Me Lansana Soumah après sa libération : « je suis indigné » (Interview)

8 mai 2019 à 22 10 54 05545
Me Lansana Soumah, l’huissier de justice qui était placé en garde à vue à la DPJ

Comme annoncé précédemment, Me Lansana Soumah, l’huissier de justice qui était placé en garde à vue à la DPJ (Direction de la Police Judiciaire) depuis une semaine environ, a été libéré hier mardi, 07 mai 2019. Sa libération est intervenue peu après la décision des huissiers de Guinée de partir en grève à partir de lundi prochain.

Au lendemain de sa libération, l’intéressé s’est confié à Guineematin.com, ce mercredi. Il est revenu longuement sur cette affaire, se disant déçu de l’attitude du procureur général.

Décryptage !

Guineematin.com : vous sortez de prison, vous y avez passé près d’une semaine. Quel sentiment vous anime aujourd’hui ?

Me Lansana Soumah : j’ai un sentiment de satisfaction pour avoir obtenu ma liberté. Parce que rien ne vaut la liberté. Mais, je suis indigné par le temps que j’ai fait à la DPJ, parce que je ne me reprochais de rien. L’arrestation sur toute la ligne a été illégale, même si je devais être arrêté pour une infraction commise dans l’exerce de ma profession, il y a une procédure particulière qui devrait être suivie par le procureur. Ça, c’est non seulement pour moi mais tous les citoyens.

Donc, je ne devais pas être interpellé par le procureur qui est venu me voir parce qu’il y a une urgence et qu’on monte un guet-apens pour pouvoir me cueillir comme un bandit. Donc ça, je n’ai pas apprécié. Et, c’est ce qui fait que beaucoup de personnes se plaignent de la justice. Parce qu’un magistrat, nous, on a du respect pour eux. Parce que la décision que moi je suis en train d’exécuter a été rendue par eux.

Mais si ceux qui ont rendu la décision ne sont jamais inquiétés mais c’est nous qui sommes amenés à faire application de cette décision qui sommes la risée de tout le monde, et au finish, ce sont les mêmes magistrats qui nous prennent pour nous mettre en prison pour des choses que nous n’avons pas commises, je suis sincèrement déçu d’avoir été victime de ces choses-là de la part d’un magistrat qu’on a connu d’une réputation exemplaire, mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

Guineematin.com : qui était derrière votre interpellation et qu’est-ce qu’on vous reprochait ?

Me Lansana Soumah : bon, d’après ce que moi j’ai lu et j’ai vu, c’est sur une lettre de monsieur le ministre de l’Administration et du Territoire, signée par son chef de cabinet qui instruisait à l’agent judiciaire de l’Etat et au procureur général d’engager une procédure contre moi et monsieur Keïta Kalil qui est le représentant de la famille Keïta à Matam. Donc, c’est dans l’exécution de cela, que les magistrats, le procureur général m’a fait arrêter, très malheureusement.

Guineematin.com : dans quelles conditions avez-vous été détenu à la DPJ ?

Me Lansana Soumah : bon, c’est qu’on m’a mis en garde à vue. Au sortir de son bureau, Moussa Condé m’avait dit que j’allais y être juste pour être entendu par les agents et que j’allais rentrer chez moi. Très malheureusement, les agents sont venus, ils m’ont présenté à leur directeur général, avec qui je n’ai même pas échangé des salutations, qui a juste annoté le document qu’on lui a envoyé pour me mettre à la disposition d’un certain Conté qui est commandant de son état, qui a aussi annoté et c’est ainsi qu’on m’a conduit à la garde à vue.

Je n’ai pas été entendu, c’est à 20 heures que j’ai commencé à appeler les confrères notamment le président de la chambre, pour lui expliquer dans quel état je me suis retrouvé à la DPJ. Donc, j’ai passé une première nui là-bas sans que je ne sois entendu, malgré toutes les promesses qui avaient été données par monsieur le procureur général et qui, finalement, ne prenait pas mes appels, ni celui des confrères. Et vers la fin, il disait non ils vont te libérer tout de suite. Finalement, j’y ai passé six (6) jours.

C’est le vendredi, très malheureusement, que j’ai pu être auditionné par un OPJ à la DPJ là-bas. Après la déclaration, mes avocats ont demandé à ce qu’on me mette à leur disposition. Très malheureusement, ça a été refusé. Les avocats se sont déplacés, ils sont encore allés rencontrer monsieur le procureur général qui n’a trouvé mieux que de demander aux avocats de l’excuser et qu’il sait que je ne dois pas y être tout ce temps mais que ce sont des instructions de monsieur le ministre de la justice.

Qu’il va falloir s’adresser à monsieur le ministre de la justice et que les avocats n’ont qu’à patienter il va leur revenir dans une heure pour qu’on puisse obtenir ma liberté. Mais très malheureusement, on est resté dans ça, rien n’en a été, personne n’a décidé. Et pendant ce temps, moi je suis en prison. C’est en prison que j’ai commencé le premier jour du Ramadan. C’est hier par extraordinaire, qu’on m’a appelé et c’est eux-mêmes (les magistrats) qui ont dit de me mettre à la disposition de mes avocats et qu’ils reviendront quand ils auront besoin de moi.

Guineematin.com : concrètement, qu’est-ce qui vous oppose à ces hauts commis de l’Etat ?

Me Lansana Soumah : sincèrement, je ne me reproche de rien. Pour la petite histoire, c’est un immeuble R+2 qui appartenait à la famille d’Elhadj Lamine Sagnane qui était à Matam. Le vieux, de son vivant, a donné le bâtiment R+2 suivant un contrat de bail régulièrement signé entre lui et le service national de règlementation des ONG qui a continué à payer le loyer. Mais à un moment donné, ils ont refusé de payer, les arriérés de loyer s’accumulant, le vieux a décidé de les envoyer devant le tribunal pour obtenir le payement des arriérés de loyer et leur expulsion.

C’est au cours de ces audiences au tribunal de Mafanco que le service national, par extraordinaire, a sorti un contrat de vente. Alors, les avocats d’Elhadj Sagnane à l’époque ont attaqué ce contrat de vente pour faux et usage de faux. C’est ce qui a abouti à la reconnaissance effective de la propriété à la famille Sagnane en Appel. Donc, il y a un arrêt de la Cour d’Appel qui a confirmé cette décision.

En 2009, Mathos étant l’agent judiciaire de l’Etat, a adressé une lettre à monsieur le ministre de l’Administration du Territoire, afin de faire libérer l’immeuble de ses services et de payer les arriérés de loyer qui s’élevaient à l’époque à plus de 720 millions de francs guinéens. Très malheureusement, jusqu’à présent, cette décision n’arrive pas à être appliquée. Donc le ministère de l’Administration n’a rien fait, il n’a ni payé le loyer, ni libéré les lieux. Moi, en 2018, j’ai hérité du dossier, les familles m’ont remis le dossier, j’ai encore repris les actes de procédures.

Le ministère de l’Administration est informé, le service national est informé. J’ai d’ailleurs mis en contact à nouveau les héritiers et le service national pour régler le problème à l’amiable afin que la famille, à défaut d’avoir les arriérés de loyer, puisse quand-même avoir l’immeuble. Puisqu’ils sont très nombreux parce que leur père a mené le combat de son vivant jusqu’à sa mort mais il n’a pas obtenu satisfaction. Ce sont ses enfants qui sont là aujourd’hui, en train de réclamer la propriété que leur père leur a légué.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Haute Guinée : la mine d’or de Kankan Coura ne fait plus recette, au grand dam des jeunes

8 mai 2019 à 22 10 47 05475

La mine d’or, découverte pour la première fois à Kankan au mois de septembre 2018, au quartier Kankan-Coura, dans la commune urbaine, avait suscité un grand engouement chez les jeunes. Mais aujourd’hui, cet engouement n’est plus de mise et la mine ne fait plus recette. C’est désormais le désespoir qui se lie sur les visages des rares citoyens qui s’y aventurent, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La découverte de cette mine d’or à Kankan Coura avait plongé la région dans un processus nouveau, attirant les jeunes de toutes les préfectures de la région. Aujourd’hui, le constat révèle que la zone a été désertée suite à sa fermeture. On n’y rencontre qu’une vingtaine de jeunes à la recherche désespérée de l’objet précieux.

La révélation de l’existence de l’or sur les lieux par les médias avait conduit à sa fermeture par les autorités. A Kankan Coura, les tombolomans (gendarmes de la mine) gardent en travers de la gorge ce « mauvais rôle » joué par les médias. « Nous, on ne veut pas la collaboration des medias dans cette mine. Tout Kankan le sait, tout ce qu’on est en train d’endurer ici aujourd’hui, c’est grâce aux hommes de medias. Ils nous sont diffamés. Donc, nous ne voulons pas voir les journalistes ici », a dit un d’entre eux.

Un autre renchéri en disant avoir beaucoup perdu suite à l’implication des médias et la fermeture de la mine pour quelques semaines. « Cela a été une grande crise pour les mineurs, parce que la mine a été fermée. Quand on la fermait, moi j’étais en train de gagner beaucoup d’or. Si les gens n’avaient pas peur de moi en ce moment, ils allaient venir creuser pour se faire beaucoup d’or ».

Notre reporter parviendra, non sans peine, à les convaincre du bien fondé de sa présence. « Actuellement, nous sommes là, seulement parce qu’on ne peut pas rester dans les cafés. Au début, ici était rempli de monde. Quand tu venais ici pour retrouver quelqu’un, c’était difficile. Même si tu l’appelais, il ne pouvait pas savoir que son téléphone sonne. Beaucoup de pauvres citoyens gagnaient leur quotidien ici. Les femmes ont abandonné leur commerce dans les marchés à l’époque pour venir vendre de quoi manger et elles gagnaient beaucoup d’argent en fin de journée. La manière dont vous êtes venus comme ça, si c’était à l’époque, on pouvait vous donner du gravier, peut-être que ça pourrait vous rapporter de l’argent », a laissé entendre un autre Tömböloma, sous anonymat.

