancêtres, ce pont existe sous cette forme, en bois. Plus de seize (16) villages traversent ici tous les jours pour aller en ville à la quête du quotidien, en envoyant des mangues, des oranges, du riz ou des arachides pour avoir de quoi manger. Ce pont est coupé, mais d’ici pour aller au goudron, c’est seulement 100 mètres. C’est vraiment pénible. Nous demandons à l’État de nous aider à finir définitivement nos peines et le calvaire de mes citoyens. Nous sommes prêts à venir utiliser nos forces et les moyens dont nous disposons pour accompagner le gouvernement. Tous les élèves et les enseignants passent par là tous les jours. Nous lançons également un SOS à toutes les personnes de bonne volonté, aux institutions de nous venir en aide. Nous souffrons vraiment, parce que chaque année, il faut le renouveler et nos moyens sont limités », a-t-il expliqué.

De nombreux élèves et enseignants risquent d’être affectés par l’état de ce pont, surtout que les cours vont se poursuivre jusqu’au 30 juin 2019, période des grandes pluies. Il s’agit des pensionnaires du lycée Elhadj Boubacar Barry et de l’école primaire Gallé Coumbassa.

Mamadou Garanké Baldé

Une perspective qui inquiète Mamadou Garanké Baldé, professeur de Physique au lycée Elhadj Boubacar Barry. « Bientôt les grandes pluies et le ministère de l’Education nous demande de continuer les cours jusqu’au mois de juin. Et si ce pont n’est pas réglé, nous aurons des difficultés à recevoir nos élèves alors que nous avons des candidats à tous les niveaux. Ce pont est plus que nécessaire pour nous ici. Nous sommes vraiment nécessiteux. Nous avons beaucoup de difficultés ici. Donc, réaliser ce pont est indispensable pour nous », a laissé entende l’enseignant.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tél. : 625698919/657343939

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Assainissement à Labé : le maire compte expérimenter le principe « pollueur-payeur »

13 mai 2019 à 10 10 23 05235

Les autorités communales de Labé ont procédé à l’assainissement de certaines parties de la ville dans la journée d’hier, dimanche 12 mai 2019. C’est le marché central et ses alentours qui ont bénéficié de ce coup de balai des élus communaux et de leur suite, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Comme il est de coutume, à la fin de chaque mois, la nouvelle équipe communale de Labé procède à l’assainissement de la ville. Pour la journée de ce dimanche, c’est le marché central et ses alentours qui ont été visés par cette opération.

Selon le maire, en plus des campagnes de sensibilisation, les autorités comptent mettre à contribution la garde communale pour appliquer le principe du « pollueur-payeur ».

Pour Mamadou Aliou Laly Diallo, « nous sommes en train de mettre à exécution notre plan d’action qui vise en partie l’assainissement de la commune urbaine de Labé. Mais, tout ce que nous déplorons, c’est le fait que le pollueur n’est pas payeur. Car, tout ce que nous consacrons comme dépenses pour mener cette activité, c’est sur des fonds propres et sur d’autres lignes budgétaires que nous tirons. Sinon en principe, si le pollueur était payeur, on allait mener l’activité sans rencontrer des difficultés. Parce que, pour le ramassage et le transport de ces ordures, nous avons loué des camions, des tricycles, nous avons recruté quarante femmes balayeuses que nous payons. C’est pourquoi, nous sommes en train de sensibiliser la population pour que le pollueur soit payeur. Et d’ailleurs, nous avons décidé de renforcer l’équipe de la garde communale en nombre et en équipements. Très prochainement, nous allons officialiser cela. Ces agents de la garde communale seront accompagnés des responsables de la commission assainissement de la commune, pour aller partout où l’insalubrité persiste, que ça soit devant les boutiques, magasins, garages ou ateliers, afin que la commune urbaine de Labé soit propre et soit un modèle de référence », promet-il.

Il faut noter que malgré les multiples efforts consentis par la commune pour la réorganisation de la ville, certains citoyens affichent encore une certaine résistance face à certaines actions. C’est le cas de l’assainissement de la ville et du déguerpissement des occupants de la voirie.