Au niveau de la mine proprement dite, le constat est saisissant. Lounceny Doumbouya et deux de ses coéquipiers sont en action. Une personne se trouve dans un puits, elle remplie un seau de gravier, que Lounceny tire et vide avec un autre. « Nous sommes des jeunes, nous ne pouvons pas rester à la maison, tout ceux qui sont là ont du métier. Moi, je suis apprenti-chauffeur sur la nationale Conakry-Bamako, mais si tu vois que j’ai quitté là-bas pour venir ici, c’est parce que souvent notre voiture tombait en panne. Donc, si on venait expliquer cela à notre patron, il racontait beaucoup de choses sur nous. Mais ici, si je gagne, Dieu merci ; si je ne gagne pas aussi, Dieu merci, on ne dérange personne. Au début on gagnait beaucoup d’argent par jour, mais actuellement on se débrouille seulement », a dit Lounceny Doumbouya.

A quelques pas de là, Mamady Kourouma, originaire de Mandiana, est entrain de creuser un puits. Selon lui, il gagne 20.000 fg par jour en restant dans la mine, mais s’apprête à quitter les lieux. « Il n’y a plus d’or ici. Moi, je suis là seulement parce que je n’ai pas beaucoup de choses à faire. Venir ici vaut mieux que de s’asseoir de croiser les bras. Je gagne au moins 20.000 fg par jour en venant ici. Sous peu de temps, nous allons tous disparaître ici, parce que le propriétaire des lieux aura besoin de ses terres pour planter de l’anacarde. Avant la découverte de cette mine, moi j’étais à Mandiana. J’ai été appelé pour venir. Quand je quitterais ici, je retournerais à Mandiana », a-t-il fait savoir.

Selon les Tomboloma, des gens de mauvaise foi auraient ensorcelé la mine d’or pour ne pas qu’elle produise l’objet précieux, en y enterrant des objets maléfiques. Ce qui est sûr, c’est que cette mine d’or n’attire plus les jeunes comme à sa découverte. Le petit nombre que l’on rencontre sur les lieux promet de quitter dès le début de la saison pluvieuse.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Gaoual soutient Damaro face aux magistrats : « j’aurais voté CONTRE la levée de son immunité »

8 mai 2019 à 18 06 49 05495
Honorable Amadou Damaro Camara

A l’occasion d’une assemblée générale tenue le 12 avril dernier, l’Association des Magistrats de Guinée avait demandé la levée de l’immunité parlementaire du chef de la majorité parlementaire. Il était reproché à Amadou Damaro Camara d’avoir tenus des propos désobligeants à leur endroit. Mais, le bureau de l’assemblée nationale a refusé de lever l’immunité de Damaro. Une position défendue par Ousmane Gaoual Diallo, député élu sous la bannière de l’UFDG.

A l’occasion de la plénière de l’opposition républicaine, organisée ce mercredi, 8 mai 2019, Ousmane Gaoual a apporté son soutien à Damaro. Selon lui, si on le sollicitait, il aurait voté contre la levée de l’immunité parlementaire son collègue, même s’ils sont opposés à tout moment.

Ousmane Gaoual Diallo

« Il faut faire la différence sur deux choses. L’Assemblée Nationale, quand elle est saisie, le courrier arrive au niveau du bureau du parlement qui doit juger de l’opportunité de poursuivre la procédure, donc d’informer les députés et puis de solliciter maintenant le vote des députés. C’est ce qui n’a pas été le cas dans ce problème de Damaro. Ça veut dire que ce ne sont pas les députés en tant que tel qui se sont prononcés pour dire qu’ils votent ou qu’ils ne votent pas la levée de l’immunité parlementaire de l’honorable Damaro.

Ce qui s’est passé, c’est le bureau du parlement. Comme vous le savez, il y a 3 représentants de l’UFDG et 2 de représentants l’UFR qui sont dans une équipe de 20 personnes. La décision se prend par la majorité. Mais néanmoins, c’est à l’unanimité que les députés du bureau de l’assemblée ont décidé à ce qu’il n’y ait pas matière à continuer à l’état la poursuite de l’examen de la levée de l’immunité parlementaire du député Damaro. Voila ce qui a été fait.

Donc nous, même si on était solliciter pour donner notre avis, à titre personnel, moi j’aurais voté contre la levée de son l’immunité parlementaire. Simplement ce n’est pas parce que je suis d’accord avec Damaro, loin de là. C’est quelqu’un qui a des idées extrémistes, que je combats régulièrement dans les médias. Mais, je considère que le député doit se sentir en sécurité dans quelques situations que ce soit, dans un pays qui est très enclin aux dérives dictatoriales. Donc, il faut protéger le député qui reste la seule institution, qui peut garder une certaine liberté de parole dans notre pays. Je sais ici, quand j’ai été incriminé, je n’ai pas bénéficié de cette attention des magistrats. Eux-mêmes, ils n’ont pas eu besoin de solliciter, ils se sont perdus dans des forfaitures, dans des mensonges en disant c’est du flagrant délit, en inventant un flagrant délit…

La seconde fois, c’était la diffamation de Hady Barry, de Bantama Sow. Même à ce niveau là, c’était des diffamations par voie de presse. Je n’avais pas bénéficié de cette attention des magistrats pour solliciter la levée de mon immunité parlementaire. Mais, nous voulons que tout ça cesse dans ce pays. Aussi, l’usage de ce qu’ont été les déclarations de Damaro nous révèlent quand même une forme de fonctionnement de notre justice, parce qu’il dit, je t’ai corrompu. Il dit je suis allé dans ton bureau pour te dire ce que le Président de la République m’a dit de te demander de libérer un tel, le monsieur a obtempéré, il n’a pas obtempéré. Mais, ça montre un peu comment fonctionne la justice d’Alpha Condé », a dit l’élu de Gaoual.

Propos recueillis par Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel : 622 91 92 25 / 666 91 92 25

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Appels à un 3ème mandat : le maire de Télimélé annonce une plainte contre celui de Kindia

8 mai 2019 à 17 05 51 05515
Younoussa Goulgoul Diallo, maire de la commune urbaine de Télimélé

Le maire de la commune urbaine de Télimélé, Younoussa Goulgoul Diallo, vient de répondre à son homologue de Kindia, Mamadouba Bangoura. Ce dernier qui a appelé à une révision de l’actuelle Constitution, a dit avoir parlé au nom des maires de la Basse Guinée. Le maire de Télimélé qui fait partie des élus locaux de cette région se désolidarise de cette déclaration et recadre son auteur, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans cette préfecture.

Après celle de l’UDG, son parti politique, Mamadouba Bangoura, le maire de la ville de Kindia, s’attire maintenant la colère des maires de la Basse Guinée. En effet, lorsqu’il a été interpellé par la direction de son parti sur sa déclaration faite samedi dernier devant le président de la République en faveur d’une modification de l’actuelle Constitution, l’élu de Kindia a fait savoir qu’il n’a pas parlé au nom de sa formation politique, mais plutôt au nom des maires de la région. Ce qui ne laisse pas les intéressés indifférents.

C’est le cas du maire de Télimélé qui dément et dénonce Mamadouba Bangoura. « Ce que le maire de Kindia a dit n’engage que lui seul. Je dénonce sa façon de faire et je l’attaque au niveau des médias. Quand on parle au nom du peuple, la moindre des choses à faire, c’est de consulter. Ni de près ni de loin, moi, maire de la commune urbaine de Télimélé, appartenant aux maires de la Basse Côte, je n’ai été associé à la prise d’une décision par rapport à la révision de cette constitution.

Il (le maire de Kindia, ndlr) n’a pas le statut de parler au nom des maires de la région de Kindia. Il y a eu l’élection des maires des communes de Guinée, je suis membre du bureau exécutif. Si on doit parler au nom des maires de la Basse Côte, j’ai été choisi comme point focal des maires de la région, c’est moi qui incarne le statut de parler au nom des maires de la région de Kindia.J’attire donc l’attention de monsieur Bangoura sur le fait qu’un élu doit choisir ce qu’il doit dire, quand est-ce qu’il doit le dire et pourquoi il doit le dire, parce qu’il représente la population qui l’a élu », a réagi Younoussa Goulgoul Diallo.

Choqué par cette sortie de Mamadouba Bangoura, l’élu de Télimélé annonce qu’il va poursuivre son homologue de Kindia en justice. « Je devais porter plainte contre lui, parce qu’il n’a pas le droit de parler au nom de tous les maires de la région. Il n’est rien, il n’est qu’un simple maire. Au moins s’il avait appelé les maires par téléphone pour dire voilà ce qu’il propose, nous on allait lui répondre directement. Mais il n’a associé personne ni de près ni de loin. Je lance un appel aux maires de Guinée : choisissons ce que nous devons faire, nous ne sommes pas nommés par un décret, nous sommes représentants des populations », a dit l’élu local.

Au sujet de la modification constitutionnelle prônée par le pouvoir, le maire de Télimélé dit ne pas comprendre les raisons de ce projet. « Pourquoi modifier la Constitution ? Quel est l’objectif visé ? Quelle est la nécessité de modifier cette Constitution ? Le président Alpha Condé est là depuis dix (10) ans, s’il fallait modifier cette Constitution, il fallait le faire très tôt pour lui permettre alors de développer ce pays. Moi, je ne suis pas favorable à la modification de la Constitution après neuf (9) ans de mandature », souligne Younoussa Goulgoul Diallo, élu sous les couleurs de l’UFDG.

De Télimélé, Ousmane Dieng pour Guineematin.com

Tél. : 622525250

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Démolition en vue : les habitants de Dar-Es-Salam 1 dans la psychose

8 mai 2019 à 17 05 42 05425
Adjudant-chef Sény 1 Sylla, militaire à la retraite est un des habitants de Dar-Es-Salam

Les populations de Dar-Es-Salam 1, dans la commune de Ratoma, vivent depuis quelques jours dans l’angoisse. Le délai qui leur est donné par le gouvernement pour évacuer les lieux est arrivé à échéance. Dans la matinée de ce mercredi, 8 mai 2019, les habitants des lieux, théâtre d’un éboulement meurtrier en 2017, étaient sur le qui-vive et s’attendaient à voir les bulldozers entrer en action, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La zone de Dar-Es-Salam 1, autrement appelée décharge de la minière, est dans l’œil du cyclone. Le délai donné aux occupants pour évacuer les lieux est arrivé à échéance. Selon nos informations, les bulldozers du ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire sont incessamment attendus sur les lieux pour la démolition des bâtiments.

Les citoyens, désemparés, ont exprimé leur colère ce mercredi matin devant le sort qui leur a été réservé par le gouvernement. C’est le cas de l’adjudant-chef Sény 1 Sylla, militaire à la retraite et malade, qui dit avoir fait la guerre du Libéria et de la Sierra Léone dans les années 1990. « Nous avons fait ici plus de 40 ans. C’est maintenant que l’Etat vient vers nous pour nous demander de quitter nos maisons, abandonner nos parcelles, que c’est une zone réservée. Mais, nous y resterons tant que nous respirons. Celui qui va tenter de nous enlever d’ici va marcher sur nos corps », a martelé l’ancien soldat.

Par ailleurs, l’adjudant-chef Sény 1 Sylla, dit avoir investi toues ses économies pour construire sa maison. C’est pourquoi, il compte se battre corps et âme pour sauver sa concession. En outre, notre interlocuteur demande à l’Etat de revoir la situation des habitants de Dar-Es-Salam 1 en les laissant vivre paisiblement dans leurs maisons.

Même son cloche chez M’Mah Doumbouya, entourée de ses voisins. En langue Sosso, elle a réaffirmé la détermination des populations à défendre leurs habitations. « Nous avons vraiment peur pour nos enfants, car nous n’avons pas où aller. Mais, nous comptons nous mobiliser pour affronter ceux qui veulent nous mettre au dehors en cette période des grandes pluies », a-t-elle indiqué.

Pour le porte-parole des habitants de la décharge de Dar-es-Salam 1, Issiagha Bangoura, ce que s’apprête à faire le gouvernement aura des conséquences graves. « Ils veulent nous déguerpir alors que nous sommes au mois de mai, période des grandes pluies. Ensuite, nos enfants n’ont pas fini de faire les évaluations de fin d’année. En plus, nous sommes au mois de Ramadan. Comme ils ont l’armée, la police et la gendarmerie, ils viendront nous enlever d’ici par la force. Mais, nous ne sommes pas dédommagés. On a donné tous les papiers qui justifient que nous ne sommes pas concernés par cette opération de déguerpissement et nous faisons partie de la population guinéenne. Nous sommes là, nous n’avons pas où aller. Donc, on n’ira nulle part », a-t-il lancé.

Pour finir, Issiagha Bangoura invite le gouvernement à dépêcher des émissaires pour engager un dialogue avec eux afin de trouver une solution à la crise.

Selon nos informations, l’opération de démolition pourrait avoir lieu demain jeudi, alors que les habitants ne savent plus où donner la tête.

Amadou Oury Touré pour Guineematin.com

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Me Sory Daouda Camara à Guineematin : « la grève est maintenue ! Sauf si… » (entretien)

8 mai 2019 à 17 05 00 05005
Me Sory Daouda Camara, président de la chambre nationale des huissiers de justice de Guinée

En dépit de la libération de leur collègue, Me Lansana Soumah, les huissiers de justice Guinée de décolèrent pas. Ils maintiennent toujours leur menace d’aller en grève à partir du lundi, 13 mai 2019 si toutes leurs revendications ne sont pas satisfaites. L’annonce a été faite par Me Sory Daouda Camara, le président de la chambre nationale des huissiers de justice de Guinée, à l’occasion d’une interview qu’il a accordée à Guineematin.com ce mercredi, 08 mai 2019.

Décryptage !

Guineemation.com : comme on le sait, votre collègue, Me Lansana Soumah, a été libéré hier, après une semaine environ de détention à la DPJ (Direction de la Police Judiciaire). Comment avez-vous accueilli cette libération ?

Me Sory Daouda Camara : c’est un début de satisfaction. On n’est pas entièrement satisfait parce que le confrère, c’est un père de famille, il a passé 6 jours en toute illégalité loin de sa famille, privé de sa liberté et dans une injustice qui ne dit pas son nom. Parce que c’est vrai, les lois sont faites pour être appliquées aux hommes, mais faut-il détenir quelqu’un quand c’est légal. L’huissier de justice, c’est un officier ministériel, un officier public chargé de faire exécuter les décisions de justice. Lorsqu’il est privé de façon injuste de sa liberté, le voir éloigné de sa famille, le jour où il est libéré, nous ne pouvons pas nous en réjouir.

Ce n’est pas une joie, c’est un début de satisfaction parce que nous sommes dans un combat. Et ce combat, il n’est pas encore gagné. C’est comme quand on vous dit que c’est une bataille qui est gagnée, pas la guerre. Parce qu’à la suite de son arrestation, nous avons présenté un mémo avec un préavis de grève hier même au cabinet de monsieur le Garde des Sceaux. C’est à la suite du dépôt de ce mémorandum que nous avons obtenu sa libération. Donc, dans le préavis de grève qui a été déposé, il y a un certain nombre de points autour desquels nous allons en grève à partir de lundi. Donc, la libération de Me Lansana Soumah n’est pas une condition pour suspendre le mouvement.

Guineematin.com : en clair, malgré la libération de votre collègue, vous maintenez votre menace d’aller en grève ?

Me Sory Daouda Camara : la grève est maintenue. Sauf si d’ici lundi, nous obtenons l’entière satisfaction des points contenus dans notre préavis de grève. Ces points sont entre autres : la signature de notre statut. C’est un projet de décret qui se trouve sur la table de monsieur le président de la République, ledit projet a été discuté et adopté en conseil des ministres, et le document retourné au ministère de la Justice pour les dernières retouches, ces retouches ont été faites, et le projet est sur la table de monsieur le président de la République depuis quelques mois, nous attendons sa signature. Et l’absence de ce statut, nous expose à toute forme d’injustice comme ce que vient de subir notre confrère. S’il y avait le statut, je crois que cela n’aurait pas été.

Guineematin.com : vous pensez qu’il est propre dans cette affaire et que sa détention était illégale ?

Me Sory Daouda Camara : c’est illégale ! Qu’est-ce qu’on lui reproche ? Parce que simplement il était en train d’exécuter une décision de justice. Et cette décision, l’exécution n’a pas eu lieu parce que simplement la décision visait l’Etat, c’est un service déconcentré du ministère de l’Administration du Territoire et contre ce service, l’huissier ne pouvait pas utiliser la force publique parce qu’il s’agissait de l’Etat. Il remontait régulièrement les informations à ses clients pour dire nous avons en face l’Etat, là c’est la puissance publique, nous ne pouvons pas utiliser la force contre l’Etat.

On ne peut pas se servir de la gendarmerie, se servir de la police pour déloger l’Etat. Donc, soyez prudents, il faudrait qu’on agisse avec tact, il faudrait qu’on caresse, on ne peut pas utiliser la force. C’est ce qu’il disait toujours à ses clients. C’est une grande famille qui a fini par se fatiguer, et dans cette lassitude, elle a pris la décision de se rendre sur les lieux et de procéder elle-même à l’expulsion des occupants. C’est ainsi que cette famille, composée de filles et de garçons, s’est déplacée pour aller déloger les occupants. Ils ont mis les effets dehors. Voilà ce qui s’est passé.

Qu’est-ce qu’avait à avoir l’huissier de justice ? Parce que simplement il avait posé des actes auparavant dans ladite procédure. Ce n’est pas lui qui a délogé les gens et même si c’était le cas, est-ce que c’est criminel ? C’est un huissier, c’est sa mission, on doit plutôt le féliciter. Chaque fois qu’un huissier parvient à exécuter une décision de justice qui est faite au nom du peuple de Guinée, il mérite plutôt félicitations. Mais, s’il n’est pas récompensé, qu’on ne l’inquiète pas. Donc est-ce normal qu’on l’interpelle plutôt que de l’entendre simplement et de le laisser rentrer, on le garde pendant six (6) jours à la police judicaire ?

Guineematin.com : c’est la fin de cet entretien. Avez-vous un dernier mot ?

Me Sory Daouda Camara : notre dernier mot, c’est que c’est avec peine que nous entamons cette grève. Parce que cette grève va entrainer la paralysie de toute la justice guinéenne. Et cela, n’est pas dans l’intérêt de nos concitoyens qui ont besoin des services de la justice guinéenne. Mais par-dessus tout, il y a l’Etat. Les pouvoirs publics ont pour mission de protéger les populations. Personne n’est mieux placé que l’Etat en ce qui concerne la protection des droits des citoyens.

Donc c’est à l’Etat même de penser à ce peuple et de sa voir que quand l’huissier va en grève ou si tous les huissiers vont en grève, cela aura des impacts sur le fonctionnement de la justice, et si la justice est impactée qui va ressentir, ce sont les justiciables. Donc, c’est à contrecœur que nous ferons subir nos concitoyens les effets de cette grève. Ce n’était pas notre vouloir mais à l’impossible nul n’est tenu obligé.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Condamnation des opposants à un 3ème mandat : la réaction du FNDC

8 mai 2019 à 16 04 46 05465

Communiqué : Le samedi 04 mai 2019, des militants de la démocratie ont été injustement arrêtés, violentés et brutalisés lors de la marche pacifique contre le troisième mandat dans la ville de Kindia à l’initiative du Front National pour la Défense de la constitution.