Depuis Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Kindia : une tornade cause la mort de deux personnes à Bangouya

13 mai 2019 à 9 09 58 05585

La saison pluvieuse s’annonce mal pour les habitants de la sous-préfecture de Bangouya dans la préfecture de Kindia. Une tornade a tué deux personnes et décoiffé plusieurs maisons hier samedi, 11 mai 2019 dans cette localité, a appris le correspondant de Guineematin.com à Kindia.

Les victimes sont : un bébé de sexe féminin, âgé de 2 ans, et sa demi-sœur âgée de 12 ans, qui s’occupait de lui pendant que la mère du bébé et d’autres femmes faisaient le linge dans un marigot. La fillette et le bébé se trouvaient en bas d’un palmier situé tout près du marigot.

Soudain, une tornade s’abat sur la localité. Le vent violent arrache le palmier qui tombe sur les deux enfants. La jeune fille trouve la mort sur place et le bébé, grièvement blessé, est conduit dans une clinique de Kindia où il décède aussi.

« C’est dans la soirée d’hier samedi, 11 mai que le drame s’est produit. Il y a des femmes qui étaient au marigot pour laver le linge. Entretemps, un vent violent a soufflé dans notre localité. Il a arraché un palmier qui est tombé sur une jeune fille et un bébé qu’elle portait au dos. La fille a trouvé la mort sur place. Et le bébé a été grièvement blessé au niveau de sa tête.

Il a fallu l’intervention des citoyens pour couper le tronc d’arbre afin de récupérer le corps de la jeune fille. Le bébé, lui, a été évacué d’urgence à l’hôpital où il a succombé à ces blessures ce dimanche, 12 mai 2019 », témoigne Azibou Touré, le sous-préfet de Bangouya.

Monsieur ajoute qu’en plus de ces deux pertes en vies humaines, plusieurs maisons ont été décoiffées par le vent dans la sous-préfecture de Bangouya. Le sous-préfet s’inquiète de cette situation qui n’est pas une première cette année. Il y a deux semaines déjà, un vent violent avait causé la mort d’un jeune dans un village de cette sous-préfecture de Kindia. Lui aussi, c’est un arbre qui était tombé sur lui.

De Kindia, Amadou Bailo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628516796

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Energie : Dr. Taliby Sylla obtient de l’Iran la Construction d’une Usine de Panneaux Solaires à Kindia et d’une centrale solaire de 300 Mégawatt en Haute Guinée

13 mai 2019 à 6 06 19 05195

Communiqué : En tout cas, c’est ce qui ressort d’une rencontre qui s’est déroulée la semaine dernière entre l’Ambassadeur d’Iran et le Ministre de l’Energie, Docteur Cheick Taliby Sylla.