Hier mardi 07 mai 2019, la coordination du FNDC a été surprise de la condamnation de sept (7) de ses membres par le tribunal de première instance de Kindia. Une parodie de justice de trop.

La coordination du FNDC regrette le manque de courage des magistrats à dire le droit pour faire valoir l’indépendance de la justice guinéenne et mériter ainsi la confiance des citoyens.

La coordination du FNDC rassure les militants de la démocratie que ses avocats ont interjeté appel de la décision du tribunal première instance de Kindia auprès de la cour d’appel de Conakry.

La coordination du FNDC informe les citoyens qu’elle n’a pas encore de nouvelle de Mamady Kaback BANGOURA depuis son arrestation le samedi 04 mai 2019. Elle déplore le silence des juges du tribunal de première instance de kindia qui auraient dû se précipiter d’ouvrir une information judiciaire sur cette disparition que pour condamner des innocents.

La coordination du FNDC demande au peuple de Guinée à rester mobilisé pour exiger la libération des militants de la démocratie.

Pour la coordination Nationale

Ibrahima DIALLO

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Conakry : changement de style vestimentaire pour cause de Ramadan

8 mai 2019 à 16 04 40 05405

La communauté musulmane de Guinée a entamé le jeûne du mois saint de Ramadan le lundi dernier, 06 mai 2019. Un mois de pénitence, de privation d’aliments et d’autres plaisirs. En plus de ce comportement, les fidèles musulmans doivent s’habiller d’une manière décente. Au lendemain du début de ce mois, l’on remarque un changement du style vestimentaire dans certaines rues de Conakry, notamment chez la gent féminine.

Les mouchoirs, les pagnes, les voiles et autres hidjab ont remplacé les habits jugés incommodes. De nombreuses femmes et filles se sont « reconverties » à l’occasion de la venue du mois de Ramadan.

Beaucoup de citoyens, interrogés par un reporter de Guineematin.com ce mardi 7 mai 2019, apprécient l’attitude mais regrettent le fait qu’elle soit circonstancielle.

Aïssatou Diallo

Assiatou Diallo, rencontrée au quartier Démoudoula, dans la commune de Ratoma, a dit tout le bien qu’elle pense de ce comportement et demande aux jeunes filles de continuer dans ce sens. « Je vois que beaucoup de filles et de femmes s’habillent correctement, soit en tenue traditionnelle ou bien en voile. En ce mois de ramadan, je demande à tout le monde de bien s’habiller, surtout nous les femmes, parce que quand on s’habille en pantalon ou en jupe, ce n’est pas bon. C’est des péchés ».

Rose Delphine Haba

Même son de cloche chez Rose Delphine Haba, étudiante en 3ème année Economie. « J’avoue que c’est agréable de voir les femmes et les filles s’habiller en robe, en pagne. Il faut être responsable mais pas de porter des pantalons, des collants ou des jupes mini avec quoi on peut voir les fesses dehors. Depuis le début de ce mois, je vois beaucoup de femmes et des filles bien habillées. Je les encourage à continuer comme ça. Si non, c’est regrettable de constater que cela ne soit que pour le mois de Ramadan. Et en ce mois de Ramadan, ce n’est pas que les musulmans, mais les chrétiens et les païens doivent aussi respecter les principes. Avant le mois de ramadan, les jeunes s’habillaient n’importe comment. Mais maintenant, quand tu vois les gens tu diras que oui, c’est le mois de Ramadan. Les garçons sont en boubou ou en caftan, les filles aussi sont correctement habillées, la plupart d’entre elles sont voilées. Je leur demande de continuer dans ce sens », témoignage la jeune chrétienne.

De son côté, Fatoumata Binta Bah indique le mauvais habillement peut entraîner de mauvaises conséquences pour les hommes et les femmes. « Les femmes ont changé positivement de mode vestimentaire en ce mois de Ramadan. C’est important de s’habiller correctement, parce que c’est un mois qu’on doit vraiment respecter. Donc, le changement de style est primordial. Il faut que les gens s’habillent décemment pour respecter ce mois béni. L’habillement indécent peut entraîner de mauvaises conséquences. Ça peut amener par exemple, pour un homme, quand il voit une femme habillée indécemment, à penser autrement et cela peut conduire à la coupure involontaire du jeûne ».

Oustaz Alhassane Sow

Parlant des conséquences de l’habillement indécent, Oustaze Alhassane Sow, guide religieux et vendeur de livres coraniques à Koloma, invite les fidèles à couvrir leur corps aussi bien pendant le Ramadan qu’après. « Quand on jeûne, il faut préserver le jeûne. Plusieurs facteurs peuvent impacter le jeûne. C’est notamment le mauvais style vestimentaire. L’homme par exemple, ses parties intimes se situent entre le nombril et les genoux. Même s’il porte un caftan, si le caftan se déchire au niveau de ces parties, c’est là où il va arranger. Maintenant, le reste du corps, tout ce que tu mettras dessus va suffire. Par contre, chez la femme, c’est tout le corps qui est intime, y compris la figure et les paumes, selon certains maîtres coraniques. Pour d’autres, tout le corps, excepté la figure et les paumes. Mais, ces deux groupes de maîtres coraniques se rapprochent, parce que la différence c’est la figure et les paumes. En ce qui concerne les femmes qui se parent et sortent se montrer aux hommes, et les jeunes qui descendent leurs pantalons pour montrer leurs caleçons aux femmes ou aux filles, je les invite à éviter ça, parce que ça va gâter leur jeûne. Voir une seule fois quelqu’un dont les parties intimes sont exposées est pardonnable, mais regarder plus d’une fois, c’est du péché… S’agissant des femmes, qu’elles soient exposées ou non, si on les regarde plus d’une fois, ça gâtera ton jeûne. C’est une seule fois qui est pardonnée », a fait savoir Oustaze Alhassane Sow.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél: 622919225 / 666919225

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Ramadan : les prix de plusieurs produits revus à la hausse à Conakry

8 mai 2019 à 16 04 15 05155

Les prix de plusieurs denrées alimentaires ont connu une certaine hausse dans les marchés de la capitale guinéenne en ce début du mois de Ramadan. C’est le cas du marché de Taouyah, où s’est rendu un reporter de Guineematin.com ce mardi, 07 mai 2019.

Dans ce centre de négoce de la commune de Ratoma, vendeurs et consommateurs se plaignent. Selon des citoyens rencontrés et qui ont accepté de répondre à nos questions, le sac de riz CIAM qui était vendu à 170 000 GNF se négocie désormais à 180 000 GNF, le sac de 50 kg de riz communément appelé Bengladesh qui coûtait 270 000 GNF est actuellement vendu à 280 000 GNF, soit une hausse de 10 000 GNF. Quant au sac de sucre de 50 kg, il se négocie aujourd’hui à 310 000 GNF au lieu de 300 000 GNF. Le kilo de maïs aussi passe de 7000 GNF à 8000 GNF.

Mais, les hausses les plus importantes sont constatées au niveau de l’huile d’arachide et de l’oignon. Le bidon d’huile d’arachide de 20 litres connaît une hausse de 30 000 GNF, passant de 180 000 à 210 000 GNF. Le sac d’oignon est vendu de nos jours à 290 000 GNF alors qu’il coûtait 150 000 GNF il y a seulement quelques jours, soit une hausse de près de 100%.

Selon des commerçants interrogés par un reporter de Guineematin.com, cette hausse des prix s’explique par les difficultés liées au dédouanement auxquels sont confrontés les opérateurs économiques au port de Conakry et au payement des taxes. Mais, cette situation n’est pas une première à Conakry. Chaque année, les denrées de première nécessite connaissent une augmentation de leur prix à l’occasion du mois de Ramadan.

Pourtant, à quelques jours de ce mois de jeûne et de pénitence pour les fidèles musulmans du monde, le Groupe Organisé des Hommes d’Affaires (GOHA) avait publié un communiqué appelant les commerçants à ne pas augmenter les prix de leurs produits pendant le Ramadan. Mais, cet appel ne semble pas être tombé dans de bonnes oreilles.

Amadou Oury Touré pour Guineematin.com

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Révision du fichier électoral : l’opposition accuse le gouvernement, le RPG et la CENI

8 mai 2019 à 16 04 08 05085

Alors que la CENI vient de sortir d’une retraite à Kindia avec un chronogramme qui prévoit la tenue des élections législatives dans la période de novembre-décembre prochain, l’opposition républicaine n’est pas du tout satisfaite de la façon dont l’institution est en train de conduire le processus électoral.

Le groupe amené par Cellou Dalein Diallo accuse la commission électorale de ne pas vouloir assainir le fichier électoral avant d’aller à ces élections. Les opposants ont dénoncé cette situation au sortir d’une plénière qui les a réunis ce mercredi, 08 mai 2019 au QG de l’UFDG, à Hamdallaye, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Cette rencontre de l’opposition républicaine a porté uniquement sur la révision du fichier électoral. Cellou Dalein Diallo et ses pairs de l’opposition républicaine disent avoir constaté que la CENI, sous la pression du gouvernement et du RPG Arc-en-ciel, ne veut pas procéder à cette révision qui est une recommandation des experts ayant audité le fichier.

« Nos représentants à la retraite nous ont fait le compte rendu de ce qui s’est passé. Nous avons noté que la volonté du parti présidentiel et d’Alpha Condé est en train d’être suivie par la CENI qui traine les pas et qui hésite à appliquer les pertinentes recommandations de la mission d’audit du fichier électoral.

Il y a eu beaucoup de préalables mais aucune décision n’a été prise, en raison de l’attachement de la CENI à cette position de la mouvance qui ne veut pas que ce fichier soit assaini. Je vous rappelle que le but de l’audit du fichier, le but de l’exercice, c’était d’évaluer le fichier, identifier les faiblesses, les anomalies et les irrégularités qu’il contient et de proposer des solutions de correction. Les experts ont fait de manière professionnelle leur travail, malgré les pressions qu’ils ont subies de temps en temps lors de l’exécution de leur mission. Ils ont audité le fichier et ont noté qu’il comportait, comme je vous l’ai dit, beaucoup d’irrégularités.

Plus de 3 millions d’électeurs n’ont pas été dédoublonnés, plus de 1 500 000 n’ont pas d’empreintes digitales. Ils ont recommandé une solution simple : à l’occasion de la prochaine révision, que tous les électeurs se présentent, pour qu’on s’assure qu’ils ne sont pas des fictifs et qu’ils ne sont pas en doublon ; que ceux qui n’étaient pas enregistrés correctement le fassent à l’occasion de cette révision. Ceux qui ne viennent vont être radiés

Mais toujours, ils ont le droit de revenir avec leurs pièces pour se faire enregistrer à la prochaine révision et au cours de la même révision. Ils ne perdent pas leur droit de participer aux élections. Mais puisqu’on est convaincu qu’il y a des fictifs et des doublons, pour corriger ça, il est bon que chacun dise je suis citoyen, j’existe, voici mes données. Je les compète et je suis dans le fichier biométrique.

Donc les débats, on n’a pas tranché. Parce que la CENI, sous la pression du gouvernement et le parti présidentiel, ne veut pas elle non plus appliquer visiblement les recommandations des auditeurs. Or, l’accord politique du 02 octobre 2016 stipulait bien que les résultats de l’audit s’imposent à la CENI. On avait pas à engager ça dans une retraite, on n’avait pas à engager ces recommandations au comité de suivi, on n’avait pas à engager à un comité interpartis. Les engagements ont été pris, il fallait faire l’audit et appliquer les recommandations qui en seraient issues », a déclaré Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG.

Face à cette situation, « l’opposition républicaine interpelle la CENI sur sa responsabilité de faire appliquer les recommandations des auditeurs. D’autant plus que les partis qui étaient à Kindia, sauf le RPG naturellement, ont exigé que ces recommandations soient appliquées intégralement sans aucune modification. Donc l’opposition républicaine confirme sa position et exige l’application intégrale de ces recommandations ».

Par ailleurs, les opposants ont évoqué, au cours de cette rencontre, la lutte contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé. Ils réitèrent leur détermination à participer activement à toutes les actions qui seront engagées par le Front National pour la Défense de la Constitution, afin d’empêcher l’aboutissement du projet de troisième mandat entrepris par le pouvoir. Dans ce même cadre, l’opposition républicaine déplore les arrestations d’opposants à un troisième mandat enregistrées depuis quelques jours à travers le pays.

« Nous déplorons l’attitude des autorités, parce qu’à chaque fois que ceux qui veulent exprimer leur position par rapport à ce projet d’Alpha Condé sortent pour manifester, ils sont arrêtés, maltraités, jugés et condamnés comme c’était le cas à Kindia. Ceux qui sont les promoteurs de 3ème mandat ont toute la liberté d’organiser des meetings, de faire des marches, de faire des pancartes, des banderoles, personne n’est interpelée. Dès que l’opposition ou le Front National pour la Défense de la Constitution s’expriment, eh bien nos militants, nos sympathisants sont arrêtés, jugés et condamnés. C’est extrêmement grave.

La liberté d’expression, elle ne frappe pas ceux qui veulent soutenir ce coup d’Etat constitutionnel, on devait les arrêter et les mettre en prison parce que notre constitution est claire : on ne peut demander quand-même la violation de la constitution au nom de la liberté d’expression, mais ils le font. Nous on s’exprime, on arrête les gens, on les bastonne, on les emprisonne. C’est ça Alpha Condé hélas ! La loi n’est appliquée que lorsqu’elle arrange ses intérêts », regrette le chef de file de l’opposition guinéenne.

Cellou Dalein Diallo et ses amis annoncent tout de même qu’ils vont, malgré tout, poursuivre le combat pour empêcher le président Alpha Condé de s’accrocher au pouvoir au-delà de ses deux mandats légaux. Les opposants réitèrent aussi leur détermination à mettre en place les conseils des quartiers et les conseils régionaux dans les localités où ils ont remporté les dernières élections locales.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 622919225 / 666919225

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Yataya-T6 : des malfrats déterrent les lampadaires pour voler les batteries

8 mai 2019 à 15 03 59 05595

Illuminé il y a quelques années dans le cadre de l’éclairage public, le tronçon reliant les ronds-points de Yattaya et de la transversale numéro 6 (T6), dans la commune de Ratoma, est replongé dans le noir. En effet, les batteries qui permettaient de faire fonctionner les lampadaires solaires installés le long de cette route ont, pour la plupart, été volées. Certains poteaux sont aujourd’hui par terre et d’autres, même arrêtés, ne sont pas fonctionnels, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Sur les 90 poteaux installés entre Yattaya et la T6, plus de 50 ne sont pas fonctionnels de nos jours, dont 9 qui sont par terre. Ils ont été déterrés et se retrouvent sur le terre-plein central. Une situation que Bangoura Aly, qui habite tout près de cette route, constate avec désolation.

Bangoura Aly

Selon lui, le déterrement de ces poteaux est causé par les chauffeurs de camions qui cherchent à éviter des accidents graves. « La cause réelle qui fait que les lampadaires tombent, c’est à cause des accidents des camions transportant du sable et autres objets lourds, qui viennent souvent en vitesse et qui heurtent ces poteaux. C’est pourquoi les poteaux tombent. En fait, quand les chauffeurs perdent le contrôle de leurs véhicules, ils n’arrivent plus à freiner, ils foncent tout droit sur les poteaux qui peuvent leur permettre de s’arrêter. Maintenant, quand ils cognent les poteaux, ceux-ci tombent », explique ce citoyen.

Alia Boffa Diallo

Et, quand ces poteaux tombent, c’est naturellement une aubaine pour les voleurs de batteries, dont la tâche est ainsi rendue facile. « Avant même que les poteaux ne commencent à tomber, nous avions constaté la disparition de certaines batteries. Les gens volent les batteries pour les revendre. Tout cela est dû au manque d’entretien et de sécurité. Nous demandons donc à l’Etat de prendre ses dispositions pour arrêter ces bandits », lance Alya Boffa Diallo, un commerçant qui vend au bord de cette route.

N’fassory Bangoura

Sur cet appel justement, les autorités locales se montrent rassurantes. N’Fassory Bangoura, le chef de quartier de Yattaya, indique que des dispositions ont déjà été prises à cet effet. « Nous sommes informés que les lampadaires sont déterrés et que les batteries sont volées. Elles sont volées par des bandits armés. Les populations qui les voient ne peuvent pas risquer leur vie en tentant de les arrêter. C’est pourquoi, nous avons informé les services de sécurité pour qu’ils fassent des patrouilles nocturnes. Ils ont déjà réussi à arrêter un bandit qui a été traduit en justice. Il est actuellement détenu à la sûreté. Et, plus d’une trentaine de batteries volées ont été retrouvées », souligne le président du conseil de quartier de Yattaya.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel: (00224) 622 07 93 59

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Affaire 3ème mandat : les maires de Malapouya, Sansalé et Tanéné démentent celui de Kindia

8 mai 2019 à 15 03 18 05185
Abdoulaye Yeressa, Maire de la commune rurale de Malapouya,

Depuis sa sortie controversée au stade préfectoral de Kindia avec un discours prônant une modification (ou un changement) de la constitution guinéenne, Mamadouba Bangoura, le maire de ladite commune urbaine, fait l’objet de beaucoup de critiques et de contestations de la part de ses pairs de la Basse Guinée.

Mamadouba Bangoura

« Je n’ai pas parlé au nom du parti UDG, mais plutôt au nom des maires de la Basse Côte », a essayé de se défendre Mamadouba Bangoura face au bureau politique national de son parti, lorsque ce dernier a dénoncé son discours favorable à la modification (ou à un changement) de la constitution afin de donner d’autres mandats au Président Alpha Condé.

Pour éclairer ses lecteurs sur cette question, Guineematin.com donne la parole aux maires des préfectures relevant de la Basse Guinée, au nom desquels celui de Kindia dit avoir parlé. Après ceux de Fria, Boffa et Kolaboui, c’est au tour des maires de Malapouya, Sansalé et Tanéné (préfecture de Boké) de démentir catégoriquement les propos de leur homologue de Kindia.

Abdoulaye Yeressa

Pour Abdoulaye Yeressa, Maire de la commune rurale de Malapouya, située à 35 kilomètres de Boké, rencontré hier, mardi 7 mai 2019, à Boké par un correspondant de Guineematin.com, Mamadouba Bangoura n’a dit que son intention. Mais, il n’a consulté aucun maire de la Basse Guinée. « Je ne le connais même pas ; et, je n’ai jamais échangé avec lui au téléphone. Chez moi, il n’est pas question de toucher à la constitution ; et, personne n’ose m’en parler. Ce qui me préoccupe, c’est comment développer ma commune, Malapouya », a-t-il indiqué.

Abondant dans le même sens que leurs prédécesseurs, Sékou Gassama et Oumar Kalabane, respectivement maire de Sansalé et de Tanéné, tous joints au téléphone par Guineematin.com fustigent le comportement de certains de leurs pairs qui, selon eux, cèdent à la manipulation pour des intérêts personnels et égoïstes.

« Le mensonge est inné en certains guinéens. Si vous entendez Mamadouba Bangoura parler comme ça, il veut juste convaincre le vieux (Alpha Condé, ndlr) pour bénéficier des avantages de la part de ce dernier. Il n’a dit que ce qui est dans sa tête », a lancé Oumar Kalabane.