En effet, c’est un diplomate iranien, confiant et disponible, qui a rendu une visite de « courtoisie » au Ministre de l’énergie, entouré de ses principaux collaborateurs, respectivement Messieurs Sanfina Diakité (Secrétaire Général) et Bandian Doumbouyah (Chef de Cabinet).
Très impressionné par la qualité de l’audience, M. S.H. REZA WAHID KIANI, déclinera avec satisfaction un important gisement d’informations relatives à un certain nombre d’actions dans le secteur électrique, visant à resserrer les liens de coopération entre l’Iran et la République de Guinée.
Ce partenariat, M. S.H. REZA WAHID KIANI, le souhaite vivement car, l’Iran exprime officiellement le besoin de s’investir dans le secteur de l’électricité en Guinée, par la réalisation des Centrales solaires et des centrales Hydro-électriques, en BOT et BOO. Aussi, sur le plan Bilatéral, ce pays s’investira en EPC, tout en procédant à la réalisation des études et aux financements des différents projets.
D’ailleurs, pour prouver le degré d’engagement de la République Islamique d’Iran, des équipes de techniciens iraniens feront le déplacement de Conakry, la semaine prochaine en vue de conférer avec leurs homologues guinéens sur tous les aspects de la conception des études et de la mise en œuvre des différents projets inscrits dans les bottins du Ministère de l’énergie.
Le Ministre de l’Energie de la République de Guinée, Docteur Cheick Taliby Sylla, honoré par « cette visite de courtoisie » et s’appuyant sur les grandes lignes du prospectus d’investissement pour l’accès à l’électricité 2016-2020 visant à doubler le taux d’accès à l’électricité de 18% actuellement, à 36% durant les cinq prochaines années en vue d’atteindre un accès universel d’ici à 2030, saluera l’engagement du gouvernement Iranien, qui n’en est pas à ses premières réalisations en Guinée, pour preuve l’édification du Ministère des Affaires étrangères, un don de la République Islamique d’Iran à la Guinée, se passe de tous commentaires.
En ce qui concerne le secteur Electrique, le Ministre guinéen de l’énergie, confirmera
« L’existence des sites et suggérera à ce que l’Iran réalise la centrale solaire de 300 Mégawatt en haute Guinée. Cette centrale sera raccordée par interconnexion au réseau national, mais aussi de procéder à la construction d’une Usine de Panneaux Solaires à Kindia », soulignera- t- il et invitera son interlocuteur à inclure le renforcement des capacités à travers des stages et des formations du personnel qui sera déployé sur ces différents projets.
Par la voix du diplomate Iranien, son pays, la République Islamique d’Iran, souscrit aux études supplémentaires et à la « réalisation de ces deux projets ».

Cette audience, placée sous le signe d’un réalisme patent prouve à suffisance l’engagement de ce département Ministériel a trouvé des opportunités de premier ordre pour une électrification globale de tout le pays.

Pour rappel, de nos jours, seuls 29% de la population bénéficient d’un accès à l’électricité, soit 18% de la population avec en moyenne une connexion formelle et légale. En milieu rural, l’accès formel représente environ 3%.

Par la Cellule de Communication du Ministère de l’Energie Electrique

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3ème mandat illégal pour Alpha Condé ? Appel aux patriotes guinéens

13 mai 2019 à 6 06 06 05065
Mamadou Baadiko BAH, président du parti UFD

Déclaration du parti UFD (5ème et dernière partie) : Sous le règne de la dictature sanglante du PDG, certains avait soutenu que l’unique obstacle au progrès de la Guinée, c’était le chef du clan familial au pouvoir, Sékou Touré. Lorsque son pouvoir a été renversé en 1984 et surtout au début des années 2000, beaucoup soutenaient que le « problème », c’est Lansana Conté. Le CMRN (Comité Militaire de Redressement National) a été très vite rebaptisé par le peuple, « Comité Militaire de Remplacement National », pour bien marquer la continuité du système. Après le coup d’Etat militaire du 22 décembre 2008 par le CNDD, le slogan a été « il faut empêcher à tout prix les militaires de confisquer le pouvoir ».

Aujourd’hui le slogan est : « Pas de troisième mandat pour Alpha Condé». La constante de tous ces pouvoirs cités est d’être tous basés sur la violence, la tromperie, la démagogie, la corruption, le pillage du bien public et l’impossibilité d’avoir une alternance démocratiques au pouvoir. Après avril 1984, ce sont les mêmes hommes du système précédent qui ont dirigé le pays, même s’ils ont aboli le système de capitalisme d’Etat totalitaire pour le remplacer par le libéralisme sauvage. Mais pour le petit peuple, le résultat était à peine différent. En janvier 2007, à la suite des grandes manifestations populaires contre le pouvoir du Général Lansana Conté, avec des centaines de morts, malgré le changement de gouvernement, le système corrompu, fait de combinaisons ethnicistes a continué.

Le CNDD, après quelques velléités de réformes bienvenues et d’actions positives contre le pillage du bien public et le narco-trafic, est rapidement retombé dans les tares du système qu’il avait renversé. Au Stade du 28 septembre lors de la grande manifestation populaire du 28 septembre 2009 qui s’est soldée par plus de 151 morts et des dizaines de femmes violées, le CNDD avait signé son arrêt de mort.