Sékou Gassama

De son côté, Sékou Gassama de Sansalé a rappelé que « c’est cette constitution qui a permis à Alpha Condé d’être élu deux fois. C’est elle qui a servi à l’élection des députés et toutes les institutions en place. Pourquoi, c’est maintenant qu’on traite cette constitution de caduque ? », s’interroge-t-il. « Alors, à notre niveau, cette question n’est pas d’actualité. Que le maire de Kindia sache qu’il ne peut parler qu’au nom de la zone stricte de Kindia, pas au nom de toute la Basse Guinée », a-t-il martelé.

À suivre !

Mamadou Djouldé Diallo pour Guineematin.com

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Labé : atteinte d’un cancer du sein, une nourrice sollicite l’aide des bonnes volontés (SOS)

8 mai 2019 à 14 02 31 05315
Mme Fatoumata Touré et son bébé

Madame Fatoumata Touré, domiciliée au secteur Dombi, dans le quartier Daka 2, relevant de la commune urbaine de Labé, est atteinte d’une maladie qui est entrain de ronger un de ses seins. La malheureuse nourrice, mère de 3 enfants vivants, souffre énormément et manque de moyens financiers pour faire face à son problème. Elle lance un appel aux bonnes volontés pour lui venir en aide, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La pauvre Fatoumata Touré, âgée d’une trentaine d’années, souffre le martyr depuis un mois. Originaire de la sous-préfecture de Dougountounny, dans la préfecture de Mali, elle vit aujourd’hui à Dombi, dans le dénuement total. A son domicile, elle est couchée sur une natte de fortune dans une maison inachevée.

Rencontrée par notre reporter, Fatoumata Touré a expliqué son calvaire. « C’est mon sein qui me fait mal, il ya de cela un mois. J’ai été à l’hôpital régional de Labé pour des soins. Mais, pour la seconde fois, quand je suis partie leur expliquer que je n’ai pas les moyens, ils m’ont dit de rentrer chez moi, qu’ils ne peuvent rien pour moi. Là où je suis, je souffre énormément. Je ne mange presque pas et je dors peu, car mon cœur aussi commence à me faire mal. J’ai peur pour ma vie et celle de mon bébé qui n’a qu’un mois. Pour son alimentation, il ne tète qu’un seul sein. Le lait maternel ne lui suffit pas et il n’y a pas un autre moyen pour acheter le lait artificiel. Mon mari est pauvre et il se trouve au village. Moi, j’étais femme de ménage. Mais maintenant, je ne peux rien à cause de ma maladie. Je sollicite auprès des personnes de bonne volonté et aux autorités à tous les niveaux de me venir en aide pour que je puisse me soigner », implore la pauvre Fatoumata Touré.

SOS pour dame Fatoumata Touré dont voici le numéro de téléphone : 625 88 08 81

Depuis Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Guinée : voici le PV de l’assemblée constitutive du Conseil des Communes de la Guinée Forestière

8 mai 2019 à 12 12 44 05445

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, une rencontre entre soixante dix neuf (79) maires des communes urbaines et rurales de la région forestière s’est tenue les 29 et 30 avril 2019 à Lola. Ces deux journées de réflexion sur la problématique du développement de la région ont été mises à profit pour cerner les difficultés qui l’assaillent et préconiser des pistes de solution pour y faire face.

Les participants ont procédé à la mise en place d’un bureau exécutif de sept (7) membres du Conseil des Communes de la Guinée Forestière (CCGF). Il aura à sa tête le maire de Lola, Antoine Gbogolo Soromou, compagnon de lutte du professeur Alpha Condé.

Les participants ont mis l’occasion à profit pour annoncer leur soutien au projet de nouvelle Constitution en faveur du président Alpha Condé.

Guineematin.com vous propose ci-dessous le Procès Verbal de cette assemblée :

PV de l’assemblée constitutive du Conseil des Communes de la Guinée Forestière

Transmis par Foromo Lamah

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Braquage d’une boutique Orange-Money à Bomboli : un accusé charge la police

8 mai 2019 à 12 12 34 05345
image d’archive : Alpha Ibrahima Kéïra, ministre de la Sécurité et de la protection civile

Le procès de Mamadou Yaya Bah et ses trois coaccusés s’est ouvert hier, mardi 07 Mai 2019, au tribunal de première instance de Dixinn (délocalisé à la mairie de Ratoma). Ces personnes sont poursuivies pour vol à main armée et association de malfaiteurs. Des faits pour lesquels ils ont tous plaidé non coupable, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi l’audience.

Ils sont au nombre de quatre et ils sont tous de nationalité guinéenne (excepté Ousmane Barry qui dit être un citoyen léonais). Ils sont pour la plupart marchands ; et, le moins âgé parmi eux, Ousmane Barry, a 24 ans. Ils sont poursuivis pour vol à main armée et association de malfaiteurs. En clair, il est reproché à Mamadou Yaya Bah, Abdoulaye Diallo, Yaya Barry et Ousmane Barry, d’avoir braqué une boutique au mois de septembre 2018 à Bomboli, dans la commune de Ratoma.

« Au cours de cette opération qui a eu lieu vers 9 heures, ces individus, armés de fusil, ont menacé et ligoté le gérant de la boutique Orange-money, avant de s’enfouir avec un sac d’argent », rapporte l’ordonnance de renvoi de Mamadou Yaya Bah et Cie devant le tribunal criminel de Dixinn.

Interrogés sur ces faits, les accusés ont tous plaidé non coupable ! « J’ai été frappé, blessé, torturé…pour que je reconnaisse appartenir à un groupe qui a opéré dans une boutique vers Bambeto. Les policiers ont même menacé de me tuer si je ne signais pas des aveux. Et, comme je saignais de la tête et un peu partout sur mon corps, j’ai accepté de signer. Un policier était arrêté derrière moi, lors de l’interrogatoire. A chaque fois que je dis quelque chose qui est contraire à ce qu’ils (les policiers) voulaient entendre, il me donnait des paires de gifles… Je ne connais rien dans cette affaire de vol. Je partais renouveler ma carte d’identité nationale au commissariat central de police de Ratoma. Dès que je suis descendu du taxi, j’ai vu des gens courir dans tous les sens… Le temps pour moi de traverser la chaussée et d’entrer au commissariat, les agents sont arrivés. Ils m’ont arrêté et fouillé. Ils ont pris mon argent de poche et mon téléphone », a expliqué Abdoulaye Diallo, tout en précisant qu’il ne connait aucun de ses coaccusés.

« Je suis marchant et domicilié à Labé. J’étais venu à Conakry pour acheter des fournitures scolaires à revendre. Je n’appartiens à aucun groupe », a-t-il ajouté.

De son côté, Yaya Barry indique avoir été interpellé par erreur. « Je suis venu de Banankoro pour acheter des cordes, du sel et d’autres produits. Je suis agriculteur et éleveur à la fois. Je suis arrivé à Bambeto à 23 heures. Comme je ne connais pas bien Conakry, j’ai approché un taxi-motard pour lui dire de m’aider à trouver un endroit où dormir. Ce dernier m’a conduit quelque part où j’ai payé 50 000 francs pour la nuit. On a échangé de numéro de téléphone. Et, le lendemain, il est venu me chercher pour m’amener quelque part vers ‘’Petit Simbayah’’ pour acheter les cordes pour mes vaches… On est allé manger dans un bar qui se trouve non loin du commissariat de police. Pendant qu’on prenait le petit déjeuné, on a entendu des cris. Le taxi-motard est sorti pour regarder. Il a ensuite pris sa moto pour aller voir de près, tout en me disant de l’attendre. Quand j’ai fini de manger, je suis sorti du bar. Il y avait beaucoup de gens dehors. J’ai interrogé quelques passants qui m’ont dit que ce sont des bandits qui viennent d’être arrêtés. Et, comme le taxi-motard avait pris du temps et son téléphone ne passait pas, j’ai décidé de partir. Arrivé au niveau du commissariat, vers 11 heures, un agent m’a interpellé pour une vérification. Je détenais un sac qui contenait mes habits et mon argent (2 500 000 francs). C’est cet agent qui m’a conduit à l’intérieur du commissariat où je suis resté près de 3 heures, en attente… C’est après que les policiers ont envoyé un groupe de jeunes qu’ils venaient d’arrêter. Ils nous ont tous mis dans une case… C’est parce que j’ai protesté pour récupérer mon argent des mains du chef de poste qu’on m’a mis dans cette affaire. Je n’ai rien fait. Je ne connais aucun de ces gens-là (ses coaccusés) », a expliqué Yaya Barry.

Tout comme Yaya Barry, qui soutient que son argent a été soustrait de son sac par un policier, le conseil de la partie civile affirme aussi que le sac d’argent qui a été emporté de la boutique à Bomboli, est disparu au commissariat de police.

« On ne sait pas aujourd’hui où se trouve ce sac d’argent. Et, pourtant, après l’arrestation des assaillants qui ont attaqué la boutique, le sac s’est retrouvé au commissariat. Depuis, on ne sait rien. L’argent n’a pas été restitué au gérant de la boutique et aucun scellé n’est versé au dossier. Donc, nous prions le tribunal de nous aider à connaitre où se trouve ce sac d’argent », a indiqué l’avocat de la partie civile.

Finalement, l’affaire a été renvoyée au Mardi prochain, pour la suite des débats.

Mamadou Baïlo Keïta pour guineematin.com

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Retraite de Kindia : ce qu’en dit Youssouf Léno, rapporteur de la CENI

8 mai 2019 à 12 12 15 05155
Youssouf Léno, rapporteur de la CENI

Youssouf Léno, le rapporteur de la CENI, a accordé une interview à Guineematin.com hier, mardi 07 mai 2019. Ce responsable de la commission électorale est revenu sur la retraite que l’institution a tenue récemment à Kindia et qui a connu la présence des différents acteurs du processus électoral. Il explique que la CENI n’a pas fixé la date de la tenue des élections législatives, mais ces élections peuvent se tenir dans la période de novembre-décembre si toutes les conditions sont réunies.