En 2010 après l’arrivée au pouvoir du RPG et de son chef, tous les maux des systèmes précédents se sont aggravés au lieu d’être guéris, autrement que par les proclamations de bonnes intentions, jamais suivies d’effet. Pire, on est tombé dans un système ethniciste ultra corrompu rendant la Guinée impossible à développer pour le bien de son peuple. Nulle part ailleurs nous n’avons des écarts aussi énormes entre d’un côté, l’écrasante majorité de la population qui croupit dans la misère, la faim, le manque d’eau potable les maladies sans soins, le chômage et de l’autre, l’infime minorité de l’oligarchie au pouvoir dont les fortunes constituées à la vitesse supersonique depuis 2011, explosent sous nos yeux. On assiste même à une tentative ouverte de réhabilitation des crimes du PDG, dont il faut le rappeler qu’ils n’ont eu aucun autre équivalent en Afrique si ce ne sont ceux du sanguinaire Idi Amin Dada d’Ouganda de sinistre mémoire.

En 2009-2010, nous avons eu les Forces Vives qui ont réalisé un très vaste rassemblement pour empêcher les militaires de rester au pouvoir. Mais le système actuel de Condominium politico-ethnique est justement le pur produit des Forces Vives. Tous les acteurs en vue de ces Forces Vives n’avaient jamais montré de véritable volonté de changer en profondeur le système décadent antérieur. Est-ce un hasard si on n’a jamais entendu un seul de ces partis dénoncer la violation de l’article 36 de la Constitution sur la déclaration des biens depuis 2011? En fait, pour la plupart des partis, l’unique objectif était de s’emparer de l’appareil pour en profiter, en utilisant les Forces Vives non pas pour l’intérêt supérieur du pays, mais pour son propre agenda secret. En matière de duplicité au sein des Forces Vives, on se souviendra longtemps encore de l’absence très remarquée de certains chefs de partis, planqués à l’étranger – en mission dit-on – lors de la grande manifestation du 28 septembre 2009, pendant que les autres allaient avec la population au massacre et aux viols programmés au Stade.

Aujourd’hui, vouloir mobiliser le peuple de Guinée exclusivement contre un troisième mandat ne peut être qu’une tentative similaire et maladroite de changer de gouvernement en sauvant un système pourri qui a fait le malheur de la Guinée. Pour permettre l’avènement du changement véritable auquel aspire tant le peuple de Guinée meurtri, toute mobilisation contre un troisième mandat doit englober la lutte contre les tares de ce système qui a fait le malheur de la Guinée.

En premier lieu, une ligne rouge doit être tracée : tout militant politique, tout parti politique ou association, engagé véritablement pour le salut du pays doit accepter le principe de déclaration de son patrimoine et même ceux de sa famille proche (conjoints et enfants).

En second lieu, nous devons en finir avec les pratiques du Parti-Etat. L’Administration doit être neutre. Les recrutements doivent être basés sur la compétence et la probité et non sur l’appartenance au parti dominant, presque toujours confondu à une région. L’exclusion de fait de la gestion de la chose publique ne doit pas être admise. De plus, la dérive consistant à prendre les mandats électifs comme des gagne-pains doit être bannie. Un député ou un conseiller municipal n’a pas d’emploi mais assume simplement une tâche de la collectivité. Il doit avoir d’autres activités lui permettant de vivre en dehors du poste électif. On voit aujourd’hui toutes les conséquences de ces dérives, avec la présence des députés de l’opposition à l’Assemblée, sans mandat, donc illégale.

Et enfin, il faut que dans un cadre consensuel, le peuple de Guinée mette en place des nouvelles institutions qui garantissent l’unité et la solidarité entre toutes les communautés et empêchent la confiscation du pouvoir par les unes ou les autres. Nous devons avoir un nouveau système adapté à notre situation concrète, garantissant qu’à l’issue d’élections qui doivent être libres, honnêtes et transparentes, les résultats ne pourront en aucun cas être considérés comme la victoire d’une ethnie ou d’une coalition d’ethnies contre d’autres. Le dispositif constitutionnel doit mettre en avant des options politiques ou philosophiques et non l’appartenance régionale ou communautaire.