Décryptage !

Guineematin.com : vous sortez d’une retraite à Kindia. Qu’est-ce qu’on peut retenir de cette rencontre ?

Youssouf Léno : cette retraite a duré six (6) jours, les deux premiers jours ont été spécialement consacrés aux commissaires. Ensuite, les quatre derniers jours, nous avons travaillé avec tous les acteurs du processus électoral, à savoir : les partis politiques mais aussi les acteurs de la société civile, les partenaires techniques et financiers et les départements ministériels concernés par le processus électoral. Il faut dire que cet atelier-là s’est bien passé. Parce qu’il nous a permis d’harmoniser nos points de vue sur un certain nombre de situations qui caractérisent l’organisation d’une élection. C’est notamment quand il s’agit de l’audit du fichier.

Il vous souviendra que c’est depuis le mois de septembre dernier que les experts ont procédé à un audit du fichier électoral. Après cet audit, ils ont proposé des recommandations, donc il était nécessaire que la CENI partage ces recommandations avec les acteurs pour trouver des voies et moyens pour la mise en œuvre de ces recommandations. Ce qui fut fait. Avant d’aller à Kindia, il y a eu des travaux du comité de suivi. Et quand nous avons été à Kindia, nous avons donné la latitude aux acteurs dans les groupes de travail de trouver des voies et moyens pour la prise en compte effective de ces recommandations, qu’il faille intégrer dans notre plan d’action.

Guineematin.com : quelles sont les grandes décisions qui ont été prises à l’issue de cette retraite ?

Youssouf Léno : les grandes décisions qui ont été prises à l’issue de cette retraite, sont que nous allons procéder à la mise en œuvre de ces recommandations. Tous les acteurs sont d’accord là-dessus. Maintenant, il convient de trouver les modalités de mise en œuvre de ces recommandations. Et par rapport à la mise en œuvre de ces recommandations, les acteurs ont fait des propositions, nous aussi nous avons fait des propositions. Maintenant, il faut prendre en compte leurs propositions pour les intégrer dans nos propositions pour que nous puissions les faire le plus vite que possible et très bien.

Cela, pour que nous puissions avoir un fichier électoral au-moins qui répond au standard international. D’ailleurs, l’une des recommandations phares et tous les acteurs sont d’accord là-dessus, c’est l’acquisition d’un logiciel propre à notre pays pour la gestion de la base des électeurs. Ça, c’est l’une des décisions phares et dont tous les acteurs sont d’accord là-dessus.

Guineematin.com : beaucoup de personnes s’attendaient quand-même à l’annonce de la date de la tenue des élections législatives. Qu’en est-il ?

Youssouf Léno : un chronogramme, c’est tout une chaîne d’activités. Et la CENI a déroulé tout une chaîne d’activités. Un chronogramme électoral qui concerne 140 activités a été déroulé. Et dans ces 140 activités, nous avons des sous-familles d’activités qui se dérouleront d’une période à une autre. Je crois que l’équipe technique de la CENI a eu à faire une présentation là-dessus : de famille en famille, sous-famille en sous-famille et avec le délai d’exécution de ces activités-là. C’est ce qui nous a amené à un délai de 383 jours. C’est-à-dire allant du premier jour que nous allons dérouler les activités jusqu’à la période post-électorale.

Vous savez, une période électorale, il y a le préélectoral, l’électoral et le post-électoral. Mais, quand tu prends le jour du démarrage des activités jusqu’au jour du scrutin, ça, ce n’est plus 383 jours, ça te fait juste 225 jours. Et quand tu prends les 225 jours, tu fais des extrapolations, tu verras que nous sommes entre novembre et début décembre 2019. Donc ça, c’est une précision à apporter et je crois que cette précision a été apportée dans le discours de clôture. Nous n’avons pas donné de date fixe pour la tenue des élections législatives parce que le délai commence à courir à partir du moment où les préalables seront satisfaits.

Guineematin.com : donc les Guinéens devront encore patienter pour savoir la date de la tenue des élections législatives ?

Youssouf Léno : nous, nous avons donné un chronogramme. Il s’agit des 225 jours. C’est-à-dire le jour du démarrage jusqu’au jour du scrutin. Mais quand tu le prends dans la l’ensemble parce qu’une période électorale, c’est aussi le post-électoral, ça te fait les 383 jours. Mais du premier jour jusqu’au jour du scrutin, pour la plupart qui intéresse les citoyens et les acteurs socio-politiques, ça te fait 225 jours.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Meurtre de Junior à Lansanayah Barrage : « je l’ai égorgé à l’aide d’un couteau »

8 mai 2019 à 11 11 49 05495
image d’archive

Accusé d’avoir tué un enfant d’environ 7 ans à Lansanayah Barrage, Elhadj Mamoudou Barry a comparu hier, mardi 07 mai 2019, devant le tribunal criminel de Mafanco. A la barre, l’accusé a reconnu sans ambages les faits qui lui sont reprochés, expliquant avoir égorgé la victime à l’aide d’un couteau, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Le 04 mars 2018, un crime odieux s’est produit au quartier Lansanayah Barrage, dans la commune de Matoto. Gono Emmanuel Yomalo alias « Junior », âgé d’environ 7 ans, a été égorgé dans cette localité. Arrêté après cet acte dont il est accusé d’être l’auteur, Elhadj Mamoudou Barry a été renvoyé ce mardi, 07 mai 2019 devant le tribunal criminel de Mafanco pour s’expliquer sur ce qui lui est reproché. Et, l’accusé a reconnu sans détour être l’auteur de ce crime.

« Je reconnais l’avoir tué, je l’ai égorgé à l’aide d’un couteau. J’ai trouvé le petit dans notre concession avec un couteau. Il m’insultait beaucoup, il insultait mes parents et mes tontons et il aimait se moquer des gens. Il voulait me poignarder avec le couteau qu’il tenait en main. C’est pourquoi moi aussi je l’ai égorgé », a reconnu l’accusé à la barre.

Après cet aveu de l’accusé, la procureure Joséphine Loly Tenkiano va poser cette question à Elhadj Mamoudou Barry : « vous avez des petits frères à la maison qui vous insultent, alors pourquoi vous ne les aviez pas égorgés comme Emmanuel Gono Yomalo ? » Et, l’accusé de répondre : « nous sommes au nombre de trois enfants. Si mes petits frères m’insultent à la maison, je les corrige », a-t-il répondu.

N’ayant pas aimé cette phase des questions-réponses, Me Mohamed Abou Camara, l’avocat de la défense, demande au tribunal de soumettre son client à un examen psychique. Car, pour lui, l’accusé ne jouit pas de toutes ses facultés mentales. « Monsieur le président du tribunal, je vous demande humblement de soumettre mon client à un examen psychique pour la manifestation de la vérité. Si vous le faites, vous auriez contribué à un procès équitable. C’est un crime sans précédent, au moment des faits il était dément. Même sa façon de parler prouve que c’est quelqu’un qui ne jouit pas de ses facultés mentales », a-t-il demandé.

Une demande à laquelle s’opposent catégoriquement le ministère public et le pool d’avocats de la partie civile. « Mon confrère a fait un raisonnement par analogie. Il dit que c’est un crime sans précédent mais il n’a prouvé aucun certificat médical qui atteste que son client ne jouit pas de ses facultés mentales. C’est une demande fantaisiste pour se moquer de la religion du tribunal. Cette demande ne passera pas », a réagi Me Kpana Emmanuel Bamba.

Après quelques empoignades verbales autour de cette demande de l’avocat de la défense, le juge Amadou Kindy Baldé, a demandé une suspension de l’audience pour qu’il se concerte avec ses assesseurs, afin de se décider sur la demande faite par Me Abou Camara.

A son retour, le tribunal annonce que la requête du conseil de l’accusé est non recevable et ordonne la poursuite des débats. Ce qui met en colère l’avocat qui a décidé de claquer la porte, laissant son client en train de répondre aux questions du parquet.

L’audience ne pouvant pas se poursuivre sans avocat de la défense, le juge Amadou Kindy Baldé, a décidé de renvoyer l’affaire au 14 mai 2019.

A suivre !

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Lombonna (Labé) : des citoyens manifestent contre le chef du quartier

8 mai 2019 à 11 11 44 05445

Les citoyens du quartier Lombonna, dans la commune urbaine de Labé, ont marché sur la mairie pour réclamer le retour du cachet du chef du quartier, Elhadj Amadou Tanou Bah en déplacement pour un contrôle médical en France, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Depuis quelques semaines, les citoyens de Lombonna, dans la commune urbaine de Labé sont divisés en deux clans rivaux, partagés entre partisans et adversaires du chef du quartier, Elhadj Amadou Tanou Bah qui ne fume plus la même pipe que son vice-président, Modi Amadou Diouldé Diallo.

Une crise aiguë qui a éclaté au grand jour quand le premier a voulu se rendre en France pour un contrôle médical. Il a préféré confier le cachet du quartier au maire de la commune urbaine de Labé, Mamadou Aliou Laly Diallo avec les arguments selon lesquels son adjoint Modi Amadou Diallo qui devait assumer l’intérim est d’une moralité douteuse.

Informés de cette démarche peu orthodoxe du chef du quartier, Elhadj Amadou Tanou Bah, Modi Amadou Diouldé Diallo et ses supporteurs ont décidé de marcher sur la mairie de Labé pour protester et réclamer le cachet du quartier.

Ils ont mis l’occasion à profit pour dénoncer également les ambitions affichées d’Elhadj Amadou Oury Bah de remplacer son père à la tête du quartier lors des prochaines échéances locales.

« Lombonna n’est pas un royaume » pouvait-on lire sur certaines plaques confectionnées pour les besoins de la cause.