Dans les conditions actuelles et sur ces bases, il conviendra de rassembler toutes les forces politiques et sociales d’accord pour lutter efficacement contre toute tentative du pouvoir de confisquer les libertés publiques et de se maintenir illégalement. Ce rassemblement devra soutenir activement et efficacement les victimes de la violence et des harcèlements judiciaires contre les militants politiques. En l’état, tout référendum ouvrant la voie à un troisième mandat pour l’actuel Président Alpha Condé est illégal et doit être traité comme tel. Nous avons déjà eu l’exemple du dictateur sanguinaire Pierre Nkurunziza du Burundi. Au Togo, se déroule actuellement le même scénario macabre. La dynastie Eyadema tente de perpétuer sa domination, avec l’aide et les conseils très avisés de notre président Alpha Condé qui pouponne Faure Gnasingbe.

La technique de confiscation du pouvoir par du troisième mandat et de la non-rétroactivité des nouvelles lois sont hélas parmi nos rares produits d’exportation, avec la terre rouge (bauxite) et l’or. Si on n’y prend garde, les scénarios burundais et togolais arrivent à grands pas en Guinée. Tous les démocrates et les Guinéennes et Guinéens épris de paix, de liberté et soucieux de la sauvegarde de l’Etat Unitaire et de la renaissance de la Guinée, du respect des droits humains, doivent joindre leurs forces pour s’y opposer.

Face à des dictateurs africains, manœuvriers retors et machiavéliques, les vaillants peuples du Soudan et d’Algérie ont montré aux autres peuples africains la voie royale du salut. Ces peuples ont réussi à transcender les divisions de toutes sortes entretenues par l’ennemi, à s’unir comme un seul homme pour lutter efficacement pour le changement véritable et non pour une simple permutation entre des individus appartenant au même système honni. En Guinée, le troisième mandat n’est rien de moins qu’un coup d’Etat constitutionnel et ne passera pas. Il est temps que le peuple de Guinée se réveille et se lève pour réaliser enfin une véritable Révolution nationale et démocratique, seule voie pour son salut.

                  Fait à Conakry, le 30 avril 2019

Pour le Bureau Exécutif National

Le Président

Mamadou Baadiko BAH

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Obligation morale de défendre la constitution

13 mai 2019 à 5 05 49 05495
Dr. Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG

Par Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG : Je suis au regret de constater que mes propos tenus lors de la dernière Assemblée Générale de l’UFDG ont fait l’objet des plusieurs interprétations dans l’unique but de détourner l’opinion du sens de mon combat politique actuel qui est centré essentiellement sur la défense de notre constitution.

En effet, c’est au moment où ceux qui aspirent à la préservation de nos acquis démocratiques se mobilisent activement pour barrer la route aux despotes qui veulent maintenir notre pays dans un système mafieux à tout prix, que nous assistons aux agissements des forces rétrogrades qui n’ont aucun respect pour le peuple.

Sinon, comment peut-on utiliser les maigres ressources du pays pour faire la promotion d’une présidence à vie d’un régime qui a montré ses limites à répondre aux attentes de ses citoyens ?

Au même, les services vitaux d’une nation, à savoir : l’eau, l’électricité, la santé, l’éducation, les routes, la sécurité et la justice, pour ne citer que ceux-ci ne sont pas assumés convenablement par ceux qui dirigent notre pays depuis 9 ans. Alors que les ressources du pays sont pillées par ceux qui ont pris l’Etat en otage pour maintenir le peuple sous la domination.

Juger et condamner arbitrairement des citoyens patriotes qui manifestent pour protester contre un coup d’état civil ne sauraient être acceptable. Tel est le sens de mon combat. Nous ne détournerons pas de ce noble combat quel que soit le prix à payer. Cela doit être compris par toutes et tous. J’assume ce combat et l’assumerai.

Le vaillant peuple de Guinée à l’instar des citoyens algériens et soudanais saura défendre sa constitution. Nous disons que trop, c’est trop. Le temps de l’intimidation est dépassé. Le peuple opprimé s’est réveillé. La peur doit changer de camp.

Fodé Oussou FOFANA

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