Ces manifestants ont été reçus dans la salle des actes de la mairie de Labé par le premier adjoint maire de la commune urbaine, Mamadou Aliou Sampiring Diallo qui était entouré pour la circonstance de quelques conseillers communaux comme Elhadj Ousmane Guilla Diallo (4ème adjoint au maire), Alpha Souleymane Diallo, Elhadj Amadou Korka Barry, Elhadj Ibrahima Balassa Baldé et Younoussa Baldé.

Au cours des débats, les manifestants ont refusé catégoriquement toutes les propositions de sortie de crise faites par l’équipe de la mairie. Parmi ces propositions, Aliou Sampiring Diallo avait demandé aux contestataires de retourner et de se concerter pour désigner une équipe représentative de toutes les couches socioprofessionnelles de la localité (jeunes, femmes, notables, imams et chefs secteurs).

Face à ce refus, le maire adjoint a déclaré que la loi autorise la mairie à garder le cacher jusqu’à ce qu’il y ait entente dans le quartier. Un des manifestants a tout de suite demandé de président de séance de montrer l’article du texte de loi qui le dit. Il n’en fallait pas plus pour troubler la salle, parce que monsieur Sampiring ne pouvait pas montrer ce texte de loi. Sa colère est montée d’un cran alors.

Finalement, il a décidé de suspendre la séance sans que solution ne soit trouvée à cette épineuse crise qui divise les citoyens de Lombonna.

Cette situation est d’autant plus compliquée que la mairie de Labé ne considère pas Modi Amadou Diouldé Diallo comme adjoint au chef du quartier de Lombonna. Selon elle, aucun papier ne justifie la nomination de Modi Amadou Diouldé au poste de vice-président du conseil de quartier.

Faux rétorque les supporteurs de ce dernier, depuis des années, c’est Modi Amadou Diouldé qui assume cette fonction de vice-président du conseil de quartier au vu et au su de tout le monde y compris la mairie. A cet effet, il a d’ailleurs plusieurs fois assumé l’intérim du premier responsable du quartier quand se déplace pour ses soins médicaux.

Ce camp estime encore que le maire de Labé, Mamadou Aliou Laly Diallo soutient aveuglement Elhadj Amadou Tanou Bah et son fils.

Par contre, dans les couloirs de la mairie, on accuse l’ancien ministre et consul honoraire, Elhadj Boubacar Lombonna Diallo d’être à la base de cette fronde populaire contre le chef du quartier Lombonna.

Le retour très prochain du chef du quartier, Elhadj Amadou Tanou Bah à Lombonna atténuera-t-il cette crise qui commence à s’installer et à fissurer le tissu social du quartier ?

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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7 manifestants anti-3ème mandat condamnés à Kindia : « c’est un procès de la honte », dit leur avocat

8 mai 2019 à 11 11 02 05025

Comme annoncé précédemment, 7 opposants à un troisième mandat pour Alpha Condé ont été condamnés hier mardi, 07 mai 2019 par le tribunal de première instance de Kindia. Boubacar Barry, Thierno Mamadou Diallo, Mohamed Camara, Amadou Soumah, Mohamed Sylla, Mamadou Cellou Diallo et Mohamed Keïta ont écopé chacun d’une peine de trois mois de prison ferme et le payement d’une amende de 500 mille francs.

Ces 7 jeunes ont été arrêtés à l’occasion d’une manifestation pacifique organisée le samedi, 04 mai dernier dans la ville des agrumes, contre le projet de nouvelle Constitution prôné par le pouvoir de Conakry et qui devrait permettre au président Alpha Condé de s’accrocher au pouvoir au-delà de ses deux mandats légaux. En prenant part à cette manifestation, le tribunal a estimé qu’ils se sont rendus coupables de trouble à l’ordre public et entrave au droit de manifester.

Me Salifou Béavogui

Après le prononcé du verdict par le juge, Hammady Seick, les 7 jeunes ont été reconduits en prison. Leur avocat, maître Salifou Béavogui, dénonce un procès de la honte. « Nous venons de sortir de ce marathon judiciaire de ce procès de la honte, de ce procès des intimidations, du non droit. De ce procès qui écrase les innocents, qui ne se repose sur aucune base légale. Vous vous rappellerez que le samedi passé, les membres du FNDC avaient tenté d’exprimer, manifester leur opinion conformément à l’article 7 de la Constitution guinéenne qui permet à tout citoyen d’exprimer ses opinions politiques, religieuses, philosophiques, soit par la parole, les images et par tout autre moyen de communication. Le tout conformément à la loi.

C’est dans ces circonstances que les 7 opposants qui n’étaient ni en position de commettre une infraction ou de causer de trouble de l’ordre public ont été arrêtés et conduis à la prison pour, disent-ils, trouble, attroupement et entrave à la liberté de manifester. Au cours des débats, il a été révélé ici à l’audience publique, que certains prévenus ont été simplement arrêtés parce qu’ils portaient des T-Shirts du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC).

D’autres ont été arrêtés parce qu’ils portaient des chemises qui portaient des effigies des opposants, notamment le président Sidya Touré et le président Cellou Dalein Diallo. Donc ces prévenus qui viennent d’être injustement condamnés pour avoir exprimé leur opinion, n’ont causé aucun trouble à l’ordre public. Ils n’ont violé la tranquillité d’aucune paix ici. Ils étaient venus manifester leur opinion dans le calme et dans la discipline conformément à la loi », estime l’avocat de la défense.

Maître Salifou Béavogui annonce donc avoir immédiatement fait appel de cette décision. « Je suis sorti très déçu de la non application du droit dans cette affaire. Je suis complètement abattu de voir une fois encore la justice condamner des innocents pour des raisons purement inexplicables en termes de référence à nos textes de lois. Je suis abasourdi voire abattu moralement, attristé de voir la condamnation des innocents qui n’ont fait qu’exprimer leur volonté face à une situation.

Je regrette que les poursuites soient dirigées contre les faibles et que d’autres qui ont fait le même comportement échappent à la poursuite. C’est pour cette raison que j’ai immédiatement relevé appel contre cette décision que je flétris, que je rejette avec la dernière énergie et que je crois fermement pouvoir anéantir devant la juridiction d’appel », a-t-il dit.

Par ailleurs, l’avocat se dit préoccupé de la disparition du huitième manifestant qui avait été arrêté samedi. Ce dernier n’a pas comparu devant le tribunal et il reste, pour l’heure, sans nouvelles. « Il y a Mamady Kanak Bangoura qui est porté disparu, il n’a pas été retrouvé jusqu’à nos jours. Ce qui crée un sentiment de peur, de crainte et de tristesse.

Parce qu’une fois encore, il reste introuvable. Tout porte à croire que ce jour-là, il était là pour exprimer son opinion. Nous demandons à ce que des recherches sérieuses soient faites par les services de sécurité pour le retrouver. Car une fois encore, la sécurité des biens et de personnes incombe aux services de sécurité », rappelle Me Salifou Béavogui.

De Kindia, Amadou Bailo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 51 67 96

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Nouvelle Constitution par la corruption et la violence : Déclaration

8 mai 2019 à 10 10 31 05315

Comme on le voit, la nouvelle Constitution est tellement ultra-partisane, régressive et réactionnaire car fabriquée secrètement en vue de la confiscation définitive du pouvoir, qu’elle ne peut pas avoir la majorité requise pour être adoptée. Le mécontentement populaire est généralisé dans le pays, visible partout et prêt à exploser.

Le pouvoir du RPG et de son chef sont massivement rejetés par les populations, particulièrement les jeunes, premières victimes de cette politique anti-progressistes. A travers tout le pays, les jeunes ne manquent aucune occasion d’exprimer leur ras-le-bol face à une politique qui les sacrifie et ne leur offre que des discours fumeux et d’innombrables promesses sans lendemain.

L’impopularité du pouvoir est allée grandissante depuis les élections communales du 4 février 2018. Face à son échec cuisant, il n’a pas d’autre choix que d’utiliser la démagogie, la corruption à outrance et la violence pour s’imposer. Depuis plusieurs mois, le pays vit au rythme de cette campagne électorale illégale alors même que le corps électoral n’a pas encore été convoqué pour un référendum. Des missions de rang ministériel sont envoyées à travers le pays, distribuant des milliards dont personne ne dira l’origine, pour acheter les consciences auprès de notables véreux ou de populations à la limite de la survie. De ridicules matchs de football coûtant des milliards sont organisés pour séduire des populations vivant dans une misère indicible, abandonnées à leur triste sort.

Dans le même temps, tout l’appareil répressif est mobilisé pour intimider, voire terroriser tout citoyen qui exprimerait d’une manière ou d’autre son désaccord avec la forfaiture en préparation. Même des artistes émérites ayant jadis chanté les louanges du pouvoir mais qui, à présent refusent de se faire utiliser pour une cause qui n’est pas celle du peuple, sont violentés par des agresseurs habillés comme les forces de sécurité. On arrête des citoyens portant des tricots contre le troisième mandat.

On nous signale que dans certaines régions, des militants du RPG portent des armes blanches, certainement pour répondre à l’appel de leur chef à un « affrontement » qui ne peut être que fratricide, dans un contexte de guerre civile programmée. Les partis politiques sont fortement intimidés, surtout lorsque leurs dirigeants traînent des casseroles : « Tu te tiens tranquille ou on va casser… » ou « Toi-même tu sais… », allusion aux valises de Francs glissants distribuées pour acheter des opposants. Le chantage est clair.

D’autres dirigeants qui ne font que recourir à leur droit de manifester, sont victimes de harcèlement judiciaire dont personne ne peut dire jusqu’où il ira. Le pouvoir a entrepris de perfectionner son arsenal répressif légal sous le fallacieux prétexte de lutter contre le terrorisme. Pourquoi maintenant et qu’avons-nous de nouveau sur ce front qui justifie une telle initiative ? La manœuvre est tellement grossière qu’elle ne trompe que ses auteurs.

A suivre : la quatrième partie « Troisième mandat pour continuer quel système ? »

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